‹ Archives des arts, sciences et lettres (volume 2)Chapitre 3 sur 17 · VIII. Bandé d'argent et d'azur de six pièces · texte numérisé non relu

VIII. Bandé d'argent et d'azur de six pièces

[13] Deuxième verrière de droite.

La Déposition de la croix.

Écusson de Massiet chargé au quatrième quartier des armes de la famille du Bryard, décrites plus haut.

[14] Troisième verrière de droite.

Note du manuscrit : « En la troisiesme ensuyvanl est au » milieu la Déposition de Nostre-Seigneur de la croix ; au » coslé droict sainct Jérosme; au coslé gauche sire Willems » Criecke, chanoine de Nostre-Dame de Cassel , et son » patron. »

[15] Quatrième verrière de droite.

Note du manuscrit : « En la quatriesme ne se retrouve » aucune peinture ny armoiries, »

[16] Première verrière de gauche.

La sainte Vierge accostée d'Antoine de Massiet et de sa femme, avec leurs patrons.

Leurs écussons. Celui du mari est écarlelé, aux premier et quatrième, de Massiel, aux deuxième et troisième, de Galonné; sur le tout, bandé d'argent et d'azur de six pièces, comme le VIIIe quartier de Cécile de Massiet. L'écusson de la femme d'Antoine de Massiet est mi-parti aux armes de son mari, et mi-parti d'argent au lion de sable. [1 7] Deuxième verrière de gauche.

La sainte Vierge et l'enfant Jésus, accostée de Benoît de Massiet et d'Elisabeth, sa femme, avec leurs patrons.

La Résurrection du Christ flanquée des écussons des deux époux. Le mari portait les armes ordinires de Massiet, cantonnées à senestre d'un aigle éployé de sable. Les^ armes de la femme sont d'argent à six burelles ondées de gueules,

[18] Troisième verrière de gauche.

La sainte Triuité accostée des figures de Jean-Baptiste de la Tour et de Jacqueline de Massiet, sa femme, avec leurs patrons.

Leurs écussons séparés par un nœud réunissant deux 1, initiales de leurs prénoms. Les armes de J.-B. de la Tour sont : parti , au premier coupé ; au premier de gueules à trois bandes d'or, au deuxième de gueules à la fleur de lys d'argent; — au second écarlelé, aux premier et quatrième de gueules à la bande d'or, aux deuxième et troisième, à trois fasces d'azur, au lion de gueules armé et lampassé d'or brochant sur le tout.

[19] Quatrième verrière, ou verrière des fonts baptismaux.

(Dans les meneaux.) L'écusson de Massiet tel qu'il se trouvait dans la 15e verrière.

Le sujet de cette verrière n'est pas indiqué dans notre manuscrit, qui ne reproduit que les écussons superposés de deux époux, dont le mari avait pour prénom Charles et qui était représenté avec Charlemagne, son patron. Sa

femme élaît sans aucun doute placée de l'aulre côté. Les armes du mari sont écartelées aux premier et quatrième, de sable à trois gueules d'or ; aux deuxième et troisième, de sable à trois lions d'argent; sur le tout de gueules à trois lions d'or. La femme portait pour armes, écartelé, aux premier et quatrième de Bourgogne, à la cotice de gueules à senestre brochant sur le tout; aux deuxième et troisième, comme le IVe quartier de Sébastien de Labour, décrit plus haut.

[20] Verrière au-dessus du petit portail.

Des écussons de Massiet dans les meneaux. L'arbre de Jessé qui remplissait toute la fenêtre. [21] Verrière au-dessus du grand portail.

Quatre écussons, dont deux de Massiet, et deux autres en losange, l'un mi-parti de Massiet et mi-parti de Bryard, et l'autre mi-parti de Massiet et mi-parti d'azur, à la bande d'or, comme au IIIe quartier de Cécile de Massiet, analysé plus haut.

§13. Architectes.

Sommaire .• Architectes de Guillaume 1er, Guillaume II et Jean 111, comtes de Namur. — Henri Valion. — Nicolas de Jaingnécs. — Jean de Floreffe. — Pierre de Dave. — Architectes des ducs Auberl de Bavière et Philippe le Bon, en Hollande. — Engelbert Van Nyvel. — Costin Willemszone. — Bestauration de la chapelle de la cour, à La Haye. — P. -P. Mercx.

Architectes de Guillaume Ier, Guillaume II et Jean III, comtes de Namur (xive et xve siècle.) 1571-1372. — Henri Valion, maître des ouvrages de maçonnerie du comté, recevait annuellement 24 livres de gros de gages.

1595-1407. Nicolas (Colart) de Jaingnées ou de Jaingneez, maître des ouvrages du comté, aux gages annuels de 24 livres.

1416-1423. Jean de Floreffe, maître des ouvrages du comté. Henri de Floreffe , son parent très-probablement, était à la même époque maître des moulins ou maître des ouvrages de cliarpenlerie : il fut remplacé dans cette charge après sa mort (1435 ou 1436), par Mathieu Piret de Temploux.

1423-1436. Pierre (Piérart) de Dave ou de Daule, maître des ouvrages du comté.

Ce titre de maître des ouvrages s'applique ici aux ouvrages de maçonnerie et signifie par conséquent architecte.

« A maistre Henri Valion, pour ses wages qu'il al par convenanche de penseir et entendre aus ouvraiges Monsingneur par toute la conteit, pour l'an entier : xxiij livres (1). »

«A Colart de Jaingnées, maistre des ouvrages, pour ses waiges qu'il at par convenance de penser et d'entendre aus ouvraiges Monseigneur par toute la conlei et dehors : xxiij livres.

» A Colart de Jaingneez, maistre des ouvraiges, qui li at estei accordeit de Monseigneur et son conseil pour cause de son office, pour une robe insi que du temps passé on le soleil délivrer à li et aus autres, montant, li gros pour xviij den. comptant : c. s. (2). »

« A maistre Jehan de Floreffe, maistre des ouvrages Monseingncur, pour une cotte que mesdissirez li doit à cause de son office, v s. de gros qui vallent iiij liv. x s. (5). »

« A Pirart de Daule, maistre machon de Monseigneur, pour une robbe que Monditseigneur li doit pour cause de son office : v oboles qui valent iiij lib. x s. (4).

» A Piérart de Dave, maistre des ouvrages de machonnerie, pour le drap d'une robe : v oboles (b). »

« Mathieu Piret de Temploux, maistre des ouvrages de cliarpenlerie au lieu de feu maistre Henri de Floureffe, pour le drap d'une robe, v oboles, valent iiij 1. x s. (6). »

(1) Registre n° 3221, f<> iiijxx x r», de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(2) Registre n° 3222, ibidem. Voy. aussi le n° 3223.

(3) Registre n° 3224, ibidem. Voy. aussi les n°s 5225 et 3226.

(4) Registre n<> 3226, ibidem,

(5 et 6) Registre n° 3232, ibidem.

Architectes d'Aubert de Bavière et de Philippe le Bon, en Hollande. — Nos recherches aux Archives du royaume, à La Haye, qui ont été si fructueuses grâce aux facilités de notre bon et savant ami M. Bakhuizen Van den Brink, conservateur en chef de ce riche dépôt, nous ont fait acquérir la conviction que les architectes des comtes de Hollande et de Zélande prenaient le nom de maître maçon (meestcr maetselaer).Ce$l ainsi qu'Engelbert Van Nyvel ou de Nivelles peut-être, est qualifié dans ses lettres patentes de nomination datées du 26 janvier 1402 (1401, v. st.), par lesquelles le duc Auhert de Bavière l'attacha en qualité de maître maçon à la cour de La Haye. Le même litre est donné à Costin Willemszone, architecte de Philippe le Bon pour la Hollande, la Zélande et la Frise, dans la commission que ce prince lui fil expédier à cet effet de Gand, le 1 0 mars 1 444 (1443, v. st.), et par laquelle il lui est accordé 20 écus de gages annuellement (î) A partir de l'année 1448, le paiement de cette somme ne figure plus dans les comptes de la recette générale de Hollande, Zélande et Frise, et nous sommes tenté de croire que les émoluments fixes du maître maçon ou maître des ouvrages de maçonnerie furent alors supprimés, tandis que ceux du maître charpentier sont maintenus à celui qui était pourvu de cette charge. 11 n'en est pas moins certain que Coslin Willemszone conserva ses fonctions d'architecte, car c'est lui qui dirigea, en 1453 (s), la restauration complète, faite d'après ses plans, de la magnifique chapelle de la cour ou palais à La Haye, à l'occasion du chapitre de la Toison d'or que Philippe le Bon se

(1) Comptes de la recette générale de Hollande, Zélande et. Frise, du 1er janvier 1444 au 7 février 1445, style de la cour de Hollande, f° lxxx r°, aux Archives du royaume, à La Haye.

(2) Compte particulier des recettes et dépenses extraordinaires faites pendant le voyage de Philippe le lion en Hollande, depuis la Toussaint 1433, jour de son arrivée, au 4 octobre 145G, jour de son départ, ibidem.

proposait d'y aller tenir : nous donnerons plus loin sur ces travaux de longs et curieux détails. Cet artiste vivait encore en U62 (i).

