‹ Archives des arts, sciences et lettresChapitre 18 sur 39 · Biblia, en parchemin, en petit volummc · texte numérisé non relu

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97-146. Ung libvre : De vita et honeslate clericorum,- cum aliis quadraginla novem pauci valoris. »

Objets d'art divers.

« Ung tableau, en bois, aveeq ung crucifix et deux larrons.

Ung crucifix de bois sans croix.

Une aultre en la croix.

Ung crucifix en ung tableau de bois rompu.

Ung sainct Micbiel, en bois.

Ung image d'alcbâtre.

Ung aultre de mesme avecq la teste rompue.

Ung angle de bois doré.

Ung petit angle [ange] avecq ung baston de bois.

Deux images tenans ensemble : Nostre- Dame et sainle Anne, de bois doré.

Ung esgle [aigle], de bois doré.

Ung tableau de bois contenant Nostre- Dame, descollé par le milieu,

Ung tableau de bois où est ung Dieu de pierre tenant sa croix.

Ung tableau où est escript au pied :

Cy gist vénérable et discrète personne né Laurens Vasset.

Ung grand tableau à deux feulles [volets], auquel y a ung couronnement, de Nostre-Dame doré.

Ung image, de bois, de Nostre-Dame Ung image de Nostre-Seigneur lyé à

ayant ung manteau bleu.

Ung Dieu, de bois, attaché à la coulumme.

Ung rond de bois où est paincte Nostre-Dame.

Ung tableau de terre ayant ung crucifix avecq les deux larrons.

Ung petit sainct Anthoine.

l'estacque [poteau].

Une Nostre-Dame de Pitiés

Ung fœullet ayant l'Aparition de Dieu à sainct Pierre.

Ung tableau de bois où est la Vendition de Joseph, doré.

Ung tableau auquel est painct Nostre- Dame, avecq deux fœulles.

Ung prophète, de bois doré, avecq Quatre fœulles de bois en plate

ung billet sur son bras.

Une Magdelaine, de bois doré.

Une Magdelaine dorée, en ung casse

de ivoire.

Ung image de sainct Christophle et

paincture; l'ung de la Prinse Nostre-Seigneur, l'aultre de la Résurrection; le iï j** quant il fut prins des Juifz; le iiije quant il apparut à saint Thomas.

sainct Anthoine en ung fœuillet de Ung aultre ayant Dieu avecq Pilate.

bois. Quatre petis tableau de toille, en bas : Une image de pierre blanche ayant le je, sainct Hiéromme; le ije, sainct

deux clous es espaulles et ung Jehan-Baptiste; le iije,saincle Barbe;

libvre en la main. le iiijc, Magdelaine.

Deux angles, de cuvre, dont l'ung n'a Ung petit angle doré, en bois.

pont d'elles. Ung sainct Jacques avecq son baston.

Une image de Nostre-Dame, d'albâtre. [Ina Magdelaine, en bois doré.

Une aultre plus petite de Nostre-Dame, Ung fœullet de tableau où est saincle

de bois doré. Catherine.

Ung prophète avecq ung baston vert.

Une Magdelaine, en une laïette de bois. Une saincte Barbe, en une laïette.

Ung crucifix de bois avecq ung petit

y pendant.

Un Salvator, en plate paincture.

Ung image de bois tenant ung libvre

en sa main.

Ung Nostre-Seigneur tenant ung calix

en sa main.

Une Nostre-Dame, en bois.

Quatre images de bois doré tenant

ensemble.

Trois Maries, de bois doré.

Une Nostre-Dame de Pitié.

Visitation Nostre-Dame, de bois doré.

Une saincte, encassé en voire.

Ung Dieu lyé à la columme.

Une Nostre-Dame de Pitié aux pied

d'une croix doré.

Ung crucifix, en bois doré.

Trois images de bois doré.

Ung sainct Nicolas, de bois doré.

Une Nostre-Dame, en une laïette de

bois. Ung saint Claude, encassé en voire.

Ung Ecce Homo, en voire.

Une petite Nostre-Dame, encassé, en

voire.

Une saincte Cécile, de bois doré.

Une Nostre-Dume et saincte Anne encassé en voire.

Une Nostre-Dame de Pitié, encassé en

ung voire rompu.

Une Nostre-Dame des Sept-Doleurs, en

bois.

Ung crucifix avecq deux angles et

trois images.

Ung crucifix doré, avecq deux fœulles.

Une saincte Barbe, doré, en bois, avecq

deux feulles.

viij images de petit Jésus, les cincq à

chemises et les autres sans.

Une saincte Anne, dorée.

Une Nostre-Dame en ung tableau.

Ung Dieu descendu de la croix.

Ung saincte Barbe en ung tableau.

Une paincture en pappier avecq ung

crucifix.

Ung crucifix, en toille.

Ung fœulle d'une table d'autel ayant

deux évesques et ung angle.

Ung Nostre-Dame, Jésus en ses braez.

Une Nativité Noslre- Seigneur, en

bois.

Ung Dieu de Pitié et Nostre-Dame, en

bois.

Une Notre-Dame ayant Jésus devant

elle.

Une aultre plus grande ayant Jésus

en ses bras.

Ung Salvator-Mundi, en bois.

Le Baptesme Jesu-Christ.

Ung tableau de bois où est painle

l'image de la Vierge Marie, faicte à

l'imitacion de celle de sainct Luc

où est escript en bas : Ave Maria. »

§ 65. Armes de guerre.

Sommaire. Inventaire des pièces d'artillerie existant à Ath, en 1716. — Leurs noms. — Leur poids. — Fondeurs : Kelleri Tiguro Helvetii, Bérenger de Falize, Jean Sithof, Ouderogge, Nieupoort, Jean et Bartholomé Caulhals, Lambert Borguerinx et Jacques Perdrix.

