T0CY8TE8 DES MOLLUSQUES
piesque toujours pour les examiner dans leur position normale, en les comprimant sans écarter et renverser les connectifs, on ne peut voir le nerf acoustique qui se courbe brusquement à angle droit en passantsous les connectifs. Il est donc évident, comme il a été dit plus haut, qu'il y a là une cause d'erreur due à une grande difficulté d'observation; et que c'est à cette difficulté qu'il iàut attribuer l'erreur générale.
TêtUtcella Maugti et T. halioUdea.
Le collier œsophagien des Testacelles est très-grand. Il permet au bulbe lingual, énorme dans ces animaux carnassiers, de rentrer ou de faire saillie à Textérieur. De plus, le centre inférieur, formé de cinq ganglions bien distinctement asymétriques (1), se rapproche beaucoup, comme dans les Hélix, du centre antérieur, mais pas assez cependant pour cacher la face postérieure de celui-M, sur laquelle on voit les otocystes comme deux points blancs.
Ici, comme dans les Zaniies^ le nerf acoustique doit être fort long et courbé à angle droit; il devient externe en passant en dehors du collier pour remonter aui^ ganglions sus-œsophagiens (2).
Nous n'ajouterons qu'un mot sur la difficulté de la préparation : le tissu conjonctif formé de cellules qui entoure les centres et leurs lobes est excessivement abondant et résistant, de sorte que pour
(1) Et non symétriques comme l*a décritjtf. Fischer, préparateur de Paléoatolo* gie au Muséum. Voir le dessin qu'il en a donné dans la monographie publiée en commun arec M. Gassibs, monographie où Thistoiredes mœurs et des autres parties de l'histoire naturelle de la Testacelle est fort soigneusement étudiée.
(3) Yoy. Arch, d« Zool, exp, et gén. vol. I. pi. II, fîg. 5. Le collier œsophagien débarrassé de son tissu conjonctif et vu par le dos, dans la position où est la préparation en ouvrant l'animal du côté postérieur.
B, la bouche.
V, le centre sus-œsophagien.
Z, le centre infériean
X, le centre pédieuz.
(n),)e nerf acoustique, dont la grosseur et la^sition sont un peu exagérées pour augmenter la^ clarté du dessin*
(O^) otocytes placés sur la face ovale à la partie inférieure.
(G), glande a'bdominale de la mucosité, qui a été décrite par M. Fischbr, on ne sait trop pourquoi comme étant la veiné cave inférieure.
iSJl T.Ar.AgM DOTHIBBS
isoler les parties on éprouye une peine fort grande. Sans remploi des réactifs oa des préparations très-laborienses et véritablement pénibles, on ne pmt juger absolument de quoi que œ asit.
Dans un prochain travail, je me propose d'exposer les résultats de mes rechercbes sur ces animaux qui méritent bien d'être étudiés avec détailSy car lenr histoire est pleine d'intérêt au point de vue de la morphologie générale des Mollusques.
Il est peu de types qui donnent lieu à des considérations d'une plus grande importance.
L'étude du manteau, de la distribution des nerfs, des artères, conduit à ce résultat très-remarquable, que, malgré des difTérences trèsgrandes, les parties n'en sont pas moins taillées toutes sur un même patron; et Ton peut arriver à montrer facilement, en s'appuyant sur la loi des conneidons, qu'un Hélix, une Limace ont des organes dissemblables de formes mais homologues à ceux de la Testacelle.
Lymnœut »tagnalis et L. auricuîarù.
Plus nous avançons, moins les détails deviennent nécessaires; aussi n'avons-nous qu'à donner quelques indications.
Les lobes du centre inférieur sont, comme dans le ZonUes eellarius^ moins rapprochés et moins tassés que dans les Limaces, les Hélix» etc. Aussi, en regardant le collier œsophagien du côté postérieur, on découvre les ganglions pédieux comme deux sphères au milieu de l'espace circonscrit par le collier.
Les otocystes sont petites et situées tout près de l'insertion du connectif antéio-inférieur sur le ganglion pédieux, elles se rapprochent de la ligne médiane et leur nerf acoustique très-grêle est peu facile à distinguer.