« Aelbrecht, etc., doen cond allen luden dat \vy aengenomen hebben ende aennemen mit desen brieven Engebrecht Van Nyvel onse meesler maetselaer, te wèsen van onsen hove in den Hage, ende van anderen onsen werckc ende maelselrie die wy hun sullen bevelen of doen bevelen te wercken, in sulker manieren dat wanneer hi in onsen hove voirschreven wercken sal, soe sal hi mit eenen opperknechl die men hem wercken ende dienen sa], hebben voir hoir beyder arbeit ende dair hi sinen knecht voirt of lonen sal, elkes dage twalif grote, ende dairtoe sullen sy beyde hoer tafel hebben in onzer zaken van onsen hove voirschreven, indien dat wy cost aldair houden ende waert dat die voirschreven Engebrecht ende syn opperknecht ons wrochten in denselven onsen hove van der Hage, ende wy aldair gheven cost en hilden of dat sy anderswaer in onsen wercke waren dat wy bevolen hadden of doen bevelen : soe sal die voirschreven Engebrecht voir hun ende sinen opperknecht s'dagen hebben voir bore beyder loon ende cost te samen xxiiij groote; voirt so sal Engebrecht voirschreven hieren boven jaerlix hebben voir syn wedden twalif oude scilde ende dairtoe twee rocke, of voir die rocke vj oude scilde elkes jaers, etc. Gegeven in den Hagen, opten xxvjer> dach in januario in 't jaer Ons Heren m cccc ende een, na den lope van onsen hove (2). »

Mercx (Pierre-Paul), — architecte du roi Charles II aux Pays-Bas, mourut à Bruxelles, le 15 mars 1 685 : il fut enterré dans le couvent des carmes de celte ville.

« Anno 1685, den 15 dagh van meert, in de parochie van S'-Cathlynen, binnen Brussel, gestorven den heer Petrus-Paulus Mercx, architect van S. M. ende begraven tôt de eerweerdige paler Onser-Lieve-Vrouwe broeders, en daernaer den dienst gedaen in de voorschreve prochie kercke (5). »

(1) Compte de la recette générale de Hollande, Zélande et Frise, du 24 mai 1462 au 23 mai 1463, f° cxlij v°, aux Archives du royaume, à La Haye.

(2) Mémorial de la chambre des comptes de Hollande de 1396-1402, f° cxliij v°, ibidem.

(3) Archives de TÉtat-civil, à Bruxelles,

| 14. Inventaire de Manuscrits, Objets d'Art et Meubles d'Églises.

Sommaire : Inventaire des livres et objets d'art existant en 1302 dans les chapelles des châteaux appartenant à Raoul de Clermont, seigneur de Nesles. — Valeur relative des ivoires sculptés et des livres d'église à la même époque. — Composition de la bibliothèque d'un grand seigneur du XlVe siècle. — Inventaire et valeur des manuscrits ayant appartenu à Jean, seigneur de Naast, en Hainaut, mort en 1357. — Inventaire des livres et ornements de l'église du chapitre de S'-Viucent, à Soignies, en 1382. — Hugues duCaisne, scribe, en 1323.

Inventaire des livres et objets d'art existant en 1302 dans les chapelles et chateaux appartenant a raoul de Clermont, seigneur de Nesles. — On conserve aux Archives du département du Nord, à Lille, un long rouleau en parchemin sur lequel est transcrit l'inventaire des biens meubles qui ont appartenu au connétable de France, Raoul de Clermont, seigneur de Nesles, tué à la bataille de Courtrai, le 11 juillet 1302. Les extraits que nous avons faits de ce curieux document où l'estimation de chaque article est fixée, établissent le prix de certains objets d'art, tels que statuettes et bas-reliefs d'ivoire, à celle époque reculée, et ils prouvent que leur valeur était souvent en dessous de celle d'un missel, d'un antiphonaire et d'un graduel. Raoul de Nesles était un seigneur riche et puissant : aussi le document dont nous parlons comprend-il l'inventaire des meubles des différents châteaux qu'il possédait, ainsi que de l'hôtel qu'habitait le connétable à Paris. Toutefois nous nous sommes borné à prendre note des livres et des objets d'art, el nous avons négligé de copier la nomenclature des chasubles, étoles, aubes, dalmaliques, chappes, burettes, calices et vases servant au service divin, qui se trouvaient dans les chapelles de ces antiques demeures féodales. Parmi les draps d'or qui y sont désignés, nous

en avons noté doux aux armes de Nesles et de Fiole. Faisons encore remarquer que l'on n'y mentionne point de tapisseries de haute-lisse, et qu'il n'y est question que de tapis sarrazinois et de tapis d'outre-mer.

Invenloire des choses appartenant à la chapèle de Frasnich :

Uns tablaus d'ivoyre à ymaige entaillés, prisié x liv.

Une petite ymage d'yvoire cloans, lx s.

Une ymage d'yvoire senz tabernacle, lx s.

Une tables d'yvoire à ymages, xx s.

J messel, vj liv.

Uns autre plus petit messel, viij liv.

Uns gréel [graduel] à l'usage de Néele, nuef, vj liv.

Une partie d'antiphonaire noté, lx s.

Uns viez gréel, xl s.

Uns bréviaire en ij volumes, l'un lié et l'autre à lier : ij autres petiz livres

de saint François et de saint Wislace [Eustache], xx liv. Uns sautier cover de cuir entaillié, xl s.

Inventoire des choses appartenant à la chapèle de Biauleu :

Une crois d'argent à vj ymages, et le pié pesant xiiij marcs vj unces, valant

vjxx ij liv.

Une ymaige d'yvoire à j tabernacle de balène, prisié xxx s. Uns sautier.

Inventoire des choses appartenant à la chapèle de Paris :

Une ymage d'yvoire, prisié xij s.

Une plus grant ymage : xx s.

Uns grael [graduel] . xl s.

Unes eures de Nostre-Dame : xij s.

Unes eures plus petites, couvertes de cor [cuir] : xx s.

Uns sautier petit à fermaus d'argent : xl s.

Unes eures de le Magdelène : xvj s.

Uns livre de coustumes : x s.

Inventaire des livres de Godefroid , seigneur de Naast, mort en 1337. — Ce catalogue est extrait d'un petit registre en papier, in-4°, reposant aux Archives judiciaires , à

Mons (1), et intitulé : « Che sont tout li meule que messires »de Naste (dont Dius ait l'àme) avoitet pooit avoir en quel- » conques manière que che fusl au jour de son trespas qui » f u le nuit de le Magdelainne par j lundi en l'an mil iijc «xxxvij, Iiquel meule ont estet prisiet par les priseurs «sairmenlés de le ville de Mons. »

Ce volume contient l'inventaire des meubles, ustensiles et bestiaux qui se trouvaient au jour du décès du seigneur de Naast, dont le prénom était Godefroid (2), à Mons, où il avait un hôtel dans une rue qui a retenu le nom de cette famille, au château de Naast, et dans ses fermes de Froides- Fontaines, Hanneçuelle, etc. îl nous fait connaître en détail l'intérieur de ces habitations des seigneurs du moyen âge et des exploitations rurales d'aiors. L'énumération des coupes et hanaps d'argent, de madré et d'ivoire, des bijoux et joyaux, de ses vêlements de corps, tels que : cottes, cappes, corsets, manliels, surcots et ivardecors de toutes couleurs, fourrés ou non de vair, de menus vairs ou de cendal (soie), et de tous autres meubles et ustensiles, s'y trouve avec l'estimation de chaque objet. En comparant celle qui fut faite de chacun des volumes de la petite bibliothèque du seigneur de Naast avec le prix des bestiaux, on pourra se faire une idée de la valeur de ces manuscrits. Ainsi un mouton est évalué, prix moyen, 8 sous tournois; une vache, 50 sous ou 2 1/2 livres; un pourceau, 20 sous; une belle jument, 3 livres; une truie et ses six petits est taxée 30 sous; « un grant buef brun à noire keuwe [queue] » , 8 livres 1 5 sous; un « buef rouge » , 8 livres 5 sous; un taureau {tor), 65 sous, et un autre 55.

(1) Jos. de Saint-Genois, Monumens anciens, p. ccclv et ccccv.

(2) Nous en devons la communication à notre ami, M. Arsène Loin, qut nous a remplacé dans la direction de ce dépôt.

Chi ensuit li inventores de romans et de livres.

Premiers j saulier, prisiet xlviij s.

Iten j biel saulier couviert des camoscas, prisiet . . . . c et x s.

j romanch de Aelis cl l'Empereur et dou roy d'Ingres, prisiet. xxvj s. viij d.

j romancii de Cronikes de flaynnau, prisiet xvj s.

j Luchidaire en romanch, prisiet xiij s. iiij d.

Une bible parmy les évangiles d'un costcl, prisiet. iiij liv.

Une mapomonde en romanch, prisiet viij s.

j petit saulier, prisiet xl s.

Une heures, prisiet xxxij s.

j livre le Message Carlemaingne, prisiet xvj s.

j romanch des Aventures d'Oullrc-Mer, prisiet xxxij s.

j livre des Sept pëkiés mortels, prisiet v s. iiij d.

j romanch de Sidraach, prisiet es

Cronikes de pappe, prisiet xxxij d.

Le Veus dou paon, prisiet viij s.

Le roumanch des Frans royaux, prisiet xvj s.

Le rommanch Mainnet, prisiet xvj s.

Le livre de Philosoffes, prisiet v s. iiij d.

j livre des Paines d'infier, prisiet xxxij d.

Les Secrès Arrislole, prisiet xvj d.

j livre de le Surgie maislre Rogier, prisiet xxxij d.

j livre des Miracles Nostre-Dame, prisiet viij s.

Une partie d'un messel, prisiet xi s.

> rommanch A' A lis et de Prophélias, prisiet viij s.

Somme : xxvj liv. xviij s.

