‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 4)Chapitre 105 sur 115 · UL · texte numérisé non relu

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on a, [^ °^ étant 108,00, Oe s = 0,722. Ce qui signifie que, dans un volume de solution

contenant 1 molécule-gramme, il y en a 0,722 qui sont dissociées en ions et 1 — 0,722= 0,278 entières. Par conséquent, dans une solution contenant 0,650 molécules-grammes dissoutes, il y en aura 0,650 x 0,722 = 0,476 dissociées et 0,650 — 0,476 = 0|183 entières» La molécule de Na Cl

ARGB. DE ÏOOL. BXP. ET OÊN, — 4« SBRIB. — T. VII. -— (Xl). 35

Enhardi par ce succès j'ai essayé des solutions hypotoniques de NaClpur, obtenues en ajoutant à la solution isotonique 6%, 10 %, 15% et 20 % d'eau distillée. Or, le 8 août, par une température de 18°, j'ai obtenu, avec la l'^ dilution à 5% une énorme éclosion de larves, avec 10% une belle éclosion, avec 16 % quelques larves seulement et avec 20 % rien. Cette solution diluée à 15%, qui peut être considérée comme la limite d'hypotonie compatible avec l'éclosion, a une concentration moléculaire de 0,573 ce qui correspond à une pression osmotique de 0,993 au lieu de 1,136. Cette solution est donc notablement hypotonique par rapport à l'eau de mer.

Ainsi le tannate d'^ammonicLque détermine le développement des œufs d^Oursins m£,m^ en solution nettement hypotonique,

A partir de ce moment je n'ai plus opéré qu'en solutions isotoniques. Tous mes liquides étaient préparés d'avance, isotoniques à l'eau de mer, et les mélanges de sels dont il sera question étaient obtenus par des mélanges de ces solutions isotoniques, mélanges qui restaient par conséquent isotoniques à l'eau de mer.

6) Autres sels purs de Veau de mer, — Les autres sels employés purs en solution isotonique à l'eau de mer, c'est-àdire à dose suflSsante pour réaliser à eux seuîs l'isotonie, donnent des résultats très inférieurs à NaCl. Je n'ai rien obtenu

ne donnant que 2 ions, les 0,470 molécules-grammes disSociéea donneront 0,476 x 2= 0,052 ioos qui, ajoutés aux 0,183 molécules entières, donneront 1,135 ions + molécules, ce qui est exacte* ment le nombre fourni par la cryoscopie pour l'eau de mer. La solution pure de Na Cl Isotonique à i'eaU de mer a donc une concentration de 0,650 n et contient, par litre de solution, 0,650 x 58gr., 5= 38 gr., 55 de sel. La concentration est un peu plus grande que celle de l'eau de mer dont la salinité totale n'est que de 35 pour mille. La différence s'explique par ce fait que dans l'eau de mer les sels contenus en proportion faible sont complètement ionisées, et que certains d'entre eux fournissent trois ions. J'aurai d'ailleurs, dans une autre occasion, à communiquer sur ce fait certaines remarques dignes d'intérêt.

J'ai de la sorte déterminé, pour divers sels, la concentration moléculaire correspondant à pression osmotique égale à celle de l'eau de mer, et j'ai trouvé :

Pour Na Cl =0,650, KCl =0,640,

MgCl' =0,501, CaCl' =0,406,

SO* Mg = 0.860, 80* Na' = 0,610,

MgBr' =0,501.

Pour Mg Br', je n'ai trouvé d'indication pour la conductlvité que pour des solutions très faibles. La courbe étant pareille à celle de Mg CV pour ces concentrations, j'ai pris le mime chiffre que pour Mg OP. Mais je le donne sous toutes réserves.

avec MgCl^ ni avec MgBr^. CaCl^ m'a donné quelques blastules nageantes, KCl pas mal de blastules, même assez jolies, mais qui n'ont pas monté à la surface, SO^Na^ un nombre assez grand de blastules mais vilaines et qui sont restées au fond du vase.

c) Mélanges de sels. — L'eau de mer améliore l'action de NaCl, mais à petite dose seulement et pas d'une façon très notable. Des essais comparatifs m'ont montré que, jusqu'à 10àl5%, ilya augmentation du pourcentage des éclosions, de 15 à 30 % diminution et au-dessus de 30 % le résultat est nul ou à peu près, comme avec l'eau de mer pure.

J'ai fait des essais méthodiques d'addition progressive des autres sels de l'eau de mer au NaCl pour déterminer ceux qui étaient adjuvants ou nocifs et à quelles doses.

NaCl + KCl, — KCl est favorable à très petite dose; dès que la proportion atteint 5 % environ il devient nuisible et diminue le pourcentage, d'autant plus qu'il y en a davantage (1).

(1) Voici une expérience type (6 août, 18<>) :

BËSULTATS

Solution Lsot. de Xa Cl. 100 Sol. isot. de KCl. 0 Beaucoup do blastules, toutes nageant à la

surface.

— — 90 — — 10 A peine un peu moins.

— — 80 — — 20 Bon nombre à la surface.

— — 70 — — 30 id.

— 60 40 id.

— 60 — — 50 id.

— — 40 — — 60 Quelques-unes à la surface.

— — 30 — — 20 id. - 20 — — 80 id.

— — 10 — — 90 Très peu à la surface.

— — 0 — — 100 Aucune à U surface, nageant, bon nombre

au fond, dont quelques-unes jolies.

N.-B. — Ces nombres de blastules sont ceux reconnus à l'examen à l'œil nu pour les larves nagoAntes et au moyen de quelques pipettéee prises an fond et examinées au microscope pour celles qui ne nagent pas.

Cette expérience montrant que le point critique était entre 0 et 10 %, une autre a été faite de la façon suivante (7 août, 17o.5) :

Bésultats Na Cl. 100 K Cl. 0 Beaucoup nageant.

id.

id.

Beaucoup plus.

Ifettement moins.

Ainsi l'optimum doit être d'environ 5 %.

KCl.

NaCl+MgClK— L'addition de MgCl* à NaQ améliore notablement de rendement en larves de ce dernier. L'optimum est 70% NaCl et 30% MgCR

A partir de 60% de MgCl^ je n'ai plus eu d'éclosion (1).

NaCl^CaCP, — A très faible dose, 10%, CaCl^ améliore le rendement de NaCl, mais faiblement. Mais, à l'inverse de KCl, il n'est pas nocif et permet l'éclosion des larves à doses croissantes jusqu'en solution pure (2).

NaCl-hSO*Mg, — SO*Mg est nocif à haute dose et d'autant plus que la dose est plus forte. A la dose de 10%, il permet encore quelques éclosions, à 20 % à peine quelques vilaines blastules non nageantes, au-dessus plus rien.

