Foie frais haché lO
Papaïne, sol. 10/0 50«
IL Foie frais haché 10^
Suc gastrique artificiel (porc) 50*^
Ce premier couple est laissé 5 heures à Tétuve à 37*.
Deux autres ballons semblables, III et IV, sont additionnés de S gouttes do la solution alcoolique de thymol à 1 0/0 et restent 24 heures à Tétuve.
Deux autres ballons, semblables aux précédents, V et VI, restent pendant 48 heures à Tétuve.
Quand le terme de la digestion (5 h., 24 h., 48 h.) est arrivé, on retire les ballons et Ton sépare par filtration la liqueur du résidu insoluble; dans le cas de digestion gastrique, on neutralise la liqueur. Le résidu est lavé, puis séché à 105° jusqu'à constance du poids.
Les 10 grammes de foie frais correspondent en poids sec à 2«',120 (rapport 4,7). Ce chiffre a été déterminé sur un échantillon de 10 grammes, prélevé sur la même massé que les lots précédents et séché à rétuv*
PI01IENT& HÉPATIQUES CHEZ LES VERTÉBRis. 215
Après 5 heui^es de digestion, on retire les ballons I et. II et on filtre.
Le ballon I (digestion papaïnique) a une couleur jaune-orangé, clair., Le résidu (4»',735), de couleur brun cendré, est mis à dessécher à 105®. 1\ produit un poids sec de l'^lSO. Sur les 2'',i20 (foie sec)^ il y a donc €uune quantité correspondante à Is^lOO qui a été digérée et est passée «Q solution dans la liqueur papaïnique, et une quantité correspondante
âlc'jOSO qui a résisté à la digestion (résidu sec de digestion). Le ballon II (digestion gastrique) nous donne les résultats suivants ;
liqueur de couleur jaune opalescente. Résidu frais de la digestion gas-^
trique : 48^,130; desséché : ls',06ô. Sur les 2v%120 de l'échantillon
(évalué à l'état sec), il y a eu l'^055 qui a été digéré et liquéfié; 19%065
qui a résisté.
Après 24 heures, on retire les ballons III et IV.
Btdloa III (digestion papaïnique). — Liquide de digestion de couleur jaune orange foncée.
Résidu de digestion papaïnique : à Fétat frais, £«■',150 ; à Tétat sec^ «i',440.
Sur les 2r',120 de Téchantillon (évalué à Tétat sec), il y a 1",680 digéré ^ liquéfié ; 0''',440 qui ont résisté. Ce résidu devient rouge^brun par la dessication.
Ballon IV (digestion gastrique). — Liqueur de digestion de couleur jaune opalescente.
Résidu de digestion gastrique : à Tétat frais, 31^,560; à Tétat sec^ ^,rib. Sur les 2»',120 de l'échantillon, il y a eu 1»',445 digéré et liquéfié; CK',675 ont résisté.
Après 48 heures, on retire les ballons V et VI.
Ballon V (digestion papaïnique). — Liquide de digestion de couleur ïouge.
Résidu de digestion papaïnique : à l'état frais, Offi',920 ; à Télat sec, 0^,150. Sur les 2ff',120 de réchantillon (évalué à l'état sec), il y a eu i^,910 digéré et liquéfié et 0'%150 ont résisté à la digestion et forment ^ae poudre rouge.
Ballon VI (digestion gastrique). — Liquide de digestion de couleur^ jaune opalescente.
Résidu de digestion gastrique : à Tétat frais, l'',250; à l'état sec, 0^,270. Sur les 2»',120 de l'échantillon (évalué à l'état sec), il y a eu ^''ïSSO digéré ; il y a eu un résidu rouge de 0«',270.
