‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 4)Chapitre 44 sur 115 · Trichonisooîdei pyrenaeus n. sp · texte numérisé non relu

Trichonisooîdei pyrenaeus n. sp

(Planches XI et XII, figures 41 i 77).

Cueva de abaho del Collarada, Villanua, prov. Huesca, Espagne, 30. vin. 05, no 52, 13 cf dont 9 ad. et 4 jeunes, 9 9 dont 3 ad. non ovigère et 6 jeunes. — Grotte du Pla à Barbe, Lees-Athas, dép. Basses-Pyrénées, France, 2. ix. 05, n® 58, 1 cf ad., et 1 9 ad. non ovigère. — Petite grotte des Eaux-Chaudes, Les Eaux - Chaudes, dép. Basses-Pyrénées, France, 4. ix. 05, n® 61 his, 1 cf ad. — Grotte d'Arudy, Arudy, dép. Basses- Pyrénées, France, 6. ix. 05, n^ 73, 10 cf ad. et jeunes, 22 9 ad. et jeunes dont 2 ovigères, 3 pulli.

Observations: Les n*»« 52 sont exactement semblables aux n" 73 seulement ils sont presque complètement glabres et lisses, avec, de très fins poils à la surface de la carapace et de faibles traces de tubercules. Les n*« 73 sont souvent nettement tubercules et ont des écailles sétiformes mieux marquées à la surface de la carapace. Ces différences n'ont aucune valeur taxonomique ; le développement des écailles provoque l'apparition des tubercules, et ces écailles sont une dépendance des organes sensitife dont le développement peut dépendre de causes multiples et variables.

Dimensions, cf : Longueur 8 %, largeur maxima(péréionite IV) 3 %. — 9 : Longueur 7.5 %, largeur maxima (péréionite IV) 3 %. — Longueur 8 %, largeur maxima (péréionite IV) 3.5 %.

CoEPS oblong, allongé, atténué du côté postérieur, peu convexe. Bords libres des péréionites prenant 1/8 de la largeur totale des somites.

Carapace mince, délicate, mais assez flexible, très finement ponctuée. Occiput et face tergale du péréion couverts de tubercules espacés, obtus, peu prononcés, formant une rangée régulière le long du bord postérieur des somites, mais distribué»

irrégulièrement sur le reste du somite et sur les épimères. Pléonites I à m avec une rangée postérieure de tubercules à peine distincts. Tubercules pourvus d'un poil court, conique, peu saillant.

Coloration. Subtranslucide avec teinte générale du corps et des appendices jaune d'or plus ou moins' pâle, souvent très pâle. Face tergale du pérëion et de la tête pourvue de traînées rouge foncé^ disposées de la façon suivante : Sur la tête, petites taches irrégulières ; sur les péréionites une traînée médiane longitudinale et deux îlots latéraux de chaque côté dont le plus externe, situé sur les épimères, est le plus marqué. Ces îlots irréguliers délimitent de chaque côté deux espaces clairs plus ou moins arrondis. La face tergale du péréion paraît à cause de cela parcourue par une ligne sombre longitudinale et médiane, flanquée de chaque côté par deux séries de taches claires arrondies, dont la plus externe est la mieux marquée.

Cette coloration est en voie de disparition de l'avant vers l'arrière, et chez beaucoup d'exemplaires elle a complètement disparu.

Les exemplaires très colorés ont aussi quelques traînées pig* mentaires sur le pléon ; le pléon est complètement décoloré chez les autres

La coloration disparaît complètement dans l'alcool, sous l'influence de la lumière.

TÊTE ovoïde, plus large que longue, à bord postérieur pourvu d'une crête arrondie très peu saillante.

Lobes latéraux peu divergents (SO*^ environ), à peine plus hauts que la base de l'article I des antennes. Leur sommet est tronqué et limité par un bord irrégulier pourvu de quelques poils. Lobe médian nul. Bord frontal à peine indiqué chez les exemplaires colorés, indistinct chez les autres.