NaCl+ BO^Na^. — SO*î^a^ est nocif aussi, mais il présente une particularité curieuse. Le maximum de nocivité appartient aux mélanges à proportions plus ou moins sem-

(1) Vold le détail de l'expérienco (7 août, 17»,5) :

RÉSULTATS

Sol. isot. NaO

Sol. isot. Mga

Beaucoup de larves nageantes.

Un peu plus.

A peu près comme le précédent.

Notablement plos.

Un peu moins.

Moins encore.

Rien.

id.

id.

id.

id.

(2) Void le détaU d'

une expérience (8 août,

RÉSULTATS

Sol.isot.deNaa. 100

Sol. isot. de Ca Cl'.

0 Bon nombre à la surface et au fond.

10 Un peu plus que Na Cl pnr.

20 Un peu moins que Na CI par

30 id.

50 Peu.

70 id.

100 Très peu, mais pas vilaines.

Autre expérience pour savoir si le point critique est au-dessous de 10% :

RÉSULTATS

NaCl.

Ca a*. 0

Bon nombre nageant.

id.

Davantage.

Plus encore.

L'optimum est donc 10%.

blables des deux sels. Les mélanges à dose très faible, sans améliorer le résultat le laissent passable, ceux à dose très forte également, et nous avons vu que SO*Na^ pur permettait encore des éclosions assez nombreuses quoique fort vilaines (1).

Na Cl 4- Mg B r^. — Mg Br^ est nuisible à toute dose, faiblement aux très faibles doses, notablement dès la proportion de 5%; à partir de 10% il arrête tout développement (2).

NaCl-\-PO^Na^, — Le phosphate trisodique à très faible dose, 2%, améUore légèrement le résultat ; à dose plus élevée il l'annihile (3).

Mélangea de pltisieurs sels. — J'ai essayé plusieurs mélanges de plus de deux sels en partant du point de vue suivant.

(1) Voici le déUU d'une expérience (11 août, 17»5) :

BÉSULTATS

SO* JH&* isot. 0 Pas mal de blastules.

— 10 Bien (on avait oublié le tannin).

— 80 Quelques unes à la surface.

— 50 Quelques unes au fond seulement.

— 70 Une seule blastule au fond.

— 00 Quelques-unes à U surface et au fond.

— 100 Quelques unes] à U surface, bon nombro an

fond, mais vilaines.

(2) Voici le détail d'une expérience (12 août, IT^.S) :

RÉSITLTATS

Na a isot. 100 Mg Br* Isot. 0 Bon nombre de blastules nageantes.

— 08 — 2 Un peu moins.

— 04 e Bares blastules.

a isot.

00 — 10 Bien.

70 — 30 id.

40 — 60 id.

10 — * 00 id.

0 — 100 id.

Dans les premières heures, des segmentations assez nombreuses qui se sont détruites par égrènement.

(8) Il faut noter ici que Fo* Ka' n'est pas assez solnble pour que l'on en puisse faire une solution iaotonique à l'eau de mer. J'ai pris une solution saturée. La solution finale s'est donc trouvée légèrement hypotoniqne, ce qui n'est pas un grand inconvénient. PO* Na' + 12 Aq pèse 380; or, 1 litre d'eau n'en dissout que 200 cmc. La solution est donc un peu plus que 1/4 isotonique et les proportions indiquées ci-dessous doivent être divisées par 2 pour être ramenées à celles d'une solution isotonique.

Voici une expérience (15 août, 17®) :

BfiSULTATS

Na Cl isot. 100 Po* Na* environ Î4 isot. 0 Bon nombre de blaHules nageantes.

— 08 — 2 Un peu plus.

— 05 — 5 Pr«ique rien.

— 00 — 10 Id.

— 80 — 20 Bien.

Chaque sel, essayé seul avec le chlorure de sodium, présente une proportion optima. Dans le mélange, je cherche à mettre chaque sel à la proportion optima. Mais cela n'est pas possible. Si deux sels ont une proportion optima supérieure à ^, on ne peut pas mettre de chacun plus de ^/4. Mais il est possible de conserver les proportions relatives de chacun dans le mélange. Si, par exemple trois sels ont pour proportion

optima à ^ et - et -, je ne puis mettre - du P^, 1 du 2^ et - 6 6 5 5 6 5

du 3®, mais je puis mettre 2 parties du 1®^, 3 du 2® et 4 du 3«. Les proportions des sels entre eux sont conservées, mais non la proportion optima de chacun par rapport à la totalité du mélange. J'ai trouvé, après de nombreux essais, que les mélanges de 4 sels ne donnaient pas de meilleurs résultats que celui de 3, ni même celui de 3 que celui de 2. Les meilleurs rendements m'ont été fournis par les combinaisons suivantes :

NaCl 70, Mga2 30; NaCl 64, MgC12 30, KC16; NaCl 70, MgCl» 26, KCl 6.

Rappelons qu'il s'agit toujours de mélanges de solutions isotoniques à l'eau de mer.

Un mélange non plus isotonique, mais hypertonique dans lequel chaque sel avait la pression optima n'a donné aucun résultat.

Il est intéressant de noter que j'ai obtenu de bons résultats avec un mélange de deux sels à base divalente MgCl* 76, CaCl^ 26, résultats très supérieurs à ceux du mélange de l'un ou l'autre de ces deux sels avec KCl, sel à base monovalente. Nous reviendrons sur ces faits dans les conclusions de ce travail (1).

(1) Dans la détermination des proportions de ces mélanges, une difficulté spéciale se présente pour Na Cl, en raison de ce que les déterminations d'optimum ont été faites par rapport à loi. 81, par exemple, Je remarque que pour le mélange de Mg Cl^ avec Na Cl la proportion optima est IfaCl70, MgCl'30. et, pour le mélange avec KCl, NaCi94, KC16, U m'est facUe de met^e dans le mélange 30 partleij de Mg Cl' et 6 de K Cl. Mais, pour Na a, si je prends 70, U prpi^qrtjQn sera trop Wble par rapport à KCl; s| |e prends 04, elle sera trop forte par rap«

Solutions sucrées

J'arrive à une grande série d'expériences faites avec les solutions isotoniques des divers sels de l'eau de mer mélangées en proportions variables avec une solution isotonique de saccharose.

