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SPOROZOAIRE D'DN NOUVEAU TYPE

PAR

AIMÉ SCHNEIDER, Prorerseur lio botanique et de zoologie à la Faculté des sciences de Poitiers,

(avec la planchb VI.)

C'est toujours une tâche ingrate que de publier un travail incomplet, et il faut, pour s'y exposer, des motifs puissants. Mais certaines fonnes paraissent si curieuses, les particularités par lesquelles elles tiennent aux autres groupes en font quelquefois des termes de rai* liement si précieux ; il y a souvent pour la science, au point de vue des résultats ultérieurs, tant d'intérêt à les connaître, même imparfaitement, qu'hésiter dans ce cas serait une faute. 11 m'a semblé que le Sporozoaire dont je vais parler était de ce nombre, qu'il y avait urgence à le signaler & l'attention de tous les spécialistes dont il peut guider les nouvelles recherches, d'autant que je ne sais quand j'aurai moi-même la bonne fortune de le retrouver. J'en al fait le genre Ophryocyslhy et je dédie l'espèce au professeur Biitschli, le rédacteur des Sporozoa du règne animal de Bronn.

C'est dans le Blaps que vit en parasite ce Sporozoaire. Préoccupé, pour un travail sur la sporulation, de trouver des kystes qui fussent de formation très récente, j'inspectai chez plusieurs Blaps l'extrémité postérieure du tube digestif le rectum, quand, à ma grande surprise, je vis sur un, à la face externe de ce segment du canal intestinal, tout près de la jonction avec le ventricule, un cordon blanc, sinueux, «erpentiforme, se détachant en saillie, avec des places beaucoup

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plus bombées que d'autres. A côté de lui, se trouvaient deux autres corps semblables. La*'ûgure t représente cet aspect.

Qu'étaient ces productions ? Au premier abord, il eût été bien difficile de le dire; mais j'acquis bien vite la certitude qu'il s'agissait là de vaisseaux de Malpighi accolés à la paroi du rectum, distendus par un contenu spécial et, au lieu de leur teinte habituelle, d'un blanc vif. Je fendis ces tubes, il en sortit un flot de petits globules qui furent répartis sur plusieurs lames de verre pour êtrejes uns, observés tout de suite à l'état frais, après addition d'une gouttelette d'eau légèrement salée, et les autres, traités par les réactifs.

Ces globules étaient des Sporozoaires, des Sporozoaires comme je n'en avais jamais vu, bien qu'il fût impossible de se méprendre sur leur nature. C'est, en effet, un assemblage d'une foule de traits rencontrés isolément ailleurs, jamais unis en une commune résultante. Autant alors le diagnostic général est aisé, autant il est difQcile de se prononcer sur le groupe spécial auquel il convient de rattacher la forme nouvelle, synthétique par excellence, diraient certains zoologistes. Est-ce une Grégarine ? Est-ce une Coccidie ? Est-ce une Myxosporidie ? Vous en jugerez, car voici ce que montrèrent les lames de verre. J'ai multiplié les dessins, consacrant une planche entière à rendre tous les aspects importants, cherchant à n'omettre aucun des détails qu'il m'a été permis de constater, certain que si quelque bel esprit trouve ce luxe inutile, l'imputant à pauvreté d'imagination, les spécialistes me sauront gré de ma fidélité et de mes scrupules.

Toutes les figures ont été dessinées à la chambre claire avec la lentille à immersion n*" 9 d'Hartnack, tube tiré. Au bas de la planche, à gauch^, se trouve une échelle dont chaque grande division vaut un centième de millimètre. Cette échelle s'applique à toutes les figures, moins le numéro i, dessiné à un faible grossissement.

Commençons par l'examen des objets à l'état frais.

Ainsi qu'il se conçoit, la portion renflée des tubes de Malpighi, siège de la production parasitaire qui nous occupe, obstruiée parce

OPHRYOCYSTIS BUETSCHLIl. H3

contenu môme, ne renferme qu'une si imperceptible quantité de li<quide que l'observation de VOphryocystis dans son milieu naturel est ou me paraît être impossible. C'est là le premier tort de ce travail, qui en a beaucoup, que de ne pas prendre le parasite dans les con« ditions les meilleures. J'ai donc ajouté un peu d'eau salée, véhicule qui m'a souvent réussi pour des parasites délicats, mais dont il me serait difficile de dire si j'ai eu ou non à me louer ici.

Ce n'est pas que cette eau salée ait apporté le moindre trouble apparent: tels les Protozoaires furent rencontrés par elle, tels ils restèrent; mais c'est cette persistance même qui me désole, car je crois que, dans son véritable milieu, VOpkryocysiis décèle des mouvements, et que sa forme ne varie pas moins que celle d'une Amibe, quoique très lentement peut-être.

Qu'on jette les yeux sur toutes ces figures (2 à 16); ces prolongements, les uns simples, les autres subdivisés, sont bien d'une Amibe. Tout le monde croira que c'est un Amibien que j'ai dessiné, et l'esprit se refuse à admettre l'immobilité de ces Pseudopodes. Je m'y refuse comme chacun, mais enfin je ne puis dire les avoir vus remuer. Ceci rappelle la manière d'être des Myxosporidies; on peut dire que c'est la phase myxosporidienne de VOphryocystis.

Gomme les Myxosporidiés S en eifet, ces corps sont nta, sans enveloppe. Les véritables Myxosporidiés offrent aussi un contour irrégnlier, hérissé de prolongements, et, chose remarquable, ces prolongements y sont aussi d'une telle inertie que leur nature est un sujet de controverse. Lieberkûhn a vu de faibles mouvements amœboïdes sur l'espèce du Brochet ; Gabriel, au contraire, a nié l'assimilation à des Pseudopodes, s'appuyant sur ce que, si la faculté de pousser des prolongements existe — et il est clair qu'on ne saurait la contester — celle de les faire rentrer dans le corps est absente. Bûtschli a con«

* Voir LiBBBKKUSHN N., Ueber dU Psoroip$rmien [Arch. f, Ânat. «. Physiol., 1842, p. 193). — Gabriel B., Uéber di$ in den Harnbiasê d$s H9ChUs tich findenden parasitiMchm GebUde, Berieht der schUs {GeseUsch. f, d. J.y 1879, p. 26-33). — Buets- CHu 0., Zur Kenntniss der FUchspsorospermwn IZeitschr. f. wiss. Zaol», vol. XXXV, I8S0, p. 629-651, pi. xxxi).

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