PolyeUnwn wMoium, (n. sp
Connus petit, subglobuleux, agglutinant les grains de sable au moyen de villosités de la tunique commune analogues à celles des Ascidies simples du groupe des Molgulidëes. Cœnobiums simples, peu nombreux, formés d'individus incolores ou légèrement jaunâtres. Après la fécondation, les œufs de cette espèce ne demeurent pas dans le cloaque comme ceux des Aplidium; ils séjournent dans une chambre d'incubation latérale où ils se disposent en cercles concentriques.
Le têtard présente deux tubes gemmifères ramiâés> très-développés, qui naissent l'un à la partie antérieure et inférieure, l'autre à la partie postérieure et inférieure du corps de l'embryon. (Voyez PI. XXIII, fig. 4.) On trouve encore des cormus chargés d'embryons dans les premiers jours du mois d'octobre.
Le Polyclinum sabulosum se rencontre sur les Sargasses avec lesquelles il remonte un peu dans la zone des zostères en suivant les ruisseaux dont nous avons parlé. C'est surtout à la base des vieilles touffes qu'il faut le chercher, et cette recherche demande une certaine attention, car on le confond aisément avec les petits blocs de sable et aussi avec une Ascidie simple du groupe des Molgules, la Lithonephrya deeipiens qui présente la même taille et le même revêtement.
Nous avons donné une âgure de cette intéressante espèce de Polyclinum. (PI. XXVI, fig. 2.)
(l) Il est possible touiefoii qu'un certain nombre des espèces de Savignj présentent des cœnobiums compus«3s, mais l'auteur ne le mentionne pas dans sa caractéristique.
Section UI. — RETICULAT^E.
Cormus aplati, lichénoïde, s'accroissant surtout par bourgeonnement pylorique. Cloaques communs peu nombreux. Ouvertures branchiales à 6 dents souvent émoussées, parfois nulles. Animalcules formés de deux masses réunies par une portion plus étroite. Sac branchial n^offrant ordinairement qu'un petit nombre de rangées de fentes (le plus souvent quatre rangées.) Estomac simple, volumineux, sans plis ni cannelures. Cœur latéral ou inféro-latéral; ovaire latéral sessible. Œufs très-volumineux, souvent plus gros que la branchie de l'animal progéniteur, arrivant un à un et successivement à maturité. Blastogenèse embryonnaire, parfois très-active.
Tribus L — DiDEMNiDiB.
Cormus assez épais. Cloaques communs sans cône ni limbe. Tunique commune remplie de spicules calcaires. Animalcules difficiles à extraire, à tube branchial épais, terminé par 6 dents, parfois trës-aiguês,rarementnulles ou rudimentaires. Ouvertures cloacaless'ouvraot librement dans les cavités communes. Tubes pyloriques gemmifères, terminés par des renflements reniformes ou sphéroïdaux. Embryons pourvus à leur partie antérieure d'un cercle de huit stolons gemmifères qui entourent les papilles adhésives.
Voici encore un petit chaos dans lequel il n'est pas facile de se reconnaître à cause de l'insuf&sance des caractéristiques données par les auteurs.
Savigny, qui créa le genre Didemnum lui assigne ces raractères : « Corps commun sessible, fongueux^ cortoc^^polymorphe composé de plusieurs systèmes très-pressés qui n'ont ni cavité centrale ni circonscriptions apparentes. Animaux disposés sur un seul rang autour de leur centre ou de leur axe commun. Orifice branchial divisé en six rayons égaux : l'anal, point distinct. »
Il plaçait à côté de ce genre le genre Eucœlium qu'il distinguait du précédent parTabsence de rayons à Torifice branchial.
Dans la description qu'il donne des types de ces deux genres, le Didemnum eandidum et VEucmlium hospitiolum Savigny ajoute: a J'ai
REGHËRGHE8 SUR LES SYNASGIDIE8 645
voulu savoir à quoi tenait la couleur opaque et laiteuse de cette espèce et de la précédente, et, après en avoir placé quelques fragments sous une lentille, j'y ai découvert une multitude d'atomes lenticulaires tout hérissés d'épines et comme radiés. Ces molécules calcaires ne sont pas des corps étrangers à la substance des Polypiers comme on pourrait le croire et comme le sont, en effet, les graviers qu'on rencontre quelcjuefois ailleurs (1). »
A ces caractères importants de la consistance coriace du cormus et de la présence des spîcules dans ces deux genres, dous pouvons reconnaître sûrement quel groupe d* Ascidies composées Savigny avait en vue quand 11 créa ces divisions.
Il y a plus : la planche XX des Mémoires sur les animaux sans vertèbres nous permet de distinguer nettement les Dt^mniim àesEueœlium Les premiers ont le limbe de Torifice branchial bien développé infundibuliforme, le manteau ne laisse pas voir les fentes branchiales; enfin et surtout, le tube cloacal au lieu de s'ouvrir comme à l'habitude vers le haut de la branchie, débouche à la partie inférieure de l'appareil respiratoire ; ce caractère est môme généralement plus accentué que chez l'espèce étudiée par Savigny. Mais la flg. 12 de la planche XX ne laisse aucun doute sur son existence chez le Didem- > num eandidum.
Les Euecdium ont l'orifice branchial ^dépourvu de dents ou à dents très-obtuses. On peut, par transparence, compter les rangées de fentes de la branchie ; l'orifice cloacal est situé, comme chez les autres Ascidies composées ; enfin l'intestin présente un renflement médian outre l'estomac et le renflement postérieur qui existe chez toutes les Synascidies.
C'est donc tout à fait à tort que Lamarck veut réunir les Didemnum aux Eucœlium, et que Du jardin approuve cette réunion. Le tube digestif seul, par sa disposition et celle de ses ouvertures, fournit un caractère générique suffisant chez des animaux à variations anatomiques aussi peu étendues que les Ascidies composées de cette tribu.
On s'étonnera sans doute de ce que, dans cette discussion, je n'aie nullement tenu compte d'un caractère très-important, le plus important peut-être de ceux signalés par Savigny : je veux parler de l'absence d'une cavité commune ou d'un cloaque commun. Mais je répéterai ici ce que j'ai déjà dit précédemment. L'existence de ces cloaques
(1) Voy. Saviont, 1. c, p. 16.