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II. S

vot mu nobis dilectum patrem Bernardum Désirant, oi'dinis eremilarum sancti Augustini, natum et professum in civitate Brugensi, in Flandria, annis abhinc viginti quinque sacrae theologiœ doctorem in universitate Lovaniensi creatum, deinde pro mercede variorum scriptorum a se tam pro fide catholica contra lutheranos, calvinistas et jansenistas, quam contra quatuor proposiliones gallicanas editorum anno 1689 a serenissimoquodaniHispaniarum regeCarolo secundo piissiraœ memoriœ, non tantum historiographum regium et professorem publicum historiarum, quibus plures Germanise principes ac nobiles imbuit, faclum, sed etiam, mediante consueta electione sanclae facultatis theologicae Lovanicnsis, regentem renunciatum, ac insuper, accedente eiusdem serenissimi régis iussu, ab episcopis Belgii, necnon a majori et saniori parte praedictœ universilalis Lovaniensis ad sedem apostolicam contra jansenistas niissum, ibidemque munere suo tam praeclare functum fuisse, ut in illius causœ fulcimentum duo brevia apostolica ad praefatos Belgii episcopos directa, et unum sibi inscriptum a summo pontifice Innocentio duodecimo felicissimœ* recordationis obtinuerit. Ac prœterea bénigne perpendentes, prœdictum patrem Bernardum anno 1697 in Belgium reversum jansenistis magis magisque in odium venisse, necnon allaborante eorumdem invidia anno 1701 tamquam nimis impense Austriacum a ministris gallicis inaudiluraTrudonopofimrelegatum, détecta vero insidiarura fallacia, post quinque raenscs honorifice reslitulum fuisse, facere non poluimus, quin tam sublimium meritorum intuitu eidem graliae noslrœ caesareae propensionem teslatam redderemus. Ac proinde motu proprio ex certa scientia, animoque bene deliberato prœdictum patrem Bernardum Désirant, in tbeologum noslrum cesarcum bénigne assumpsimus et recepimus, prout per praesentes assumimus et recipimus, aliorumque nostrorum tlicologorum numéro ac latui clementer adscribimus et adjungimus: decerncnles ac expresse volentes quod ante nominatus Bernardus Désirant, noster theologus, omnibus et singulis honoribus, praerogativis, immunitatibus, prœeminenliis, privilegiis et gratiis utatur, frualur et gaudeat, quibus cœteri tlicologi nostri uluntur, fruuntur et gaudent, quomodolibcl de consueludine vel de jure, etc. Quœ dabantur in civitate noslra Viennae, die quin ta seplembris, anno 1710 (1). »

(1) Archives du royaume.

§ 57. Architectes.

Sommaire : Architectes français : J. Fourcy et J. le Noir. — Le château de Château-Thierry. — Architectes bourguignons des ducs de Bourgogne de la 2e race. — Architectes ou maîtres des ouvrages de maçonnerie du comté de Hainaut depuis Philippe le Bon jusqu'à Charles II. — Arnaud Nullon. — La Maison du roi, à Bruxelles. — D. de Wagemakere. — R. Van Mansdale, dit Keldermans. — Pierre de Mendicaval, architecte espagnol. — Paul du Collé, dominicain. — M. Van Hulst. — Abhaye de Rotthem.

Fourcy (Jean). — Le Noir (Jean). — Au mois de mai 18o5, on vendit publiquement chez le libraire Heussner, à Bruxelles, une grande quantité d'archives qui appartenaient à un amateur belge, disait-on, et qui provenait en majeure partie de la collection du baron de Joursanvault, vendue à Paris en 1838, Un des lots concernant la Champagne fut acquis par Mr le comte de Villermont, qui nous a permis à cette époque de prendre note de quelques pièces intéressantes pour l'histoire des Beaux-Arts.

Dans les dernières années du XIVe siècle, Louis, duc d'Orléans, fit commencer la reconstruction du château de la petite ville de Château-Thierry, sur la Marne, et confia, par lettres patentes du 21 mai 1400, la direction des travaux à maître Jean Fourcy, qui dans un acte du 24 septembre de la même année est aussi qualifié de « maistre » des euvres de massonnerie du roy ou bailliage de Vrtry. » Jean Fourcy devait recevoir 3 sous 6 deniers de gages par jour. Il est encore cité dans un acte du 24 novembre 1407. A cette époque, Pierre le Beuf était le charpentier « des » euvres de charpenterie de monseigneur d'Orliens en son » chasteau et chastellerie de Chasleau-Thierry. » Le Catalogue analytique des archives de M, le baron de Joursanvault, t. Ier, p. 364, renseigne encore d'autres pièces relatives aux travaux du château de Château-Thierry. Au nombre des documents achetés par Mr le comte de Viller-

— ovz —

mont se trouve aussi une commission du duc d'Orléans, en date du 9 décembre 1398, donnée à Gilles Chastelain, clerc des offices de son hôtel et payeur des œuvres du château de Pierre Fons, en qualité de payeur des œuvres du château de La Ferté-Milon : on y lit qu'il ne doit rien payer sans certificat du maître Jean le Noir, maçon de Charles VI, roi de France, au bailliage de Senlis.

