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partie supérieure de la lame ait un vaisseau comme la partie infé

rieure pour lui apporter le sang à hématoser ; dans la figure 8, pl. V,

on voit en g la branche destinée à alimenter la portion supérieure

de la lame. Ce vaisseau est l’homologue du même vaisseau g de la

figure 1, pl. V, chez la seiche ; mais on voit quelle différence il y a au

point de vue de son importance chez l’un, tandis qu'ilest très réduit chez l’autre. Si l’on veut comparer la lame de la branchie chez la

seiche et chez l’ommastrephes, il faut, en prenant pour point de comparaison le vaisseau afférent, admettre que toute la partie de la

lame irriguée par ce rameau g est l’homologue de la même partie dans l’autre type; chez l’un elle est trèsimportante, chez l’autre elle est très réduite.

Un autre fait à observer, c’est l'inégalité des deux moitiés de la branchie ; on voit que le vaisseau efférent général (b, fig. 8, pl. Il) est rejeté sur le côté, ce qui donne une plus grande importance à la moitié droite b, ce, qu'à celle de gauehe, b, c«'.

Entre la glande et le vaisseau n, on voit deux points, ”, m, qui sont la coupe de deux muscles forts et arrondis qui longent le sommet de la glande, et entre lesquels passe le nerf avec les vaisseaux de la glande. Dans ce type on ne trouve pas tous les petits vaisseaux qui reliaient dans la seiche le vaisseau afférent à la glande, et dont la complication était assez grande; on ne voit ici que quelquesuns de ces vaisseaux ayant des dimensions appréciables; les autres, vers la proximité du tronc veineux afférent à la glande, sont très réduits. Enfin, dans cette figure, f indique la petite membrane qui relie la branche à la paroi du manteau.

11 convient de dire en passant que cette figure 8 est empruntée en grande partie aux dessins que m'a, avec tant de bienveillance, communiqués M. de Lacaze-Duthiers. 11 en est de même de la figure 9, qui, à part quelques légères modifications, est la reproduction d'un autre dessin, et enfin de la figure 11 de la même planche. Ces trois dessins sont des plus importants, et je ne puis manquer, puisque l’occasion s'en présente, de signaler leur provenance et d'adresser à leur auteur mes remerciements.

Cette figure 9, dont il a déjà été question à propos de la seiche, donne une idée très exacte de l’aspect offert par un fragment de la lame branchiale. Je ne reviendrai pas sur la constitution des couples branchiaux et les rapports des vaisseaux avec les replis de second ordre. Je veux seulement faire remarquer la différence qui existe entre ces replis et ceux de la seiche. Chez ce dernier type, les replis sont une simple ondulation de la membrane lacunaire, et si l'on en fait une coupe verticale, elle présente l'aspect d'une simple ligne tortueuse simplement gaufrée ; ici, la coupe n’offre plus le même aspect, si l'on fait une section de d'en » (fig. 9, pl. V), on aura bien aussi une ligne ondulée, mais avec des replis irréguliers. L'aspect de ces replis, toujours sur la même figure, est comme froissé, au lieu que chez la seiche il est lisse. En coupe, ce froissement se traduit par des anfractuosités de la membrane. Au point le plus bombé du repli, il y a un enfoncement assez profond; puis, à droite et à gauche, d'autres moins accentuées. Cela se répète pour chacun des replis successivement; ces anfractuosités sont assez irrégulières, et, à part celle qui se trouve au milieu du repli, et qui est considérable, les autres ne sont disposées suivant aucune règle.

Le nombre de ces replis, qui était de trente-cinq ou quarante pour une ondulation chez la seiche, n’est plus que de dix ou douze chez l'ommastrephes : il est yrai de dire que, chez ce type, la branchie est moins volumineuse, mais cependant dans un rapport insuffisant pour amener une pareille diminution; ce qui est perda

en nombre est gagné en surface, car les plis irréguliers et de troi-

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sième ordre que j'ai comparés à une membrane froissée augmentent

sensiblement cette surface.

La figure 11 représente une lame de la branchie vue par le bord supérieur et montrant les plis avec les replis de deuxième ordre. Ces deux figures étant légèrement schématiques, quant à ce qui concerne les vaisseaux, il ne faut pas prendre pour des capillaires les lignes rouges êt bleues qui sont à sa surface ; ce sont des indications pour faire voir plus clairement la marche du sang. Cette remarque, déjà faite pour d’autres dessins, s'applique aussi à certaines figures de la planche suivante.

Enfin, pour la glande de la branchie, ce qui a été dit pour la seiche pourrait être répété pour l’ommastrephes; la figure 10 montre un fragment du tissu qui la constitue. Mais il faut ajouter que cette glande reçoit une artère assez grêle, venant directement du cœur ; ce fait ne s’était pas rencontré chez la seiche, de même qu'on le verra

dans le poulpe et non chez l’élédone.

OCTOPODES,

Après avoir étudié avec détail la structure de la branchie dans un type de Céphalopode décapode, il faut maintenant entreprendre l'examen de la branchie chez les Octopodes. J’ai expliqué plus haut pourquoi je ne pouvais pas suivre dans cet exposé la même marche que pour les premiers. Dans ce groupe, l’embryogénie est possible à cause de la facilité avec laquelle les pontes sont rapportées par les divers engins de pêche ; au contraire, chez les Octopodes, on ne peut pas avoir de pontes, sauf en hiver, pour le poulpe, et encore à de rares intervalles. Je suis donc obligé de commencer cette étude par un type adulte. J'avais songé d’abord à étudier l’élédone seule, comme premier type; puis ensuite le poulpe. Mais ces deux animaux sont si voisins l’un de l’autre, quant à ce qui est de la branchie, que j'ai dû renoncer à ce projet. Je prendrai donc le type octopode en général, en y comprenant l'élédone et le poulpe. Ce que je ne décrirai

pas chez l’un, je le prendrai chez l’autre, car presque tout ce qui en sera dit peut aussi bien s'appliquer aux deux types; un seul point, peu important, et qui sera signalé dans le courant de ces notes, les fait différer.

L'argonaute, que je décrirai très sommairement, ne s'éloigne que très peu du type octopode représenté par le poulpe; il ne présente guère de différences que dans la proportion des parties composant sa branchie.

L'élédone (£{ledone moschata) est le Céphalopode octopode le plus commun des eaux de Banyuls, et les marins qui vont à la pêche au bœuf (sorte de grande poche en filet traînée par deux bateaux et qui râcle le fond) en ramènent beaucoup. Le poulpe ordinaire et le poulpe à grands bras se trouvent aussi souvent dans les mêmes conditions. Le long de la côte on trouve aussi des poulpes de très grandes dimensions. J’en ai vu prendre sous le laboratoire même, qui pesaient plus de 2 kilogrammes. Dans la Manche, à Roscoff, les Poulpes ordinaires sont abondants; mais l’élédone s’y trouve très rarement, puisque le seul exemplaire qui y ait été vu (£/edone cirrhosus) est conservé dans la collection du laboratoire. Enfin, l’Argonauta argo se voit souvent, en été, à Banyuls, et plusieurs exemplaires avec la coquille et la ponte ont été à ma disposition au laboratoire.

