SO
La Descente de croix.
Saint Roch conduit par un ange.
Sainte Lucie sur un bûcher.
J. Jeghers. — IXc^hcrs. Je. Cette signature se voit au bas de la grande vignette que Hubert Antoine, imprimeur de Bruxelles, beau-fils et successeur de Rutger Velpius, en 1615 (î), avait coutume de faire appliquer à la fin des placards de format petit in-4°, qui sortirent de ses presses de 1656 à 1660. La vignette, imitée de celles dont son beau-père s'était servi, représente un joli cartouche formé d'anges et de fruits, au milieu duquel se trouve un double
(1) H. Rousselle, Bibliographie montoise, p. 129.
aigle avec un Christ crucifié en cœur, et la légende suivante bien connue, sur des banderoles : Sub ombra alarum tuarum protège nos. Cette gravure sur bois est traitée dans la manière du célèbre Christophe Jegher, et le graveur que nous venons de citer pourrait bien avoir avec lui quelque lien de parenté, s'il n'est pas son fils, ce qui n'est point inadmissible.
§ 25. Sphragistique.
Sommaire : Grand sceau et contre-sceau de Wenceslas et de Jeanne. — Sceaux de Jean du Vivier, orfèvre de Charles V, roi de France. — Sceau de Jean Van der Rosen, orfèvre à Paris.
Le grand sceau avec contre-sceau de Wenceslas et de Jeanne, duc et duchesse de Brabant, de Luxembourg et de Limbourg, que nous publions ici, a été trouvé récemment par notre collègue et ami, Mr Ch. Piot, dans les Archives communales de Léau (i). Il est attaché à la charte dite Joyeuse entrée de ces princes, datée du 3 janvier 1356 (n. st.), qui fut donnée par eux, ainsi qu'à toutes les autres villes et franchises du Brabant. C'est, croyons-nous, le seul exemplaire qui en existe encore aujourd'hui, ce qui le rend d'autant plus précieux. Bruxelles, Lierre, Vilvorde, Over-Yssche, Tervueren, et presque toutes les localités qui ont anciennement eu en leur possession un exemplaire de la Joyeuse-entrée, ont perdu cette pièce importante, et avec elle la plupart de leurs chartes contenant ces privilèges dont elles furent toujours si fières et si jalouses. De plus, nous sommes très-porté à croire que le grand sceau dont nous parlons n'aura servi que pour cette circonstance, car nous n'en avons jamais rencontré le moindre fragment qui pût
(1) Ces archives sont aujourd'hui déposées aux Archives du royaume.
nous en révéler l'existence, et cependant nous, avons eu occasion de voir plusieurs milliers de chartes de toute espèce, émanant de Wenceslas et de Jeanne. Les seuls sceaux de ces princes connus avant la découverte de Mr Piot, sont petits et de travail assez insignifiant au point de vue de Fart, et en somme peu dignes des souverains qui s'en servaient : on peut en voir la reproduction, trèsincorrecte toutefois, dans le t. 1er des Trophées de Brabant, par Bulkens, et dans la Notice sur les sceaux des comtes de Louvain, etc., de MT le chanoine De Ram (1).
Au lieu de se faire représenter sur leurs sceaux à cheval comme leurs prédécesseurs, Wenceslas et Jeanne se sont contentés d'y faire figurer un écusson à leurs armes. La légende du grand sceau que nous reproduisons, sceau dont le travail artistique est d'un mérite incontestable, est divisée en deux cercles et conçue en ces termes :
* s : yiïGjicqsjiïx * dot s 6Kà ïjrrca = Jb^bobSh - jg& ïimmx&G£ dvcissg.
Sur le contre-sceau se voit une femme, abritée sous un dais, tenant deux écussons aux armes du duc et de la duchesse, avec la légende qui suit :
Des trois petits sceaux qui figurent sur la même planche que ceux que nous venons de décrire, deux appartiennent
(1) Mémoires de l' Académie, t. XXVI.
à Jean du Vivier, qui se qualifie, eu 1374, d'orfèvre et valet de chambre de Charles V, roi de France, titre que possédait, de 1569 à 1573, Jean de Heckensele, dont l'origine nous paraît toute flamande. Le plus ancien, celui dont il se sert pour sceller un acte de l'année 1574, nous semble être une intaille antique, enchâssée dans une bague et entourée d'une bordure en or sur laquelle il a gravé son nom : S. Jan. du. Vivier. Il emploie le second en 1579; c'est évidemment encore une intaille antique qui servait de chaton à une autre bague.
Le dernier de ces trois sceaux est celui de Jean Van der Rosen ou de la Rose, orfèvre de Bruxelles ou tout au moins d'origine bruxelloise (î), établi à Paris, dont il se dit bourgeois, sous le règne de Charles V, roi de France. Les prêts qu'il fit à Wenceslas et à Jeanne témoignent de son état de fortune, et les nombreuses pièces d'orfèvrerie qu'il livra à ces princes prouvent qu'il s'était acquis une brillante réputation. C'est un chef-d'œuvre de gravure et de grâce, et dont notre orfèvre est sans nul doute l'auteur. Ce petit sceau représente une rose, par allusion au nom de l'artiste, entourée d'ornements de la plus grande finesse et du meilleur goût, et de cette légende :
* £!XQ)K?me(S 3>6 ROSiL
(i) En 1575, vivaient dans cette ville Jacques et Walter Van der Rosen, qui faisaient partie du lignage patricien de Serhuyghs. Cette famille paraît avoir pris son nom d'une habitation appelée la Rose, située sur le Marché, aujourd'hui Grand'Place, habitation que possédait encore en 14-32, Catherine Van der Rosen, femme de Melchior d'Arquennes. Waller Van der Rosen, qui fut échevin de Bruxelles, en 155(3, portait pour armoiries, un écu de gueules, billeté d'or à trois lis de même, cantonné a dextre d'or à trois maillets de gueules. [Voy. A. Henné et A. Wauters, Histoire de Bruxelles, t. II.)
§ 24. Voyages scientifiques.
Sommaire : Voyages divers entrepris de 1785 à 1788, par ordre de Joseph II, en Asie, en Afrique et en Amérique.
En 1783, l'empereur Joseph II résolut de compléter la ménagerie, le cabinet d'histoire naturelle et les jardins publics du palais de Schônbrunn, et fit choix de cinq personnes pour aller faire un voyage en Amérique, en Afrique et en Asie, à l'effet d'acheter et de recueillir toutes sortes d'animaux, d'oiseaux, de plantes, de coquillages, etc., pour enrichir ses collections. Celte mission fut confiée à Joseph Màrter, docteur en médecine et professeur d'histoire naturelle au collège Thérésien, à Vienne; Matthias Stupiez, docteur en médecine; Bernard Moll, peintre de la cour ; François Boos et François Bredemayer, tous deux jardiniers botanistes de la cour. L'empereur donna à Mârter, qu'il nomma chef de l'expédition, des instructions détaillées sur les pays qu'ils devaient parcourir et la manière dont ils auraient à se conduire dans les contrées lointaines où il les envoyait. Ils devaient s'embarquer pour Philadelphie, séjourner dans les provinces méridionales des États-Unis, jusqu'à ce que la saison leur permît de visiter les Antilles, et d'y attendre le moment favorable pour traverser l'isthme de Panama et se rendre au Pérou. L'empereur laissait à Mârter de décider la continuation de leur voyage par le Chili vers les îles Philippines. A défaut d'occasion directe du Pérou pour cet archipel, ils devaient remonter jusqu'au Mexique, et attendre à Acapulco le départ du galion royal qui s'y rendait annuellement. Après les îles Philippines, ils avaient à visiter les îles de la Sonde, les côtes du Bengale, de Coromandel et de Malabar, l'île de Bourbon et le cap de Bonne-Espérance. Le chef de l'expédition était toutefois autorisé par Joseph II à se départir de cet
itinéraire, pour autant qu'il y aurait rencontré de trop grandes difficultés. Il devait surtout saisir toutes les occasions pour envoyer en Europe les objets déjà recueillis. Dans le cas où ces transports auraient été par trop considérables, il pouvait désigner l'un de ses quatre compagnons pour les escorter. Si le professeur Marter fût venu à mourir en route, l'empereur avait délégué la direction à Stupiez, et à défaut de celui-ci , au peintre Moll. Ces instructions, dont nous ne présentons ici qu'une courte analyse, sont datées de Vienne, le 50 avril 1785.
Marter et ses collègues quittèrent la capitale de l'empire munis de bons passeports et d'un grand nombre de lettres de recommandation pour les gouvernements des pays qu'ils se proposaient d'explorer. Ils arrivèrent à Bruxelles, au mois de mai, et se rendirent dans les premiers jours de juillet à Nantes, afin d'y prendre place sur un navire faisant voile pour les États-Unis, n'en ayant pas trouvé à Anvers ni à Ostende. Nous n'avons sur ce voyage scientifique que peu de renseignements, et l'on ne doit espérer d'en trouver de plus amples que dans les Archives impériales, à Vienne. Voici ce que nous savons :
Au mois de septembre 1784, le jardinier Bredemayer arriva de Londres à Ostende avec des caisses d'arbustes et de plantes et des cages d'oiseaux, de retour d'Amérique, où il s'était embarqué à Charleston , dans la Caroline méridionale, à bord du navire John and Mary, capitaine J. Currie, en partance pour l'Angleterre.
Boos ne se sépara de ses compagnons que longtemps après : il revint de Charleston à Londres, et de là aux Pays-Bas, à la fin de juillet ou au commencement d'août 1785, sur le navire the Emperor, capitaine J. Rennie, avec un grand nombre de cages renfermant des animaux vivants et plusieurs caisses de plantes de toute espèce. Il partit immédiatement pour Vienne, afin de rendre compte
à l'empereur du voyage entrepris par ses ordres. Joseph II lui enjoignit de se remettre immédiatement en roule pour le cap de Bonne-Espérance, avec mission de visiter ensuite l'Ile de France et l'île de Bourbon, puis de revenir en Europe : Boos et un autre jardinier, nommé Schull, qui lui avait été adjoint, passèrent par Bruxelles pour se rendre à Amsterdam, où ils arrivèrent au mois de décembre, deux jours après le départ du vaisseau de la compagnie des Indes orientales sur lequel ils croyaient prendre passage. Us attendirent dans cette ville jusqu'à ce que la compagnie leur accordât l'autorisation de s'embarquer sur le navire la Hollande, qui mit à la voile du Texel, à la fin de février 1786. Une lettre de Boos, datée de Port-Louis, dans l'Ile-de-France, nous atteste qu'il se trouvait déjà dans cette ville au mois d'avril 1787, et qu'il ne l'avait point encore quittée en décembre. Au commencement d'août 1788, il revint aux Pays-Bas par l'Amérique, où il rejoignit le docteur Marier , qui le chargea de surveiller le transport des caisses destinées aux jardins de l'empereur.
