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partie antérieure du corps nue : Oymneleotris

Une telle classification peut être très utile pour la détermination des espèces, mais en aucun cas les caractères invoqués ne sauraient servir à délimiter des genres naturels. Us groupent en effet des formes bien différentes, c'est ainsi que VE, halearicus devrait rentrer dans le genre Oymiieleotris otl il se trouverait en compagnie des E, seminudus Blck., MeTboumensis Sauvage, nudiceps Sauvage, tœnioptera Blck., Pruvoti avec lesquels il ne présente aucune affinité. H paraît se rapprocher bien davantage de VE. Lebretonis Steind. (1869) du Sénégal, quoique celui-ci ait la tête et les joues éeailleuses.

La présence de ces deux Eleotris parmi les Poissons des îles Baléares, a une grande importance tant au point de vue de la répartition géographique de ce genre, qu'au point de vue de la caractéristique même de la faune ichtyologique de la Méditerranée occidentale. Le genre Eleotris qui ne compte pas moins de 150 espèces est bien représenté dans l'Océan Pacifique, l'Océan Indien et l'Atlantique Sud. H a donc une aire de dispersion très vaste, mais se montre surtout nombreux au voisinage de l'Equateur. Ce sont des Poissons des mers chaudes ; les espèces les plus septentrionales VE. ohscura Schleg., VE, oxycephala Schleg., proviennent de la Chine et du Japon.

GtJNTHBR (1880) a déjà insisté sur les affinités de la faune ichtyologique de la Méditerranée avec celle de l'Atlantique Sud, de rOcéan Indien et aussi de la mer du Japon. Ces relations sont surtout visibles pour la partie occidentale et méridionale du bassin, qui comprend les côtes du Sud de l'Espagne, des îles Baléares, du littoral Algérien, de la Sicile, de la Corse, de la Sardaigne. Le cas particulier des Eleotris, dont la plupart des espèces sont littorales ou sub-littorales, montre avec une grande netteté cette triple affinité.

Les explications qu'on a voulu donner do ce fait remarquable sont forcément douteuses sur plusieurs points. S'il paraît prouvé que pendant le Miocène moyen et une partie du supérieur il existait de larges communications entre l'Atlantique et la Méditerranée par la ligne du Guadalquivir et surtout par le Maroc, la pénétration de la faune indo-pacifique dans le bassin méditerranéen reste un problème encore non résolu. S^rls doùtîe les' couches paléohtolôgiqiïes "révèlent' quelques transj^fessîons vers

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En ce qui concerne les Elèotria de la Méditerranée, il j a peut-être lieu de se demander s'ils ne pourraient pas avoir une origine beaucoup plus proche. Ces Poissons, comme un grand nombre de Gobiidés, ne sont pas exclusivement marins, et pour l'Afrique seulement Boulenger (1905) a pu citer 14 espèce* d'eau douce, parmi lesquelles 1'^. nanus du Nil et VE. Lebretoni8 du Sénégal qui offrent certaines ressemblances avec VE. balearicus. Evidemment, les preuves manquent à l'heure actuelle qui tendraient à montrer l'introduction de ces animaux par les eaux douces, mais l'hypothèse, je crois, méritait d'être envisagée (1).

En outre de ces espèces nouvelles, parmi les Téléostéens rapportés par MM. Pruvot et Racovitza, quelques-uns m'ont donné matière à certaines observations, ce sont : VEpinephelus Costœ (Stein.), le Trachurus irachurus (Gnth.), la Mœnavulgaris C. et V. et la Mœna zébra Gnth.

Epinbphelub Cost^ (Steind.) .

Jj' Epinephelus Costœ a une synonymie assez embrouillée ; placé tour à tour dans le genre Fleciropoma par Costa (1829) sous le nom de PL fdsciatum, dans le genre Serranus par Stetn- DAC3HNER (1878) et ViNCiGUERRA (1883), enfin dans le genre Gernua par Dôderlein (1888), il ne me semble pas inutile d'en donner une brève diagnose d'après les beaux échantillons provenant des îles Baléares, en insistant particulièrement sur ses caractères distinctife.

Deux exemplaires trouvés sur le marché de Palma, mesurent 45 et 46 centimètres de longueur (pi. VI, flg. 7). La hauteur du tronc, qui fait 1 fois 3/4 l'épaisseur^ est comprise 4 fois dans la longueur totale, caudale comprise. L'anus est situé exactement au milieu du corps, et à égale distance de l'extrémité des ventrales et de la base du premier rayon de l'anale. Le profil

(1) Voir à ce sujet rintéreMant travail de Playfair et Letoumeux (1871) lor l'hydrographie de l'Algérie, dans lequel sont citées de nombreuses espèces de poissons se rencontrant indifféremment dans les eaux douces on dans la mer.

supérieur est presque rectiligne. L'extrémité du museftu légèrement pointue, se trouve sur le prolongement d'une ligne droite allant du milieu du tronçon caudal à l'angle postérieur de roi>ercule.

La tête est comprise 3 fois 1/4 dans la longueur totale. La mâchoire écailleuse est beaucoup moins avancée que la mandibule. Elle porte, en outre des petites dents, deux fortes canines qui font défaut à la mandibule. Le maxillaire supérieur s'étend en arrière au delà du bord postérieur de l'orbite. Le diamètre de l'œil est contenu 6 fois 1/2 dans la longueur de la tête, près de 2 fols dans Tespace interorbitaire. L'épine supérieure de l'opercule disparait presque entièrement sous la peau. L'angle supérieur du préox)ercule est arrondi et armé de 5 petites épines courtes, mais bien visibles.

