DES LOBES CÉRÉBRAUX DES PRIMATES
au moins de longueur relative; que les lobes pariétal et occipital perdent en proportion et que l'angle du sillon de Rolande avec la grande scissure antéro-postérieure s'élève rapidement de six ou sept degrés.
Le jeune chimpanzé noir du Jardin d'Acclimatation comparé à celui du Muséum, dont on peut voir une belle figure dans le mémoire de M. Broca sur VOrdrt des primates (1), révèle des modifications évolutionnelles toutes semblables. Sur le premier de ces animaux, le lobe frontal occupait, en projection horizontale, sur la ligne médiane exactement la moitié de Thémisphère. Sur le second, il en représente 6/10. Le lobe pariétal de 28/100 se réduit à 24/100. Cette réduction proportionnelle est bien plus sensible chez le chimpanzé que chez Thomme dont les plis pariétaux offrent toujours , surtout le supérieur , une prédominance depuis longtemps remarquée (Gratiolet).
La diminution du lobe occipital est bien plus grande encore : de 22/100 il tombe à 16 environ, de sorte que, pendant la croissance, les parties du cerveau, voisines de la grande scissure en arrière du sillon de Rolande, subissent un refoulement d'autant plus sensible qu'on en étudie les effets sur un point plus postérieur.
A part ce qui touche au lobe pariétal, nous retrouvons donc ici des faits exactement comparables à ceux que présente le cerveau humain. Ajoutons que, comme chez l'homme encore, l'angle du sillon de Ro lando, d'un sujet à l'autre, augmente. La différence d'Age n'étant pas très-grande, l'augmentation de l'angle est accusée par upe ouverture de quatre degrés seulement : il était de 64 degrés» et devient égal à 68 degrés. Rappelons ici que Gratiolet notait sur le fœtus de gibbon rapporté de Java par Diard l'obliquité et l'inclinaison en arrière des plis pariétaux, obliquité en rapport avec celle du sillon, en même temps que la petitesse relative du lobe frontal comparé à celui d'un gibbon adulte (2).
Les résultats de nos observations sur la famille des pithécienssont plus nets encore que ceux que nous venons d'exposer à propos des an* thropoldes. Nous avons eu, en effet, à notre disposition plusieurs cerveaux de singes très-jeunes et de singes tout à fait adultes, et les différences se sont d'autant mieux accusées, qu'un plus grand intervalle biologique séparait les individus. A côté du cerveau d'un tout jeune
(1) p. Broca. L'ordre cUs primaieâ, paraXlèU anatomique de Vhomme et des singen^ in 8% Paris, 1870, p. 166.
(î) Op. cit., p. 89-41 et pi. IV.