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SUR LA PHOSPHORESCENCE DES ANIMAUX MARINS

M. le prof. Paolo Panceri continue ses recherches intéressantes sur la lumière émise par les animaux marins. — Nous regrettons de ne pouvoir en donner que les conclusions, car les planches qui accompagnent ses mémoires méritent d'être consultées.

Dans Tun de ces travaux : Intomo alla luce che émana daUe ceUule nervose délia PHYLLIRHOE BUCEFhALÀ (Ber.), les faiU relatifs à la phosphorescence de ce singulier mollusque sont réunis dans les propositions suivantes.

r. — Il existe dans les cellules ganglionnaires de la Phyllirhoe hucephala une matière qui peut devenir lumineuse soit dans l'animal vivant et intact, soit après que par la pression elle ^ été extraite du corps.

H. — Une matière semblable se rencontre aussi dans les cellules périphériques de la forme ordinaire comme aussi dans les cellules sphériques spéciales contenant une substance jaune réfringente, soluble en grande partie dans Talcool et Téther.

m. — La lumière dans les cellules périphériques et dans les cellules de Mûller se manifeste pendant Texcitation des nerfs, elle s'éteint peu à peu pour reprendre après le repos.

IV. — Tandis que Télectricité n*a pas d'action évidente sur cette matière, reau douce, l'ammoniaque, la potasse, Talcool, Téther, la chaleur, Fexcitent à briller, à la manière de celle des autres animaux phosphorescents.

V. — L'animal étant mort et desséché ou bien putréfié, cette matière peut de nouveau devenir lumineuse par Taclion de Peau douce et de Tammoniaque.

Nota. — Les cellules de Mûller sont les vésicules sphériques qu'a représentées le prof, Paolo Panceri, vues pour la première fois par Mûller et qui sont suspendues dans les tissus aux extrémités de certaines terminaisons nerveuses, leur contenu est jaune et entoure un noyau bien évident.

Dans an autre mémoire, sur GU organi Luminosi e la luce dei Pirosomi e délie Foladi on trouve les conclusions suivantes :

L — Dans les Pyrosomes la lumière émane d'organes spéciaux, lesquels sont au nombre de deux pour chaque Ascidie.

n. ~ Ces organes, soit dans les embryons composés, soit dans les embryons di gemma, paraissent dériver de la couche externe cellulaire du blastoderme,

III. — Dans l'adulte on les trouve au côté du cou, au-dessous des branchies entre les tuniques internes et externes du tégument, adhérents à cette dernière et étant arrosés par le sang qui circule dans l'espace lacunaire qui existe entre les deux tuniques.

IV. ~ Ces organes, chez l'embryon comme chez l'adulte, consistent exclusivement en cellules %sphérlques sans noyau, contenant une substance soluble dans l'éther et une substance albuminoîde.

V. ^ La lumière des Pyrosmes commence déjà à se montrer dans les embryons des jeunes colonies et à être produite de deux façons ou azuérée comme dans le Pyrosoma giganteum, ou polychromique comme dans le Pyrosoma allhanlimm

NOTES ET REVUE lxi

VL — La matière contenae dans les cellnlea de Torgane' lamineux de Tune des Ascidies est appelée à devenir lamineuse non-seulement par les stimulants qui agissent sur une Ascidie seule, mais encore par les stimulants qui agissent sur une autre Ascidie quelconque de la colonie, manifestant sa propriété par des courants analogues à ceux des Pennatules, mais variant de rapidité diaprés Fétat de ranimai.

VU. ~ Il existe entre les Ascidies de la colonie un système musculaire social, et Ton peut penser que les nerfis de ce système, allant d'une Ascidie à Tautre, servent à la transmission de l'excitation qui produit VUluminaUon de la colonie entière.

VIII. — Le Pyrosome mort, la lumière ne peut être provoquée dans son corps en voie de décomposition Mais la matière lumineuse, extraite par compression de ranimai vivant et laissée dans Tean de mer, conserve pendant un certain temps le pouvoir de revenir lumineuse, et elle peut être appelée à luire par l'action de Teau douce,

IX. La substance photogénique du Pyrosome est très-probablement de nature grasse. En tout cas elle présente les mêmes phénomènes que la matière trouvée par moi dans les organes lumineux des Pennatules, dans les cellules de l'épithéiium externe des Méduses phosphorescentes ( Pelagia noctiluca et Cunina moneta)^ comme aussi dans les organes des Phoiades , des Ghétoplères, des Béroès, etc.

Relativement à la phosphorescence des Phoiades. Voici le résumé des observations de M. Panceri :

I. — Des organes spéciaux capables de devenir brillants en certains cas, existent dans les Phoia$ dactylus, et produisent en mode de sécrétion une matière lumineuse.

II. Ces organes sont essentiellement composés d'épithélium ciliaire qui contient'dans ses cellules la substance granuleuse spéciale qui rend brillante Teau et se mêle au mucus sécrété à la surface de ranimai. Cette matière est soluble dans Talcool et dans Téther.

III. — Cet épithélium^ dans l'espèce indiquée, se trouve dans un pli dépendant du bord supérieur du manteau dans ces organes que nous avons nommés les organes triangulaires et du cordon.