« Loys, fils de roy de France, duc d'Orliens, comte de Valom, de Bloiz et de Beaumont, et seigneur de Chasteau-Thierry, à tous ceulx qui ces lettres verront, salut. Savoir faisons que pour le bon rapport qui fait nous a esté du sens, loyauté et diligence de maistre Jehan Fourcy, maislre maçon juré ou bailliage de Vitry, nous icellui avons commis, député et ordonné, et par ces ■ présentes commettons, ordonnons et depputons pour gouverner les ouvrages . de maçonnerie de nostre chastel du Chasteau-Thierry, de nostre maison de Jangonne et des autres lieux où nous ferons ouvrer en nostre chastellerie de Chasteau-Thierry, aux gages de iij soûls vj deniers tournois pour chascun jour qu'il vacquera ou fait desdis ouvrages, et aux autres droiz, prouffiz et émolumens accoustumez tant comme il nous plaira. Si donnons en mandement à nostre bailly du Chasteau-Thierry ou à son lieutenant que dudit maistre Jehan il reçoive le sèrement accoustumé en tel cas, et le mette en possession et saisine dudit office, et à nostre receveur et païeur des euvres dudit lieu que les gages de iij soûls vj deniers par jour dessus dis il paie et délivre audit maistre Jehan, pour tant de jours que par certiffication du clerc ordené pour recevoir et enregistrer les matières desdiz ouvrages lui apparera icellui maislre Jehan avoir vacquié ou fait d'iceulx ouvrages , et par, rapportant ces présentes ou vidimus d'icelles fait soubs séel authentique collationné à la chambre de nos comptes, la certiffication dessusdicte et quittance sur ce nous voulons lesdis gaiges estre allouez es comptes dudit receveur et païeur par noz amez et féaulx gens de noz comptes, à Paris, sans contredit, nonobstans quelconques ordonnances, mandemens ou défences à ce contraires. En tesmoing de ce nous avons fait mettre nostre séel à ces présentes. Donné à Chasteau-Thierry, le xxjc jour de may Pan de grâce mil quatre cens. »

Architectes bourguignons des ducs de Bourgogne. — Le volume de 1855 du Bulletin monumental, publié à Caen par Mrde Caumont, contient un article sur lequel nous voulons appeler l'attention des personnes qui s'intéressent à

l'histoire des arls dans notre pays et dans les contrées qui furent soumises à la domination de nos souverains, cause fréquente des émigrations de nos meilleurs ouvriers et artistes, surtout au moyen âge. C'est une Note sur les maîtres des œuvres des ducs de Bourgogne, suivie d'une note sur Joseph Colare, fondeur et canonnier, par Mr Marcel Canat. Nous croyons donc faire chose utile en signalant ici les noms des architectes ou maîtres des ouvrages de maçonnerie recueillis par l'honorable président de la Société d'histoire et d'archéologie de Chàlons-sur-Saône; sa notice est de plus enrichie de gravures de sceaux de deux de ces architectes et de sceaux de maîtres-maçons et de maîtres-charpentiers du XVe siècle.

Jacques de Nuilley, Nuilly ou Nulley, 1576-1596. Il est qualifié d'ouvrier des œuvres de massonnerie de monseigneur le duc dans plusieurs actes.

DrouetdeDampmarltn, 1585-1596.

Jean Bourgeois, nommé par lettres patentes du 9 décembre 1404, exerçait la profession de maçon à Dijon en 1587.

Pierre Herendel, qui est cité dans l'état de maison de Philippe le Bon, et auquel succéda

Philippe Mideau, déjà en charge en 1429.

Jean de Monsteret, cité en 1450.

Mr Canat a consigné aussi les noms des maîtres des ouvrages de charpenterie du duc de Bourgogne, et parmi eux il cite {jautier Meneslrier ou Ménestrel, auquel il croit pouvoir attribuer la bâtisse du couvent des cordeliers, fondé par Philippe le Bon, en 1454, « car ce couvent, — » dit l'écrivain français, — tout construit en bois, était un » ouvrage magnifique de charpenterie, et dénotait un ar- » chitecle charpentier. » Il rapporte, d'après Mr le comte de

(1) Mémoires pour servir à t histoire de France et de Bourgogne, in-4°; Paris, 1729; p. 241.

Laborde, (î) que ce maîlre fit des patrons d'ouvrages de charpenterie que le duc voulait faire exécuter à Bruges et à Dijon.

Nous devons consigner ici une observation sur le travail très-consciencieux d'ailleurs de Mr Canat. Il donne à l'artiste qui jeta en fonte en 1387, pour le maître-autel de l'église des chartreux de Dijon, les colonnes surmontées d'anges et aussi l'aigle du grand pupitre, le nom de Joseph Colare, canonnier de Philippe le Hardi, tandis que dans les documents dont il s'est servi il est appelé Colars Joseph. Mr Canat a pris Colars pour un nom de famille, tandis que c'est la forme usitée depuis le XIIe siècle jusqu'au XVIe pour signifier Nicolas.

Architectes ou maîtres des ouvrages de maçonnerie du comté de Hainaut. — Nous avons dressé d'après les comptes des domaines de Mons qui existent aux Archives du royaume (2), la liste des maîtres des ouvrages de maçonnerie du Hainaut, c'est-à-dire des architectes, depuis le milieu du règne de Philippe le Bon jusqu'à la fin du XVIIe siècle.

Jean Huelin, ou Huwellin, déjà cité en 1442, était encore en fonctions en 1464; n'habitait pas Mons. Il recevait 30 livres blancs de gages annuels.

Antoine le Vel,cité de 1465 à 1501; n'habitait pas Mons.

Jean Henrart, cité de 1501 à 1507.

Laurent Colmie ou Colmye, cité en 1507; mort en juin 1537; n'habitait pas Mons.

Jean Anseau, Anceau ou Ansseau, à Mons, cité de 1537 à 1557.

Jean Repu, à Mons, cité de 1558 à 1568.

(1) Les Ducs de Bourgogne, t. 1er, Preuves, n° 1390, p. 391.

(2) Registres n°» 9738 à 9896 de la chambre des comptes , aux Archives du royaume.

George de Harmegnies, à Mons, cité de 1568 à 1584. xWathieu de le Place, à Mons, cité en 1585. André Villain, au Quesnoy, cité de 1586 à 1593. Etienne Cauchie, cité de 1595 à 1603.

Bon Thiéry, cité de 1604 à 1620.

Nicolas du Chasteau, cité de 1621 à 1636. Charles du Chasteau, cité de 1637 à 1668. Antoine Gallemart, cité de 1668 à 1694.