L'idée directrice de ces expériences est la suivante. Le véhicule du tannate d'ammoniaque doit être une solution à peu près isotonique à l'eau de mer (du moins à l'époque de l'année où furent faites ces expériences, en fin de saison). La pression osmotique de l'eau de mer étant 1,136, si je veux agir avec Na Cl seul ou avec tout autre sel seul, je suis obligé de lui donner la pression de 1,136. Or cette pression est très supérieure à celle qui conviendrait pour obtenir, avec ce sel, un rendement optimum. De même pour tout autre sel ou mélange de sels. Il y avait donc intérêt à chercher un moyen d'opérer en solution isotonique à l'eau de mer, mais contenant le sel à expérimenter à une pression inférieure, variable à volonté. " Ce moyen c'était d'introduire dans la solution un liquide isotonique à l'eau de mer, qui, sans avoir d'action par lui-même, servit à diluer le sel actif et à faire baisser sa pression dans le mélange. Notons ici expressément que, quand je parle de la pression osmotique du sel actif dans le mélange, je ne prends cette pression osmotique que comme mesure de la dose du sel. Je pourrais aussi bien prendre la proportion centésimale ou la concentration moléculaire. Peut-être serait-il mieux de prendre la

port à Bflg Cl'. Dans ce cas, tantôt j'ai pris la 'mosreime entre 70 et 94, soit 82» tantôt j'ai pris de Na Cl la quantité convenable pour faire en tout 100 volumes, soit, ici, 64. J*ai essayé aussi d'introduire dans le mélange du carbonate adde de chaux C'O'Ca, non pas directement, mais sons la forme de carbonate acide de soude et de chlorure de calcium, 2G0' Na H + Ga Cl' = CO'Ca+H'0+ 2Na Cl. Cette addition, à la dose de 2 cmc. pour 100 de solution, a notablement amélioré la solution aux 4 chlorures. Enfin, c'est ici le lieu de rappeler (voir plus haut) que l'eau de mer ajoutée à la solution isotonlque de Na Cl améliore son rendement à la faible dose de 10 %, mais le diminue à dose plus élevée pour l'annihiler bientôt tout à fait. Dans l'eau de mer pure, j'ai, une seule fois, obtenu quelques très rares blastulee au moyen du tannin et de l'ammoniaque^ Je revfeiidn^ sur Vt^U>n de Tof^u 4^ mer pure h propoq dea ess^ia en aoj^-

oonductivité, si ce sont les ions libres qui interviennent.

Comme liquide inerte j'ai pris une solution de sucre isotonique à l'eau de mer. Je reviendrai plus tard sur les réserves qu'il y a lieu de faire sur cette prétendue inertie du sucre. En attendant je le considère comme tel, servant à constituer un liquide capable de diluer la solution saline, mais sans faire baisser sa pression osmotique comme ferait l'eau distillée (1).

J'ai fait des essais méthodiques avec les divers sels de l'eau de mer employés chacun séparément avec du sucre, pour fixer l'optimum de proportion entre la solution saline et la solution sucrée.

A noter que dans toutes ces expériences, les œufs, entreposés dans l'eau de mer stérile, étaient lavés dans la solution saline pure qui devait servir à l'expérience afin d'éliminer toute trace d'électroljrte autre que celui expérimenté.

NaCl 4- Sucre, — La proportion optima, déterminée par de nombreuses expériences, est de 70% de solution salée et de 30 % de solution sucrée (2).

Kcl H- sucre, — Les solutions fortes ne donnent rien. Les faibles donnent beaucoup de jolies blastules, mais exercent

( "* (1) J'ai détermlnA U oonoentratlon de la aolation de sucre laotonlqae à l'eaa de mer aam expérience, par le aimple calcul. Le poids moléculaire du sucre étant 342, la solution dont la pression est 1,135 doit contenir, par litre de solution 342x1,135 s 388 gr. de sucre, puisqu'il n'y a pas d'ionisation.

(2) Voici

une {

expérience type (19 août, 18o) :

RfiSULTATS

aiflot.

Sucre isot. 0

Rien.

Bon nombre à la surface.

id.

id.

Beaucoup.

Bon nombre.

Quelquet-nnes.

Moins.

Quelques-unes.

id.

id.

Quelques-unes très Jolies: beaucoup de seg-

snr les œufs une action nocive, car la plupart se segmentent, mais les segmentations se désagrègent. La proportion optima est 10 % (1).

MgCP H- siLcre. — Ici, la proportion de sel est beaucoup plus forte : Toptimum est pour 90%. La solution pure ellemême donne de bons résultats (2).

CaCP + sucre, — Ici, c'est la solution pure qui donne le meilleur rendement, Taddition de sucre le diminue dès les plus petites doses (3).

SO^ Na^ + awre. — L'optimum est ici pour 90% de sel,

(1) Voici nue expérience (21 août, 18*) :

RÉSULTATS

KCIisot.

Sucre iflot. 0

Bien, œufo très détériorés.

id.

Id.

Très rares blastules.

Beaucoup nageant.

Encore plus.

(2) Voici une expérience (20 tout, 18«») :

RESULTATS

Mga'iflotonique

Sacre isot. 0

Encore plus.

Un peu moins.

id.

id.

Beaucoup.

Bon nombre.

Id.

id.

id.

Quelques-unes.

n semble j avoir ici un second maximum pour la solution à doses égales de liquide salin et de liquide sucré. Mais ce résultat obtenu une seule fois ne doit pas être accepté sans réserves.

N,-B. — Pour l'expérience au sucre pur, sans MigCi', les œufs ont été puisés directement dans l'ovaire, sans être lavés ni à l'eau de mer, ni autrement, pour éviter toute trace d'éiectrolyte quelconque.

(8) Voici le détaU d'une expérience (22 août, 18«) :

BlSULTATS

Caa'Isot.

Sucre Isot. 0

Beaucoup de blastules nageantes.

Bon nombre.

Id.

Très peu.

id.

id.

Bien.

nr.-B. -

-Par

erreoTt

dans l'ezpérlenoe an <

Oa a* pur, le tannin a agi pendant 15

de 5.

mais le rendement est faible, trèB inférieur à celui des sels précédents et du suivant (1).

MgBr^ + sucre. — Inversement, l'optimum est ici pour les doses faibles de sel, 10% de celui-ci et 90% de sucre, et le résultat est bien meilleur (2).

PO* Na^ + aricre. — Le phosphate trisodique n'a rien donné, ni pur ni à aucune dilution.

Comparaison des sels pars. — Une expérience a été faite pour comparer entre eux les optima des divers sels employés purs avec la proportion convenable de sucre. C'est MgO* qui a remporté le prix, mais il ne faut pas accorder trop d'importance à ce résultat, car nous savons par les expériences antérieures avec le sulfite de soude, le chlorure de nickel et les divers acides, que cela dépend en grande partie des œufs, les ims étant sensibles à un agent, les autres à un autre (3).