Au mois de février 1787, Joseph II envoya un sieur J. Gros-Jean à la Jamaïque pour aller se mettre à la disposition du chef de l'expédition et lui porter des livres qu'il avait demandés : il devait trouver ce dernier à Kingston. Gros-Jean était de retour à la date du 30 août, avec plusieurs caisses de plantes, et un grand nombre d'oiseaux et d'animaux.
Le professeur Mârter et ses compagnons paraissent être revenus en Europe vers le milieu de l'année 1788, après une absence d'environ cinq ans (î).
(1) Ces détails sont extraits des cartons intitulés : Gastos secrelos, dans les archives de la secrétairerie d'État et de guerre, aux Archives du royaume.
§ 25. Inventaire de tableaux.
Sommaire : Inventaire de la collection de tableaux de Charles de Croy, duc d'Arschol, etc., existant au château de Beaumont, en 1613. — Tableaux de Roger Van der Wt-yden, le vieux, Michel Van Cocxyen, Fr Floris, J. de Momper, C. Van Mandere, P Veronese, Jean Naghel, Henri Joerdaen, Mesdacq, etc. -r- Verrières de l'église de Coniraines. — Robert de Noie.
La collection de tableaux dont nous publions ici l'inventaire, est celle qui existait au palais ou château de Beaumont, en Hainaut, propriété du célèbre Charles de Croy, quatrième duc d'Arschot, dont le baron de Reiffenberg a publié les .Mémoires (i), et qui ajoutait à ce litre ceux de prince du Saint-Empire, de Cbimai et de Porcien; de marquis de Monlcornet, de comte de Beaumont et de Seneghem; de vicomte de Grand-Reng et de Nieuport : de baron de Bierbeek, Rotselaer, Héverlé, Commines, Halewyn, Quiévrain, Blaton, Harchies, etc., et de seigneur d'un nombre presqu'infini de terres situées en France et aux Pays-Bas. Cet inventaire fut rédigé peu de temps après sa mort, lorsque ses héritiers s'occupèrent du partage de son immense succession.
Charles de Croy mourut le 13 janvier 1612, à l'âge de cinquante-deux ans, trop tôt pour les artistes qui lui avaient de si nombreuses obligations, et qui enfantaient des chefsd'œuvre à l'ombre de celte puissante protection. Lorsqu'il fit son testament, au mois de juillet 1610, prévoyant sans doute que son heure dernière approchait, et ne voulant pas que les travaux considérables que l'on était en voie d'exécuter par ses ordres dans tous ses domaines, restassent inachevés, il enjoignit à ses héritiers de faire restaurer la chapelle de Saint-Chrysole à l'église collégiale de Commines, et les verrières représentant la Passion, la
(1) Mémoires autographes du duc Charles de Croy; Bruxelles, 1845.
Résurrection, l'Ascension, le dernier Jugement, etc., ainsi que les tombeaux des seigneurs de Halewyn et de Commines, qui ornaient ce petit édifice, où les vandales du XVIe siècle avaient porté leurs dévastations impies (i). II prit en outre soin de l'achèvement des ouvrages commencés dans tous ses domaines (2), entre autres de celui du château de Saint-Josse-len-Noode et du palais de Beaumont et de ses dépendances, le tout d'après ses propres instructions écrites, et suivant les plans et les dessins qu'il en avait fait tracer par divers architectes et ingénieurs distingués (5). Le duc prescrivit encore à ses successeurs de veiller au bon entretien des mausolées et sépultures de ses ancêtres et parents dans l'église du couvent des capucins, à Héverlé, et à la conservation de tous les meubles de luxe, tels que stalles, autels, etc., dont il s'était plu à l'enrichir (4). Enfin il régla aussi ce qui concernait sa propre sépulture et le monument qu'il voulait qu'on lui élevât pour perpétuer sa mémoire. « Quant à nostre sépulture, — dit-il, — nous » entendons qu'icelle soit mise et posée à la chapelle du » cloistre de Hèvre, à main gauche du chœur, tout au mi- » lieu d'icelle, et qu'icelle soit faicte, mise et posée suivant » que Robert de Nol , nostre tailleur d'images , demeurant » en la ville d'Anvers, at emprins de faire et de mettre en » ladicte chapelle, derrière laquelle sera faict une petite » cave derrière ladicte sépulture, pour y mettre nostre «corps après nostre mort, laquelle sera couverte d'une » lame de cuivre, au-dessus de laquelle y aura taillée et » gravée nostre représentation et effigie au vif, accoustrée » en capuschin et escript allenthour. » (5)
(1) Mémoires, p. 265.
(2) Ibidem, p. 278.
(3) Ibidem, p. 284 et 286,
(4) Ibidem, p. 281.
(5) Ibidem, p. 246.
Revenons à l'inventaire dont voici le texte :
« Inventaire des meubles que Jean Josselet, sergeant de la haulte et souveraine court à Mons, ensuitte d'ordonnance d'icelle court, en datte du xxiiije d'apvril 1613, at faict pacqueler et transporter de la maison et palais de Beaumont en la ville de Bruxelles, pour illecq estre par luy délivrez es mains des commis des exécuteurs du testament du feu duc d'Arschot, etc., ensuitte des lettres de Leurs Altèzes du xxiije d'apvril an susdit.
1-6. Six peinctures, de fourme ronde, sur bois, avecq leurs molures peinctes, dorées et escrites en lettre d'or chascune une histoire qu'elles représente, représentant icelles l'histoire de Jozeph , le tout peinct à l'huille, fort proprement et artificiellement; et, comme les at jugiet le peindre Novilliers, de la propre main de maistre Boger.
7-12. Six aultres pièces, de meisme fourme, mais seullemenl peincte à l'eauwe, de semblable histoire comme les précédentes, sans aulcunes escritures à l'enthour, pièces que l'on tient exquises, ignorant le maistre.
13. Une peincture sur bois, de vij pied en cairure avecq sa molure peincte et dorée, de la figure d'Adam et Éva au paradis téreslre, avecq pluissieurs animaulx à l'enthour, Eva présentant la pomme audit Adam ; de la main de maistre Michel Coeqsio (sic).'
14-. Une peincture sur thoille, de meisme haulteur que la précédente, mais point sy large, avecq sa mollure d'escrignerye non peincte, contenant le Cupido couché dormant , Vénus le contemplant et regardant à la lampe, tous deux nuds, faict de la main de?
15. Une aultre peincture, sur bois, de meisme haulteur et largeur à la précédente, avecq sa molure peincte et richement dorée, contenant la représentation du roy Nabugodonosor et pluisieurs ces gens d'armes à l'enthour de luy, ensamble des tables chargées de sacques pleins d'or et d'argent, et des ouvriers à genoulx, devant luy la thour de Babel paroissant au milieu; de la main de ?
16. Une aultre pièce sur bois, presque de meisme grandeur, avecq sa molure peincte de noir et les bordures dorées, contenant la déesse Vénus nue, couchée et dormant avec Cupido, estant sa teste environée de fleur; de la main de Floris.
17. Une peincture sur thoille, haulte de vj pied ou environ, et large de v etdemy; sur une rame de blan bois, avecq une molure peincte de noir et es bordures dorées, contenant la représentation d'Abraham voeillant immoler son fils Isaaq; de la main de?
18. Une aultre sur bois, de meisme haulteur, avec sa molure peincte de noir et dorée, représentant la libéralité et feste de saint Martin; de la main de ?
19. Une aultre pièce sur bois, guères moins grande, avecq sa molure peincte de noir et feuillaigé d'or, représentant les enffans d'Israël au désert, Moyse faisant sortir l'eauwe hors de la roche; de la main de?
20. Une pièce sur thoille placquée sur plance, de vj pied demy de haulteur et v pied de largeur, avec sa molure toutte dorée et fueillaigé d'or, représentant Caïn tuant son frère Abel; pièce exquise de la main de ?
21. Une aultre pièce aussy sur thoille placquée sur planée, de meisme haulleur et largeur, avecq sa molure d'escrignerie non peincte ny dorée, représentant ung temple, maison de ville, boucherie et aultres édiffices en prospective, avecq pluisieurs personnaiges et besteaulx; de la main de?
22. Une peincture sur bois, d'environ vij pied de longueur et iiij de hault, avecq sa molure d'escrignerie faicte par Cartose [Cartouche] , peinct de noir, dorée et fueillaigé d'or, contenant l'histoire de la femme paillarde condampnée par les Juifz, protégée et deffendue de la lapidation par Nostre- Seigneur, représentée par pluissieurs personnaiges, somtueux édiffices et palais; de la main de KVMandere.
23. Une aultre pièce aussy sur bois, d'environ vj pied de longueur et iij de haulteur, avecq sa molure d'escrignerie simple, peinct de noir et ces bordures dorées, contenant la représentation de saint Estiévène en sa lapidation; de la main de?
24. Une aultre pièce sur thoille, d'environ vij pieds de longueur et iiij de haulleur, contenant ung fort beau paysaige de rocher, bois et montaignes, avecq pluissieurs maisons, ung paysant et une paysante, aussy d'Icarus volant et thumbant de l'aer, avecq sa molure d'escrignerie simple, peincte de noir et dorée; de la main de?
25. Une aultre pièce d'environ v pied demy de longueur et iiij de haulteur, sur bois, avec sa molure simple, peinct de noir et en partie doré, contenant une femme nue couchée sur son dos, couverte d'un linge jusques au nombril, à la lueur du feu, représentant l'obscurité de la nuict avecq petits personnaiges de meisme; de la main de?
26. Une aultre pièce sur bois, d'environ viij pied de longueur et iiij de haulteur, avecq sa molure d'escrignerie peinct de noir-rouge et dorée, contenant uug paysaige représenté par rochers, vielz chasteaux, groesses et la maer [mer] entre iceulx, avecq pluisieurs bateaux et ung viellard en fourme de pellerin au pied du rocher parlant à une femme assize; de la main de?
27. Une aultre peincture sur bois, d'environ vij pieds de longueur et haulte d'environ iij pieds, avecq sa molure peincte de noir-rouge et dorée, contenant une ange eslez debout sur ung pied-de-stalle rouge, aiant à son costé gauce pluissieurs personnaiges à table en bancquet et festins, et de sa
droicte pluissieurs aultres personnaiges exerçans diverses arts et mestiers, donnant ledit ange une coronne de laurier à ceulx qui traveillent, et la verge à ceulx quy mangent; de la main de ?
28. Une aultre peincture sur bois, de vij pieds de haulteur et d'environ iij de largeur, avecq sa molure simple, peincte de noir et les bordures dorées, contenant une Vénus nue, déboute, les cheveux pendant, et le Cupidon nudz, eslez, aussy debout à ces pieds; de la main de?
