‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 4)Chapitre 31 sur 115 · Murœna unicolor Dlr. (B. Fe · texte numérisé non relu

Murœna unicolor Dlr. (B. Fe

Fa.)

On voit par cette énumération que la faune ichtyologique des îles Baléares renferme presque toutes les espèces caractéristiques de la Méditerranée occidentale. Et c'est surtout à ce titre qu'elle est intéressante. Elle montre d'une façon évidente les affinités de cette partie du bassin méditerranéen avec les côtes de l'Algérie, de la Sicile, de la Corse, de la Sardaigne. Boule (1902) a déjà attiré l'attention sur les affinités frappantes que présente la faune des Poissons de la Corse avec celle de la partie méridionale de la Méditerranée. Bien que les Poissons soient un fort mauvais guide dans des questions de cette nature, il semble qu'en se basant principalement sur les formes littorales ou sub-littorales, on puisse distinguer, au point de vue de leur répartition, deux provinces méditerranéennes : le bassin occidental et méridional dont je viens d'indiquer les limites ; et le bassin oriental et septentrional qui comprendrait les côtes Provençales et Liguriennes, l'Adriatique, l'Archipel.

Description des espèces nouvelles.

GoBimÉs. — Au nord de l'île de Cabrera, et autour du petit îlot de Dragonera, à peu de distance de la côte, les fonds sousmarins sont constitués par des roches roulées, des concrétions à Lithothamnion, formant ce que les Espagnols appellent les « cascajos ». Sur ces fonds ont été dragués quelques (îobiidés

fort intéressants, parmi lesquels se trouvent 3 espèces nouvelles, une se rapportant au genre Oohius, et deux faisant partie de la tribu des Eleotridinœ, qui n'avait pas jusqu'à ce jour de représentant connu dans les eaux européennes.

GoBros STBiCTus n. sp.

Deux exemplaires de ce petit Gobius ont été rapportés ; ils mesurent respectivement 26 et 28 millimètres. Le corps est très comprimé sur les côtés (pi. VI, fig. 1 et 2). Son épaisseur au niveau de la seconde dorsale est comprise 14 fois dans la longueur totale, et 28 fois au niveau du pédicule caudal. La plus grande hauteur, à la naissance de la première dorsale, est contenue 5 fois y^ dans la longueur totale.

La tête, presque aussi large que haute, est comprise 3 fois Î4 dans la longueur totale ; le museau fait seulement 1/4 de la tête. Un léger sillon médian se voir sur l'occiput et s'étend jusqu'à la naissance de la première dorsale. La bouche est large, le maxillaire arrive à l'aplomb du centre de l'orbite. H est armé, ainsi que la mandibule, de petites dents, disposées sur plusieurs rangées, et dont la plupart constituent de véritables canines. Le vomer est lisse de même que la langue qui est courte et presque carrée.

L'ouverture branchiale est petite. Les branchiospines sont réunies par groupe de 4 à 5 distants de 0 % 18 les uns des autres. Je compte 5 rayons branchiostèges. L'opercule, comme la joue, e.st privé d'éx^ailles ; le préopercule n'est pas épineux.

La tête, qui est entièrement nue, possède des pores et de nombreuses papilles assez régulièrement répartis sur la nuque, les joues, les opercules et les lèvres. Les yeux, un peu proéminents, ont leur diamètre contenu 3 fois 1/5 dans la longueur de la tête. L'espace interorbitaire, très étroit, fait les 2/5 du diamètre de l'œil. Les ouvertures des narines sont petites, la paire antérieure possède un tentacule très court.

Les écailles généralement aussi hautes que larges sont au nombre de 50 à 54 en ligne longitudinale et de 11 à 12 dans une

ligne transversale allant de la deuxième dorsale à Tanale. Elles sont fortement cténoïdes, à un seul rang de denticulations La ligne latérale n'est pas visible.

La papille uro-génitale est excessivement réduite et se présente sous la forme d'un petit bouton au-devant de l'anus.

La première dorsale commence à une distance du museau double de la hauteur du corps et 3 fois plus grande que la longueur de sa base. Elle se termine un peu avant le niveau de l'anus. Elle se compose de 6 aiguillons dont les premiers sont à peine plus longs que les derniers. L'intervalle qui sépare la première de la deuxième dorsale est égal à la moitié de la longueur de la base de cette dernière. La seconde dorsale se termine à l'aplomb de la un de l'anale. La longueur de sa base est comprise 4 fois 2/3 dans la longueur totale ; elle se compose d'un aiguillon et de 15 rayons mous. Les deux dorsales sont sensiblement de même hauteur.

