II NOTES ET REVUE
Le Yolume est superbe.
Il est édité avec grand luxe, Les planche^ sont d'une exécution parfaite. Ceux qui ont vu les dessina ai bien faits d'fimiU Baudelot reconnaîtront tous la gravure et la touche précise, délicate et le fini extrême des fîgures qu'il savait si bien grouper et agencer pour rendre son œuvre claire et facile à comprendre.
Quels éloges n'y a-t-il pas à adresser à la veuve qui concourt si précieusement à sauver de l*oubli Tœuvre de notre cher et ancien collègue.
Le beau livre in-folio sur le système nerveux des poissons, toute œuvre posthumt qa'il ast, n'en ratta pai moins un beau travail, d'antant plus précieux que les ouvrages sur cotte partie de la science sont rares.
Les zoologistes seront reconnaissants à M"^* Emile Baudelot d'avoir fait la publication que nous sommes heureux d'annoncer aujourd'hui.
Une discussion &'e&t élevée au sujet de quelques cntiques contenues dans les premières pages du travail de M« Maupas. Pour que les lecteurs des ArchivH jugent en connaissance de cause, il est, pour eux, utile d'avoir sous les yeux TAttaque et la réponse, car la rédaction dos Ànhivu désire rester entièrement en dehors des critiques qui suivent, H. de L. D.
M. MAUPAS ET LES INFUSOIRES CILIÉS, Par M. Balbianii professeur au GoUèçe de France.
Dans le troisième fascicule de l'année 1883 des Arehive$ de zoologie expertmentale, qui vient de paraître, se trouve le commencement d'un travail de M. Maupas sur les Infusoires ciliés, où je suis assex malmené par ce nouveau venu dans ce canton de la zoologie. M. Maupas assure que mes travaux sur les Infusoires ont entravé pendant près de vingt ans les progrès dans nos connaissances de ces êtres, et que ces travaux venaient d'être définitivement renversés par Bûtschli, ce qui a été un véritable triomphe pour « l'admirable théorie du sarcode de Dujardin «.
Rien n'est, & la fois, plus faux et plus injuste que ce jugement, et les lecteurs du Journal de micrographie , dans lequel ont été publiées mes leçons récentes sur les Infusoires ciliés \ savent parfaitement à quoi s'en tenir sur cette assertion de M. Maupas. Dans mes Recherches sur les phénomènes sexuels des Infusoires, 1861^ que M. Maupas a surtout en vue ici, je me suis à peine
1 Voir Journal de micrographie, 1881 et iSHS,
NOTES ET REVUE. ih
occupé de la question de savoir si les Infusoire étaient des êtres pluricellu-^ laires ou unicellulaires, ou s'iU n'élaient formés que de sarcode, ce qui, pour M. Maupas, parait être la même chose qu'avoir la constitution d'une simple cellule, suivant les vues de M. de Siebold sur l'organisation des Infusoires. Mes travaux n'ont eu qu'un but^ celui de démontrer que ces êtres se réproduisent par des corps que j'ai cru pouvoir comparer aux éléments sexuels mâles et femelles des animaux supérieurs, Ou »ait quel a été le sort de cette théorie, et comment, h la suite des travaux et des interprétations de Bûtschli, provoquant do ma part des recherches nouvelles; j'ai été amené à modifier mes idées sur la sexualité des Infusoires. fiùtschli a interprété autrement que moi les faits que j*ai découverts il y a plus de vingt ans ; il ne les a pas renversés, comme le prétend M. Maupas. Bien loin de là, il les a confirmés sur tous les points essentiels et se plaît lui-même h le reconnaître en maint endroit de son important ouvrage ^ Même lorsque nous sommes le moins d'accord, sa critique est toujours bienveillante, car il sait les difficultés contre lesquelles j'avais ù lutter dans ces recherches où je n'avais pas de prédécesseur qui m'éclairât la voie.
Je désirerais bien savoir ce qu^eût fait à ma place M. Maupas, s'il lui avait été donné de voir, avant la découverte des phénomène» de karyokinèie, les filaments du nucléole des Infusoires que j'ai pris pour de» spermatozoïdes I Je penche essez à croire que la nouvelle théorie de la division nucléaire ne fût pas née ce jour-là. J'en ai même la certitudoi car Ué Maupas en est encore à s'extasier sur f l'admirable théorie du sarcode de Diyardin >> qui est le contre -pied de notre conception moderne du protpplasma et de la théorie unicellulaire des Infusoires, par conséquent.
On a souvent reproché aux savants de no(re paya de rabaisser l^a travaux français pour exalter ceux des étrangers, des Aliemanda surtout, M« Uaupas ne s'est pas fait faute de donner dans ce travers. 11 le fait même de manière à choquer tous ceux qui sent au courant des travaux récents sur les Infusoires. Ainsi il est tout fiel pour les miens et tout miel pour ceux de Stein^ qui pourtant a soutenu comme moi et soutient encore la sexualité des Infusoires, avec beaucoup d'erreurs d'observation en plus.
Si M. Maupas a cru être agréable en particulier à Bûtschli en louant sea travaux au détriment des miens, je puis lui assurer qu'il a^ trompe. 11 est pi* quant de voir comment Bûtschli lui-même apprécie les travaux si sévèrement jugés par Fauteur français ; « Wir verdanken ihm doch die ersteren bahnbre* chenden Forschungen auf diesem schwierigen Gebiet, ^ Forachuugen, ûber deren Tiefe, Umfang und Genauigkeit man crstaunen muss, wenn man bcrûcksichtigt, daas sie von einer irrigen Yorstellung ûber die Natur dcir untersucbten Proçesse geleitet uud gehemmt wurden. » (iQoLqQiêcher AnmgeTi n» iî9, 1883) \
< Sludien Uber die EiieUe, die ielHheilung und 4m Conjugation der Infusorimn^ 197$,
* Voici la traduction de ce passaj^e : « Nous lui devoiia (il QAlbiani] les premières
recherches qui aient ouvert des voles nouvelles dans ce difflcile doipaiQO, reober-
ches dont la profondeur, l'étendue et l'exactilude e^oitenl rélouneipept, quand on