‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 4)Chapitre 77 sur 115 · VII. — Appendice · texte numérisé non relu

VII. — Appendice

EZrUCATION DIS PLANCHES ST LISTE DES HOITRES 882

INTRODUCTION Par M. Albert Gaudrï

J'ai présenté à TAcadémie des Sciences une note de M. Maurice DE EoTHSCHiLD SUT Tcxploratiou qu'il a entreprise dans l'Afrique Orientale avec MM. Henri Neuville, Bogeb et Victor Chollet. Parmi tant de pièces intéressantes rapportées de cette exploration, on remarque une défense, dans un excellent état de conservation, qui ne ressemble à aucune dent d'animal fossile ou vivant connu jusqu'à présent. Je l'ai montrée à l'Académie. Si on l'eût trouvée à l'état fossile, personne n'aurait hésité à la considérer comme appartenant à une espèce nouvelle.

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Mais elle a 0 m. 56 de long en ligne droite et 0 m. 74 en suivant sa courbe ; il a paru extraordinaire qu'une créature ayant une pareille défense ait échappé à l'attention des voyageurs. Il est vrai qu'on a découvert l'Okapi, qui, tout en étant sans doute parent du Paleotragus de Pikermi, représente un genre à part. Il est vrai aussi que le Mylodon de la Cueva Eberhard, que l'on croyait un type quaternaire, a été rencontré dans des conditions telles qu'il ne peut avoir cessé de vivre depuis longtemps. Cependant on conçoit que le premier sentiment ait été d'avoir des doutes sur la découverte d'un grand animal d'espèce nouvelle, dont on ne possède qu'un seul morceau, apporté on ne sait d'où à Addis-Abeba.

Quelques naturalistes se sont demandé s'il n'y avait pas là une anomalie, et ils ont pensé aux canines d'Hippopotames. En réalité, on ne peut rien voir de plus différent que la composition de la canine d'Hippopotame, couverte d'un épais émail, et la défense d' Addis-Abeba, formée d'un ivoire guilloché sans revêtement d'émail. M. Henri Neuville a entrepris sur cette défense l'étude la plus complète qu'on puisse imaginer. L'habile zoologiste du Muséum est familiarisé avec les recherches histologiques, et il a montré que la dent d' Addis-Abeba ne peut être rapprochée que des défenses de Proboscidiens.

Il reste à savoir si c'est une anomalie de dent d'Eléphant. Sa forme aplatie, ses cannelures longitudinales d'une parfaite régularité, lui donnent un aspect à la fois tellement normal et tellement différent de celui de défenses de Proboscidiens vivants ou fossiles que, si c'est une anomalie, il y aurait là un fait d'histoire naturelle encore plus extraordinaire que celui de la découverte d'un grand quadrupède inconnu, soit vivant, soit éteint depuis quelque temps.

Quoi qu'il en soit, le travail approfondi que MM. Maurice DE Rothschild et Henri Neuville viennent de faire est une œuvre de haut intérêt. C'est pour nous un plaisir et aussi un devoir de tâcher de comprendre les merveilles de la nature. Les vaillants explorateurs de l'Afrique Orientale ont donné une

nouvelle preuve de leur courage en abordant la solution de

rénigme d'Addis-Abeba.

Albert GAUDRY.

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