À première vue, lorsque l’on a ouvert la cavité palléale d’une élédone, les branchies semblent différentes de celles des Décapodes: elles sont plus courtes, plus arrondies, formées d’un petit nombre de lames, et celles-ci ont l’aspect de bourrelets arrondis. Mais pourtant leurs rapports avec la masse du corps sont les mêmes que pour la seiche; elles sont implantées par leur base dans la masse viscérale, à peu près au niveau du tiers inférieur, el sont reliées au manteau par une membrane triangulaire mince et transparente. Leur sommet est à peu près au niveau de l'anus, et leur base correspond aux sacs urinaires. Dans ce point, on voit aussi une glande de couleur foncée

appelée cœur veineux, dont les rapports sont étroits avec la glande

No

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urinaire du même côté. On peut y distinguer aussi deux arêtes dont

l'une est formée par le vaisseau efférent, et dont l'autre, la postérieure, est occupée par une glande de couleur blanche analogue à celle dont il a été question pour les Décapodes ; c’est sur elle encore que s'attache la membrane qui retient la branchie au manteau. Non loin de là se trouve le ganglion palléal étoilé. Les organes servant à la fixation de la branchie par la base sont: le vaisseau afférent, le nerf branchial et un gros muscle, qui vient encore s’étaler à la surface de la glande; en outre, diverses membranes relient ces parties entre elles. |

Le trou branchial existe encore chez les Octopodes, mais il est beaucoup plus volumineux que chez l’ommastrephes et, à plus forte raison, que chez la seiche ; ses rapports sont les mêmes; il s'étend encore entre le vaisseau afférent et le vaisseau efférent, et est limité par les lames; mais il y a un mode différent de fixation de ces parties, qui sera étudié plus tard.

: On peut comparer la branchie de l’élédone, de même que celle du poulpe, à un cône creux, formé par les lames branchiales, plus larges à la base qu’au sommet. En supposant ce cône un peu aplati latéralement, on y détermine deux arêtes, une antérieure, occupée par le vaisseau efférent, et une postérieure, formée par la glande de la branchie; pour avoir une idée de la disposition des lames, il faut supposer des fenêtres transversaies percées dans les parois de ce cône, de la base au sommet, mais n'intéressant pas les deux arêtes; on à alors des fentes creusées entre l’extérieur et le trou branchial, qui les font communiquer ensemble. Enfin, comme dans la seiche, les lames alternant d’un côté à l’autre de la branchie, ces fentes ne sont pas non plus situées en face les unes des autres. | *

Les parties de tissu comprises entre les orifices dont il vient d’être parlé sont les lames, comparables à celles qui ont été décrites chez la seiche; maisleur structure est différente de ce qu’on a vu chez ce type, où elles étaient formées d’une membrane aplatie tendue entre

deux vaisseaux et soutenue par une sorte de triangle qui les fixait

au corps même de la branchie. Ici, la lame est beaucoup plus compliquée.

Et d’abord, il y a environ onze à treize de ces lames, suivant la grandeur des individus, pour chaque côté de la branchie, c’est-à-dire en tout vingt-deux à vingt-six de ces éléments; mais il faut remarquer que les deux côtés de la branchie, celui de droite et celui de gauche, si on la regarde la pointe en haut et l’arête libre en avant, ne sont pas semblables. Le côté droit est formé de lames descendant depuis le vaisseau efférent jusqu’à l’arête postérieure formée par la glande; tandis que les lames du côté gauche sont incomplètes et n’occupent que les deux tiers du même espace. Mais, à part ces caractères tirés des dimensions de la lame, leur conformation est identique, et ce qui pourra être dit de celle de droite s'applique également à celle de gauche. |

Les deux premières lames, celles qui occupent la base de la branchie sont un peu plus petites que les suivantes ; la seconde est un peu plus grande que la première, et c’est ordinairement la troisième qui atteint les plus grandes dimensions, après quoi elles diminuent pour devenir très petites à la pointe de la branchie. Ceci se voit facilement dans la figure 5, pl. VI, qui représente l’ensemble des rapports de la branchie, les lames 1 et 2 sont plus petites que la troisième.

Le trou branchial, qui est largement ouvert par ses deux côtés entre les lames, est aussi béant à la base de la branchie, et c’est entre les deux premières lames que cette ouverture se distingue (a, fig. 5, pl. VI). Comme elles sont un peu plus petites que les suivantes, le trou est naturellement aussi plus étroit en ce point. Cet orifice est situé exactement entre le vaisseau afférent et le vaisseau efférent de la branchie; il s'ouvre directement dans la cavité palléale, et l’eau y passe en grande quantité.

La branchie est composée d'environ douze lames pour chaque côté. Ces lames sont les éléments de premier ordre ; elles sont ellesmêmes composées d'éléments de deuxième ordre, et ainsi de suite jusqu’au huitième ordre. Ceci indique immédiatement qu'il n’est

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plus question de membrane ondulée, comme chez la seiche ; mais de membranes greffées les unes sur les autres, de la même façon que la lame est attachée au reste de la branchie.

Chez l’élédone, comme chez le poulpe, la lame n’est pas parcourue sur sa Crête par un vaisseau; la veine qui est homologue à celle de la seiche est enfoncée dans l'épaisseur de la lame et invisible à l'intérieur. En revanche, le vaisseau afférent offre la même position relative que chez la seiche ; il occupe la base de la lame ; mais il en est séparé par toute la membrame de soutien, dont les dimensions varient avec les espèces.

Si l’on regarde une lame par la tranche, on a l'aspect ondulé que présente la figure 3 ; un enfoncement à droite correspond à une éminence à gauche, et réciproquement. Cette alternance, remarquable dans les parties de la lame, avait déjà lieu entre les lames ellesmêmes. On verra qu'elle se reproduit également dans toutes les parties de la branchie.

Pour se rendre un compte exact de la structure d’une lame, il faut en enlever une du reste de la branchie, on voit qu’elle est reliée à la partie supérieure de celle-ci par une membrane tendue verticalement, tandis qu’elle est retenue à la glande par un bourrelet ou cordon charnu assez solide et rond. Cette membrane verticale est tendue entre le vaisseau efférent et un vaisseau qui lui est parallèle et situé au-dessous de lui. Dans la figure 1, on voit en a et b les deux points d’attache supérieurs. Le vaisseau parallèle au vaisseau efférent général forme une arête ou clef de voûte au trou branchial; il en sera question un peu plus loin. La forme générale de la lame ainsi détachée est celle d’un arc de cercle; elle est composée surtout d’une partie respiratoire qui est attachée sur les tissus de soutien. C’est dans cette partie accessoire que sont renfermés les grands troncs afférents, et plus haut le vaisseau efférent; mais celui-ci est invisible, car la partie respiratoire le cache dans son épaisseur. Puisque la membrane de soutien est attachée en haut par une base comprise

entre les lettres a et b, et en c (fig, 4, pl. VI), par un point, c’est un

triangle un peu courbé; et le vaisseau afférent en suit le bord inférieur, formant la paroi du trou branchial, tandis que le vaisseau efférent en suit le bord supérieur, mais sans descendre jusqu'au bas, tout en étant caché au milieu des parties respiratoires.