29. Une aultre pièce sur bois, d'environ v pied demy de longueur, et de haulteur peu plus de iij pied, avecq sa molure de bois de chesne non peincte, contenant les représentations de la Foy, Espérance et Charité; de la main de?
30. Une aultre pièce aussy sur bois, d'environ vij pied de longueur et iij pieds demy de haulteur, avecq sa molure peincte de noir, et quelque peu doré, avecq ung escriteau de lettre d'or tout à l'enthour en langue flameng, contenant la représentation de la ville d'Anvers, pillée et assiégée, et la fuitte et désolation des habitans d'icelle; de la main de ?
31. Une aultre piècesur bois, d'environ v pieds demy de haulteur et iij pieds demy de largeur, avecq sa molure peincte de noir bordée d'or, représentant une femme toute nue, déboute, pressant de ces mains ses tétins, y ayant derière icelle ung lion, ung cerf et une biche; de la main de ?
52. Une aultre petitte pièce de parchemin placquet sur bois, d'environ iij pieds de longueur et ij pieds demy de largeur, avecq sa molure peincte de noir dorée et fueillaigée d'or, contenant le pourtraict du chasteau de Hévrelé, illuminé de la main de Adrien de Montigny.
33. Une aultre petit tableau d'environ ij pied de longueur et pied demy de liaulteur, avecq sa molure de bois peincte noir et bordée d'or, contenant pluissieurs mascrades peinctes d'illuminure, sur papier placqués sur thoille, avecq petis carmes en lettre d'or au-desoubz.
34. Une pièce de peinture sur thoille, longue de vj pieds demy et haulte quelque peu plus de v pied, avecq sa molure de bois peincte de noir et doré, contenant la Prédication de saint Jean au désert, représentée par une infinité de personnaige de diverses fâchons; de la main de ?
35. Une aultre pièce sur thoille, aussy de vj pieds de longueur et environ v pied de hauteur, avecq sa molure semblable à la précédente, contenant la Conversion de saint Paul lorsqu'il persécutoit les crestiens, représentés par une grande multitude de soldat tant à pied comme à cheval , et iceluy saint Paul par terre avecq son cheval; de la main de ?
56. Une aultre pièce sur thoille, de meisme grandeur presque à la précédente, avecq sa molure peincte de coleur jaunâtre et dorée, contenant une chasse au renart entre ung beau paysaige , arbres et marécaige ; de la main de?
37. Une aultre pièce aussy sur thoille, de v pied demy de loing et iiij pied demy de hault, avecq sa molure peincte de noir bordoiée d'or, contenant la description et remembrance de la mort, représentée par la mort meisme, quelque annathomie et personnaiges décrépites, avecq ung escrileau : Description de la mort,- de la main de?
38. Une aultre pièce sur bois, de vj pieds de hault et iiij pieds demy de large, avecq sa molure peincte et dorée comme la précédente, contenant la représentalion d'un viellard portant bois avecq un chien derrière lui; de la main de?
39. Une aultre pièce sur bois, environ de v pied en cairure avecq sa molure peincte de noir et bordure dorée, conlenant la présentation et payaige d'un tonlieu pezant or et argent, et pluisieurs personnes tant hommes que femme payant ledit tonlieu.
40. Une aultre pièce sur thoille, de meisme grandeur à la précédente, avecq sa molure de bois de chesne non peincte mais partie dorée, contenant la représentation des artisanne par troix femmes et ung enfant tenant la chandeille, travaillant de nuict.
41. Une aultre pièce sur thoille, d'environ v pieds demy de longueur et iiij de large, avecq sa molure non peincte mais em partie dorée, contenant ung beau paysaige d'arbres et vielles ruines, et em bas l'ange Raphaël parlant à Tobie; de la main de?
42. Une aultre pièce sur thoille, aussy d'environ v pied de longueur et iiij pied de haulteur, avecq sa molure peincte de noir et dorée, contenant la prédication de saint Jean au désert, mais d'aultre fachon à la précédente, n'y aiant personnes rampant sur les arbres comme y at à ladicte pièce précédente; de la main de?
43. Une aultre pièce sur bois, de v pied de haulteur et iiij pied demy de largeur, avecq sa molure peincte de noir et dorée contenant les représentations de Nostre-Dame, saint Joseph, saincte Élizabet et Zacary; de la main de?
44. Une peincture sur thoille, d'environ xj pied de longueur et v de largeur; avecq sa molure d'escrignerie peincte de noir et doré politement, contenant la représentation de la Nativité de Nostre-Seigneur entre Joseph, les bergiers et bœufz; de la main de Paulo Veroneze, peincte d'Italie fort renommé.
45. Une aultre pièce du meisme maistre, aussy sur thoille, longue et ses molures comme la précédente, contenant la représentation de la femme en adultère reprinse par Nostre-Seigneur.
46. Une pièce dudit maistre, de longueur d'environ xiij pied, avecq sa
molure de meisme aux précédentes, représentant certaine histoire de l'Anchien Testament, représentée par pluisieurs personnes tant hommes que femmes, entre aultre ung anchien versant de l'huille dans ung aultre vaze.
47. Une aultre pièce du meisme maistre, avccq sa molure de meisme aux aultres, d'environ x pieds de longueur et vij de large, contenant la représentation de la vierge Marie fuyant en Égipte.
48. Une aultre pièce encore dudit maistre, aussy sur thoille , longue et large comme les jre et ije pièces et avecq ces molures de meisme, contenant la représentation du centurion priant le Christ pour la garison de son filz.
49. Une pièce du susdit maistre, aussy sur thoille, longue et large et avecq ces molures comme les précédentes, contenant la représentation de la Samaritaine.
50. Une pièce du meisme maistre, aussy sur thoille, longue et large et avecq ces molures comme les précédentes , contenant la représentation de deux viellars voeillans ravir la belle Suzanne.
51. Une pièce du meisme maistre, sur thoille, aussy longue, large et avecq ces molures comme les précédentes, contenant la représentation d'un ange en aer menassant une femme tenant son enffant.
52. Une pièce encoire sur thoille du susdit maistre, longue et large, et ces molures comme les précédentes, contenant la représentation d'une femme aiant les bras demy nud avecq ung viellard , ung nein , ung moriaume et pluisieurs chameaux.
53. Encore une pièce du susdit maistre, aussy longue, large et meismes molures que les précédentes, contenant la représentation de la reyne Heester présentée devant ung roy.
54. Une aultre pièce du susdit maistre, de meisme grandeur, largeur et meismes molures à la précédente, contenant quelque histoire représentée par troix personnes se mennant par les main l'un l'autre, ung petit garson et ung viellard le posant.
55. Une aultre pièce sur thoille , d'environ xiiij pieds de loing et vij pied de large, avecq sa molure toutte simple et platte, peincte de noir et dorée, contenant l'Adoration de Nostre-Seigneur par les trois royx, craionnée tant seullement de blan et de noir, que l'on tient de la main de Mauboege.
56. Une pièce sur bois , de vj pieds de longueur et v de haulteur avecq sa molure cartozée [en cartouche], peincte de noir et dorée, représentant l'histoire de la vye fragille comme ne tenant qu'à ung fillet sur les efforces; de la main de France Floris, comme l'on tient.
57. Une aultre pièce sur bois, aussy de longueur à la précédente, et large d'environ iiij pieds demy, avecq sa molure peincte de noir et dorée, contenant
la représentation de Samson emportant sur ces espaulles les portes de Gaza: de la main de certain peinte d'Italie?
38. Une aultre pièce aussy sur bois, de meisme longueur à la précédente et semblables molures, contenant la représentation de Hercules nud ouvrant la gueulle du lion; de la main de?
59. Une aultre aussy sur bois, d'environ vj pieds demy de loing et v de large, avecq sa molure marbrée, peincte de noir et dorée, contenant la représentation du siège de Péronne, ainsy que le contient son escriteau au-dessus; delà main de?
60. Une pièce sur bois, d'environ vij pied de loing et v de large avecq sa molure peincte de noir et dorée, contenant la représentation d'une dédicasse de certain lieu, où sont représenté pluisieurs chariotz, archers, harequebuziers et aultres; delà main de?
61. Une aultre pièce aussy sur bois, de meisme grandeur, avecq sa molure peincte de noir, dorée et marquetée, contenant la représentation d'un cabarteur et cabartresse avecq pluissieurs victuailles et fruiclailles en leurs bouticles; de la main de?
62. Une aultre pièce sur thoille, d'environ vij pied demy de loing et v pied demy de large, avecq sa molure de diverses sortes de bois marequetées et enrichie de tailles d'ébenne em partie dorée, contenant aussy la représentation d'une dédicasse de vilaige où il y at pluissieurs personnes à tables avecq tambour et cornemuze ; de la main de?
63. Une pièce de peincture sur bois , d'environ viiij pieds de longueur et v pied de haulteur, avecq sa molure peincte de noir, bordée et fueillaigé d'or, contenant la représentation d'une femme nue couchée avecq pluisieurs petis enffans nuds, signiffiant la Charité; de la main de?
64. Une aultre pièce sur thoille, de viij pied demy de longueur, haulte de v pied et plus, avecq sa molure peincte de noir et partie dorée , contenant les Abismes de Sodomme et Ghomor, les anges couduisans Loth et ses filles dehors; delà main de?
65. Une aultre pièce sur thoille, d'environ viij pieds de loing et v pied de hault, avecq sa molure d'escrignerie colorée de jaune et em partie dorée, contenant la représentation de la ville de Rome; de la main de?
66. Une aultre pièce aussy sur thoille, d'environ viiij pied de loing et v pied de hault, avecq une belle molure par fruielaige et fueillaigé, peincte de noir et dorée, contenant le Baptesme de Nostre-Seigneur par saint Jean, représenté par une infinité de personnaiges nuds assis, vestus et debout, gens de guerres et anges sur le hault faisant triumphe; de la main de Jean Naghel.
67. Une aultre pièce aussy sur thoille, de viiij pieds de longueur et v de hault, avecq sa molure colorée de jaune et dorée, contenant ung fort beau boscaige dans lequel le Magdelaine pénitente adore le crucifix, deux anges derière elle s'en renjoyssant; du meisme maistre.
68. Une aultre pièce aussy sur thoille, d'environ vij pieds demy de loing et iiij de hault, avecq sa molure faicte par Cartoze, peinete de noir et dorées, contenant les dunes de la maer où une balaine vient sur le sable, et grand nombre de peuple arivent sur lesdiltes dunes s'esbatant tant à chariot, cheval, qu'à pied qu'auitrement; de la main de Henry Joerdaen.
69. Une peinture sur bois, d'environ vj pied de longueur et v de haulteur, avecq sa molure taillée par feuillaige et branchaige à jour, le tout doré, contenant la représentation de la Leyda nue assize conversant avec le sine [cygne]; de la main de?