Nullon (Amand), — était maître des ouvrages de maçonnerie de Philippe le Bon au pays d'Artois, en 1463 (î).

De Wagemakere (Dominique). — Van Mansdale ou Keldermans (Rombaut). — Mr Alph. Wauters a publié dans le Messager des sciences historiques, 1842, une excellente notice sur la Maison du roi ou Maison du pain, sur la Grand'Place, à Bruxelles. Les plans de l'édifice que nous voyons aujourd'hui sont dus à Antoine Keldermans, qui mourut peu de temps après les avoir tracés. La direction de l'œuvre fut confiée à l'architecte Louis Van Boghem qui l'avait remplacé dans ses fonctions de maître des ouvrages de maçonnerie en Brabant en 1516. Les fréquentes absences de ce dernier artiste que Marguerite d'Autriche avait chargé de l'exécution de la belle église de Notre-Dame de Brou, à Bourg, en Bresse, nécessitèrent la nomination de deux architectes d'Anvers, Dominique de Wagemakere, et Rombaut Van Mansdale, dit Keldermans, pour surveiller les travaux et faire les dessins d'exécution et des détails du nouvel édifice. La pièce que nous publions ici est relative à l'augmentation de salaire de ces deux artistes que la chambre des comptes leur accorda par acte du 21 novembre 1517.

(i; Registre n° 9148 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

Opten xxjen dach der maent van novembri anno xvc xvij is men, by gebreke van den meester werckman van metselrye ons heeren des conincx hem houdende den meesten deel van den jaere besundere in den somer buyten lants in Savoyen, overcomen, in presentie ender by advyse van Janne Van den Nuwenhove, rentmeester van Brabant in 't quartier van Bruessel, Janne Brème, rentmeester derselver stadt van Brussel ende conterolleur van den wercke van Hshertoghen-huyse, mit meesteren Dominico de Wagemakere ende Bombout Van Mansdale, alias Kelderman, meesters werclude van metselryen in der stadt van Àntwerpen, als dat elck van hen van den arbeyt, moyte ende onleden die zy gedaen ende gehadt hebben binnen den twee jairen overleden, in 't maken van der ordinantien, patronen ende berderen van der edifficien, d'welck men maicl opte Merct,in deser stadt van Bruessel, opte plaitse daerop plach te slane een huys geheele 'I Broothuys, aldus genaempt des Herlogenhuys, hebben sal die somme van xx philippus guldenen, boven huere vacacien,

ende van Bamisse lestleden voirtans, ende alsoe lange als men aen 't voirschreven Herlogen-huys wercken sal, ende zy die ordinantien ende patronen dairaf maken zelen, elc van hen jairlycx hebben sal, die somme van xxx der voirschreven philippus guldenen, vallende altyt le Bamisse, boven huere vacacien als voere; behoudelyck dat zy sculdich zelen zyn te doene ende t'achtervolgene 't gheene des hiernae volght : Ierst, dat zy t'allen tyden, als'l behoeren sal, patroonen, ordinantien oft berderen te maken, dat zy dairtoe selen verstaen, ten versueke van den luden van deser cameren goidslyts voere den winter, aleer men die leveringe van den steenen endestoffcn dairop sal bestaden; îtero, dat zy oie t'allen tyden, als zy beschreven zelen wordden, by brieven van deser cameren, om ter causen van den voirschreven wercke alhier in deser stadt te comen, dat zy, oft emmer d'een van hen, sculdich zal zyn alhier te comen, op huere gewoenlick dachuers van ecnen philippus gulden voere elcken van hen 's daigs. Aclum in der camere van der rekenningen, te Bruessel, ten dage ende in 't jaer vorschreven(l). »

De Mendicaval (Pierre), — figure en qualité de maîlre général des ouvrages du roi d'Espagne (mastro mayor de las obras de edifîcios), dans Félat de maison de Charles- Quint qui fut dressé en 1520 (2).

(1) Archives de la chambre des comptes, cartons , aux Archives du royaume.

(2) Volume intitule : Registro de lo s officia les de la casa rcal d'Aragon, archives de l'audience, ibidem.

Le nom de cet artiste n'est cité dans aucun des ouvrages suivants, et il n'est pas probable qu'il le soit dans d'autres : Cean Bermudez, Diccionario histôrico de las bellas arles; Zani, Enciclopedia délie belle arti, et Nagler, Nettes allgemeines Kùnstler-Lexicon.

Du Collé ou Collet (Paul). — Chalon (Pierre). — Le 50 avril 1641 fut incendié par la foudre le clocher de la vieille et curieuse église collégiale de Saiule-Gertrude, à Nivelles. Le carillon, qui se composait d'un jeu de cloches, fut fondu. On évalua la perte à 80,000 livres environ. Le 12 août de l'année même du désastre, d'Andelot, prévôt de l'église, convint « avec maislre Pierre Chalon, maistre » charpentier de Landreichy, à présent demeurant à Mous, » en Haynault, pour l'ouvrage de la flesche et beaufîïoy de » la tour de l'église de Nivelles, qu'iceluy maistre Pierre » fera ledict ouvrage suivant le plan et dessin du frère » Paul Collet, dominiquain, bien et léallemenl. »

Frère Paul Collet, ou du Collé, selon sa signature, était religieux au couvent de Braine-le-Comte (i).

Le nouveau carillon coûta 23,748 livres.

Van Hulst (Martin), — architecte (bouwmeester) de l'abbaye de Rotthem dans la mairie de Haelen, en Brabant, mourut le 1er mai 1636, des suites d'une blessure que lui avait faite dans une querelle un ouvrier (dienaer), nommé Guillaume Van Geerlruyden, auquel furent accordées pour ce fait des lettres patentes de rémission d'homicide, le 4 mai 1645 (2).

