CHAPITRE VI
VABIATIOHS DU OŒUB, DU SAHG ET DES GLOBULES SAHGUINS
SOMMAIBB. — Les variations do cœur et de la quantité de sang sont pen appréciables. — Courbes de ces variations. — Nnmération de globales dans une génération granivore et one camivore. — Variations de ces nombres au cours de la vie. — Construction de ooait>es comparatives pour les mftles. — Les mêmes courbes pour les femelles groupées en deux races. — Courbes rythmiques k deux dépressions. — Etude du rapport de ce phé> noméne avec l'activité génitale. — Le régime camé combat efficacement l'anémie résultant de la dépense génitale mftle. — Comparaison du rythme de l'anémie et du rythme de la ponte. — L'anémie correspond à la préparation des œufs et non à leur émission. — Le régime camé tend à rendre les deux phénomènes contemporains, c'est-à-dire à aoeélérer la ponte. I
Le cœur étant un des organes sur lesquels le dîmorphisme sexuel s'accuse avec le plus d'imi)ortance et la quantité de sang étant dans le même cas, il est absolument nécessaire de n'instituer à leur égard de comparaisons que dans des couples successifs, pour chacun desquels on prend la moyenne des valeurs chez le mâle et chez la femelle.
La quantité de sang a été évaluée de la façon suivante : les animaux ont toujours été sacrifiés par saignée pratiquée en sectionnant, suivant l'usage banal, les veines du palais et de l'arrière-bouche ; le sang était recueilli dans une capsule de x>orcelaine de x>oids connu et pesé aussitôt.
Le cœur était pesé seul, c'est-à-dire débarrassé des gros troncs artériels et veineux, coupés dès leur naissance, ainsi que de la graisse qui s'accumule facilement dans le sillon entre les oreillettes et les ventricules.
Les résultats de ces diverses mesures rapportées à cent grammes de poids total avant la mue sont rassemblés ci-dessous :
M2 F. HOUSSAY
GÉNÉRATIONS SANG COSUR
Po 3,69 0,43
Ps 3,87 0,37
Ps 4,31 0,40
La courbe exprimant cette variation est construite de la façon suivante. Le temps est porté en abscisses en comptant 25 % pour la durée d'une génération et, sur les ordonnées, on compte 1 % par décigramme de sang pour cent grammes de X>oids total et 1 % par cenUgramme de cœur dans les mêmes conditions. La variation de ce dernier organe est donc figurée par une échelle verticale dix fois plus grande que celle du sang, dans le seul but pratique de rendre les deux variations paiement visibles.
FiG» 26. Courbes de la variation du lang et du oœur dans les géuérationt ■oeoenivea. Rapporte du poids à 100 gr. du poids total.
L'examen des courbes montre qu'il n'y a aucun. changement dont on puisse faire état avec certitude. Si même on observe que les derniers rapports devraient être un peu baissés, comme je l'ai longuement expliqué précédemment, on trouve que la quantité de sang est demeurée tout à fait constante, tandis que le poids du cœur a subi une petite baisse ; celle-ci est bien nette mais trop faible pour que l'on puisse y attacher une grande importance.
AprèB avoir enregistré cette constance qui n'est pas sans intérêt, il faut, à l'égard du sang, relever d'autres observations qui sont fort curieuses.
Pendant les deux premières générations, j'ai effectué, environ chaque quinsaine, un comptage de globules sur une goutte de sang, prise par piqûre à la crête des animaux. Voici d'abord les données numériques relevées avec le compte-globules Malassez ; elles s'entendent par centimètre cube de sang à la condition d'ajouter quatre zéros à la droite de chacun des nombres inscrits dans les colonnes de notre tableau.
DATES
Jours de vie
coq
coq
SI déc. 1900
7 JanTfor 1001
4 téyrïft
4 Ibn
1« «vril
16 mal
S JuiB 8 juillet
couve
2 Dorembre
Totaux .
Moifennes..
