‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 2)Chapitre 134 sur 153 · MESSINE · texte numérisé non relu

MESSINE

Par M. HjiKifÂNN FOL, docteur-médecin.

Au moment de mettre sous presse nous recevons ce mémoire important; et nous en extrayons quelques passages des plus intéressants.

Pendant les hivers de 1869 et 1870, M. Hermann Fol a observé les Appendiculaires qui avec raison c méritent une étude soigneuse, comme représentant, par rapport aux « autres familles des Tuniciers, un état larvaire permanent; » il a complété ses recherches en 1871 et les a publiées en 1872.

c Ce qui, dit-il, embarrassse tout d'abord Tobservateur, c'est la grande variété « des formes et llmpossibilité de déterminer ces formes à l'aide des descripc lions des auteurs. > Aussi s'attache -t-il à débrouiller ce dédale et à décrire ces formes diverses.

En fait d'anatomie, reconnaissant tout ce qui avait été publié avant lui» il ne s'attache qu'à quelques particularités parmi lesquelles nous citerons les plus importantes.

« Les Téguments des Appendiculaires se composent d'un Eetoihéliwn ou c épiderme simple qui forme une couche unique et continue sur toute la surface « externe de l'animal. Cet épiderme constitue à lui seul les parois du corps.... € A la partie ovale ou antérieure du corps, Tectothélium se renfle. — C'est ce c singulier produit que Mertens a nommé c das Haus^ » c'est-à-dire la coc quille... >

Le doct. Foi décrit : € La Corde dont les rncherches embryogéniques ont déc montré l'homologie avec la corde dorsale des vertébrés; » malgré celte nouvelle affirmation des réserves peuvent ot doivent être apportées à cette opinion. Depuis longtemps dans mes leçons de laSorbonne j'ai donné les raisons qui m'em pèchent de pouvoir considérer les larves d'Ascidies comme ayant momentanément le même caractère que l'embryon des Vertébrés.

Il y a aussi longtemps que Tanatomie m'a montré que dans les Ascidies une partie décrite comme un organe particulier est une chose beaucoup plus simple; je rappelle le Rajihé médian antérieur de la branckie^ c>st ce qu'on a nommé I'Enoosttlb. m. Fol a observé dans les Appendiculaires des faits qui concordent à certains égards avec ce que j'ai vu moi-même dans les Ascidies sùnples, ce qu'avait parfaitement indiqué M. HancocL

Il considère ce Raphé, cet organe fort singulier situé dans la paroi du pharynx comme servant à tamiser l'eau et à en séparer les particules nutritives. Voici ce qu'il en dit :

Lviif NOTES ET REVUE

€ Cet organe c*e8l Vendoslyle. Connu depais longtemps de tous les naturam listes, qni se sont occapés des Tuniciers, il a été ballotté d*un système à Tauf tre, et nombre d'bypotbèsesont été émises sur sa nature; la plus accréditée en c faisait un soutien de la paroi du pharynx, une sorte de squelette viscéral, ff Hancock a montré le premier que Tendostyle n'est pas en dehors du pharynx, c mais qu'il fait partie de la paroi de cette cavité. C'est une gouttière profonde, c terminée en cul-de-sac aux deux extrémités; les lèvres sont en contact sur c toute leur étendue, mais sans être soudées ensemble. Ainsi que le prétend c KupfTer, elles s'écartent un peu aux extrémités, laissant ainsi deux ouvertures, € par lesquelles ce canal de Tendostyle communique avec les lignes vibratiles c antérieures et postérieures ; les parois et le fond du sillon sont très-épaissis et c fortement réfringents , quoique composés toujoui'S d'une couche unique de c cellules cylindriques. Lsl disposition de cette portion de l'endostyle présente c une constance remarquable chez tous les Tuniciers que j'ai examinés (Pballu- <x sia, Clavellina, Pyrosoma, Salpa^ Doliolum).

c Pour s'éclairer sur la fonction de l'endostyle, il suffit d'ajouter à la goutte c d'eau dans laquelle nage un Tunider sous le microscope, un peu de pigment « suspendu. Les Appendiculaires sont peu convenables à l'observation dont il c s*agit : aussi je préfère commencer par décrire ce phénomène tel qu'il se présente « chez le Doliolum,

c ... L'endostyle sécrète constamment une matière muqueuse transparente, qui € vient déboucher en abondance par l'ouverture antérieure du canal; une petite c portion seulement s'échappe par l'ouverture postérieure. Les arcs vibratiles a entraînent immédiatement les miisses sortant de l'ouverture antérieure. Cepen-

< dant, les fentes branchiales entretiennent un courant d'eau très-vif, qui, entrant « par la bouche, ressort par la cloaque. Ce courant, passant devant les masses « muqueuses imparfaitement enfermées dans les arcs vibratiles, les étirent sous c forme de franges, tandis que la base de la frange, retenue encore par les arcs