(1) Voici une expérience (28 tout, 18») :

RÉSULTATS

80* Na* Isot.

Sucre isot.

Très peu.

id.

id.

Rien.

id.

(2) Voici

ane expérience (28 août, 18*, mêmes œofs qae U précédente.) :

RÉSULTATS

MgBHiaot.

Sucre iaot.

Rien.

id.

id.

id.

Bon nombre de blastoles nafeaatet.

(8) Voici

une expérience (24 août, 18«) :

RÉSULTATS

Naa iaot.

Sucre iflot.

Rares blastules nagwant^si,

Mga'.

Beaucoup.

Bon nombre.

MgBr».

Un peu moins.

80*Na«.

Très rares.

Rares.

KCl.

Bon nombre.

Quelques très rares.

Jr.-9 . -« Ifos «ufB étaient de qualité très médiocre «t toutes les •otfet ^xpéfl^ooe^ à^ «Cve Jour ont eu un ponroentage très laible d'édoslon.

On voit, par ce qui précède, que l'un quelconque des sels de Peau de mer employé seul (avec le sucre) peut, à dose convenable, donner des éclosions et même, la plupart, très nombreuses. Cela infirme les théories d'après lesquelles certains sels de l'eau de mer seraient inhibiteurs et certaines combinaisons de valences seraient nécessaires. Nous reviendrons, dans les conclusions, sur ce point.

Mélanges de plwieurs sels + sucre. — Ici, comme pour les sels employés sans sucre, j'ai essayé diverses combinaisons des sels essayés séparément, jusqu'à une eau de mer artificielle ne diffèrent de la naturelle que par l'absence des sels rares, et, éventuellement, par la différence dans la proportion des autres sels; l'eau de mer naturelle a été aussi

Les mêmes difficultés pour la constitution de ces mélanges se présente ici que pour les solutions isotoniques sans sucre (v. p. 466). Je n'y reviendrai pas. Tantôt j'ai simplement additionné les nombres sans m' occuper de leur total, tantôt je les ai ramenés à la proportion centésimale.

J'ai constaté que ni l'une ni l'autre de ces manières ne donne les résultats que l'on aurait pu espérer. La réunion des sels aux doses optima ne donne pas de meilleurs résultats que chacun des sels isolés (1).

Eau de mer artificielle + sucre. — J'appelle eau de mer

(1) Voici une expérience (22 août, 18«) :

BÉSirLTATS

Na CI. seul isot. Beaucoup de blaatulea nageantes.

Ka Cl 23,32 + Mg CI' 80 + K Cl 3,32 + sucre 43,36 Bon nombre, mais notablement moins.

Ca d', ajouté en quantité notable, abaisse notablement la pression optima totale de l'ensemble des sels dans la solution isotonique et améliore le résultat final. On voit que, dans l'expérience ci-dessous, l'optimum a été pour 20 % de la solution saline, in Mo isotonique à l'eau de mer, et 80 % de U solution iaotonique de sucre.

Voici une expérience (31 août, 18*)

B18ULTATS

NaClisot.

Sucre isot.

Beaucoup de blast. nageantes.

Quelques blastules nageantes.

Naa26, MgCl'32, ,

De 80

id.

Caa'36. MgBr'i.

cette 60

id.

Ka2.

BOlutiQD 40

Bon nombre.

BeiuoouPt

artificielle les mélanges de plusieurs sels se rapprochant plus ou moins de la composition de Peau de mer. tPai constaté le fait singulier que les mélanges contenant les seb principaux de Peau de mer, dans la proportion optima pour chacun d'eux lorsqu'ils sont employés setds en solution sucrée, donnent de bien moins bons résultats que lorsqu'on se rapproche de la proportion où ils sont dans l'eau de mer. Ainsi, le chlorure de magnésium en solution sucrée à son optimum à la proportion de 90%, le NaCl a son optimum à la propwtion de 70% ; il semblerait donc qu'im mélange de ces deux sels devrait contenir plus du premier que du second pour avoir son maximum d'efficacité. Il n'en est rien, et il en est de même pour les autres. C'est en se rapprochant de la proportion où ces sels sont dans la mer qu'on obtient les meilleurs résultats.

J'ai donc composé une eau de mer artificielle avec Na Cl, KCl, MgCl^ et MgBr^, en éliminant les sulfates, les phosphates, les carbonates et la silice. Le résultat a été excellent (1). L'optimum, établi à la suite d'un grand nombre d'expériences, est pour 30 % d'eau artificielle et 70 % de sucre, ce qui est juste l'inverse de la proportion optima pour le NaCl.

Pour voir quels étaient les sels de l'eau de mer qui étaient inhibiteurs j'ai ajouté à cette solution successivement du SO*Mg, du S0*Na2 du Po^Na» et du CO^Na*. Aucun ne

(1) Voici nne expérience (21 août, 18*) :

RÉSULTAT

NaClisot.

Sucre Isot.

Quelques blastu

id.

id.

Eaa de mer artifi-

id.

cielle isotoniqae

Bon nombre.

comprenant :

id.

Ka a iaot. 010, •

Beaucoup.

Xaiaot. 15,

MgCl'iflot. 08,

Encore pins.

Mg se iflot. 1,

Un peu moins.

Qu6lque8-imet«

— 100 Trt« pe«f

s'est monfcré inhibiteur, au moins à la dose où il est dans Peau de mer (1).

Eau de mer naturelle sucrée, — En présence de ces résultats, je me suis demandé si Peau de mer naturelle, additionnée de sucre ne constituerait par un liquide convenable pour l'expérience. De nombreuses expériences comparatives entre l'eau de mer naturelle et l'eau de mer artificielle, sans sulfates, phosphates, carbonates ni silice m'ont montré un avantage de cette dernière sur l'eau de mer naturelle ; mais cet avantage est trop peu important pour compenser la complication de l'expérience qu'il entraîne. Aussi, pendant toute la dernière partie de la saison, me suis-je servi exclusivement d'un mélange d'eau de mer naturelle avec la solution isotonique de sucre, dans les mêmes proportions que pour l'eau de mer artificielle, soit 30% d'eau de mer et 70% de solution sucrée. Si l'on tient compte en outre du fait que l'addition de tannin et d'ammoniaque à la solution peut être faite d'avance, on arrive à une simplification considérable de l'expérience que je résume ici. Préparer, avec de l'eau distillée, une solution de saccharose isotonique à l'eau de mer, avec 388 gr. de sucre pour 1 litre de solution. Faire un mélange de 300 centimètres cubes d'eau de mer stérile et de 700 cmc. de solution sucrée et y ajouter 0 gr. 15 centigr. de tannin préalablement dissous dans un peu d'eau distillée, puis 3 cmc. d'une solution normale (titrée à l'acide oxalique) de AzH^. Avant de s'en servir agiter pour répartir dans le Uquide le précipité floconneux qui se produit. J'ai expérimenté que cette solution reste bonne pendant quelques jours (jusqu'à 5 jours) je ne sais si elle le resterait plus longtemps. Pour opérer, verser dans une coupe hémisphérique, d'une con-

(1) Voici une expérience (90 août, 18o) :

RfiSULTATS

Baa de mer artificielle ci-deflsufl 70 Sucre isot. 30 Grand nombre de blastules nageantes. Mfime solution + SO* Mg \ A la même con- A peine on peu moins. ^ p ^ ^tg^

— + 80* Na' f centration que id. f ... xx *

««â*^. > j „ ^. tj > bien nettes entra

— + PO* Na' C dans l'eau de id. I

— + 00' Ka' ) mer naturefle. Id, J eux.

