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LA STATION MARITIME DE GRANTON-ÉDIMBOURG

Sous la haute direction de sir John Murray. Par J.-P. CuNNiNGHAM, directour.

Depuis nombre d'années, la Société météorologique écossaise a dirigé des recherches sur les conditions physiques pouvant affecter les pêcheries d'Ecosse. L'importance de ces investigations fut appréciée à l'Exposition de i882 par le comité exécutif des pêcheries d'Edimbourg qui, le 20 février i883, décida que le surplus des recettes, s'élevant à près de 1 600 livres, serait attribué à la Société pour l'encourager à poursuivre ses recherches sur le hareng, le saumon et autres poissons, et pour établir au besoin une sta- . lion zoologique avec l'aide du gouvernement.

Pendant Kété de 1883, plusieurs naturalistes furent aidés par des dotations prises sur ces fonds. Le Rév. docteur Norman étudia la faune des Inver* tébré^ de vingt-deux des lacs d'Ecosse. Le professeur Herdman travailla à Lochfyne; M. W. £. Hoyle à Peterhead, et M. F. Beddard, maintenant prosecteur à la Société zoologique, à Eymouth.

Le surplus des fonds disponibles était tout à fait insuffisant pour fonder nne station zoologique. Cependant, M. John Murray, de l'expédition du Challenger^ offrit d'établir une station dans Pestuaire du Forth, si, en outre des fonds restant disponibles, la Société s'engageait à attribuer annuellement 300 livres au commanditaire. Une personne s'intéressant au progrès, des sciences en Ecosse lui avait promis i 000 livres (25000 francs), si le projet était mis à exécution ; et des offres furent reçues de plusieurs autres.

L2^ station, qui est ouverte aujourd'hui, possède les trois facteurs essentiels: un petit vapeur aménagé pour les opérations de dragages, sondages et observations à la mer; un laboratoire flottant pourvu d'eau de mer en abondance et disposé pour les expériences et les observations microscopiques, enfin une importante bibliothèque embrassant la biologie marine, la physique et la chimie de l'Océan, et comprenant la bibliothèque scientifique de feu sir C. Wyville Thomson. ■

Dernièrement, une demande a été adressée au gouvernement en vue d'obtenir la construction, sur le rivage, de laboratoires et d'habitations. Cette demande n'ayant pas été accueillie^ on tentera de réunir les fonds nécessaires par souscription publique. En attendant, M. Murray a loué File d'Inchcolm dans le milieu du golfe. Une maison y existe, et il y a lieu d'espérer que des arrangements seront pris pour que les travaux et expériences puissent être prochainement conduits sur cette Ile.

Jusqu'à cette date, les dépenses d'établissement se sont élevées à 2000 livres <60000 francs).

La station est établie dans une ancienne carrière qui s'est effondrée dans

ARCH. DE ZOOU BXP. BT oAm. — 2« SÉRIE. — T. U. 1884. B

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la mer par glissement d'un banc de grès sur une couche de schiste, laissant une excavation de 60 pieds, dans laquelle la vie marine est entrée avec Teau de mer et qui, ouverte par une étroite entrée sur le golfe de Forth^ constitue une sorte d'aquarium gigantesque. Cette carrière se trouve à un mille à l'opeat du havre de Granton.

L'Arche, qui sert de laboratoire, est un ponton en tôle précédemment employé comme porte-fanal, et sur lequel on a bâti un laboratoire en bois. Le tout est maintenu en place dans l'ancienne carrière par quatre fortes chaînes d'ancrage. Une salle est occupée par quatre tables à microscopes, une autre plus grande contient les aquarium et les appareils de chimie pX de physique. La longueur totale de VJLrehe est de 64 pieds, sa largeur de 43 pieds et demi. Sur le devant du laboratoire ae trouve une oloison étanche et une puissante grue à main d'un modèle nouveau qui permet de soulever partiellement ou totalement hors de l'eau des cages flottantea. Sur l'avant ae trouve le magasin pour les appareils de dragage, enfin rarritee est disposé pour le logement du gardien.

Le yacht à vapeur la Meduta a 51 pieds de long, if de large et jauge plut de 90 tonneaux, il est pourvu d'un treuil à vapeur pour hller la drague, d'un engin pour la sortir de l'eau et de tout routillage moderne dea sondages et dragages.

