‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 4)Chapitre 43 sur 115 · TrichoniBcns dispemu n. sp · texte numérisé non relu

TrichoniBcns dispemu n. sp

(Planches X et XI, ficrures 1 à 40).

Grotte du Laura, Castillon, dép. Alpes-Maritimes, France, 25. IX. 05, vP 90, 1 d" ad., 2 9 ad. non ovigères. — Grotte d'Albarea, Sospel, dép. Alpes-Maritimes, France, 25. ix. 05, rP 95, 11 cr ad. et jeunes, 7 9 ad. non ovigères.

Dimensions, — cf : Longueur 8 %, largeur maxima (péréîonite rV), 3,5 %. — 9 : Longueur 7,5 %, largeur maxima (péréionite IV) 3,5 %.

CoEPS oblongue allongé, atténué du côté postérieur, i>eu convexe. Bords libres des péréionites prenant 2/9 de la largeur totale des somites.

Gabapage mince, fragile.

( Occiput et face tergale du péréion couverts de tubercules coniques, à sommet déjeté vers l'arrière,

Formant une rangée régulière 'le long du bord postérieur de la tête et de tous les péréionites.

Distribués irrégulièrement à la surface de Tocciput et des péréionites I à m.

Formant une seconde rangée régulière et médiane, nette surtout au milieu du somite, sur les péréionites IV à VII.

Les tubercules diminuent de grandeur sur les épimères et disparaissent complètement sur les bords latéraux.

Face tergale du pléon lisse, ou présentant quelquefois de rares gf^iulations, à peine perceptibles sur les pléonites m et IV.

CoiiORATiON. — Blanc, semi-translucide. L'extrémité des ongles des dactylos et les pointes des mandibules sont brunes foncées.

TÊTE ovoïde, plus large' que longue, avec une crête arrondie et saillante le long de son bord postérieur.

Lobes latéraux divergents (éO® environ), à peine plus hauts que la base de l'article I des antennes, à bords antérieurs irrégulièrement dentelés et pilifères, à sommet, vu d'en haut, I>ointn, vu par le côté : convexe ; ils sont doublés du côté inférieur par une crête saillante du bord frontal. Lobe médian nul. Bord frontal limité en avant par une ligne effacée, un peu onduleuse au milieu.

Epistome bombé, non granuleux, finement ponctué, formant un angle faiblement obtus avec le clypéus, qui est une fois et demie plus large que long, incliné, ponctué, à angles antérolatéraux obtus, et à bord antérieur légèrement sinueux au milieu. Suture épistomo-dypéale très nette, sous forme de sillon courbe à convexité antérieure, entre les bases des deux antennules.

Yeux nuls ; il n'existe pas trace d'appareil optique externe.

Antennes grêles atteignant la moitié de la longueur du cori)S.

Tige couverte de petits poils et de tubercules sétif ères formant sur les articles m à Y cinq rangées longitudinales subrégulières. Articles m et IV jwurvus d'un sillon longitudinal sur la face postérieure. Au bord distal des articles II à Y il y a deux ou trois soies fortes. Largeur des articles diminuant progressivement du I au Y. Longueur proportionnelle des articles : I = 1/2, n = 1/2, m = 1/2, lY = Y.

Flagelle à onze ou douze articles nettement limités, couvert de poils plus grêles que ceux qui garnissent l'article Y de la tige, aussi long que cet article. L'article II est plus long, les autres sont sub^ux mais diminuent graduellement de largeur du I au dernier qxd porte un faisceau terminal de longues soies. Le bord antérieur de tous les articles est pourvu d'une rangée de poils.

Antennules assez longues : le sommet des bâtonnets terminaux dépasse un peu le niveau du sommet des lobes frontaux

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latéraux. Article I deux fois plus loag que l'article n et le plus large de tous. Ces deux articles sont cylindriques. Article m un peu plus court que l'article I, ayant la forme de cuilleron aplati, à concavité tournée vers Textérieur, portant huit bâtonnets subégaux sur son bord supérieur. Article II et région distale de l'article I couverts de poils.