Tout d'abord, si l'on se borne à considérer les totaux et les moyennes, ces dernières obtenues en divisant chaque total par le nombre des opérations qui l'ont fourni, on remarque que le« animaux nourris au grain ont tous régulièrement un sang plus riche en globules que les animaux nourris à la viande, à la condition seule de comparer entre eux les mâles et entre elles les
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femelles. Ce résultat est de quelque intérêt, mais il est difficile de s'en contenter.
Le nombre des globules sanguins est, en effet, bien loin d'êtare une donnée constante pour chaque animal dans le cours d'une Tie ; il peut même varier plus que du simple au double, si l'on considère les nombres extrêmes. Chaque animal subit une alternance d'anémies et d'hyperhémies relatives. Les oscillations que nous apercevons sont-elles dues au hasard, c'est-à-dire à des causes complexes qui doivent nous demeurer inconnues, ou bien suivent-elles un rythme commun avec quelqu'une des grandes manifestations physiologiques de l'état adulte? — avec la x>onte, notamment, qui, elle aussi, subit des fluctuations. Pour le savoir, j'ai construit les courbes des variations dans le nombre des globules sanguins.
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Fia. 27. Variation dans le nombre des globules Bangains, au cours d'une année de rie chez deux coqs, l'un granivore, l'autre camivore.
Je prends pour abscisses les temps à raison de 1 X pour deux jours de vie et pour ordonnées le nombre des globules
(sans les quatre zéros) à raison de 1 % pour quatre unités, par exemple une ordonnée de 60 % correspond au nombre 240 pour les globules ou à 2.400.000 globules par centimètre cube de sang.
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FiG. 28. Variation dans le nombre des globules sanguins, au cours d'une année de rie. chez deux poules, groupées d'après les qualités de race ; ce groupe contenant un animal granivofe IIU et un camivore Illt.
En construisant ces courbes on fait de suite plusieurs remarques :
1® — D abord il y a des oscillations de détail et des oscillations d'ensemble. Pour conserver les unes et les autres, toutes les courbes comprennent des traits pleins joignant directement les divers points obtenus, puis des traits interrompus qui réunissent, en suivant la continuité, les minima et les maxima des tracés précédents. Chaque courbe fournit deux de ces lignes en traits interrompus; elles enferment une surface plane qui a été couverte de hachures horizontales s'il s'agit d'un animal Carnivore, verticales s'il s'agit d'un granivore. Les ondulations
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de la surface représentent les oscillations générales de l'anémie et de l'hyperhémie.
2P — On s'aperçoit encore que les courbes relatives aux mâles et celles relatives aux femelles ont des allures très différentes. La figure 27 représente les courbes des deux mâles mises à part.
3 — Parmi les quatre femelles les courbes se groupent deux à deux, non d'après un même régime mais d'après les caractères de race que nous avons signalés dès le début (1). D'où une figure (fig. 29) pour la variation des globules sanguins chez n^ et II, et une autre pour IIIç et III, (fig. 28).
Fio. 29. Variation daiu le nombre des globules sanguins, au cours d'une année d^ vie. ches deux poules groupées d'après les qualités de race ; oe groupe ooatient un animal granivore Ho et un camlvore lli<
40 — Enfin, ces courbes, malgré leurs dissemblances de détail, offrent toutes le caractère commun d'être des courbes à deux vallées, c'est-à-dire qu'elles présentent deux minima w, et m, séparés par un maximum M,. Avant de se creuser en la première vallée m,, elles ont toutes un premier maximum M^
(1) Voir p. 157.
Ce n'est pas la première fois que nous voyons ainsi la vie annuelle d'une i>oule manifester un rythme oscillatoire à deux ondes ; nous l'avons déjà remarqué à propos de l'excrétion des produits azotés solubles; nous le verrons plus tard pour la ponte. Essayons d'analyser d'un peu près la manifestation qui s'offre actuellement à nous, celle relative à la richesse du sang en hématies et, i>our cela, examinons d'abord les courbes des mftles.
Elles sont aussi à deux vallées avec deux maxima M, et M. et deux minima m, et m^. Le premier maximum marque l'arrivée en santé à l'état adulte, avant toute activité génitale et il est imx>ortant de constater que, chez le coq nourri au grain, ce maximum est à la fois plus précoce et plus élevé que i>our le coq nourri à la viande.