Inventaire des livres et ornements de l'église du chapitre de Saint- Vincent, a Soignies, en 1382. — Cet inventaire est transcrit sur un long rouleau de parchemin (i) : il contient la nomenclature des livres du chapitre et des ornements de l'église, tels que : aubes, chasubles, étoles, nappes, parures d'autel, draps d'or, coussins, gonfanons, châsses, reliquaires, calices, croix, anneaux, bassins, chandeliers, coupes, écrins, coffres, etc., etc. La bibliothèque se com-

(I) Archives du chapitre de Soignies, aux Archives du royaume.

posait alors presque entièrement de missels, d'évangéliaires, d'agendas, de bréviaires, de bibles, dont une versifiée, d'épistolaires, de légendaires, de psautiers, d'antiphonaires, de capitulaires, de martyrologes, de passionnaires, de sermonaires, de recueils d'hymnes et de cantiques, et de livres à l'usage des chantres et des choristes. On y trouve aussi les Décrétâtes et le Digeste qui est qualifié de vieux, épithète également donnée à plusieurs missels. Les noms des donateurs de quelques-uns de ces livres sont parfois indiqués : messire Euslache fit don d'un psautier; messire Hugues du Caisne ou du Chesne peut-être (dou Kayne), écolàtre de Soignies, le même qui écrivit un nouvel ordinaire en 1323, par ordre du chapitre, donna un bréviaire noté en quatre volumes; Bauduin du Quesnoy, un bréviaire en deux volumes; maître Pierre de Lille, jadis hôtelier, un autre bréviaire encore. L'église devait à la munificence de Hugues de Nalines et de maître Guillaume Créions la possession d'une petite bible et d'un autre volume. Enfin messire Jean de Lobbes l'avait gratifiée d'un évangéliaire, et un autre personnage, qualifié de monseigneur Clément, lui avait donné un grand passionnaire. Le premier volume de l'obituaire du chapitre que nous avons découvert dans un sac à procès aux Archives judiciaires, à Mons (î), fait mention de plusieurs d'entre eux. A titre de bienfaiteurs ils avaient droit aux prières de la communauté.

Parmi les joyaux de l'église, nous remarquons tout d'abord la châsse ou fièlre de saint Vincent, et différents autres beaux reliquaires contenant des os de ce saint et de sainte Marguerite; quelques ivoires sculptés, des remontrances, des calices, des encensoirs, des chandeliers, etc.

(1) Voy. notre notice intitulée : Souvenirs historiques sur les archives des anciennes institutions judiciaires du Hainaut, p. xxxv, qui a été publiée dans les Bulletins de la commission royale d'histoire, lre série, t. XIV.

L'église de Soiguies était également riche en nappes et ornements d'autel, et en vêlements pour dire les offices : l'inventaire mentionne en grand nombre des dalmatiques, des amictes, des étoles, des aubes, des chasubles, etc. A propos du symbolisme de ces vêtements, bien connu du reste, nous pardonnera-t-on de rapporter ici un passage d'une chronique française inédite, qui s'arrête à l'année 1 504 (î) : il s'agit du sacre d'un évêque : « Puis li vesti-on »le blanc sarroc [surplis, rochet], qui senefie caaslé et in- » noncence; et puis li mist-on l'amit sur le kief, qui senefie «humilité; et puis l'aube, qui senefie virginité et purté; et «puis le fanon [manipule], qui senefie qu'il doit plourer et » terdre ses pékié et les [ceux d'] autrui ; et puis festoie «entour le col, qui senefie obédience; et après le tunike »où on list l'épistre, qui senefie pacience; et après le tu- » nique daumatique, qui senefie droiture; et après le casure » [chasuble] desseure tous les autres vestemens, qui senefie «carité, car sans carité toutes autres vertus sont mortes. »

Inventarium ornamentorum ecclesie Soneglensis anno Domini millesimo ccc° Ixxxii".

ix cape de cuer de plusieurs ma- vij estoles, xiiij maniples.

nières. xxxvj napes, s'en vont les viij parées. Une cape de cuer. • iij nappes et une touaille bénitez, don- Une cape que donnât li trésoriers. nées par pluiseurs persones. xviij casules. Une nappe d'Alemaigne, lequelle don- Une casure donnée par messire An- , na messire Jehans Fesses.

drius le Légas. Une autre nape donnée par le femme

xxiij que damatikes que tournikials. Rémi Bode.

iiij tournikialx d'enfans. Une nape donnée par le femme H. de

xxxij albe, s'en sont les vj parées. Bracquenier.

viij albes. iiij accors canteiz.

iiij albes pour enfans. Une nappe que laissa Climenche de le

xxix amis que pareis que simples. Haye, dicte li brilleresse.

(1) Manuscrit n° 14561 de la Bibliothèque de Bourgogne.

Une nappe et une tuaille donné le jour monseigneur saint Vinchien Tan m. ccc. lxxv.

ij napes à l'autel maistre Gille de le Scatière, trésorier.

ij luaillez pour platines.

j doublier. Une tuaille. v saros.

Une pièche de blanke toile de xxix aines.

ij linchues cousus ensamble, qui furent messire Pières de Brugeleltez.

Une parure d'altel à rosettes dorés.

Une altre parure d'autel.

ij parures d'autel de le gésine Nostre- Dame.

xxiij cins bénis.

ij napes données par messire Andrius le Légas.

x dras d'orde pluiseurs manières, s'en sont ostet ij drap d'or pour faire damatike et tournikial.

ij dras d'or que Gérars d'Escausines donna.

ij dras de soie.

ij eslroites pièehes de drap d'or qui sunt pour l'autel.

iij bougerans ourlés de cendal.

j bougharant ourlet de noir cendal qui fu Guillames de le Scatier.

j bougerant que laissa mesires Pières de Brugelettes à une crois de vermeil cendal.

ij drap sarràzinois.

iij cousins eskekelés.

iij coussins couvers de drap d'or.

v orilliers.

ij déliés tuailles parés à ij corons.

xiiij corporals et les bourses

ij banières de cendal.

iij con fanons nues.

ij blankes gourdines à mettre en Quaresme en mi le cuer.

Le gourdine pour le sépulcre.

ij blankes gourdines à mettre entour le grant autel.

ij gourdinettes de noire toille à mettre derrière l'autel.

ij gourdinez de cendal à mettre entour le grant autel.

Une gourdinez devant le crucefils.

Le mesel dou grant autel.

Le mesel de sainte Isabiel.

Le mesel dou revestiaire.

Le mesel de aultel le conte.

Le mesel saint Climent et une agende.

Le mesel sainte Katerine.

Une agende de saint Nicolay.

Le mesel de saint Jehan.

ij agendes de saint Mikiel.

Une agende dou nouviel atlre.

Le mesel de le cure.

Une agende de le Magdelaine.

iiij vies mesel et une agende.

j livre des Evangèlcs.

j épistoliers.

ij nues grels.

v vies grelx.

j gré pour les canleurs.

j livre de séquences.

Une agende pour ennolyer [enhuiler].

Une légende d'or.

ij livres de Apocalips.

Une agende de saint Mahiu.

Le mesel del autel le trésorier.

xj saltiers.

j que mesires Eustace donna.

ij antiphonier en iiij volumes.

vij antiphonicrs.

j bréviaire notet en iiij volumes, que

donna messire Hues dou Kaync,

escolastre de Soingnics.

Bréviaire en ij volumes à sainte Isa-

bial, qui fu maistre Bauduin dou

Kaisnoit.

j bréviaire ou [au] revestiaire, qui fu

maistre Pières de Lile, jadis hoste-

lier de Tournay.

j bréviaire de le capelle monseigneur

Jehan Zunreman; se l'a li capitle.

j bréviaire de le capitle sainte Kate-

rinejse l'a par divers luyli capitles.

j antiphonier pour canteurs.

j capituler en ij volumes, j capituler devant le doyen, iij altres capitulers.

j livre des Venile.

j livre qui contient ymnes : Ardua

spes et Salve festa dies.

j nues livre pour les choristez. j livre c'on appelle Brelet.

j nouviel ordenaire, fait par mesires

Huon dou Kayne du commandement de capitle l'an m ecc et xxiij.

j altre ordenaire.

iij kalendes.

j matrologe.

j vies matrologe.

Un livre appiellet : Breton, que donna

maistre Willaumes Cretons.

ij biles.

Une petite bibles jadis maistre Huon

de Nalinez.

Une bible verseliié.

ij livres de prophètes.

Li livres de quaielx (?}, iij omeliers.

j grant passionnairc jadis monseigneur Climent.

vj altres passionairez.

Le vie monsigneur saint Vincisiien.

Li livres u on list à le cène.

ij psaltiers glozés.

Li iiij évangélistes glozet en une volume, que donna mesires Jehan de Lobes.

j Vita palrum.

j décret jadis le prévost de Condet.

Unez décrétales jadis le Marescal.

ij livres de sermons.

j allre livre de sermons , que donna maistre Thiéry de Hinzeberge.

j Lucas glozet.

j Matheus glozet.

j Huguste jadis maistre Gérard de Bosnais.

j grécisme donnet par maistre Ernoul de Pierus, curet de Malbauge.

Une Digeste vièze, qui fu maistre Huon de Nalines.

Le Somme dou sacrement.

vj quaiers de l'office de le Conception.

j quaier dou sacrement.

j livre pour laver les autelx.

ij quaiers u on canle Exultet.

ij livres pourcessionnaires.

ij commencement de pourcessionnaires en viij quaiers.

Les épislles Pière de Blois, que donna maistres Bobers de Braibant.

Le fiètre monseigneur saint Vinchien.

Une M d'or que mesires li contes Guillaume donna.

Le vaissialx dou kief monseigneur saint Vinchien.

ij dettes de drap d'or à mettre delés

le kief à pourcession.