Pour se rendre un compte exact de la disposition des parties qui composent cette lame branchiale, il faut d'abord considérer chacune d'elles comme un tout compact et faire abstraction des éléments composant l’ensemble de ces lamelles ou éléments respiratoires de second ordre, la lame étant celui de premier ordre. Je suppose donc douze à quatorze petits bourrelets, arrondis, demicylindriques, disposés verticalement le long de la membrane de soutien triangulaire, dont il vient d’être question, et du même côté ; on en placera douze autres du côté opposé, alternant avec les premiers; on aura donc deux séries alternes de demi-cylindres, séparés par une membrane et se regardant par leurs faces planes. Je suppose que l’on fende le sommet de chacun de ces demi-cylindres en deux parlies, verticalement, et que l’on fixe à la partie supérieure d’un des cylindres de gauche la moitié inférieure de celui qui est au-dessus à droite; puis la moitié supérieure de ce dernier à la moitié inférieure de celui qui vient après à gauche, etc., de façon que la moitié supérieure de l’un soit toujours liée à la moitié inférieure de celui qui lui est opposé, mais plus haut de l’autre côté. On arrive à former quelque chose d’analogue à ce que représente la figure 3, qui montre la crête d’une des lames, où l’on voit à droite les lamelles 2, 4, 6; à gauche, les lamelles 3, 5; la moitié supérieure de lalamelle 4 est liée à la moitié inférieure de la lamelle 3, et la moitié inférieure de 4, à la moitié supérieure de la lamelle 6.

Chaque lamelle, ou élément de premier ordre de la lame, est un demi-cylindre, séparé de celui qui est en face par la membrane de soutien, dans laquelle passe, sous la partie ondulée qu'on vient de voir, le vaisseau efférent de la lame, et dans la partie qui borde le trou branchial le vaisseau afférent, qu’il rend visible au premier abord.

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Dans la figure 14, pl. VI, l’arête des deux lames, représentées un peu écartées, montre bien cette disposition ondulée. Les éléments de deuxième ordre qui constituent la lame et que j'ai décrits comme étant des demi - cylindres compacts, pour faciliter la description, sont bien loin d’avoir} cette structure; elle est beaucoup plus complexe.

Si la lame branchiale ne porte pas de vaisseaux sur son arête et les porte tous les deux dans l'épaisseur de la membrane de soutien, les éléments d'ordre immédiatement supérieur qui la composent sont différents sous ce rapport. Leur arête est constituée par le vaisseau afférent. On peut voir, dans les figures 1 et 3 de la planche VI, que, sur l’arête de chaque lamelle, est un vaisseau teinté en bleu, qui va de la base jusqu’au sommet, en diminuant.

Les deux moitiés de la branchie ne sont pas semblables : les lames de droite ont leurs éléments qui descendent jusqu’au contact de la glande; celles de gauche n’en portent que vers les deux tiers de leur longueur environ, et là, elles ne s’attachent plus directement sur le cordon charnu qui fixe la lame, mais sur une petite dérivation de celui-ci, de sorte que la série des lamelles ne suit pas dans toute sa longueur le cordon de soutien de la lame (d, e, fig. 1, pl. VI). Ces lamelles sont en nombre variable, suivant qu’on les considère à droite ou à gauche de la branchie. Sur une lame complète, il y a environ quinze de ces lamelles, sur une lame incomplète dix à douze. Une lame de dimension moyenne , la troisième par exemple, en compterait davantage, et les plus petites de la pointe de la branchie en comptent beaucoup moins. Mais, si leur nombre varie, il n’y a pas de différence quant à leur structure, et l’on peut indifféremment, pour étudier une de ces lamelles, la prendre dans n’importe quelle lame de droite ou de gauche.

L'élément de deuxième ordre ou Jlamelle est facile à décrire quand on connaît la structure de la lame; c’est presque sa répétition exacte ; si l’on fait abstraction du trou branchial et que l'on suppose toutes les lames ayant leur membrane de soutien soudées

LA BRANCHIE DES CÉPHALOPODES. 129 ensemble, comme cela se passe chez la seiche, on a une idée nette de la constitution de la lamelle. En effet, c'est encore une sorte de bourrelet, formé d'ordres immédiatement inférieurs, exactement comme la lame est formée de lamelles. Ainsi donc, une lamelle, qui est l'élément de deuxième ordre, est formée d'éléments de troisième ordre. Il y a environ quinze éléments de deuxième ordre par lame, comme cela a été dit; mais le fait important est que son extrémité libre, celle qui est comparable à la pointe de la lame, est fendue en deux, et, par celte fente, passe le vaisseau afférent de la lamelle, qui en gagne tout de suite l’arête externe. :

Cette disposition est caractéristique de tous les éléments qui vont venir à la suite de celui dont il est question en ce moment; tous ont le vaisseau afférent à ia surface, tandis que l’efférent est caché dans la membrane de soutien. Pour la lamelle, cette membrane, comme on peut le supposer, est un petit triangle de tissu conjonctif, planté perpendiculairement à celui qui forme déjà le soutien de la lame. Il en sera de même des membranes de soutien de tous les éléments d’ordre inférieur qui restent encore à examiner. Il va sans dire que les éléments de troisième ordre qui composent la lamelle sont alternes entre eux, de sorte que celle-ci est aussi à arête ondulée. Comme on le voit, la lamelle est la répétition exacte de la lame, sauf, toutefois, le vaisseau veineux qui en parcourt l’arête’et que l’on peut voir dans la figure 3 de la planche VI (a, a', a”).

La structure de l’élément de troisième ordre qui compose les lamelles sera vite décrite ; on sait, maintenant, que la lamelle est parcourue, sur son arête, par le vaisseau veineux ; celui-ci émet, à droite et à gauche, des branches qui, elles aussi, alternent d’un côté à l’autre. De ces branches, qui occupent à leur tour l’arête de l'élément de troisième ordre, partent des vaisseaux qui composent l’arête des éléments de quatrième ordre. Enfin, de ceux-ci partent encore des vaisseaux formant l’arête des éléments de cinquième ordre. On voit donc à quel degré de complication peut arriver la partie respi-

ARCH, DE ZOOI. EXP, ET GÉN, == 2° SÉRIE, = T, It. 1885. 9

130 L. JOUBIN.

ratoire de la branchie des Octopodes. C’est une série de ramifications de plus en plus petites de la même branche.

Et, cependant, ce n’est pas là encore tout. Il faut pousser plus avant l'étude de l'élément respiratoire. Nous en sommes resté à l'élément de cinquième ordre. Pour avoir une idée de ce qu'il est, il faut se reporter à la figure 8 de la planche VI, qui le représente vu de profil. La partie supérieure, l’arête, est formée par le vaisseau afférent, qui sera étudié tout à l'heure ; une bande contournée de tissu de soutien porte les éléments de sixième ordre, qui sont tendus entre le vaisseau afférent et l’efférent contenus dans l'épaisseur de cette partie charnue. Cet élément de sixième ordre est représenté injecté dans la figure 9. Comme on le voit, c’est un repli de tissu respiratoire, constitué encore comme dans le numéro précédent, mais assez mince pour qu'on y distingue, par transparence, un réseau capillaire et des lames. Il contient, luimême, des éléments de septième ordre (a, a', fig. 9, pl. VI), composés par les dernières ramifications vasculaires, isolées sur de petits prolongements de la membrane, et dont la réunion par quatre à six constitue le dernier ordre des éléments. Telle est la structure si compliquée de la branchie quant à ce qui concerne la disposition de la membrane respiratoire.