Je compte 100-105 écailles à la ligne latérale.

La dorsale commence bien en arrière dans l'angle postérieur de roi>ercule. Elle se compose de 12 aiguillons et de 15 rayons mous. Elle n'est pas écailleuse à sa base dont la longueur égale 1/3 et demi de la base de l'anale. Celle-ci a 3 aiguillons et seulement 7 rayons mous. Les ventrales sont comprises 5 fois 1/4 dans la longueur totale. La hauteur du tronçon de la queue fait la moitié de la distance entre la un de l'anale et la naissance de la caudale. Celle-ci est fortement échancrée et se trouve compulse 6 fois 34 ^^^^ l^ longueur totale.

D. 12A5 ; A. 3/7 ; V. 1/5 ; P. 17 ; L. lat. 100-105 ; 1. tr. 40.

La couleur de l'animal sur le vivant est grise avec des taches brunes.

h'Epinephelus Costœ se différencie de VE. gigas par un certain nombre de caractères très nets et notamment par la présence d'écaillés sur la mâchoire supérieure, par la caudale qui est échancrée au lieu d'être arrondie, par la position de la dorsale qui se trouve rex)ortée bien en arrière des pectorales, au lieu d'être en avant. En revanche, pour ces deux espèces, la formule

des nageoires est à peu près la même, et les écailles sont sensiblement égales.

H est beaucoup plus voisin de VE. aotUirostris C. et V. que Jordan et Bigenmann (1888) identifient avec VE. rvher (Bloch) pour en faire le Mycteroperca rubra (Bloch). Il en diffère principalement par la forme du tronçon de la queue qui est plus long que haut, tandis que chez cette dernière espèce il est carré et sa hauteur fait 1/2 de la hauteur du corps, par ses écailles plus petites et enfin par la situation de l'anale qui est plus reculée et beaucoup plus courte (elle compte seulement 7 rayons mous au lieu de 11).

En somme, 1'^. Costœ semble une forme intermédiaire entre VE. gigas et VE, actUirostris, mais plus proche de ce dernier.

Traohubus traohubus (Gûnth.) var. fallax Capello.

OuviBE (1833), en étudiant les nombreux exemplaires de Trachurus trachurus qu'il avait à sa disposition, constata entre quelques-uns des différences notables, qui lui permirent de les classer en trois catégories. Il fit d'abord une première subdivision pour les individus ayant de 70 à 80 boucliers à la ligne latérale et dont le type est le Saurel commun de la Manche ; puis une seconde subdivision, « assez mal caractérisée », dit-il, pour les individus ayant de 80 à 88 boucliers, dont la ligne latérale fait une inflexion rapide, de telle sorte que sa partie postérieure est plus considérable que sa partie antérieure. H range enfin dans une troisième catégorie les individus ayant de 91 à 99 boucliers qui se distinguent franchement des autres par leur « corps plus grêle, leur ligne latéraje plus étroite, son inflexion pljus..rap.îde ^tsa partie postérieure droite qui est égale en longueur à rantéritsgoiJ -i9bDi»rl«<fxe8|l4aiS^i>^l«l9tâtèA^l$9 S»)^rwMto^»M«|aidns (SBtfto^topiilèttq 4^aèé|çon(loidteSi^toqBÉi)eB(CMt!im«^ deaxriqdi'ffâi»^uiH{)rwfn^é€mti^'j(vfi^i^^

POISSONS DES BALEARES 91

velle (1867). Il me paraît cependant bien difficile de se baser sur le nombre des boucliers de la ligne latérale pour la création d'espèces nouvelles chez de tels Poissons oh ce nombre est essentiellement variable, et qui ont une aire de dispersion si étendue. D semble que l'on ait affaire surtout à des modifications individuelles peut-être locales, peut-être en rapport avec l'âge ou la taille des individus, et qu'il est prudent de ne considérer que comme des indications pouvant tout au plus servir à l'établissement de certaines variétés.

MLïJNA VULGAKIS C. et V.

Valencienne (1380) a distingué de la Mœna vulgaris une Mendole qu'il a appelé M. vomerina et qui est caractérisée par la présence de dents au vomer disposée^s en groupe seulement sur le chevron tandis que chez la M. vulgaris on trouve une rangée longitudinale de dents sur le corps du vomer, dont le chevron est lisse. Sur les 6 exemplaires capturés à Cabrera, un seul ne possède pas de dents sur le chevron du vomer, tous les autres en sont pourvus. Et cependant il est absolument imposdible de trouver entre ceux-ci et celui-là une autre différence quelconque. Les proportions du corps, le nombre des rayons des nageoires, la coloration sont identiques.

D'autre part, chez un exemplaire de la Mœna zébra Gnth., provenant de Manacor, je trouve aussi des dents disposées en groupe sur le chevron du vomer, et dans ce cas non plus il ne peut être question d'une», espèce nouvelle.

Jordan et Fbsler (1898) avaient déjà soupçonné que la M. vomerina était insuffisamment caractérisée. Ce qui importe ce n'est pas la disposition des dents sur le vomer, mais leur pré-* seuee, et la M. vomerina doit se confondre, à mon avis, avec la if. vulgaris.

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