Labbs ample^ largement arrondi, bombé supérieurement et poilu.

Mandibule gattohe. — Apophyse dentaire apicale à quatre dents inégales ; apophyse dentaire médiane tridentée. Trois tiges ciliées subégales. Apophyse triturante bien détachée du corps de la mandibule ; vue de profil elle parait quadrangulaire ; son axe forme un angle droit avec l'axe longitudinal de la mandibule. Surface triturante subcirculaire, pourvue de crêtes transversales et d'un rebord saillant dentelé irrégulièrement et pilifère, mais sans tige ciliée. Face ventrale de la mandibule sillonnée diagonalement par une ligne de poils formant une courbe à concavité antérieure.

> MAin>iBnLE DBonE. — Apophyse dentaire apicale tridentée; apophyse dentaire médiane représentée par un appendice cylindrique présentant au sommet une excavation garnie de petites dents sur les bords. Une seule tige ciliée, grande. Apophyse triturante bien détachée du corps de la mandibule; vue de profil elle parait triangulaire ; son axe fait un angle droit avec l'axe longitudinal du corps de la mandibule. Surface triturante subquadrilatère, presque plane, fortement striée en travers par des crêtes saillantes, limitée par un rebord saillant dentelé, pilif ère et pourvu d'une tige ciliée. Face ventrale de la mandibule sillonnée diagonalement par une ligne de poils formant une courbe à concavité antérieure.

Htpostome. — Lobes latéraux ovoïdes pourvus de rangées transversales de poils sur les côtés et de longs cils au sommet. Lobe médian, allongé, étroit, creusé sur sa face ventrale d'une fossette oblongue et pourvu antérieurement de plusieurs rangées transversales de poils.

t/LàxnsLES I. Lame externaà bord interne et externe pililère, I)ourvu d'une douzaine de dents coniques et d'une longue tige dont Textrémité oonique est couverte de courtes épines.

Lame interne avec une petite pointe à l'angle antéroexterne pourvue de trois tiges ciliées ; Tinférieure est la plus longue^ les deux autres sont d'égale longueur.

Maxxllb II. A sommet arrondi, nettement divisé en deux lobes dont l'interne est le plus large ; le bord supérieur des deux lobes porte des soies raides. Le bord interne de la maxille est pillifère, et du côté ventral, près du sommet, il existe une rangée de soies.

Maxillifèide. Corps cilié sur son bord interne et sur le bord externe du côté distal et proximal.

Palx>e nettement biarticulé ; article I très court et large. Article II conique ; près du sommet son bord interne se divise en trois lobules bien délimités et setifères. Sur la face ventrale et la ligne médiane de l'article sont insérées quelques (3 f ) courtes épines. Appendice masticatoire conique, pilifère. Son sommet arrive seulement à la hauteur du premier lobule du palpe, n supporte sur son sommet tronqué une courte tige ciliée ovoïde et deux ou trois courtes épines.

Epignathe en forme de languette, avec le talon basai externe très saillant et arrondi; il est pilifère seulement sur le bord externe du talon. Son sommet arrive presque à mi-longueur du maxillipède.

PÉBÉION. Bords antérieurs du somite I embrassant la tête jusqu'à un peu en dessous des lobes frontaux latéraux.

Somites I à lU à bord postérieur droit et bordé par une crête saillante comme au bord postérieur de la tête. Angles postérieurs des épimères droits, à sommets arrondis.

Somites IV à VU à bord postérieur sinueux, à crête marginale postérieure très faible, à angle postérieur des épimères de plus en plus aigu, et à épimères de plus en plus étirés vers l'arrière, aussi le sommet de l'épimère VII arrive-t-il au niveau 4u milieu du pléonite JV,

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Pas de caractères sexuels secondaires.

PÉBÉIOPODES subsemblables. I aussi longs que les antennes, les autres augmentent graduellement de longueur jusqu'aux VII, qui sont d'un quart plus longs que les I.

Longueur proportionnelle des articles du i>éréiopode Vn : Basis = 2 Ischium > Meros < Carpos < Propodos > 2 Dactylos.