Plusieurs cages flottantes ont été placées dans la oarrière pendant plmieurs mois> elles sont de différentes tailles et formées d'un treillis de ft)r ; les unes sont tenues à flot par des pièces de bois, les autres par des compartiments à air ou des ballons de verre. On y a plaoé un grand nombre de poissomn étoiles de mer, oursins, huîtres et coquilles diverses, qui y proapèrent. Plusieurs harengs enfermés en janvier étaient encore vivants en avril. Plusiours autres expériences permettent de penser que toutes sortes d'animauv vaité* brés et invertébrés pourront être rois en observation dans cas cages.

M. J.-T. Gunningham, direeteur de la station, conduira les trataux xoologiques; M. Hugh Robert Mill dirigera les recherches ohimiques, et H. h Battray les études botaniques.

Les buts poursuivis par les fondateurs de la station sont les suivants : en première ligne, examiner le golfe de Forth au point de vue bialoglque, physique et chimique, provoquer des recherches de soologte et de biologie générales. Les conditions particulières offertes par le mélange d'eau douce et d'eau salée dans le golfe de Forth seront intéressantes à étudier.

La station de dranton est le premier laboratoire permanent de bîelf gie maritime établi en Grande-Bretagne. On cherche à en établir un second dons le Sud. Pendant un été on deux, un laboratoire mobile, dépendant do ^Umvo^ site d'Aberdeen, avait été déjà monté sur différents points des cOtos d'Bceots. La Grande-Bretagne était en retard sur les autres nations à ee point do tue. L'Allemagne a établi la station de Naples, et une conmission d'études à KM ; la France possède plusieurs laboratoires sur les e6tes de i'Àtlantiquo ol 4o U Méditerranée; l'Autriche poMède une station à Trieate^ la SuMo en t DOnté une également, enfin l'Amérique a créé plusieurs laboratoires saaiittaMS on rapport avec ses Universités.

NOTBS ET REVUE. xijt

La station de Granton contribuera, elle aussi, i) y a Hep de l'espérer^ à raTanoement des sciences. Ses ressource» seront à la disposition de tout observateur anglais ou étranger qui désirera en user, à la seule condition de contribuer, autant qu'il le pourra, à compléter les archives de la station. M, W.-A. Herdman, professeur d'histoire naturelle à l'université de Liverppol, a déjà commencé à travailler dans l'Ardkf et se propose d'y poursuivre tes étttdee aar les Ascidies. L. J.

SUR LES RELATIONS ANATOMIQUES DU SYSTÈME VASCULAIRE CHEZ LES ECHINODERMES.

Pw M. P. Herbert Gaupenter, professeur adjoint ao collège d'Eton,

{QutirUrlff Joum. micr. se, octobre 1883, p. 537.)

M. Herbert Carpenter a déjà appelé l'attention sur les graves divergences de Tues des observateurs du continent au sujet du système vasculaire des Echinodermes. Le principal membre de l'école française^ le professeur Perrier, affirme positivement que le soi-disant « cœur » des Echinodermes est une glande d*excrét!on qui communique avec l'extérieur à travers la plaque madréporique et se trouve entièrement libre intérieurement, aucun vaisseau ne s'en détachant pour rejoindre un anneau oral quelconque; en réalité, cet organe ne fait aucunement partie du système vasculaire sanguin. Le professeur Perrier a été conduit à ces conclusions à la fois par ses propres observations sur les Oursins et les Etoiles^ et par celles d'Apostolidès sur les Ophiurides. Il repousse complètement rexistence des vaisseaux sanguins rmOan» décrits par Ludwig dansles Astérides,et, en ce qui concerne les Ourtlnfl, Une peut^ comme Hoffmann^ trouver qu'un anneau vasculaire autour de la boaehe. Cet anneau est décrit comme étant en rapport avec le canal aquifètt (canal du sable) et avec les vaisseaux radiaux qui desservent les tentacides tmsi bien qu'avec le vaisseau marginal ventral ou interne de l'intestin. Il 7 1 donc bien riéellement communication entre l'appareil vasculaire intestinal et le prétendu appareil aquifère.

Cette question de la communication ou de l'indépendance des systèmes aqvifère et sangnin a une Importance fondamentale pour la morphologie des Oiifaina et de tous les Echinodermes. Hoffmann, Agassiz et Perrier ont adhéré à la première opinion, tandis que les travaux les plus récents de Teuscher et de Koebler semblent indiquer que le système vasculaire sanguin des Oursins régalien n'a pas de communication avec le système aquifère^ si ce n'est à travers le tissu spongieux des vésicules de Poli.

J'ai d^à fait remarquer dans de précédentes notices, dit M. Carpenter, que les observations de Ludwig sur les Stellérides l'ont conduit à regarder ce 'qu'oïl 'nonime h emur comme un plexus dépendant du système vasculaire, et

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