Inventaire des pièces d'artillerie existant a ath, en 1716. — Cet inventaire offre pour l'histoire des armes de guerre des renseignements curieux; car il indique à la fois le nom et le poids de chaque pièce, le nom du fondeur et la localité où la fonte a eu lieu. Ce document est joint au compte de Jacques Bouchette, munitionnaire de la ville d'Ath, de \ 725 à 1 733, qui fait partie du supplément à l'inventaire des registres de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

1. « Une pièce d'artillerie de bronze, de 12 livres de calibre, aux armes de France, nommé l'Agissant, pesante 2,960 liv., fondue à Douay, par Keleri Tiguro Helvetii, l'an 1680.

2-7. Six pièces d'artillerie de bronze, de 12 liv., aux armes de France, toutes six fondues à Douay, par Bérenger de Falize; la lre nommée l'Espahy, pesante 2,84-0 liv., l'an 1696; la 2e, nommée l'Horrible, pesante 2,720 liv., l'an 1699; la 3e, nommée l'Artiste, pesante 2,800 liv., l'an 1696; la 4e, nommée la Iiabillardc, pesante 2,950 liv., l'an 1697; la 5e, nommée le Questeur, pesante 2,840 liv., l'an 1696, et la 6e, nommée le Chalumeau, pesante 2,940 liv., fondue l'an 1699.

8-9. Deux pièces d'artillerie de bronze, de 12 liv., aux armes d'Hollande; la lre pesante 3,740 liv., fondue à Rotterdam, par Ouderogge, l'an 1703; la 2e, pesante 3,635 liv., fondue à La Haye, par Nieupoort, la même année.

10-12. Trois pièces d'artillerie de bronze, de 10 liv., aux armes d'Espagne : la l«"e, fondue à Bruxelles, par Jean Sithof, l'an 1627, et pèse 2,298 liv.; la 2e, fondue à Malines, par Jean Sithof, l'an 1634, et pèse 2,550 liv., et la 3e, pareillement fondue à Malines, par Jean Sithof, l'an 1634, et pèse 2,525 liv.

15-17. Quatre pièces d'artillerie de bronze, de 8 liv. de calibre, aux armes de France, toutes quatre fondues à Douay : la 1™, nommée le Carme, l'an 1689, par Kelleri Tiguro Helvetii, et pèse 2,040 liv.; la 2e, nommée le Mineur, fondue Tan 1697, par Bérenger de Falize, et pèse 2,110 liv.; la 3e, nommée le Marmouset, Tan 1690, par Keleri Tiguro Helvetii, et pèse 2,090 liv.; la 4e, nommée l'Opposant, fondue Tan 1690, par Kelleri Tiguro Helvetii, et pèse 2,1 10 liv.

18-21. Trois pièces d'artillerie de bronze, de 5 liv., aux armes d'Espagne, toutes trois fondues à Matines :1a lre, pesante 2,210 liv., l'an 1701, par Bartholomé Caulliats; la 2e, pesante 2,130 liv., fondue l'an 1699, par le même maistre; et la 3e, pesante 2,132 liv., fondue l'an 1672, par Jean Caulhals.

22-36. Quinze pièces d'artillerie de bronze, de 4 liv., aux armes de France, toutes fondues à Douay :1a lre, nommée la Princesse, l'an 1689, par Kelleri Tiguro Helvetii, et pèse 1,293 liv,; la 2e, nommée le Suspect, l'an 1696, par Bérenger de Falize, et pèse 1,130 liv.; la 3e, nommée le Rossignol, l'an 1693, par Kelleri Tiguro Helvetii, et pèse 1 ,370 liv. ; la 4e, nommée la Joalière, l'an 1702, par B. de Falize, et pèse 1,283 liv.; la 5e, nommée l'Enguillc, et est une courte pièce fondue, l'an 1676, par Kelleri Tiguro Helvetii, et pèse 870 liv.; la 6e, nommée la Sagesse, l'an 1703, par B. de Falize, et pèse 1,250 liv.; la 7e, nommée le Canard, fondue par B. de Falize, Tan 1702, et pèse 1,306 liv.; la 8e, nommée l'Écervelê, fondue parB. de Falize, l'an 1696, et pèse 1,177 liv.; la 9e, sans nom, fondue l'an 1676, par Keleri Tiguro Helvetii, et pèse 1,320 liv.; la 10e, pareillement sans nom, et est une courte pièce fondue, l'an 1676, par Kelleri Tiguro Helvetii, et pèse 837 liv.; la 11e, nommée la Truitte, et est une courte pièce comme la précédente, aussi fondue par le même maistre, la même année, et pèse 870 liv.; la 12e, nommée la Capacité, fondue, l'an 1703, par B. de Falize, et pèse 1,270 liv.; la 13e, nommée la Valeur, fondue par le même maistre l'an 1702, et pèse 1,269 liv.; la 14«, nommée l'Abandonné, fondue, l'an 1694, par Kelleri Tiguro Helvetii, et pèse 1,317 liv.; et la 15e, nommée le Plongeon, fondue, l'an 1694, par Kelleri Tiguro Helvetii, et pèse 1,190 liv.

37-41. Cincq courtes pièces d'artillerie de bronze, de 4 liv., aux armes de France, à trois coups, pesant : la lr«, nommée les Trois Marie. 979 liv.; la 2e, nommée le Trident, 995 liv.; la 3e, nommée la Déesse Hécate, 931 liv.; la 4e, nommée les Eveillées, 956 liv.; et la 5e, nommée la Chimère, 1,000 liv.; toutes cincq sans aucune marque du lieu ni de l'année de leur fonte.