70. Une aultre pièce aussy sur bois, de meisme longueur et haulteur à la précédente, avecq sa molure par Cartoze, peinete de noir et dorée, contenant la Métamorfoze de Adonius mort au bois, Vénus et Cupido le contemplant; de la main de France Floris.
71. Une aultre pièce sur bois, de vj pied de hault et vij de loing, aveeq sa molure peinete de rouge et dorée, non cartozée ny fueillaigée, contenant une reyne assize tenant une couppe à sa main droicte et pluisieurs hommes à cheval derière elle, et ung aultre debout devant elle; de la main dudit Floris.
72. Une aultre pièce sur thoille, de vij pied de long et environ vj de hault, avecq sa molure d'escrignerie non peinete ny dorée, contenant la représentation de pluisieurs dieux et déesse marins sur diverses animaulx marins; de la main de ?
73. Une aultre pièce aussy sur thoille, d'environ viij pied de longueur et vj demy de hault, avecq sa molure comme la précédente, la déesse Vénus nue et Cupido à costé d'elle avecq pluisieurs instrumens bellicqueux; de la main de ?
7 A. Une aultre sur bois, de meisme haulteur, avecq sa molure peinete de noir et dorée; contenant la représentation d'Adam et Éva au paradis térestre; de la main de France Floris.
75. Une aultre sur thoille, d'environ viiij pied de loing et viij de hault, avecq sa molure simple, sans dorure ny peinture, contenant la représentation de la thour de Babilonne, et pluisieurs ouvriers y traveillans,- de la main de?
76. Une aultre aussy sur thoille, peu plus haulle et plus large, avecq sa molure de bois et sapin roujastre , contenans la représentation de la reyne Madian et Simrye, prince d'Israël, tués en adultère par Sinéphasj de la main de Jodocus A. W. Y. Misdacq fecit.
77. Une aultrc pièce sur thoille, de viiij pied de loing et vj de hault, avecq sa molure peincle de noir, dorée et feuillaigée d'or en aulcuns endroict, contenant la représentalion des sept arts libéraux dormans par la vertu de Mars; de la main de France Floris.
78. Une aultre pièce sur thoille, d'environ viij pied demy de loing et presque vj pied de hault, avecq sa molure peincle de noir et dorée, contenant la surprînse de Samson par le moïen de Dalida qui lui avoit colpet ces cheveux; de la main dudit Floris.
79. Une aultre pièce aussy sur thoille, de vij pied demy de hault et vj de large, avecq sa molure cannelée peincte de noir, dorée et feuillaigé d'or, représentant Mars, Vénus et Cupido couchés ensamble, les aultres dieux les regardans; de la main dudit Floris.
80. Une aultre pièce, d'environ vij pied demy de loing, aussy sur thoille, et vj pied ung car de hault, avecq sa molure d'escrignerie, sans peinture ny dorure, contenant l'assiégement, bruslement et destruction de la ville de Troye; de la main de Gilis v. Val.
81. Une aultre pièce sur thoille, d'environ viij pied de loing et vj de hault, avecq sa molure peincte de noir, de rouge, dorée et feuillaigée d'or, contenant la représentation d'un paysaige, table, maisons, chasleaux, ruaige, tout chergé de neige, signiffiant l'hiver; de la main de?
82. Une aultre pièce sur bois, de meisme haulleur à la précédente et presque aussy large, avecq sa molure peincte de noir, rouge et dorée, contenant le Massacre des petis enffans innoeens fait par Hérode en temps d'hyver; de la main de ?
85. Une pièce sur bois, d'environ xj pied de longueur et vij pied demy de haulteur, avecq sa molure peincte de noir et dorée, contenant la représentation de Mars et Vénus, couché par ensamble, tous les aultres dieux les regardans et prenans au filet; de la main de France Floris.
84. Une aultre pièce aussy sur bois, longue d'environ x pieds demy et haulle de vij, avecq sa molure peinct de noir et dorée, contenant le bain de Vénus avecq les aultres déesses, Actéon les y trouvant se transformant en cerf; de la main dudit Floris.
85. Une aultre pièce aussy sur bois, de x pied de longueur et vij demy de haulteur, avecq sa molure faicte par dés et feuillaigé, peinct de noir et doré, contenant le Jugement de Paris; de la meisme main dudit Floris.
86. Une aultre pièce aussy sur bois, de viij pied de loing et d'environ vij pied de large, avecq sa molure d'ouvraige par fueillaige et cordons, peincle de noir et dorée, contenant la représentation des Muzes joustant devant Pallas; de la main du susdit Floris.
87. Une aultre pièce aussy sur bois, de viij pied demy de loing et v pied demy de haulteur, aveeq sa molure peincte de noir , dorée et fueillaigé d'or» contenant la représentation de Paris assis au milieu de Vénus et Pallas; de la main du meisme maislre.
88. Une pièce encoire sur thoille, d'environ xj pied de hault et vij pied ung cart de largeur, avecq sa molure de bois peincle de noir et doré, contenant la représentation d'un empereur romain à cheval, avecq ung javelos à sa main droicte reposant sur sa cuisse; de la main dudit Floris.
89-93. Cincq pièces sur thoille, d'environ xj pied de hault et viij de large, avecq leurs molures peincte de noir et doré, contenant chascune pièce ung empereur romain à cheval avecq chascun ung javelos à leurs mains droicte repozante sur leurs cuisse droicte; de la main dudit Floris.
94-. Une aultre pièce aussy sur thoille, d'environ xj pied de hault et large comme les précédentes, avecq sa molure peincte de noir et doré, contenant la représentation de feu monseigneur le duc Philippes, 5e duc d'Arschot, à cheval; de la main de ?
95. Une aultre pièce aussy sur thoille, de meisme haulteur et largeur, avecq de meismes molures, contenant la représentation de dame Jenne de Haleuwin, ducesse, première femme audit seigneur duc, aussy à cheval; de la main de?
96. Une aultre pièce sur thoille, de meisme haulteur et largeur à la précédente, estante feu Monseigneur à pied, avecq ses lxiiij cartiers, et des molures à la précédente, contenant la représentation de sire Charles, Ae duc d'Arschot.
97. Une peinture sur thoille, de xj pied de hault et ix de large, avecq sa molure peincte de noir et dorée, contenant la représentation d'un combat à cheval et chasse de lion, estant l'un renversé par terre, l'autre demoret victorieux avecq une javeline à sa main; de la main de Mompair.
98-104. Sept pièces de peintures sur thoille, longue et large comme la précédente, contenant la représentation de sept mois, sicomme : janvier febvrier, may, juing, novembre, décembre, avecq leurs molures peinct de noir et doré, de la main de Mompair.
105-106. Deux aullres pièces de meisme grandeur et largeur, avecq des meismes molures, contenant la représentation de ij eslémens, sicomme du feu et de la terre; de la main dudit maislre.
107. Une pièce sur thoille, d'environ xj pied de hault et ix de large, avecq sa molure peincte de noir et doré, contenant l'un des iiij eslémens, assavoir l'eauwe, représenté par Neptune à cheval sur une balaine et Vénus dans une cocquille; de la main de ?
108. Une aultre pièce aussy sur thoille, de xj pied de hault et ix de large,
avecq sa niolurc peincte de noir et dorée , contenant la représentation d'un cheval grison aiant derrière soy le pourtraict d'une tliour forte éniinente; de la main de?
109. Une aultre pièce sur thoille, de meisme haulteur et largeur et meismes molures, contenant la représentation d'un cheval bayart retenu par la bride par ung lacquaye dans ung bois, avecq les armoyeries de feu monseigneur le duc Philippes.
110. Une aultre pièce aussy sur thoille, de meisme longueur et largeur et meismes molures , contenant la représentation d'un cheval grison aiant à ses pieds le pourtraict d'un lévrier noir et blan dans ung paysaige; de la main de?
111. Une aultre pièce aussy sur thoille; de meisme haulteur et peu plus large, avecq des molures peincte de noir et dorée, contenant la représentation d'un cheval de noir pumelé et ung chien de meisme que ledit cheval, sans queuwe; de la main de?
112. Une aultre pièce, de xvpied de large et x de hault, rolée, contenant le banequet des dieux; de la main de ?
113-124. Douze empereurs romains, de haulteur d'environ ix pieds et iiij de large, avecq leurs molures peinctes de noir et dorée; de la main de ?
125-160. Trente-six pièces, savoir : La pucelle et armoieries de Holande suyvant Thiéry d'Acquitten; — Thiéry 2% filz dudit Thiéry; — Arnould, filz de Thiéry; — Thiéry 5<=, filz de Arnould; — Thiéry 4e, filz de l'avantdit Thiéry; — Florent, filz de Thiéry; — Gertrud de Saxe, vefve dudit Florent; — Robert le Frizon; — Ghodeffroy de Loraine; — Thiéry 5e; — Florent dit le Gras; — Thiéry 6<>; — Florent 3e; — Thiéry 7 e ; — Ade, fille de Thiéry; — Guillamme, frère de Thiéry; — Florent 4e; — Guillamme 2e; roy des Romains; — Florent 3e; — Jean, comte de Haynnau; — Jean 2e de Haynnau; — Guillamme 3e de Hainault; — Guillamme 4e de Hainnau; — Marguerite, sœure dudit Guillamme 4e; — Guillamme de Bavière 5e dé Haynault; — Albert de Bavière; — Guillamme 6e de Bavière; — Jean 3e, évesque de Liège; — Jacquelinne de Bavière; — Philippes, duc de Bourgoingne; — Charles Hardy; — Marie, fille de Charles; — Maximilien d'Austrice; — Philippes, archiducq d'Austrice; — Charles le Quint; — Philippes, filz dudit Charles; tous sur thoille, d'environ ix pied de hault et iiij demy de large, avecq leurs molures peinctes de noir et dorée.
161-175. Quinze pièces de peinctures sur thoille, représenlans aulcuns mois de l'an, les quattre saisons et les 4 parties du jour; de la main de?
176-180. Cinq pièces mais plus petittes que les précédentes, sur thoille, contenant: Agnes, filia Olhonis, cornes Gueldriœ; — Conradus, cornes
Luxemburgensis; — Henricus dit Cecus, cornes Namurcensis ; — Elizabeto, Godeffridy, comitis Namurcensis; — et Clementia, Henricy il imperatoris filia; de la main de ?
181. Une aultre pièce sur thoille, d'environ xiiij pied de hault et vij de large, avecq sa molure d'cscrignerye ample, sans peincture, contenant la représentation de l'église Nostre-Dame d'Anvers et aultres prospective et fontaine : de la main de ?
182. Une aultre pièce aussy sur thoille, d'environ xiij pied de loing et vij de large, avec sa molure comme la précédente, contenant aussy pluissieurs prospective d'esglise et palais somptueux; de la main de?
