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ANATOMIE

CO!fFORMAT(ON EXTÉRIEURE.

La ventouse se présente avec des caractères extérieurs différents suivant qu*on la considère chez les Octopodes ou chez les Décapodes. Chez les Poulpes et les Octopodes, les ventouses sont sessiles et reliées au bras par une base élargie, tandis que, chez la Seiche et les Décapodes, elles présentent un pédoncule allongé. Ce caractère fondamental, signalé par tous les classificateurs, entraîne avec lui une série de modifications secondaires très importantes qui nécessitent rétude successive de ces deux types distincts.

Octoptis. — Chez le Poulpe, la ventouse est formée par une cupule enfoncée dans une masse basilaire conique à sommet tronqué.

Elle présente une face extérieure qui se perd insensiblement du côté du bras. Cette face est recouverte par la peau qui semble conserver ses caractères extérieurs typiques. Les chromatophores et les taches irisées sont abondants sur ces points périphériques (pi. XX,

fig. 1).

Cette face se termine au sommet de la ventouse et en constitue le bord libre. On remarque sur ce bord de nombreuses papilles qui lui donnent un aspect velouté (pi. XX, fig. i, à).

A partir de cette circonférence qui limite l'ouverture de la ventouse, commence la face interne qui constitue la paroi de la cavité de la ventouse. Cette cavité est très comparable à celle d'une bourse à coulisse presque close. Une première portion supérieure a la forme d'un entonnoir à sommet inférieur. Un orifice, correspondant à cette partie effilée, donne accès dans une chambre plus profonde, qui répond à la partie contenante de la bourse. La cavité de la ventouse se trouve ainsi divisée en deux portions superposées : Vinfundihulum (fig. i, i) et la chambre acètabulaire (fig. 4, ch) séparés par un on^ee intermédiaire (fig. 1, o).

LA PEAU DES CÉPHALOPODES. :^8i

La chambre présente son plafond perforé par l'orifice. Le plancher se renfle légèrement en une saillie mousse dans sa région centrale correspondant à cet orifice (fig. i, p).

La paroi qui limite la cavité de la ventouse est couverte de très fines granulations rudes au toucher qui forment un semis très serré, surtout sur Finfundibulum et sur la saillie du plancher. On remarque sur Tinfundibulum deux ordres de stries très nettes; lesunes convergent vers l'orifice comme autant de rayons ; les autres, au contraire, coupent les précédents, formant une série de cercles concentriques.

Sépia. — La ventouse de la Seiche est supportée par un pédoncule effilé (pi. XX, fig. 11). Elle présente une forme hémisphérique. La face extérieure comprend deux zones superposées ; une de ces zoneSy l'inférieure, en rapport avec le pédoncule, est lisse et homogène (fig. li. A); l'autre, supérieure, est veloutée et hérissée de prolongements papilliformes (fig. i\, f)- G®^^® dernière zone se termine au bord libre. On observe, parallèlement à ce bord, un liséré couvert de granulations rigides disposées en rangées concentriques (fig. H,/).

La circonférence qui limite Touvecture de la ventouse porte une série de dents saillantes (fig. 12, rf).

La face interne de la ventouse répond à une cavité profonde et arrondie. Cette cavité n'est pas divisée en deux parties comme chez les Octopodes. Il n'y a qu'une chambre acétabulaire sans infundibulum. Les parois latérales de la chambre sont formées de deux parties distinctes.

Au-dessous de l'ouverture de la ventouse, on trouve Yanneau corné (fig. iâ, ac) qui porte les dents signalées au bord libre. Cet anneau devient caractéristique des Décapodes. Au-dessous, la paroi est molle et délicate.

Du plancher de la chambre s'élève une masse charnue, comparable à un piston, servant à faire un vide relatif à l'intérieur de la ventouse.

:<82 PAUL CIRÛD.

Ce pislon (flg. iS, P) constitue une proéminence arrondie qui s'élève de la cavité acétabulaire. Fusionné par sa basa avec la ter* minaison du pédoncule, il s'élève comme un tronçon de e^^indre limité par une face supérieure. C'est cette surface terminale qui semble former le fond de la eavUé lorsqu'on regarde l'intérieur de h ventouse. On observe que sa disposition varie suivant Tétat considéré de l'ensemble.

Tantôt cette surface est dépriméOi formant une sorte de cupule avec une ponctuation oMitrale plus enfoncée» tantôt elle est bombée et la ponctuation centrale est remplacée par une petite tubérositi saillante (pi, XX, 4g. il et i 3, v).

Cette étude essentiellement morphologique permet d'apprécier dès l'abord les difiérenoes fondamentales que présenta la ventouse dans les deux groupes des Dibranches.

Chez les Octqpodes : absenoe de pédoncule; absence d'anneau corné et de ses dents terminales; division de la cavité de la vwtoos^ en un infundibulum et une cbarpbre acétabulaire; pas de piston caillant dans cette cavité.

Chez les Décapodes : un pédoncule, un anneau, un piston eailUnty mai$ une cavité acétabulaire unique et «an» orifice iatermédi^re.

