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SUR LE BOURGEONNEMENT CHEZ LES BRYOZOAIRES

Far Alfred C. Uaddon, M. A., Professeur de zoologie au collège royal des sciences de Dublin.

{Quarterly Journal of mkroscopical sciences, octobre 1883.)

Dans tous les cas de bourgeonnement observés dans le règne animal, on a montré que les trois feuillets embryonnaires primitifs étaient représentés dans le bourgeon. Il est étrange que les Bryozoaires semblent former exception à cette règle, les bourgeons chez ces animaux étant produits uniquement par i'Endocyste, d'après Nitscbe, et par TEndosarque, d'après Joliet.

Ni dans un cas ni dans Tautre, aucun élément hypoblastique n'entrerait dans la composition du bourgeon.

11 est inconcevable, dit l'auteur, qu'un bourgeon puisse prendre naissance s'il ne contient un prolongement de toutes les parties essentielles du parent, c'est-à-dire de l'épiblaste, du mésoblaste et de rhypoblaste; comment, en effet, l'épiblaste ou le mésoblaste pourraient-ils tout à coup rompre avec leurs traditions ancestrales pour assumer des fonctions digestives ?

Partant de ces principes, Haddon cherche à démontrer que les trois feuillets sont représentés dans les bourgeons des Bryozoaires. Il rend (compte de ses observations faites à Naples et à Dublin sur Plustra earb€uea, Fluslra seeurifrons, Flustra pa^^acea^ Bugula flabellata, EucraUa ehelatay ÀUyonidium gtlatinoêum et Laxasoma Tethyœ.

Il pense, sans toutefois rien démontrer, que chez ces différentes espèces le bourgeon est formé à la fois par l'Endocyste et par le tissu funiculaire et que Joliet a été induit en erreur quand ii représente le bourgeon d'Eucratea eomme pouvant se former exclusivement dans le tissu du funicule ou endosarque.

xivi NOTBS ET HBYUE.

Il rtfuse de lousorire I ropinion da ioittt d'ftprèi laquelle rEadourque dériverait dei colloles de rEndocysto lui extrémités végétativee. Eofiiif il n'tdmet pas davantage le terme û'Enioêûrpu proposé par ioiiet pour dési* gner un tissu qui n'est autre chose, d'après lui, qu'un mésoderme bien caractérisé. Toutefois, à la fin de son mémoire, il paraU revenir sur l'opinion qu'il s'est faite de rsndosarquei puisque « chea les Oymnolœmes une portion du tissu fumiculaire est êans douU indirectement dériirée de rArohenteron de l'embryon qui a donné naissance à la colonie. Ce tissu serait plutôt plas* modique que cellulaire et probablimenê plus ou moins revêtu de mésoblute dégénéré ».

Si cette supposition, ajoute-t-il, venait à être vérifiée, le bourgeonnement des Bryozoaires perdrait son caractère anormal.

Haddon figure un bourgeon de FJustre composé de deux couches de cellules; la couche extérieure formera la gaine tentaculaire^le revêtement externe du tube digestif, la membrane interne des tentacules et les muscles ; cette couche extérieure serait d'ailleurs en quelque sorte passive et se moulerait sur la couche Intérieure active.

Cette couche intérieure se trouverait bientôt divisée en deux masses par un étranglement; la masse supérieure forme l'épithélium externe des tenta« cuies et le disque, tandis que la masse inférieure donne naissance à l'intestin.

Ce dernier organe se forme ainsi d'une manière indépendante, n'est tout d'abord rattaché au reste du bourgeon que par son extrémité rectale et ne se met qu*assez tard en communication avec la dépression oesophagienne du disque.

A la fin de son mémoirci Haddon insiste sur les rapports étroits qui lui paraissent rattacher l'inteatin au tissu funiculaire adjacent et semble même admettre que le premier dérive du second. 11 est assez difficile, en somme^ de savoir si l'auteur anglais fait procéder l'intestin de la couche interne du bourgeon rudimentaire ou du tissu funiculaire environnant*

11 combat la théorie des générations alternantes appliquée aux Bryozoaires par Allman, qui, le premier, a considéré la Zoécie et le Polypide comme for* mant deux individus diatinots dérivés l'un de l'autre. L. i.