42-46. Six pièces d'artillerie de bronze, de 3 liv., aux armes d'Espagne :

la ire, marquée Ex"> sur le second renfort, fondue à Bruxelles, par Lambert Borguerinx, l'an 1672, et pèse 1,104 liv. ; la 2e, marquée Ex<-<> sur le second renfort, fondue à Bruxelles (1), par Jacobus Perdrix, l'an 1672, et pèse 1,038 liv.. la 5e, marquée Exi0 sur le second renfort, fondue à Bruxelles, par Lambert Borgerinx, Tan 1672, et pèse 1,065 liv.; la 4e, fondue à Malines, par Jean Cauthals, l'an 1658, et pèse 1,068 liv.; la 5e, marquée Exl° sur la platte bande de la culasse, fondue à Malines, par Jean Cauthals, l'an 1672, et pèse 1,062 liv.; la 6*, marquée Exl° sur le second renfort, fondue à Bruxelles, par Lambert Borguerinx, l'an 1672, et pèse 1,075 liv.v

47-48. Deux pièces, de 3 liv., aux armes de France, toutes deux fondues à Douay, l'an 1676, par Kelleri Tiguro Helvetii; la lre, nommée le Gefin, pesant 980 liv., et la 2e, sans nom, 880 liv.

49-50. Deux mortiers de bronze, aux armes de France, d'environ 13 pouces de diamètre ou 75 liv. steens [de pierres], tous deux fondus à Douay, par B. de Falize : le 1er, pesant 1,804 liv., l'an 1702, et le 2«, pesant 1,500, l'an 1698.

51-52. Deux mortiers de bronze, aux armes d'Hollande, d'environ 12 pouces de diamètre ou 50 liv. steens, tous deux fondus à La Haye, par Nieport, l'an 1703, et pèsent, le 1er, 2,450 liv., et le 2e, 2,360 liv.

53-56. Quatre mortiers de bronze, aux armes de France, nommez mortiers royals, de 6 1/2 pouces de diamètre, sans aucune autre marque que celle de leurpoid, comme s'ensuit: 252 liv., 249 liv., 247 liv. et 238 liv.

57-60. Quatre hauwits ou obus de bronze, aux armes d'Hollande, tous fondus à La Haye, par Niepoort : les deux premiers, l'an 1692, et pèsent 990 liv. et 965 liv., et le 3e, pesant 1,000 liv., fondu l'an 1694, et le 4e, pesant aussi 1,000 liv., fondu l'an 1703.

61-72. Douze petits mortiers de fer à la Cohorne de 16 livres ou de 5 1/4 pouces de diamètre, montez sur leur bloc de bois. »

(1) Dans une copie de cet inventaire, on lit: Valencicnncs.

§ 66. Protecteurs et amateurs des arts, des sciences

et des lettres.

Sommaire : Charles-Eugène, duc de Wurtemberg. — Achats de tableaux, de médailles, etc. — Gratifications à des écrivains, à des peintres, à des musiciens, etc.

Charles-Eugène, duc de Wurtemberg, — naquit le 1 1 février 1728. Neuf ans plus tard il entra en possession du duché, qui fut administré par sa mère jusqu'à sa majorité. A seize ans, l'empereur Charles VI le déclara majeur. Ce prince fît fleurir l'agriculture dans ses États, établit des fabriques de différentes espèces, ouvrit au commerce des relations nouvelles, modifia les lois, protégea et développa les universités de Tubingen et de Stuttgart, et créa une bibliothèque publique dans cette dernière ville. Il mourut sans postérité en 1793, emportant dans la tombe, disent les historiens, les regrets et les bénédictions de tous ses sujets.

Les Archives du royaume, à Bruxelles, possèdent un petit registre in-folio, intitulé : Spécification de la dépense faite et déboursé pour Son Altesse Sérénissime le jeune duc deWirtemberg, etc., par ordre de monsieur son gouverneur le baron de Montlèon à Stouttgard. Nous avons fait de ce volume divers extraits qui établissent que le jeune duc de Wurtemberg montrait dès son enfance un goût prononcé pour les arts, les sciences et les lettres. Nos extraits se rapportent aux années 1740 et 1741, ils mentionnent un assez grand nombre d'écrivains, d'artistes, de poëtes, de musiciens, etc.; ces détails viendront grossir peut-être la somme de renseignements que l'on possède en Allemagne, et nous avons cru faire chose utile en les insérant dans notre recueil.

1740. « Donne pour des vers que le Sr de Long présenta à Son Altesse sur le renouvellement de Tannée: 3 ducats.

A un sourd et muet qui a peint S. A. à la plume et fait des vers sur la nouvel année : 4 R. 40.

Au musicien Feftz pour des vers écrit: 4-10.

Païé à Mr de Sanderaat pour deux tableaux : 200.

Donné à un nommé Clet, écrivain à la chansellerie, qui a présenté une requette et un livre à S. A : 4-10.

Paie à Thunger uue médaille de cuivre: i.

Au père Hermineguild, capucin, pour un livre à dire la messe venant d'Ausbourg : 4-10

Paie au peintre Crote pour six tableaux sur de la glace que S A. la duchesse a eu de présent: 50.

Donné pour des vers de Chrislianne-Ernest Wilig, de Louisbourg : 6-20.

Pour des vers de Mr Roor d'Eslingen: 6-20.

Pour des vers du capitaine Riediger et un slampe : 9-20.

Pour des vers du Sr de Long : 9-20.

Paie au peintre Ferardiny pour deux tableaux et avoir doré un cadre pour* l'église : 25.

Paie au secrétaire Pferinger pour trois médailles d'argent: 12-30.

Lorsque S. A. a mis la premierre pierre au casernes à Stouttgard, donné pour mettre dans le creu de la pierre une Caroline, une demi-caroline, un quart de Caroline et deux demi-florins: 17-12.

