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C. PHISALIX

après l'avoir liée avant sa réunion à la veine porte, avec la canule tranchante d’une seringue hypodermique et l’on aspire le sang que l’on dépose sur la lame de verre. On l'étale rapidement en couche mince au moyen d'une autre lame que l’on promène horizontalement, on l'expose aux vapeurs osmiques pendant une à deux minutes et on colore soit à l’éosine, soit par d’autres réactifs.

Les cellules spléniques (voir pl. XXI, fig. 7, 4, b) ovalaires ou elliptiques ont des dimensions à peu près égales à celles des globules rouges ordinaires, mais s'en distinguent nettement par leur coloration rose uniforme et leur noyau qui remplit presque tout l’intérieur de la cellule. Ce noyau offre une surface bosselée avec incisures et sillons, et quelquefois semble constitué par des filaments pelotonnés. Les formes à deux noyaux sont excessivement rares.

Les globules rouges ordinaires (4, fig. 7, pl. XXI) sont elliptiques avec noyau également elliptique. La zone hémoglobique bien développée prend, sous l'influence de l’éosine, une teinte foncée d’un rouge jaunâtre tout à fait spécial; le noyau, de diamètre moitié moins grand que celui des cellules spléniques décrites ci-dessus, présente l'apparence mamelonnée, müûriforme qui le caractérise. Dans les cellules spléniques en voie de transformation, la zone protoplasmique étroite qui enveloppe le noyau prend une teinte de plus en plus foncée par l’éosine pour former de jeunes globules à noyau énorme et à zone hémoglobique étroite dont les caractères ne diffèrent pas de ceux des globules rouges adultes (voir fig. 7, g, k). Cette formation hémoglobique paraît se faire plus ou moins activement, car il y a des globules dont la zone périnucléaire étroite prend, dès le début, la teinte foncée de l’hémoglobine parfaite (g, k, fig. 7), tandis que dans d’autres cette zone s'agrandit beaucoup plus sans que la différenciation soit achevée (ec, d, fig. 7), ou même sans qu'elle se produise (7, fig. 7). Dans ce dernier cas, on a des cellules qui ressemblent à des globules sanguins décolorés, à protoplasma granuleux grisâtre, à noyau déchiqueté sur les bords, plus ou moins

refoulé contre la paroi.

Les mêmes phases d'évolution se retrouvent aussi entre les cellules lymphatiques et les petits globules sanguins arrondis parfaits (voir fig. 7, m,n, 0).

Si l'on cherche à saisir le mécanisme par lequel la quantité d'hémoglobine augmente et le noyau diminue, on voit, sur beaucoup de ces jeunes giobules, le noyau présenter à son pourtour de petits mamelons arrondis réfringents qui semblent se détacher de la masse pour pénétrer dans la masse hémoglobique (voir fig. 7, 2, s), où l’on rencontre souvent plusieurs de ces granulations arrondies, réfringentes. Il semblerait, d'après cela, que la production hémoglobique ait lieu aux dépens de la substance réfringente du noyau, mais ces phénomènes cellulaires sont trop complexes pour que nous osions nous prononcer sur leur nature. Ce qui est certain, c’est que le noyau diminue de volume en même temps que la zone hémoglobique augmente. Il est donc probable qu'il joue un grand rôle dans la formation de celle-ci.

Développement des vaisseaux dans la rate embryonnaire. — Un point important nous reste à exposer, à savoir comment et à quelle épo= que les éléments jeunes formés par le tissu splénique pénètrent dans la circulation, ou autrement dit le développement des vaisseaux sanguins. Ceux-ci apparaissent dans l’organe à l’époque où l’embryon a atteint une longueur d’environ 95 à 30 millimètres. En examinant à la loupe la rate d’un embryon de cet âge, on voit une surface grisàtre parsemée de petits points rougeâtres qui deviennent de plus en plus nombreux à mesure que l'embryon se développe. Ces points rougeâtres sont certainement dus aux globules sanguins contenus dans les vaisseaux, car si l’on coupe le cordon ombilical d’un embryon vivant et qu’on laisse l'animal mourir par hémorrhagie, la rate se décolore complètement et présente une teinte gris jaunâtre uniforme. Si, au contraire, on lie le cordon ombilical, la surface de l'organe devient d’un rouge foncé.

La manière dont se développent les vaisseaux ne peut être suivie

que d’une façon fort incomplète et incertaine sur des coupes, car

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leur paroi est si délicate et si peu différenciée encore qu'il est impossible d'en suivre le trajet. Nous avons tourné la difficulté en injectant ces vaisseaux avec du bleu soluble à la gélatine.

Artères, — Les artères de la rate se montrent alors colorées en bleu avec leurs plus fines ramifications. La matière à injection n’a pas pénétré dans les veines. C’est à peine si l’on rencontre quelques grumeaux bleuâtres mélangés aux globules sanguins dans les veines des embryons de 70 à 80 millimètres. Des branches artérielles de moyenne grandeur (voir pl. XXII, fig. 12, art) se détachent à angle droit les branches terminales (rt) avec leurs noyaux endothéliaux (n) allongés, granuleux et colorés en rose. A leur extrémité, ces branches se continuent avec les lames conjonctives qui forment la charpente de l'organe, et la lumière du vaisseau ne s'ouvre dans les lacunes encore fort étroites de la pulpe que progressivement et probablement par suite de l'impulsion sanguine. Aussi, dans les capillaires terminaux en voie de formation, on voit la matière à injection former des pointes latérales à la base des lames conjonctives s’insérant sur la paroi du capillaire et sur lesquelles se ramifient les cellules conjonctives (voir pl. XXI, fig. 12, p).

A cette époque, on ne trouve aucun indice de ce qui formera chez l'adulte le manchon épaissi de tissu splénique qui entoure les capil- \aires terminaux. Ce n’est guère qu'au moment de la naissance, ou plutôt quand les jeunes prêts à éclore possèdent encore une partie de leur vésicule ombilicale, que l'on commence à voir autour du capillaire terminal des anneaux épaissis d’un tissu plus dense.

Veines. — Nous avons vu que, dans la pulpe splénique de l'embryon, un grand nombre de cellules devenaient libres et s'accumulaient dans des canaux lacunaires dont l’origine semblait due, au moins en partie, à l’invagination pour ainsi dire passive de certains points de la surface de l'organe. Ces canaux sont destinés à se transformer en veines et entrent rapidement en communication avec les gros troncs primitifs provenant de la veine intestinale gauche, On

ne trouve aucune trace d’un système capillaire reliant les artères

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