(1) Archives de l'église de Saintc-Gcrtrude de Nivelles, aux Archives du royaume.

(2) Registre 11° 661 de la chambre des comptes, ibidem.

§ 58. Batteurs de cuivre, fondeurs de cloches et de

métaux.

Sommaire : Jacob ou Jacques. — Albert et Jean, fondeurs de cloches, à Louvain et à Dînant. — Renier Van Thienen. — Lutrin pour l'église de St- Jacques-sur-Caudenberg, à Bruxelles. — Pierre deBackere. — Jacques Jonghelinck. — Jean de Monlfort. — Fonte des objets de sculpture en bronze reconnue art libéral.

Jacob ou Jacques. — Mr le lieutenant-colonel du génie Meyers possède parmi grand nombre d'autres curiosités un mortier en bronze à deux anses, de 22 centimètres de diamètre sur 17 1/2 de hauteur, dont les caractères permettent d'attribuer au XIIe siècle. On y voit représentées des colonnes surmontées d'une tête nue et alternées de fleurs de lis. On y lit le nom du fondeur : iacob me fecit, et un autre nom Simon, celui du propriétaire probablement, suivi de cinq lettres qui n'offrent entr'elles aucun sens.

Albert, — fondeur de cloches (fusor campanarum), est cité en 1340, comme habitant dans le Uoelstraet ou rue de Tirlemont, à Louvain, hors la porte Saint-Michel (1).

Jean, — fondeur de cloches, à Dinant, refondit celle de la chapelle du château de Montaigle, dans la province de Namur, en 14-57.

« A Jehan, le fondeur de clocques demorant à Dynant, pour avoir reffondu le clocque de la chapelle du chaslel de Montaigle qui estoit rompue, et pour le métal qu'il y a mis pour faire ladietc clocque plus pesante, par marchié à luy fait, présent le chastellain et aultrez gens de la fortresse, à la somme de v ob. de Rin xij aidans, qui vallcnt vij ob. (2). »

(1) Acte échcvinal, aux Archives communales de Louvain. Cette note m'a été communiquée par Mr Ed. Van Even.

(2) Registre n° 10916 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

Van Thienen (Renier). — Mr Ch. Piot a publié, en 1855, dans la Revue universelle des arts, t. Ier, p. 280, une notice sur l'habile fondeur (gheelgietere) de ce nom qui florissait à Bruxelles de 1464 à 1509. A cette époque nous n'avons pu retrouver la note relative aux travaux qu'il exécuta en 1465 pour l'église de Saint-Jacques-sur-Coudenberg. Nous avons été plus heureux depuis. Il s'agit d'un lutrin pour placer dans le chœur et représentant un pélican, que les marguilliers achetèrent à Renier Van Thienen pour le prix de 13 livres de gros de Flandre, et aux piliers duquel il fut convenu que l'artiste ajouterait quatre petites figures de métal.

« Cont zy allen lieden die dese yeghewoirdige cyrographie selen sien ofte hoiren lesen dat Andries Van den Horicke ende Jan Juwaes, geheeten Van Parys, keremeesters nu tertyt der kerken van Coudenberghe, hebben ghecocht jeghen Reyneren Van Thienen, gheelghietere, in den name van der kerken voirschreve, eenen lattoenen pellicaen tôt eenen lessenere : te sine in den choir van der voirschreve kerken, in aider manieren alsmen daer sien mach nu tertyt om xiij liv. gr. Yleems, elc liv. te xxx s. gr. Brab. gerekent; uytghenomen dat Reyneren voirschreven noch vier latloennen beldyen aen de vier pilaren van denselven pellicaen noch setten sal ende leveren na huerer behoirlen met voirwaerden hierinne onder sproeken, etc. In den jaere Ons Heeren doen men screef m iiijc ende lxv, den xvijsten dach in decembri (1). »

De Beckere (Pierre), — fut tout à la fois orfèvre, graveur de sceaux et fondeur de métaux. Il habitait Bruxelles et nous avons trouvé mention de lui en 1495. Sa mort arriva le 5 janvier 1527. Pierre de Beckere est l'auteur du magniflque mausolée de Marie, duchesse de Bourgogne, qui fut élevé par ordre de Philippe le Beau dans l'église de Notre-Dame, à Bruges. Le tombeau est en marbre noir, et la statue de la princesse ainsi que tout les ornements sont

(1) Cartulaire de la prévôté de Saint-Jacques-sur-Coudenbcrg, f° 75 v°, aux Archives du royaume.

en cuivre doré. C'est un des plus beaux monuments qui existent encore dans le pays. Nous en avons donné une description détaillée dans la notice consacrée à P. de Beckere qui est insérée dans les Bulletins de l 'Académie, t. XVIII (•).

Jonghelinck (Jacques). — Dans nos Recherches sur la vie et les travaux des graveurs de médailles, de sceaux et de monnaies des Pays-Bas (2), nous avons publié une biographie assez étendue de cet artiste, qui fut sculpteur, fondeur de métaux et graveur de sceaux et de médailles. Jacques Jonghelinck naquit à Anvers, le 21 octobre 1530 et y mourut le 31 mai 1606. Les statues qu'il fît en métal* sont nombreuses, et l'on trouvera dans l'ouvrage auquel nous nous permettons de renvoyer beaucoup de détails, et entre autres sur le monument que le duc d'Albe se fît ériger dans la citadelle d'Anvers en 1571.

De Montfort (Jean), — est un des meilleurs graveurs de médailles du XVIIe siècle. Nous avons décrit ses œuvres dans l'ouvrage que nous venons de citer (3). Il vécut à Bruxelles de 1595 à 1049. On voit encore dans l'église de Sainte-Gudule, à Bruxelles, un lion de cuivre doré, qui orne le mausolée des ducs de Brabant Jean II et Antoine de Bourgogne, et qui fut coulé par Jean de Monlfort en 1610.