Afin de rendre cette description, si complexe, un peu plus claire, je vais rapidement la reprendre, en passant du simple au composé. Des vaisseaux veineux, très petits, bien distincts, allongés, rétinis par groupe de cinq ou six, mais séparés chacun par un petit sillon (fig. 9 ei fig. 11, pl. VI), constituent, par cette réunion même, des éléments

de septième ordre ; trois ou quatre de ceux-ci, de chaque côté d'une

lame de soutien, constituent l'élément de sixième ordre (ensemble de la figure 9). Le vaisseau afférent de cet élément, joint à celui de quinze à vingt de ses semblables et formant le vaisseau a de la figure 8, constituent, par leur disposition alternante des deux côtés d’une lame de tissu de soutien, l'élément de cinquième ordre représenté par la figure 8 (pl. VI). Environ dix ou douze des éléments réunis en double par le vaisseau afférent forment l'élément de quatrième ordre; une

amené use dre eçger

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disposition semblable de ces nouvelles parties constitue l’élément de troisième ordre. Jusqu'ici, les éléments sont tous semblables, en ce qu'ils reçoivent le sang par un vaisseau entrant par la base pour se terminer à la pointe. Maintenant, en réunissant, toujours avec alternance, des éléments de troisième ordre autour d’une membrane de soutien, on a les lamelles, ou éléments de deuxième ordre, que le sang veineux parcourt de la pointe légèrement bifide vers la base. Enfin, la lame branchiale est elle-même constituée par un certain nombre (dix à quinze) de ces lamelles, et aucun vaisseau ne se voit sur son arête ondulée. Ce sont ces lames alternantes qui constituent la branchie, parcourue, sur son arête libre, par le vaisseau efférent.

Il faut, en passant, après avoir ainsi décrit l’ensemble des parties composantes de l'appareil respiratoire, indiquer quelques petites modifications qui se produisent assez souvent ; mais elles sont sans importance. Par exemple, on voit, entre les éléments de troisième ordre qui forment la lamelle, de petites lames très réduites, formées de deux ou trois éléments de cinquième ou sixième ordre; ils sont fixés par leur base à la membrane de soutien et ne présentent rien de spécial dans leur structure. Cela se voit assez souvent chez le poulpe. Souvent aussi, les éléments de troisième ordre sont bifides à leur extrémité, à cause de la division en deux parties du vaisseau qui en forme l'arête ; mais cela est peu distinct.

Les éfèments de cinquième, sixième et septième ordre sont, comme on l’a vu, de petites lamelles de tissu; il faut remarquer qu'ils sont presque entièrement mobiles, n'étant attachés: que par leur base, et l’ensemble de l'élément de troisième ordre a l'aspect d’une houppe de filaments, sans cesse en mouvement par les moindres courants d’eau, si on les regarde perpendiculairement. On voit alors l’arête de ces éléments, qui est composée de vaisseaux ; ceux-ci sont blancs et brillants, ce qui les fait voir tout de suite, tandis que le reste de l'élément est plus ou moins transparent et difficile à apercevoir. On se rend encore mieux compte de cet aspect, si l’on regarde une branchie injectée au bleu soluble suffisamment pour qu'elle ait conservé assez de

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flexibilité. [1 est évident que, grâce aux courants d’eau déterminés par le manteau de l’animal, les mouvements de ces petits feuillets doivent être très rapides et multipliés, ce qui accélère l’hématose. D'ailleurs, cette fonction doit être très active, eu égard au nombre énorme de ces parties qui sont en contact perpétuel avec l’eau et, par conséquent, à la grande surface de tissu soumis continuellement à son action.

La branchie présente encore une particularité intéressante et qu'il est important de noter ; on la retrouvera surtout quand il sera question de la circulation du sang dans cet organe. On a vu que l’arête supérieure est formée par le vaisseau efférent ; sous ce vaisseau et parallèlement à lui, mais intérieurement à la branchie, se trouve un deuxième vaisseau, beaucoup moins volumineux et qui court le long du cordon musculaire ; il forme la clef de voûte du trou branchial. 11 faut, pour se rendre un compte exact de sa position, supposer l’arête inférieure et l’arête supérieure se rendant au même point, le sommet de la branchie; cela forme un angle; dans le plan de cet angle, il faut placer, entre ses deux branches, le cordon en question, depuis le sommet jusqu’à la base; il est situé plus près du vaisseau efférent que de l’afférent, et l’angle qui est compris entre ce cordon et le vaisseau efférent est plus petit que celui compris entre lui et le vaisseau afférent. Entre ce cordon et le vaisseau efférent est tendue une membrane mince. Elle a donc la forme d’un triangle afu, dont le sommet est à la pointe de la branchie et la base à la partie inférieure de cet organe. On a donc, maintenant, divisé ce triangle en deux autres triangles ayant même sommet : l’un formé par la membrane dont il est question; l’autre formant le plan médian du trou branchial. Sur cette membrane s’attachent, de distance en distance, les lames de la branchie ; on a vu que celles-ci se composaient d'une membrane de soutien triangulaire, à pointe inférieure, dont la base s’attachait entre le vaisseau efférent général et le cordon parallèle. C’est sur la longue membrane triangulaire générale que

s'attache, entre les limites qui viennent d’être indiquées, la mem-

ere

brane triangulaire de chacune des lames composant la branchie. Or on sait que ces lames ne se touchent pas du même côté et, en outre, alternent. C'est dans l’espace compris entre deux lames consécutives du même côté qu'est placée une partie respiratoire que j'appellerai lamelle supplémentaire. En étudiant la figure 4 de la planche VI, on peut avoir une idée plus nette de ces parties. De b à P' s'étend la partie du cordon parallèle au vaisseau efférent A, A’, compris entre les deux lames : c’est entre les lettres a, 4, a’, D", limitant un carré, que s'étend la membrane parcourant toute la longueur de la branchie, et c’est entre a et b, a et b', que sont fixées les deux membranes triangulaires de soutien de la lame. Sur le carré dont il vient d’être question sont appliquées les deux lamelles supplémentaires,

Chacune de ces lamelles supplémentaires a une structure très analogue à celle d’une lamelle ordinaire, sauf que, au lieu d’être mobile et placée sur une membrane élevée, elle est fixée à plat sur ce tissu. On en compte deux pour chaque lame; elles ont la forme d'un triangle dont la pointe est tournée en bas et légèrement bifide, pour laisser passer dans l’échancrure le vaisseau afférent. L’arête en est ondulée, et, alternant à droite et à gauche, se voient des éléments de l’ordre inférieur, dont la structure est identique à celle des mêmes éléments dans le reste de la branchie. Mais les ramifications ne partent pas toutes exactement comme je viens de le décrire; il arrive souvent (a, b, fig. 2, pl. IV) que des parties ne sont pas placées symétriquement le long de l’axe, mais lui sont plus ou moins parallèles ; le vaisseau afférent fait alors un coude au haut de la lamelle, pour venir ensuite irriguer ces parties un peu plus éloignées.