Paie à la peintre d'Ausbourg cincqs portrais, le premier a 6 ducats et les autres à 4 ducats : 93.

Donné pour des vers venant de Miltingen d'Ernest-Frédéric Kielbourg : 2 ducats.

Donné pour des vers du Sr Vagner, de Merckling : 8-30.

Païé au Sr Pferinger un porlrai en mignature de S. A par la peintre d'Ausbourg: 23-42.

Païé au maître de chapel Hartd pour une petite viole d'amour que S. A. fit présent à Mr de Gourcy: 50.

Païé un portrai de S. A. le duc Charle-Alexandre : 14.

Donné pour assister à rebâtir l'église de Lonnsingen au bourgemaîlre : 100.

Païé au peintre Bauer quatres portrais, un de S. A., deux à mettre des testes et un autre du feu duc Alexandre: 48.

Au mesme peintre, pour un crucifix qu'il a fait présens à S. A. : 18-40.

Donné au musicien Hechc, pour un chapeau qu'il a perdu dans l'antichambre de S. A. : 7-30.

Donné pour boire à la comtesse d'Hechquingcn {sic) qui apporta un tableau à S. A. et autres choses : 7-30.

Donné pour boire au messager d'Hechquingcn qui apporta ce tableau: 2.

Donné à un religieux passant qui fil présent d'un livre à S A., étant avec un paseport de l'empereur : 6 ducats.

1741. Donné pour des vers qu'on présenta à S. A., de Majer, d'Esling : 4-45.

Paie à l'orfèvre Moreau pour deux médailles, une d'or : 52.

Paie à un peintre qui a peint deux portrais pour S. A. : 50.

Payé à Godet pour avoir netoïé trois tableaux : 7-30.

Donné au maître organiste Stirle : 12-30.

Paie au peintre Weisbrode, pour avoir doré un cadre pour le portrait de S. A. le duc Charle-Alexandre : 14.

Pourdouzes médailles d'argent au sieur Egler: 75.

Paie un cadre de portrai de S. A. le duc Charle-Alexandre : 8-20.

Au peintre Kleine, pour un portrait qu'il a fait de S. A. (une copie) : 34.

Pour des vers de Philippe Keller, de Tubingen : 5.

Pour des vers et un livre du secrétaire Biirck: 6.

Pour une copie en mignature du feu duc Charle-Alexandre : 20.

Paie au juif Drach, pour deux médailles : 3-30.

Donné pour des vers qui furent présenté à S. A. de Jean-Frédéric Hiller, théologien : 4-40. »

§ 67. Écrivains, chroniqueurs , historiographes , etc.

Sommaire .• Christine de Pisan. — Bertrand de la Broicquière. — Jean Mansel. — Liévin Stuaert, relieur brugeois — Ad. de Wiele. — H.-C. Agrippa.

— L. Goethals ou Panagathus. — J. et P. Oudegherst. — Josse Damhoudere. — Martin Snouckaert. — Ch. et Ph. de l'Espinoy. — Gérard Sacré.

— Fr. Haraeus ou Verhaer. — P. Beaucourl de Noortvelde. — J. Ermens.

Christine de Pisan. — Mr le comte de Laborde a publié dans les Ducs de Bourgogne, Preuves, t. Ier, p. 16, n° 63, un extrait d'un compte de 1406 qui concerne les rapports de cette femme célèbre avec les ducs Philippe le Hardi et Jean sans Peur. Voici une note qui nous apprend que Christine de Pisan présenta, le 18 mai 1408, un magnifique volume à Antoine de Bourgogne, duc de Brabant et de Limbourg, et qu'elle reçut de ce prince une gratification de 20 livres.

Mr Kervyn de Lettenhove a consacré à Christine de Pisan un long chapitre dans son Froissart (t. 1er, p. 307).

« Ende jouffrouwen Kerstinen van Pizan, woenende te Parys, dewelc Minenheere gepresenleert had eenen altescoenen boec , bi ghiften hair gedaen den xviijen dach van der maent van meye (xiiijc viij) (1). »

De la Broicquière (Bertrand), — gentilhomme natif de la Guyenne, seigneur de Vieux-Château, est l'auteur d'une relation de voyage en Orient, qu'il exécuta par ordre de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, en 1432, dont il était alors conseiller et premier écuyer tranchant. Voici quelques notes pour servir à la biographie de ce seigneur. Au mois d'octobre 1441, Philippe le Bon lui confia les fonctions de capitaine et écoutète de la ville de Gouda. Le 25 septembre 1444, après le décès du seigneur de Commines, il fut mis en possession de l'office de capitaine du château de Rupelmonde. Voici une aventure qui lui arriva pendant qu'il oc-, cupait cette dernière charge. Il « avoit, par ses serviteurs, » archiers et gens de guerre, le lundi devant le Penlhecouste » m cccc xlix, fait prendre » Henri de Blyterswyck, marchand allemand, qui s'imaginait avec raison, qu'en vertu des privilèges accordés à la nation allemande en Flandre, il pouvait y faire le commerce des draps d'Angleterre. L'arrestation avait eu lieu « sur le terrouoir de Waze,sur le pas- » sage de l'EscauIt pour aler de Flandre à Anvers. » Bertrand de la Broicquière a l'avoit fait mener au chastel de » Rupelmonde et illec l'avoit mis et fait tenir es fers comme » ung larron ou meurtrier; lui avoit osté de fait et de force, » sans cognoissance ou jugement de loy, une tasse où il avoit » xiiij nobles d'Engleterre, de v estrelens pièce, ij livres de » gros de Flandres et xlj solz de gros. »

Malgré les réclamations du marchand, le capitaine du château de Rupelmonde ne voulut pas le relâcher même sous caution. Cependant un négociant de Cologne, ami du pri-