Le jointe monseigneur saint Vinchien

en j vassiel d'argent, xij caliscez et xij platinez, s'en sont

lez iij brisiés, desquelz iij on a oslet

iij coupes et ij plastines.

j calisce donnet par Gérard d'Escau-

sines.

j calisce, platines et loucettes pour le

capelle que messires Gille de le

Scatier fonda, ij encensiers d'argent, ij orchuels d'argent, ij bachins d'argent, iij bachins de keuvre.

iij crois et une croche, ij candelers sourargenlez.

ij candelers d'estaing.

Une nacelle de keuvre à mettre en-

chens.

Une ymage d'ivoire, j aniel d'argent que on apielle monseigneur saint Vinchien.

j petit anelet d'argent, ij philatères et une vièze.

iiij crois aveck les philalères.

j coupe d'argent et une de keuvre, à le

paroche, pour Corpus Domini.

ij vaissialx nouvialx pour porter le

benoît Sacrement.

Une testelelle d'argent, iiij clés de text.

j croissant d'argent jadis monseigneur

Climent.

ij potencez sourargenteez.

iiij boursses avekles reliques, iij pièches de crestal en argent.

iij vaissialx pour l'ewe benoîte.

j orchuel à manière de coulon.

Unes orgènes de plonch.

Une pière d'autel bénit.

Un escring qui fu le coustre Bauduin, qui doit avoir bone serre et bone clef, qui est maintenant en le trésorière.

j autre escring à Chartres.

ij petis vies coffres de sommiers.

ij nues coffres plus grans

Une boistelette d'ivoire, lequelle mesir-es Phelipes de Mabeuge donna.

j vaisiel d'argent as reliques sainte Margerite.

Une ymage d'ivoires que maistre li Cambiers donna.

j hanap de madré, qui fumesires Jehan Paris.

Ce sont li jeuyal mis en j coffre de sommiers dont li clés est en le trésorrie :

Premiers iiij tuailles pour tenir patines, ij ganes et ij aultres blankes rayés; — iij orfrois; — une tuaille rayé; — une blanke gourdinette;

— une parure d'autel à biestes.

A-on mis en j blanc coffre d'ivoire une

pièce de crestal; — iiij boinstelettes à manière de coffres; — j béricle;

— xxx pièches de crestal en un sakelet; — iij boistelettez ouvréez et une d'ivoire; — j bouton de crestal; — le cercle d'argent d'un béricle; — cassiel d'une cape et ij basions tout d'argent : et est li coffres en le trésorrie avec les chartes, hueremis ij tuailleltes.

§15. Scribes, Copistes et Cailigraphes.

Sommaire : Etienne, Rémi et Rodolphe, scribes à l'abbaye de S'-Hubert.

— Jean de Wesemael. — Jean, dit le Précurseur, scribe à l'abbaye de Villers. — Scribes au prieuré de Groenendael. — Tbiéri Van den Berghe.

— Jean Hulzel. — Jean Van der Noot et Henri Van der Moerten, scribes de la prévoté de S'-Jacques-sur-Caudenberg, à Bruxelles. — Gaspar Van Galcn. — Scribes à la chartreuse de Scbcut. — Corneille de Lorimier. — André de Bruges.

L'histoire de la calligraphie el de l'art de la miniature est encore à faire. Depuis quelques années, plusieurs écrivains se sont plu à noter avec soin tout ce que leurs recherches leur ont fait rencontrer, dans les dépôts d'archives et dans les bibliothèques publiques et privées, de renseignements utiles à consigner pour arriver un jour à remplir cette lacune. Nous n'avons fait que suivre leur exemple, et nous publierons successivement dans ce recueil bon nombre de noms inconnus, pour aider à la composition d'un ouvrage qui nous retrace toutes les phases de l'histoire de ces deux branches des Beaux- Arts.

Etienne. — Rémi. — Rodolphe. — La célèbre abbaye des bénédictins à Saint-Hubert fut gouvernée, de 1055 à 1086, par un savant abbé du nom de Thiéri ou Théodoric, ancien moine de l'abbaye de Lobbes et digne élève du célèbre Richard, abbé de celte dernière communauté. Thiéri communiqua sa science à ses religieux, et parvint à former des disciples remarquables, dont plusieurs nous sont connus. La chronique dite Cantatorium (i) cite parmi

(1) Cette chronique, déjà publiée par les bénédictins dans VAmplissima collectio, t. IV, p. 914., a été traduite par Mr Robaulx de Soumoy, en un volume in-8» (Bruxelles, 1847): elle a depuis été réimprimée par le baron de Reifpenberg dans le t. V des Monuments pour servir à l'histoire des provinces de Hainaut, Namur et. Luxembourg, qui fait partie des publications de la commission royale d'histoire.

eux Etienne, Rémi et Rodolphe, qui, sous un aussi habile maitre, s'occupèrent de la transcription des livres. Aussi la bibliothèque de l'abbaye s'enrichit-elle bientôt de textes précieux , copiés avec soin par des moines aussi adroits qu'instruits.

De Wesemael (Jean) , — qui s'occupait exclusivement, de la transcription des missels, ainsi qu'il paraît par le litre qu'il se donne de scriptor librorum missalium, dans un acte du 4 décembre 1346, habitait la ville de Louvain, où il avait en propriété une maison avec ses dépendances.

«Notum sit universis quod Johannes dictus de Wesemale, scriptor librorum missalium, supporlavit cum débita effestucatione domum et curtem, cum suis pertinenciis, sitam ultra navalem pontem ibidem retrorsum supra Werft, inter bona Godefridi dicti Winter et bona Godefridi dicti Compayn, junioris, ipsoque Johanne per juris ordinem inde exposito et penitus abindicato, et Petro dicto Tlatvoet, cambitore Lovaniensi, modo debito inposito et inberedato, per monitionem et licentiam domini fundi et sentenliam scabinorum reddidit idem Petrus, de se et suis successoribus, prefato Johanni et suis successoribus liaec eadem bona prescripla, hereditarie lenenda sub jure domini fundi prius inde debito termino debito persolvendo, et preterea sub tribus libri annui census, monete quolibet solutionis in bursa currente, mediatim ad Natale Domini et medialim ad feslum beati Johannis Baptiste persolvendis in fulurum. Et si quid minus suflicienter in praemisso ipsi Petro factum esset, hoc semper ad monitionem suam dictus Johannes perficere promisit, prout eidem Petro modo debito possit valere. Testes : Walterus Eveloeghe et Johannes de Wilre, scabini Lovanienses. Datum anno Domini m0 ccc° quadragesimo sexto, mensis decembris die quarta (1). »

Jean, dit le Précurseur, — moine de l'abbaye de Villers, qui y remplissait les fonctions de sacristain et mourut, paraît-il, dans le XIVe siècle, s'y occupa à composer et à transcrire des livres. Les chroniques de ce monastère qui

(1) Original, dans les archives de l'abbaye de Sainte-Gerlrude, à Louvain, aux Archives du royaume.

font le plus grand éloge des vertus , des mœurs et de la piété de ce religieux, citent de lui différents manuscrits.

« Erat in monasterio Villariensi sacrista quidam nomine Johannes, diclus Prœcuxsor, vir bonis moribus pollens, et religiosarum personarum ferventissimus amator. Flic juxta consilium prophetse jugum Domini portavit ab adolescentia et levavit se super se : quoniam cum adhuc lenellus esset, manum suam ad forlia misit, et casta disciplina educatus crevit, atque profecit seraper in melius. Hic summopere otium fugiebat, et sanctorum gesta libenter scribebat, ant enarrabat. Fecit nobis librum qui intitulatur : Agonia morienlis, et Psallerium beatœ Virginis comprehendens acta ejus, et etiam Salvatoris. Scripsit etiam nobis librum de Vita beali monachi, et alios plures in armario nostro positos. Fecit etiam nobis ordinarium facilem et clarum (1). »

Van den Berghe (Thiéri). — ■ Le prieuré de Groenendael, dans la forêt de Soigne, qui avait été fondé dans la seconde moitié du XIVe siècle, suivait la règle des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Un grand nombre d'écrivains, ascétiques en majeure partie, y vécurent, et plusieurs d'entre eux, outre les ouvrages qu'ils composèrent, s'occupèrent, comme beaucoup d'autres religieux de ce monastère, de la transcription des manuscrits. L'un d'eux, du nom de Thiéri ou Théodoric Van den Berghe, natif de Lombeek-Sainte- Calherine, passa sa vie monastique à Sept-Fontaines, qui n'était alors qu'un ermitage, et ensuite à Groenendael. C'est dans celte dernière maison que ce religieux, dont l'écriture a mérité une mention particulière dans les chroniques, copia plusieurs missels et des psautiers pour l'église, les épîtres de saint Bernard, le second volume de la légende de Corsendonck, etc. Il était aussi habile mécanicien, et fît deux horloges à une époque où elles n'étaient pas encore très-répandues. Il mourut le 20 mai 1420 (2).

(1) Martène et Durand, Thésaurus anecdolorum, t. III, p. 1338.

(2) F.-V. Goethals, Lectures, t. IV, p. 25.

Hulzel (Jean), dit de Molendino, — prêtre, demeurant à Malines, a écrit un livre contenant les Sermones dominicales de Jacques de Voragine, qu'il termina en 1465. Ce manuscrit fait aujourd'hui partie de la Bibliothèque publique d'Anvers, sous le n° 415 du catalogue imprimé, où la description n'est pas exactement donnée. A la fin du volume, on lit : Scriptus per manus Johannis Hulsel, alias de Molendino, fini tus autem anno Domini m. cccc. Ixij. mense mardi, ce qui revient à 1465, nouveau style, et dans l'intérieur du livre on trouve celle autre annotation : Scripti per manus Johannis Hulzel, presbiteri, Mechliniœ commorantis.