1 83-234. Cincquanle-deux pièces représentant les forestiers et comtes de Flandre suivans : Liderick le Bucq; — Anthoine, fils dudit Liderick; — Bouchart; — Eltorède; — Liderick 2e; — Inguelran; — ung aultre Inguelran, mais d'un autre habit; — Odoacre; — Baudouin Bras de fer; — Judick de France; — Baudouin le Chauve; — Arnould le Viel; — Baudouin le Jeune;
— Arnould le Jeune; — Baudouin la Belle-Barbe; — Baudouin Débonnaire;
— Adèle ou Alizé, femme audit Baudouin; — Baudouin de Mons; — Bichilde, fille unicq et héritière de Renier, comte de Mons et Hainault; — Arnould le Simple; — Robert le Frizon; — Robert le Jeune; — Baudouin à la Hace; — Charles le Bon; — Guillamme de Normandie; — Thiéry d'Elchasse; — Philippes d'Elchasse; — Baudouin, comte de Hainault; — Marguerilte d'Elchasse;
— Baudouin, empereur; — Fernand de Portugal; — Jenne, femme du susdit;
— Thomas de Savoye, pour ung temps comte de Flandre; — Guillamme de Bourbon, seigneur de Dampières; — Guillamme de Dampierre; — Béatrix, fille de Henry, femme audit Guillamme; — Guy de Dampierre; — Marguerilte de Malle, femme audit Guy; — Méhau de Bétune, fille de Robert d'Aras, femme dudit Guy; — Isabeau de Luxembourcq, contesse de Namur, femme audit Ghuy; — Robert 3e de se nom ; — Louys de Nevers ; — Louy de Malle;
— Philippes le Hardy; — Marguerilte de Malle; — Jean l'Asseuré; — Philippes le Bon; — Charles le Hardy; — Maximilien, empereur; — Philippes d'Auslrice; — Charles 5e; — Philippes, roy de tous les royaulmes d'Espaignes; tous sur thoille, d'environ ix pied de hault et iiij pied demy de large, avecq leurs molures peinctes de noir et dorée. »
La collection de tableaux de Charles de Croy était, comme on le voit, remarquable, non-seulement par le nombre mais encore par le choix. Cet inventaire, notons-le bien, ne contient que la liste des 234 tableaux qui ornaient
les appartements du palais de Beaumonl, où s'étalaient tant d'autres trésors artistiques. Le duc possédait encore les châteaux de Héverlé, de Chimai, de Comines, de Saint- Josse-ten-Noode, d'Esclaibes, etc. etc., un superbe hôtel à Bruxelles, près de l'église de Saint- Jacques-sur-Caudenberg, hôtel qu'il avait fait entièrement rebâtir, en 1604 (i). Dans ces différentes demeures, où le luxe d'ameublement était très-grand, se trouvaient des portraits de famille et beaucoup de tableaux de prix de tous genres, qui réunis auraient formé un musée digne d'un souverain. Il n'y a plus de grands seigneurs, écrivait le spirituel baron de Reiffenberg, en tête de sa préface aux Mémoires du duc Charles de Croy; et en effet, existe-t-il encore de nos jours de ces seigneurs qui possèdent des domaines aussi vastes que les siens, et qui à la puissance, à la richesse, allient un nom aussi illustre dans l'histoire que celui de Croy ? Cependant, pour notre part, nous croyons qu'il y a encore des grands seigneurs aujourd'hui. Et si l'estimable écrivain que nous citions avait vu les expositions artistiques d'Anvers, de Gand et de Bruxelles, où princes, ducs, barons, comtes, marquis, etc., se sont empressés d'exhiber aux regards des manants et roturiers comme nous, leurs trésors et leurs joyaux d'un prix inestimable, nous sommes convaincu qu'en se plaçant au point de vue de l'art, il n'aurait pas dit que la race de ces nobles riches et puissants était éteinte. Il aurait admiré comme nous ces tableaux, dont un seul vaut une fortune; ces statues, ces dessins, ces ivoires, ces porcelaines, ces armes, ces émaux, ces meubles, ces pièces d'orfèvrerie, ces châsses, ces reliquaires, ces miniatures, et mille riens d'une valeur-
Ci) A. Henné et A. Wauters, Histoire de Bruxelles, t. III, p. 381. — Voy. aussi Sanderus, Chorographia sacra Brabantiœ, t. II, et Butkens, Supplément aux Trophées de Brabanl, t. III, p. 267.
incontestable par leur travail ou le souvenir qui s'y rattache. Comme nous enfin , à l'aide du catalogue, le baron de Reiffenberg eût pu connaître les noms de leurs heureux possesseurs, et il n'aurait pas été médiocrement surpris de voir des salles entières remplies d'objets appartenant au duc d'Arenberg , au prince de Ligne, ou à quelque autre vieille famille du pays.
La collection de Beaumont, avons-nous dit, était remarquable par le choix. En effet, nous y voyons onze tableaux de Paul Caliari, dit Veronese, tous de grande dimension; six peintures sur panneau, que Salomon Noveliers, peintre de mérite, choisi par les exécuteurs testamentaires pour dresser le catalogue de la collection, jugea être de la main du célèbre Roger Van der Weyden. Il est à regretter que Noveliers, qui paraît avoir agi avec beaucoup de circonspection dans cette circonstance, n'ait pas risqué d'autres attributions, surtout à l'égard de ces toiles qu'il qualifie d'exquises. Quoiqu'il en soit, nous savons par lui que à côté des productions de l'artiste italien et de celles d'un des chefs de l'école flamande du XV? siècle, brillaient des œuvres de Jean Gossart, dit de Maubeuge , de Michel Van Cocxyen, de Charles Van Mandere, de Jean Naghel, de Josse de Momper, de Henri Joerdaen, et de peintres flamands et italiens, d'un mérite au moins égal, mais dont le nom est resté inconnu au rédacteur de l'inventaire. On voyait aussi à Beaumont jusqu'à dix-huit tableaux de Fr. Floris, ce peintre si fécond, dont les toiles se rencontrent partout.
Il serait difficile aujourd'hui de savoir quel fut le sort de toutes ces richesses artistiques , dont le duc avait luimême consigné l'histoire dans un inventaire qu'il destinait à l'impression (1). Les tableaux furent envoyés à Bruxel-
(1) Mémoires, p. 504.
les, à l'hôtel du défunt : ont-ils été vendus publiquement comme la majeure partie de sa bibliothèque, en 1614 (i), malgré sa défense expresse, insérée dans son codicille? c'est ce que nous n'avons pu constater jusqu'ici.
Cet inventaire dont nous devons la communication à notre ami, Mr Arsène Loin, chargé du classement des Archives judiciaires, à Mons, est accompagné de plusieurs autres dressés en même temps, et renfermant l'énuméralion des meubles et ustensiles qui se trouvaient au palais de Beaumont, ainsi que celle des médailles du cabinet du feu duc, des statues, des tapisseries et autres objets d'art.
Nous reviendrons dans l'article que nous consacrerons à Jacques de Bye, graveur en taille-douce, et aux autres artistes employés par le duc Charles de Croy, sur plusieurs de ces collections, et sur les dispositions que prit leur illustre possesseur dans son testament, pour en faire imprimer les catalogues.
§ 26. Horlogerie.
Sommaire : Horloges qui ont appartenu à l'empereur Charles-Quint. — Jean du Chemin; — Gianello Torriano; — Jean Valin; — Maître Claes; — Lucas le Pellier, horlogers.
Les biographes de Charles-Quint racontent que ce prince prenait un plaisir extrême à voir travailler le célèbre horloger Gianello Torriano, Padouan de naissance, qu'il avait attaché à sa personne. Il ne voulut pas même se séparer de lui lorsqu'il alla s'enfermer au monastère de Yuste (s),
(1) Mr Éd. Van Even a republié le catalogue de cette bibliothèque, et l'a accompagné de remarques très-intéressantes, dans le Bulletin du bibliophile belge, t. IX, p. 380-393 et 436-451.
(2) « Juanelo, relojero. » (Gachard, Retraite et mort de Charles-Quint au monastère de Yuste; t. ler, p. 112). Dans la liste dressée par ce même écrivain, p. LI de l'introduction au tome Ier, d'après divers documents provenant des Archives de Simancas, il l'appelle Giovanni Torriano.
et il lui laissa par codicille une gratification de 6o,000 maravedis (t). Nous reparlerons plus tard de cet artiste, qui eut Jean du Chemin, de Besançon, dont nous avons déjà dit un mot (Voy. § 21), pour prédécesseur dans l'emploi d'horloger de l'empereur. Un autre du nom de Jean Valin fut retenu par Charles-Quint au nombre de ses serviteurs au moment d'entrer dans sa retraite (2).
Les inventaires qui nous sont restés des meubles de Charles-Quint contiennent la description détaillée de plusieurs riches horloges à mécanisme, dont l'une lui fut envoyée par son frère Ferdinand. L'empereur l'emporta en Espagne dans un de ses voyages : elle ne revint jamais aux Pays- Bas. Avant son départ pour Yuste, il donna l'une d'elles au commandeur don Louis de Çuniga.
Ces inventaires nous apprennent de plus qu'une autre, très-compliquée, fut faite par un certain maître Claes (Nicolas), qualifié d'horlogeur de sa Majesté, et enfin que Charles-Quint fit acheter de Lucas le Pellier une belle horloge montrant les heures à la mode de Flandres et d'Itallie. Voici, du reste, la description que les documents font de quelques-uns de ces curieux produits de l'industrie du XVIe siècle, qui feraient aujourd'hui la richesse d'un musée d'antiquités.
« o. Premiers, un grand horologe quarré, à une cloche deseure sonnant,
rny d'or à personnaiges eslevées, assavoir : les trois costez de l'histoire de
Hercules, et le quatriesme costé tient la monstre. Lesdicts quastre costez
(1) « A Juanello Toriano [le texte porte Juan el Lotoriano], mi reloxero, que tiene sesenta y cinco mil maravedis de gajes al ano, le hize merced en Flandes de dozientos escudos de pension de Milan por su vida, y por esto no se le da aora alguno : pero tengo por bien de hazelle merced de sesenta y cinco mil maravedis de ayuda de costa por una vez : y demas desto y de
1 lo que a recebido a buena cuenta por el pie del relox que me a fecho, es > mi voluntad que se le pague lo que justamente pareciere que avia de 1 aver. » (P. de Sandoval, Hisloria de Carlos V, t. H, p. 663.)