En résumé, la digestion papaïnique est la plus complète ; prolongée 48 heures, elle fournit le maximum des produits qui peuvent éire extraits du tissu hépatique par ce procédé. C'est à savoir :> i'une liqueur neutre de couleur rouge, saline, contenant des pep- (Ofles et du sucre et tenant en dissolution ce que nous avons appelé^ e pigment hépatique aqueux^ et 2® une poudre rougeâtre, qui abanlonnera à l'alcool ou au chloroforme le second pigment, le pigmenH
216 A. DASTRE ET N. FLORBSGO.
ehloroformique^ en laissant une petite quantité d*un dépôt insoluble, grisâtre.
On constate d'abord que ces pigments se distinguent par leur solubilité :
On évapore la liqueur aqueuse au bain-marie jusqu'à consistance sirupeuse; elle fonce de plus en plus. Lorsque Tévaporation est terminée, on traite par l'alcool ou mieux par le chloroforme. Il n'y a pas dissolution : lé chloroforme, ni l'alcool ne se colorent.
Inversement, la solution chloroformique évaporée donne un résidu qui ne se dissout pas dans l'eau.
8. Les deux pigments ne sont pas le résultat artificiel du tnitement. — Nous avons à nous demander si les pigments, ainsi recueillis, préexistent bien dans le tissu hépatique ou s'ils ne seraient pas le produit du traitement.
Il faut remarquer, en ce qui concerne le pigment chloroformique, qu'il est le même, soit que l'on traite le résidu de la digestion papaïnique, soit que Ton opère sur le résidu de la digestion gastrique. Au contraire, le pigment aqueux parait avoir été altéré par la g liqueur gastrique ; il offre une teinte jaune opalescente que la con^ | centration ne fait pas beaucoup changer. A cet égard, tout l'avantage 'q est à la digestion papaïnique.
Ceci posé, revenons à la question de savoir si nos deux pigments I sont des produits naturels ou artificiels. Au lieu de soumettre le tissu hépatique à la digestion pour lui enlever ses pigments, essayons de les extraire directement par simple broiement mécanique.
Le tissu hépatique e|St haché, placé dans le vide, au-dessus de l'acide sulfurique. On achève la dessiccation à 105^, à l'étuve. On broie énergiquement la poudre ainsi obtenue dans un mortier. Puis on met macérer à Teau froide ou tiède, très légèrement alcalinisée par la soude ou par le carbonate de soude. La liqueur prend une coloration jaune rouge, se fonçant de plus eu plus, par concentration. On peut s'assurer par diverses épreuves, dont il sera question plus loin, que le pigment ainsi obtenu a sensiblement les caractères de celui qui existait tout à l'heure dans le Hquide de digestion papaïnique et qu'il en est extrêmement voisin; seulement il est moins abondant. Lé dépôt qui se précipite, étant séché, est ensuite traité par le chloroforme ; il fournit le second pigment, ici encore moins abondant que dans le cas de la digestion.
Il résulte de là que le moyen que nous avons employé, c'est-à-dire la digestion papaïnique^ n'apporte pas de perturbation très sensible dans la situation des pigments : c'est seulement un artifice qui en facilite l'extraction.
PIGMENTS HBPATIQUXS CHEZ LES VERT^BRéS. 217
9. Comparaison des digestions gastrique et papaïnique du tissu éuîoie, — Une autre particularité mérite d'être mise en lumière. On sait que le suc gastrique attaque et décompose les nucléo-albumines; il les précipite d'abord, ces composés n'étant pas stables en milieu acide ; puis il peptonise le noyau albuminoîde et dépose la nucléine et les dérivés nucléiuiques. La digestion en milieu neutre (ce qui est le cas de la digestion papaïnique) est beaucoup moins efficace : une partie tout au moins de ces nucléo-albumines lui résiste et reste en solution. C*est ce qui explique que Ton obtienne ensuite un précipité, d'ailleurs peu abondant (précipité de nucléoalbumines), lorsque l'on acidifie légèrement la liqueur papaïnique. On comprend aussi que le résidu de la digestion soit en plus grande quantité avec la liqueur gastrique qu'avec la liqueur'papaïniqùe. La différence trouvée plus haut, après achèvement de la digestion entre les résidus secs papaïnique (0«',150) et gastrique (0*',270), c'est-àdire 0^,120 est principalement formée par ce dépôt de nucléines et dérivés nucléiniques. C'est lui qui subsiste à l'état de poudre grise cendrée après qu'on a traité par l'alcool ou le chloroforme. De même, dans le liquide acide de la digestion gastrique, il n'y a pas de oucléo-albumine en solution. La teinte, d'autre part, est plus faible. Ceci tendrait à faire admettre qu'une partie de la teinte (c'est-à-dire une partie des pigments) est liée à des nucléo-albumines, nucléoalbumines ferrugineuses, analogues à celles qu'a fait connaître Bunge.