474 YVES DELAGË

tenance d'environ 500 cmc, 50 cmc. de cette solution et y ajouter 2 à 3 pipettées d'œufs vierges, recueillis de manière à éviter tout accès de spermatozoïdes. Laisser les œufs 1 h. dans cette solution. Après ce temps, noyer le réactif en remplissant la coupe raz bord d'eau de mer stérile. Cinq à dix minutes plus tard, quand les œufs se sont déposés (1) décanter l'eau de manière à laisser tous les œufs au fond de la coupe avec quelques cmc. du liquide, puis remplir encore d'eau de mer stérile. Quelques minutes après, nouvelle et dernière décantation semblable. Trois ou quatre heures après, la s^mentation commence ; 18 h. après le liquide fourmille de blastules, tandis que les œufs témoins traités avec la même eau, mais sans réactif, n'en montrent pas ime.

Autres phénols et acides phénols

Le tannin étant considéré comme un éther-sel de l'acide gallique, il était intéressant d'étudier comparativement à ceUe du tannin l'action des autres phénols et acides phénols. J'ai fait cette étude en collaboration avec M.deBeauchamp: il serait plus juste de dire qu'elle a été faite, à mes côtés, presque entièrement par lui. J'extrais ici les résultats principaux de la note publiée sous nos deux noms aux Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 4 novembre 1907.

Le phénol et son dérivé trinitré Vacide picrigue donnent des résultats très médiocres.

Parmi les trois diphénols du benzène, la résorcine est de beaucoup le plus actif; par son efficacité, eUe se place à faible distance au-dessous du tanin ; la pyrocatéchine est très inférieure, Vhydroquinone nulle. Uorcine, homologue supérieur de la résorcine est égale, sinon supérieure à celle-ci.

Parmi les triphénols, nous en trouvons de même un très actif, la pMorogluciney à peu près équivalente à la résorcins,

(1) On ne peut décanter le !•* liquide, parce que les œufs restent en susi^ension dans Tean sucrée, lourde et visqueuse, tandis qu'ils se précipitent après qu'une large addition d'eau de mer a fait disparaître ces deux empêdiements.

tandis que le pyrogàUcl et Voxyhydroquinone sont très mé* diocres, bien que supérieurs cependant à la pyrocatéchine et à Phydroquinone.

Or si Ton compare les formules de ces divers corps, on voit que la résorcine, qui est le métadiphénol, a ses deux oxhydriles dans les positions 1 et 3, que les trois triphénols, tous trois actifs ont les mêmes oxhydriles aux mêmes places. Quant à leur troisième oxhydrile il est en position 2 dans le pyrogallol, 6 dans Foxyhydroquimone et 5 dans la phloroglucine. Ce troisième oxhydrile est donc dans ce dernier corps, en position meta comme le 2® oxhydrile de la résorcine, qu'il double en quelque sorte. Il se peut qu'il n'y ait là qu'une coïncidence, mais il se pourrait aussi que cela indiquât une activité particulière des oxhydriles en position meta.

Les acides-phénols, difficiles à étudier en raison de leur très faible solubilité, sont en général moins actifs que les corps précédents. Les acides aalicylique et vaniUique se placent à peu près au rang du phénol simple. L'acide protocatéchique est meilleur et l'acide gaUiqw, meilleur encore, bien que leurs groupements phénoliques soient ceux de la pyrocatéchine et du pyrogallol.

Ici, comme pour le tannin, les résultats sont équivalents, soit que l'on ajoute l'ammoniaque après que le phénol a exercé son action, soit qu'on neutralise immédiatement toutes les fonctions, soit que l'on ajoute immédiatement la quantité d'ammoniaque nécessaire pour neutraliser seulement les fonctions acides et le reste de l'ammoniaque un peu plus tard.

Ces résultats permettent de préciser quelque peu, au moins par élimination, les causes de l'efficacité particulière du tannin. Celle-ci n'est pas due à la coexistence des fonctions acide et phénol, car la résorcine et Porcine diphénols, sans fonction acide, sont au moins aussi actifs que l'acide gallique triphénol et acide.

Le fait que la tannate d'ammoniaque noircit rapidement à Pair pourrait faire penser à une action oxydante. Mais, lorsque l'on compare entre eux les divers phénols, on voit que ceux

476 YVES BELAGE

qui absorbent le plus énergiquement l'oxygène de Tair, pyrocatéohine, hydrbquinone, pyrogallol, sont précisément les moins actifs, tandis que la résorcine et la phloroglucine, qui l'absorbent peu ou point en présence des alcalis, sont très efficaces. Il y aurait lieu d'examiner si leur efficacité est proportionnelle à leur pouvoir coagulant. Nous n'avons point fait encore d'expériences dans ce sens. Divers acides minéraux, qui sont de puissants coagulants, acides chromique, phosphomolybdique, phosphotungstique, se sont montrés plutôt inférieurs à l'acide chlorhydrique. Mais cela ne tranche pas la question, parce que ce sont des corps qui peuvent être nocifs par leurs propriétés chimiques.

Comparaison des divers sucres

Je n'ai fait encore qu'ébaucher l'étude de cette question. J'ai constaté que le glucose, en C®, est très inférieur au saccharose, tandis que le lactose, en C^ comme le saccharose, lui est à peu près égal.