Fonte des objets de sculpture en bronze reconnue art

(1) Voy. aussi la notice sur P. tic Beckcre que nous avons publiée dans la Revue de la Numismatique belge, t. 11, 3e série, et qui se trouve à la p. -468, du t. Ier de nos Recherches sur la vie et les travaux des graveurs de médailles, de sceaux et de monnaies des Pays-Bas; Bruxelles, 1858.

(2) T. 1er p. 312-542. Celle notice a clé tirée à part ù un petit nombre d'exemplaires.

libéral. — Le 8 juillet 1776 seulement, la fonte des objets de sculptures en bronze fut mise au rang des arts libéraux, et il fut déclaré qu'aucun métier ne pouvait en empêcher l'exercice (i).

§ 59. Géographes, cartes et plans, etc.

Sommaire : Jacques de Deventer. — Il fait une carte du Brabant et un atlas de tous les Pays-Bas. — Plan de la ville de Geldern ou Gueldre, dressé en 1546. — Cartes géographiques, plans et mappemondes de Charles- Quint. — Henri Pontanus. — Mappemonde en forme d'aigle, publiée vers 1557. — Octrois pour publier des cartes et plans accordés à Jean de Beeldesnyder, G. Mercalor, Jérôme Willems, dit de Cock, Abr. Ortelius, Chr. Plantin, Fr. Hoogenberghe, J. Vuytersprot et G. de Jode. — Cartes de la mer Baltique, du Tiémont et de la Lombardie, de la Gueldre et de la Terre-Sainte. — Pierre Bertius. — Louis et Jean de Bersaques.

— Cartes de la ville et châtellenie de Courtrai et de la banlieue de Menin.

— Plans de bois à Agimont, Hulst et La Roche.

De Deventer (Jacques) — est natif de la ville dont il porte le nom, selon le témoignage de Guicciardini (Y), qui le qualifie de très-habile géographe (grandissimo geografo). Les biographes lui ont à peine consacré quelques lignes, car, malgré la réputation dont jouissait J. de Deventer parmi ses contemporains, sa vie et ses travaux sont restés ignorés: plusieurs ont copié ce qu'a dit de lui Valère André dans sa Bibliotheca belgica, p. 408. Pierre Opmeer parle de notre géographe à l'année 1546 de sa chronique en ces termes : « Jacobus de Daventria, Mechliniae, caciographias » Brabantise, Hollandise aliarumque Belgii regionum nunc » edit. » Kok, Vaderlandsch Woordenboek, t. XI, p. 261, rappelle que Munsterus a inséré dans sa Cosmographia, p. 752, une description de la Frise par J. de Deventer.

(1) Archives du conseil privé, cartons, aux Archives du royaume.

(2) Descriltione di tutti i Paesi-Dassi; Anvers, 1567; p. 166.

Dans une lettre du 1 5 décembre 1 557 à Idzardus (i), Viglius écrit qu'il lui envoie la carte de Frise faite par notre géographe. Ortelius a fait graver dans ses recueils plusieurs cartes dessinées par J. de Deventer. La plus ancienne mention des travaux de ce dernier que nous ayons trouvée, remonte à Tannée 1537 : il présenta à celte époque une carte du duché de Brabant au conseil de celte province, et reçut 4 livres de gratification. Celte dépense est relatée dans le compte en ces termes :

Jacob Van Deventer, die xx daighen in decembri, a° xvc xxxvj, heeft in den raide van Brabant gepresenteert een carlte van den lande van Brabant, by bem, zoe hy zeegt, gemaect, dairvoer bem by den raide es toegevueght ende geordineert : iiij liv. (2).

Jacques de Deventer fut employé par Philippe II à une entreprise grandiose. Avant de quitter les Pays-Bas, où il ne devait plus revenir, ce prince chargea notre géographe de « visiter, mesurer et desseigner toutes les villes de noz » pays de par-deçà, aussi les rivières et villaiges circum- » voisins, semblablement les passaiges ou destroiclz des » frontières, et le tout rédiger en ung livre contenant » pourtraict de chascune province, et après démonstration » de chascune ville particulière. » Sa commission est datée du 1er avril 1558 : elle lui attribue 200 florins de gages annuels, et 2 florins par jour en sus pour frais de voyage. Le 6 juin 1559, le roi lui fit délivrer des lettres de saufconduit pour lui, ses serviteurs et ses bagages, afin que les gouverneurs des provinces, les magistrats et communes, les commandants des places fortes, et généralement tous les officiers à qui il se serait adressé, lui rendissent facile l'exécution de cette mission. Ces lettres de sauf-conduit furent plus tard renouvelées, notamment le 20 février 1562

(1) Hoynck Vajv Papendhecht, Analecta Belgica, t. Il, lre partie, p. 386.

(2) Registre n° 21719 de la chambre des complcs, aux Archives du royaume.

(n. st.), le 7 mai 1563 et le 7 mars 1564 (n. st.) (i).

Notre géographe se mit aussitôt en devoir de lever ses plans et de tracer des caries, mais c'était là une rude besogne qui lui avait été confiée. On lit dans un document que nous publions plus loin qu'il avait fait espérer au roi que son œuvre serait terminée en deux ans. La correspondance de Viglius avec Hopperus, qui nous fournit sur Jacques de Deventer des renseignements précieux, établit qu'il y employa plus de quinze à seize années. J. de Deventer avait compté sans la révolution et les troubles qui la suivirent.