D'autre part, ce pigment est loin d'être seulement formé par des nucléo-olbumines ferrugineuses, puisque la liqueur acide gastrique présente une coloration jaune. Nous retrouverons ces détails qui auront leur importance quand nous parlerons du fer contenu dans ce pilent aqueux.
10. Propriétés du pigment hépatique aqueux. — La matière colorante qui est en solution dans la liqueur de digestion papaïnique (ou qu*on obtient encore du foie par l'action d'un alcali faible) n'a pas été isolée. Nous nous sommes contentés dans ce premier travail d'en étudier quelques propriétés.
La liqueur traitée par les acides, l'acide chlorhydrique, l'acide acétique glacial ne présente pas de modification. Quelquefois l'excès d'acide a produit un précipité qui ne se redissolvait point dans Texcès. De même, la soude ne produit pas d'altération apparente ; quelle qu'en soit la quantité, il n'y a ni précipité, ni changement de couleur. Pas de réaction de Gmelin. L'acide azotique nitreux )roduit un précipité blanc avec formation d'une couche jaune qui rétend à la fin à toute la masse. Les tf^e/i/^ oxydants n'exercent pas
ils A. DASTRB ET N. FLORESGO.
d'action appréciable. L'eau chlorée, bromée, iodée, ne détermlnenl ni changement de couleur, ni précipité.
L*eau oxygénée présente une réaction remarquable en elle-même, et parce qu'elle établit une analogie avec la sécrétion biliaire. L'eau oxygénée, à peu près neutre, est décomposée violemment par la liqueur hépatique de digestion papaïnique, comme par la bile. La liqueur papaïnique elle-même est sans effet. La liqueur de digestion bouillie ne décompose plus ainsi Teau oxygénée.
La chaleur détermine un léger précipité floconneux. Le vide ne produit aucun changement. La lumière n'a pas d'action ou seulement une action très lente. Le spectre d'absorption ne présente pas de bandes isolées : il offre seulement deux plages sombres aux deux extrémités rouges et violettes.
H. Propriétés du pigment hépatique cbloroformique, — Nous avons essayé les mêmes réactions avec le pigment cbloroformique. On l'obtient, comme nous l'avons dit, en traitant par le chloroforme le résidu sec de la digestion papaïnique ou la poudre de foie séchée, épuisée par l'eau très légèrement alcalinisée au moyen du carbonate et séchée de nouveau. Ces poudres deviennent rouges par la dessication : le chloroforme leur enlève le pigment et les laisse, après épuisement, à l'état de masse pulvérulente grise. On utilise pour l'étude des propriétés soit la solution cbloroformique, soit la solution alcoolique.
L'acide acétique ne produit pas de changement. La solution alcoolique de soude détermine un précipité qui disparait par agitation en présence d'un excès de réaclif.
Avec le réactif de Gmelin (acide nitrique nitreux) on n'obtient pas d'effet. Il importe de faire ici une observation. Si Ton emploie la solution alcoolique, que l'on traite par l'acide nitrique nitreux, on peut voir, en attendant suffisamment, à la limite de séparation de deux liquides une teinte verte qui fonce de plus en plus et passe enfin au bleu clair. Mais il est à noter que cette réaction appartient aux réactifs eux-mêmes (alcool et acide nitrique nitreux). On l'obtient en effet avec ces liquides purs (voir n** 16). C'est ce fait qui probablement a induit en erreur quelques observateurs, par exemple Cadial * ; on ne doit jamais exécuter la réaction de Gmelin sur les liqueurs alcooliques.
