PI. XXIX
Genre Botryllut.
Fig. 1. — Botryllus pruinosM (n. sp.) var. PuUatilla (N).
Fig. 3. — Botryllus tmaragdus M. Edw.
Fig. 3. — id. var. cyanovirens (N).
Fig. 4. — id. var. Hepatica (N).
Fig. 5. — id. var. Riccia (N),
Fig. 6. — id var. Helleborut (N).
Fig. 7. — Botryllus violaceui M. Bdw. var. Myosotis (N).
Fig. 8. — id. var. diadème (N).
Fig. y. — id. var. cyanus (N).
Fig. 10. — id. var. violaestts M. Edw.
Fig. 11. — id. var. sc4da (N).
Fig. 1% — id. var. nigrieans (N).
Pi. XXX.
Genre Botryllus.
Fig. 1. .- Bo^yllus Marionis (n. sp.)
Fig. 2. - id. var. ColunUta (N).
Fig. 3. — Botryllus ruhigo (n, sp.)
Fig. 4. — id. var. cruentatus (N).
Fig. 5. — Botryllus aurolineotus (n. sp.) vUr. Anémone (N).
Fig. 6. — id. var. radians (N).
Fig. 7. — id. var. aurolineatus (N.)
Fig. 8. — Botryllus morio (n. sp.)
Fig. 9. — id. var. capucinus (N).
Fig. 10. — Botryllus Sehlosseri Sav. var. CaUha (N).
Fig. 11. — id. var. Adonis (N).
Fig. 13. — id. var. Sehlosseri (Sav.)
NOTES ET REVUE
SUR LES ORGANES DES SENS DE LA LIGNE LATÉRALE CHEZ LES POISSONS ET LES AMPHIBIEN8.
(Ueber die Sinnesorgane der Seitenllnle bel Flsoben and Amphibien (1) )
Von Franz Eilhard Schulze
Analyse et extrait par le docteur Ed. PERRIER.
La ligne latérale des poissons a été pendant longtemps considérée comme formée par les orifices de glandes mncipares isolément situés au-dessous de la peau, ou réunis dans un canal particulier portant le nom de canal latéral.
Leydig, le premier, exprima Tidée que la ligne latérale aussi bien que le canal situé au-dessous d'elle n'étaient autre chose que les organes d'un 6^ sens particulier aux poissons. Il fondait son opinion sur la présence dans le canal latéral de nombreux ganglions formés par les terminaisons des fibres nerveuses qu'on voyait y aboutir.
En 1857, dans son Manuel d'histologie, Leydig décrit de la manière suivante ces terminaisons nerveuses ganglionnaires. Après avoir traversé un stroma de tissu conjonctif pourvu d'un réseau de vaisseaux capillaires, des fibres nerveuses à contour foncé se partagent plusieurs fois en s'amincissant beaucoup et leurs branches se dirigent en rayonnant vers la surface des corpuscules ganglionnaires. Celle-ci est recouverte de cellules cylindriques formant une couche très-semblable à la couche des bâtonnets de la rétine. Entre ces cellules on aperçoit des filaments ayant tout à fait l'aspect des fibres nerveuses pâles; ces filaments se terminent par un renfiement cellulaire dans l'épilhéliom et sont vraisemblablement en continuité avec les fibres nerveuses déjà signalées.
Plus tard, en 1867, dans les archives de Reichert et du Bois-Reymond, P. £• Schuke décrivit des organes en forme de mamelons qu'il avait découverts dans la peau de jeunes poissons et qu il considérait comme des ganglions nerveux de la ligne latérale correspondant aux terminaisons des fibres du nerf latéral, qui n'est autre chose lui-même qu'une branche du trijumeau.
Chacun de ces mamelons est formé par des cellules épithéliques allongées et se termine par une surface plane ou légèrement concave sur laquelle s'élèvent
(1) A^chiv, fiir Mihroshopitehe Anatomie Von Max Schultzb, 1870, vol. VI, pag. 6î, pi. IV, V et VI.