TBXTURB.

Les différencps quq la conform^ion extérieure présent9 dès l'abord daps lu ventQus§ du Poulpe et de h Sépia deviennent (encore plus évidentes par l'observation des parties cou^tituftutes de l^ ventouse et deç rapports qu'elles iiffectent entre elles.

Octopus. — I^a ventouse du Poulpe est constituée par une on-» pule élastique formant une ^orte de bourse (pi. XX, flg \ et J, ç). A une certaine hauteur se trouve, enchâssé dans la cupule elle-n)4n)§ et formant un anneau complet, un sphincter musoulaire, jouant le rôle de la coulisse pour la bourse (flg. 2, sp),

La force contractile de cet anneau a pour antagoniste une série

de n^usclea qui, fixée sur le bras, s'insèrent d'4i)tr0 part sur 1^ cupule ot tendent, par leur contraction, h augmenter sa cavité interne, len attirant en dehors sa paroi (fig. ^^ m,rn). Cet ensefnbla est recouvert par la peau qui relie la ventouse au bras iSQUSrjaoent et qui s'enfonce en se modifiant dans la cavité de la ventouse.

Ce scbéma général doit ifttre complété par des détails sur ces parties conslituantes,

La aupule élastique se compose d'nn fond et d'iina paroif I^e fond est épaissi vers sa région centrale et forme le squelette de la saillie obtuse signalée en ce point.

I^a paroi est coudée h peu pr^s k moitié de %^ hanteur, fîn ce point aile est entraînée vers l'intérieur pour former la bordure de Torifiee intermédiaire. Par suite de cette disppsitioni la [coupe de la cupule montre Tapparence 4^ deux Z^, l'un normal, Tautre retourné et qui seraient acpolési par l'extrémité de \q\ïv branobe inférieure. C'est au point d-nnipn des deni^ branche^ qne se trouve l'épaississement du plancher- Sauf en ce dernier point, la cupule élastique présentd h peu près en toutes ses parties une égale épaisseur.

Cette cupule montre encbltssée entre ses libres une aérip û» muscler concentriques on sphincters, qui jouent un rôle important dans les mouvements de l'appareil.

Un de ces sphincters se fait remarquer par ion volume et sa situa» lion. Il borde rorilice intermédiaire de la cavité de la ventouse et se trouve au point où la cupule se porte fortement en dedans, C'est un véritable anneau contractile chargé de rétrécir Toriflce.

Pour prendre une idée nette des rapports et de la constitution de ce sphincter, il est nécessaire de pratiquer sur la ventouse une coupo verticale passant exactement par sa région moyenne et le divisant en deux-partie^ égales. On voit alors, à l'angle formé dans la Z delà cupule par la rencontre do 1^ branche supérieure et de la branche moyenne, une trape allongée, oval^ire qui est la coupe de Vanneau musculaire (flg. 3, «/?). Cet ^nnow est complètement m^is inégale» ment entouré par le tis^u élastique de la cupule* Sur sa face interne

38i PAUL GIROD.

il n*est séparé de l'épithélium de la cavité que par une faible épaisseur, tandis que par sa face externe il répond à une masse épaisse et compacte de tissu (fig. 3, sp).

Outre ce sphincter caractérisé par son développement plus considérable, on observe la présence de nombreux anneaux musculaires plus ténus qui sont enfermés dans la cupule élastique. Ge sont eux qui forment, sur la paroi de Tinfundibulum, la série d'apparence de cercles concentriques que j'ai signalée précédemment. Ces sphincters se présentent sur la coupe comme dès traînées épaisses et allongées séparées par des ponts de tissu élastique (fig. 2, ss, ss).

Dans la paroi de l'infundibulum ces anneaux sont plus rapprochés de la face interne, tandis que dans la paroi de la chambre, ils sont appliqués contre la face extérieure de la cupule.

Cet ensemble est complété par la série des muscles extrinsèques. Ils comprennent des muscles propres à l'infundibulum et des muscles partant de la région annulaire qui limite l'orifice. Les muscles en relation avec l'orifice comprennent deux ordres de faisceaux différents par leurs connexions et leurs points d'insertion. Us partent tous de la rainure que présente sur sa face externe la cupule, suivant la ligne correspondant à l'orifice et au ploiement qui le circonscrit.

De là, les uns se portent directement en bas, du côté du bras et viennent confondre les fibres avec les fibres profondes du tégument. Les autres, au contraire, viennent rejoindre un point opposé de la rainure en passant au-dessous du plancher de la cupule.

Ainsi sont constitués : i^ un cylindre musculaire s'insérant dans la rainure de la cupule et se portant vers la masse centrale du bras ; 2' une cupule contractile doublant la cupule élastique et se trouvant inclus dans le cylindre précédent.

Ces muscles ainsi disposés se trouvent, au moment de la contraction, devenir les antagonistes des sphincters, comme je le décrirai plus tard. Les muscles de l'infundibulum montrent entre la peau et la cupule des faisceaux s'insérant à diverses hauteurs sur la paroi élastique et se prolongeant par un faisceau terminal jusqu'au bord libre.

