LA. CONTRACTURE TÉTANIQUE
n'est pas fonetion d'une lésion appréciable des cellules
nerreuses médullaires.
RÉSERVES SUR LA VALEUR DE LA MÉTHODE DE NISSL Par MM. J. COUmiOIIT, DOYOM et PAVIOT
1. Histologie de la moelle du cobaye et du chien tétaniques, — Nous avons montré que le tétanos se développe chez Taniinalinjecté avec de la culture filtrée du bacille de Nicolaîer après une période fatale d'incubation. On peut centupler les doses .de culture filtrée, on n'arrive jamais à supprimer complètement cette période d'incubation. Nous avons interprété ce lait, en admettant rélaboration d'une nouvelle substance toxique dans l'organisme injecté. On pourrait nous objecter que cette période d'incubation correspond au temps nécessaire à la production de lésions nerveuses qui seraient la cause des contractures. Il faudrait alors prouver l'existence de ce^ lésions nerveuses. Jusqu'à ces derniers temps, l'accord paraissait unanime pour refuser au tétanos tout substratun anatomo-pathologique ; nous avions donc admis comme démontrée cette absence de toute lésion spécifique dans les centres nerveux des tétaniques.
En 1896, cette question parut entrer dans une phase nouvelle.
M. Marinesco croit trouver, grâce à la méthode de NissI, le secret de» altérations cellulaires nerveuses qui seraient Torigine des contracture^ tétaniques. Dans un premier mémoire >, il étudie la moelle de troi^ cobayes injectés avec de la toxine tétanique et rencontre des altéra^"
* Marinesco, Les lésions médullaires provoquées par la toxine tétanique (Soc. de biol., 4 juillet 1896).
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tions qui, dit-il, « relèvent des altérations primitives de la moelle, aux-^
quelles il a assigné les caractères suivants : raréfaction, dissolution des
éléments chromatophiles, désintégration ou coagulation du tropho-
(tltsma ». « Quand le tétanos, dit-il aussi, passe à Tétat chronique, on
trouve des lésions dégénéra tives dans la substance blanche ». Disons da
suite que ces lésions secondaires ne pouvaient nous préoccuper au point de
vue spécial des relations entre les lésions possibles médullaires et Tap-
parition des contractures tétaniques. Nous ne connaissons pas les obser^
Yations des trois cobayes utilisés par M. Marînesco ; Tauteur dit simple*
ment : « Les lésions trouvées qui dépendent de Tintensité du virus et
de la durée de l'intoxication... ». Dans une seconde publication ^ M.
Marioesco, reparlant de ses trois cobaye», insiste sur le fait qu'il faut
«aerifier les animaux pour constater les lésions qu'il a décrites.
Plus récemment, H. Claude ^ a observé chez un chien sacrifié aprèsdeux mois d'une intoxication tétanique lente, qui avait entraîné de» paralysies et une escharre, des altérations semblables k celles ren- «)ntrées chez le cobaye par Mariuesco. N'ayant en vue que l'étude des lésions qui pourraient exister dans l'intoxication tétanique aiguô pour expliquer la contracture, nous attachons peu d'importance au travail d& «et auteur qui a été placé dans des conditions toutes spéciales.
Nous avons entrepris des expériences * pour vérifier les affirmations de Marinesco.
Nous avons d*abord utilisé le cobaye pour nous placer dans les mêmes conditions que cet auteur. Nous donnons brièvement Tobservation de trois animaux.
ilobêye I (juillet 1896). — Injection d'une goutte de toxine faible dans la cuisse gauche. Dès le lendemain contracture de la patte injectée. La généralisation ne se produit qu'au bout de trois jours. La mort survient le neuvième jour seulement.
Cobêye II (juillet 1896). — L'animal reçoit, le 23, 1/â centimètre cube de sérum antitétanique très peu actif.Le 24, injection de 1/4 de centimètre cube de toxine faible dans la cuisse droite. Le 27, tctonos uniquement local. Meurt le 4 août (10' jour) avec généralisation.
Cobaye III (février 1897). — Le 3, à cinq heures du soir, injection de; i;4de centimètre cube de toxine assez active dans la cuisse droite. Le 4, i neuf heures du matin (16 heures après l'injection), la cuisse droite est seule cootracturée, mais très nettement. L'animal est aussitôt sacrifié.
On voit que deux cobayes (1 et II) sont morts avec généralisation de ^tanos subaigu (9 et 10 joura), c'est-à-dire assez lentement. Le troisième
* Marinesco, Pathologie générale de la cellule nerveuse. Lésions secondaires '■* primitives {Pressé médicale, 27 janvier 1897).
' H. Claudb, Myélite expérimentale subaiguê par intoxication tétanique {Presse ■«/iM/e, 30juin 1897).
' Voir notre note à la Société de Biologie du 31 juillet 1897.