TV. — La lumière jaillit de Tépithélium quand Tanimal est soumis à diverses excitations. — De même après la sortie de la matière du corps de l'animal par l'action de l'eau douce, de l'électricité, de la chaleur; — comme chez les autres animaux phosphorescents.

V. — De même que pour le Pyrosome après la dessication la matière peut redevenir lumineuse quand on la mouille. ^

VL — L'air et l'oxygène réveillent la lumière de la Pholade et la maintiennent encore durant la putréfaction; l'acide carbonique au contraire Téteint, mais l'air peiit la faire apparaître de nouveau . On peut croire que la manifestation de la lumière est un phénomène qu^accompagne l'oxydation de la matière lumineuse.

VII. — Pendant que la matière lumineuse de la Pholade resplendit, elle ne développe pas de chaleur appréciable.

VIII. — La lumière des Phoiades est monocromatique comme celle des Béroès, des Alcinoés, des Hippopodes, des Pélagies, des Ëledons (morts) et sa bande a une position constante par rapport aux lignes du spectre solaire.

Lxii NOTES ET REVUE

NOUVELLES DU VOYAGE DE M. LOUIS AGAS81Z DANS L'AMÉRIQUE DtJ SUD.

Une lettre de M. Alexandre Agassiz m'apporte des nouvelles de rexpédilioQ scientifique dans l Amérique du Sud dont il a été déjà question ; Notes et Hevue, no XIV» pag. XLV, 2« fascicule.

Les i-ésuUats connus d'après les derniers rapports ont surtout trait à la Géologie, mais il y a parmi eux une observation du plus haut intérêt à la fois pour la Géologie et la Zoologie. Elle se lie, comme le fait remarquer M. Alexandre Agassiz, aux découvertes faites, soit en Suède soit dans les grands lacs de l'Amérique du Nordy de types d'animaux éminemment marins dont l'habitat a changé de nature.

Voici du reste le passage du rapport de L. Agassiz, traduit par son fils qui a bien voulu me l'adresser .

c Après avoir passé le cap Virgens, nous entrâmes dans Possession Bay..... « Après avoir débarqué, je découvris à un mille à peu près du rivage, un petit « lac ayant une élévation de 150 pieds au-dessus du niveau de la mer, un lac € deau salée dans lequel j'ai trouvé à ma grande surprise des animaux marins* « surtout des Mollus<iues en abondance, identiques d'espèces avec ceux qui habic tenl la côte. Tous dans un excellent état de conservation dont un grand nombre « en vie. J'ai obtenu les animaux que j'ai conservés dans Talcool. Les types les tf plus conununs étaient les Fususy Buceinum, Pissurelkif Patella, Voluta, etc. « Tous se trouvant à peu près dans les mêmes relations numériques que les c mêmes genres le long des côtes avoisinantes. La présence de ce lac salé avec « ses liabitants indique un exhaussement assez récent de la côte, mais nalurellec ment l'époque à laquelle cet exhaussement a eu lieu ne peut se déterminer c sans un relevé des plus soignés d

Il suffira sans doute de lire ce passage pour que chacun puisse juger, sans qu'il soit utile de faire de commentaires, de la valeur scientifique et de l'importance de l'observation de Louis Agassiz. Du reste lorsque de nouveaux détails me seront parvenus, et M. Alexandre Agassiz me les fait espérer, je m'empresserai de les faire connaître aux lecteurs des Archives.

H. de L. D.

La rédaction des Archives a reçu de M. le D' Phil. Victor Fatio le volume HI de la Faune des vertébrés de la Suisse contenant Vhistoire naturelle des Reptiles et des Batraciens.

Ce volume de 600 pages, accompagné de planches dont plusieurs coloriées, fait partie d'une publication étendue sur la faune des vertébrés de la Suisse. Le volume des Mammifères a déjà paru, ceux des oiseaux et des poissons sont sous presse.

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Dans cet oavrage on trouve de très-nombreuses descriptions, des détails de mœurs, des observations ainsi.que des renseignements précieax sur lès slations des animaux, enfin des tableaux systématiques destinés à conduire facilement aux déterminations des espèces de la Suisse.

Il n'est pas à nos yeux de publications plus utiles que celles qui appartiennent à ce genre. En effet aujourd'hui les collections sont devenues immenses ; lès ouvrages généraux prennent des proportions qui les rendent souvent inabordables. Aussi, quand on cherche à connaître les productions naturelles d'un pays, on est heureux de rencontrer des livres dont les auteurs ont su se borner à la description des produits naturels d'une contrée. Les naturalistes doivent leur savoir gré de leur publication pleine d'utilité et dintéréL

Tous -les ouvrages se rapportant aux faunes locales nous paraissent trop précieux pour ne pas adresser des remerciments à M. le doct. Victor Fatio qui a bien voulu nous envoyer le volume relatif aux Reptiles et aux Batraciens, où, à côté des observations originales qui lui sont propres, il a fait connaître en les résumant les faits importants relatifs à Ihistoire générale et particulière de ces animaux.

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