Les pectorales, composées de 19 rayons, sont pointues et atteignent la naissance de l'anale.

Les ventrales, réunies pas une petite membrane peu saillante, s'étendent jusqu'à l'anus ; elles ont un aiguillon et 5 rayons mous.

L'anale a la longueur de sa base égale à la hauteur du corps. Elle x)ossède 1 aiguillon et 13-14 rayons mous.

Le pédicule caudal, légèrement concave en haut et en bas, est un peu plus long que haut. La caudale a sa longueur é^ale à celle de la base de la deuxième dorsale.

Br. 5 ; D. 6^-15 ; A. 1/13-14 ; P. 19. L. long. 50-54. L. tr. 11-12.

Dans ralcool,le corps apparaît entièrement blanc sans une tache.

Ce Oobiuê est avant tout caractérisé par son corps très comprimé latéralement, et par la longueur de sa tête qui fait au moins 1/3 de la longueur totale, caudale comprise. Parmi nos Qobius européens, le GoMus limhatus Val. seul, paraît avoir la tête aussi allongée (1).

(i) Quelques Autres Oobiui ont sussi une tête assez longue, ce sont notamment les QiMuê ottmirut Peters de Moxambique, erasHUabrU Gth. d'OuAlan, xoMtoxona Bleeck. de Java; mato ces formes sont fort éloignées de l'espèce en question.

Le Oobius strictus paraît se rapprocher principalement de robius fallax Sarato, cruentdttts Gm. et bicolor Gm. H diffère du premier par son corps plus allongé, ses écailles plus petites et la présence d'une membrane en avant des ventrales ; il diffère du 0. cruentatus par ses écailles plus grandes, l'absence de rayons crinoïdes aux pectorales. Ce dernier caractère, indépendamment des différences de coloration, suffit à le distinguer du G, bicolor. Enfin, ces trois espèces ont la tête beaucoup plus oiirte et sont beaucoup moins comprimés sur les côtés.

Bleotris (Valencebnnea) Pruvoti n. sp.

Un seul exemplaire de cet intéressant Gobiidé a été capturé près de l'îlot de Dragonera. H mesure 37 millimètres de longueur, caudale comprise. Le corps (pi. VI, fig. 3 et 4), comprimé

Fia. I;

Blêoirii Pruvoti, face supérieure de la tête, x 9,i.

ViQ. U. — Blêotriê PruwÀi, face inférieure de la tête, x «,J.

en arrière sur les côtés, fait dans sa plus grande hauteur, à la naissance de la première dorsale, 1/5 de la longueur totale. Sa plus grande largeur, au niveau des opercules, fait un peu plus de 1/6 de la longueur totale ; tandis que l'épaisseur du i)édicule

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caudal s'y trouve comprise 24 fois. Le dos est convexe, le ventre légèrement bombé, à l'anus la hauteur du corps égale au moins 1/7 de la longueur totale.

La largeur de la tête (fig. I et H), presque égale à sa hauteur fait 1 fois 1/2 sa longueur qui est comprise 4 fois dans la longueur totale ; le museau arrondi mesure la moitié de la largeui* de la tête. L'occiput est bombé et présente un sillon médian qui atteint presque la naissance de la première dorsale. La bouche est large, fendue obliquement. La mandibule dépasse un peu la mâchoire supérieure qui s'étend jusqu'au-dessous du centre de l'orbite. Les mâchoires sont armées de petites dents pointues irrégulièrement disposées sur plusieurs rangées. Cà et là se trouvent im certain nombre de dents beaucoup plus longues et recourbées en arrière, constituant de véritables canines. Le vomer est lisse ainsi que la langue qui est large et tronquée en avant.

L'ouverture branchiale est petite. L'opercule, comme la joue, est privé d'écaillés ; il est remarquablement développé et forme avec le sous-opercule un triangle dont l'angle postérieur est fortement aigu. Le préopercule est sans épine. H y a 5 rayons à la membrane branchiostège ; celle ci se prolonge jusqu'à la naissance de la pectorale. Les arcs branchiaux portent des épines (fig. ITE), réunies au nombre de 10-12 en groupes à base large et distants les uns des autres de 0 % 18.