Les agents oxydants exercent une action qu'il faut signaler. Employons, par exemple, la solution alcoolique d'iode et faisons-la agir sur la solution alcoolique du pigment. La couleur se fonce
* Cadiat, La struclure du foie des invertébrés {Gaiette médicale^ 1878, p. 290)*'
PIGMENTS HEPATIQUES CHEZ LES VERTEBRES. 219
ivantage : si Ton est parti de la couleur jaune (concentration faible) i solution devient rouge.
Si l'on fait ensuite passer un courant d'hydrogène sulfuré, la cou- ^r s'éclaircit et revient au jaune pâle initial. Après avoir chassé 'hydrogène sulfuré par la chaleur, la liqueur gardant sa couleur, on mi faire agir à nouveau Falcool iodé et reproduire les mêmes Jternatives.
La chaleur détermine un changement de teinte : la solution devient lus foncée.
La lumière n'exerce pas d'effet sensible. Quant au spectre d'ab- )rption, il n'a non plus que le précédent (non plus que celui du gment biliaire) rien de caractéristique. Il n'y a point de bandes ittement limitées, mais seulement deux plages s'arrétant aux irisions : 30 pour le rouge ; 80 pour le bleu-violet (spectre : raie = 50 ; raie strontium = 105).
12. Distinction des deux pigments. — En résumé, il y a des difr 'ences, entre le pigment aqueux et le pigment cbloroformique^ au int de vue de la solubilité et au point de vue de l'action des agents ^dants et réducteurs. Mais ce sont là des différences insignifiantes
comparaison de celle qui nous reste à signaler. Il y a, en effet, tre ces pigments une différence capitale ; c'est à savoir leur comsition. L'un est ferrugineux^ c'est le pigment aqueux ; l'autre ne aiîent pas de fer, c'est le pigment chloroformique. C'est l'analyse lorimétrique qui manifeste ce résultat. Mais, comme nous allons Ir, les réactions le montrent aussi.
13. Pigment aqueux ou ferrugineux. — On peut essayer de se mer une idée de la quantité du fer contenue dans ce pigment.
}n prend une portion des 50 centimètres cubes de liquide de digestion paînique (de 10 grammes de foie), liquide qui contient le pigment hépaoe aqueux. On l'analyse au point de vue du fer ; le chiffre trouvé i 0"r'',22 pour 10 grammes de liquide. Pour la totalité du liquide paiûique, nous avons donc une quantité de fer égale à 1«',10. Or, cette uitité est précisément égale à la quantité même qu'une analyse directe Durnie pour le fer de 10 grammes de foie soumis à la digestion.
Sn résumé, le pigment aqueux, obtenu en solution par la digestion mnique du foie^ contient a peu près tout le fer du foie. La quanqui subsiste dans le résidu de cette digestion est insignifiante.
I. Fixation du pigment bépatique ferrugineux par le charbon lal. — Si Ton filtre la liqueur de digestion papaïnique sur le l)on animal on constate qu'elle passe décolorée. Le charbon a
2â0 A. DASTRE ET N. TLORESOG.
i*eten\i la matière colorante. Il n'y a jplus que des traces de fer dans le liquide incolore.
Nous voyons ainsi que le lien est tout à fait étroit entre la matière ferrugineuse et la matière colorante : si l'on fait disparaître la coloration, on fait disparaître le fer. C'est une nouvelle démonstration que \q pigment hépatique est la matière ferrugineuse elle-mêùie,
15. État du fer dans le pigment hépatique soluble. Nature da pigment hépatique aqueux, Ferrine et nucléo-albumines /errajineuses. — On sait la distinction qui a été établie par les chimistes entre les deux formes sous lesquelles le fer peut exister dans l'organisme :
1» Il peut se trouver en quelque sorte dissimulé dans une combinaison organique où il est fortement lié. Il ne donne pas les réactions des sels de fer. On. dit qu'il est à l'état de fer organique. Les nucléoalbumines ferrugineuses de Bunge et son hématogène en fournissent le type.