(1) Registre n° 2394 (1408-1409) delà chambre des comptes, aux Archives du royaume.

sonnier, promit de payer les 50 écus d'or que réclamait B. de la Broicquière, sous timbre ou prétexte de dépenses de nourriture faites par H. de Blyterswyck, pendant cinquante jours de détention. Quatre marchands du pays de Flandre interposèrent leurs bons offices, et le prisonnier fut mené sous bonne escorte à Bruges; mais n'ayant pas su se procurer la somme demandée par son geôlier pour son élargissement, il fut conduit au château de Nieuport qui était aussi confié à la garde de B. de la Broicquière, et ne put être mis en liberté qu'en vertu d'une ordonnance du conseil du duc de Bourgogne, du 2 août 1449, et moyennant une caution de 3,000 écus d'or. Le marchand en appela alors à Philippe le Bon, qui, par sentence rendue à Bruxelles, en son grand conseil, le 20 mars 1452 (n. st.) seulement, renvoya le capitaine de Rupelmonde de la plainte portée contre lui, en ordonnant toutefois la restitution au plaignant des objets qui lui avaient été pris, et condamnant ce dernier à payer 200 écus d'or, de 48 gros de Flandre, au profit du duc (i). Singulière justice de monseigneur de Bourgogne !

« Audiencier et contrôleur de nostre chancellerie, délivrez franchement à nostre amé et féal conseiller et escuïer trenchant Bertrandon de la Broquiére, deux lettres des offices de capitaine et escoutète de nostre ville de la Goude, que nagaires nous lui avons donnez. Fait à Hesdin, le xxiije jour d'octobre mil cccc xlj, Puelippe (2). »

Deux exemplaires, dont un avec enluminures, clu Voyage de Bertrand de la Broicquière, existaient dans la librairie des ducs de Bourgogne en 1467 (3); on retrouve le plus beau

(1) L'original de cette senlence où sont consignés tous ces détails, existe dans la collection des acquits des comptes de la recette générale des finances, aux Archives du royaume.

(2) Original, dans la collection des acquits des comptes des droits du grand sceau, ibidem.

(3) Barkois, Bibliothèque prolypographiqnc, nos 1525-1320 et 1752.

mentionné dans les inventaires de 1 577 et de 1 797 (i) : il a disparu depuis. Van Prael (2) et Barrois (3) attribuent cette copie à Jean Miélot. Voici le titre que l'inventaire de 1487 lui donne et la description qu'il en fait: « Un grand volume ©couvert de cuir noir, atout deux cloans de léton et cinq » boulons sur chascun costé, historié et intitulé : Ce twtftge »îre ©ultre-mer in rog |Jl)tltfpc ire ttatob, et le ratage »!3ertrattî>0n ire la fJracqutère; commencbant au second «feuillet : Be toutes $ax& gens, et finissant au dernier : »3e supplie jqu'tl nte &oit par&omté. »Van Praet a transcrit, dans sa Notice sur Colard Mansion, le commencement de ce voyage, où l'auteur fait connaître son Ifeu de naissance, ses titres et qualités, et déclare que c'est le duc Philippe le Bon qui lui a ordonné de rédiger ses notessous forme de narration.

Le Voyage de Bertrand de la Broicquière est un document très-important : notre savant ami Schayes se proposait de le publier d'après la copie qui en existe à la Bibliothèque impériale, à Paris. Mr le comte de Laborde en a aussi annoncé la publication depuis 1849 (4). Ce voyage a été entrepris par ordre de Philippe le Bon, dans un temps où ce prince avait l'intention de faire une expédition contre les Turcs.

Mansel (Jean). — Le nom de l'auteur de la Fleur des histoires, volumineuse compilation qui n'a jamais été livrée à l'impression, est parfaitement établi, puisqu'il s'est chargé lui-même de l'apprendre au lecteur. En effet, à la fin du

(!) Marchai,, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de Bourgogne, t. 1er, p. 2j2.

(2) Notice sur Colard Mansion, p. 118.

(3) Loc. Ci/., p. ii.

(i) Les Ducs de Bourgogne, Preuves, t. Ier, p. ex, noie.

manuscrit n° 9232 de la Bibliothèque de Bourgogne, on lit dix strophes qui renferment tout le secret, c'est-à-dire le nom de l'écrivain et le titre de l'ouvrage. Jean Mansel a pris soin d'en donner la clef, car ces strophes sont suivies d'autres vers, qui ont été publiés, du reste, par le baron de Reiffenberg (i), et que nous jugeons inutile de reproduire ici, dans lesquels il dit qu'il faut prendre la première lettre de chacun de ces vers, les assembler, et que leur réunion offre ce quatrain qui termine les essais poétiques de l'auteur:

« Jehan Mansel composa ce livre, Nommé des Histores la Fleur.

Celuy qui de tous les maulx délivre Lui soit loïer de son labeur. »

L'auteur du Catalogue de la Bibliothèque du duc de la Vallière, qui fut vendue en 1784, dans une annotation à la suite d'un exemplaire incomplet de la Fleur des Histoires (Supplément, n° 4563), avança que Jean Mansel était de Hesdin, et qu'il avait compilé cet ouvrage par ordre de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, auquel il le présenta. MM. A. Leglay (2) et Paulin Paris (3), entre autres, ont accepté cette opinion. De la Serna (4) a cru que la composition de la Fleur des Histoires remontait, selon loule apparence, au temps du duc Philippe le Hardi, et a puisé la preuve de cette assertion dans l'inventaire des livres de Jean, duc de Berry et d'Auvergne, où il est fait mention d'un volume portant le même titre, qui lui fut donné par son frère le duc de Bourgogne. Le baron de Reiffenberg a adopté celte dernière version, et a cherché à l'appuyer par le texte même de Jean Mansel, dont les dernières lignes se

(1) Nouvelles Archives historiques des Pays-Bas, t. VI (1832), p. 2.