De même que chez les Oohius, la ligne latérale a conservé un aspect primitif et se trouve représentée par un grand nombre de papilles ^'^^ ^ï^- — Euuna pruvotû

, . ... ^ branchlospines . x 167.

dermiques principalement sur la tête.

On en voit une rangée à la lèvre inférieure se continuant un peu sous la gorge, puis au bord supérieur de l'opercule, sur la joue. Quelques rangées descendent jusqu'à la face ventrale de la tête. Indépendamment de ces papilles il existe de nombreux pores plus volumineux et légèrement tubulés près des

narines, dans l'espace interorbitaire, sur la face postérieure de rœil et sur les joues.

Les yeux ovales sont relativement volumineux et assez proéminents. Ils font dans leur plus grand diamètre 1/3 de la longueur de la tête. L'espace interorbitaire est très étroit, il mesure 1/3 du diamètre de l'œil. L'orifice antérieur des narines est pourvu d'un tentacule, l'orifice postérieur est un simple petit pore.

Les écailles sont grandes ; j'en compte 30-32 dans une ligne longitudinale et 8 dans une rangée transversale entre la naissance de la deuxième dorsale et l'anale. Elles recouvrent tout le corps sauf la tête.

La plupart sont larges (fig. IV) et fortement cténoïdes, à un seul rang de denticulations. Leur surface est marquée de fines stries concentriques sensiblement parallèles au bord antérieur vers lequel rayonnent des stries plus profondes. A mesure qu'on se rapproche de la partie antérieure du corps les écailles sont plus allongées (fig. V), les épines sont moins nombre\ise^ ; et tout à fait en avant.

Fio. IV. — Blêùtri* Pruvotù écaUle. X 27.

VH\. V. — Eleotri» Pruvoti, écaille (le la partie antérieure du rorps. X i7.

Fio. VI. — EUotris Pruroti, écaille (le la pftrt4e antérieure du corps. X 27.

près de l'in^^ertion des ventrales, par exemple, elles sont rondes et absolument cyeloïdes (fig. VI).

POISSONS DES BALEARES 81

La papille uro-génitale, située à peu près à la moitié du corps, est bien développée ; elle est conique à pointe aiguë.

Les deux dorsales sont très rapprochées. La première commence en arrière de l'insertion des pectorales, à une distance du museau égale au double de la longueur de sa base ; elle se termine à l'aplomb du bord antérieur de l'anus. Elle possède 6 aiguillons dont le premier et le deuxième se prolongent chacun en un filament très long et très grêle. Le filament du deuxième aiguillon atteint la base de l'antépénultième rayon de la seconde dorsale. Celle-ci est séparée de la première par un intervalle faisant 2 fois et 4/5 la longueur de sa base, qui est égale à la plus grande hauteur du corps. Elle commence à l'aplomb de la papille uro-génitale et se termine au niveau de la fin de l'anale. Elle se compose d'un aiguillon et de 11 rayons mous sensiblement égaux entre eux.

Les pectorales sont pointues et ont 15 rayons. La longueur des rayons médians est égale à celle de la base de la première dorsale.

Les ventrales nettement séparées, sont insérées au niveau des pectorales. On y trouve 1 aiguillon et 5 rayons mous. L'aiguillon externe est court, il fait à peine 1/3 de la longueur du quatrième rayon qui est le plus allongé et atteint la base du deuxième rayon de l'anale. Le premier rayon est moins grand que le deuxième qui est plus petit que le troisième. Celui-ci, ainsi que le quatrième se divise en trois branches inégales dont la plus longue est toujours la plus interne. Il s'ensuit que le bord externe des nageoires est profondément découpé par une série de digitations réunies à leur base par une même membrane. Le cinquième rayon est simple et de même taille que le deuxième.

L'anale qui commence immédiatement derrière la papille uro-génitale a la longueur de sa base qui fait 1/6 de la longueur totale. Elle se compose d'un aiguillon et 10 rayons mous.

Le pédicule caudal est im peu plus long que haut. La caudale est pointue ; sa longueur égale celle des pectorales. Elle porte à

sa base dorsalement et ventralement, une paire d'écaillés modifiées (fig. Vil), plus hautes que larges, munies à leur bord libre

de 13-15 épines longues et robustes, qui font nettement saillie sur les rayons de la caudale.

Br. 5 ; D. 6/1-11 ; A. 1/10 ; P. 15 ; L. long. 30-32 ; L. tr. 8.