Voici de ces lettres d'Hopperus et de Viglius une analyse succincte :

Hopperus écrit de Madrid, le 28 juillet 1570, à Viglius que, si l'œuvre confiée à J. de Deventer est terminée, il ait à l'envoyer au roi Philippe II le plus tôt possible (2). Viglius répond à cette demande, le 28 août, d'Anvers, que ce travail n'est pas encore achevé, pour deux raisons, d'abord à cause de l'âge avancé de l'auteur, qui veut dessiner tout de sa propre main, puis par suite de la lenteur que l'on met à le payer, selon l'habitude de la chambre des comptes. Si Sa Majesté, ajoute-t-il, désire voir la fin d'une entreprise à laquelle le géographe était occupé depuis douze ans, qu'elle ordonne à Martin Van den Berghe de le payer sans délai, car si l'on ne se hâte, il est à craindre que la mort ne vienne à surprendre J. de Deventer avant qu'il n'y ait mis la dernière main (3). Une lettre du même écrivain à

(1) Archives de Iaudience, aux Archives du royaume.

(2) « Si magisler Jacohus Davenlrius ahsolvil suum opus, acceptissimum » crit Suae Majestati ut quam priraum mittatur, et poterit, si videtur, Iradi » uxori perferendum. »(Joachimi Hopperi episfolœ ad Viglium ab Aytta Zui- » chemlm (Louvain, 1765); lettre lxxxxvii, p. 283).

(3) « Mr Jacobus Daventrius opus suum nondum absolvit, et duœ res re- » moram aliquam ci injiciunt, et aetas ejus provccta (cum omnia sua manu » dclineari cupiat), et sera slipcndii solutio, pro curise nostrse consueludine.

son correspondant à Madrid, et datée du 8 décembre de la même année, prouve que l'on n'avait pas encore satisfait aux justes réclamations du géographe (i). Dans une autre lettre du 9 février 1572 (n. st.), on lit que Viglius s'inquiète des moyens de faire parvenir l'ouvrage en Espagne, et revient à la charge sur la nécessité de solder à J. de Deventer ce qui lui est dû (-2).

On voit par une lettre de Viglius du 1 6 novembre 1 573 (5)

» Itaque D. V. recte faciet, si literis regiis eum commonefaciat, ut cum jam » duodecim annis ei operi incubuerit, illud tandem absolvi curet. Et M. » quoque Maiiino a Bergis Regia Majestas scribat, jubeatque ut stipendiorum » vacalionumque solutionem, quantum in se est, promoveat. Regem enim hoc* » opus absolutum magnopere cupere, eoque magis, quod œtas ejusdem ma- » gistri Jacobi ila provecta sit, ut metuat, ne ejus complementum mors raor- » busqué prœveniat. » (Hoyncrt, Viglii epistolœ politicœ et hisloricœ ad J. Hopperum, lettre cvm, p. 580).

(1) « De literis ad Jacobum Daventriensem ac cornmissarium Van de Berghe n scriptis gratias D. T. ago : valde enim cuperem hoc opus tandem absolvi, » ac cum in eo apparando illuminandoque majores cogatur facere sumplus, » mercedis solutio sumptuum laborumque ei aliquod prœbebit solatium. » (Hoynckt, etc., lettre cxxi, p. G04).

(2) « Mr Jacobus Daventriensis hic sedulo dat operam, ut opus suum ab- » solvat, verum sollicitus sum, quomodo secure illud in Hispaniam mitli » possit, cuperemque duci nostro mandari, ut ipse redicns in suam cuslo- » diam tulclamque id recipiat; difliculter autem illud autor è manibus dabit, » nisi Regia Majestas de residuo,quod ei debebitur, providerit, ac magislroVan » [den] Berge scripserit, ut is id persolvat, fidemque suam interponat. Totus » autem in hoc opère complendo consenuit, ac et absolulo quiescere, ac renun- » ciare omni ulleriori labori slatuit. » (Hoynckt, etc., lettre cxxvn, p. 614).

(3) « M. Jacobus Daventriensis cum hic ob execulioncm decimi denarii in » metu popularis sedilionis vcrsarcmur ac a gcusiis novae turbae exoriren- » tur, ipse bine se alio proripuit, inilioque credideram Dordracum eum con- » fugisse, ubi antea sedem collocarat, cumque ea urbs paulo post ad geusios » descivisset, plurimum sollicilus fui ne opus ejus in illorum potestalem venis- » set, cum de eo nihil cerli inquircre potuissem; tandem apud Coloniam cum » latere per amicum intcllexi, eumque per literas benigne admonui, rogavi- » que ut hue cum opère suo redire non gravarelur, eidem pollicilus morluo » Martino Van den Berge, cui ejus solutio mandata antea fuerat me fideliter » procuraturum, ut si quid debebitur ci cxsolvalur; si quid autem ab eo » responsi accepero, D. V. mox significabo. Optassem autem pro magna re ut » Regia Majestas opère ipsius hoc temporc frui poluisset, quo urbium ab

que J. de Deventer se trouvait à Bruxelles à l'époque des troubles qui éclatèrent dans cette ville à l'occasion de la levée du dixième denier; qu'il s'enfuit alors à Dordrecht, où il avait déjà séjourné auparavant, et qu'après la prise de cetle ville par les gueux, en juin 1572, il se réfugia à Cologne. Le 8 février 1575, Viglius écrivait à Hopperus que J. de Deventer lui avait fait espérer l'envoi de son œuvre pour le mois suivant (i). A quelques temps de là, le même fait part à son correspondant de la mort du géographe, décédé à Cologne, qu'il a apprise par le châtelain de Gouda, et de ce qu'il y aurait à faire pour s'assurer la propriété des atlas délaissés par le défunt (Y). Dans une lettre du 12 juillet il dit à Hopperus qu'il a écrit au magistrat de Cologne, à la garde duquel les livres ont élé confiés, pour qu'il voulût ou les lui envoyer ou les faire parvenir directement à Philippe II (3). La lettre deViglius du 8 août (ou septembre) (4)

» hostibus occupatarum aut a nostris obsessarum ex ejus descriptione ple- » niorem cognitionem accipere poluisset. » (Viglii Zuichemi ab Aytta Epistolœ ad J. IJopperum; lettre ccvm, p. 493; Leeuwarden, 1661; — Hoynckt, lettre ccxvi, p. 781).