Les lamelles supplémentaires sont appliquées dos à dos par rapport à celles qui se retrouvent de l’autre côté de la branchie ; en effet, c'est au milieu du carré a, b, a', b que s’insère, mais de l’autre côté, la lame L” que l’on voit par le trou branchial dans la figure 1 (pl. IV). Jl en est de même, de l’autre côté, pour les lames LE, L, qui s’insèrent aussi dans un carré analogue. Les lamelles supplémentaires sont

donc par paires, appliquées dos à dos et seulement séparées par la

134 L. JOUBIN.

membrane; mais il est plus simple de les considérer par paires sur le même plan, comme le montre la figure 1, et du même côté ; elles

sont alors comprises entre deux lames consécutives,

On peut comparer, comme importance, chaque lamelle supplé- :

mentaire à une lamelle ordinaire; elles sont à peu près de même dimension et offrent la même surface ; on voit, en outre, que c’est simplement la dernière lamelle de la lame qui a empiété sur la membrane de soutien de la branchie et qui s’y est étalée, entraînant avec elle son vaisseau efférent, qui part non plus du point ordinaire, mais d’un autre vaisseau, très voisin il est vrai.

En comptant treize lames à une branchie et treize lamelles de chaque côté pour une lame, soit vingt-six en tout, on voit que, pour un des côtés, les lamelles supplémentaires représentent, comme importance, à peu près la valeur d’une lame.

Ayant ainsi décrit la composition de la branchie, en procédant de la totalité à l'élément, on peut maintenant considérer la disposition des vaisseaux dans l’intérieur de cet appareil. Avant de commencer cette étude, il est utile de résumer brièvement la disposition des vaisseaux qui aboutissent à la branchie de l’élédone et ceux qui en sortent, en examinant leurs rapports avec les organes qui les avoisinent.

La branchie est garnie, à sa base, d’un corps de couleur bleu foncé, que l’on appelle généralement cœur veineux ; c’est un appareil glandulaire, en rapport avec les glandes urinaires ; le long de son bord fixe, la branchie est suivie par une autre glande, qui est dépourvue de canal excréteur et qui recoit également du sang veineux ; c’est la glande de la branchie que l’on a déjà étudiée dans la Sepia officinalis. (Voir aussi P. Girod, Arch. zool. exp., t. X.)

La grande veine qui descend sur la face antérieure de la masse viscérale se divise en deux grandes branches qui pénètrent dans les sacs urinaires et sont recouvertes par les corps fongiformes. En sortant de ce sac, la branche de la grande veine se divise en deux

troncs : l’un, le plus gros, qui pénètre immédiatement dans le cœur

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LA BRANCHIE DES CEPHALOPODES, 135

véineux et s'y ramifie; l’autre qui oblique vers la gauche. Gette ramification est le tronc résultant de la réunion de plusieurs veines venant se jeter dans le sinus des Corps urinaires. Elle est formée de * deux troncs : l’un venant de la paroi dorsale et de la masse viscérale ; l’autre continuant à remonter ; celui-là, lui-même, se divise en deux autres troncs, à la base de la glande : l’un qui pénètre dans cette glande en suivant son bord le plus éloigné de la branchie; l’autre, parallèle au premier, qui pénètre dans la membrane de soutien de la branchie, et ramenant le sang du ganglion étoilé et de la partie antérieure de la paroi palléale.

Ainsi done, le tronc qui vient se jeter dans la grande veine avant le cœur veineux renferme du sang veñant du ganglion étoilé, de la paroi palléale, de la glande de là branchie et de la partie dorsale des viscères. Tout ce sang veineux, après avoir traversé une partie des corps urinaires, vient en un seul tronc, après avoir passé par le cœur veineux, se jeter dans la branchie, au point de réunion entre la base des lames branchiales et la glande, où il forme un conduit que nous étudierons plus loin. |

Le système artériel est très simple : on voit d’abord, sur l’arête libre de là branchie, le gros tronc collecteur du sang oxygéné; il quitte la branchie à sa base et, obliquant vers la ligne médiane du corps, il forme ce que l’on peut appeler l’orecllette du cœur; 11 y en a un semblable de l’autre côté, et un ventricule y fait suite, d’où partent différentes artères ; l’une d'elles se dirige sur la branchie, mais n’y pénètre pas; elle remonte vers le ganglion étoilé, s’y ramifie, puis donne des branches dans l'épaisseur du manteau, dont quelquesunes se distribuent au repli membraneux qui sert à fixer la branchie. Chez le poulpe, une artère spéciale, partant du cœur et donnant en chemin quelques rameaux, vient se distribuer sur la glande de la branchie. Je n'ai jamais pu la reconnaître chez l’élédone, Cette artère donne (chez l’élédone), vers sa base, une branche qui descend sous le cœur veineux et se ramifie dans la partie inférieure du manteau.

Ces grands traits étant indiqués, voyons quelle est la disposition

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de l'appareil circulatoire dans la branchie et quels sont ses rapports avec les parties qui ont été décrites. |

Le sang veineux entre dans la branchie après avoir passé par le cœur veineux, et il s'engage dans un grand vaisseau qui se dirige de la base vers le sommet ; il suit l’arête fixée de la branchie et est parallèle à l'arête libre où passe le vaisseau efférent. Ce vaisseau veineux, ou, pour parler plus exactement, en comparant aux vaisseaux des animaux supérieurs, cette artère branchiale est située entre la base des lames branchiales; c’est, comme nous l'avons vu, la petite lèvre ou base cylindrique de la lame, la base plate élant située de l’autre côté du trou branchial. Ce vaisseau est recouvert, entre les points d'attache des lames à la glande, par les ramifications du muscle servant de bride à cette glande, sur laquelle 11 s'étale, et dont plusieurs fibres montent le long de la membrane de soutien de chaque lame ; dans ce vaisseau se trouve, tout le long de la branchie, le cordon nerveux. L

Cette artère branchiale donne à chaque lame un rameau qui remonte tout le long de chacune d'elles, dans l’épaisseur de la partie musculaire qui borde, sur son arête interne, la membrane de soutien. Ces vaisseaux fournissent le sang veineux à la lañie branchiale par de nombreux rameaux montant vers les lamelles. Mais, en outre, au lieu de s'arrêter au point où cesse la membräne de la lame, ils viennent tous se jeter dans un long vaisseau qui occupe ce que J'ai appelé la clef de voûte du trou branchial, ou cordon parallèle au vaisseau efférent, et qui limite, en bas, la meïnbrane où sont appliquées les lamelles supplémentaires. Il en résulte que le trou branchial est compris, en haut et en bas, entre deux vaisseaux veineux parallèles.