Dans l'alcool, le corps a une couleur fauve, les nageoires sont grisâtres, et la première dorsale porte une large tache noire à sa base.

FiQ. VII - Eiectrù Pruvoti, ^^^^^ cspècc, que je me fais un devoir écaiue de la base de la eau- (ie dédier à mou excellent maître

dale. X 27.

M. Pruvot,doit donc prendre place parmi les Eleotris à 5 rayons brancliiostèges et à nageoire dorsale prolongée en filaments, qui constituent l'ancien genre Valenciennea de Bleecker (1860). Eécemment, Jordan et Snyder (1901), dans leur révision des Gobiidés du Japon, ont restreint l'acception du genre Valenciennea aux Eleotris sans épine au préopercule, ayant 40-100 écailles, le corps peu comprimé, et la première dorsale pourvue de filaments. Or VEleotris Pruvoti a 30-32 écailles en ligne longitudinale, il possède donc des écailles relativement grandes. Néanmoins, comme il ne pourrait rentrer dans aucun autre genre, je crois qu'il doit être placé dans celui-ci qui n'a probablement que la valeur d'un sous-genre, en lui conservant la diagnose de Bleecker, et à côté de VEleotris oyanostigma Blck (1866), trouvé d'abord dans la mer des Indes, et signalé ensuite à Madagascar par Sauvage (1887). Jj'Eleoiris Pruvoti s'en distingue par l'absence d'écaillés sur la tête et sur les joues, par la taille un peu plus petite de ses écailles

)-32 en 1. long, au lieu de 25), par l'absence de filament troisième aiguillon de la première dorsale, et enfin par sa

ioration qui ne présente pas les taches bleues caractéristiques VE, oyanostigma. Cependant, par les proportions du corps

POISSONS DES BALEARES

le nom'JTe des rayons des nageoires, il paraît exister entre ces deux formes une certaine affinité.

Je ne puis m'empêcher de faire remarquer combien dans les travaux récents, notamment ceux d'OaiLBY (1896, 1897), ceux de Watee (1905) les genres et les sous-genres très nombreux sont caractérisés par des diagnoses étroites, au point qu'il devient extrêmement difficile de répartir parmi eux les espèces nouvelles. On se trouve ainsi encouragé à la création de genres nouveaux, et peu à peu une confusion inévitable tend à s'établir entre la notion d'espèce et celle de genre.

Ei^OTBis BAiiEABions Fage et PeUegrin (1)

Cinq exemplaires de cet Eleotris ont été dragués parmi les « cascajos » de Tile de Cabrera. Us mesurent 19-25 millimètres de longueur, caudale comprise. Le corps (pi. VI, flg. 5 et 6) est comprimé sur les côtés et en arrière. La plus grande hauteur, à la naissance de la première dorsale, est égale à la plus grande largeur, au niveau des opercules, et fait 1/5 de la longueur totale. La plus petite épaisseur , au pédicule caudal, est comprise 25 fois dans la longueur totale. Le dos est convexe, le ventre est assez fortement bombé ; à Tanus, la hauteur du corps fait un peu plus de 1/6 de la longueur totale.

La tête (flg. VIII), aussi haute que large, est contenue 3 fois et 1/4 dans la longueur totale. La longueur du museau fait un peu moins du tiers de la longueur de la tête. Les joues sont légèrement jj gonflées. L'occiput présente un siUon fio. vm. — BUotri$ baimmédian qui atteint presque la première ^^ ^^<^l^^J^^' ^^ ^ dorsale. La bouche est largement fendue, le maxfllaire s'étend jusqu'au-dessous du centre de l'orbite,

(1) Une courte diagnose de cette espèce a été publiée à la Société Zoologiqne de Fianoe dans une note préliminaire faite en collaboration avec M. PeUegrin.

FiG. IX. — Eleotris baUarieus, branchlOBpine. x 167.

il est dépassé en avant par la mandibule. Les mâchoires portent de petites dents coniques disposées sur plusieurs rangs, et quelques canines très pointues. Le vomer est lisse, la langue est large, tronquée en avant.

L'opercule est bien développé et, de même que la joue, ne possède pas d'écaillés. L'ouverture branchiale est petite ; la membrane branchiostège a 5 rayons. Les branchiospines (fig. IX) sont réunies au nombre de 2-5 formant une dizaine de tubercules de chaque côté d'un même arc et distants les uns des autres de 0 % 13. Les dents pharyngiennes coniques et pointues sont bien développées.

