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H. BORDIER

ture constante et la surface cutanée. Pour une même épaisseur de tissus compris entre un gi'os vaisseau et la peau, la température locale cutanée peut présenter différentes valeurs, suivant que le ou les tissus interposés ont une conductibilité calorifique plus ou moins grande.

L'expérience de tous les jours nous apprend que cette conductibilité est médiocre ; lorsqu'on applique un cautère thermique (pointes de feu) sur la peau d'un malade, les tissus sont détruits aux points touchés, mais les parties voisines restent à la température qu'elles avaient avant l'application.

Il en est de même dans la réfrigération locale : lorsqu'on projette, sur la peau par exemple, un jet de chlorure de méthyle, il n'y a que les points directement intéressés qui subissent l'effet réfrigérant. (Dans l'un et l'autre cas, les actions vaso-motrices intenses que Ton observe consécutivement, ne sont pas le résultat d'un phénomène de conductibilité et ne doivent pas nous occuper ici.) Malgré Tintérét que présente, au point de vue physique, la connaissance de la conductibilité calorifique des différents tissus de l'organisme, il existe peu de travaux entrepris dans ce sens et ceux que l'on trouve dans les traités spéciaux ne sont pas à Tabri de toute critique.

En 1810, Greiss ^ a essayé de mesurer la conductibilité des tissus parla méthode suivante qui rappelle un peu celle de Sénarmont pour les cristaux. Il disposait des morceaux de cire à la surface du tissu étudié: an centre de chaque fragment il plaçait une source de chaleur, puis il notait le temps écoulé jusqu'au moment de la fusion de la cire.

Ce procédé est bien défectueux et on peut même s'étonner que oel auteur soit parvenu à obtenir quelques résultats.

Plus récemment, Landois a fait des expériences sur cette difficile question ; voici comment il opérait/, les différents tissus étaient appliqués en couche d*égale épaisseur sur un tube à essai à parois minces rempli deau maintenue à la température de FébulUtion ; la surface extérieure de chaque fragment avait été enduite de paraffine et Ton attendait que la fusion de la paraffine s'opérât. Le temps employé à ce changement d*état mesurait la conductibilité des différents tissus.

Ainsi, c*est contre un corps à 100^ que Landois appliquait les tissus à étudier. Il y a là un grave inconvénient : les albuminoïdes constituant ces tissus étaient, dans ces conditions, coagulés par la chaleur et il en résultait facilement une profonde modification physique et chimique produisant une perturbation considérable dans la conductibilité calorifique que Ton se proposait de rechercher. Cette coagulation se produisait d'ailleurs d'autant plus sûrement que le corps dont on attendait la fusion, la paraffine, fond à une température élevée variant de 50 à 60® suivant les échantillons.

• •* Cité par Landois, Traité de physiologie humaine, Irad. fr., p. 384.

Troavaat cette méthode bien imparfaite, nous avions, dès 1889, avec la oollaboration de H. Chevallier, alors préparateur au laboratoire de physique médicale de la Faculté de Bordeaux où nous étions no us-môme, et à riastigation de M. le professeur Bergonié, cherché à comparer entre elles les conductibilités des divers tissus. Nous avions essayé de nous mettre au moins à Tabri des causes d'erreur précédemment signalées.

Nous allons d'abord indiquer les deux méthodes que nous avions successivement tenté d'employer .

La première consistait à placer, sur une étuve à température constante et égale à 40^ environ, un fragment du tissu d'épaisseur déterminée et eotouré de feutre. A la face supérieure, on avait râpé un corps gras fondant à une basse température (beurre de cacao) ; on notait alors le temps nécessaire pour que la fusion de beurre commençât. Pour rendre comparables les effets de rayonnement, nous avipns recouvert la surface libre, avant de mettre le corps gras, d\me feuille d'or très mince. C'était, on le voit, la réalisation pure et simple du problème du mur. Les résultats obienas ont été, il faut le dire, très mauvais et nous n*avons pu en tirer iteolument aucun parti. Si on rapproche la méthode de Greiss de celle-ci, OQ peat être surpris des conclusions auxquelles cet expérimentateur est arriTé, car il est loin d*avoir pris les précautions que nous venons d'indiquer.

Noos avons alors imaginé un autre dispositif expérimental dont le prlacipe est le suivant : étant donné plusieurs tissus de conductibilité calorifique différente, on aura une mesure comparative de leur conductibilité respective en déterminant la différence de température qui existe entre deux tranches situées toujours à la même distance : 1^ Tune de l'autre et ^ de Tétuve à température constante.

Pour cela, nous avons placé sur l'enceinte à température constante un fragment de chaque tissu d'une certaine épaisseur ; puis nous avons enfoncé horizontalement deux aiguilles thermo-électriques de d'Arsonval, maintenues parallèlement à une distance d'un centimètre à l'aide d'une petite planchette de bois munie de deux trous superposés. Le circuit \ étiit fermé sur une boussole de Wiedemann-d'Arsonval, dont les indications étaient relevées sur une échelle par la méthode de Poggendorfl*. Ces aiguilles constituaient un couple qui, étalonné au préalable, permettaient de connaître la différence de température existant entre deux plans du tissu distants d'un centimètre.

Cette méthode, qui serait excellente dans le cas d'un corps inorganique, est moins facile à employer pour le genre de recherches dont il s'agit. Xûs résultats n*oot pas été assez nets pour que nous les publiions.

Désirant aboutir à une solution définitive de cette question, j'ai repris cette étude en utilisant une autre méthode, moins sensible peut-être que la précédente, mais très suffisamment exacte pour arriver à des résultats constants. Il ne faut pas oublier, en efîiet, que,

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