C. Autre série
Homme (à 30 ans) serrant le dynamomètre avec une main (main
droÿe). .:; + RCE FUIT EPL APR ITR EN TEUT POERET 0,70 * Crabe tourteau (Platycarcinus pagurus) fermant la pince droite, 16,397 Crabe commun (Carcinus mœnas) fermant la pince’ droite .,... 28,497
Ces exemples, que j'aurais pu multiplier encore, prouvent suffisamment que, dans les divers cas où une comparaison est possible, la force (sens vulgaire) des Articulés et des Mollusques l'emporte
considérablement sur celle des Vertébrés. Le résultat surprend
1 Moyenne résultant d'expériences faites à Ostende en 1883.
2 Première note sur la force musculaire des Insectes, $S 1, tableau.
3 Deuxième note, $S 1, tableau.
# QuéTeLer, Sur l'homme et le développement de ses facultés. Essai de physique so= ciale, t. 11, Paris, 1835, p. 46 et 75.
5 P. REGNARD et R. BLANCHARD, Sur la force musculaire de la mâchoire des Crovodiles (Nature française, 10e année, n° 450, 14 janvier 1882, p. 97).
6 Voir le tableau VIII de ma notice précédente, |
1 Moyennes résultant des expériences faites à Roscoff et à Ostende en 1882 et 1883. ;
8 Le succès de mes modestes Recherches sur la force musculaire des Insectes reproduites dans toutes les revues et dont on rencontre encore actuellement les con= elusions dans les divers traités de zoologie ou d’entomologie, provient précisément de l’'étonnement suscité par le résultat de mes expériences, On avait perdu de vue ou complètement oublié quelques observations plus anciennes que des investigations bibliographiques m'ont fait retrouver récemment et que je crois devoir citer ici.
Hooke (Micrographia, 1665, obs. 47, of the Shepherd Spider) suppose que la longueur excessive des paltes des Faucheurs (phalangium) nécessite chez ces Arach-
au premier abord, mais s'explique aisément, comme le montrera la suite de ce travail.
2° Le physiologiste peut s’efforcer de déterminer la capacité de travail d’un groupe de muscles ou de l’ensemble des muscles moteurs d’un animal entier, c’est-à-dire de rechercher quelle est la valeur du produit obtenu en multipliant un poids que ce groupe de muscles ou cet animal parviennent à élever en un temps donné par la hauteur à laquelle le poids a été soulevé.
Le résultat, exprimé en kilogrammètres, nous renseigne sur l'effet utile de quelques muscles où d’un animal, comme machine; mais ne nous fournit, encore une fois, aucune indication quant à la force de contraction de la fibre musculaire.
On a fait des recherches d’une importance pratique évidente sur la capacité de travail de l'homme, du bœuf, du mulet et du cheval; on a mesuré chez la grenouille et chez les Anodontes, parmi les Mollusques, la valeur du raccourcissement de certains muscles soumis à des poids variables; mais aucune expérience n’a été faite, . dans ce sens, sur les Arthropodes.
Récemment, mon savant confrère M. Delbœuf a abordé la question, pour les animaux articulés, dans l'intéressant discours inti- tulé : Nains et Géants, qu'il a lu à la séance publique de la classe des sciences de l’Académie royale de Belgique, le 16 décembre 1882 *.
nides une force musculaire très grande pour maintenir le corps soulevé au-dessus du sol. De telle sorte, dit-il, que si nous supposions un homme suspendu de la même facon, cent cinquante fois la force humaine n’empêcherait pas le corps de tomber sur la poitrine, (Ce passage de Hooke est rappelé dans Tulk : Upon the analomy of the Phalangium opilio (Ann. and Mag. of natural history, 1843, p. 253, et dans J.-C.-C. Loman, Bijdrage tot de anatomie der Phalangiden, Amsterdam, 1881, p. 25).
G. NEWpPorT, Insecta, dans Cyclopædia of Anatomy and Physiology de Todd, vol. II, London, 1839, p. 492, cite deux expériences qu’il à faites, l’une sur un Geotrupes stercorarius qu'il a vu s’échapper de dessous un poids de 600 à 900 grammes, l’autre sur un petit Carabique indéterminé qui, attelé à un fragment de papier portant des poids, trainait trente-cinq fois son propre poids en remontant une pente inclinée à 25 degrés.
\ DecBœur, Nains el Géants (Bulletins de l’Académie royale de Belgique, 519 année, 3e série, t, IV, n° 12,1882, p. 722),
Dans ce travail, purement théorique, l'auteur a cherché à déduire de mes expériences sur la force des Insectes des données sur la capacité de travail relative des Insectes et des Vertébrés.
Enfin, un autre de mes confrères, M. P. Mansion, est revenu sur le même sujet dans une Vote sur la mesure de la force des Insectes comparée à celle des Vertébrés ‘. M. Mansion s'est efforcé de faire ressortir d’une façon claire la différence considérable qui existe entre
ces deux choses que l’on confond si souvent dans le langage : la force d'un moteur et sa capacité de travail.