Les papilles dermiques sont réparties comme chez VEleotris Pruvoti. H en est de même des pores qui sont cependant moins nombreux, principalement sur la partie dorsale de la tête.

Les yeux, assez volumineux, sont peu saillants. Leur diamètre est contenu 3 fois dans la longueur de la tête. L'espace interorbitaire fait seulement 1/4 du diamètre de l'œil.

Les deux paires d'orifices des narines sont pourvues de courts tentacules. Celui de la paire antérieure est un -pQXL mieux développé.

Les écailles (fig. X), relativement grandes, sont généralement plus larges que hautes. Leur bord libre porte une seule rangée de denticulations. Toutefois, à la partie antérieure du corps, souvent jusqu'à la fin de la première dorsale, elles sont cycloïdes et presque arrondies. On en compte 24-26 dans une ligne longitudinale allant de la fente branchiale à l'origine de la caudale, et 7 dans une rangée, transversale de la deuxième dorsale à l'origine de l'anale.

Fig. x. — EUUrU balearieuê^ écaille. X 37.

POISSONS DES BALEARES

La papille uro-génitale, très i>etite, est située au milieu du corps; elle est conique et se termine en pointe obtuse.

La première dorsale commence à une distance du bout du museau, égalant 3 fois au moins la longueur de sa base, bien en arrière de l'insertion des pectorales, et se termine presque à l'aplomb du bord antérieur de l'anus. Elle XK>ssède 6 aiguillons qui vont en diminuant de taille du premier au dernier, de telle sorte que, rabattus sur le dos, ils atteignent tous la base de l'aiguillon de la deuxième dorsale. La membrane qui les unit se prolonge jusque-là, ainsi les deux dorsales se touchent. La deuxième se termine à l'aplomb de la fin de l'anale. La longueur de sa base fait le double de celle de la première dorsale. Elle se compose d'un aiguillon et 10-11 rayons mous sensiblement égaux entre eux.

Les pectorales sont pointues et possèdent 15 rayons très fins. Elles sont allongées, leur longueur égale celle de la base de la deuxième dorsale.

Les ventrales sont nettement séparées ; elles prennent naissance à l'aplomb de l'angle supéro-postérieur de l'opercule, avant l'insertion des x>«ctorales. On y trouve un aiguillon et 6 rayons mous ramifiés. Le plus long est le quatrième qui atteint la papille uro-génitale.

L'anale commence immédiatement derrière la papille uro-génitale. La longueur de sa base fait 1/6 de la longueur totale. Elle se compose d'un aiguillon et de 9-10 rayons mous.

Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. La caudale pointue égale la hauteur de la tête. A sa base, se trouvent une paire dorsale et une paire ventrale d'écaillés modifiées (fig. XI) de forme triangulaire, leur bord libre porte une rangée de 14-15 épines de tttUles difFérentes, les plus petites sont au nulieu, et les plus

▲RCH. DS ZOOL. KZP. ET «AN. — 4t 8ÉRIB. -^ T. VU. ~ (il) 7

FIG. M. — Eleotriê 6« lêarieus, écaille de la base de U caudale.

longues qui sont sur les côtés se montrent plus grandes que la hauteur de Técaille ; elles font sailllie sur les rayons de la caudale et débordent en dehors.

Br. 6 ; D. 6A0-11 ; A. 1/9-10 ; P. 15 ; V. 1/5 ; L. long. 24-26 ; L. la. 7.

Dans l'alcool, le corps a une teinte uniforme gris-verdâtre ; les nageoires sont à peine un peu plus foncées et ne possèdent aucune tache.

L'Eleotris halearicm est avant tout remarquable par sa taille fort exiguë. Parmi les 5 exemplaires qui ont servi à la description ci-dessus se trouvait une femelle mûre ne dépassant pas 19 millimètres. Le plus petit Eleotris signalé jusqu'ici est l'^. nanus Boulenger qui mesure 38 millimètres. L'J57. halearicus est ainsi un des plus petits vertébrés connus.

BiGENMANN et FoRDiOE (1886) out proposé de diviser le genre Eleotris en 6 genres d'après les caractères suivants:

vomer denté : Oohiomoriis,

vomer sans dents,

corps et tête entièrement couverts d'écaillés : Dormi-

tator, Ouavina, Eleotris, Erotelis.

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