Ces combinaisons sont caractérisées en ce que, en solution légèrement alcaline, légèrement ammoniacale, elles ne précipitent point par le sulfure d'ammonium, ou seulement très lentement. L'addition de ferrocyanure avec acidification par l'acide chlorhydrique ne donne pas ou donne seulement très lentement le précipité de bleu de Prusse.
Traitées par l'acide chlorhydrique alcoolique (alcool à 95% 90 vol.; HCl à 25 0/0, 10 vol.) ; elles n'y sont pas solubles, ou si elles s'y dissolvent, elles ne donnent avec le ferrocyanure de potassium qu'une réaction très lente.
2* La seconde forme est la forme saline^ minérale. Les réactions précédentes qui échouaient tout à l'heure, réussissent immédiatement.
Entre ces deux formes pourrait se placer comme une troisième forme Talbuminate de fer, la ferro-albumine, la ferratine de Marfori et Schmiedeberg qui, en effet, est moins résistante que la première catégorie, mais plus que la seconde. L'usage semble prévaloir cependant de rattacher ce dernier composé à la forme minérale ou saline.
Si l'on essaye à ce point de vue la liqueur chargée de pigmenl aqueux, on constate facilement que la plus grande partie du fer n'j est pas dissimulée d'une façon appréciable. Le métal est très faible ment lié à la matière organique (probablement de nature protéo sique). Nous pourrons dire qu'il y est sous la forme saline. La réac tion avec le sullhydrate d'ammoniaque fournit une liqueur verte o 6e dépose rapidement un précipité.
PIGMENTS HÉPATIQUES CHEZ LES VEETiEbrÊS. 221
M réaction avec le ferrocyanure de potassium acidifié par Tacide. lorhydrique donne un précipité de bleu de Prusse immédiat.
Ferrine, — Il devient maintenant possible de répondre à la derère question que soulève la couleur du foie. Cette couleur n'est pas homogène ; elle est due à plusieurs piglents qu*il faut d'abord diviser en deux catégories : la catégorie ^pigments aqueux et ferrugineux, la catégorie des pigments chlooformiques ou alcooliques. Nous avons parlé jusqu^ici de chacune de les catégories comme si elle était formée d'un pigment unique. Ce i*est pas tout à fait exact, au moins pour les pigments aqueux, ferrugineux. La comparaison faite plus haut (n"* 9) de la digestion acide lu foie avec la digestion neutre — et, d'autre part, les réactions adiquées au n* 12, nous montrent qu'une petite partie est constituée ar des nucléo-albumines ferrugineuses, mais que la majeure partie e ces pigments solubles est formée d'un composé analogue à la fer-r BtÎDe de Mariori et Schmiedeberg, Ce composé, étudié dans le roduit de la digestion papaïnique, se distingue de la ferratine par aelques traits accessoires. Admettons pour la ferratine les propriétés iiivantes :
Poudre jaune ; soluble dans les solutions étendues d'alcalis et carboates alcalins ; précipitée de ses solutions alcalines par les acides éten- 08, mais soluble dans un excès d*acide ; lenteur de la réaction avec le nlfiire d*ainmonium; lenteur de la réaction colorée avec le ferrocyanure ; Dlubilité dans l'acide chlorhydrique alcoolique (Réactif de Bunge).
La majeure partie de notre pigment [fourni par la liqueur neutre apaînique] est :
Soluble en milieu neutre ; non précipitée par les acides ; soluble même ans une faible quantité d'acide et non pas seulement dans un grand icès. Enfin, les réactions avec le sulfhydrate d'ammoniaque et le ferocyanure acidifié n'ont pas besoin d*un aussi long délai pour s'acomplir.