Van der Noot (Jean) et Van der Moerten (Henri), — furent tous deux chanoines de la prévôté de Saint-Jacquessur-Caudenberg, à Bruxelles. L'un mourut le 20 octobre 1450, après avoir occupé pendant plusieurs années la charge de prévôt; l'autre, qui remplissait les fonctions de proviseur depuis le 6 novembre 1470, décéda le 2 décembre 1479. Le premier écrivit, pour le chœur de l'église de son monastère, quatre antiphonaires, un grand psautier et un bréviaire pour toute l'année. Le second fit la notation musicale de deux antiphonaires et d'un graduel.

I. « Obiit Bruxellc, in monasterio Sancli Jacobi Frigidimontensis, dominus Johannes dielus Van der Noot, anno Domini ni0 cccc0 1°, xx die octobris, relinquens eidem terciam parlem patrimonii sui, relinquens duas partes monasterio Beale Marie Viridis-Vallis in Zonia, eo quod olim fuit ibidem professus et morabatur bene per sedecim annos, ordinans etiam in diclo monasterio Sancli Jacobi duas pittantias, unam in die anniversarii sui et aliam in die Sancti Quinlini, martyris, et scripsit ibidem quatuor antipiionarios tam estivalis temporis quam hyemalis, jacentes in clioro , et unum magnum psalterium cum breviario tocius anni. Est sepultus in choro Béate Marie Virginis, anle altare ibidem (1). »

(I) Chronique de la prévoie de Sainl-Jacques-sur-Caudenberg, aux Archives du royaume.

II. « Anno m" cccc0 Ixx°, vj novembris, fuit investitus Henricus Van dcr Moerten , Filfordensis, elatis xviij annorum cum dimidio vel circuler, de quo monasterium sepefatum levabit apud Filfordiam post obitum parentum sex petros aureos. Cantavit suam primam missam anno lxxviij0, vicesima tereia die mensis augusti. Nolulavitque duos anliphonarius et unum gradale in choro noslro; fuitqùe mullum diligens et sollicitus circa omne bonum monasterii, in omnibus operibus manualibus inlus et extra fideliler serviens. Obiifque anno lxxxix0, secunda die mensis deeembris, et est sepultus in ambitu noslro , ante oslium refeclorii juxta dominum Johannem de Zomergem (1). »

Scribes a la Chartreuse de Scheut, près de Bruxelles. — Il est constaté pour nous que les moines de la chartreuse de Scheut, près de Bruxelles, qui fut fondée en 1450 et ruinée en 1580, s'occupèrent de la transcription des livres au moins jusqu'au commencement du XVIe siècle. C'est ce que prouve une note consignée dans l'inventaire, dressé en 1505, de la bibliothèque du chapitre de Saint- Pierre, à Anderlecht, village dont Scheut n'était qu'une dépendance, et où il est fait mention de deux parties de missel pour la saison d'hiver, qui avaient été récemment écrites à la chartreuse (2).

De Lorimier (Corneille). — Ce nom se lit à la fin d'un beau manuscrit in-folio, contenant une partie de missel latin, qui date de 1514 (5), et qui fut acheté, en décembre 1850, chez Mp Heussner, libraire à Bruxelles, par un amateur de Gand. Ce volume a 75 feuillets, dont plusieurs sont enrichis de miniatures et de lettrines, représentant des sujets de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il nous

(1) Chronique citée.

(2) « Item, noch twee wynter stucke, die al nieuwe zyn tôt Schuete gescreven. » (Archives du chapitre d*Anderlecht, aux Archives du royaume.)

(5) Voici ce qu'on lit à la fin du manuscrit : Explicilus este isle liber per me Cornelium de Lorimier anno millésime quingenlesimo decimo k°, ullima augusti seplimus liber.

paraît provenir de quelque église collégiale ou prévôté du pays de Liège, ainsi que peut le faire présumer la représentation de plusieurs chanoines dans les lettrines qui ornent les fos iiij v°, ix v°, xvi r°, xxi r°, et où se lisent les noms suivants sur de petites banderoles : Jacobus de Valle, Anthoneits de le Cambe, la : Kikepois; plus loin, au f° Ixij v°, on trouve le nom : Ge. Rodere au milieu d'une petite lettrine.

De Bruges (André), — qui habitait Bruxelles, reçut 6 livres, en 1519, pour le parchemin et l'écriture d'un petit livre de la Toison d'or, avec enluminure, destiné à Sigismond Ier, roi de Pologne (i).

Van Galen (Gaspar). — Dans une vente, faite chez le libraire Heussner, à Bruxelles, le 14 décembre 1854, se trouvait entre autres manuscrits curieux un livre de prières, petit in-8°, sur parchemin, de 170 feuillets, orné de huit belles initiales peintes en or et en couleurs, et entourées d'arabesques pleines de goût. Ce manuscrit appartient, croyons-nous, au commencement du XVIe siècle; il se termine par ces lignes : Geschreven ende geynd, tôt vrynschappen, tôt behoef ende noetdurft des geestelicker guetgebuertig ioffen Elizabeth Van Batenborch, sich hebbende in der tyd begeven in der Joffen-Cloester binnen der stat Zancten; mit namen geschreven durch mi bruder Jaspar Van Galen, des Got langh in doechden gespare. Ce volume a donc été écrit par frère Gaspar Van Galen, pour Elisabeth Van Baltembourg, religieuse à Zanten, au duché de Clèves.

(1) Registre n° F. 355, f° iijc xxv°, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille; — Gachard, Rapport sur les archives de Lille, p. 513.

§ 16. Enlumineurs.

Sommaire : Guillaume d'Arschot. — Arnould Gaelman. — Dreux Jelian. — Evrard Vredrie. — Simon Van den Vaelgacrde. — Antoine Gliorys. — Jean Van Lille, scribe. — Simon Bering. — Adrien Reyniers. — Jacques de Buns.

D'Arschot (Guillaume). — Gaelman (Arnould). — Tout récemment, Mr Éd. Van Even nous a fait connaître (î) un sculpteur ou imager (imaginator, ymaginifex) du nom de Jean, qui vécut à Louvain de 1250 à 1294, et dont un acte de 1296 mentionne la femme, le fils et les deux filles. Mr Van Even suppose que Jean, son fils, exerça la profession de son père, et dans son patriotisme ardent et bien excusable, le savant archiviste voudrait pouvoir leur attribuer le tombeau du duc Henri Ier, et celui de son épouse et de sa fille, que l'on voit encore dans l'église de Saint-Pierre, à Louvain. Notre désir à nous est qu'il puisse un jour acquérir quelque preuve pour appuyer son opinion. Nous avons découvert deux autres artistes de Louvain, contemporains de ces sculpteurs : l'un est Guillaume d'Arschot, enlumineur de livres (illuminator librorum), qui possédait, en 1305, une maison située contre le cimetière de Saint-Pierre, près des écoles; l'autre s'appelle Arnould Gaelman, peintre d'images (pictor ymaginum), de tableaux peut-être, mais au moins miniaturiste. Ce dernier vend, en 131 1, la maison qu'il habite dans le Hoel-straet, aujourd'hui rue de Tirlemont, près de la porte Saint-Michel, il alla demeurer ensuite dans la rue du Château, et y mourut, selon toute apparence, vers 1323.

l.« Notum sit universis quodWillelmus de Arschot, illuminator librorum, in Lovanio, supportavit cum débita effestucacione domum suam et curtem cum suis pertinentiis sitas juxta Scolas nunc Lovanienses, in proximo domui Ar-

(1) Messager des Sciences historiques; Gand, 1834; p. 132-145.

noldi dicti Rex, clerici, juxta atrium beati Pelri, ipsoque Willelmo per juris ordinem inde exposito et penitus adjudicato, et domino Willelmo dicto Manneman, presbitero, modo debito et consueto in dictis bonis modo debito, imposilo et inheredato, reddidit dictus dominus Willelmus de [ipso] et suis successoribus eidem Willelmo de Arschot et suis suecessoribus hec eadem bona hereditarie tenenda sub jure dominorum fundi prius inde debito, debito termino persolvendo et preterea sub quinquaginta solidis census annui pagamenti quolibet termino solucionis communiter in bursa currentibus, mediatim ad festum beati Johannis Baptiste et medialim ad Natale Domini, a modo persolvendis in fulurum. Et si quid amplius ad hoc esset faciendum, hoc semper ad monitionem ipsius domini Willelmi dictus Willelmus perficere promisit, prout eidem domino Willelmo modo debito possit valere. Testes : Egidius ex Lymminghen et Walterus diclus Blancarts, scabini Lovanienses. Datum anno Domini millesimo trecentesimo quinto, tercia décima die mensis mayi(l). »

II. « Notum sit universis quod Arnoldus dictus Gaelman, piclorymaginum, supportavit, cum débita effestucacione, in inanus domini fundi, domum et curtem cum universis suis atlinentiis, sila in Hoel-strata, in proximo porte beati Mychaëlis supra fistam, ibidem in dextero latere dum itur per portam anledietam, quemadmodum idem Arnoldus dicta bona tenens erat ibidem, et preterea omne jus quod idem Arnoldus habebat aut proclamare poterat quoquo modo in bonis antediclis, ipsoque Arnoldo per juris ordinem inde exposito et penitus abjudicato imposite sunt jure hereditario Katerina dicta Van den Stienweghe et Elizabeth dicta de Borneem, beghine, per licenciam et monitionem domini fundi et sententiam scabinorum. Et si quid amplius ad hoc esset faciendum, hoc semper ad monitionem ipsarum Katerine et Elizabeth, vel alterius earum lateris presentium, prefatus Arnoldus perficere promisit, prout eisdem Katerine et Elizabeth modo debito possit valere ad debitam slabilitatem consequendam. Testes : Walterus dictus Criecsten et Everardus dictus de Oppendorp, scabini Lovanienses. Datum anno Domini m0 ccc° undecimo, dominica ante Divisionem Apostolorum (2). »

III. « Notum sit universis quod dominus Radulphus dictus de Erpse, plebanus eeclesie sancti Pétri Lovaniensis, et Willelmus dictus de Boutsvorst, ejus

(1) Cartulaire de l'abbaye de Parc-les-Dames, f° exc v°, aux Archives du royaume.