(2) Gachakd, loc. cit., t. 1", p. LI.
garnyz par-dedens de quatre platines de cuyvre, et entre l'or et le cuyvre, du chiment; aiant à cliascune quarrure ung piller d'or, et sur chascun piller ung enffant tenant chascun ung escusson des armes de Castille, Léon, Arragon et Navarre. La couvercle aussi d'or armoyée des armes de l'empereur et de testes d'anticquailles. Le dessus en façon d'une lanterne, aiant sur le fertelet ung aigle à deux testes et une pièce d'or quarée, servant au pied de l'orloge pour souslenir et elore Iedict horologe.
b. Ung autre horologe eslevé, assez hault, dont tout le movement est de fer ou d'acier, garni d'un pied d'argent doré à six quarrés, qu'est sur six rondes boulettes ; dessus Iedict pied à l'enlour dudict horologe a six piliers; devant les deux a ung horologe, qui monstre xxiiij heures; entre les autres piliers a cincq personnaiges, aux cheveulx de l'un, qui est droit derrière, pend en ung fillet de soye une chose d'argent dorée pour monstrer les heures au soleil. Dessus Iesdîcts piliers a une tourrelle bien ouvrée avec pluiseurs personnaiges à séraphins. Dedens ladicte tourelle a une clochette de métal doré pour sonner les heures. Dessus ladicte tourelle a une pomme où a dessus ung personnaige appelle Mars. Toute la susdicte garniture, comme le piet, piliers, personnaiges, tourelles, le tout est d'argent doré.
c. Ung autre grant horologe, lequel a longtemps servy à la chambre, et a esté faict par maîstre Claes, l'orlogeur de Sa Majesté. Ledict horologe a cincq instrumens : le premier monstre les heures communes; le second monstre les heures de nuyct par le Nort; le troisième a sept cercles; le quatrième monstre huyt choses, assavoir : nouvelle lune et playne lune, et auquel signe est la lune; le vme instrument monstre les heures à la mode d'Ytalie.
d. Ung autre horologe de cuyvre doré, lequel monstre les heures à la mode de Flandres et d'Itallie; embas dudict monstre a ung homme tenant ung escu blanc; dessus ledict horologe a ung homme qui tient en l'une de ses mains comme ung baston où a dessus une petite croix, à l'autre main ung escussoa. Ledict horologe fut acheté de Lucas le Peltier pour la somme de cxx ducas(l).
e. Ung grand horologe que le roy des Rommains a envoyé à Sa Majesté, qui est de cuivre doré ; par-devant a vij monstres et à chascun coslé a ung. autre monstre, aiant au-dessus une espère [sphère] servant aussi de monstre; ledict horologe estant mis en ung coffre de bois blanc et bien joinct avec pluiseurs vys (2).
(1) Registre n° 113 bis, f° cxvj r°. de l'ancien inventaire des archives de 'audience, aux Archives du royaume.
(2) Une annotation marginale dit que cette pièce est restée en Espagne.
f. Ung autre horologe doré à viij quarrés assis sur iiij platz ronds aussi dorez, aians par-dedens toutes les rueleltes dorées qui se peulent regarder par viij béricles de cristal, et est le monstrant assis sur ung ciel d'azur semé d'estoilles. (En marge : Lequel horologe a par Sadicte Majesté esté donné au commandeur don Loys de Çuniga) (1).
g. Ung orloge quarré de cuyre doré, aiant au-dessoubz la monstre de mort, à l'un des costez deux autres petites monstres, ou millieu desquelles sont les armes de l'empereur gravées dessus la principalle monstre, au milieu de laquelle est ung compas de mer, faictes à six quarrés; ledict orloge mis dedens une custode couvert de cuyr noir, aiant les ferremens aussi de cuyvre doré.
h. Une astrolabe en mode de sphère, faict à cercles , assise dedens une pièce de bois plalle quarrée, garnie par-dedens à un coing de cincq rondeaulx plat et ung aultre coing d'un pelit cercle plat, aiant du travers ung fillet semé de plusieurs nombres en cyfre, et en ung autre coing y a deux petites boittelettes rondes à couvercles, aiant en l'un esguilles servant à quadrans, et en l'autre ung petit compas de mer; et en la quatriesme coing y a une autre semblable boictelette , aians dedans icelle aussi aucunes esguilles servans à quadrans, et dessus ledict bois est une couverte ou platine de mesme. L'argent sur laquelle est gravé une longue escripture en langue espagnole, commenchant : Apparleman. in el primiero, elc.; le tout de cuyre doré, que se met dedens la custode avecq le orloge avant déclairé (2). »
§ 27. Verrières,
Sommaire -. Verrières données par Maximilien d'Autriche et Philippe le Beau. — Verrières à Breda, Cassel, Gheluwe, Gouda, Hesdin, Hulst, Middelbourg, Bosemberg, Valduc el Workum.
Parmi les princes qui se plurent à enrichir de verrières les églises et les couvents des Pays-Bas, il faut citer Maximilien d'Autriche et Philippe, son fils. Voici rénumération
(1) Begistre n° 115 bis cité, fo iiijxx xviij.
•(2) Begistre n° 98 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
de quelques-uns des dons faits par ces deux princes. En 1490, le premier accorda 50 livres de Flandre, de 40 gros, aux marguilliers de l'église paroissiale de Workum pour les convertir en une verrière (î). C'est par leur ordre qu'un verrier de Bruxelles reçut, en mars 1494 (n. st.), 40 livres pour une verrière où étaient « pourtraites les figures armoyées » de leurs armes, qu'ils firent « mectre à une des » fenestres du ceur du neuf cloistre de Breda » (2). La même année, le chapitre de Saint-Pierre, à Cassel, obtint d'eux 18 livres « pour emploier en achat et façon d'une verrière «pour mectre en une fenestre du principal lieu de l'église, » où seront empreintes les armes des Messeigneurs » (3). Quelques mois plus tard, en octobre 1494, ils donnent 50 livres aux claristes de Gouda , pour établir une verrière en leur mémoire dans l'église de ces religieuses (4). Les marguilliers de l'église paroissiale de Gheluwe, près de Menin, qui avait « esté désolée durant les dairenières guerres et divi- » sions de Flandres, » furent gratifiés par ces princes d'une somme de 24 livres pour une verrière (s). Philippe le Beau fait payer, en septembre 1495, 26 livres à un verrier de Louvain « pour ij verrières qu'il feist lors faire et achetter » de lui par marché fait, pour délivrer aux religieuses, » abbesse et couvent de Vaulx-le-Duc, près de ladicle ville » de Louvain, pour mectre à ij fenestres du cueur de leur » église » (e). Il accorde, à la même époque, 50 livres aux religieuses de Rosemberg, à Waesmunster, au pays de Waes, « pour emploiier en la façon d'une verrière et autres
(1) Registre n° 20385, f° xij v°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
(2) Acquits des comptes de la recette générale des finances, ibidem.
(3) Registre n° F. 182 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.
(4) Registre n<> F. 181, ibidem.
(5 et 6) Registre n» F. 182, cité.
» réparations nécessaires de leur église» (î). La célèbre abbaye de Middelbourg, en Zélande, où se voyaient jadis tant de merveilles de l'art remarquables, et entre autres le chefd'œuvre peut-être de Jean Gossart, dont nous parlerons plus loin, eut aussi part aux libéralités du noble duc: il lui fit don de 120 livres pour les frais d'une belle verrière à placer au chœur de l'église « en mémoire de lui» (2). Par lettres patentes du 14 avril 1499, il gratifie les religieux du couvent de l'observance de Saint-François, près de Hesdin, en Artois, d'une somme de 50 livres pour une verrière ornée de ses armes, destinée « au-devant du grant » haulel du cueur de leur église » (5). Deux jours après, Philippe le Beau se montre plus généreux encore, et donne aux frères de Saint-François, à Hulst,200 livres, outre la somme de 1 ,200 livres qu'ils en avaient obtenue, et ce « pour »emploiier tant en iij verrières, à l'honneur et mémoire du »roy des Romains, son père, madame la duchesse Marie, »sa mère, et monseigneur l'archiduc et madame l'archi- » duchesse, qui seront assises ou nouveau cueur qu'ilz »avoient lors fait faire en leur église, comme pour eulx «aidier à parfaire leurdicte église et autres édiffices » (4).
§ 28. Architectes.
Sommaire : Architectes ou maîtres des ouvrages de maçonnerie du comlé de Namur, depuis Philippe le Bon jusqu'à Charles H.
Au § 13 de ce recueil, nous avons publié les noms des architectes ou maîtres des ouvrages de maçonnerie du
(1) Registre n° F. 182, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.
(2) Registre n° F. 185, ibidem.
(3 et 4) Registre n° F. 186, ibidem.
comté de Namur sous les règnes de Guillaume Ier et II, et de Jean III. Voici ceux qui leur succédèrent depuis Philippe le Bon jusqu'à Charles II. Nous n'avons pu trouver les noms des architectes du XVIIIe siècle- Jean Soizillon, cité en 1445 (î); remplacé dans le courant de Tannée 1447, par
Maître Joffroy (sic), encore en fonction en 1458 (2); remplacé par
François des Frères Mineurs, déjà en fonction en 1455 (s), vivait encore en 1482 (4); remplacé par
Pierre (Piérart) Ballart ou Ballastre, nommé en 1482 ou 1483 (s), vivait encore en 1505; remplacé par
Jean Guillaume, nommé en 1505 ou 1506 (6); remplacé après sa mort par
Jean Jooris, nommé vers la fin de l'année 1521 ou au commencement de l'année 1522 (7); remplacé par
Michel Volron ou Voutron, ditMonchet(s), déjà en fonction en 1532 ou 1533 (9); remplacé après sa mort, arrivée en 1571 (10), paraît-il, par
Conrad de Nuremberg, déjà en fonction en 1571 (n); remplacé après sa mort par
Charles Misson, nommé par lettres patentes du 26 octo-
(1) Registre n° 3241 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
(2) Registre n° 32-4-4. Tous les registres cités dans ce paragraphe appartiennent à la même collection.
(3) Registre n° 5245.
(4) Registre n» 3256.
(5) Registre n» 3256, 2».
(6) Registre no 5276.
(7j Registre n° 3288.
(8) Registre n°s 5504 et 3505.
(9) Registre n« 3297.
(10) Registre n° 3535.
(H) Registre n" 5554.
bre 1595, prêle serment le 26 février suivant (i); remplacé après sa mort par
Thiéri Bidart, dit Jadin, nommé par lettres patentes, datées de Tervueren, le 7 octobre 1616, prête serment le 15 du même mois (2); remplacé par
Jean Roussel, nommé par lettres patentes du 21 janvier 1628, prête serment le 1er mars (3); remplacé après sa mort par
Jean Dumonceau, nommé par lettres patentes, datées de Bruxelles, le 4 avril 1664, prête serment le 9 juillet (4); remplacé après sa mort par
Denis Bayart, nommé par lettres patentes, datées de Bruxelles, le 17 août 1687, prête serment le 3 octobre; encore en fonction en octobre 1707 (s).
§ 29. Peintres.
