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communs est très-difficile à constater chez les animaux conservés dans l'alcool, surtout quand les cœnobiums n'affectent pas une disposition régulière et symétrique qui indique la présence d^une cavité centrale. Môme à l'état vivant, il est assez difficile d'apercevoir les cavités communes à.esDidemnum et des£«câ?b'tim parce que le test de ces animaux étant dur et coriace, les ouvertures des cavités sont de simples fentes sans rebords membraneux. Dans la liqueur, il devient complètement impossible de les retrouver. Dailleurs, elles sont assez rares et l'on n'en compte guère plus de deux ou trois sur chaque cormus.
De cette remarque, je conclus que si le Prof. Edwards avait rencontré un vrai Didemnum ou un Eueœlium^ il en aurait fait un />ptœlinumj ou plutôt il eût créé, pour ce type, un genre nouveau distinct des Leptoclinum par Tépaisseur plus considérable des masses communes. En effet ce zoologiste divise les Didemniens comme les Polycliniens en Didemniens bistellés et Didemniens unistellés. Ces derniers renferment le genre Didemnum (i) caractérisé par l'absence de cloaques communs. Mais je montrerai que Tespèce unique de ce genre que M. Milne Edwards prétend avoir observée appartient en réalité au groupe des Diplosomiens. D'ailleurs cette espèce n'offre même pas le caractère que lui prête son auteur. Les Diplosomiens ont, en effet, des cloaques communs ; mais une fois le cormus hors de l'eau, ces ouvertures deviennent souvent invisibles par un motif tout contraire à celui qui nous cache les cavités communes des Didemniens. La tunique commune des Diplosomiens est une membrane mince qui se relève en troncs de cônes pour former les orifices d'expulsion, mais qui s'abaisse et ne forme plus qu'une masse amorphe quand on l'a retirée du liquide où elle est plongée.
L'absence de spicules chez le Didemnum gelatinosum et les figures de la PI. 7 du Mémoire du Prof. Edwards ne laissent aucun doute sur la place que doit occuper cette espèce dans un groupe bien différent des Didemniens.
Au reste de semblables confusions ont été certainement commises par d'autres zoologistes : Délie Ghiaje change le nom de Didemnum en Didermum (S(c deux et S^pfia peau) et cette seule modiQcation me
(1) J'ai écrit partout Didemnum comme Savigny et Mllne Edwards et non Didemnium comme le font les allemands; Didemnum vient de Mufi^ç pour ii^/ioç et indique la division en deux masses du corps de Tanimalcule. J'ai cru devoir aussi conserver le mot Eucœlium de Savignj que DcUe Chiaje remplace par celui de Encalium.
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fait supposer qu'il admet dans ce genre des espèces qui n'en doivent point faire partie.
Il en est de même de Kœiliker et Lœwig qui sous le nom de Didemnium désignent très-probablement un certain nombre de Diplosomiens. La même erreur existe sans doute pour plusieurs des espèces étudiées par Ganin et notamment pour celle qu'il identifie avec le Didemnum gelatinosum M Edw.
Genufl DiDBXMnii. Savigny, 1815.
Ciormus sessile, fongueux, coriace, rempli de spicules calcaires, formé de plusieurs cœnobiums composés irréguliers; ouvertures des cloaques communs peu apparentes, en forme de fentes longues et étroites, sans limbe membraneux. Animaux petits : ori&ce branchial à 6 rayons terminant un tube épais plus ou moins hexaédrique : ori&ce anal circulaire terminant un tube court situé à la base de la branchie et débouchant dans les cavités des cœnobiums. Manteau épais, ne laissant pas apercevoir les fentes branchiales qui sont peu nombreuses (généralement quatre rangées); tube digestif formant une masse globuleuse, pédiculée, aussi grosse que la branchie. Ovaire unique, sessile et latéral; un seul œuf mûr à la fois, aussi volumineux que la masse intestinale.
Le caractère essentiel est la disposition du tube anal. Gomme on le voit^ il n'y a pas à proprement parler d'appareil de sensibilité commune à tous les animaux et cela se comprend aisément : à cause de la grande longueur et de l'irrégularité des cœnobuims beaucoup d'animaux se trouvent très éloignés des cloaques; de plus la nature coriace et l'incrustation du cormus ne permettent pas aux ouvertures de se dilater et de se contracter comme chez les Botryllus.
G'est un fait assurément très-curieux de voir le même but atteint chez des animaux aussi voisins par des moyens si différents. Tandis que les Diplosomiens sont bourrés de parasites à cause de la flexibilité de leur tunique et de l'insensibilité des ouvertures cloacales communes, les Didemniens et les Botryllcs échappent en partie à cette cause de destruction. Mais la protection que ces derniers doivent à leurs limbes cloacaux si bien innervés , les Didemniens l'obtiennent par une consolidation de leur enveloppe commune et un rétrécissement des ouvertures d'expulsion.
Les diverses espèces du genre Didemnum se ressemblent beaucoup
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au point de vue anatomique mais on peut trouver d^assez bons caractères distinctifs dans la forme des spicules. Il faut avoir eoin toutefois d'examiner un grand nombre de ces concrétions, car leur aspect varie môme cbez une espèce donnée et l'on peut dans une observation rapide tomber précisément sur des formes non habituelles à Tespèce que Ton étudie.
SA. Dtdêtnnum nweum, (n. sp.).
Voy. pi. XXVIII, fig. î, n, et pi. XXII, fig. 1 et 15.
Connus formant de petites masses allongées munies d'une ou deux ouvertures cloacales. Surface légèrement mamelonnée, d'un gris bleuâtre autour des orifices, blanche partout ailleurs (la couleur blanche et due aux spicules.) Animaux assez grands : limbe de l'ouverture buccale en forme de pyramide hexagonale renversée; tube anal court et cylindrique; la partie de l'intestin qui fait suite à l'estomac est couverte d'un pigment bleuâtre figurant une sorte de réseau ; les spicules sont de deux sortes : les uns petits réunis en grand nombre dans de vastes cellules, les autres grands à pointes rhomboédriqurs très-aigues (Voy. PI. XXII, fig. 15). Je ne connais ni les œufs ni les glandes génitales de cette espèce dont la ponte doit se faire avant le mois de juillet.
Ce Didetnnum est voisin des espèces décrites pour Savigny surtout du Didemnum candidum du Golfe de Suez : mais il diffère de ce dernier par la couleur des orifices qui ne sont pas jaunes et par le pédicule de la branchie qui est beaucoup plus court.
Le Didemnum niveum n'est pas rare à RoscofT dans la zone des laminaires, sur les plantes qui habitent cette zone et particulièrement sur les Sargasses. Je ne l'ai jamais rencontré sous les pierres ou sous les rochers.