(2) Catalogue des manuscrits de Cambrai, n° 763.

(3) Les manuscrits françois de la Bibliothèque du Boi, t. Ier, p. 59.

(4) mémoires sur la Bibliothèque dite de Bourgogne, p 10.

rapportent, d'après lui, à l'année 1597. Mais il y a là une erreur, dont voici la source.

L'Inventaire des livres de Jean, duc de Berry, qu'a publié Barrois, en 1830 (i), mentionne la Fleur des histoires de la terre d'Orient, qui est un ouvrage tout différent (2); une annotation de 1416 dit que ce volume fut donné au duc en 14-02, par Philippe le Hardi, et en effet ce livre figure dans l'inventaire delà bibliothèque de ce dernier prince (3). On retrouve le même ouvrage(n° 426) dans la bibliothèque du Louvre, sous Charles V, dont l'inventaire, fait en 1373, a été publié en 1836.

Jean Mansel était véritablement de Hesdin, et cette particularité n'avait pas échappé à Jean Senebier, dans son Catalogue raisonné des manuscrits de la Bibliothèque de Genève, imprimé en 1779, par conséquent avant la vente * des livres du duc de la Vallière. Il rapportée la p. 327 un extrait du prologue du premier volume de la Fleur des Histoires, que l'on conserve à Genève, et qui est conçu en ces termes : « Cy commence le livre, intitulé : la Fleur de toutes » histoires, compilé par honnorable homme Jehan Mansel, »de Hesdin, au commandement de très-hault et très-puis- »sanl prince Philippe, duc de Bourgoigne, etc. » On lit encore dans le Catalogue d'une partie des livres composant la Bibliothèque des ducs de Bourgogne, par Mr G. Peignot, dont la première édition fut publiée en 1850, et la seconde en 1841 (4) : la Fleur de toutes les Ystoires compilée par Jehan Mensel, de Hesdin, enrichie d'ymaiges, fait au com-

(1) Bibliothèque protypographique, p 90.

(2) Inventaire ou catalogue des livres de l'ancienne Bibliothèque du Louvre, fait en l'année 1373, par Gilles Mallet, p. 82; — Peignot, Catalogue d'une partie des livres composant la Bibliothèque des ducs de Bourgogne, etc. Dijon, 1841, p. 45.

(3) Peignot, Loc. cit.

mandement de Philippe le Bon, en 1430; gros vol. in-fol. sur vélin. Avant de passer outre et de fournir de nouvelles preuves que Jean Mansel était de Hesdin, en Artois, patrie de David Aubert et de différents autres compilateurs, scribes, traducteurs et enlumineurs qui furent au service des ducs de Bourgogne, nous devons consigner ici une observation que nous a suggéré l'examen d'un grand nombre de catalogues descriptifs de bibliothèques d'Europe, c'est qu'il n'existe à peu près nulle part un exemplaire complet de l'œuvre de Mansel, pas plus à Bruxelles et à Paris, qu'à Copenhague (i), à Gand (2), à Genève, à Cambrai, à Mons, etc. : tous sont défectueux. La librairie du duc de Bourgogne en possédait les quatre volumes, en 1467 (3), et l'inventaire de la librairie de Marie, reine douairière de Hongrie, dressé en 1559, après sa mort, en mentionne un exemplaire magnifique en cinq volumes, et d'autres dépareillés (4). Dans la bibliothèque du professeur Lammens (s), qui a été vendue à Gand, en 1 839, se trouvait un exemplaire en deux volumes, du XVe siècle, avec miniatures, et qui comprenait tout l'ouvrage; il a été adjugé 680 fr. à Mr Polain, de Liège. Ainsi que l'a fort bien fait observer Mr le baron J. de Saint-Génois, il y a des intercalations, des appendices et des différences notables dans le texte de la plupart des exemplaires. Ce savant rappelle, en décrivant le manuscrit de la bibliothèque de Gand, que Mr Paulin Paris a consigné dans le t. Ier des Manuscrits de la Bibliothèque

(1) Abrahams, Description des manuscrits français de la Bibliothèque de Copenhague.

(2) B°nJ. de Saint-Geivois, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de Gand, p. 45.

(3) Barrois, Bibliothèque protypographique, nos 716-719 et 1501-1 504.

(4) Bulletins de la Commission royale d'histoire, t. X; notice de Mr Gaçhard, n°» 109, 127, 128, 129 et 104; les volumes dépareillés figurent sous les no" 271, 299 et 313.

(5) 2e partie, p. 403.

du roi, p. 65, le nom d'un Brugeois, Liévin Stuaert, qui a relié les deux premiers volumes d'un exemplaire de la Fleur des Histoires abrégée, ayant appartenant à Pierre II, duc de Bourbon, et dans lequel Mr Paulin croit reconnaître la main d'un des scribes des manuscrits employés par le seigneur de la Gruuthuyse. En tète de ces volumes, on lit :

Stuaert Ctemn

Mt lia ainôin

a Srugcs.