Basis sans tiges, mais articles suivants pourvus de tiges et d'écaillés plus ou moins développées. Tiges articulées au milien et terminées par quelques lanières effilées.

Dactylos à armature très complexe : à la base des écailles coniques ; au milieu, sur la face antérieure, une tige divisée en deux branches pourvues de très nombreuses et minces lanières dont la longueur dépasse quelquefois l'extrémité de l'ongle Autour de la tige, de très longues écailles et sur les flancs de l'article trois ou quatre gros tubercules.

L'ongle est légèrement recourbé et pourvu, du côté interne, d'une tige recourbée, bien développée sur les jpéréioi>odes antérieurs ; sur les postérieurs elle se réduit aune épine droite et mince.

PÉNIS simple, long, son sommet arrive au niveau de la i>ointe distale de l'exopodite du pléopode I. H est constitué par une mince languette à convexité ventrale, terminée par une lameUe recourbée et séparée du reste du pénis par un étranglement.

Pléon. Sa longueur (telson compris) prend à peine le quart de la longueur totale du corps ; il est presque d'un tiers moins large que le péréionite VU.

Pléonites I et II plus étroits et plus courts que les autres ; leurs épimères forment vers l'arrière un angle à peine sensible.

Pléonites III à VI subégaux en longueur, s'atténuant très légèrement en largeur du III au VI. Leurs épimères s'étirent vers l'arrière en une pointe aiguê> triangulaire, appliquée contre le somite suivant, ; longueur de cette pointe ne dépassant pas le tiers de la longueur du somite, au somite m oit elle est le plus développée.

Pléopodes femelles. Exopodite I subtriangulaire, à angles arrondis ; les exopodites suivants deviennent de plus en plus

ovoïdes. Leurs bords externes et internes portent quelques minces poils et le sommet, chez les exopodites II à V, une forte soie et quelques tubercules sétifères.

Endopodite I petit, cordiforme, cMtineux, à peine aussi long que la moitié de la longueur de Texopodite. Endopodite U en forme de pyramide triangulaire, étroit, chitineux, presque aussi long que Texopodite, à bords pilifères. Endopodites III à V en forme de sacs allongés, membraneux; le lU est aussi long que la moitié de l'exopodite, le V presque aussi long que Texopodite^ le rV a une longueur intermédiaire. PiaÊopODBS MALES. Exopodltcs commc chez la femelle. Endopodite I transformé en organe copulateur, chitineux, allongé, étroit, à bord interne régulièrement et légèrement convexe et pilifère, à bord externe également pilifère mais pourvu dans sa moitié proximale d'un lobe arrondi ; Textrémité porte une forte tige, longue, conique et ciliée, dont la pointe dépasse largement les sommets du pénis.

Endopodite II transformé en organe copulateur, chitineux, étroit, subprismatique, à coupe triangulaire, légèrement recourbé, à convexité interne ; il est aussi long que Texopodite. H présente une articulation submédiane et se termine par une sorte d'ongle légèrement recourbé, à convexité externe, couvert de rangées parallèles et transversales de petites épines ; de la pointe part une lanière étroite, cylindrique, flanquée de chaque côté par une mince lame dont la moitié proximale s'étend sur l'ongle susnommé et s'y insère. L'ensemble forme une sorte de cuilleron lancéolé terminé par l'extrémité libre de la lanière. Endopodites III à Y comme chez la femelle. Uropobbs presque aussi longs que le pléon. Protopodite deux fois plus long que le telson. Exopodites coniques, deux fois plus longs que le protopodite, couverts de poils et terminés par un faisceau de soies. Endopodites en forme de prisme triangulaire, grêles, pilifères et épineux, terminés par une soie très longue entourée de poils; son extrémité arrive à la moitié de la longueur de l'exopodite dans les deux sexes.

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Telson séparé du pléonite VI par un sillon très faible, mais distinct ; sa forme est subtriangulaire, à sommet postérieur largement arrondi, quelquefois subtronqué.

Defeékences sexuelles. En dehors de celles signalés aux pléopodes I et II, il ne paraît pas y en avoir. Il est vrai qu'aucune des 9 n'avait de lames ovigères, donc j'ignore si j'ai eu affaire à des animaux complètement adultes.