II NOTES ET REVUE
perpendiculairemeot un certain nombre de soies fines et raides, très-semblables à celles des ampoules de la crête acoustique. Ces soies, après s'être légèrement élargies en forme de cône, se montrent faire suite à des filets pèles qui traversent le mamelon et qui sont eux-mêmes probablement les prolongements de fibres nerveuses d*un nerf que Ton voit pénétrer dans chaque mamelon. Déplus, un tube délicat, brillant, entoure chaque groupe de soies et s'élève perpendiculairement dans Peau à la surface de ranimai ; à son extrémité extérieure ce tube est largement ouvert et coupé perpendiculairement à son axe.
C'est cette observation, qui depuis n'a pas même été entièrement répétée par d'autres observateurs, que M. F. £. Schulze se propose d'étendre et de compléter dans le mémoire que nous analysons.
Pour observer les organes delà ligne latérale,Ml sufilt de prendre l'un que!conque de nos poissons osseux une semaine environ après sa sortie de l'œuf et de le comprimer légèrement sur le porte-objet du microscope entre 2 plaques de verre. Les côtés de la tète, derrière les ouïes, sont particulièrement favorables à l'observation du profil de ces organes, tandis que la queue posée à plat permet de les observer de face aux plus forts grossissements.
Chez les poissons osseux, les organes de la ligne latérale se présentent sous deux formes distinctes : tantôt ils sont à découvert sur les côtés du corps ; tantôt, au contraire, ils sont situés dans les parois du canal longitudinal connu sous le nom de canal latéral.
Lorsqu'ils sont libres à la surface du corps, les organes latéraux sont constamment formés par un mamelon large à sa base d'une dixième de millimètre environ et coupé transversalement à son sommet. La surface terminale, légèrement concave dans le voisinage des bords, devient plane ou même un peu convexe quand on se rapproche du centre. Dans cette dernière région se montrent di^dix à quarante cellules cylindriques ou terminées à leur partie supérieure en cône raccourci; leur longueur égale celle du mamelon tout entier; dans les bonnes préparations, on reconnaît que ces cellules possèdent toutes un noyau sphérique brillant ; mais cela est assez difiicile à voir nettement Ces cellules sont entourées par d*autres plus pâles avec lesquelles elles sont peut-être même entremêlées. Ces cellules p&les forment à elles seules les bords de la surfoce terminale du mamelon. Quant à la surface latérale du mamelon, elle est formée par des cellules polygonales qui ne diffèrent en rien des cellules ordinaires de l'épiderme. Ces dernières, particulièrement chez les jeunes Soles et chez les Gobius^ sont marquées de lignes concentriques ou sinueuses qu'à un fort grossissement on trouve formées par des points. Ces points sont tout simplement des perforations analogues à celles qui ont déjà été signalées chez la Lamproie de rivière.
A la base de chaque mamelon arrive un faisceau de fibres nerveuses qui se partage bientôt en filaments divergents et que, chez l'animal vivant, on ne peut guère suivre plus loin ; toutefois on a pu voh* une fibre pâle faisant suite à une fibre pourvue de moelle arriver jusqu'à l'une des cellules cylindriques centrales du mamelon.
filais ^ et c'est là un fait des plus remarquables — chacune de ces dernières porte un certain nombre de poils droits, raides, fortement réfringents, légèrement coniques à leur base, puis parfaitement cylindriques. La longueur de ces poils est sensiblement constante; elle est de iU /i.
Enfin, les bords de la surface terminale du mamelon se prolongent en un tube délicat, long de 10 /i, à section circulaire ou ovale , librement ouvert dans l'eau dans laquelle il flotte et oh le moindre courant sulfit à llnfiéchir. Ce tube est formé d'une membrane pariaitement transparente et sans structure particulière-
NOTÉS ET REVUE m
>— L'existence de ce labe n'est pas d'ailleurs absoloment constante ; il n*a pu être trouvé sur les épinoches, par exemple.