RECHERCHES MORPHOLOGIQUES SUR LA FLVSTRÀ UEMÊRANÂCEO' TRUNCÀTÀ SMin\

Par le docteur W.-J. VlOEUtS, à la Haye.

(Bioiogiêchên CtnlraSUatt, III, n« «3.)

Le docteur Vigeh'us^ dans le but de jeter p\ug de lumière sur la morphologie des Bryozoaires, a entrepris une série de ni^rtOg^^P^"®^ des principaux types

NOTES ET REVUE. zx;rti

de ClieiJoBtoinas, GUnostomei etGyclostomes*!! publie aujourd'hui le ré»um4 de ses observations sur Tun de ces types, la Fluiira fnmbranacêo^tmneaki

L'ituda de cette espèce montre une fois de plus que les caractères tirés du mode d^accroissement de la colonie sont de nulle valeur pour la classiOoation.

li n'y a que deui formes d'individus nettement définies dans une colonie polymorphe, l'individu nourHcier et Taviouiaire. Les capsules ovigères, pas plus que les filaments adhésifs, n*ont le caractère d'individus.

On peut distinguer quatre catégories d'individus nourriciers ; les individus en voie de bourgeonnement qui occupent la sone marginale, les individus adultes parfois en état de reproduction qui peuvent perdre et régénérer leur appareil digestif, les individus au repos, chez qui le corps brun persiste encore qoelque temps, enfin les individus morts, chez qui tous les tissus, y compris le corps brun, sont disparus ou éteints. Ces deux dernières catégories dlndin vidusse trouvant vers la base dé la colonie. ^

Le Gystida et le Polypide forment ensemble l'individu nourricier. On y distingue : P la peau; 2« l'appareil de nutrition : tentacules et intestin; 3« le tissu parenchymateux.

La paâu est un épithélium ectodermique distinct seulement dans las jeunes bourgeons, plus tard cet épithélium disparaît; non seulement son plasma fondamental, mais aussi ses noyaux paraissent se détruire. Les noyaux de cellu*' les qui, dans l'animal adulte, se voient sur la face interne du squelette cutané^ possèdent de tout autres caractères et appartiennent au tissu parenohymateux qui dérive lui-même de l'épithélium ectodermique.

Sous le nom de lissu pannehytnalêuœf l'auteur désigne provisoirement tout l'ensemble des tissus qui, à l'exception des muscles, se trouvent entre le squelette cutané et le tube digestif. Le tissu parenchymateux de Vigelius comprend donc à la fois l'Endocyste et l'Endosarque de Joliet. Pour l'identiG* cation de ces deux tissus jusqu'ici regardés comme distincts, on peut faire valoir: i* leur mode d'origine dans le bourgeon; î? leur dépendance mutuelle et leur structure histologique ; 3^ leur fonctionnement zoologique, l'Endocyste étant chez les Cheilostomes aussi apte que l'Endosarque àla production des éléments sexuels ; 4<* enfin leurs rapports chez les Entoproctes phylogénétiquement antérieurs. Le tissu parenchymateux se présente dans chaque individu nourricier sous deux formes. L'une est représentée par la coucha pariétale (endocyste) appliquée sous le squelette cutané et par la couche intestinale qui enveloppe l'appareil digestif, Tautre comprend Tensemble des cordons distribués entre la couche pariétale et la couche intestinale (endoearque). Ces deux noms, BndwyHê et Endoêarque, ne servent qu'à décrira la lissu parenchymateux, ils n'ont pas d'autre signification.

Les couches pariétale et intestinale forment un tissu très lâche et trèa délicat, mais non une membrane, c'est une forme mal définie de ces tissus conjonctifs réticulaires qui varient si largement chez les Invertébrés.

La gaine tentaculaire est une membrane dérivée du tissu parenchymateux présentant des noyaux et des libres musculaires.

Les tentacules sont formés d'une membrane fondamentale présentant aussi

xzvui NOTES ET KfiVUE.

des Doyaax et des fibres musculaires, elle supporte extérieurement huit rangées de cellules épithéliales dont les latérales seules sont ciliées.

L'existence d'un système nerveux n'est pas démontrée d'une manière nette.

L'ovicelle est un organe à la formation duquel participent les deux zoécles intermédiaires, ce n'est pas un individu.