(2) Charte originale des archives du couvent de Sainte-Catherine, à Millen, ibidem.

sororius, supportaverunt cum débita effcstucationc novem libras annui census monete quolibet termino solutionis in bursa currentis, medialim ad fcstum beati Johannis Baptiste et mediatim ad Natali Domini persolvendi, quem habebant ad domum et curtem cum universis suis pcrtinentiis quondam Arnoldi dicti Caelman [sic], situm in Castri slrata, etc. Datum anno Domini m» ccc° vicesimo tertio, uliima die mensis februarii [1324, n. st.] (1). »

Jehan (Dreux) — est un enlumineur de livres des plus distingués, qui fut employé pendant de longues années par Philippe le Bon. On lit dans l'ouvrage de Mr le comte de Laborde qu'il peignit, en 1440, les miniatures du livre d'Heures du duc : il habitait à cette époque la ville de Bruges (2). Ce prince le prit depuis entièrement à son service. En 1447, il reçoit 20 francs pour l'aider à vivre et à s'entretenir (3). Il lui est accordé une pareille somme, l'année suivante, aux mêmes fins (4); Dreux Jehan s'occupait alors d'enrichir d'enluminures divers livres de la librairie du duc, et c'était lui qui était chargé de les relier, et de restaurer les autres manuscrits dont elle était composée. C'est ce que constate une note mentionnant un payement de 24 francs à son profit (5). Ses gages lui furent payés sur le pied de 12 gros par jour, de 1449 à 1455 (e). Cet artiste avait le titre de valet de chambre du duc, titre qu'eurent aussi Jean Van Eyck (7) et bien d'autres peintres, sculpteurs et graveurs, du XIVe, du XVe et du XVIe siècle. Voilà ce que nous apprennent les recherches de l'éminent écrivain français.

De notre côté, nous avons vu une pièce appartenant à

(1) Archives de l'abbaye de Sainte-Gertrude, aux Archives du royaume.

(2) Les Ducs de Bourgogne, Preuves, t. Ier, n° 1336, p. 378.

(3) Ibidem, n° 1391, p. 392.

(4) Ibidem, n» 1595, p. 393.

(5) Ibidem, n» 1396, p. 393.

(6) Ibidem, n<> 1398, p. 395; n» 1429, p. 400; n» 1486, p. 414, et n» 1604, p. 487.

(7) Ibidem, n° 898, p. 239, etc.

Mr Defresnes, conseiller de préfecture, à Metz, datée du 26 janvier 1447 (1448 n. st.), qui le concerne. Le duc de Bourgogne y enjoint à son secrétaire de payer à « Dreux » Jehan, enlumineur et historieur, » la somme de 15 saluls d'or, de 48 gros de Flandre la pièce, « pour l'ouvraige des «histoires, enlumineures etescriptnres de livres «qu'il avait faites par ses ordres. Charles, comte de Charolais et fils de Philippe le Bon, se l'attacha en qualité de valet de chambre et enlumineur, par lettres patentes du 30 avril 1464, ce que prouve le document inédit suivant :

« Charles de Bourgoingne, conte de Charolois, seigneur de Chasteaubelin et de Béthune, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Sçavoir faisons que pour la bonne et louable relacion qui faicte nous a esté de la personne de nostre amé maistre Dreux Jehan, et de ses vertuz et mérites, icelui maistre Dreux avons retenu et retenons par ces présentes en qualité de nostre varlet de chambre et enlumineur, pour nous servir d'ores en avant oudit office de varlet de chambre et enlumineur, aux honneurs, drois, prérogatives, libertez, franchises, proffiz et émolumens qui y compétent et appartiennent, etc. Donné à Gand, le derrenier jour d'avril l'an de grâce mil cccc Ixiiij (1). »

Vrêdric (Evrard), — ■ enlumineur de Louvain, travaille, pendant plusieurs jours, à 7 sous, à l'occasion des fêtes du mariage de Charles le Téméraire avec Marguerite d'York, en 1468 (2). Nous ne consignons ici son nom que pour mémoire.

Van den Valgaerde (Simon), — enlumineur de livres, demeurant à Malines, reçoit, en 1476, la somme de 10 livres 8 sous, monnaie de Flandre, <« tant pour avoir » fait et escript ung calendrier, comme pour avoir enluminé

(1) Acquits des comptes du grand sceau, aux Archives du royaume.

(2) Les comptes en ont été publiés par extraits par le baron de Reiffenberg, dans son Mémoire sur la peinture sur verre; par Mr A. Michiels, dans le t. II de son Histoire de la peinture flamande, et plus exactement depuis par Mr le comte de Laborde dans son ouvrage cité plus haut, Preuves, t. II,

» et historié les sains et sainctes des festes gardées par la «court (c'est-à-dire le parlement de Malines), y comprins » le parchemin et l'aisselle sur laquelle ledit calendrier est » atachié (1). »

Ghorys (Antoine), — enlumineur, demeurait à Malines. En 1505, il peignit pour le grand conseil deux rôles contenant certaines ordonnances, qui avaient été écrites par Jean Van Lille.

« A Jehan Van Lille, escripvain, Anthoine Ghorys, enlumineur, et Jehan Smeest, escrinier, demorant à Malines, la somme de xvj livres vj solz, qui deue leur estoit pour les causes et ainsi qu'il s'ensuyt, assavoir : audict Lille, pour avoir eseript deux rolles en parchemin, contenant certaines ordonnances et statutz sur le fait des vacances dudict grand conseil : xl s.; audict Anthoyne Ghorys, pour avoir élluminé lesdicts deux rolles : xij 1.; et audict Jehan Smeest, pour avoir fait deux tableaux et mis lesdicts deux rolles dessus, fermés en tel estai et forme qu'il est accoustumé faire en telles choses, pour les mettre ou pendre es chambres où l'on tient ledict grand conseil : xlvj s.; pour ce par ordonnance du xiiije d'avril xvc cincq, après Pasques (2). »

Bering (Simon), — enlumineur, demeurait à Bruges. Il exécuta en miniature et dans des proportions assez grandes, les figures, ornées de leurs armes, de Philippe le Bon, Charles le Téméraire, Maximilien, Philippe le Beau et Charles-Quint, et les écussons de tous les chevaliers qui avaient fait partie de l'ordre de la Toison d'or, depuis sa création en 1429 jusqu'en 1537, date de la confection de ce magnifique travail, pour lequel il reçut 169 livres de Flandre.

« A Simon Bering, élumineur, demourant a Bruges, la somme de viijxx ix livres [de Flandre] pour les parties cy-après spéciffiées, par luy faiz pour les chancellier, trésorier et greffier de l'ordre du Thoison d'or : premièrement, pour avoir fait et painct la figure et représentation avecq leurs armes et timbres en grandtvolume des cincq personnaiges, assçavoir :1e duc Philippe,

(1) Registre n° 21437 de la chambredes comptes, aux Archives du royaume.

(2) Registre n° 21436, f° Ixxij v°, ibidem.

premier fondateur dudit Thoison d'or, le duc Charles, lempereur Maximilian, le roy don Philippe et l'empereur à présent, au prix de vj livres chascune figure desdits personnaiges, y comprins leurs armes et timbres; ilem, pour avoir fait les escuchons avecq les armes des chevaliers de l'ordre qui avoient esté depuis le commenchement dudit ordre jusques l'année [xvc] xxxvij, qui sont au nombre de ixxxiiij, au pris de xij sols vj deniers chascun; et pour ses journées et vacations d'estre venu de ladite ville de Bruges en la ville de Bruxelles, vers lesdits chancellier, trésorier, greffier et Thoison d'or, leur apporter lesdictes figures , où il avoit vacqué par leur ordonnance par l'espace de xxiiij jours (1). »

Reyniers (Adrien), — enlumineur de Bruxelles, que nous avons déjà cilé au § 5, dessina et peignit quatre patrons pour lès sceaux et contre-sceaux que Philippe If fît graver pour s'en servir, après l'abdication de son père, dans les chancelleries de l'audience et de Brabant : il reçut de ce chef, 6 livres de Flandre, en octobre 1555 (2). Nous avons dit ailleurs (5) que ces sceaux furent gravés par Thomas Van Gheer, orfèvre d'Anvers, et Gilles Horrion, orfèvre de Bruxelles.

Buns (Jacques de), — peintre et enlumineur, vivait en 1555.

« (1 555). Jacques de Buns, painctre et illuminateur, ïx sols pour son sallaire de iij escussons divers armoïez des armes de Sa Majesté [Philippe II] qu'ont esté envoïé en France, blasonnez tous trois en la sorte que Sa Majesté les avoit porté, lesquelz il avoit faict par charge de monseigneur le révérendissime évesque d'Arras [Granvelle] (4). »

(1) Registre n° F. 222 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.

[%) Registre u° F. 234, ibidem.

(3) Recherches sur les graveurs de médailles, de sceaux et de monnaies des Pays-Bas, t. 1er, p. 151 et 353.

(4) Registre n° F. 239 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.

§17. Chroniqueurs et écrivains divers.