Influence de la densité des œufs

J'ai déjà antérierement attiré l'attention sur ce fait que, si les résultats fournis par la plupart des réactifs sont fort inconstants, cela peut s'expliquer en admettant que certains œufo sont sensibles à un réactif, d'autres à un autre. Cette année j'ai eu encore des preuves indéniables de ce fait avec le sulfite de soude et le chlorure de nickel : un jour le premier de ces réactifs donne de bons résultats, le second des résultats médiocres ou nuls; le lendemain, la température restant la même, la proportion se trouve renversée. Il parait impossible de séparer les œufs sensibles à tel ou tel réactif puisque aucun indice ne les révèle à l'observation la plus attentive. Mais il n'est pas impossible de trier les œufs d'après quelque carac-^ tère physique, par exemple la densité, et de comparer les plus denses aux moins denses, dans la manière dont ils se oompo]>

tent en présence d'un même réactif. Les œufs lourds et les œufs légers peuvent être triés au moyen de décantations successives et séparés en deux lots soumip, parallèlement et le même jour, à la même série de réactifs. On observe bien des différences entre les deux sortes d' œuf s, mais, d'une expérience à l'autre, ces différences ou s'atténuent ou changent de sens, si bien que l'on ne peut rien en conclure, si ce n'est la confirmation des différences individuelles entre les œufs et la constatation que ces différences ne marchent pas de pair avec la densité (1).

Influence des saisons et de la température Le moyen que j'emploie pour améliorer progressivement les procédés de parthénogenèse consiste, comme il est naturel, à prendre chaque jour la combinaison de réactifs qui a donné, la veille, les meilleurs résultats et à en faire le centre de tentatives nouvelles dans des directions divergentes. On est amené ainsi à varier de façon continue la composition desdits réactifs. Mais, en faisant de temps à autre, un retour en arrière on s'aperçoit que tel liquide qui, il y a quelques semaines, donnait de bons résultats, ne donne plus rien qui vaille, et, inversement tel autre, abandonné comme médiocre ou même nul, prend place parmi les meilleurs. On est amené, par là, à conclure que les saisons sont un facteur du résultat. Et ce n'est pas un facteur de médiocre importance, modifiant quelque peu le pourcentage des éclosions fournies par un réactif donné, c'est un facteur capital, qui peut faire passer le résultat de tout à rien ou inversement.

(1) Il Be pourrait aussi que cette différence dans la vitesse de précipitation tint au moins en partie, au volume, les œufs les plus gros devant, à densité égale, se déposer les premiers» parce que la fores qui les attire au fond est leur poids, proportionnel à leur volumet et par conséquent à r*, tandis que le frottement contre le liquide plus ou moins visqueux qui le maintient en suspansion est proportionnel à leur surface, c'est-à-dire à r'. Voici 8 expériences :

Uq. h>'p3rt. fort, avec H Cl puis AzH' I^ même, mais avec tannin puis Az H'

— mais Az H' remplacé par sulfite de soude

Le m£mo, avec sulfite sans tannin. . .

— avec sulfite et chlorure de nick.

29 juillet, 17»

81 JuiUet. 170

4 août. 18»

Lourds

Légers

Lourds

Légers

Lourds

Légers

qq.blast.

davant.

nombr.

moins

aucune

qq.-unes

nombr.

davant.

peu

peu

aucune

aucune

beauc.

t. rares

peu

peu

aucune

aucune

nombr.

nombr.

aucune

qq.-unes

qq.-unes

moins

ext.rares

peu,lald«

qq.-unes

moins

qq.-unes

moins

Ainsi, j*avais, l'année dernière en fin de saison, trouvé le procédé au sulfite de soude et au chlorure de nickel et constaté qu'il donnait des résultats remarquables. Cette année, je l'ai essayé, avec persistance, dès que les Oursins ont commencé à fournir des œufs en bon état. Et bien, depuis le commencement jusqu'au 15 juillet, je n'ai pu obtenir une blastule par ce procédé ; le 16 juillet j'en ai obtenu quelques imes avec le sulfite, le 17 avec le nickel et, à partir de ce moment, jusqu'à la fin de la saison, d'une manière régidière, avec l'un et l'autre, mais avec de hauts et des bas très accentués, car ces réactifs sont loin d'être aussi fidèles que le tannate d'ammoniaque.

La température peut avoh* une certaine part, dans le résultat. Je constate, en effet, qu'il s'est produit au moment où elle a atteint 16°5. Jusqu'au 15 juillet, elle a varié de 15 à 16°, à partir du 17 juillet elle a passé à 16°5, puis s'est élevée à 17 ou 18° et s'y est maintenue jusqu'à la fin. Mais ce n'est sûrement pas le facteur unique, ni même, je pense, le principal. Le jour où, pour la première fois, le sulfite de soude a réussi, le 16 juillet, la température était la même, 16°, quo l'avant-veille où le résultat avait été nul. D'autre part, des essais faits dans une étuve dont la température était maintenue à 19° n'ont rien donné pendant cette première partie delà saison.

Il en a été de même pour la pression osmotique. J'ai commencé, naturellement, avec des liquides hypertoniques, puisque c'étaient les seuls qui m'eussent donné des résultats l'année précédente. Je prenais la solution hypertonique forte contenant 47, 5 de NaCl à 2 ^ n, 2,5 d'eau de mer et 50 de H^O, ce qui donne une concentration moléculaire de 1, 187, et j'en obtenais, avec les acides et l'ammoniaque, de bons résultats. Les solutions isotoniques de NaCl pur ne me donnaient à ce moment rien, ou éventuellement quelques rares blastules. Le 3 juillet, par une température de 15®, je constate que j'améliore le rendement en substituant, pen-

dant le traitement à rammoniaque, c'est-à-dire pendant 1 h. 20, à la solution hypertonique forte ci-dessus, agissant pendant 10 à 16 minutes en présence du tannin, ime solution hypertonique plus faible où il n'y avait que 37° 6 de NaCl à2 ^ n, 2,5 d'eau de mer et 60 de H^,et j'ai finalement substitué ce procédé au précédent jusqu'à la découverte du tannin. Avec le procédé au tannin, j'obtiens en juillet quelques rares blastules en solution isotonique, tandis que la solution h3rpertonique (la forte au P' temps avec le tannin, la faible au 2^ temps avec l'ammoniaque) me donne d'excellents résultats. Puis brusquement, le 6 août, la solution isotonique me donne de très beaxix résultats qui se continuent jusqu'à la fin. La solution hypertonique au contraire, depuis quelques jours, donnait de moins en moins et cesse désormais d'en donner, définitivement.

Ici encore, la température doit avoir une certaine influence, car c'est précisément ce 6 août que la température est montée de 17** 6 à 18®. Mais ce n'est sûrement pas le facteur essentiel, car, dans la suite, la température est redescendue à 17° 6 et même à 17° sans changer le résultat, toujours bon pour les solutions isotoniques, toujours nul pour l'hypertonique, que d'ailleurs j'abandonne rapidement. Même, vers la fin de la saison, les solutions h3rpertoniques se montrent nocives et altèrent fortement les œufs.