Signalons une autre différence : la ferrine (après avoir été chauffée 100*) jouit à un haut degré de la propriété anticoagulante pour le sang 2 yiiro; la ferratine n'exerce pas d*action de ce genre.
Il résulte de là que notre pigment est seulement très voisin de la rratine; il se rapproche plus qu'elle de la forme saline du fer. Il été obtenu par la digestion papaïnique en milieu neutre ; celui de irfori et Schmiedeberg par la dilution dans les alcalis très étendus, in et l'autre procédé sont très peu capables d'altérer l'état naturel la matière. Le nôtre est-il plus altérant que eelui des auteurs
822 A. DASTHB BT N. FLORESCO.
allemands, ou est-ce l'inverse? C'est difficile à dire. Pour ne pas pré juger la question, désignons par le nom de terrine l'état naturel de ce pigment aqueux, ferrugineux — A cette ferrîne, il faut ajouter, comme nous l'avons dit plus haut, une très petite quantité de oociéd* albuminoïdes ferrugineuses.
C'est le mélange de ferrine et dune faible quantité de nucléoalbumine ferrugineuse qui constitue le pigment aqueux du foie.
16. Nature du pigment chloroformique. — Quant au pigment chloroformique, on peut le rapprocher des pigments biliaires, d'une part, et, d'autre part, des lipochromes entre lequels il est interne* diaire. Nous l'appellerons d'un nom qui indique ces affinités, cM^ chrome.
Voici ses caractères :
1* Couleur : partie chaude du spectre, gamme jaune rouge comme les lipochromes ;
i? Solubilités : soluble de même dans le chloroforme, la benzine; il n'est pas soluble dans l'éther^ confoimément à ce qui arrive pour les pigments biliaires, mais contrairement à la plupart des UpO' chromes ;
3** Les procédés d'oxydation et de déshydratation qui font passer les lipochromes, comme les pigments biliaires, à la gamme verta et bleue, sont sans effet sur le pigment alcoolique du foie, ou du moins, agissent sur lui en le poussant au rouge, vers la partie la moins réfringente du spectre. Nous avons mis en garde contre une fausse réaction; à savoir : le passage au vert que Ton observe en traitant la solution alcoolique par l'acide nitrique nitreux, réaction qui appartient à l'alcool lui-même, ou au chloroforme, et se produit d'ailleurs lentement * ;
4" Les procédés de réduction (courant d'hydrogène sulfuré) ramènent le pigment oxydé à l'état initial, comme cela a lieu avec les pigments biliaires ;
5° Le spectre d'absorption est le même que pour les lipochromes et les pigments biliaires, en ce sens qu'il n*y a pas de bandes hmitées, mais seulement deux plages extrêmes, l'une dans le rouge, Tautre dans le violet spectral •.
* A. Dastre et N. Floresco, Réaction de Gmelin pour leë lipoohrotnes (C, fî* do la Soc. dû bioLy janvier 1898).
' On peut cependant établir des distinctions entre ces spectres continus : si la concentration augmente^ le spectre des lipochromes se resserre des deux côtés; les deux plages obscures marchent l'une vers l'autre pour se r^oindrt en un point intermédiaire. Pour la bilirubine, rien de pareil; la plage du côlé violet vient brusquement s'adosser par une ligne tranchée au voisinage de la raie D et n'en bouge plus guère; c'est la plage obscure du côté rouge qui vi
PIOMENTS HÉPATIQUES CHEZ LES VBHTÉBRÉS. 223
ni. — Pigments hépatiques chez les vertébrés.
Les résultats typiques que nous venons d'obtenir chez le chien, auvent être appliqués aux autres classes de vertébrés. Un grand ^mbre de vérifications de détail, faites chez ces animaux, nous ont ontré des faits concordants avec les précédents, qui prennent ainsi I véritable caractère de généralité.
