Fig
(La t^ie des vers est représentée en noir.)
Or, ranimai est décidemment « posilivement-éryihrolrope » et en même temps « négativement-purpurotrope {ianthinolrope) ». Le résultat est assez concluant, surtout si on a présent à Tesprit que « malgré des recherches longtemps poursuivies, je n'ai pu trouver jusqu'ici aucun moyen de transformer le phototropisme négatif de Lineus en phototropisme positif, ni par des agents chimiques, ni osmotiques, ni thermiques. »
Mais je possède des faits beaucoup plus suggestifs, d'après les expériences nombreuses, que nous avons faites avec Mieczyslaw OxNER au laboratoire de Roscoff, les expériences fort variées avec de la lumière chromatique provenant du spectre prismatique, ou obtenue après le passage à travers des verres et des papiers de couleur.
Nous nous proposons de donner bientôt la description détaillée de tous nos résultats. Il serait superflu et non conforme au but de ce résumé de nous arrêter plus longtemps sur la question de l'indépendance des phénomènes chromotropiques et du phototropisme commun, question qui est déflnitivement résolue par mes expériences sur Tinversion artificielle du chromotropisme, dont j'ai donné Texposé sommaire dans ma note.
L'examen attentif des travaux de Paul Bert (1869), de Lubbock
NOTES ET REVUE xlix
(1891) d'Engelmann (1882) et de Wiesner (1879, p. 190-193) concernant les êtres les plus disparates (Arthropodes, Protozoaires, Plantes), m'a fourni une quantité d'arguments concrets (1906), pour me convaincre que « tout rayon chromatique aune action spécifique » autonome et indépendante de Faction des autres rayons chromatiques et de celle de la lumière blanche.
Naturellement, il peut exister des cas, comme j'ai fait remarquer dans ma note de Décembre (1906 6), où les animaux phototropes ne seraient nullement chromotropes , étant également attirés (ou repoussés) par toutes les radiations colorées.
Il se peut bien que c'était le cas de Loeb ; mais il est impossible de généraliser ces faits, qui ne présentent qu'une des possibilités du chromotropisme.
Le fait d'autonomie des phénomènes du chromotropisme est d'une importance capitale pour le problème qui nous occupe, comme nous allons le voir de suite, si nous tenons compte de ce que n'est pas seulement la lumière colorée directe qui produit son action tropique spécifique mais aussi la lumière ordinaire réfléchie par des surfaces colorées, sur lesquelles l'animal est placé.
Ainsi, par exemple Lineus ruber, animal érythrotrope s'immobilise à la lumière du jour (diffuse) sur le fond rouge d'un petit aquarium, dont le fond est divisé en deux moitiés, diversement colorées, ou bien, en l'absence du rouge, sur le jaune, vert, etc., toujours sur le fond de la couleur la plus proche du rouge, et s'éloigne de celui dont la couleur est le plus proche du violet, les conditions d'éclairage étant identiques.
Voilà le fait absolument incompatible avec la théorie de Sachs- LoEB, et d'autant plus important pour nous.
J'ai trouvé un fait semblable, bien que beaucoup plus compliqué et excessivement frappant, dans le premier des travaux remarquables de Keeble et Gamble sur un petit crustacé Hippolyte varians Leach.
Nous y reviendrons dans la suite.