< vibratiles, se meut de l'endostyle vers la spirale. Toute la frange suit le mouc vement en s'allongeant de plus en plus; parvenu au contour spiral, les bases c s'enroulent l'une autour de l'autre, les franges suivent ce mouvement, et il en c résulte une corde tordue, qui s'allonge au travers de la cavité pharyngienne, c Le courant d'eau est toujours dirigé de telle façon, que cette corde s'allonge c en droite ligne sur l'entrée de l'œsophage, où elle vient s'engager; puis elle cr est attirée par l'action vibratile de l'œsophage, pendant qu'elle est pour ainsi c dire filée, sans interruption à son autra bout, i

Ainsi d'après cette citation on le voit dans le Doliolum, l'endostyle aurait pour fonction de sécréter une matière muqueuse extrêmement transparente destinée à agglutiner les particules organiques servant à nourrir l'animal.

c Malgré la grande diversité de leurs formes tous les Tuniciers présentent un a phénomène identique dans ses traits généraux . »

Peut-être y aurait-il quelques réserves à faire, mais en ce moment je ne veux qu'ajouter sur la conformation de l'endostyle parfaitement indiquée par M. Hancock et par le doct. Fol, l'appui de mon observation personnelle que du reste j'ai fait connaître, dans mon enseignement : savoir que ce Raphè médian antérieur de la branchie est une gouttière à lèvres relevées plus ou moins rapprochées, et non un organe extérieur à la branchie.

Je citerai une dernière particularité relative au système nerveux.

il se compose Je ganglions et de nerfe'; deux ganglions, l'un antérieur, Pautre postérieur, fournissent des nerfs qui d'après les dessins seraient plus développés que dans les Ascidies proprement dites.

N0TE8 ET REVUE . ux

c Le ganglion antérieur est situé sur le côté dorsal, en arrière de la bouche, <f entre le pharynx et Tépiderme.

tf Sur le côté gauche du ganglion est située la vésicule auditive presque sphéri-

c que et renfSrmant une concrétion également sphérique L'organe de To-

c dorât se trouve du côté droit du ganglion... pour s^assurer de la fonction de ce

< dernier organe, il suffît d'ajouter à la goutte d'eau, dans laquelle nage PAp-

< pendiculaire, nn peu du tapis noir d'un œil entré en décomposition, soignen- « sèment broyé. Dès que les premières parcelles du pigment entrent dans le « pharynx, on les voit aussi pénétrer dans la fossette nasale, et aussitôt lanimal « fait entrer Teau par les branchies et s'enfuit» >

<r Le ganglion postérieur est situé sur le côté gauche de la corde, non loin de

< la base de la queue, il se compose d'un certain nombre de cellules arrondies, û et envoie plusieurs ûlets nerveux dont deux en particulier vont se perdre dans 8 l'épiderme du bord même de la queue, etc. >

Nous ferons remarquer ici cette grande diiïérence qui semble exister entre les Ascidiens et les Appendiculaires. — Les premiers n'ont qu'un centre nerveux ou du moins on n'a encore trouvé chez eux qu'un seul centre, les seconds en auraient deux, si les Appendiculaires représentent la larve de l'Ascidie à l'état permanent on devrait sans doute trouver chez celles-ci à l'état de têtard un rudiment de ganglion ou même un ganglion postérieur, caudal.

Mais il y aurait beaucoup à dire touchant les homologies des parties des Appendiculaires et des Ascidies. Un travail comparatif pourrait seul conduire à des résultats précis; pour les Ascidies simples il est préparé et il sera publié bientôt; les curieuses recherches de M. Hermann Fol ne pourront manquer de fournir les plus utiles et les plus importants matériaux dans cette étude comparative. Tous ceux qui travaillent auprès de moi savent que je travaille â une histoire des Ascidies simples des côtes de France ; ils ont pu l'oublier, mais certainement its en ont vu les matériaux.

Rn terminant M. H. Fol a donpé le tableau suivant où sont résumés des caractères des Appendiculaires qu'il a pu observer dans le détroit de Messine :

Famille

des

Appendiculaires.

Tribu des Bndostylés^

possédant un cœur, un en dostyle avec lignes vîbratiles, un intestin plus ou moins long.

Tribu des AnendostyUs^

ni cœur, ni endostyle. Le pharynx est garni de' quatre rangées de dents, intestin nul.

Oikopleura.

Corps ramassé, endostyle droit, queue de 3 à /k 1/2 fois plus longue que le corps — pas de capuchon.

Fritillaria.

orps allongé, endostyle recourbé; queue i 1/2 fois plus longue que te corps ; un repli de l'épiderme en forme de capu^ chon.

Kowalewskia.

H. de L. D.

Lx N0TE8 ET REVUE

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