SUR LES GONOPHORES DE PLU MU LA RI A OBLIQUA
SAUNDERS ET SERTULARIA OPERCULATA L.
par M"* S. MoTZ-RossowsKA.
Il a été admis pendant très longtemps que parmi les Calyptoblastes seuls les Campanalariidés et les familles voisines telles que les Campanulinidés et en partie les Lafoéidés pouvaient donner des Méduses. C'est Torrey * qui a signalé le premier l'existence d'un gonozoïde libre chez les Haléciidés; j'ai pu le retrouver chez deux espèces voisines de son Campalecium medusiferum et il est bien possible que ce fait ne soit pas exceptionnel. Toujours est-il, qu'on peut trouver, même chez les Calyptoblastes supérieurs, des
' llydrolda of the Pacific C<»ast of North America. {Vniv. of California Publications, Zoology, 1902).
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méduses sinon parfaites, tout au moins n'ayant subi qu'une ref<ression peu accentuée.
Le premier de ces cas se rapporte à Plumularia obliqua Saunders, très abondante dans les environs immédiats du laboratoire de Banyuls. A la fin de Juillet on peut en rencontrer de nombreuses colonies en reproduction. Le gonothèque, inséré à la base de Thy-
Fig. {,
Fio. 1. — Coupe longitudinale d'un gonophore do Plumularia obliqua-, by blastostyle ; o, ombrollo ; v, vélum, x 120 fois.
drocaule, contient un blastostyle enveloppantcomplètement le gonozoïde et renfermant deux canaux endodermiques, dont Tuu plus développé que l'autre. Ce blastostyle est en somme du même type que celui de Cainpanularia caliculata par exemple, mais moins ramifié. Le gonozoïde s'y insère excentriquement (fig. 1).
Ce dernier se présente sous la forme d'une méduse à ombrelle bien développée, munie d'une musculature puissante. Les fibres musculaires présentent une striation admirable (fig. 2, m); elles
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sont toutes disposées circulairement et on ne rencontre aucune trace de muscles longitudinaux. L'ombrelle est complètement dépourvue de canaux : tout au plus rencontre-t-on sur son bord quelques traînées endodermiques discontinues représentant le dernier vestige d'un canal circulaire (fig. 2, c). On ne trouve aucune trace de tentacules.
Le vélum, bien développé au point de vue de ses dimensions, n'est en réalité qu'un organe ruilimentaire au point de vue fonctionnel, car il ne contient pas de musculature; les cellules myoépithéliales qui forment le revêtement sous-ombrellaire s'arrêtent
Fi^'. 2.
Fio. i — iHumularia obliqua; m, groupe do cellules myo épilhéliales vues de champ ; r, vesllge d'un canal circulaire ; i;, vclum. x 600 fols.
au bord de l'ombrelle et se transforment à la face interne du vélum en un simple êpithélium pavimenteux (tig. 2, v).
Le manubrium, très volumineux, renferme une masse énorme de spermalozoïdes.
A la maturité, la méduse se détache, sort du gonothèque et évacue les spermatozoïdes par quelques contractions énergiques. 11 paraît peu probable qu'elle puisse mener une existence libre d'une cer- Uiine durée, car, tout au moins dans les cristallisoirs, elle se recroqueville aussitôt après l'éjaculation et meurt très vite après.
Chez Serlularia operculala L. provenant de RoscofF et que mon excellent camarade, M. de Beauchamp, a eu la complaisance de m'envoyer, le gonozoïde ressemble à s'y méprendre à celui de Plumularia obliqua. W est porté par un blastostyle du même type, mais muni de canaux à lumière plus large, dont le plus gros porte dans son endoderme de nombreuses cellules germinales qui formeront après l'évacuation du gonozoïde un petit gonophore de rem-
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placement (ûg. 3, g). Le gonozoïde> identique dans les deux S( porte une grande quantité de produits génitaux au-dessou Tectoderme du manubrium. L'ombrelle, à musculature très développée, mais sans striation transversale, est ici aussi dépou
Fig. 3.
FiG. 3. — Coupe longitudinale d'un gonopliore do Sertularia operculata ; f>, blastostyle ; o, ombrelle ; v, vélum ; g, gonophore de remplacement, x 40 I
de canaux, saufquelques vestiges du canal circulaire, mais le v présente des fibres musculaires assez nettes.
Il est plus que probable que cette méduse peut se détacher mener une existence libre, quoique éphémère, d'autant plus, dans les gonothèques qui ne renferment plus que leur blastc avec son gonophore de remplacement, on ne trouve rien qui p être considéré comme un reste de* Tappareil médusaire du { zoïde ; pourtant, n'ayant opéré qu'avec un matériel conser m'est impossible de rien affirmer.
Le fait, que les Calyptoblastes supérieurs sont capables de de des méduses si peu dégradées, nous laisse espérer qu'on pour jour en trouver quelques espèces à méduses parfaites, ce qui f lerail certainement les recherches phylogéniques. De plus,
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d'un certain intérêt de constater, que les processus régressifs, provoqués par le développement précoce des produits génitaux, que ces processus, dis-je, ayant comme point de départ des méduses à coup sûr fort différentes, peuvent aboutir à des formes presque identiques.