Sommaire : Jean Gossart, dit de Maubeuge.
Nous ne connaissons qu'imparfaitement la biographie de Jean Gossart. On sait avec certitude qu'il naquit à Maubeuge, petite ville qui fît partie du comté de Hainaut jusque dans le XVIIe siècle, et qui n'est rien moins que flamande, ainsi que l'avance à tort Mr Alfred Michiels (ô). Aux renseignements que nous possédons, il faut ajouter qu'il reçut 40 livres de Flandre, par lettres patentes du 3 avril 1516
(1) Registre n° 3559.
(2) Registre n° 3380.
(3) Registre n» 3388.
(4) Registre n° 3422. — L'un de ses fils, du nom de Michel, est nommé dans le registre n° 5445 : on y lit que le codicille de Jean Dumonceau est daté du 23 avril 1687.
(5) Registre n" 5463.
(6) Histoire de la peinture flamande et hollandaise, t. III, p. 57.
(n. s.), « en récompense de deux tableaux de la pourtraie- » ture au vif de madame Léonor, que le roy (Charles) luy » avoit baillé, et pour autres menues parties de painctures » qu'il avoit faictes à son plaisir, dont il ne veult icy autre » déclaration eslre faicte »(i). Mr Michiels a mentionné les restaurations que Jean Gossart fît aux peintures du cabinet de Marguerite d'Autriche; nous avons retrouvé l'ordonnance de payement relative à ce travail : elle est datée de Malines, le 12 juin 1523 (a).
Mr Altmeyer a publié dans son opuscule intitulé : Isabelle d'Autriche et Christiern (3), une pièce intéressante dans laquelle il est question de notre artiste et qui a échappé aux investigations de l'auteur de l'Histoire de la peinture flamande. C'est une lettre écrite à Lierre, le 20 août 1 528, par Christiern II, roi de Danemark, à l'abbé de Saint-Pierre, à Gand, qu'il qualifie d'onsen bysondren vrint, à propos du mausolée qu'il voulait faire ériger dans l'église de ce monastère à la mémoire d'Isabelle d'Autriche, sa femme, qui était morte le 19 janvier 1526, à Zwynaerde, près de Gand. Nous savons par cette lettre que Jean Gossart habitait encore à cette époque Middelbourg, en Zélande, et que le roi déchu devait se rendre à Gand pour s'y entretenir avec l'artiste au sujet du monument. Nous croyons faire chose utile en réimprimant ici cette pièce, d'après l'original qui se trouve aux Archives de l'État, à Gand : la copie est conservée dans la collection Reedtz, aux Archives de l'État, à Copenhague.
« Christiern, van Godts genaden der rycken van Denmarcken, Zweden, Noortwegen, der Gotten unde Wenden coninck, etc., hertoghe tôt Sleeswyck unde Holstain, etc. Onse vruntlycke groet to voren, unde ailes goet. Eer-
(1) Registre n" F. 201 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.
(2) Acquits des comptes de l'hôtel de Marguerite d'Autriche, aux Archives du royaume. Le payement figure dans le registre n<> 1799 de la chambre des comptes, ibidem.
(3) Bruxelles, 1842; p. 35.
weerdeglie in Godt, unde lieve vrindl. Ghy suit weten dut wy u t'anderen teden gescreven liebben, wcs ghy souden vervorden onse saecke initlen meestere die de sépulture van ons angenomen heeft te maken, waer op ghy ons hebt laten weten, dat die meester gereyst is in Zeelant, also dattet werck nyet gevordet en wordt: soe.es ons vruntlick begeren, indien die meester uyt Zeelant gecomen es, dat gy hem helzelve, gelyck wy u t'anderen tyden geschreven hebben, wilt vervorderen. Ende indien hy noch nyet gecomen es, dat ghy hem wilt toescriven, dat hy nyet en late hy sy deze loecomende weecke tôt Ghendt, unde bringen mit hem Jennyn de Mabuse, scilder; want wyselve in personne tôt Ghendt comen sullen, om aldaer mit hemluyden te spreken. Lieve, bysondre goede vrindt, hierinne wilt uwe neersticheyt doen, als wy u toebelrouwen, dat het werck gevordert mach worden; ghy suit ons sonderlinge vrintscap doen, unde wy willen 't selve in meerderen saicken verlycken. Hiermede zyt Gode bevolen. Te Liere, den xxen augusti a0 xvc ende xxviij. »
Noire excellent ami, Mr Bakhuizen Van den Brink, archiviste général du royaume des Pays-Bas, nous a fait parvenir une note où il est question de l'incendie que la foudre alluma à l'abbaye de Middelbourg, Ie24janvierl568, et qui détruisit tant d'objets d'art et de choses précieuses, et entre autres, le grand tableau de Jean Gossart, son chefd'œuvre, auquel il avait travaillé, dit cette note, pendant environ quinze ans, et qu'un ambassadeur du roi de Pologne avait estimé valoir 80,000 ducats! Ces curieux renseignements sont extraits d'un volume intitulé : Register perpelueel der stad Rumerswaal, n° 84, f° 173, aux Archives provinciales de Zélande. Voici le texte de la note :
« Sulcx datter in deselve kercke nyet geheel gebleven is, dan alleene een metalen Marien-beelt, slaende in 't midden van de choor ende een deels van de sépulture wylen hoochloffelycker memorie coninck Willem ; ende, onder andere veel schoene juweelen, beelden ende tafereelen, die daer verbrant syn, wert principalyck beclaecht een seer schoene ryckelycke tafel van de hoogen outaer, eerlyts geschildert by Jasmyn Mabuyze, daer hy vyffthien jaren over besich geweest hadde; dewelcke gereputeert was te syne de schoenste schilderye van geheel Europa, ende hadde (soe men seyde) eertyts by den ambassaten des conincx van Polen geestimeert geweest in coope mogen gelden tachenlich duysent ducaten. »
Achevons de consigner ici ce que nous avons réuni de particularités inédiles sur la vie et les œuvres de Jean Gossart, dit de Maubeuge, en rappelant que dans l'inventaire des tableaux du duc Charles de Croy (Voy. % 25) figure, sous le n° 55, un magnifique dessin de ce grand maître.
§ 30. Tableaux.
Sommaire : Tableaux confisqués sur Lamoral d'Egraont, Nicolas de Hames, Guillaume le Taciturne, Alonso de la Loo, Bernard de Merode, Charles Boisot, Jean de Casembroot et Jean Betz, en 1567 et 1568. — Autres trouvés, en 1568, dans l'atelier de Jean de Witte, peintre de Bruxelles.
Lorsque le conseil des troubles pronouçait quelque sentence de mort ou de bannissement, il avait grand soin de décréter la confiscation des biens du coupable. Le duc d'Albe n'était pas homme à négliger les intérêts du fisc. Aussi que de propriétés furent saisies et vendues, que de meubles de toute espèce furent exposés à l'encan et achetés à vil prix par cette race d'individus — il en surgit toujours dans les temps de révolutions — qui, semblables à des oiseaux de proie, se jettent avec avidité sur les dépouilles des victimes dont leurs assassins ont hâte de se débarrasser.
Nous avons rencontré quelques notes, bien succinctes et bien incomplètes, relatives aux tableaux confisqués au temps dont nous parlons, mais qu'il nous paraît utile de publier dans ce recueil.
Le château de Gaesbeek appartenait alors au comte d'Egmont. Le 29 juin 1568, peu de jours après l'exécution de cet illustre seigneur, les agents du gouvernement y dressèrent l'inventaire des meubles qui s'y trouvaient. Voici la liste des tableaux et sculptures qu'il renfermait :
« En la première chambre de la nouvelle tour.
Ung grand tableau avecque l'effigie de la pourtraicture sur toille de feu de haulte mémoire l'empereur Charles.
Ung autre semblable tableau avecq la pourtraicture du roy d'Espaingne.
Ung autre de la royne d'Espaingne.
Ung autre avec la pourtraicture de la royne d'Hongerie Marie.
Ung autre aveeq la pourtraicture de la douaigière de Portugale, seur du roy.
Ung autre de l'impératrice, seur du roy.
Ung autre de la duchesse de Loraine.
Ung autre de la royne d'Angleterre Marie.
Ung autre de la pourtraicture du feu le comte d'Egmont. En la chambre de feu monseigneur.
Ung tableau de Nostre-Dame et Joseph.
En la chapelle.
Nostre-Seigneur en albastre lyé à une colompne.
L'image de Nostre-Dame.
Deux autres ymages sur toille, l'une de Nostre-Seigneur et l'autre de saint Jérosme.
Ung tableau de toille de la Magdeleine.
L'ymaige de Nostre-Seigneur avecq ses xij apostres taillez en pierre.
Une effigie de Nostre-Dame.
Ung tableau en toile de Nostre-Dame.
Ung autre tableau de Nostre-Dame (1). »
Dix tableaux furent saisis au logis de Nicolas de Hames (2), à Bruxelles, en 1567, dont deux avec son propre portrait; les huit autres représentaient Charles-Quint, Philippe II, le duc de Savoie, le duc de Parme, le prince d'Orauge, les seigneurs de Hachicourt, de Berlaimont et de Glajon, tous en costume de chevaliers de la Toison d'or (s).
(1) Archives du conseil des troubles, aux Archives du royaume.
(2) Les détails biographiques que nous avons publiés sur ce personnage au § 18, sont de la plus exacte vérité. Mr Arthur Dinaux (Archives historiques et littéraires du Nord de la France, 5e série, t. V, p. 29, note 20) se refuse à croire à la naissance illégitime de Nie. de Hames dont avait déjà parlé notre ami Mr Léon Paclet, auquel nous avions fait part de ce détail.
(5) Registre n° 593 de la chambre des comptes, aux Archives «lu royaume.
Le 20 janvier 15C8 (n. st.), Charles Quarré, chevalier, conseiller de Brabant, et André Le Cocq, avocat au grand conseil de Malines, commissaires chargés d'inventorier les objets existant dans l'hôtel de Guillaume le Taciturne, prince d'Orange, à Bruxelles, y annotèrent onze tableaux :
« Ung grand tableau contenant Judicium Paridis. Ung grand tableau de Jeronimus Bosch.
Ung autre grand tableau d'ung géant et une géante. Ung grand tableau contenant l'cxpugnalion de Rhodes, Quattre grandz tableaux de painclures, contenant les sept sainetz sacremens et ung crucifix.
Ung tableau de Dieu portant la croix, de toille.
Ung tableau poincture de saincte Anne et autres imaiges.
Ung tableau de toille contenant Eccc homo (1). »
Dans l'inventaire des meubles trouvés, en octobre 1567, dans la chambre d'Alonso de la Loo, secrétaire du comte de Homes, qui logeait dans la maison dite Transilvalne, à Bruxelles, figurent les objets suivants :
« Primes, une médaille jusques à çainclure, de feu l'empereur Charles, faicte sur toille, armé des armures grandes.