3° L’expérimentateur, se plaçant à un troisième point de vue, aura pour objet la recherche de la valeur relative de la force de contraction de la fibre musculaire.
Pour cela, il déterminera, pour des muscles appartenant à des animaux différents, ce qu'Edouard Weber a nommé force absolue ou force statique.
Afin d'éviter toute équivoque, je reproduis ici la définition qui figure en tête de ma notice précédente concernant les Lamellibranches ?. A
La force absolue ou statique d'un muscle « est mesurée par le poids qui fait exactement équilibre à la contraction de ce muscle. En d’autres termes, un muscle étant fixé par une de ses extrémités et des poids étant suspendus à l’extrémité opposée, la force absolue est mesurée par le poids maximum que ce muscle en action peut soutenir sans s’allonger ni sé raccourcir. »
Le dénombrement des fibres dont un, muscle se compose est généralement impossible; mais, en ramenant tous les résultats fournis par les expériences à ce qu'ils seraient pour des muscles offrant une même section transversale de 4 centimètre carré, on obtient des valeurs dont la comparaison permettrait, les procédés expérimen-
aux étant supposés parfaits et les fibres offrant, par hypothèse, |
1 Mansion, Note sur la mesure de la force des Insectes comparée à ceile des Vertébrés (Annales de la Société scientifique de Bruxelles, 7° année, 1883). 2 Op. cil., p. 145.
ARCH. DE ZOOL, EXP, ET GEN, == 2€ SÉRIE, = T, 1Il, 1885, 13
toujours un diamètre identique, de décider nettement si la force de contraction des fibres musculaires est la même chez les divers représentants du règne animal ou si cette force varie suivant les groupes.
Malheureusement, comme le prouvent les écarts existant entre les, chiffres représentant la force absolue des muscles de l’homme mesurée par différents physiologistes éminents, les méthodes expérimentales laissent toujours quelque chose à désirer; d’un autre côté, les dimensions des éléments contractiles ne sont pas identiques chez les animaux à organisations dissemblables.
Quoi qu'il en soit, la comparaison entre les forces absolues des muscles d'animaux de types différents nous rapproche de la solution de la question. C’est ainsi que j'ai déjà pu montrer, dans un travail antérieur, que la force absolue, par centimètre carré, des muscles adducteurs des Mollusques lamellibranches est, dans beaucoup de cas, voisine des valeurs trouvées pour les Vertébrés supérieurs t. |
Il était nécessaire d’étendre ce genre de recherches à un autre groupe, à celui des Arthropodes, par exemple, afin de pouvoir formuler peut-être des conclusions ayant plus de portée.
Je ne pouvais songer aux Insectes, la petitesse de leurs muscles aurait rendu l’exactitude des mesures de sections illusoire. Je me suis donc adressé aux Crustacés décapodes en choisissant les Brachyures comme sujets d'expériences.
A la vérité, il m'’eût été difficile de faire autrement; les homards de Norvège et de Roscoff sont presque toujours mutilés, les pêcheurs leur coupant le tendon sur lequel s’insèrent les muscles fléchisseurs de l’article mobile de la pince, et les écrevisses que je puis me procurer à Gand ne sont plus assez vivaces pour les soumettre à des expériences sur la force musculaire.
Dans les localités maritimes, on trouve, au contraire, des crabes frais et intacts avec une grande facilité. Le plus abondant de tous, le Carcinus mœnas, estfort résistant et peut; sans s’affaiblir, supporter la privation d’eau pendant un temps considérable.
1 Op. cit., tableau VI.
J'ai tâché de déterminer la force absolue des muscles de ces animaux : 1° par des expériences sur les muscles fléchisseurs de la pince ; 2° par des essais sur la force absolue des muscles de l’ensemble des pattes pendant la traction.
La première de ces deux méthodes m'a seule donné des résultats satisfaisants ; la seconde, dont l'application est difficile, ne m'a conduit, malgré mes soins et mes précautions, qu’à des valeurs évidemment erronées. J'insisterai donc sur les expériences concernant les muscles des pinces, et je me bornerai à un court résumé pour les autres.
Ces recherches ont été faites au laboratoire de zoologie expérimentale de Roscoff et à la station biologique d’Ostende sur le Carcinus mœnas, le Platycarcinus pagurus, le Xantho floridus, le Portunus puber et le Portunus holsatus, mais avec des succès très divers ; les xantho étaient en trop petit nombre et les portunes s’affaiblissent si vite lorsqu'ils ne sont pas maintenus dans de l’eau continuellement aérée qu'après des essais réitérés, j'ai dû renoncer à les utiliser.
Il ne sera donc question ici que des expériences effectuées sur le Carcinus mœænas ou crabe commun et sur le Platycarcinus paqurus ou tourteau.