I. — MoUnsqnes
Nous avons examiné des représentants des trois classes, gastéropodes, lamellibranches, céphalopodes.
Parmi les gastéropodes, nous avons examiné surtout l'escargot et les buccins ; parmi les lamellibranches : les moules, les pecteDS et les huitres ; parmi les céphalopodes : les poulpes et les seiches.
C'est rétude de Tescargot qui nous a retenus le plus longtemi». Le foie de Thelix mérite cette attention par des particularités très instructives. Cependant, au point de vue des analogies aveclesTe^ tébrés, ce n*est point par les gastéropodes pulmonés qu'il faut commencer, c'est par les lamellibranches et les céphalopodes. Les gastéropodes à vie terrestre constituent, en effet, à un certain point de vue, un type légèrement aberrant.
2. Caractères généraux des pigments hépatiques, — Indiquons immédiatement le fait capital : comme chez les vertébrés, le foie présente deux catégories de pigments qui se distinguent en premier lieu par leur solubilité ; c'est à savoir : les pigments aqueux ei\^ pigments cbloroformiques. Les pigments aqueux peuvent être obtenus directement par simple macération dans l'eau salée ou I^èrement alcalisée. L'extraction dans ce cas est incomplète. Si l'on veut épuiser le tissu hépatique de sa matière colorante, il faudra recourir au même moyen qui a réussi avec le foie des vertébrés, c'est-à-dire à la digestion papaïnique du tissu frais ou desséché. On emploie la papaïne en solution à 1 0/0, et l'on ajoute dans un matras à 50 centimètres cubes de cette solution, environ 10 grammes de tissu frais de foies enlevés à un nombre suffisant d'animaux. 0» porte à l'étuve à 37*. La digestion terminée, on recueille le liqui qui contient tout le pigment aqueux, et le résidu séché, traité parte chloroforme, fournit ensuite le pigment cbloroformique.
Le pigment cbloroformique peut être obtenu plus simplement, d'une manière directe, en opérant sur la poudre de foie séché au vide sulfurique. Le résidu, convenablement traité, donnera ensuite le pigment aqueux. Il importe de noter que quelques auteurs, Mae Munn par exemple, ont épuisé le' foie par l'alcool. Ils ont obtenu ainsi un pigment alcoolique qui se confond plus ou moins complètement avec notre pigment chlorofojmique, qui peut être appelé en
PIGMENTS HÉPATIQUES DBS INVERTEBRES. 891
Qséquence pigment alcoolo-cbloroformique. Mais ce procédé a des ^nvénients sérieux. Dans certains cas, en effet (et cela arrive préément chez Tescargot), le pigment aqueux peut être très légère- »nt soluble dans l'alcool, de sorte que l'on se trouve en présence
deux pigments non séparés dans l'extrait alcoolique. De là, des afusions qui n'existent point avec le chloroforme. On reconnaît que les deux pigments, aqueux et chloroformique, it bien réellement distincts : le pigment aqueux est insoluble dans chloroforme, le pigment chloroformique est insoluble dans l'eau ^ L'analogie avec les faits obtenus chez les vertébrés est complète
de même et par les mêmes raisons que chez ces derniers, on iblirait que le pigment aqueux ou papaïnique des invertébrés n'est s un produit artificiel du traitement, mais qu'il représente très nsiblemeDt l'état naturel du pigment dans le foie vivant. Disons enfin, par anticipation, que chez la presque totalité des rertébrés (mollu,sques surtout) que nous avons examinés,, le l^ent aqueux est en même temps ferrugineux et qu'il est idenue au composé ferrugineux des vertébrés que nous avons nomm^ Tîne. Chez les gastéropodes pulmonés seuls, ce composé ferruleux diffère de la ferrine el c'est en quoi ces animaux constituent e sorte de cas aberrant.
A. — Céphalopodes.
Nous avons surtout examiné là seiche et le poulpe qui se comftent d'une manière un peu différente.
3. Seiche. — Le foie se présente chez la seicfie avec une couleur une. On l'extrait facilement en évitant tout contact avec les gments de la poche à encre.
«) Pigment aqueux. — On peut soumettre les foies frais à la igestion papaïnique dans les conditions ordinaires; on peut encore pérer sur la poudre de foie séché dans le vide au-dessus de ftcide sulfurique. De quelque manière que l'on procède, on obtient De liqueur jaune qui contient le pigment aqueux. Ce pigment lueux est insoluble dans le chloroforme ; il est riche en fer ; il )one un spectre continu ; il offre tous les caractères que nous roDs constatés chez le pigment aqueux des vertébrés, ou ferrine.
b) Pigment alcoolo-chlorotormique. — Le pigment chloroformique obtient au moyen de la poudre de foie séché ou au moyen du sidu de la digestion papaïnique. La couleur est franchement jaiioe passe au rouge si la concentration est suffisaùie. Il fournit le me spectre sans bandes délimitées qui appartient au pigment
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chloroformique des vertébrés, dont il a d'ailleurs tous les caractères. U est pauvre en fer. C*est le cboléebrome.
