‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 4)Chapitre 39 sur 115 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Si l'enquête que nous avons poursuivie minutieusement chez ces différents Mammifères a été laborieuse et nous a donné des résultats tout à fait disprox>ortionnés à la longueur de nos recherches, elle nous a pourtant pernjis d'établir d'une façon certaine que : le tissu interstitiel de l'ovaire chez les Mammifères est une formation très inconstante, qui caractérise certaines espèces bien définies. La présence de la glande interstitielle chez un Mammifère est un nouveau caractère pouvant servir à la classification. Elle semble constituer un caractère particulier des Solipèdes.*

n résulte de l'ensemble de notre travail que les cellules interstitielles de l'ovaire n'existent pas chez tous les Mammifères. Leur origine et leur évolution varient suivant les espèces considérées. Chez le Cheval eUes apparaissent de très bonne heure aux dépens des cellules conjonctives embryonnaires (pi. VII, flg. 1, fig. 2 ; pi. Vin, flg. 5, flg. 6, flg. 10) et commencent à dégénérer pendant la seconde moitié de la vie intra-utérine. C'Ctte dégénérescence, que MM. BouiN et Anoel considèrent dans le testicule comme correspondant au développement d'une deuxième glande interstitielle, se manifeste par l'apparition de grains de graisse dans leur cytoplasme (pi. VQ, flg. 8, flg. 9).

Cette graisse, de couleur jaune à l'état frais, s'accumule dans la cellule et le noyau présente des caractères dégénératifs (pi. IX, flg. 12). Nous ne pensons pas que, par analogie avec le testicule, il s'agisse bien là d'une deuxième glande, et nous considérons ces cellules xanthochromes comme un stade de la régression des cellules interstitielles primitives.

D semble que l'ovaire du fœtus de Cheval passe par deux

périodes successives : la première est exclusivement consacrée à la prolifération du tissu interstitiel, la seconde voit se développer les follicules de de Oraaf et dégénérer progressivement le tissu interstitiel. Quelques rares follicules de de Graaf, en dégénérant, donnent naissance à une petite quantité de celluleB interstitielles {fatix corps jaunes).

Fœtale chez le Cheval, la glande interstitielle de Tovaire se développe, chez les Eongeurs, Chéiroptères et Insectivores, aux dépens des follicules atrétiques de l'adulte (LncoN). Elle manque absolument chez presque tous les autres Mammifères.

Les caractères cytologiques des cellules interstitielles jeimes sont, chez le Cheval, ceux des cellules glandulaires. Elles présentent un noyau volumineux possédant deux gros nucléoles et leur cjTtoplasme, qui présente des signes d'activité évidente, possède une sphère attractive munie de deux centrioles (pi. YII, flg. 7). On observe souvent un nebenkern.

Elles sont en relation étroite avec de nombreux capillaires.

Les cellules xanthochromes tendent à perdre leur forme polyédrique régulière et à revenir à une forme allongée et fusif orme. Les grains de graisse colorée disparaissent peu à peu. Nous n'avons pas observé les stades de passage du retour à la forme conjonctive, observés chez le Chat par Sainmont.

Les cellules interstitieUes développées à la fin de la vie embryonnaire, aux dépens de la thèque interne des follicules atrétiques, ont les mêmes caractères que les cellules interstitielles du fœtus jeune. Nous pensons qu'elles évoluent comme elles.

En présence du développement extraordinaire des cellules interstitielles, pendant les cinq premiers mois de la vie de l'embryon de Cheval, nous nous sommes demandé s'il n'y avait pas lieu de considérer l'ovaire à cette période, comme détourné pour un moment de sa fonction sexuelle et ovogénétique pour devenir une glande à sécrétion interne ayant une action générale sur l'organisme. Cette action peut ne pas se borner au fœtus. Il n'est pas illogique de penser qu'elle peut s'étendre à la mère, en suppléant à la sécrétion interne de ses corps jaunes pendant

le début de la gestation. Il s'établirait ainsi une sorte d'équilibre entre la glande interstitielle fœtale et le corps jaune maternel. Si la glande interstitielle fœtale chez le Cheval, de par son développement, ne mérite pas le nom de faux corps jaune, qu'on lui attribue chez d'autres espèces animales, elle serait physiologiquement \m,iaux corps jaune ou plutôt un pseuào corps jaune.

Fbaensel, supprimant expérimentalement le corps jaune chez une Lapine pendant la grossesse au début, arrête le développement de l'embryon. Qr, le fœtus de Lapin est privé de glande interstitielle. H serait intéressant de voir si, supprimant le corps jaune de la jument en gestation, on arrêterait comme chez le Lapin l'évolution du fœtus.

Si nous considérons le corps jaune comme une sorte de glande interstitieUe adulte, il ne serait pas illogique de penser à un équilibre existant entre les cellules interstitielles de l'embryon et le corps jaune de la mère, pendant les cinq premiers mois* Cette hypothèse ne serait applicable que dans le cas particulier du Cheval. L'expérience de Fraenkel, faite sur la Chatte, qui possède, d'après Sainmont, des cellules interstitielles chez le fœtus et chez l'adulte, pourrait peut-être éclaircir le problème de la physiologie de la glande interstitielle. Ne pouvant affirmer que d'après les faits, nous faisons toutes nos réserves à l'égard de ces hypothèses physiologiques. Voulant fixer les idées, au sujet de la glande interstitielle, dans l'ovaire des Mammifères, et restant dans le domaine morphologioue, nous distinguerons :

P Des Mammifères possédant une glande interstitielle de l'ovaire pendant la période fœtale (Solipèdes) ;

29 Des Mammifères possédant une glande interstitielle de l'ovaire à l'âge adulte {faux corps jaunes) (Chéiroptères, Insectivores, Eongeurs) (Limon) ;

3 Des Mammifères possédant un ovaire privé de glande interstitielle (Homme, Porc, Mouton, Chèvre, Sanglier, Chien) ;

iP Des Mammifères possédant un ovaire pourvu de glande interstitielle chez le fœtus et chez l'adulte (Chat) (Sainmont).

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