L INTRODUCTION
Dans un travail antérieur (1908), j'ai recherché, chez les Orostacés supérieurs (Malacostracés), à l'exception des Décapodes et des Oumacés, quels étaient les organes qui éliminaient les substances dissoutes injectées dans la cavité générale, organes qui, de ce fait, doivent être rangés parmi les organes excréteurs. La méthode des injections physiologiques m'a conduit à considérer comme tels : 1^ les reins (glandes antennaires et maxillaires des auteurs) ; 29 des amas de néphrocytes, cellules ^andulaires closes disposées sur le trajet du sang qui retourne au cœur par Tintermédiaire du sinus péricardique ; et 3^ les ceBcums hépatiques (glandes hépato-pancréatiques).
C'est précisément à ces mêmes résultats que Cuénot (1896) était antérieurement arrivé en ce qui concerne les DécaiM>deB.
OuÉNOT (1895, 1905) a décrit, en outre, un organe globuligène et un appareil phagocytaire, qui jusqu'ici ne sont connus que chez les Décapodes ; il était donc indiqué de rechercher ces formations chez tous les Crustacés supérieurs. Ce sont les résultats de ces recherches que renferme le présent mémoire.
Dans une première partie, j'étudie monographiquement chaque groupe, à l'exception des Cumacés, dont je n'ai pu me procurer d'exemplaires. Dans une seconde partie, lors des conclusions, je grouperai, en un tableau d'ensemble, les faits d'ordre général résultant des travaux de Cuénot et des miens.
L'intrication des fonctions de phagocytose et d'excrétion est X>oussée à un tel point qu'il est nécessaire de donner, avant les descriptions, quelques définitions précises.
Indépendamment des reins et des cœcums hépatiques, organes rejetant au dehors les produits d'excrétion, soit directement, «oit par l'intermédiaire du tube digestif, l'excrétion s'effectue encore par des néphrocytes, cellules fixes formant des organes d'excrétion dos.
Ces derniers sont connus^ et grâce à leur pouvoir excréteur
ORGANES EXCRÉTEURS DES CRUSTACÉS â
meeuré par Ténergie avec laquelle ils accnmulent différents colorants liquides injectés, seuls jusqu'alors ils avaient attiré Tattention de nombreux observateurs. Cependant, à côté de ces néphrocytes, il existe d'autres cellules fixes, isolées ou groupées, et qui éliminent aussi, mais en faible quantité, le carminate d'ammoniaque injecté. Ces éléments sont donc excréteurs au même titre que les néphrocytes, mais ils éliminent de plus les particules d'encre de Chine injectée, ils sont donc également phagocytaires. Et pour rappeler la double fonction excrétrice et phagocytaire de ces cellules, je les appelle des néphro-phagocytes.
Au point de vue physiologique et cytologique, la découverte de ces éléments à la fois excréteurs et phagocytaires est particulièrement remarquable, car jusqu'alors, à ma connaissance, chez les Invertébrés, seules les cellules chloragogènes du Phascolosome (OuÉNOT 1900) ont été signalées comme pouvant éliminer, en même temx>s que les substances dissoutes, les particules solides injectées.
Si l'excrétion s'effectue par des cellules fixes, la phagocytose s'exerce par des cellules fixes et des cellules mobiles.
Les cellules fixes sont de deux sortes. Ce sont d'abord de grosses cellules à réaction acide, et qui ne semblent pas jouir d'autre propriété que de celle de s'emparer des particules solides mêlées au sang; l'ensemble de ces cellules forme les organes phagocytaires. Mais alors que deux groupes seulement de Crustacés supérieurs possèdent de semblables organes, tous possèdent une seconde esx>èce de cellules fixes phagocytaires, les néphro'^ pKagod^ftes déjà mentionnés.
Quand les deux sortes de cellules fixes phagocytaires coexistent dans une même forme, à en juger par la grande quantité d'encre dont se chargent les cellules des organes phagocytaires, ces dernières se montrent beaucoup plus activement fonctionnelles que les néphro-phagocytes. Et les néphro-phagocytes des individus privés d'organes phagocytaires, présentent beaucoup plus d'énergie à s'emparer des particules d'encre que les
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mêmes éléments des individus possédant un organe phagocytaire.
Quant aux cellules phagocytaires mobiles, elles sont représentées par des globules sanguins. En recherchant quelles sont les formes de ces derniers qui sont aptes à capturer les particules solides injectées, j'ai été conduit à étudier, sinon la cytologie de ces éléments, du moins leur évolution et partant leur origine. Les globules sanguins des Crustacés adultes tirent principalement leur origine de formations lymphoïdes qui ne paraissent pas jouir d'autre rôle que celui de leur donner naissance, et constituent donc des organes globuUgènes. J'ai retrouvé ces organes et je les étudie dans tous les groupes de Crustacés supérieurs à l'exception des Leptostracés qui semblent n'en pas posséder.