17. Reptiles. — Nous avons opéré sur les lézards, exactement nnme sur le chien.
Quoique l'opération soit plus difficile, on réussit à laver le foie irec l'eau salée ; on le hache et le sèche dans le vide, au-dessus de acide sulfurique. La poudre de foie (obtenue de plusieurs animaux) st divisée en deux lots :
L'un des lots est soumis à la digestion papaïnique ; le résidu est imité par le chloroforme ou l'alcool.
Le second lot est traité par l'eau très légèrement alcalinisée ; le résidu est repris par le chloroforme.
On obtient ainsi les deux pigments : l'un aqueux et ferrugineux ; l'autre chloroformique. Le spectre et les autres caractères sont les mêmes que chez le chien.
18. Batraciens. — Même chose chez la grenouille. Le lavage du foie y est beaucoup plus facile que chez le lézard. L'organe prend me teinte claire: On répète cette opération sur un assez grand wmbre d'animaux pour avoir une quantité de tissu hépatique suffisant aux recherches.
Mêmes résultats avec les tritons, salamandres. On trouve les deux pigments, l'un soluble dans la liqueur de digestion papaïnique et lans les solutions faiblement alcalines — l'autre, soluble dans le thloroforme et l'alcool.
19. Poissons. — Nous avons fait des recherches de même genre cbei différents poissons, carpes, tanches, etc. Le résultat a été identique.
20. Conclusions. — 1® Le foie, chez tous les vertébrés, doit sa couleur à deux catégories de matières colorantes, qui se distinguent de |)rime abord par leur solubilité, à savoir : A. les pigments aqueux et î. les pigments chlorotormiqucs ;
larcher à sa rencontre pour les concentrations croissantes. Quant à la blliverine, son spectre peut présenter des bandes nettes; par exemple, dans lo rouge, le bande qui se confond avec la première bande de la chlorophylle.
224 A. DABTRI BT N. FLORESGO.
2*^ A. — Les pigments aqueux sont solubles dans l'eau légèrement alcalinisée par la soude ou par le carbonate de soude et dans la liqueur neutre de digestion papaïnique, ce qui fournit deux moyens de les obtenir. Ils sont insolubles dans le chloroforme et dansTaicooLLeor couleur varie dans la gamme du jaune au rouge. Ils sont toujours ferrugineux et contiennent à peu près tout le fer du foie.
Ils sont constitués par un composé ferrugineux que nous appelons ierriney mélangé d'une petite quantité de nucléo-albuminoîdes ferrugineux ;
3* La terrine s'obtient intégralement par la digestion papalnique du foie frais; c'est un composé organo-métallique très voisin delà fer ratine de Marfori et Schmiedeberg, mais s'en distinguant en ce que le fer y est moins dissimulé que dans celle-ci. Les réactions avec le ferrocyanure de potassium et le sulfhydrate d'ammoniaque sont plus rapides à se produire. La ferrine est une combinaison encore plus voisine que la ferratine de la forme saline ou minérale ; elle contient de l'hydrate ferrique combiné à un albuminoïde ayant les caractères des protéoses ; il est vraisemblable que le fer peut y exister alternativement à l'état ferreux et à l'état ferrique.
4** Le pigment aqueux, ferrugineux, examiné au spectroscope, donne un spectre continu, sans bandes d'absorption, qui s'éteint ^ seulement aux deux extrémités, rouge et violette. ]
Les trois traits distinctifs sont donc : la solubilité , la richesse efl /er, le spectre continu.
B. Pigment alcoolo-cbloroformique. — Le second pigment est soluble dans le chloroforme, moins soluble dans l'alcool; il est peu soluble dans l'éther, insoluble dans l'eau. Il est intermédiaire pat ses caractères aux lipochromes et aux pigments biliaires. Nous l'avons nommé choléchrome.
On l'obtient en traitant le résidu de la digestion papaïnique, ou directement la poudre de foie séché.
11 ne contient pas de fer. Il n'est pas attaqué par la digestion papaïnique.