La contraction de ces faisceaux amène révasement de Tentonnoir que les sphincters intrinsèques tendent à fermer.

La cupule élastique et les muscles qui l'accompagnent forment la partie centrale et fondamentale de la ventouse.

La peau qui recouvre le bras s*élève sur cette masse basilaire, atteint l'ouverture de la ventouse, puis se replie à Tintérieur de la cavité qu'elle tapisse.

Au point où il atteint le bord libre de la ventouse, le tégument présente une série de papilles saillantes qui forment un organe contenant des terminaisons nerveuses spéciales et jouant probablement un rôle particulier dans certaines sensations (fig. 2, f).

Jusqu'à ce bord, la peau se présente avec ses couches sucessives épidermique et dermique ; dans la cavité elle semble réduite à une couche épithéliale. Cette disposition dernière est due aux modifications profondes subies par le derme pour la constitution delà cupule élastique.

Sépia. — La ventouse pédonculée de la Seiche est construite sur un plan différent* Les muscles sont rejetés vers la partie inférieure de la ventouse et l'anneau corné constitue presque seul la paroi audessous du bord libre (pi. XX, flg. i2}.

L'anneau corné (fig. 12, ac) est plus épaissi dans sa région moyenne qu'à ses deux bords. Sa coupe est celle d'un croissant plus ou moins régulier. Son bord supérieur est divisé en une série de proéminences aiguës, alternant avec des dépressions intermédiaires. Il constitue ainsi la série de dents qui bordent l'ouverture de la ventouse (fig. 12, d). Son bord inférieur termine un biseau qui s'appuie sur un anneau musculaire puissant (fig. 12, sp).

La masse musculaire se compose de deux parties distinctes :

Un sphincter formant l'anneau contractile en rapport avec l'anneau corné.

'r Des fibres dirigées en divers sens qui constituent le plancher de la cavité acétabulaire et font la saillie centrale du piston.

Le sphincter occupe la partie inférieure de la paroi de la ventouse.

ARCH. DK ZOOL. EXP. ET GiÏN. — 2« SÂRIE. — * T. II. 1884. 25

Il présente une section arrondie avec un léger aplatissement latéral

(fig. <2, sp).

Les muscles qui forment, par leur entre-croisement, le centre du piston sont, les uns latéraux, les autres centraux. Les muscles latéraux s'insèrent sur la paroi au-dessous du sphincter et se recourbant en demi-cercle s'épanouissent en un cylindre saillant (fig. 12, w4). Les muscles centraux sont le prolongement des muscles du pédoncule et se dirigent directement vers le centre du piston (fig. 12, ma).

C'est en ce point que se trouve, lorsque le piston est contracté, Tinvagination de la partie centrale de sa face supérieure. Cette invagination épithélialc forme une masse compacte qui simule une glande profonde. Les muscles centraux considérés dans cette position du piston s'écartent latéralement pour permettre le développement de rinvagtnation et forment ainsi une logette qui la contient (fig. 42, v).

Le pédoncule présente entre les muscles longitudinaux qui se terminent au centre du piston, des groupes de fibres transversales qui complètent la musculature de cette partie.

La ventouse se complète par Tadjonction du prolongement cutané qui, émanant du bras servant de support, s'étend sur le pédoncule et tapisse la ventouse et sa cavité interne.

Ce revêtement superficiel varie suivant les points considérés. Très mince sur le pédoncule, il persiste avec ce caractère sur la partie inférieure de la ventouse. Vers la partie supérieure de l'anneau corné la peau se replie en papilles saillantes (fig. 12, /), qui s'étendent jusqu'à quelque distance du bord libre.

En ce point commencent les granulations qui forment un liséré extérieur au cercle des dents terminales (fig. 12, s). Ces granulations diverses dépendent des cellules épithéliales qui font suite aux cellules des villosités. De ce point, ces cellules s'enfoncent en arrière de l'anneau corné qu'elles supportent, puis elles deviennent libres de nouveau et forment le revêtement superficiel du piston et de l'invagination centrale.

Cette description montre que l'anneau corné et sa dent terminale se trouvent superposés au tégument. Cet ensemble constitue, comme le liséré granuleux qui le précède, une dépendance superficielle des cellules sous-jacentes. J'aurai & revenir avec détail sur ces rapports particuliers à ces parties.

L'étude précédente de la texture de la ventouse chez les Octopodes et les Décapodes permet de compléter le parallèle anatomique que nous avons esquissé en traitant de la conformation extérieure.

Chez les Octopodes : cupule élastique, étranglée dans sa partie moyenne par un anneau contractile constricteur, et donnant insertion à des muscles dilatateurs extrinsèques, jouissant par conséquent xl'une mobilité lui permettant de modifier retendue de sa cavité intérieure.

Chez les Décapodes : coupe doublée d'un anneau corné peu mobile et formant une sorte de corps de pompe dans lequel se meut un piston par l'action de muscles puissants,

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