La raison de cette difficulté se trouve dans la position même des otocystes. Quand on fait la préparation ainsi que cela a été indiqué, c'est-à-dire quand, après avoir séparé les deux lobes sus-OBsophagiens, on renverse le collier en l'étalant sur sa laoe interne, il est possible de voir le nerf dans Taire du triangle; mais arrivé au point où il contourne le connectif antéro-inférieur, il plonge si brusquement pour
OTOGYBTESd DBâ MCMLLUBQUES 155
aller iqoindre la yéucule placée sur la face aapérieare du ganglion pédieux, devenu preeqju'infâoeur dans la position de la préparation, qu'on le perd fort aiséipent»
C'est en regardant de pro&l le ooUier qu'on cdM^rve encore le mieux la disposition des choses (1)*
Planorbii comeus.
Ici le collier est plus étroit encore que dans l'esemple précédent, les ganglions qui le forment sont plus rapprochés et les rapports plus difficiles à voir.
Deux grosses masses sus-œsophagiennes, cinq ganglions inférienrs dont deux à gauche i^us gros (l'animal est senestre, il ne fout pas TouNier) paraissent limiter le collier en dessus; mais quand on a enlevé l'œsophage, deux sphàres arrondies, qui sont les ganglions pédieux, se montrent sur un plan inférîear et en avant (2).
C'est sur ceux-ci que Ton aperçoit les deux otocystes comme deux points hlancs qui, de même que ches les Lynmés, sont très-près de l'union des ganglions inférieurs et des ganglions antérieurs. Remarquons que les deux premiers ganglions du groupe inférieur toochent presque les ganglions sus-OBSophagiens et pédieux, de sorte que le triangle latéral est extrêmement petit (3).
Gomme les nerfs qui naissent du dos du ganglion pédienx et des origines des connectifs sont très-rapprochés, comme les ganglions eux-mêmes sont très-près, il en résulte que l'on perd avec la plus grande facilité le trajet du nerf dont le diamètre est fort petit.
Il est donc très-naturel dans des exemples comme celui-ci que le nerf ne soit point reconnu en observant par l'ancienne méthode, car il se porte en faisant un angle droit, toujours de même de dedans en dehors horizontalement d'abord, et puis de bas en haut verticalement. Si l'attention n'avait été primitivement éveillée parrétodedes exem-
(1) V07. Arch, de Zool, eopp. et gén., Tol. I, pi, II, fig. 3-
(2) Voy. id. id. pL m, Bg, 10.
(3) yoj.id., fig. 0 (T), le triaDgie latéral. Cette figure repvéaente le collier phagien de profil, tu du côté droit.
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pies telsqae le Cyclostome, la Paludiae, etc.) on n'aurait certainementpaareconnuici la disposition; onneréossitmémepas toujours à bien voir les choses tant la difficulté est grande. Je puis certe affirmer que sans les premiers faits positifs où le doute n'était pas possible , et surtout sans une grande foi dans la valeur de laloi des connexions, admise dans les limites qui ont été indiquées, je n'aurais pas poursuivi les recherches en m'en tenant à l'étude de cette espèce, et je serais resté convaincu à tort de l'union des otocystes et du ganglion pédieux.
Ancylui fiuviatilU,
Il serait inutile de parler longuement de PÂncyle, tant les choses sont semblables i tout ce qui vient d'être dit, si ce n'avait été lui qui avait conduit & la confirmation de l'idée conçue à priùri et dont on trouve ici la démonstration a |io5/mori.
L'animal, on le sait, est senestre, et c'est même la raison qui m'en avait fait étudier l'organisation dans ses moindres détails.
En cherchant la structure intime de ses ganglions, je trouvai une poche, à parois cellulaires, appendue (1) A une grappe de corpuscules nerveux appartenant au cerveau. Que pouvait être cette poche? Les réactifs avaient fait disparaître les otolithes qui seuls eussent pu lever le doute ? Je multipliai les expériences, et ce fut d'abord sur l'Âncyle que je pus arriver à vérifier le trajet du nerf acoustique et son origine sur le cerveau.
Clauiilia nigrieam.
Ce sera le dernier exemple dont il sera question.
On ne saurait trop étudier les otocystes dans cette petite espèce;
(1) Voy. Arch. de Zooî. exp, et gén., vol. I, pi. VI, fig. 23. Un paqaet de corpuscules nerveux du centre sus-œsophagien, au-dessous duquel pend Totocyste par le nerf acoustique.