(1) « Jacobus Daventriensîs tandem promisit se hue ad proximum mensem » adfore et opus snum in tria divisum volumina una allaturum. » (Ibidem, lettre ccxin, p. 505; — Hoynckt, etc., lettre ccxxi, p. 791).

« Jacebum Daventriensera non cesso interpellare, quo debitum exsolvat, » pro quo aliquot milia florenorum illi impensa fuere. » (Ibidem, lettre cciv [lisez ccxiv], p. 507; — Hoynckt, etc., lettre ccxxn, p. 793).

(2) « Castellanus Goudensis Gulielmum suum nudius tertius ad me misit, » per quem obitum Jacobi de Daventria apud Coloniam mihi significaret, » officiumque quod in conservandis libris regiis ab eo factum erat. Dabimus » autem una operam, ut illos ab hœredibus recuperemus. » (Ibidem, lettre ccxvi [lisez ccxxvi], p. 527; — Hoynckt, etc., lettre ccxlix, p. 84-1).

(3) « Signifîcavi D. T. superioribus diebus mortem geographi nostri Jacobi » a Daventria, rogavique ut D. T. procuraret literas a rege scribi ad senatum » Coloniensem, qui in suam custodiam recepit libros, quos ad Majeslatis Suae » postulationem toi annis, tanlisque impensis elaboravit, ut mihi, aliive ad » eandem Suam Majestalemlransmittcndos traderevelit. » (Ibidem, lettre ccxviu [lisez ccxxvm], p. 531; — Hoynckt, etc., lettre ccli, p. 844).

(4) « Prioribus jam pridem respondi, posterioribus autem junctœ fuerunl

accuse réception de celle que le roi adresse au magistrat de Cologne, et qu'il avait demandée dans sa missive précédente. Viglius écrit, le 19 octobre, qu'il a reçu les trois volumes réclamés; il fait un brillant éloge du soin que l'artiste géographe a mis à dessiner tous les plans qu'ils contiennent et se propose de les envoyer à Madrid par la première occasion (t). Une quinzaine de jours après, il joint à sa lettre à Hopperus du 7 novembre une liste détaillée de ce que contiennent les trois volumes, lui signale l'omission du plan de la ville d'Ypres, et lui fait quelques autres observations. Il voudrait savoir si le roi ne désire pas que les lacunes soient comblées, et il aimerait à trouve^ quelque moyen sûr pour que les livres arrivassent en bon état en Espagne (2). Viglius écrit encore, le 23 novembre :

» literœ Regiœ Majestatis ad senatum Coloniensem atque ad me super negocio » librorum per rar Jacobum Davenlriensem relictorum scriptœ. » (Ibidem, lettre ccxx [lisez ccxxx], p. 534-, avec la date du 8 août; — Hoynckt, etc., lettre CCLHI, p. 846, avec la date du 8 septembre).

(1) « Coloniensis senatus libros geograpbicos très mr Jacobi Daventriensis » ad me misit, quos per primam oportunitatem isthuc destinabo, c-pus certe » dignum Regia Majestate, in quo omnia hujusce provinciœ belgicœ oppida, » affubre et eleganter delineata, Sua Majeslas conspiciet, ncc pretii in cos » insumpti pœnitebit. » (Ibidem, lettre ccxxni [lisez ccxxxin], p. 539; — Hoynckt, etc., lettre cclvi, p. 8j0).

(2) « Mille-, Cl. D. Hoppere, ad D. T. catalogum oppidorum, quœ in tribus » voluminibus mr Jacobi Daventriensis depicla comperi. Verum prœmatura » ipsius mors impediit, quominus, uti cum eo convenerat, templa, civita- » tum portas et opéra publica non ubique expresserit, et in Flandriœ op- » pidis omissam ab eo invenio urbem Iprensem, quse est inler celebriores » cjus comilalus. Desidcraram quoque, ut loca paulo melius illuminata luis- » sent, quo Regiae Majestalis oculis magis satisfactum fuisset. Verum si rex » petat, et illos sumptu9 fieri mandet, poterunt quœ desunt adhuc suppleri. » Sollicitus vero sum quomodo ea volumina tulo ad Majcslatem Suam dirigera » queam, cum magnopere inlersit, ne in ilincre quod bodie maie securum » est, intercipiantur aut in allcrius manus incidant. Quamobrem, si Majestas o Sua tantain moram ferre posset, ut securius ea volumina mitlcrentur, cum » hic aliquis rumor increbuerit D. V. forsilan propediem ad nos advcnluram,

caperem in id tempus missioncm eam possc dift'erri, quo ex veslro consilio • (fuid facieudum videalur intclligam, et priusquam se ilincri buic D. V.

il a appris depuis sa dernière missive que la veuve ou concubine de Jacques de Deventer habitait Malines, et qu'elle a en sa possession les minutes dessinées par le géographe; il lui a immédiatement fait promettre une bonne récompense pour la cession de tous ces papiers, et croit qu'il est de la plus haute importance de les avoir, pour qu'ils ne tombent pas dans des mains étrangères qui seraient à même de les copier et de les publier. Hopperus devrait entretenir le roi de cette affaire (i). Enfin la correspondance de Hopperus avec Viglius contient encore une lettre de ce dernier du 30 décembre l$7$, dans laquelle il est une dernière fois question de Jacques de Deventer et de son œuvre (2).

« Le roy, entendant que m™ Jacques Van Deventer, son géographe, n'est paie de ses gaiges de ijc florins par an, assignez sur la recepte de Malines, pour autres charges mises sur icelle recepte, et veuillanl qu'il soit annuellement contenté tant de sesdicts gaiges ordinaires, commenchans le premier d'apvril xvc lvij, avant Pasques, que de son traictement de ij florins par jour, quant luy sera ordonné voïaiger ou vacquer au faict de sondict office, selon

«accingat, aliquid quœso responsi tempestive significct. Bene vale, CI. D. » Hoppere. Bruxellse, vu novembr. cia io lxxv. » (Ibidem, lettre ccxxiv [lisez ccxxxiv], p. 541; — Hoynckt., etc, lettre cclvii, p. 851).

