Parasites et maladies de la Sacculine
La Sacculine ne meurt pas toujours de vieillesse. Elle est sujette à plusieurs maladies, pour la plupart parasitaires, et dont Tune est mortelle.
Son principal ennemi devrait être son hôte, et cependant elle n'a rien à redouter de lui. Le Grabe n'aurait qu'à saisir son ^parasite avec ses robustes pinces et à Tarracher^ mais il ne sait pas faire cela. Lorsqu'on le prend à la main, cherchant au hasard avec ses piQGtte, il la saisit quelquefois et la maltraite rudement ; mais, abandofiûé à lui-même, il n'y touche Jamais.
- a). Parasîtfs. — M. JouaoAm (XL) a reeonau, dans les racines
de eertaiaes Sacculines atrophiées et revêtues d'un enduit furfu« raeé, noirâtre, un Sacckaromyces^ qui émet à chaque pôle un filament mycéliforme. Je n'ai pas remarqué ces cellules dans les racines ; mais j'ai vu, dans le corps même plus ou moins endommagé de la Sacculine, des sortes de branches ramifiées brunes qui partent de la surface et s'engagent plus ou moins profondément dans les tissus. Je ne sais s'il y a un rapport entre ces productions et les cellules vues par H. Jourdain. Cette maladie est mortelle pour la Sacculine, qui s'atrophie rapidement, se réduit à un petit tubercule et finit par disparaître, Les racines résistent plus longtemps à la dégénérescence> mais elles finissent par être envahies et par se détruire.
Le même auteur parle de psorospermies qu'il aurait rencontrées associées aux cellules du Champignon. Je n'en ai jamais trouvé à cette place. On trouve fréquemment dans le tissu conjonctif péri-intestinal du Crabe des kystes blancs ou bruns, dont quelques-uns laissent échapper^ quand on les écrase, des corpuscules falciformes très reconnaissables ; mais c'est là un parasite du Crabe, et non de la Sacculine.
J'ai rencontré une fois dans la glande cémentaire et deux fois dans l'intérieur même du corps de petits bâtonnets cylindriques ou en biscuits, longs de 10 p., larges de 3 à 4 (ji, à Tintérieur desquels on voyait vers chaque extrémité trois ou quatre points brillants. Ils n'avaient pas de noyau. J'ai considéré ces organites comme appartenant à quelque Schizomycëte. La Sacculine n'en paraissait pas plus mal portante.
M. GiARD (XXXVI) a donné le nom de Cryptoniscus larvm/armis à un gros parasite de i centimètre de long, contourné et moniliforme, que l'on trouve parfois fixé à la Sacculine, non pas toujours, comme il le pense, sur le pédicule, mais en un point quelconque du corps, souvent même près du cloaque. J'ajouterai que le parasite est fixé dans l'épaisseur du manteau par sa tête, que terminent quatre appen-
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dices contournés, deux longs et deux courts. Je n'insiste pas sur cet animal, me réservant d'en parler plus en détail dans un autre travail. M. Giard dit avoir trouvé le mâle dans la cavité palléale de la Sacculine. J'ai été moins heureux que lui. Il est regrettable que, rayant vu, il ne l'ait ni dessiné ni décrit.
Une seule fois^ j'ai trouvé dans un tube évaginé de la glande cémentaire un parasite vermiforme, de couleur rouge, long de 3 dixièmes à 4 dixièmes de millimètre, large de 1 dixième de millimètre environ. Il était formé de onze anneaux dont le premier, probablement céphalique, était gros et conique, les suivants courts et les derniers, de plus en plus étroits en se rapprochant de l'extrémité postérieure. Celle-ci était contournée. Le dernier anneau portait deux tubercules divergents. Il n'y avait pas trace d'appendices. Malgré sa situation, qui conviendrait à un mâle complémentaire, je le considère comme un parasite à cause de son extrême rareté. Il faudrait le retrouver et pouvoir le soumettre à l'étude pour se prononcer, sur sa nature et ses affinités. J'en ai pris un croquis.
Les larves de VEntontscus Carolinii (Fraisse), isopode parasite du Crabe, attaquent parfois la Sacculine, et j'en ai trouvé de complètement engagées dans les tissus de celle-ci. Elles étaient mortes d'ailleurs, victimes de leur méprise.
FréquQmment, autour du cloaque, prospèrent des bouquets de Vorticelles et, sur divers points du corps, de très petites Eponges, des Algues minuscules, parfois des Spirorbes, etc. Toutes recherchent plutôt le Crabe que la Sacculine. Elles ne s'attachent à elle que parce qu'elle se trouve là, ne lui empruntent qu'un point d'appui (sauf peut-être les Vorticelles^qui profitent des courants d'eau qui traversent le cloaque) et ne méritent pas d'être considérées comme des parasites de la Sacculine. M. Giard (XXXYI) dit avoir constaté à Wimereux et à Ostende que la Sacculine était fréquemment étouffée
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par raccumulation dei Moule», d08 Bryocoaireg, 4ei Épongea, etc.,
reieaus par les colonies de Molgula sacialù,
b). Maladies non parasitaires. — Outre ces affections parasitaires, la Sacculine est sujette à une yéritoble maladif, assez commune et ^firi dcrienf parfois grsre.
Dans tous les points du corps, surtout dans le pédicule, on rencontre parfois de véritables perles chitineusas, plus ou moins rondes, formées de couches concentriques.
Fréquemment, dans le manteau, se trouvent accumulés de grQS nodules cbitinenx qui ne sont autre chose que des retinacuh \$y^^ trophiés et monstrueux qui sont restés dans les tissus. J'en ai repré* sente deux (fig. 83 et 84| pi. XXIX].
On voit que ce sont des rétinacles monstrueux dans lesquels la 'vésicule chilineuse, au lieu de former à son intérieur les bouquets de fuseaux barbelés (v. p. 498), a démesurément grossi et formé une série de vésicules concentriques. Celui de la figure 84 montre trois groupes de petites papilles qui représentent des fuseaux barbelés mal développés.
Toutes ces maladies sont peu sérieuses. Il n'en est pas de m^me de la dernière, qui consiste en une hypersécrétion de chitine liquide dans l'épaisseur du manteau. IjC liquide s'accumule dans cette membrane et forme un kyste volumineuse, Tant que Ja paroi est intacte, la chitine reste liquide ; dès qu'on pique le kyste, la liqueur s'écoule et, si on la reçoit sur une lame de verre, on constate qu'elle se solidifie en quelques instants. La croûte ainsi formée résiste à l'action de la potasse concentrée bouillante. Le kyste est toujours unique, et sa grosseur peut atteindre celle du corps. A ce degré de développement, il comprime la masse viscérale, qui se trouve réduite u un petit volume et sans doute plus ou moins altérée.
Il est à remarquer que toutes les maladies non parasitaires de la gacculine se rattachent k une sécrétion anormale ou exagérée de chitine.
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