Epistome bombé, lisse, formant un angle faiblement obtus avec le clypeus, qui est une fois et demie plus large que long, incliné, lisse, à angles antéro-latéraux obtus et à bord antérieur légèrement sinueux au milieu. Suture épistomo-clypéale très

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nette, sinueuse, à convexité antérieure et s'étendant entre lés bases des antennules.

Yeux représentés de chaque côté par un grand ocelle simple.

Antennes courtes et grêles, atteignant à peine le bord postérieur du péréionite III.

Tige couverte de petits poils et de petits tubercules sétifères, formant sur les articles III à V de quatre à cinq rangées longitudinales. Au bord distal de Tarticle II une tige à sommet trifide, dés articles III et IV deux de ces tiges, et de l'article V une seule. L'article Y est de moitié plus mince que l'article lY ; les autres articles diminuent progressivement de largeur depuis le I. Longueur proportionnelle des articles : I = 1/2, II = 2/3, III = 1/2, IV <V.

Flagelle couvert de poils plus longs et plus grêles que ceux de l'article V de la tige, formé par 9 (souvent) ou 10 (rarement) articles ; les jeunes, de 2 %, ont seulement trois articles. Le nombre des articles augmente donc avec l'âge. L'article II est le plus long ; il est seul pourvu dans son tiers inférieur d'un tubercule garni de bâtonnets courts. Les autres articles sont subégaux en longueur. Les articles diminuent graduellement de largeur du premier au dernier, qui porte un faisceau terminal de soies à extrémité recourbée, faisceau dont la longueur est un peu inférieure à celle des trois derniers articles réunis. Le bord distal de chaque article est garni de poils plus longs.

Antennules assez longues ; le sommet des bâtonnets terminaux arrive presque au niveau du bord distal de l'article II des antennes. L'article I est trois fois plus long que l'article n et le plus large de tous. Ces deux premiers articles sont cylindriques. Article III ayant la forme d'une spatule légèrement concave du côté externe ; il est d'un quart plus long que l'article I; son bord supérieurest obliquement tronqué, il porte une courte pointe et dix bâtonnets subégaux. L'article II est sexd couvert de courtes soies.

Labee ample, largement arrondi en avant, bombé et pili* fère.

Manbibule gauche. Apophyse dentaire apicale à trois dents sabégales ; apophyse dentaire médiane à trois dents inégales. Trois tiges ciliées subégales. Apoph3rse triturante bien détachée du corps de la mandibule ; vue de profil, elle parait quadrangolaire, à angles largement arrondis ; son axe forme un angle de 60<^ environ avec l'axe longitudinal du corps de la mandibule. Surface triturante ovoïde, pourvue d'un rebord saillant dentelé et pilifère, mais sans tige ciliée. Quelques poils sont ins^és sur la face ventrale de la mandibule.

Mandibule droite. AxK>physe dentaire apicale à trois dents inhales ; apophyse dentaire médiane représentée par un appendice cylindrique à surface terminale légèrement évasée, circulaire et avec des bords finement dentelés. Deux tiges ciliées ^ales. Apophyse triturante bien détachée du corps de la mandibule; vue de profil, elle parait triangulaire; son axe forme un angle de 70^ environ avec Taxe longitudinal du corps de la mandibule. Surface triturante ovoïde, pourvue d'un rebord denté et piUfère, mais sans tige ciliée. Face ventrale du corps de la mandibule pourvue de quelques poils.

Htpostome. Lobes latéraux subtriangulaires, portant sur le bord externe une série de rangées transversales de soies minces^ et au sommet des cils courts et forts. Lobe médian allongé, étroit, pourvu du côté ventral d'une fossette allongée, et garni à l'extrémité antérieure de rangées transversales de soies minces.

Maxilles I. Lame externe à bord interne et externe pUifères, pourvue au sommet de 12 à 13 dents coniques et d'une longue tige dont l'extrémité conique est couverte de courtes épines.

Lame interne à trois tiges ciliée, dont la proximale est la plus longue ; les autres sont subégales.

Maxilles II à sommet arrondi et bilobé, pourvu de soies raides et de poUs. Le lobe interne est plus large que l'externe, qui est pourvu de deux épines coniques. Bord interne de la maxille pilifère, dans sa région antérieure.