Dans le t. II (i) des Preuves de son livre : les Ducs de Bourgogne, Mr le comte de Laborde a inséré le texte d'une quittance de Hugues de Boulongne, peintre et valet de chambre de Philippe le Bon, datée du 12 juillet 1449, par laquelle il reconnaît avoir reçu de Jean Mansel, receveur de Hesdin, une certaine somme qui lui était due. Ce document provient des Archives du département du Nord, à Lille. Nous avons trouvé dans un registre des Archives du royaume une autre note qui confirme la précédente et qui vint nous remettre en mémoire cette première mention, à laquelle le savant écrivain français n'avait pris aucune attention, et nous rappeler le nom de l'auteur de la Fleur des Histoires; elle est ainsi conçue :

« (1470). A Jehan Mansel, nagaires receveur de Hesdin, la somme de iiijc xxv livres ix solz ix deniers à lui deue pour reste de son premier compte de la recepte du demaine du bailliage de Hesdin, d'une année finie à la Saint-Jehan Baptiste mil iiijc lxx (2). »

Nous nous sommes livré depuis à des recherches dans le dépôt de Lille, où est conservée la majeure partie des comptes du domaine de Hesdin. A partir du compte de l'année 1435-1436, on y trouve la mention de deux rentes

(2) Registre n° 1925, f° vc iiijxx x v°, de la chambre des comptes, aux Ar chives du royaume.

de 30 livres chaque, hypothéquées sur le domaine ducal, payables au profit de Jean Mansel et réversibles Tune sur Isabelle de Carnin, sa femme, et l'autre sur sa fille Isabelle (1). Le nom de ce Jean Mansel figure encore dans le compte de 1472-1473; le compte suivant ne mentionne plus que sa veuve; le même registre nous apprend qu'Isabelle Mansel était mariée à cette époque avec Jean Sacquespée (2).

Dans les comptes de la recette générale des finances de 1425 et de 1438, on rencontre le nom d'un certain Jean Mansel, habitant de Hesdin : il est difficile de décider si les deux mentions se rapportent à la même personne. Dans la première il est question d'un cheval qu'il vend au duc de Bourgogne, alors à Hesdin, pour le donner à un chevalier de Bohême (3), et la seconde est relative à la vente de six tasses d'argent qu'il fait au même prince, lequel en gratifie un écuyer du nom de David Rime (4). A peu près à la même

(1) « A Jehan Mansel, aux vies de lui et de demoisiel Ysabel de Carnin, sa » femme, et le derrenier vivant, tout tenant au xije de septembre: 1 livres.

» Audit Jehan Mansel, aux vies de lui et de demoisiel Ysabel, sa fille, et le » derrain vivant, tout tenant au xije de septembre : 1 livres. » (Registre n° H. 567, f° xlj v°, de la chambre des comptes; aux Archives du département du Nord, à Lille).

(2) Registre n° H. 573, ibidem.

(3)« A Jehan Mansel, demourant à Hesdin, la somme de lxxx frans, monnoye » royal, pour la vente d'un cheval de poil rouen que Monseigneur a donné à >< messire Jehan Teste de Chièvre, chevalier behaignon, chambellan de mon- » seigneur le régent de France, si qu'il appert par mandement de descharge » de Monditseigneur sur ce fait donné à Hesdin, le iiije jour de juillet l'an mil » cccc xxv. » (Registre n° F. 118, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille. Le double de ce compte existe aux Archives du royaume )

(&) « A Jehan Mansel, bourgeois de Hesdin, pour six tasses d'argent que » monseigneur le duc a fait prendre et achetter de luy et icelles données à » David Rime, escuïer, quant il vint devers Monditseigneur lui rapporter » nouvelles que les Angloiz venoient pour lever le siège devant Le Croloy, » par mandement donné en sa ville d'Arras, le xije jour de janvier l'an de

époque, en 142e>, Philippe le Bon avait confié à un nommé Julien Mansel, la surveillance des travaux qui s'exécutaient par ses ordres au château de Hesdin (i).

En 1437, nous trouvons un Jean Mansel, qui était procureur général d'Artois (2), et qui ne peut être le même que le Jean Mansel, bourgeois de Hesdin, car ces deux noms se rencontrent dans le même compte avec ces différentes qualifications.

En parcourant les comptes du domaine de Hesdin, nous avons rencontré le nom de Philippe Mansel, auquel on donne tantôt la qualification de a houpilleur de Monseigneur» , et tantôt celui de veneur d'Artois : il avait 8 livres de gros de gages par an, et recevait en outre 1 8 livres parisis « pour le » gouvernement de xij chiens courans qu'il a en garde et „ » gouvernement de sondit office (5). » Philippe Mansel fut démissionné de ses fonctions de « houpilleur, veneur et ra- » chasseur d'Artois », le 8 janvier 1468 (n. st.) et remplacé successivement par Philippe du Bos, seigneur de Boyefïles, et en 1471, par Jean de Rubempré, seigneur de Bièvre et d'Erquennes, tous deux chevaliers, conseillers et chambellans du duc de Bourgogne (4).

» grâce mil iiijc xxxvij : lxv liv. de xl gr. » (Registre n° F. 130, f° ij° xxxvj r°, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille).

(1) « A Julien Mansel, commis par monseigneur le duc à tenir le compte de «certains ouvrages que Mondilseigneur fait présentement faire en son chastel »> de Hesdin, la somme de mil frans, monnoye royal, ele , si qu'il appert par » mandement sur ce fait donné à Lille, le xiije jour de may Tan m cccc xxxv. -> (Registre n° F. 118, f° xlij v°, ibidem).

(2) « A maistre Jehan Manssel, procureur général d'Artois, pour voyaiges » par lui faiz pour les affaires de Monseigneur, pour ce par descharge faicle "le xxfi jour de may Tan mil iiijc xxxviij : xxx flor. de xxxij gr. » (Registre » n°F. 130 cité, f°xxr°. Ledoubledc ce compte existe aux Archivcsdu royaume.)

« A maistre Jehan Mansel, procureur général de Monseigneur en son pays • d'Artois, pour liiij jours commenchant le viije jour d'aoust mil iiijc xxxvij, » qu'il a vacquez à Lille, à Amiens et autres lieux pour les besoingnemens et » affaires de Mondilseigneur : eviij fl. de xxxij gr. >y (Ibidem, f° lxxj v°.)