En résumé, identité des deux pigments hépatiques chez la seiche et chez le chien et les autres vertébrés.
Poulpe. — Le résultat n'est pas le même chez le poulpe.
Celui-ci va nous présenter un second type, au moins en ce qui concerne le pigment chloroformique.
Le foie est de couleur brune. Le pigment aqueux a les caractères ordinaires qu'il présente chez les vertébrés et chez la seiche; il est riche en fer ; c'est la terrine.
Quant au pigment chloroformique obtenu comme celui de la seiche, il présente une couleur fauve plus ou moins foncée. Au spectroscope, il offre un spectre très remarquable et que nous rencontrerons souvent par la suite.
C'est un spectre à quatre bandes dont nous indiquons la position en divisions de notre micromètre ainsi repéré : division 50, raieD du sodium ; division 105, raie principale du strontium ; intervalle divisé en 55 divisions que Ton prolonge.
Les quatre bandes sont les suivantes : la bande caractéristique, très noire, dans le rouge 29-S2; une seconde bande, très faible, dans l'orangé 42-46 ; la troisième bande est dans le vert 62-66 (elle est la seconde dans l'ordre de la netteté); la quatrième bande également dans le vert 75-82 (elle est la troisième dans Tordre de la netteté).
Ce pigment renferme seulement des traces de fer. C'est un nouveau trait qui le distingue du pigment aqueux. Nous le retrouverons dans le foie de l'huitre et enfin dans celui de l'escargot, et c'est alors que nous aurons à nous expliquer sur sa nature. Disons dès à préseat qu'il ressemble à la chlorophylle par son spectre, et appelons-le pro* visoirement chîorophylïoïde. Ajoutons que c'est surtout avec teV mélange alcool-chloroforme ou avec l'alcool seul que l'on observe» les quatres bandes. 1
En résumé, les céphalopodes nous offrent deux types : Tun, représenté par la seiche, a les mêmes pigments hépatiques que le& vertébrés, à savoir : le pigment aqueux, ferrugineux, fertine; et le pigment chloroformique, cholécbrome. L'autre type, représenté par le poulpe, offre le pigment aqueux, ferrugineux, ferrine ; mais le pigment chloroformique est différent ; c'est le pigment à 4 bandes, cbloropbylloïde ou xanthophylloîde.
B. — Lamellibrancbes.
. Nous avons ejxaminé diverses variétés d'huîtres comestibles, et parmi ellçs Vhuître portugaise, les moules, les pectens et les anodontes.
PIGMENTS HEPATIQUES DES INVERTEBRES. 298
4. Huître portugaise. — Chez l'huître, le foie ne peut être isolé Li*avec beaucoup de précautions. Ses lobes ne sont pas faciles à ^parer complètement de Tintestin qui y envoie des prolongements Li des diverticules que Ton peut identifier avec des canaux biliaires.
a) Pigment aqueux. — L'organe se présente avec une teinte jaune ^rdâtre. On peut essayer d'extraire les substances colorantes qui li donnent cette double coloration au moyen d'une simple macéraon dans l'eau très légèrement alcoolisée. Mais si Ton applique ce rocédé en partant du tissu frais, on n'obtient qu'une faible quantité e substance. Le résultat est meilleur en partant de l'organe préalalement desséché sur le vide sulfurique, puis réduit en poudre. Cependant, alors encore on n'arrive pas à épuiser entièrement . le ssu.
Aussi, malgré l'efficacité relative du procédé par macération, vaut-il lieux recourir à l'artifice delà digestion papaïnique que l'on applique a foie frais, — ou, à la rigueur, à la poudre de foie séché ou au ^sidu du traitement chloroformique. On obtient ainsi une liqueur lune qui passe au rouge par concentration.
Cette liqueur est riche en fer. — Elle a les propriétés du pigment épatique aqueux des vertébrés et toutes ses réactions. Elle est écolorée par le charbon animal ; elle donne au spectroscope . un pectre continu sans bandes délimitées, à plages assombrie3 seulelent vers les deux extrémités rouge et violette. C'est la ferrine^ orte de protéosate de fer mélangé d'une petite quantité de nucléoibuminoîdes ferrugineux.
b) Pigment chloroformique. — La poudre de foie desséché conserve la couleur jaune verdâtre de l'organe frais seulement un peu plus foncée. — Traitée par le chloroforme,' elle fournit une liqueur jaune verdâtre. Celle-ci, examinée au spectroscope, donne le spectre très remarquable que nous avons déjà rencontré, le spectre à quatre bandes.
11 se confond absolument avec celui que nous avons décrit chez le poulpe.