Maxillipèdbs. Corps cilié sur le bord interne, mais sur le bord externe seulement au sommet et à la base.

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Palpe nettement biarticulé. Article I cinq fois et demi plus court que Tarticle II, nu. Article II trois fois plus court que le corps du maxillipède, conique, sans lobules au sommet, avec trois fortes épines du côté externe, un bouquet de longues soies au sommet, et des poils sur le bord interne. Appendice masticatoire trapézoïde, très allongé, pilifère ; son bord antérieur arrive à peine au niveau du milieu du palpe. Le bord interne est garni de poils, et le sommet tronqué porte une tige ciliée ovoïde et trois fortes épines de longueur inégale.

Epignathe en forme de languette avec le talon basai externe peu saillant et arrondi ; il est cilié à la base et au sommet sur les bords externes et internes. Son sommet arrive au niveau du milieu de la longueur du corps du maxillipède.

PÉKÉION. Bords antérieurs du somite I embrassant la tête jusqu'au niveau de l'œil.

Somites I à III à bords postérieurs presque droits et longés par im faible bourrelet dont les traces s'observent aussi sur les autres péréionites. Angles postérieurs des épimères du somite I arrondis, des somites II et III droits.

Somites IV à VII à bords postérieurs de plus en plus sinueux, et à angles postérieurs des épimères de plus en plus aigus et étirés vers l'arrière. Le sommet de l'angle postérieur des épimères VII arrive au niveau de l'angle postérieur des épimères du pléonite III.

PÉRÉIOPODES subsemblables ; I aussi longs que les antennes, les autres s'allongent graduellement jusqu'aux VII qui sont à peine d'un quart plus longs que les I.

Longueur proportionnelle des articles du péréiojjode VII : Basis < 2 Iscbium = Meros = 1 1/4 Carpos = 4/5 Propodos > 4 Dactylos.

Basis pourvu de deux ou trois courte épines dist^les ; ischium mieux pourvu en épines et portant une ou deux tiges ; meros, carpos et propodos avec beaucoup de longues tiges, surtout sur le bord postérieur, avec des épines courtes, des poils sur le bord antérieur et des écailles plus ou moins larges.

Lee tiges sont articulées au milieu et se terminent par cinq ou six lanières minces et courtes.

Dactylos à armature très complexe : base couverte d'écaillés dont quelques-unes très larges, au milieu, du côté antérieur, une tige divisée en deux branches pourvues chacune de minces et courtes lanières au nombre de cinq à sept, dont l'extrémité n'arrive pas à dépasser l'ongle.

Ongle nu, légèrement recourbé, pourvu d'une tige recourbée qui s'insère à sa base et du côté interne, et qui, sur les péréiopodes I à III, est bien développée ; sur les péréiopodes IV à VII, cette tige diminue d'importance et prend de plus en plus la forme d'épine rectiligne.

PÉNIS simple, en forme de languette aplatie qui se termine par une extrémité effilée et tronquée obliquement. Le bord postérieur du péréionite VII forme une expension arrondie qui prot^e la base du pénis.

Pléon. Sa longueur (telson compris) prend moinis d'un quart de la longueur totale du corps ; il est d'un tiers moins large que le péréionite VII.

Les somites I et II sont les plus courts ; le somite IV est le plus long ; le V un peu plus court que le IV ; les III et VI égaux et un peu plus longs que le I.

Epimères triangulaires avec des angles postérieurs aigus, dirigés vers l'arrière et appliqués contre les somites suivants. Les epimères III sont les plus longs; leur longueur est égale à la moitié de la longueur du somite. Epimères VI à peine indiqués.

Pléopodes femelles. Exopodite I quadrangulaire, plus large que long, à angle postéro-interne arrondi et peu saillant ; les suivants s'allongent de plus en plus jusqu'au IV, qui est plus long que large et qui a son angle postéro-interne très saillant et subaigu. Exopodite V subtriangulaire. Bords internes et externes des exopodites pilifères ; à partir de l'exopodite II une forte soie est insérée au sommet de l'angle postéro-interne.