Sommaire : J. Froissart. — Simon Nockart. — Jean Dauffay. — Relation du premier voyage de Philippe le Beau, en Espagne, par un religieux de l'ordre de S'-Augustin. — Jean-Paul de Albo-Castro. — Guillaume Maye. — George et Gautier Chastelain. — Nicaise Laidam. — Henri de Mohy.

Froissart (Jean). — Il ne sera peut-être pas hors de propos de faire connaître ici une note relative au prix auquel se vendaient les œuvres de cet écrivain un siècle après sa mort. Il s'agit d'une des deux premières éditions de ses chroniques imprimées tout récemment alors, chez Antoine Vérard, en 4 volumes in-folio. Philippe le Beau en fit acheter, le 23 octobre 1499, chez Guillaume Houtmaer, libraire, à Bruxelles, un exemplaire sur papier, au prix de 7 livres 4 sous, qu'il destinait « à madame la grande »douagière (Marguerite d'York) pour sa foire de Bruxelles (i). »

Nockart (Simon), — est l'auteur d'une traduction française et abrégée des Annales de Hainaut, par Jacques de Guyse. Il occupait déjà, en 1410, la charge de clerc du bailliage de Hainaut, et la conserva jusqu'à la fin de sa vie : il obtint plus tard d'y joindre le litre de « conseiller »de monseigneur le duc (Philippe le Bon) (2). »On lit dans V Histoire ecclésiastique de la ville et du comté de Valenciennes (5), de Simon Le Boucq, qu'il vendit sa maison, en 1457, pour agrandir le cimetière de l'église paroissiale de Saint-Jacques. Il mourut le 17 septembre 1449, comme le prouve la note suivante :

(1) Registre n°F. 186 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.

(2) Registres divers de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(3) P. 55. Cet ouvrage a été publié avec luxe, en 1844, par Mr A. Dwaux.

« A Simon Nocquart, que Dieu pardoinst, à son temps conseiller, etc. accomply le xvije jour de septembre l'an (xiiijc) xlix, que lors ledit Simon alla de vie à trespassement (1). ►>

Dauffay (Jean). — Rien n'est plus connu que le mémoire rédigé en français, en 1477, par Jean Dauffay, pour défendre les droits de Marie, duchesse de Bourgogne, sur cette partie de son patrimoine, contre les empiétements de Louis XI, et les querelles que suscitait ce roi astucieux à la noble hérilière de Charles le Téméraire. Il est imprimé, et des copies et des traductions s'en trouvent dans toutes les bibliothèques. Dauffay était conseiller ordinaire des requêtes de l'hôtel, lorsqu'il fut chargé de ce travail, auquel il consacra plusieurs mois : il visita dans ce but tous les dépôts d'archives d'alors. En 1474, les comptes font mention de lui en qualité de conseiller et second avocat au parlement de Malines (a). La date de sa mort est inconnue; nous croyons toutefois pouvoir la fixer à l'année 1494, d'après une note où il est question de « procès «laissés par feu maistre Jehan Dauffay (3). »

I. « A maistre Jehan Duffay, conseiller et maistre des requestes ordinaire de Fostel de Messeigneur et Dame, le xiiije jour de mars l'an (xiiijc) lxxviij, après Pasques, la somme de lxiiij livres de xl gros, pour xi jours entiers que par ordonnance de Monseigneur de Wierre, chef, et les autres gens du grant conseil de Mesdisseigneur et Dame, il a affermé avoir vacquié et besongnié avec maistres Thomas de la Pappoire, procureur général, et Bertelmy Trottin, garde des chartes de Flandres, conseillers de Mesdisseigneur et Dame, à serchier, visiter, quérir et extraire les lettres, tiltres et autres enseignemens servans à la justification des droits et querelles de Mesdisseigneur et Dame ù rencontre du roy de France, hors de leurs trésorie des Chartres à Lille, Ruplemonde, chambre des comptes, à Malines et ailleurs (4). »

II. «A maistre BertelmieuTrotten, trésorier des chartes de Flandre, la somme

(1) Registre n» 1002, f» xxij r», aux Archives du royaume.

(2) Registre n» 21450, ibidem.

(5) Registre n° 21451, ibidem.

(4) Registre n° 21440*, ibidem.

de xliiij livres xv solz de xl gros, pour pluiscurs coppies de lettres cscriples et coppiées par pluiseurs clercs, et icelles signées et collationnées aux originaulx par divers notaires, pour enservir à la justification du droit de monseigneur le duc et de madame d'Ostrice, es différens et querelles qu'ilz ont de présent contre le roy [de France] (1). »

Ouvrage d'un Augustin sur le premier voyage de Philippe le Beau en Espagne. — Il existe des relations des deux voyages que Philippe le Beau fit en Espagne, l'un en 1501, et l'autre en 1506. Le premier nous a été raconté par Antoine de Lalaing, et le second par Jean Lernaire (2). Voici un extrait de compte qui établit qu'il a été fait par un religieux de l'ordre de Saint-Augustin, et présenté à l'archiduc, en janvier 1 504 (n. st.), une autre narration du voyage de 1501 : ce manuscrit existe peut-être encore dans quelque bibliothèque.

« A ung religieux de l'ordre de Saint-Augustin, 1 livres pour don que Monseigneur lui en a fait pour ses peines et labeurs d'un beau livre par lui lors fait et composé à la louange de Monditseigneur touchant son voyaige d'Espaigne, et lequel il lui avoit, le ix du mois de janvier xvc iij [1504, n. st.], présenté en don (3). »

De Albo-Castro (Jean-Paul), — grec de naissance et noble de race, était aux Pays-Bas en 1504, et présenta à Philippe le Beau un livre de sa composition, pour lequel il reçut une bonne récompense.

« À Johanni Paulo de Albo Castro, nobilis homo greco (sic), la somme de xix livres x solz pour don que Monseigneur lui en a fait pour en récompense d'un libre qu'il avoit, le iiije du mois d'avril xvc iiij, présenté en don à Monditseigneur, contenant la grant question que feist le Grant Turcq au patriarche de Constantinoble, touchant la saincte Trinité et la foy chrestienne (4). »

(1) Registre n° 21459, aux Archives du royaume.

(2) Les différentes relations des voyages de Philippe le Beau en Espagne seront imprimées dans les publications de la commission royale d'histoire. (Voyez Bulletins de la commission, t. 1er, passim.)

(3) Registre n° F. 190 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.

(4) Ibidem.

Maye (Guillaume), — prêtre anglais qui habitait Tournai, présenta, en 151 7 , à Marguerite d'Autriche une généalogie, écrite sur parchemin, de tous les princes descendants d'un comte de Savoie : il avait, peu de temps auparavant, offert à cette princesse une autre généalogie, et fut généreusement récompensé pour ces travaux.

« Maistre Jehan de Marnix, vous faictes payer et délivrer content à messire Guillame Maye, anglois, prestre, résidant en la ville de Tornay, la somme de xxv livres, de xl gros, en récompense de certaine généalogie, escripte en parchemin, de tous les princes chresliens descendus d'un conle de Savoye, dont il nous a fait cejourd'huy présent, et ce oultre la somme de 1 livres, qu'il a desjà eu de nous puis peu de temps ençà, pour certaine autre généalogie dont il nous a aussi fait présent, etc. Le xve jour d'octobre l'an mil vc xvij (1). »

Chastelain (George et Gautier). — Gautier Chastelain, qui fut doyen du chapitre de Saint-Pierre, à Leuze, était fils de George, le célèbre chroniqueur du XVe siècle, ainsi que le prouve la note suivante. On y voit qu'il continua les travaux entrepris par son père, et que Charles-Quint lui fit, en 1524, un don de 120 livres de Flandre, pour avoir fait faire une copie des chroniques de George.

« Je Goulhier Chastellain, doyen de Leuze, confesse avoir reçu la somme de vjxx livres, de xl gros, pour don que l'empereur m'a fait en considéracion des services que luy ay faiz et feu mon père en pluiseurs manières, mesmement pour me récompenser des peines et despence que j'ay eu pour avoir fait grosser certaines croniques faites et composées par mondict feu père, à la louenge de ses prédicesseurs, desquelles j'ay fait le recueil et les doy bailler es mains de madame l'archiducesse d'Austrice, régente et gouvernante de par deçà, pour en faire son plaisir. Le xxiiije jour d'octobre xvc xxiiij (2). »

Laidam (Nicaise), — roi d'armes de Charles-Quint sous

(1) Acquits des comptes de l'hôtel de Marguerite d'Autriche, aux Archives du royaume.

(2) Acquits des comptes de la recette générale des finances, ibidem.

le titre de Grenade, né à Bélhune en 1465, offrit à Marguerite d'Autriche, à l'occasion du renouvellement de l'année 1529, « aucunes belles croniques abrégées, » pour lesquelles il reçut 6 livres de Flandre de récompense (i). C'est là sans doute la Chronique abrégée, dont le baron de Reiffenberg a parlé dans les pages curieuses qu'il a consacrées à N. Laidam (2). II est encore auteur d'une chronique métrique, commençant à 1495 et s'arrêtant à 1545, deux années avant sa mort.

De Mohy (Henri), — médecin du XVIIe siècle, a écrit un livre sur la fièvre tierce, qui fut imprimé à Louvain, en 1642, et dont voici le titre d'après Paquot (s) : Tertianœ Crisis, qua Dominorum Pétri Barbœ, Proto-Medici, Praxis citrandœ Tertianœ, et Vopisci Fortunati Plempii, Professons Lovaniensis primarii, animadversio discuti tur, ac légitima demum Tertianœ curatio exponitur; in-4°. L'auteur dédia son livre à Pierre Roose, chef et président du conseil privé, par la lettre suivante, datée de Bruxelles, le 10 mai 1642.

