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LE MÉCANISME DE DESTRUCTION DU PRINCIPE ACTÏF

DES CAPSULES SURRÉNALES DANS L*0RGAN1SME

Par M. P. LANGLOIS

(Travail du laboratoire de physiologie de la Faculté da médecine de Paris.)

L'élévation de pression qui s'observe après l'injection intra-veineuse de capsules surrénales chez les animaux à sang chaud, présente ce caractère très net, d'être passagère.

Oliver et Schàfer, dans leurs nombreuses expériences sur le diien, n'ont vu l'élévation de pression se maintenir quatre minutes qu'une seule fois, et ils ne donnent pas les conditions dans lesquelles se trouvait alors l'animal.

En coUationnant près de 120 courbes recueillies sur des chieos placés dans les conditions normales, nous a' avons jamais observé une hypertension se maintenant plus de trois minutes.

La durée du phénomène est indépendante de la quantité de substance injectée. Dans nos premières expériences sur l'extrait capsulaire, nous injections des doses massives, 2 à 5 centigrammes d'exti*&it sec par kilogramme ; plus tard nous n'avons employé c[ue 1 à 2 milligrammes et la période d'élévation de pression fut la même. On ne saurait invoquer, pour expliquer cette courte durée, un épuisement de l'organisme, des cellules nerveuses ou des fibrescellules artérielles, car une seconde injection produit le même effel.

On peut même maintenir la pression constamment élevée ea faisant toutes les trois minutes environ, c'est-à-dire quand la pression commence à baisser, une nouvelle injection de 2 milligrammes.

Sur un chien de 7''',500, ayant reçu 2^% 40 de peptone et ayaa) une pression de 9 centimètres de Hg, on peut maintenir la pression

PRINCIPE ACTIF DBS CAPSULES SURRENALES. 125

aux environs de 14 centimètres pendant trente-deux minutes, à Taide de 9 injections de 15 milligrammes d'extrait chaque.

Pour expliquer cette action passagère, Oliver et Schafer ont émis l'hypothèse d'une dialyse rapide de la substance à travers les vaisseaux. L'extrait capsulaire agissant ensuite sur les muscles striés, l'augmentation de tonicité constatée par eux dans les muscles serait, en effet, consécutive à l'hypertension vasculaire, mais il s'agit là d'une simple hypothèse qui, en tout cas, ne permet pas d'expliquer tous les phénomènes observés.

L'élimination de la substance par les urines ne peut être invoquée, la rapidité même de la disparition de l'action s'oppose à cette interprétation et le fait constaté par Cybulski, de la présence dansTurine de l'extrait capsulaire chez un chien qui en avait reçu des quantités considérables, ne peut s'expliquer que par la masse injectée, ou mieux peut-être, par des conditions particulières dans cette expérience unique. Pour notre part, nous n'avons jamais trouvé dans les urines recueillies, non directement par les uretères il est vrai, un pouvoir toxique quelconque. Pour Cybulski *, l'extrait capsulaire se détruit par un processus oxydant et il explique les accidents convulsifs chez les animaux asphyxiés par une non-destruction du principe que les capsules déversent normalement dans le sang.

C'est ce mécanisme même de destruction que nous avons cherché à étudier.

§ 1. — DeBimction par oxydation.

!• VariatioDS dans la durée de T effet suivant la température de

ranimai.

Dans une note de notre mémoire sur l'altération fonctionnelle des

capsules surrénales*, nous signalions sommairement les effets diffé-

! rents obtenus par l'injection d'extrait capsulaire chez la tortue nor-

-; inale et la tortue dont la température interne était portée par un bain

:: à 97". Le ralentissement des contractions cardiaques qui persiste

trois heures après l'injection chez Tanimal normal ne dure pas

^Dgt minutes chez la tortue chauffée à 37<*.

Dans un autre mémoire ', nous avons observé en expérimentant sarle chien le phénomène inverse. En refroidissant un chien vers 31°

* Cybulski, Ueber die Function der Nebenniere (Comptes rendus de VAca^ démit des sciences de Cracovie^ i mars 1895 ; tirage à part, p. 11).

' P. Langloi9, Altération fonctionneUe des capsules surrénles (Archives de physiologie, 1897, p. 167).

' P. Laxolois, Sur les fooctions des capsules surrénaleb (Thèse de doctoral è» sciences, février 1897, p. 8S).

lâft p. LANGLOIS.

par des affusions froides, on voit après Tinjection ^'extrait la pression se maintenir pendant vingt-six minutes au-dessus de la normale, soit dix fois plus longtemps qu'un chien à SS"". Une légère baisse de la température n'est cependant pas suffisante, et nous n'avons pas noté d'augmentation dans la durée de la période vaso-constrictive, quand le thermomètre rectal indiquait 35^, sauf chez les animaui légèrement curarisés.

Ces deux groupes d'expériences montrent qu'en modifiant l'activité des échanges dans l'organisme, nous modifions également la durée des manifestations cardio-vasculaires.

2** Action dans le sang.

Un mélange in vitro d'extrait capsulaire et de sang ne perd pas son activité, même si l'on maintient le mélange à l'étuve à 38* pendant trente ou quarante minutes, comme nous l'avons fait avec M. Camus. Le sang de la veine capsulaire naturellement chargé du principe actif à sa sortie de la glande (Cybulsky, Langlois), conservé ii^ i vitro^ était encore actif quarante heures aprè^ la saignée.

Dans l'organisme, au contraire, ce principe est rapidement détruit et les variations mêmes de la pression, observées après l'injection, ; sont fonction de la teneur du sang en principe capsulaire.

C'est ainsi, par exemple, que, sur un chien de 10 kilogrammes peptonisé, on injecte 10 centigrammes d'extrait sec.

Au moment même où la pression atteint son maximum (de la 16* à la 24« seconde), on recueille parla crurale 50 centimètres cubes de sang, A. Une autre saignée est faite deux minutes vingt secondes après Tinjeetion, quand la pression commence à baisser, B ; enfin une troisième, une minute après la chute de la pression, G.

Ces trois échantillons de sang peptonisé sont injectés ensuite à un autre chien, successivement, à la dose chaque fois de 40 centimètres cubes.

L'injection du sang A fait monter la pression de il à 16 centièmes de mercure, soit 5 centimètres d'élévation.

L'injection du sang 6 fait monter le pression de 10,5 à 12,5, soit 2 centimètres d'élévation.

L'injection du sang G fait monter la pression de 10,5 à 11,5, soit i centimètre d'élévation.

Ce dernier chiffre s'obtient avec une injection de 40 centimètres cubes d^eau salée.

Un simple calcul montre quelle faible quantité les 40 centimètres

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