En outre, il serait difficile d'admettre qu'une différence de ^/2° suffit, par sa faible infiuence soit sur l'ionisation des électrolytes soit sur l'activité des processus chimiques, à produire de telles différences.

n faut donc admettre que les œufs subissent au cours de la saison des processus qui les rendent plus sensibles à l'action du nickel et du sulfite de soude et à celle d' électrolytes à faible pression osmotique (1).

(1) An moment où je relis ces lignes» je reçois one lettre de M. SolVAy où est émise l'idée que le spenuAtoioIde est plos oxydable que l'œuf et que les œufs vieux sont plus oxydables que les jeunes. M. Solvay prend le mot vieux dans un autre sens, dans celui d'œuf extrait de la glande depuis plus longtemps. Mais il se pourrait que quelque chose d'analogue se passât dans l'œuf au

Influence de l'oxygène

Lœb a publié (1) d'intéressantes expériences d'où il semble résulter que l'oxygène est un facteur nécessaire de la parthénogenèse chimique des œufs d'Oursins. Il constate que l'eau de mer h3rpertonique (additionnée de 16 cmc. % de Na Cl à 2f^ n) ne détermine plus le développement parthénogénétique lorsque l'oxygène en a été extrait. Il admet que le développement de l'œuf a pour base ime formation d'éléments nucléiniques nécessaires aux nouveaux noyaux, aux dépens des substances albuminoîdes de cytoplasme, et que cette transformation de substances cytoplasmiques en substances nucléaires repose sur des phénomènes d'oxydation. L'oxygène est donc un élément indispensable du processus ; quant à la solution hypertonique son rôle serait de placer (par soustraction d'eau) les substances cytoplasmiques dans de nouvelles conditions d'équilibre chimique qui permettraient à l'œuf d'utiliser l'oxygène pour les transformations nécessaires. Les œufs chez lesquels on a déterminé la formation d'une membrane par un court traitement par un acide gras sont mis, par là même, dans la condition convenable pour que les phénomènes d'oxydation nécessaires au développement s'accomplissent. Mais ces oxydations suivent une fausse voie qui conduit à la désintégration de l'œuf (2). Un court traitement par la solution hypertonique est nécessaire pour ramener ces oxydations dans le droit chemin.

cours de révolution saisonnière, ceux au commencement de la saison étant moins oxydables que ceux de la fin ou présentant quelque autre différence physico-chimique. J'ai déjA l'année dernière essayé de faire développer parthénogénétiquement des œufs vieux, au sens où l'entend M. E. Solway, c'est-à-dire plusieurs heures ou même 1 ou 2 jours après leur sortie de rovaire. Mais ils m'ont donné de moins bons résultats que les œufs frais et» après quelques tentatives, j'ai abandonné cette voie qui pourrait, peut-être, être suivie plus méthodiquement.

(1) Lœb. Von der Xotwendigkoit des Vorliandenseins von freiem Sauerstoff in dem h>-pertoniachen Seewosser filr die Erziugung Icunstlicher Parthénogenèse. Univ. of Galifomia Public Physiology, Vol. 3, n» 6, p. 39-47, 24 mars 1906. — Lœb, Versuche neber den chemisctien Oiaracter des Bâfruchtungsvorgangs. Biochemische Zeitschr. Vol. I, 3" partie, p. 183-^)6.

(2) Lœb a obtenu cependant quelques écloslons avec le traitement par les acides gras seuls, sans traitement subséquent, en abaissant fortement la température ou en éliminant l'ozygène.

n y a lieu ae distinguer dans les intéressantes recherches de Lœb une part d'interprétation, que je ne veux pas discuter en ce moment, et une question de fait: la nécessité de la présence d'oxygène dans les solutions pour le déterminisme physico-chimique de la parthénogenèse. Je considère comme acquis le résultat obtenu par Lœb, et, sans la découverte du procédé au tannate d'ammoniaque, il ne me serait pas venu à l'idée de le contrôler. Mais en voyant s'évanouir en présence de l'efficacité de ce réactif les autres conditions que l'on avait cru nécessaires jusqu'ici (hypertonie, sels à base divalente et même présence d'électrolytes dans la liqueur), je me suis demandé si la condition de l'oxygène ne subirait pas le même sort.

J'ai donc soumis des œufs au réactif formé d'eau de mer sucrée additionnée de tannate d'ammoniaque et privé d'oxygène aussi exactement que possible (1).

(1) Pour extraire l'O j'ai en reooors à deux moyens, le vide et le barbotage d'Azote.

Pour opérer par le vide, Je disposais d'une excellente pompe Carré. La solution d'eau de mer sucrée, additionnée de tannin, était placée dans le vide pendant 3 ou 4 heures, parfois toute la nuit, et souvent agitée. Cette agitation était rendue possible par le fait que la liqueur était placée, non dans une coupe sous la cloche, mais dans un petit ballon rattaché par un tube de caoutchouc à vide à un tube de cuivre relié à la pompe et présentant une certaine souplesse; en outre, des billes de verre avaient été introduites dans le ballon au début de l'opération.

Les oeufs étaient soumis au vide pendant 1 heure, dans de l'eau de mer, sous la cloche de l'appareil. Après ce temps, j'introduisais rapidement dans le ballon d'abord l'AzH' (dont la dose était représentée par une seule goutte d'une solution suffisamment oonoenitrée), puis les œufs, et le tout était soumis de nouveau au vide pendant 1 heure.

Naturellement, pendant l'introduction de l'AzH' et des œufs, les liquides se trouvaient à l'air libre pendant 1 à 2 minutes, mais il ne semble pas que la quantité d'O qui pouvait se dissoudre pendant ce court laps de temps doive être prise en considération. J'ai pris, en effet, la précaution de recouvrir les liquides avant de les soumettre au vide (sauf la goutte d'Az H\ bien entendu) d'une épaisse couche d'huile de vaseline qui devait, Je pense, interdire toute introduction d'ox3^ne dans l'eau, sans que le résultat final en fut modifié.

Quand l'opération est terminée, le liquide contenant les œuA en suspension est versé dans une très grande coupe d'eau de mer, en sorte que le réactif est noyé dans une si grande quantité d'eau qu'il n'a plus d'action. Dès que les œufs se sont déposés, ce qui demande 5 à 10 minutes, ils sont décantés et l'eau de mer est renouvelée; après un second décantage semblable, ils sont abandonnés à eux-mêmes. Quand 11 y a de l'huile de vaseline, on opère de la même façon ; elle ne parait pas nuire et est enlevée par les décantages.