Chez les poissons qui sont pourvus d'un canal latéral, les organes latéraux sont d'abord à nu sur les côtés du corps; mais bientôt deux bourrelets longitudinaux s'élèvent au-dessus et au-dessous d'eux, les bords de ces bourrelets sont convexes et dirigés vers l'organe. Us se rapprochent de plus en plus, se touchent bientôt, quelquefois chevauchentmême l'un sur l'autre, puis les deux bords se fondent ensemble et un canal ouvert en avant et en arrière de l'organe se trouve ainsi limité. Le canal latéral n'est autre chose que l'ensemble des canaux partiels ainsi formés pour chaque organe. — C'est ce que l'on voit très-bien chez les jeunes Soles.
A la base de chaque organe on trouve un tissu conjonctif formé de minces fibres et de corpuscules étoiles ou fusiformes. Ce tissu se fait remarquer par un réseau capillaire extrêmement serré qui arrive jusqu'à sa surface où il n'est plus recouvert que par une mince couche hyaline. Les mailles de ce réseau sont traversées par les fibres d'un faisceau nerveux qui s'est divisé en arrivant au mamelon. Ces fibres se dirigent toutes vers de grosses cellules cylindriques, pâles, pourvues de gros noyaux ovales et de nucléoles et qui forment l'épilhélium de la partie centrale de l'organe. C'est à ces cellules que Leydig attribue une certaine ressemblance avec les bâtonnets de la rétine , ressemblance qui peut porter sur la disposition des cellules, maisen aucune façon sur leur pouvoir réfringent.
Entre ces cellules pâles, à la surface supérieure de l'organe, on trouve d^autres cellules arrondies, piriformes, à contenu très-granuleux, qui se colorent en noir dans une dissolution d'acide osmique au ^. Ces cellules ne dépassent pas 22 /x, tandis que les premières atteignent il 2 /a. Elles sont coupées transversalement à leur partie supérieure, qui est la plus mince, et supportent chacune un poil raide et transparent, en tout semblable à ceux que nous avons déjà décrits. — A sa partie inférieure, chacune de ces cellules présente un prolongement formant une sorte de fibre variqueuse qui descend entre les grandes cellules paies et n'est pas autre chose qu'un tube nerveux à moelle dépourvu de gaine de Schwann et allant rejoindre les fibres nerveuses qui ont été déjà signalées.
Bien que cette continuité n'ait pas été directement démontrée, toutes les observations conduisent néanmoins à l'admettre.
Chez les larves de Batraciens (Rana eseulenta et iemporariaf Bufo cinereus, Bombinator ignéus, Pelotâtes fuscus, Hyla arborea^ Triton tœniatiAS, etc.), les organes latéraux sont à très-peu près constitués comme chezles poissons dépourvus de canal latéral. — Chez l'animal adulte, ils seraient remplacés, d'après certaines observations, par un appareil glandulaire spécial.
La constitution des organes de la ligne latérale est tout à fait analogue à celle de certains organes des sens et en particulier à celle de certaines parties de Toreille interne. Tout autorise donc à les considérer comme des organes destinés à recueillir certaines sensations. D'un autre côté. Ils se trouvent chez la plupart des Vertébrés aquatiques et seulement chez eux. Il est donc probable qu'ils sont destinés à recueillir des sensations spéciales à ces animaux.
Cela est même d'autant plus probable que chez les Poissons, comme chez les larves deBatraciens» tous les organes des sens des Vertébrés supérieurs se retrouvent très -suffisamment développés pour que les sens de la vue, de l'oule^de l'odorat, du toucher et du goût puissent s'exercer convenablement.
Tout porte à croire que les organes de la ligne latérale servent aux animaux aquatiques à apprécier les mouvements qui agitent les eaux dans lesquelles ils se trouvent, qu'ils leur permettent d'apprécier le voisinage d'un corps étranger, ou
IT
NOTES ET REVUE
celui de la surftioe de Tean, ou même la profondeur à laquelle ils se trouvent. Ce ne seraient donc pas, comme le voulait Leydig, les organes d'un 6« sens, ce seraient en quelque sorte des organes du toucher modifiés dans le but de recueillir certaines sensations tactiles particulières.