« Monseigneur, l'estime que Vostre Seigneurie fait des amateurs de science, et le désir que j'ay de lui rendre du service, m'at fait prendre la hardiesse de lui dédier ce petit traicté, auquel est décidé quelque différent entre deux médecins principaux, touchant la cure de la fièvre tierce: ne souhaitant autre récompense que le bonheur d'entendre que Vostre Seigneurie auroit pris la peine de le recevoir : ce que je supplie d'aussi bon cœur que je me signe, Monseigneur, etc.

» Henri de Mohy (-4). »

(1) Registre n° 1805 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(2) Annuaire de la Bibliothèque royale, 1845, p. 123 et 124, et 1844, pp. 177-185.

(3) Mémoires pour servir à l'histoire littéraire, t. V, p. 262.

(4) Papiers du chef et président Roose, aux Archives du royaume.

§18. Inventaire de Manuscrits.

Sommaire : Inventaire de manuscrits confisqués en 1568 sur Nicolas de Hames. — Sa notice biographique. — Liévin de Sloovere, peintre, a Gand.

Inventaire des manuscrits confisqués en 1568 sur Nicolas de Hames. — Nicolas de Haines, fils bâtard d'un prêtre français et d'Agnès Van Schore, naquit à Ham, en Picardie; il vint aux Pays-Bas, en 1551, pour prendre du service dans l'armée, fut nommé, le 17 mai 1557, commissaire des monstres de guerre, et ne larda pas à être appelé aux fonctions de lieutenant de l'artillerie, par lettres patentes du 8 août 1559. Il eut une sœur du nom de Françoise, qui épousa le seigneur de Courcelles. Ses talents et ses connaissances lui firent obtenir, le 21 septembre 1561, la succession d'Antoine de Beaulaincourt à la charge de héraut d'armes de l'ordre de la Toison d'or, d'où le nom de Toison d'or sous lequel on le trouve souvent désigné dans les documents de l'époque et par les historiens du temps (i).

La réforme et la révolution trouvèrent dans Nicolas de Hames un partisan zélé et véhément. M. Groen Van Prinslerer dit en parlant de ce seigneur qu'il « n'aimait pas les » demi-mesures et qu'il prit une part très-active aux démar- »ches de la noblesse; » il ajoute que « ce fut lui qui, en «novembre 1565, ne craignit pas de tourner en ridicule »ce que Viglius, chancelier de l'ordre, avait dit, à l'occa- »sion de l'assemblée solennelle des chevaliers, sur les mé- » rites de saint André, leur patron (2). » Il fut banni, avec confiscation de ses biens, par sentence du 18 mai 1568 (5), et périt, la même année, dans la première expédition du

(i) Archives de lamaison d'Orange, Ire série, t. II, p. 55.

(2) Registre n° H 1 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(5) Registre n° 593, ibidem.

prince d'Orange contre le duc d'Albc. Celte sentence porte qu'il jeta à la fontaine de Spa, avec le comte Louis de Nassau et autres mécontents, les bases du compromis qui fut signé et juré par eux et par lui en sa maison à Bruxelles, au mois de décembre 1S65 ; que de plus il assista à Breda à l'assemblée des confédérés où fut conçue la requête présentée le S avril 1566 (n. st.) à la duchesse Marguerite de Parme, et qu'il fit partie de la réunion des nobles à Saint-Trond. La facilité avec laquelle Nicolas de Hames rédigeait dans sa langue maternelle, et l'élégance de son style, ce qu'attestent plusieurs lettres qui ont été conservées, ne permettent pas de douter qu'il n'ait pris une grande part à la rédaction du compromis, dont tout l'honneur est attribué à Philippe de Marnix, seigneur de Sainte- Aldegonde. Il avait épousé Philippote Van den Heelvelde, veuve de Jean du Blioul.

Voici la liste des livres qui furent confisqués sur Nicolas de Hames. Ainsi qu'on le remarquera, la plupart d'entre eux sont des livres héraldiques.

1. «Eenen pampieren bouck gedect met root Ieer, daerinne voer slaet geschrcven met roode letteren : L'obsèque du conte de Flandres.

2. Een anderen boeck, geintituleert : La création de Montjoye, premier héraull de France et son coronnement.

3. Een ander boeck geprent, gebonden in zwert leer, geintituleert : L'arbre des batailles.

4. Eenen schoonen grooten boeck oft volumen in 't walsch gesereven, in schoon franchyn, inhoudende diversclie schoone figuren, hoemen 't spel van lournoyen behoort te beleyden oft conduyseren.

5. Een groot volumen metter handr gesereven, in pampier, beginnende : Cy s'ensuyl ung pas fort horrible contre tous vivante ; bedect met geheel leer.

6. Eenen anderen boeck in berderen gebonden, met een slole ende metter handt gesereven in 't walsch, geintituleert opt xvje blat aldus : Exlraicl d\mg livre que on appelle le songe du Vergicr en tant qu'il touche des armes.

7. Eenen ouden quaden boeck in berderen gebonden met root leer, daerinne voer opt xvije blat staet eenen gesereven calengier, inhoudende vocrls vêle verschcyden wapenen, ende achter vcle wit onbescreven pampier.

8. Eenen grooten ouden quaden gescheurden boeck, in swert leer ende berderen gebonden, inhoudende achtien bannieren ende lxxiij blasoenen, buyten geintituleert : Les bannières de Flandre.

9. Eenen grooten ouden boeck met tanneyt leer, inhoudende : Copie de la charte de la court d'amours, publié à Paris, met vêle diverssche wapenen, in welcken boeck voer staet gescreven : Ce livre appartient et est à Gilles de Rebecke, roy d'armes des marches de Haynnau, de Hollande, de Zélande, de la Basse-Frize, de Namur et de la contée de Cambrésiz.

10. Eenen cleynen boeck in berderen gebonden met geheel leer, gescreven in franchyn, inhoudende diverssche wapenen met gescrifle rontsomme gescreven staende.

11. Een zeer cleyn boecxken in franchyn gebonden, in zwert leer met groen snoerkens, inhoudende diverssche wapenen, daervoere in 't beginsscle staet gescreven : Seul y sera Berlaymont.

12. Een anderen pampieren boeck in gheel berderen gebonden, met twee sloten, geintituleert oft beginnende : Secundum dicta philosoph or um omnis homo naluraliter scire desideral; metter handt gescreven, inhoudende diverssche gewappende luyden le peerde, ende achterweerts diverssche andere wapenen.

15. Eenen grooten boeck van pampier in gheel berderen gebonden, met twee sloten, anders nyet inhoudende dan diverssche ydele ongecoloreerde wapenen met vormen (soe het scheyne) daerop gedruct.

14. Eenen anderen gelycken grooten boeck in pampier, in berderen gebonden, oyck met twee sloten, anders nyet inhoudende dan vêle ydele ongecoloreerde wapenen met vormen daerinne (zoo het schynt) gedruct.

15. Eenen anderen gelycken grooten boeck in pampiere, in berderen gebonden, oyck met twee sloten, anders oyck niet inhoudende dan vêle ydele ongecoloreerde wapenen, met vormen (soe het schene) daerinne oft op gedruct.

16. Eenen pampieren boeck sonder copercule, vol gescreven, inhoudende diverssche manieren oft ordinantie van vuytvaerden van diversche princen ende princessen; op 't ierste blad staende aldus geintituleert : Obsèques, funérailles et aultres choses de l'hostel de l'empereur.

17. Eenen anderen boeck in parchement gescreven, geintileert : Ce sont les droietz appartenons aux officiers d'armes, groot drye bladeren, ende gecollationneert quinta marlii l'an iiij** xvj, ende onderteeckent : L. du Blioul.

18. Eenen ouden pampieren boeck sonder copercule, inhoudende vyffthien bescreven bladeren compres, geintituleert : S'ensieult l'ordonnance du pas de l'arbre d'or.

19. Eenen boeck gebonden in zwert leer, geintituleert : L' estât de l'Église

avecq le discours des temps, depuys les apposlres soubz Néron jusques à présent soubz Charles Ve.

20. Een cleyn boexken in 't walsseh, met een franchyne copercule bedect ende geprint, wesende geintituleert : Le baslon de la foy creslienne.

21. Een walsch boecxken met een franchyn copercule als 't voergaende boecxken, geintituleert : Conformité et accordt tant de l'escripture saincte que des anciens et peers, docteurs de l'Eglise, etc.

22. Een gescrifle geintituleert : Marché faict aujourd'hui xvjK de mars entre Thoison d'or et Liévin de Sloovere pour neuff tableaux des armes des chevaliers de l'ordre qui deffaillent pour accomplir le seplicsme chappitre, etc. (1).

25. Eenen dicken boeck, wesende eenen diclionarium in 't latyn ende hoochduylsch, gebonden in een horne couverture, met goût aen de canten van den zelven boecke.

24. Eenen boeck van pampiere gebonden in swert leder, innehoudende in gescrifte diverssche manieren ende soorten van wapenen, als eerst van Coninck Richardt van Ingelandt, etc., d'officié van Thoison d'or aengaende.

25. Eenen grooten platten boeck gebonden in bert, met swert leder overdect, beghinnende aldus in groot gescrift : A vous Adolff de Cl'eve et de la Marke, hault et illustre, et Ravestain, etc.

26. Eenen boeck in 't spaensche, geintituleert aldus : Libro de la invention libéral y arle del puego del apedrez, etc., gebonden in parchemyn, gevervet met gruen op de canten.

27. Eenen boeck in 't lattyn geprint, innehoudende d'affcompst van den coningen van Arragon, etc.

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