Four opérer par l'azote. Je prépare ce gaz au moyen de l'azotite d'ammoniaque chauffé dans un grand ballon. Le gaz passe dans un flacon laveur, puis arrive dans le vase où se fait l'expérience. Il y est amené par un tube plongeant au fond du liquide ; le vase est bouché pour maintenir une atmosphère d'azote au-dessus de In liqueur ; l'azote se dégage par un 2* tube qui s'arrête un peu au-dessus du niveau du liquide. Un 3* tube, fermé par un bouchon, sert à l'introduction de i'Az H*, puis des œufs au moment voulu. Le vase est haut et étroit pour que le barbotage soiplus elllcaoe. Qrftoe à l'»tmoephère d'azote constamment renouvelé qui surmonte le liquide, l'oxy-

482 YVES DEIAGE

Le résultat a été celui-ci. J'ai toujours obtenu des larves, aussi jolies que par les autres procédés et a\issi aptes à devenir Pluteus ; mais, sauf rare exception, leur nombre était très inférieur à celui obtenu dans les expériences comparatives faites sans soustraction d'oxygène. Il s'agit de l'interpréter, et c'est là que la question devient délicate.

Remarquons que l'extraction de l'oxygène est au moins aussi complète que dans le procédé de Lœb. L'azote vaut l'hydrogène à ce point de vue, puisqu'il s'agit seulement de remplacer l'air par un milieu où la tension de l'oxygène soit nulle. Lœb faisait barboter l'hydrogène 2 heures avant l'introduction des œufs et 2 heures après ; je fais barboter 3 heures avant et 1 heure après parce que mon réactif exige 1 heure seulement de contact avec les œufs : cela s'équivaut. En outre, Lœb ne prenait pas la précaution d'extraire l'oxygène du liquide baignant les œufs introduits. Si donc Lœb est autorisé à admettre qu'il reste trop peu d'oxygène dans les solutions pour que l'absorption de ce gaz par les œufs puisse s'effectuer et déterminer leur développement, je suis autorisé à dire que, dans mes expériences, le développement est dû à autre chose qu'à l'oxygène.

Mais, en réalité, cette conclusion n'est pas certaine. Des physiciens, interrogés, m'ont assuré que les modes d'extraction employés par Lœb et par moi devaient laisser dans la

gène 13 déga^a plui facilement. D'oriinalra. pla^leart vases semblables étalent mis à la file, en sDrte que le tabe de dôgagdmant débouchait, sauf pour le dernier, non dans l'air libre, mais dans un espace privé d'oxygène.

L'eau de mer sucrée et additionnée de tannin était placée dans les vases et soumise à un bar* botage d'au moins S heures. Après ce lap3 de temps étaient introduits, par le 3* tube, avec une pipette, d'abord l'As H*, réduit à 1 gautte, puis les œufs. Ces derniers étaient, soit poiséa directement dans l'ovaire, c'est^-dlre sans liquide additionnel pouvant introduire de roxygène, soit soumis d'abord, dans de l'eau de mer, pendant 1 heure, au vide de l'appareil Carré. Souvent était prise la précaution additionnelle de l'huile de vaseline, pour que les liquides ne soient pM en contact avec l'air pendant l'Introduction de l'ammoniaque et des œufs.

Les œufs étaient laissés en contact avec le réactif pendant 1 heure, mais dans des conditions variées : tantôt, pendant tout ce temps, on laissait l'As barboter dans la Uqneor, tantM l'As circulait simplement au-dessus du liquide, tantôt, enfin, le liquide était laissé en contact avec l'atmosphère d'Az non renouvelée, sauf de temps en temps une bulle pour empêcher lintrodnction éventuelle de l'air, par diffusion, par les joints.

Après 1 heure, le contenu des flacons était brusquement noyé dans une grande quantité d'eau de mer et traité comme dans le cas précédent.

liqueur des quantités non négligeables d*oxygène, en sorte que l'intervention de ce gaz reste possible, quoique probable.

Contre elle plaide la très faible tension de l'oxygène dans la liqueur, qui rend plus difficile pour les œufs de l'en arracher pour se l'incorporer ; contre elle plaide aussi le fait que, chez les Astéries, la suppression complète ou à peu près (par barbotage de CO^ pendant 24 heures) de l'oxygène, non seulement n'empêche pas la parthénogenèse, mais améliore le pourcentage des œufs qtii se segmentent par rapport à ceux qui ne se développent pas. Pour elle plaide au contraire le fait que, chez les Oursins, l'extraction de l'oxygène diminue presque toujours, et notablement, ce même pourcentage.

Mais cette diminution peut s'expliquer, peut-être, par une autre cause. Le barbotage d'azote enlève non seulement l'oxygène, mais aussi une partie au moins de l'ammoniaque ; et il n'est pas impossible que ce second facteur soit responsable de tout ou partie du résultat.

J'ai cherché à l'éliminer ou, tout au moins à diminuer son importance en augmentant la dose d'ammoniaque. Mais cela ne remédie que très imparfaitement aux inconvénients de sa soustraction, car, au lieu d'une dose optima pendant 1 h., on a tme dose trop forte au commencement et trop faible à la fin. Or j'ai constaté qu'une dose trop forte tue les œufs et qu'une trop faible ne les fait pas développer. La suppression du barbotage pendant la seconde partie de l'opération serait un procédé plus efficace. Elle m'a fourni une légère amélioration du résultat, mais pas assez caractérisée pour que j'en puisse tirer une conclusion ferme.

J'ai imaginé après mon départ de Boscoff une expérience qui permettrait d'éliminer tout l'oxygène et de conserver tout l'ammoniaque. Il est malheureusement trop tard pour la réaliser cette année. Je compte la faire dès que les circont^tances me le permettront.

En tout cas, ce qu'il est permis d'affirmer dès maintenant, c'est que l'absence complète de segmentations dans les ex-

périences de Lœb ne saurait être rapportée à la seule absence d'oxygène et qu'elle est due, en partie, à ce que les réactifs employés par lui ne sont pas suffisamment efficaces, car, dans des solutions privées d'oxygène aussi bien sinon mieux que les siennes, j'en ai obtenu de nombreuses avec le tannin et l'ammoniaque. Même, dans deux cas, j'en ai obtenu d'aussi nombreuses qu'avec la solution servant de terme de comparaison, sans qu'il m'ait été possible d'apercevoir dans les expériences une faute permettant de supposer que l'oxygène avait été moins complètement extrait dans ce cas que dans les autres.

Des expériences plus précises sont nécessaires pour déterminer si la minime quantité d'oxygène restant dans la liqueur, dans les expériences de Lœb et dans les miennes, est vraiment indispensable au déterminisme de la parthénogenèse.

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