Eapports et différences. Cette espèce ne rentre pas dans la diagnose du genre Trichoniscus telle qu'on la trouve formulée par BuDDE-LuND (1886) ; elle possède en effet une tige ciliée à l'apophyse triturante de la mandibule droite. Chez les Trichoniscus, les apophyses triturantes n'ont jamais de tiges ciliées. Le genre Titanethes en est pourvu, mais aux deux mandibules, et d'ailleurs d'autres caractères empêchent de placer mon espèce dans ce genre. Eécemment, Bubde-Lund (1906) a élargi considérablement le cadre de Trichoniscus en y faisant rentrer comme sous-genre l'ancien genre Titanethes, dont SchiôéUia est détaché, et les genres récents Buddelundiella, Cyphoniscellus, Leucocyyhoniscus et PleuroeyphonisctLS. Donc le genre Trichoniscus de Budde-Lund correspond actuellement à la famille des Trichoniscidés des autres auteurs. Qu'on donne à ce groupe d'Isopodes la valeur de genre ou celle de famille, cela n'a qu'une importance minime ; ce qui importe, par contre, c'est de pouvoir établir de bonnes coupures à l'intérieur du groui)e. Or ce résultat n'est pas atteint par les remaniements de Budde-Ltjnd. Son sous-genre Trichoniacus est un mélange de formes disparates et les subdivisions qu'il base, avec hésitation il est vrai, sur l'état de l'appareil optique ne peuvent être admises ; Schiôdtia et Titanethes ne peuvent être regardés que comme des groupements provisoires encore insuf&samment caractérisés. Haplophthalmiis paraît mieux établi, mais les quatre autres sous-genres sont trop succinctement décrits pour qu'on puisse décider de leur valeur et de leur filiation ; tout ce qu'on peut dire, c'est que ce sont sans doute possible des Trichoniscidés, quoi qu'en pense Yeehoeff (1900). Il est d'ailleurs impossible de faire

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actuellement une classification rationnelle des Trichoniscidés^ car, d'une part, les études détaillées accompagnées de figures convenables manquent pour presque toutes les espèces, et, d'autre part, on en connaît encore trop peu. Ce groupe, composé de petites formes, a été fort négligé, en effet, et seulement Tinfime partie des esi>èces, même européennes, est connue.

Quoi qu'il en soit, mon espèce ne i)eut rentrer dans aucun des nouveaux sous-genres ; elle prend une position intermédiaire entre Titcmethes, Schiôdtia et certains Trichoniscus cavernicoles du groupe du Trichonisctis feneriensis (Parona). Je l'insère provisoirement dans le genre Trichoniscus, pris dans son sens large, et je m'abstiens de créer un nom nouveau jusqu'au moment oti nous posséderons de bons critériums de classification des Trichoniscides.

TBICHONISCOÏDES Sars.

Ce genre ou sous-genre a été créé par Sabb (1899) pour grouper un certain nombre de Trichoniacus qui se distinguent de tous les autres, surtout par 1^ conformation très spéciale des deux premières paires de pléopodes chez le cf. Budde-Luio) (1906) n'accepte pas le nouveau genre de Sabs puisqu'il n'en fait nulle mention, et qu'il place le Trichoniscoidea albidus, qui en est le type, dans le sous-genre Trichoniscus, section des aveugles. Je crois que Budde-Lund a tort ; le genre ou sous-genre Trichoniscoides est au moins aussi justifié, sinon plus, que Schiôdtia ou TitcMeikes. Mais pour arriver à cette conviction il faut accorder de l'importance à la transformation que subissent en vue de l'accouplement les premiers pléopodes des cf. Or Bxjdde-Lund semble neiger complètement les caractères tirés de ces organes, comme d'ailleurs des différences sexuelles en général. Je ne puis partager son avis, et je crois que, dans le groupe des Trichoniscidés tout au moins, les caractères sexuels sont très importants; ma conviction est que leur étude approfondie permettra seule un groupement rationnel de ces formes.

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