Ëndopodite I très rudimentaire, chitinisé, quadrangulaire, à peine aussi long que le tiers de la longueur de l'exopodite. Endo-

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podite II en forme de pyramide triangulaire, pilifère, très étroit, mais un peu plus long que l'exopodite. Endopodites III à V membraneux, triangulaires, s'allongeant progressivement du m, qui est aussi long que la moitié de Texopodite, au V, qui est aussi long que l'exopodite. Endopodites III et IV pourvus d'un lobule bifide à l'angle postéro-externe ; endopodite V avec un lobule simple à l'angle postéro -externe et un autre également simple, mais plus gros, du côté distal et interne.

Protopodite III triangulaire, à angle postéro -interne arrondi ; protopodites IV et V à angle postéro-inteme étiré en un long appendice cilié, cylindrique, arrivant aux 2/3 de la longueur des endopodites.

Pléopodes MALES. Pléopodes I et II tout à fait différents de ceux de la 9.

Exopodite I plus de deux fois plus grand que le II, quadrangulaire, à angle postéro-inteme très saillant et formant un lobe bifide ; le lobule interne sert d'insertion à une forte et longue tige dont l'extrémité, terminée en pointe, dépasse le niveau du bord postérieur des rames du pléopode III.

Endopodite I transformé en organe copulateur, chitineux ; la région basale, en forme de prisme triangulaire, supx>orte un long fouet cilié dont l'extrémité effilée arrive au niveau de la pointe de la tige de l'exopodite.

Exopodite II assez semblable comme forme à celui de la femelle, mais plus court et plus large. Endopodite II transformé en organe copulateur, chitineux, formé par une pièce basale articulée avec ime pièce terminale plus longue, s'effilant vers le sommet, qui a la forme de pointe légèrement recourbée sans ornements ou structure spéciale.

Pléopodes III à V comme chez la 9, seulement les api)endices postéro-internes des protopodites sont un peu plus longs.

Uropodes plus courts que le pléon. Protopodite dépassant le telson d'un tiers de sa longueur. Exopodites coniques, deux fois et demie plus longs que le protojjodite, couverts de poils très courts, terminés par un faisceau de longues soies.

Endopodites de même forme que Texopodite, mais plus minces, avec poils plus longs, terminés par un faisceau de fortes soies. Leur extrémité arrive au niveau des 4/5 de la longueur de Texopodite, dans les deux sexes.

Telson séparé du pléonite VI par une ligne suturale très faible, mais toujours distincte; sa forme est trapézoïdale et son bord postérieur légèrement concave.

DiFFÉBENCES SEXUELLES. H ne parait pas y avoir entre les deux sexes de différences autres que celles présentées par les pléopodes I et II et les protopodites des pléopodes IV et V.

Bappobts et diffêbenoes. Cette espèce rentre parfaitement dans la diagnose du genre Trichoniscoïdea telle que Ta définie Sabs (1899) sauf en ce qui concerne Tendopodite des uropodes ; Sabs dit en effet que cet api)endice « terminating in a single slender spine » et chez T. pyrenaeus il se termine par un faisceau d'épines ; mais ce caractère n'a certainement aucune valeur générique.

n est bien plus difficile de savoir si Tespèce ici décrite n'a pas déjà été mentionnée. Seules les espèces décrites par Sabs (1899) et par Webeb (1881) sont suffisamment étudiées ; pour tous les autres Triehoniscus à yeux simples il nous manque la description des organes sexuels cf et celle des pièces buccales.

Triehoniscus Thielei Verhoeff et T. germomicus Verboeff paraissent très voisins de mon espèce, mais probablement à cause de l'insuffisance de leur diagnose. Sont-ce des Trichoniscoïdes I H n'est pas possible de le savoir. Quoiqu'il en soit, ils diffèrent par les granulations du pléon du premier et par la faible granulation du péréion du second.

Je me vois donc forcé de décrire comme nouvelle cette espèce, qui pourtant est très commune dans des grottes souvent explorées. On l'a peut-être déjà ramassée, mais probablement on l'a confondue avec Triehoniscus flavus Budde-Lund ou même avec T. roseus Eoch ; elle est pourtant très nettement différente des deux, même si l'on ne prend pas en considération les caractères sexuels des cr.

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