L'ovaire et le testicule dérivent de cellules rondes appartenant à la couche pariétale (endocyste) du tissu parencbymateux.

Contrairement à l'hypothèse de Joliet, les produits sexuels bo développent indépendamment du polypide. Les sexes sont généralement séparés, et la fécon« dation a lieu sans doute dans l'ovicelle au moyen de zoospermes venus de Textérieur.

Le corps brun, résidu de Thistolyse du polypide, sert à nourrir l'individu.

Aviculaires et vibracules sont des modifications non du cystide, mais du polypocystide.

Les bourgeons marginaux présentent à Pextrémité, sous une fine couche de chitine, un revêtement de cellules épithéliales arrondies ou polygonales qui sont sans doute un reste de Tectoderme primitif. Cet épithélium terminal disparait ensuite plus ou moins tôt. A ses dépens se forme un amas de cellules très pigmentées qui représente le rudiment du tissu parencbymateux.

En même temps, on remarque un petit amas irrégulier de cellules qui est le rudiment du Polypide. Il n'est pas douteux que (es éléments du tissu parencbymateux primitif ne prennent une part importante à sa constitution. D'autre part, il est très vraisemblable (théoriquement) que la partie interne de cet amas de cellules, dont plus tard dérive l'intestin, a une autre origine et provient de quelques cellules déjà présentes dans le très jeune bourgeon et qui représentent l'endoderme.

Toutefois, l'auteur déclare qu'il n'a rien pu découvrir d'un semblable rudiment endodermique, et que l'impression qui lui reste est bien plutôt que l'amas cellulaire tout entier est formé par le tissu parencbymateux primitif.

Un peu plus tard, les cellules de cet amas se disposent en deux couches, une centrale épaisse et une périphérique mince. Aux dépens de la première se forme l'épithélium de l'intestin et des tentacules; aux dépens delà seconde, le revêtement intestinal, la gaine tentaculaire et probablement aussi la membrane musculaire de l'intestin.

Le reste du développement est tout à fait conforme à la description que Nitsche en a donnée. Les grands rétracteurs sont un produit du revêtement intestinal.

La régénération du Polypide se produit de la même manière. Le rudiment se compose de cellules rondes ou fusiformes (dérivées du tissu parencbymateux ou autres) qui forment un amas irrégulier qui se difiTérencie bientôt en deux couches.

Il est vraisemblable que là aussi se trouvent parmi ces éléments des cel- * Iules endodermiques, mais l'auteur ne les a jamais vues.

En terminant sa notice, le docteur Vigelius critique et combat la théorie d'après laquelle le Bryozoaire serait le résultat de l'union de deux individus, le Cystide et le Polypide.

NOTES ET REVDE. xxix

Contre cette théorie, on peut faire valpir les recherches de Barrois, qui oBt fourni les mêmes résultats pour le déyeloppement du tube digestif des Entoproctes et des Ectoproctes,et ensuite, rorganisation même de Tinditidu nourricier. Il semble impossible de concevoir qu'un animal se serve pour se mouvoir des muscles d'un autre, enGn le Polypide ne naît pas comme une production secondaire, par bourgeonnement interne, mais comme une dépendance du tissu parenchymateux.

On doit, au contraire, considérer le Polypide comme un organe, et le Polypide et le Gystide comme formant un tout indissoluble, la régénération du Polypide n'ayant pas plus de valeur que la régénération d'un organe. Il suit de là que l'espace compris entre la peau et l'intestin est la cavité (générale ou cœlome. Le tissu parenchymateux a les caractères d*un mésoderme : aussi, la question de savoir si les produits sexuels dérivent de l'endocyste ou de Tendosarque perd-elle beaucoup de son importance.

De nouvelles observations sont nécessaires pour comparer le tissu paren* Ghymateux des Bryozoaires marins à l'endocyste des Lophopodes. On peut cependant, dès à présent, supposer que TEndocyste, à trois couches, de ces derniers ne correspond pas tout entier au tissu parenchymateux des premiers, mais seulement Tépithélium interne et la tunique musculaire, la cou* che extérieure épithéliale représentant Tépithélium ectoderroique disparu chez les Gheilostomes. L. J.

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