Uneaultre semblable médaille du roy, avecq les manches de maille.
Une aultre semblable médalle de la royne Blanche Léonor.
Deux aultres semblables médailles de la royne Marie.
Une aultre médaille de Lucretia romaine.
Une aultre médaille de la fille du Turcq.
Une aullre médaille de la princesse de Portugal dormant au pied d'ung arbre.
Une aultre médaille grande d'une dame nue dormant sur une teste d'ung homme.
Ung petit tableau de Nostre-Seigneur, quant il fut mis au monument.
Deux rondes médailles petites de plomb dorées, l'une de Nostre-Seigneur et l'aultre de Nostre-Dame.
Aultres quatre semblables médailles de l'empereur Charles, l'empéralrice, le roy et la royne catholicque.
(1) Registre n° 593, cité.
Huyct petites médailles rondes de plomb dorées de diverses sortes, entre lesquelles sont deux, l'une dudit de la Loo, et Taultre de la contesse de Hornes (1). »
A Malines, le fisc s'empara, au mois d'août 1568, dans l'hôtel de Bernard de Merode, seigneur de Waroux, de divers tableaux à sujets mythologiques, tels que Lucrèce, Orphée, etc., et de neuf portraits à l'aquarelle exposés dans une galerie (2). D'autres tableaux furent encore confisqués au château de Charles Boisot, à Erps (5); dans la maison de Jean de Casembroot , à Bruxelles (4), et dans les demeures de Pierre Wasteels, pensionnaire de la ville de Malines (s), et de Jean Betz, à Bergh, près de Vilvorde. Enfin, dans l'atelier du peintre Jean de Witte, à Bruxelles, en fuite lorsqu'on se présenta chez lui, le 18 mai 1568, on trouva différents tableaux de l'artiste, les uns achevés, les autres à l'état d'ébauche, désignés comme suit dans la pièce où nous lisons cette particularité, avec la valeur qu'avait fixée les experts de la ville :
« Een taeffereel eerst op bert van de Verryssenisse, sonder liest : iij Rynsguldenen.
Een groot taeffereel, van Venus ende Cupido wesende, gemaeckt op doeck, met lysten : xij R. g.
Een chaerte wesende van de stadt van Bruessele : xxxv si.
Een schoon taeffereel van de Doopinghe 't sint Jans : ij R. g. x st.
Drye lantschapen geschildert op doeck met waterverwe : ij R. g.
Noch drye taeffereelen begonst ende twee lysten : v R. g. x st. (6). »
Comme on le voit, Jean de Witte peignait des sujets du Nouveau Testament, tels que la Résurrection et le Baptême de saint Jean, des paysages et même des sujets mythologiques. Michel Van Orley, fils de Bernard, et ami de J. de
(1) Registre n° 393, cité.
(2) Archives du conseil des troubles, citées.
(3) Registre n° 593, cité.
(4) Ibidem.
(5 et 6) Archives du conseil des troubles, citées.
Witte probablement, se porta sa caution pour la somme de 145 florins du Rhin 9 sous, à laquelle son mobilier avait été estimé. Elisabeth (Lisken) Eenens, femme du fugitif, déclara qu'il ne possédait ni rente ni immeuble quelconque (i).
§ 31 . Inventaire de meubles d'église.
Sommaire: Inventaire des meubles et orn nients de la chapelle de l'hôpital Saint-Jacques, à Mons, en 1430.
L'hôpital Saint-Jacques, à Mons, fut fondé au mois de septembre 1405. En 1702, il fut incorporé avec diverses autres fondations de bienfaisance delà ville et des environs, pour former et doter l'hôpital royal de Mons, qui fut établi dans des bâtiments voisins de l'abbaye du Val-des-Écoliers. L'inventaire qui suit est celui des meubles, ornements, livres et reliquaires, appartenant, en 1430, à la chapelle de l'hôpital Saint-Jacques.
« Che sont li meuble appartenant à le capielle et ospilal de monseigneur Saint-Jaqueme en le ville de Mons, relivrés par Jaquemart de le Loge, au jour Saint- Jacque etSaint-Christofle l'an (xiiijc) xxx.
Et premiers les aournemens de l'autel de le capielle.
Une estolle et j phanon.
Une casure de ghaune nappe.
Une vièse casure ouvrée de soie dorée
sour sanghin et fourée de pierse-
toille.
Une estolle et j phanon.
Une aube et j amil et j chint à ce
siervant.
j caulisce et le platine d'argent doret Une aultre casure de drap de damas,
et le louchette d'argent blancq.
Ung aultre caulisce et le platine de
keuvre doret d'or et le louchette
d'argent, iij bourses atout iiij corporaux.
Une casure de noir veluyel fourée de
vremeil samit.
de soie asurée et ouvrée de pluiseurs couleurs, fourée de blancque, nappe et aube, amit et chint à ce siervant.
Une aultre casure de drap de damas fighuret et semet de rosetlez vermeillez et fourée de loille vremeille.
(1) Registre no 593, cité.
Une eslolle et j phanon d'otel drap.
Une aube et j amit à ce siervant.
ij nappez de drap de laisne piersez
ouvrées de vert et de vremeil à j orfroy d'or.
Une autre cappe de pierse-toille ar-
moyé des armes monseigneur le
senescal à j orfroy d'or, ij lournekaux de diake et sou-dia-
kène, estoffës et armoyés des armez d'un bastart de Haynnau.
Une blancque cappe à j bort de soye
vremeil.
Une blancque nappe à une vremeille
croix pour parer l'autel en Qua-
resme.
j drap d'autel armoyet des armez
d'un bastart de Haynnau, bordet à
ij leis de Sainl-Pol et d'Enghien.
Une nappe d'autel parée d'un noir
orfroy semet de vers rosiers.
Une aullre nappe parée d'un noir
orfroy figuret de vremeillez et
blancquez rosettez.
Ung orfroy de pierse-toille, semet
de iiij billettez d'argent en couleur, viij blancquez nappez d'autel sans
parure, ij courwethurez d'autel de grosse
toille.
Une nappe d'autel à lequelle doit-
servir li orfrois de pierse-toille
devantdit.
Une tuaille royé de piers et de blancq,
siervant àl'estapliaul.
Une aultre nappe à mètre sur ledit
estapliaï.
ij messels.
ij livres de cant.
iiij pochons d'estain.
Une clokette pour sonner quant on
fait élévation, iiij orilliers vremaux pour mètre
pour l'autel, iiij tuailies à suwer les mains dou
pries tre.
ij kandelliers de keuvre.
ij paix, j drap de laisne piers, ouvret de vert,
servant devant l'autel, ij souplis et j sarot.
j bénoilier d'estain.
ij blancquez gourdinez et les verghes
servant à l'autel.
S'ensuivent les relicquez et aultrez juwiaux qui sont en Varmaire de le relikiairie de Icdille cappielle.
Premiers, une relikes d'argent dorés que li anglez qui est à le fiètre porte, et lequelle on rassiet quant on voelt sour j piet de keuvre doret.
Unes autrez relikez à piet et d'argent blancq dont les sonaigez sont dorés et ossi li castelles.
Unes autrez relikez d'argent quairéez dont li sonaiges sont doret et séant sour j piet de keuvre.
Item, ij petittez trompetiez que ij anglez à le fiètre portent à pourcession.
Item, une boiste d'ivoire garnie d'argent, en lequelle il y a aucunez relikez.
Item, j béricle encasset en argent et pendant à une kainette, ouquel béricle il y a de le saincte vraye
lithiUUJeffoTszâ&it
JefEemz liée Sel
j laulet de bos plain de relikez de Une cslaffotlc d'argent,
pluiseurs sains et couvert de voire. Une louche d'argent dorée.
j béricle quairet encasset en laitton, ij pochons d'argent pour siervir à
atout j asniaul d'or; se le donna Ii l'autel,
femme Jehan Bourdon. ij outrez pochons d'argent et j plat
Une croix d'argent dorée, atout j cru- d'argent.
cefit à l'un des leis, et à l'autre Ieis ij candellers de keuvre siervant asune ymaige de Nostre-Damme d'i- dictez relikez (1). » voire, que Jakèmes de le Loge a donnet.
§ 52. Sphragistique.
Sommaire : Sceaux de Jean, seigneur de Ligne et de Bailleul; — de Jean de Namur, seigneur de Wesemael; — de la ville de Braine-le-Comte, — et du métier des barbiers de Bruxelles.
Deux des sceaux reproduits sur les planches ci-joinles sont des spécimens d'une excessive rareté dans notre pays, en ce qu'ils représentent à pied les seigneurs qui en firent usage. A cette époque l'emploi des sceaux équestres n'avait plus, à très-peu d'exceptions près, été conservé que par les ducs, comtes ou marquis souverains, et leurs vassaux avaient pris l'habitude, dès la seconde moitié du XIVe siècle, de ne plus se servir que de sceaux sur lesquels étaient figurées leurs armoiries. Le premier des sceaux dont nous parlons est celui de Jean, seigneur de Ligne et de Bailleul (1411-1413); on y lit sa devise : faire le &0g sur sa bannière, et celte légende :
Baui. tenait. Btgtieur. fre. ligne, et. k. baiUuel.
(1) Extrait d'un compte de l'hôpital Saint-Jacques, à Mons, acheté dans cette ville, en 185S, par le libraire Heussner, à Bruxelles, avec une quantité de papiers provenant des archives des hospices de Mons, restés en la possession d'anciens receveurs de l'hôpital royal.
L'un des deux exemplaires (1) de ce sceau que nous avons vus, esl accompagné d'un petit contre-sceau, empreinte d'un châlon de bague probablement, où s'offre aux regards une petite figure à mi-corps, tenant un écu sur lequel est écrit : 3e le VOUS COUmanîre. La devise de ce seigneur y esl encore répétée.
Le second sceau représente Jean, seigneur de Wesemael, de Fallais, du pays de Malines et de Rummen, maréchal héréditaire du Brabant (1433) (a). On lit aussi sa devise ainsi conçue dans le champ: kg! t0UCe il treme. L'inscription suivante en fait le tour :
0.'30l)'ni0 but îre roesemalefle falap terre meel) bhten rumen z marne ail' braba
Pour compléter ces planches, nous avons ajouté le sceau et un cachet, qui date de 1580, de la ville de Braine-Ie- Comte, en Hainaut, dont les matrices en cuivre sont encore aujourd'hui conservées au secrétariat de cette localité. Le sceau remonte, croyons-nous, au XVe siècle; on y lit pour légende :
0t0tllum. utile, brame eamitts.
Le petit sceau sur lequel se voient deux figures de saints habillés en costume du XVe siècle, est celui du métier des barbiers de Bruxelles (5), qui porte pour inscription :