‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 4)Chapitre 96 sur 115 · POSITION SYSTÉMATIQUE DU PARALCYOMIUM ET DE LA FASCICULARIA · texte numérisé non relu

POSITION SYSTÉMATIQUE DU PARALCYOMIUM ET DE LA FASCICULARIA

Avant de discuter la position systématique du ParaJcya^ nium et de la Fasdculariay il est utile de résumer les principaux caractères de ces deux genres en les mettant en parallèle afin de voir les différences qu'ils présentent*

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Fascicularia Edivardsi Paralcyonium elegans

(Lac. Duth.). (H.-M. Edw.).

Colonies formées de groupes Colonies formées de groupes de polypes réunis entre eux de polypes réunis entre eux par un stolon nettement indi- par un stolon très court, se vidualisé ; confondant le plus souvent

avec la base même des groupes ;

Couleur brune de toute la Couleur brun clair du stolon

colonie due à la présence de et de la partie basilaire des

Zoochlorelles dans les tissus groupes seulement ; la partie

de l'animal ; supérieure des polypes res-

tcmt d'une transparence parfaite ; pas de Zoochlorelles ; Groupes de polypes compre- Groupes de polypes comnant une partie basilaire rigide pren£mt une partie basilaire formée par la coalescence des rigide qui se prolonge en un polypes, immédiatement au- tronc conmiun formé égaledessus de laquelle ceux-ci de- ment par la coalescence des viennentindépendants. A l'état polypes primaires. Ceux-ci se de rétraction ils rentrent dans séparent à des niveaux diSéla colonne basilaire ; pas de rents suivant leur âge, et porpolypes secondaires ; tent dans leur partie libre des

polypes secondaires. Le tronc polypifère et les polypes disparaissent à rétat de rétrac* tion dans la colonne basi* laire ;

Spicvles de deux sortes : 1^ fusif ormes ornés de petites verrues, se rencontrant principalement dans le stolon et la partie basilaire des groupes ; 2^ elliptiques, aplatis et complètement opaques, formant la presque totalité de la collerette sous*^ tentaculaire. On en trouve aussi quelques-uns à la base de la partie libre des polypes.

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Cœnenchyme presque nul, Cœnench^fme peu abondant, canaux endodermiques seule- canaux endodenniques bien ment dans le stolon ; quel- développés dans le stolon ; ques canalicules dans la mé- quelques canalicules dans la BOglée périphérique de la co- mésoglée périphérique de la lonne basiloire, et simples colonne basilaire ; un sjrstème traînées cellulaires dans lés de citnaux longitudinaux dans cloisons interpolypaires ; les cloisons interpolypaires ;

Bourgeonnement des polypes Bourgeonnement des i)olypes se faisant directement sur des primaires se faisant sur des évaginations de& pdyped déjà év^ginations des polypes déjà existants, évaginationâ qui ne existants, ces évaginations sont persistent que peu de temps, représentées dans les groupes de telle sorte que les p()l3rpeë adultes par de petits orifices d'un même groupe ooinmùni- qui ne s'oblitèrent que très quent entre eux uniquement tardivement et font communipar les canaux du stolon. quer directement les polypes

entre eux^ la commimication est aussi assurée par les canaux du stolon. Bourgeonnement des polypes secondaires précédé par la formation' au point de bourgeonnement d'un réseau de canalicules endodenniques dans la mésoglée des polypes primaires.

En somme, si Ton fait abstraction des différences de détail on voit que le Paralcyonium passe au cours de son évolution par un stade qui correspond à la Faseicularia adulte, et qu^à partir de ce moment il se sépare du genre précédent par deux caractères principaux : 1^ La coalescence des polypes au-dessus de la colonne basilaire rigide ; 2P La formation sur les polypes primaires de polypes secondaires.

Nous ne discuterons pas la question de savoir si ces carac^

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tères différentiels sont suffiscmts pour justifier une coupe générique entre ces deux types. H est toujours extrêmement délicat de définir le critérium du genre et de Tespèce, surtout quand on s'adresse à un groupe aussi homogène que celui des Alcyonaires.

Quoiqu'il en soit, on ne peut mettre en doute, comme l'a très tien vu Viguiee, que la Fdscicularia et le Parakyonium méritent une place spéciale parmi les Âlcyonaires. Cependant c'est encore dans la famille des Alcyonidés que l'on continue à les ranger. Or, si cette famille a reçu les diagnoses les plus diverses, il est un point sur lequel les auteurs sont tous d'accord, c'est l'abondance en cœnenchyme de la colonie. Les polypes sont complètement noyés dans la mésoglée commune parcourue de canaux endodermiques richement anastomosés qui font communiquer les polypes, et sur lesquels bourgeonnent les nouveaux individus. Or, le Pa/rcUeyomum et la Fdscicularia sont très pauvres en cœnenchyme, les polypes ne communiquent pas entre eux, ou communiquent par de simples orifices ; comme conséquence le bourgeonnement s'opère d'une façon toute différente.

} Les seuls genres NidcUia et NidcUiopsis ont quelques affinités avec les types qui nous intéressent. Chez eux les cavités des polypes communiqueraient ^ directement. KOkbnthal (1906) qui signale le fait montre combien cette disposition les éloigne des autres Alcyonidés, et il est fort possible quand leur anatomie sera mieux connue qu'on doive les en séparer totalement.

En réaUté c'est de la petite famille des Organidés créée par Daniblsbn (1887) et particulièrement du genre Organidms que la Fascicularia et le Paf>cdcyonium sont le plus voisins. La colonie est ici formée par le bourgeonnement de polypeë sur une lame basilaire jouant le rôle de stolon. Les polypes se rapprochent les uns des autres au point de disparaître à la partie inférieure sous un ectoderme commun. Dans la mésoglée formée entre les polypes se développent des canaux loi^tudinaux

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qui, comme chez le ParcUcyonium, ne font pas communiquer les cavités gastriques des individus. Le cœnenchyme est donc très réduit. Les polypes sont rétractiles, les spicules très nombreux se montrent jusque dans les tentacules. Les seules différences essentielles qui empêchent de ranger nos deux types dans cette famille sont : 1^ le mode de formation de la colonie : les polypes bourgeonnent d'abord d'une manière indépendante sur la lame stoloniale et se soudent uUérieuremerU en un tronc très court dans lequel ils ne peuvent se rétracter complètement ; ^ l'absence d'un stolon pouvant bourgeonner des colonies nouvelles.

Il paraît donc nécessaire de conserver la famille des Fascicularidés dont la diagnose pourrait être la suivante : colonies très pauvres en cœnenchyme, composées de plusieurs groupes de polypes réunis par un stolon ; polypes soudés à la hase en une colonn^ rigide dans laquelle ils peuvent se rétracter complètement.

Cette famille, très proche de celle des Orgctnidés, a des affinités évidentes avec les Clavularidés surtout par le genre Fascicularia, mais elle en diffère par la réunion des polypes en groupes distincts.

{Travail du laboratoire Arago, Banyuls-swr-Mer).

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