Le vaisseau afférent de chaque lame (7, j', fig. 4, pl. VI) quitte le vaisseau afférent général, au niveau du cordon charnu (e, €’, fig. 1, pl. VI), et remonte directement jusqu’au point b, b' (même figure). Dans les deux lames Let L’, qui sont du côté où les lamelles ne

descendent pas jusqu’au bas de la lame, on voit une branche (g, g',

fig. 4, pl. VI) qui dessert les premières lamelles, tandis que le vaisseau des autres vient directement du gros tronc de la lame. Dans celles où les lamelles descendent jusqu’au bas, le rameau n’existe pas. Le vaisseau de la lame se perd, comme il a été dit, dans le vaisseau /, F, coupant le cordon parallèle.

Il faut suivre maintenant le vaisseau d’une des lamelles. Cellescl, comme on se le rappelle, sont fendues à leur extrémité, pour laisser passer le vaisseau afférent, qui gagne l’arête et y décrit des ondulations régulières ; il émet, à droite et à gauche, des rameaux entrant dans les éléments de troisième ordre. Il est à remarquer que le vaisseau afférent de la lamelle entrant par la pointe est plus volumineux à cet endroit que partout ailleurs; il se perd au point d'attache de cet élément de deuxième ordre, comme on peut le voir sur la figure 3 (pl. VI), en devenant bifide, chacune des moitiés occupant la partie correspondante de l’ondulation de la lame. La crête de la lamelle est donc occupée par ce vaisseau, marchant de bas en haut; la crête de tous les éléments qui vont suivre est aussi formée par les rameaux des vaisseaux veineux, mais marchant de haut en bas. Je ne reviendrai pas sur la disposition spéciale de ce vaisseau pour chacun des éléments, ce serait répéter inutilement cinq ou six fois la même chose ; je me contenterai de prendre le dernier élément, où se fait véritablement l’hématose.

La figure 9 de la planche VI représente un élément de sixième ordre, dans lequel on voit trois éléments de septième ordre. Les rameaux du vaisseau qui occupe la crête du sixième élément donnent des branches qui occupent celle du septième, et enfin celui-ci émet de petits filets, extrêmement fins, descendant verticalement à sa base, où se trouve la membrane de soutien, qui renferme des parties intéressantes à examiner. Ces filets sanguins arrivent dans cette membrane et y forment une véritable lacune, qui s'injecte avec une grande facilité, et dans laquelle on ne peut arriver à distinguer de vaisseaux. Cesfilets, ramifications ultimes des vaisseaux afférents de la

branchie, ne sont donc pas en communication directe avec les vais-

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seaux efférents ; entre la terminaison des uns et les racines des autres se trouve interposée une lacune où le sang veineux se répand, C’est jusque-là seulement qu'on peut le regarder comme veineux, car, à ce point, l'hématose est déjà produite dans les filets, dont les parois sont plus minces que celles de la lacune. Un système de capillaires, formant un réseau très riche et très régulier, prend le sang de cette lacune pour le transporter dans les vaisseaux efférents.

Mais, avant d'étudier sa marche dans ces vaisseaux, il faut revenir à quelques parties du système veineux qui ont été laissées en arrière : je veux parler de la circulation veineuse dans les lamelles supplémentaires. Le vaisseau que l’on à vu occuper l’arête interne de la lame se jette dans un autre vaisseau occupant le cordon parallèle qui est à la voûte du trou branchial. Ce vaisseau recoit du sang veineux de l'extrémité de tous les vaisseaux afférents des lames; en passant audessous de la pointe fendue des lamelles supplémentaires, il émet un petit vaisseau pour chacune d'elles, qui pénètre entre les deux moitiés de cette pointe bifide, parcourt ensuite l’arête ondulée, donne des rameaux aux différents éléments qui composent la lamelle, puis, arrivé au bout, oblique à droite, avec un rameau aussi important à gauche, qui descendent, l’un et l’autre, dans les parties non régulièréement ramifiées. La figure 8 de la planche VI montre cette disposition en mn, m' n'. Le sang, après avoir circulé dans les parties veineuses, qui sont identiques à celles des lamelles ordinaires, entre dans un appareil artériel dont les premières parties ressemblent assez à ce qu’elles sont ailleurs pour qu'il soit inutile d'en faire une nouvelle description ; mais, une fois que les vaisseaux sont devenus un peu plus importants, ils prennent une circulation particulière, dont l’étude fera l’objet d’une description spéciale.

La glande de la branchie recoit aussi des vaisseaux veineux de l'artère branchiale; mais ils seront décrits avec l’ensemble de cette glande.

Il faut, maintenant, étudier rapidement l'appareil circulatoire

rameénant le sang de la branchie vers les gros troncs efférents. Cette

var So] =. .

disposition est assez simple ; jamais les troncs efférents, sauf le tronc général de la branchie, n'occupent l’arête des éléments branchiaux; toujours ils sont rangés entre les feuillets, au milieu des tissus de soutien des lames, lamelles et des éléments de tous les ordres.

L'élément veineux qui a amené le sang jusqu’à la lacune qui leur fait suite est un vaisseau très fin, qui descend verticalement depuis l’arête jusqu’à la membrane de soutien, et c’est dans la partie supérieure de cette membrane qu'est contenue la lacune. De cette partie sort, sur toute sa longueur, un réseau de capillaires très délicats, qui sontireprésentés en c (fig. 9, pl. VI). Ce vaisseau est figuré plus grossi dans la figure 10. Les mailles en sont séparées par du tissu très transparent, qui permet d'en voir tous les détails. Ge vaisseau n'occupe pas qu'un seul plan ; comme on peut s’en rendre compte sur la figure 10, par les ouvertures des mailles on aperçoit des vaisseaux situés dans un plan postérieur. Tous ces vaisseaux délicats ne tardent pas à se rejoindre, deux à deux ou par trois, et forment bientôt un réseau à mailles plus larges, qui, elles-mêmes, en se confondant, forment le petit vaisseau efférent de l'élément d'ordre le plus inférieur. Il suffit maintenant de supposer que tous les éléments de même ordre ont un appareil efférent semblable, que les plus près de la pointe fournissent le premier tronc, dans lequel tous les vaisseaux de même ordre viennent se jeter, et qui est d’ordre immédiatement supérieur. De même, la réunion de ces derniers donne un vaisseau plus volumineux, etc. On arrive ainsi au vaisseau efférent général de la lame branchiale. Il faut remarquer qu’il passe tout à fait au milieu de la membrane de soutien et qu'il est complètement caché par les lamelles ; sur la figure 1, au point 0, on peut l’apercevoir, parce que deux lamelles ont été rejetées latéralement, pour faire voir entre elles la disposition des vaisseaux efférents. On voit là que la lamelle a deux troncs efférents principaux : l’un qui descend de sa partie supérieure, l’autre qui remonte de sa pointe ; enfin, en a et a’, (fig. 1, pl. VD), les vaisseaux efférents des lames rencontrent la veine branchiale qui conduit le sang directement au cœur.

