‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 3)Chapitre 113 sur 126 · XX VIII · texte numérisé non relu

XX VIII

LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL DES ASCIDIES ADULTES ET SES RAPPORTS AVEC CELUI DES LARVES URODELES,

Par Ed. van BENEDEN et Ch. JULIN.

(Bull. Ac. roy. de Belgique, 3° série, t. VIII, n° 7, 1884.)

Les deux savants belges ont constaté l'existence, chez les Pérophores et les Clavelines, « d’un cordon médullaire plein qui, partant de la région interosculaire au voisinage immédiat du cerveau, pénètre bientôt dans la paroi du sac branchial et longe le raphé dorsal jusqu’à l'entrée de l’æsophage ». Il n'est guère possible, ajoutent-ils, de le poursuivre au delà chez ces animaux, ni de savoir quels sont les rapports exacts du cordon avec le cerveau.

Aussi se sont-ils adressés à la Molgula ampulloides, chez laquelle ils ont retrouvé le même cordon nerveux, sans doute présent chez toutes les Ascidies. Là, grâce aux dimensions du sujet, ils ont pu mieux définir les rapports du cordon ganglionnaire viscéral ou dorsal, comme ïls l’appellent. Ce cordon unique et médian prend son origine dans l’amas ganglionnaire considérable, principalement formé de grandes cellules, qui termine en arrière et en bas l'écorce du cerveau. Il se porte en bas et en arrière d’abord dans la tunique interne à la limite antérieure du cloaque, il s'engage dans la paroi du sac branchial, longe le raphé dorsal entre l’épithélium branchial et l’épithélium péribranchial ; il passe sous le plancher du cloaque, et au niveau de l’anuson le voit s'engager entre le rectum et la bouche. Le rectum incline vers la gauche en même temps que le cordon viscéral gagne le côté gauche de l’æsophage et ensuite le lobe gauche du foie. Arrivé à cet organe, il s'engage dans la lame conjonctive interposée entre les deux diverticules du foie. Le point où se termine le cordon répond donc à la limite entre les deux lobes du foie. Le cordon viscéral conserve dans toute sa longueur le même volume et la même structure. Près de sa terminaison, il s’amincit légèrement, puis il s'arrête brusquement. [l n’a pas été possible de voir de filets nerveux partir ni du tronc ganglionnaire, ni de son extrémité ; mais, à raison de sa position, il'est permis de supposer que ce tronc sert à l’innervation des viscères entre lesquels il court et avec lesquels il est en rapport immédiat : le sac branchial, l'æsophage, l'estomac, le foie et peut-être aussi le rectum. Le cordon viscéral ne présente en aucun point d'interruption ganglionnaire ; il est presque exclusivement formé dans toute sa longueur par des cellules nerveuses très semblables aux grandes cellules ganglionnaires du cerveau.

Chez le Microcosmus claudicans, le cordon viscéral présente de distance en distance un léger épaississement au niveau duquel le cordon est formé par un nombre un peu plus considérable de cellules ganglionnaires. Chez le Polycarpa comata, les cellules ganglionnaires du cordon viscéral sont très rares; elles accompagnent un faisceau de fibrilles nerveuses relativement épais. Ce

Page 1