AVANT-PROPOS
Dans ma notice précédente sur la force absolue des muscles adducteurs des Mollusques lamellibranches , j'ai posé, en me servant d’autres termes, la question suivante : La contractilité de la fibre musculaire est-elle à peu près la même dans toute la série animale ou varie-t-elle notablement d’un groupe à lautre?,
Parmi les diverses manières d'interpréter les résultats des expériences sur la force musculaire de l’homme et des animaux, il n’en est qu’une seule qui permette d'approcher de la solution de la question ci-dessus. J'aurais pu me borner à le constater : mais la lecture de traités récents de physiologie humaine m’a prouvé que leurs auteurs n’ont pas toujours bien compris les différentes significations du terme de force musculaire.
L'un d’entre eux, par exemple, cite mes expériences sur les Insectes pour en déduire à tort que la force absolue des muscles de
1 Arch de zool. exp. et gén., 2 série, t, II, 1884.
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ces animaux doit être de beaucoup supérieure à celle des muscles des Vertébrés.
Je crois donc utile, avant d'aborder l’exposé de mes essais sur les Crustacés, d'indiquer nettement comment le physiologiste peut étudier l’action des muscles en se plaçant à trois points de vue très distincts :
4° Il peut rechercher le poids brut quifait équilibre à la contraction d’un groupe de muscles ou de l’ensemble des muscles d’un être vivant, sans se préoccuper nt des dimensions de ces muscles ni du nombre d'éléments contractiles qui entrent dans leur composition.
Le résultat, après quelques corrections nécessitées par la longueur des bras de leviers, est la force, au sens vulgaire, d'un groupe de muscles, d’un membre, ou d’un animal entier ; mais il n’apprend rien quant à la valeur réelle ou relative de la contractilité des fibres musculaires. |
C’est dans ce sens qu'ont été faites toutes les expériences dynamométriques sur l’homme et sur le cheval. C’est dans ce sens que j'ai effectué jadis mes Zecherches sur la force musculaire des In- SÉpLES Le À
Si, dans cet ordre d'idées, on compare les nombres fournis par les Vertébrés à ceux que donnent les animaux d’un rang inférieur, on constate que, proportionnellement à leur poids, les Mollusques, les Insectes et les Crustacés {possèdent une force ? énorme et de beaucoup supérieure à celle des Mammifères.
Voici, du reste, quelques exemples :
A. Rapport du poids tiré au poids du corps.
Cheval.......5...s sensor one semences. 0,50, à :0,83:5 Homme ...... 0... 60°... 0. 0,86 *
1 Bulletins Acad. roy. de Belgique, 2e série, t. XX, n° 41, 1865,et t. XXII, n° 11,
? En employant le mot force dans le sens vulgaire indiqué plus haut.
3 Le Cheval, force motrice (Nature française, 11e année, n° 502, 13 janvier 1883 p. 107 et 108).
# D’après les nombres donnés par Régnier et Quételet (voir ma première note sur la force musculaire des Insectes},
Crustacés. Carcinus mœnas. .,,..,...,....,.,.., 8,371
Carabus auratus. ...... ven VIE CTÉTETRE PT Necrophorus vespillo.............. ét :, 13,1 Insectes. { Melolontha vulgaris. .......... sstois 03,3 Bombus terrestris....,...,,.,,..,,.... 14,93 Apis mellifica. .....,..... CE érsrét) 49,5
B. Rapport entre le poids qui fait équilibre à l'action d’un petit nombre de muscles spéciaux et le poids du corps entier.
Homme (à 30 ans) serrant le dynamomètre avec les deux mains. 1,394
Chien rapprochant les mâchoires..................... FETE 8,255 Crocodilus galeatus rapprochant les mâchoires........,....... 19,725 Venus verrucosa rapprochant les valves, ....,............. ‘.. 382,007 Pectunculus glycimeris rapprochant les valves....... ART . 492,30 5