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La lamelle supplémentaire, dont on a étudié l'appareil circulatoire veineux, présente un système de vaisseaux arlériels assez compliqué non pas par les rapports qu'ils affectent, mais par leur nombre et leur entre-croisement. Les éléments de dernier ordre qui composent cette lamelle ont aussi leurs lacunes, leurs réseaux vasculaires, qui se résolvent, en fin de compte, en vaisseaux. Ceux-ci se croisent en différents sens, de façon à former un plexus très riche, compris entre les deux lamelles supplémentaires que représente la figure 4, pl. VI. Au milieu de cet espace triangulaire, dont la pointe est en haut et la base sur le vaisseau du cordon parallèle, on voit un vaisseau fortement sinueux qui descend de la pointe au milieu de la base. Il part, en haut, du vaisseau efférent de la lame opposée, dont on ne voit pas la partie supérieure, mais dont on peut apercevoir les dernières lamelles par le trou branchial (fig. 1, pl. VI). Les lettres p', p" indiquent, sur la même figure, les vaisseaux analogues. Ceux-ci sont vus du côté gauche; mais la transparence de la membrane les fait apercevoir également du côté droit, avec l'aspect du vaisseau p, dans l’espace compris entre les deux lamelles supplémentaires. Ces vaisseaux viennent tous se jeter dans un tronc général qui suit Le vaisseau du cordon parallèle et qui, à l'encontre de celui-ci, est rempli de sang artérialisé. Un réseau spécial, descendant le long des membranes des lames, va porter ce sang hématosé à la glande. Par conséquent, le sang artériel qui part des vaisseaux p, p',p" reçoit en chemin le sang qui a circulé dans les lamelles supplémentaires et le porte à la glande de la branchie. Ce fait est assez singulier et s'éloigne de ce qui a été indiqué pour laseiche, où aucune partie du sang qui va à la glande n’a passé par la membrane respiratoire.

Avant de passer à l'étude de la circulation dans la glande de la branchie, il faut passer rapidement en revue la structure histologique des parties respiratoires. Des coupes, faites après coloration par le carmin à l’alun, montrent d’une façon très nelte les principaux caractères que présentent les éléments histologiques chez le poulpe. La

figure 41 de la planche VI montre une coupe faite sur un élément du

Unes

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cinquième ordre. En c est le vaisseau afférent général de cet élément, dont l’axe est formé de tissu conjonctif à fibres longitudinales que l’on remarque en d. Chacun des éléments de sixième ordre et ceux de septième ordre qui y sont portés présente également le même axe conjonctif. Des deux côtés, on voit un épithélium à gros noyaux, à un seul rang de cellules, qui le tapisse sur toute la surface; mais, sur les éminences qui se voient vers les extrémités, en b, b' par exemple, on remarque des points dépourvus de noyaux, qui sont la coupe des vaisseaux ultimes qui mènent à la lacune. La figure 6 donne une idée nette de leur structure; le tissu conjonctif forme un axe, où l’on distingue cà et là des noyaux; il est recouvert par les deux épithéliums, dont les cellules sont allongées, cunéiformes, avec de gros noyaux ovales. De distance en distance, on remarque la coupe des vaisseaux entourés par un prolongement de l’axe conjoncüf; à la pointe surtout, trois vaisseaux plus gros (a, 4, c, fig. 6, pl. VI) montrent la gaine en question. Ce sont de véritables capillaires. La figure 6 est la coupe d’un élément de septième ordre; en en réunissant plusieurs, on arrive à l'élément de sixième ordre, et ainsi de suite.

La figure 7 est la coupe du vaisseau général de l'élément de cinquième ordre; il est recouvert par un épithélium, et la coupe montre un noyau de la paroi propre du vaisseau (d, fig. 7, pl. VI).

On a vu, chez la seiche, quels étaient les rapports de la glande de la branchie avec celle-ci et avec les vaisseaux sanguins; chez l’élédone et le poulpe, il n'y a presque pas de différences ; les rapports sont pour ainsi dire les mêmes. Mais, chez ces Octopodes, il y a quelques différences au point de vue de la distribution du sang dans cet organe.

Il était inutile de représenter encore une coupe de la glande dans la planche VI, relative aux Octopodes; rien de nouveau n’en serait ressorti. Dans cette famille, la glande a exactement la même structure : pas de canal excréteur, pas de capillaires, de nombreuses lacunes, Aucun jour nouveau n’a été jeté sur cet organe, au

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point de vue de sa fonction par ces animaux. Je n'insiste pas davantage sur la structure, qui est exclusivement cellulaire, et je passe tout de suite au système veineux.

La glande est comprise entre le vaisseau afférent général de la branchie et un autre vaisseau qui amène le sang de sa pointe vers sa base (r, r', fig. 4, pl. VI). De la veine afférente, qui est appliquée étroitement contre elle, partent des ramifications nombreuses dont l'origine est située entre les points d'attache des lames (s, s', fig. VI). Le sang qui passe par ces rameaux, et qui n’a pas respiré,se répand dans toute l’étendue des lacunes de cet organe spongieux et en sort, en suivant un trajet inverse, par le canal r, r' (même figure), d'où il gagne la veine urinaire, où son cours a été étudié. Mais ce n'est pas là tout : du vaisseau k, ' (pl. VI, fig. 1), qui reçoit le sang ayant circulé dans les lamelles supplémentaires, se détachent des vaisseaux délicats qui se répandent dans la partie charnue de la membrane de soutien des lames (q, fig. 4, pl. VI), et, descendant ensuite, après avoir formé un réseau vasculaire assez riche, se répand de nouveau dans la glande de la branchie et s'y mélange au sang venant du vaisseau afférent général. Il y a donc, dans cette glande, un mélange de sang n'ayant pas respiré et de sang ayant respiré ; mais il faut remarquer que celui-ci a traversé les tissus de soutien des lames et y a probablement perdu son oxygène. Comme cependant il provient de vaisseaux où le sang est hématosé, je l'ai indiqué en rouge dans la figure 1. Je répète, à cette occasion, que les lignes rouges et bleues qui y sont représentées, bien qu'ayant l'apparence de capillaires, sont simplement dessinées pour indiquer le trajet du sang et la direction suivant laquelle il se répand, dans des injections bien faites.

Chez le poulpe, outre les vaisseaux indiqués précédemment, une artère partant du cœur vient se répandre à la surface de la glande de la branchie ; elle y forme un réseau assez riche et sert probablement à la nutrition du gros musele qui l'enveloppe. Cette artère manque chez l’élédone. On a vu son analogue chez l’ommastrephes.

Il ne reste plus maintenant à décrire que quelques parties accessoires de la branchie, telles que les muscles et le système nerveux. Le système musculaire est assez important ; une bride épaisse, partant du manteau vers la base de la branchie (d, fig. 5, pl. VI), relie la glande au reste du corps; elle s'élève à sa surface et lui forme une sorte de gaine. C’est de cette gaine que part, pour chaque lame, un petit faisceau musculaire qui unit le bord interne de la membrane de soutien et vient rejoindre le cordon parallèle, qui contient aussi une petite bandelette de museles. :

Un autre musele s'étend tout le long du vaisseau efférent général el, par ses contractions, ramène la pointe de la branchie vers la base ; il a évidemment pour fonction d'accélérer le passage du sang dans l'oreillette et de là dans le cœur.

Quant au système nerveux, il présente à peu près les mêmes caractères que celui de la seiche ; c'est un long eordon qui, avant de pénétrer dans la branchie, ‘donne un ganglion au cœur veineux (g, fig. 5, pl. VI). A la base de chaque lame, il y a, sur le cordon qui parcourt la branchie longitudinalement, auprès du vaisseau afférent, un renflement ganglionnaire d’où part un nerf qui va rejoindre l’arête interne de la lame et en suit le bord épaissi.

