FIN DE LA PONTE
IIIo
IIo
290» jour 310» — 290» — 306» —
370» jour 360» — 380» — 360» —
420» jour 390» — 420» — 390» —
480» jour 470» — 480» —
Pour comparer entre elles les courbes de pontes et les courbes de globules, il faut simplifier les données trop abondantes du problème et retenir seulement qu'il s'agit de deux phénomènes oscillatoires dont nous voulons confronter les rythmes. A cet effet il convient de conserver rigoureusement les rythmes, c'està-dire de x>ointer exactement en abscisses les temps auxquels surviennent les divers maxima et minima dans les deux cas. Mais il n'est aucunement utile de conserver les amplitudes des oscillations, puisqu'il s'agit de deux phénomènes différents, la X>onte et le nombre de globules, qui ne sont pas comparables en grandeur. Nous simplifierons singulièrement les tracés et les rendrons plus lisibles en adoptant une amplitude constante, c'est-à-dire en mettant, pour chaque x)Oule, tous les minima de ponte ou de globules sur une même ligne horizontale et tous les maxima de ponte et de globules sur une autre ligne. Cela fait, nous joindrons entre eux les maxima et les minima de ponte et entre eux les maxima et les minima de globules. Nous aurons
F. HOOSSAY
Fia. 80. OompanltoD èhei quatre poulet, deux granlvoret et deux oarnlvorei, det rythiaw de U ponte — et de ranémie
alors deux courbes dont les rythmes oscillatoires seront faciles à confronter.
La figure 30 représente ces diverses oi>ération8 graphiques faites successivement sur les quatre femelles ; les courbes en traits pleins figurent les oscillations de la ponte, les courbes en traits interrompus, celles de la richesse du sang en hématies.
n faut, en premier lieu, remarquer sur la série qui va de haut en bas dans notre dessin, que les deux courbes sont d'abord successives, c'est-à-dire représentent des oscillations semblables qui se suivent dans le temj^s ; puis que, par recul de la courbe des globules dans le temps, équivalant à un déplacement vers la droite, en même temps que par avancement de la ponte et i>ar déplacement de sa courbe vers la gauche, les deux tracés finissent par empiéter l'un sur l'autre, de telle sorte qu'enfin les minima d'une courbe correspondent aux maxima de l'autre.
Si l'on considère comme expression de la ponte Vémiêsùm ées œufê, phénomène que nous avons suivi et mesuré, les rapports de l'anémie et de la ponte semblent d'après ces courbes incertains et contradictoires. La contradiction disparaîtrait si l'on cherchait une concordance entre la richesse en globules et la pr&pwraiion des œufs, large différenciation qui représente X>our l'organisme le vrai travail, l'expulsion de l'œuf n'étant plus que la terminaison plus ou moins prompte d'un événement alors accompli dans son principal.
Un fait de connaissance banale nous dirige vers cette interprétation. Les aviculteurs et les fermières savent qu'une x>oule annonce sa ponte, plus ou moins prochaine, par la rougeur des ouïes et de la crête ; c'est l'hyperglobulie qui se traduit par notre maximum M^. Dans la race à laquelle appartient ni^ cette rougeur prémonitrice précède de beaucoup l'émission du premier œuf, elle le précède de 85 jours, c'est-à-dire de près de trois • mois. Dans la race de 11^ (issue de Houdan) la rougeur et le début de la ponte sont des phénomènes presque contemporains ; cette race est considérée comme bonne pondeuse. Observons même que pour HI^ une deuxième rougeur, presque contem-
m p. HOUSSAY
poraine du premier œuf, a le temps de se manifester ; c'est elle qui passe banalement x>our prémonitrice du premier œuf, elle correspond en réalité à la préparation de la seconde ponte pendant que s'effectue la première.
Si maintenant nous enyisageons l'hypothèse que l'hyx^erglobulie, phénomène important, correspond en tous cas au début du travail de la différenciation des œufs et l'anémie consécutive à la réalisation de ce travail organique, nous serons conduits à penser que dans le type 11^ il y a émission sans retard, au fur et à mesure de la différenciation, c'est en cela que consiste le fait d'être bonne pondeuse, tandis que dans le type in, il y a une sorte de mise en charge dans l'ovaire, une différenciation étendue avant le départ du premier œuf.
Chaque section de ponte ascendante reflète une différenciation, ^Ultérieure ou contemporaine, avec section descendante dans la courbe des globules. Le régime de la viande a pour effet, dans chaque race, de rapprocher dans le temps les deux sections corresx>ondantes, de rendre contemporain ce qui était successif, de réduire la mise en charge, d'activer en un mot 1^ fabrication des albuminoïdes et de supprimer pour ces substances une longue élaboration avec production de réservtM durables.
Il est, semble-t-il, fort iutéressant de suivre ainsi le retentissement profond du changement de régime sur toutes les fonctions ; on en retire cette conséquence de la dépendance étroite, intime, de l'organisme et du monde ambiant. Et la modification dans le travail ovarien ne peut être évidemment sans atteindre aussi le résultat même de ce travail, c'est-à-dire la substance de l'œuf.