Cependant suivons individuellement chacun d^ deux animaux et commençons par le granivore 1^. Les diverses fonctions ayant les unes sur les autres un profond retentissement, nous sommes obligés d'anticiper ici sur la question de la ponte, que nous traiterons plus au long, chapitre YII, p. 233, en donnant les courbes relatives à cette fonction.
Le premier maximum Mq a lieu au 209® jour. Or les deux poules qui sont avec le coq I^ ont commencé à pondre : U^, le 184® jour et III^ le 247® jour. La date du maximum en question corresi>ond donc au début de l'activité génitale, époque à partir de laquelle l'exercice de la fonction va faire baisser constamment le nombre des globules chez le mâle. Ce nombre atteint un premier minimum w, au 252® jour, moment auquel le coq féconde pleinement ses deux poules, dont le premier maximum de ponte est le 290® jour.
Après cela, l'anémie cesse peu à peu et l'amélioration maxima M, a lieu au 318® jour qui correspond à un répit génital, dû à la mise en incubation d'une des x>oules (IIIo) et à la baisse homologue dans la ponte de l'autre (II«).
Enfin, nouvelle baisse et nouveau minimum au 426® jour correspondant au deuxième maximum dans la ponte des deux femelleB atteint le 420® jour.
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Il n'est donc pas douteux que, ches le coq, l'oscillation de Tanémie et de l'hyperhémie ne suive la suractivité ou le repos génital.
Voyons maintenant le deuxième mâle, I,. Sa courbe est aussi à deux vallées ou à deux flexions, mais son allure générale est en remontant tandis que la précédente allait en baissant. Donc, si ce coq Carnivore ressent encore Tanémie de la suractivité génitale, c'est à un moindre degré : le régime carné est plus favorable que le régime des grains pour combattre cette dépression précise. Le régime de la viande paraU supérieur pour réagir contre la fatigue organique, spécialement Vanémie, provena^ de la suractivité génitale chez le mâle.
Est-il encore vrai que les maxima et les minima même légers de cette courbe ascendante traduisent les variations de la fonction génitale ?
Le maximum M^ est au 239®, jour suivant de près rétablissement de la i)onte chez les femelles (202« et 218® jours). Un premier minimum m, assez faible apparaît au 262® jour quand les deux poules à la fois pondent régulièrement, le maximum de leur ponte étant au 300® jour. La courbe de globules du coq traverse un nouveau maximum M, le 369® jour, accusant un répit de la fonction qui coïncide exactement avec le minimum de ponte chez les femelles inscrit le 370® jour. Enfin un deuxième minimum m„ assez peu marqué d'ailleurs, survient au 440® jour et tombe dans la seconde reprise de ponte, du 370® au 470® jour, avec maximum au 390® jour.
Si nous examinons maintenant les courbes des femelles, groupées deux par deux suivant les affinités de race (fig. 28 et 29), nous y constatons d'abord, en tous cas, les deux vallées comme nous l'avons déjà dit. Nous pouvons voir en plus dans chaque groupe que le régime carné repousse dans le temi)s les points mi et M| et avance m^ ; autrement dit, il concentre les phénomènes dans une plus brève durée.
Mais quel rapport tout cela peut-il avoir avec la ponte t J'ai eu les plus grandes difficultés pour trouver une relation qud-
VARIAJIONS EXPÉRIMENTALES
conque et je finissais par croire qu'il n'y en avait aucune, quand j'ai enfin reconnu dans les phénomènes une certaine sériation qu'il est intéressant de signaler.
Les courbes de ponte que je donne au chapitre VII sont faites avec les moyennes de toutes les poules vivant avec un même coq ; j'ai dû construire des courbes individuelles pour les quatre femelles étudiées ici, puisque j'avais des courbes individuelles pour la variation des globules. Ces courbes individuelles de ponte ressemblent fort aux courbes moyennes, aussi n'est-il pas utile de les reproduire ; prenons simplement note de leurs points remarquables.
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