Argonaute. — La branchie de l’argonaute est construite sur le même type que celle de l’élédone et du poulpe ; mais il y a quelques particularités qui l’en distinguent. La figure 12 représente une section de cet organe. Il est supposé coupé en deux moitiés, et la section est représentée de face, On voit immédiatement que les deux moitiés sont très inégales ; c’est le caractère exagéré des deux types précédents. La moitié droite est trois ou quatre fois plus grande que la moitié gauche, et le vaisseau efférent général (d, pl. VI, fig. 12) n'occupe plus le centre de symétrie. On peut, pour se rendre compte de la disposition comparée chez ces deux types, examiner les figures 4 et 12 de la planche VI, qui montrent la même partie chez l'argonaute et l’élédone. Les rapports généraux sont les mêmes dans les deux cas ; mais l’aspect a cependant changé.

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Un autre fait important est le suivant. Chez les types précédents, la membrane de soutien de la lame était unie et ne formait qu’un tout; ici elle est divisée en autant de petites lanières qu’il y a de rameaux au vaisseau afférent de cette lame (a, fig. 12, pl. VD, et, sans rien déchirer, on peut passer une aiguille entre ces différentes lanières, qui alternent d’un côté à l’autre.

De plus, la partie respiratoire des lames est de dimensions moindres, par rapport à la totalité de la lame, que dans les types précedents. Les lamelles sont beaucoup plus effilées, plus grêles et plus longues que chez l’élédone. En somme, la lame reproduit la branchie entière, même quant à ce qui est du trou branchial, qui existe en réalité entre les trabécules qui portent les lamelles de chaque lame. Ce fait est intéressant en ce qu’il montre un degré de complication de plus chez cet animal.

Le vaisseau veineux afférent est un peu rejeté du côté des grandes lames. Il en est de même de la glande, qui est beaucoup plus portée du même côté que dans les types précédents, où sa gaine la fixait, à peu près symétriquement, entre les deux moitiés de la branchie. Il semble que, chez l’argonaute, une moitié de la branchie ait prospéré aux dépens de l’autre et ait fait passer de ce côté les organes impairs, tels que les glandes et les vaisseaux afférents généraux.

L'état de conservation des échantillons n’a pas permis d'étudier la structure histologique. Mais le peu que j'ai pu en voir me fait.

croire qu'elle est très voisine de celle du poulpe et de l’élédone.

Avant de terminer cette étude, il est nécessaire de la résumer en comparant les deux types décapode et octopode et en donnant, autant que possible, une indication de la structure de la branchie appiicable à ces deux familles.

La branchie a la forme générale d’une pyramide ou d’un cône dont la pointe est en haut et la base à la partie inférieure ; sa direction

n’est pas tout à fait verticale, mais oblique, de dedans en dehors, en

partant de la base. Sur ce cône, on remarque deux arêtes verticales, dont l’une, extérieure, libre, est occupée par le vaisseau efférent, et dont l’autre, fixée au manteau par un repli membraniforme, est occupée par une glande spéciale. Sur la crête de cette glande et intérieurement à la branchie, court, de bas en haut, le vaisseau afférent ou artère branchiale. Ces deux arêtes de la branchie, qui sont plus ou moins éloignées, sont réunies par des lames alternantes, composées en partie par le tissu respiratoire, en partie par les membranes qui servent à le supporter. Ces lames sont parcourues par deux vaisseaux principaux ; le plus externe est le vaisseau efférent ; le plus interne, l’afférent. Chez les Décapodes, le vaisseau est à l’extérieur; chez les Octopodes, il est enfoncé au milieu des tissus et invisible au dehors.

Ces lames sont composées d'éléments d'ordres inférieurs ; chez les Décapodes, ce sont des plis ondulés portant eux-mêmes des replis de second ordre, ondulés eux aussi, mais dans un sens perpendiculaire aux premiers. Chez les Octopodes, ce sont des lamelles alternantes, greffées les unes sur les autres et qui vont en diminuant jusqu'aux dernières (de sixième et septième ordre), qui ne sont plus formées que de vaisseaux capillaires. Ge qui, chez les Décapodes, a été appelé couples est comparable aux lamelles des Octopodes. Ils alternent de chaque côté de la lame ; on dirait que, chez ces derniers, le vaisseau efférent, qui en occupait la crête, s’est enfoncé peu à peu, en faisant refluer en dessus la partie supérieure des couples, dont les moitiés se sont soudées entre elles en alternant encore (voir pl. VI, fig. 3). Mais, au point de vue des éléments respiratoires, c’est là tout ce qui est semblable. On peut remarquer, cependant, que les couples et les lamelles portent leurs vaisseaux afférents sur la crête, venant de bas en haut. C’est également entre deux lamelles alternantes d'Octopode que se trouve le vaisseau efférent.

Au point de vue histologique, les lacunes sont plus étendues dans les Décapodes; elles occupent la plus grande partie des lames, tandis que, chez les Octopodes, elles ne sont que peu étendues et ne sont

ARCH, DE ZOOL, EXP, ET GÉNs == 2€ SÉRIE. = T, 111, 1885, 40

146 L. JOUBIN.

situées qu’au point de jonction de la membrane de soutien et du tissu respiratoire. Le réseau capillaire, veineux et artériel des poulpes ne se trouve pas non plus chez la seiche avec autant d’extension.

Les lames sont beaucoup plus nombreuses chez les Décapodes que chez les Octopodes, et la membrane qui les retient est, chez ceux-ci, beaucoup plus vaste que chez les seconds. Elle est parcourue, dans les deux types, par un réseau spécial de vaisseaux, comparables aux veines de Duvernoy de la branchie des poissons. Chez les Décapodes, ces lames de tissu de soutien sont minces et reçoivent le sang veineux, qui peut s’y hématoser, grâce au peu d'épaisseur du tissu; chez les

Octopodes, où ces lames sont plus épaisses et où le sang ne pourrait

| s’hématoser, les vaisseaux destinés à les nourrir proviennent des lamelles supplémentaires et du vaisseau efférent de la lame. Dans les deux types, le sang qui a servi à la nutrition des tissus propres de la branchie, réuni à du sang provenant directement du vaisseau général afférent, se rend dans une glande spéciale qui occupe l’arête postérieure de la branchie, la traverse en y remplissant une fonction mal déterminée, et revient ensuite à la glande urinaire, d’où il retourne à la branchie ; c’est une véritable petite circulation complète. Cette glande est cellulaire exclusivement et ne renferme pas de capillaires; elle ne présente pas de canal excréteur.

Un muscle assez fort se distribue sur la surface de cette glande. Un autre muscle produit des contractions du-vaisseau efférent général.

Enfin, un gros nerf, muni de ganglions plus on moins nets, entre dans la branchie par la base, en fournissant un ganglion au cœur veineux, et émet une branche pour chacune des lames.

Tels sont, rapidement résumés, les caractères qui peuvent servir à

comparer la branchie des deux grandes familles de Céphalopodes.

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EXPLICATION DES PLANCHES

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