INFLUENCE DE L\ COMMOTION SUR LES CENTRES NERVEUX
ixp. X. — Cobaye n® 10, poids 640 grammes. Coup sur Tabdomen, vi de fort tremblement général avec mouvements fibrillaires de la choire, parésie des membres postérieurs, Tanimal penchait d*un côté retombait si on le relevait ; forte dilatation de la pupille. Après vingtitre heures rémission, et guérison apparente après quarante-huit ires; mais au bout de quatre jours mort.
Autopsie (immédiatement après la mort). — Epanehement desangconérable dans le tissu conjonctif sous-cutané et dans les muscles de ixlomen ; foie, reins et rate très hypérémiés ; poumons rouges ; cœur lin de sang ; hypérémie des méninges. Système nerveux central en parence normal.
Examen histoîogique, — i® Par la méthode de Golgi, mômes altérans que dans les autres expériences. — 2® E*ar la méthode de Marchi, ^tion de la moelle épinière au niveau de la 6* racine dorsale, j*observai dégénéi*ation de tous les cordons blancs, excepté de la partie centrale 3 cordons antérieurs (fig. 6 a, PI. II) ; de même sur une section au reau de la 5* racine dorsale, avec cette différence que la partie non ^nérée était limitée au côté gauche (fig. Q b^ PI. H). Dans la section rizontale du cervelet ù travers le noyau gris, la dégénération s'étendait iement aux fibres à rayons de la zone médullaire (tig, 8, PI. II). la section verticale du cerveau (lobe frontal), i*observai dans s coupes la dégénération des fibres ascendantes, et sur d^autres dégénération aussi des fibres longitudinales. — 3° Par la méthode de 'ssl, en plusieurs coupes de la moelle épinière et en celles du cervelet, »igrégation jusqu*ù destimction totale du protoplasme.
Les diverses altérations des centres nerveux des animaux soumis un traumatisme du thorax ou de Tabdomen, peuvent se résumer m:
I^s altérations trouvées par la méthode de Golgi sont les suivantes : ^formation du corps de la cellule, mais jamais jusqu^à Tatrophie, milemeut en chapelet, fragmentation des prolongements protoplasma- [aes.
Quant à la dégénération graisseuse de la myéline, révélée par la colotion osmio-bichromique, j'ai noté : simple dégénération marginale de zone de Lissauer et des racines postérieures, jusqu'à la dégénération s cordons postérieurs, du faisceau de Gowers et des faisceaux pyramiles entrecroisés, des faisceaux directs cérébelleux et jusqu'à celle — aie — de tous les cordons.
Les altérations des cellules, des plus simples aux plus intenses, furent suivantes :
Zbromatolysc plutôt périphérique que centrale (%. 5, PI. III) ; d'une ensilé médiocre en certaines préparations (/7<jr.9 et 10, PI. III), où les as chromophiles étaient périnucléaires, très colorés et à traits ; chro^ toJysc intense (flg. 2 et 3, PI. III) là où les granulations chromophiles ent périnucléaires et périphériques. Dans certains cas {fig. 2 et 3, PI. III),
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la pAleur des cellules était très remarquable, elles avaient une nuance homogène, plus considérable en quelques-unes (6g. 21, S2, âS et 34 de la PI. ni); en certaines coupes, il y avait aussi d'autres dégénérations du protoplasme de la cellule. — État anormal de coloration^ la chromatine, c*est-à-dire les corpuscules de Nissl, se disposant de diverses manières: en bonnet périnucléaire (ûg. 11, 12, 15 et 16, PI. III), ou bien fusiforme, ou bien en couronne autour d*un espace périnucléaire raréfié (i?(^. 26et?l, PI. III). Altérations du protoplasme : raréfaction remarquable ifig. % 3* 7 et 21, PI. III), ou bien a peine visible (fig. 21, PI. III), vacuolisation {Bg. 19, PI. III), parfois très remarquable (%. 21, 29, 30 et 31, PL lU). Finalement, plutôt qu*en une dilatation, pour ainsi dire, du réseau qui | soutenait les amas chromophiles, Taltération du protoplasme consistait | en une rétraction dudit réseau, et en Tatrophie, Tusure complète da j protoplasme de la cellule. La simple nStraction pouvait se noter dans des \ coupes (%. 9 et 10, PI. III) et, dans d'autres 'JiGg. 13 et 18, PI. III), on | observait l'usure cellulaire qui arrivait au degré des coupes des figures SQ | et 31 (PI. III). Le noyau aussi présentait des altérations; sans parler | d'une disposition excentrique vers un des prolongements cellulaires, comme dans les coupes des figures 1, 5 et 20 (PI. III), on notait uoe altération intime, un gonflement vésiculaire, remarquable dans les coupes des figures 6, 7 et 8 (PI. III) ; médiocre (%. 6, PI. III), très prononcé {ûg, 20, PI. III); ce dernier type ressemblait au gonflement trouble avec épanchement d'une substance intracellulaire coagulée. La décoloration complète du protoplasme nucléaire dans les coupes normales était remplacée en quelques cas {ûg. 23, 24 et 28, III) par des cordes colorées, comme la chromatolyse périnucléaire arrivait jusque dans le protoplasme nucléaire.
Les prolongements — qui présentaient ici les mêmes altérations, notées par la méthode de Golgi — avaient dans les coupes (ûg. 20, % et 21 (PI. III), un aspect en ruban.
Je crois qu'aucun doute ne pourra naitre sur les résultats de mes expériences, si Ton considère le nombre de celles-ci.
Donc, après avoir fait une description sommaire des altérations histologiques des centres nerveux des animaux traumatisés — une seule fois, mais fortement — sur le thorax ou sur rabdomen^ je puis maintenant affirmer avoir retrouvé les mêmes lésions dégénératives dans tous les segments de Taxe cérébro-rachidien. Ces altérations, je l'ai dit, regardent le corps de la cellule, les prolongements, le noyau et le nucléole; je pense qu'elles forment le substrat anatomique des altérations fonctionnelles qui suivent un traumatisme, et donnent en même temps l'expression symptomatologique de la commotion. Mais il n'est pas possible de déterminer la part de c«s altérations dans la mort de l'animal, car la mort survient avec une telle rapidité, qu'un processus parenchymateux dans les conducteurs nerveux ne peut pas se produire. D'autant plus que, si le trauma-
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tisme est assez fort pour causer la mort instantanée de l'animal, les lésions médullaires ne se produisent pas ; la mort, par conséquent, est alors due à d'autres causes. Aussi, si le traumatisme est léger, alors — grâce à Texiguité des lésions et au fait qu'elles sont limitées, ou à d'autres conditions spéciales dues au pouvoir de résistance de l'animal — on a la guérison et^ bien souvent, sans aucun trouble nerveux secondaire. L'examen histologique des centres nerveux des loimaux morts à une époque bien éloignée de la lésion traumatique, pourrait éclairer cette question.
Pour le momei^t» je me suis arrêté à bien établir les altérations anatomo-pathologiques des centres nerveux dans les conditions susiodiquées.
Je me propose de revenir sur l'étude de la cause vraie de la mort par commotion thoracique et abdominale, lorsque j'aurai achevé des recherches, dont je m'occupe actuellement, sur certains ganglions oenreax et sur des neris périphériques^ ainsi que sur les terminaisoas des nerfs dans les organes et sur les altérations des organes mêmes et des vaisseaux sanguins des animaux soumis aux mêmes tnuniatismes ; peut-être qu'alors je serai à même d'arriver à des conclusions plus précises sur la question.
A M. le professeur L. Armanni, qui m'a facilité ce travail, j'adresse ici mes remerciements.