(1) « Scripseram ad te ante pauculos dies de opère Jacobi Davenlriensis, » ac poslea intelligens, apud mulierculam quandam Mechliniensem, ejus » uxorem seu concubinam, servari minutas formularum ab ipso delineatarum, » dedi operam, ut illas ad manus meas consignaret, promisso ipsi honorario, » quod Regia Majestas exolvere (uli spero) non gravabitur. Curandum enim » omni ratione puto, ne in aliénas manus exempla ulla incidant, unde possunl » alia exculpi evulgarique. Super qua re velim, ut verbum aliquid Majestati » Suae dicas, intelligasque quid fieri illi placet. » (Ibidem, lettre ccxxvi [lisez ccxxxvi], p. 543; — Hoinckt, etc., lettre ceux, p. 853).

(2) « Ad literas Regise Majestatis v augusti ad me datas, una cum iis quas » ad senalum Coloniensem super libris Jacobi Davenlriensis recuperandis ad » me dédit, nec non aliis xiij octobris de provisione statuum ad me ac gu- » bernatorem nostrum scriptis, hactenus supersedi quicquam ad Mnjestatcm » Suam rescribere, cum dubitem, ea quse ad Iibros Daventriensis pertinent » D. T. ad Majestalem suam relulisse. » (Ibidem, lettre cxxviu [lisez cxxxvm, p. 540; — Hoynckt, etc., lettre cclxi, p. 857).

sa retenue et commission, Sa Majesté ordonne que de sesdicts gaiges, traictement et vacations icelluy mre Jacques Van Deventer soit contenté des deniers de son espargne. Davantaige, pour ce que Sa Majesté a commandé audict de Deventer visitter, mesurer et desseigner touttes les villes de pardeçà, aussy les rivières et villaiges voisins, semblablement les passaiges ou distroictz des frontières, et le tout rédiger en ung livre contenant pourtraict de chascune province et aprez démonstration de chascune ville particullière, en quoy luy conviendra vacquer plus de deux ans, Sa Majesté ordonne que pour le temps que ledict maistre Jacques Van Deventer sera occuppé et emploie à faire la description et particularité des pays et villes de Luxembourg, Namur, Artois, Bourgoingne, Haynnau et pays circumvoisins de la langue walonne, luy soit païé xl pattars par jour, pour crue de vacquations oultre semblable somme contenue en sadicte commission , et ce au regard quant luy conviendra aller à cheval (pour la descommodité de chariotz), et qu'il luy fauldra païer certains guydes et interprêtes pour congnoistre les*dicts pays, aussy les villes et choses particulières d'importance qu'il trouvera en iceulx, etc. Faict à Bruxelles, le xxixe jour de may xvc lix (1). »

« De par le roy. A tous noz lieutenans, gouverneurs, bailliz, meyres, cscoutettes, bourgmestres, eschevins, gens de loy, tollenaires, gardes des villes, pontz, porlz, passaiges, destroictz et autres fortz, et tous autres noz justiciers, officiers et subgeclz et ceulx de noz vassaulx, amyz, alliez et bienveuillans, cui ce regardera et ces présentes seront monstrées, salut et dilcction. Comme nous ayons donné charge à nostre géographe maistre Jacques de Deventer, de visiter, mesurer et desseigner toutes les villes de noz pays de par-deçà, aussi les rivières et villaiges circumvoisins, semblablement les passaiges ou destroictz des frontières, et le tout rédiger en ung livre contenant pourtraict de chascune province, en après démonstration de chascune ville particulière; pour ce est-il que mandons et commandons à vous de nostre obéyssance, et requérons à ceulx de nos amys, allyez et bienveuillans, et à chascun de vous endroit soy et si comme à luy appartiendra, que ayez à leisser passer partout librement et franchement ledict maistre Jacques Deventer avecq ses serviteurs et bagaiges, et au surplus luy donner et faire donner toute ayde, faveur et assistcnce requise pour le meilleur effect et accomplissement de sadicte charge, en luy faisant au surplus à cesl cffect ouverture des villes, places, forteresses et autres lieux où il aura à faire, sans aucun contredict ou empeschement. Car ainsi nous plaist-il. Donné en nostre ville de Bruxelles, le vj° jour de juin xvc lix (2). »

(1) Archives de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.

(2) Ibidem.

La Bibliothèque royale vient d'acquérir de Mr Gachard qui l'avait acheté en Espagne, un des volumes de l'atlas de J. de Devenler. Voici les titres des cartes qu'il renferme et qui sont toutes exécutées et enluminées sur parchemin, avec un soin, un luxe et un art infini.

m 1. Generalis descriptio totius Germanicae inferioris et regni Angliœ, unacum mari interiacente alque eadem loca ab utraque parte alluente.

2. Germania tota in decem eirculis seu confœderationibus dispartita.

3. KTlVIATIAOriON, hoc est œstuum marinorum in diversis locis ob lune variationem ocularis demonstratio.

A. Delineatio sinus meridionalis maris, vulgo de Zuyderzee, ab occidenle Waterlandiam, ab oriente vero Phrisiam occidentatem attingentis.

5. Pars inferioris Hollandiœ nunc Waterlandt quœ olim ad Phrisiam pertinuit, cum universis oppidis, pagis ac viis publicis.

6. Superioris Hollandiœ pars in qua situs est episcopatus Traiectensis.

7. Descriptio episcopatus Traiectensis unacum superiore parte Hollandiœ.

8. Descriptio Batavise cum universis in ea viis publicis et aggeribus ad fluminum ripas aggestis.

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