(3) Registre n° II 571, f° xxvij v°, ibidem.

(4) Registres n° II. 572, f° xxv v° et n° II. 573, f° xxviij Y*, ibidem.

Dans l'extrait que nous avons inséré plus haut du compte de l'argentier de Charles le Téméraire, de 1470, Jean Manseï est qualifié de receveur de Hesdin; nous avons été assez heureux pour retrouver la commission de son successeur, signée le 10 août 1470, laquelle est transcrite en tête du compte de l'année 1469-1470, et qui nous révèle quelques particularités nouvelles, entre autres que Philippe le Bon supprima toutes les recettes du pays et comté d'Artois, et les réduisit à quatre seulement, savoir : Arras,Saint-Omer, Bélhune et Hesdin. Cette dernière recette fut alors confiée à Jean Mansel, qui avait le titre de conseiller, par lettres patentes, datées de Cité-lez-Arras, le 1 1 juillet 1 469, avec la recette des aides ordinaires et extraordinaires; d'autres lettres patentes du duc, données à La Haye, lui attribuent 140 livres parisis de gages par an. Il avait rempli les fonctions de receveur des aides d'Artois sous le règne de Philippe le Bon. Jean Mansel, dit le document dont nous parlons, était alors avancé en âge, et fut, sur sa demande faite à Hesdin même à Charles le Téméraire, remplacé par son clerc nommé Pierre de Saissy. Le rappprochement des dates nous fait supposer que l'époux d'Isabelle de Carnin dont nous avons parlé plus haut, et le receveur de Hesdin ne sont qu'un seul individu , et l'on peut donc sans hésiter placer la date de la mort de ce Jean Mansel entre le mois de septembre 1 473 et le mois de septembre de l'année suivante.

De nouvelles investigations établiront probablement un jour le rapport qui existe entre l'auteur de la Fleur des histoires et tous ses homonymes.

Mr A. Le Glay, dans son Catalogue de la Bibliothèque de Cambrai (n° 762), attribue aussi à Jean Mansel une des traductions qui existent de la vie de Jésus-Christ, écrite par Ludolphe de Saxe, prieur des Chartreux de Strasbourg, vers 1330. Nous n'avons trouvé le fait établi par aucun renseignement positif. C'est peut-être ce qui a conduit le

chevalier Marchai à mettre sous le nom de J. Mansel le beau manuscrit n° 9081 de la Bibliothèque de Bourgogne, qui est un volume in-folio, orné de grands et belles miniatures en grisailles, encadrées et rehaussées d'or, à la fin duquel on lit : Cp fine la table ires rnbrîcljes ire ce présent Itore contenant la partait, la résurrection et la »engance îm îrebannaire nastre saubenr et retrempteur iljesn-crist. Le même volume contient deux, sermons sur la passion et la résurrection du Christ, dont l'un est de Jean Gerson, chancelier de Notre-Dame de Paris; ils sont écrits de la même main, et également ornés de grisailles. Ce beau manuscrit date du règne de Philippe le Bon: on n'y trouve pas le nom de l'auteur auquel la première partie est attribuée.

« Charle, etc. A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Comme par aultres noz lettres pattentes, données en Cité-lez-Arras, le lïnzième jour de jullet mil cccc soixante-neuf, et pour les causes contenues en icelles, mesmement après ce que, par l'advis et délibéracion des gens de noz finances, et pour le bien, pourffit et utilité de nous et de nostre pays et conté d'Artois, eusmes aboly touttes les receptes particulières de nostredil pays et conté d'Artois, et icelles réduictes et mises en quatre receptes seullement, assavoir : Arras, Saint-Omer, Bétbune et Hesdin, nous eussions commis, ordonné et estably nostre amé et féal conseillier Jean Mausel en l'office de receveur de noz dcmaine et aydes, tant ordinaires que extraordinaires, de nostre ville de Hesdin et des appartenances et appendences, ensemble des aydes ordinaires et extraordinaires de la ville de Saint-Pol et partie des villaiges de la conté dudit Saint-Pol, aux gaiges que pour ce lui seroient par aultes noz lettres lauxés et ordonnés, et deppuis, par aultres noz lettres pattenles données en nostre bostel à La Haye, en Hollande, luy eussions tauxé et ordonné prendre et avoir de nous par ses mains des deniers de ladicle recepte pour les gaiges dudit office la somme de vij" livres parisis, monnoye royal, par an, et il soit ainsy que icclluy Jehan Mansel nous ait présentement fait remonslrer que, obstant son anchien eage et la foiblessect délibitalion de sa personne, il ne pourroit d'ores en avant vaquier ne entendre sy diligemment que meslicr scroitet que de bon cœur et voulenliers faire vouldroil, en l'exercice dudit office, en nous suppliant très-humblement qu'il nous plaise de nostre grûce commettre en son lieu oudit office nostre ami Pierre de Saissy, son clercq, lequel par longue es-

pace de temps, et mesmement du vivant de feu nostre très-chier seigneur et père (que Dieu absoille), a soubz luy exercé l'office de recepte des aydes ordinaires de nostredit conté d'Artois, et aussy depuis ledit office et recepte de Hesdin, et à ceste fin a résigniet et remiz en noz mains icellui office de la recepte de Hesdin; sçavoir faisons, etc. Donné en nostre chastel de Hesdin, le xc jour de aoust Tan de grâce mil cccc soixante-dix (1). »

De Wiele (Adrien), — était, en 1513, ainsi que nous l'avons dit au § 1er, maître d'école des enfants d'honneur de l'archiduc Charles : très-peu de temps après il devint le secrétaire de ce prince, ce qui est constaté par les documents suivants. On voit d'après ces pièces qu'Adrien de Wiele écrivit pour Marguerite d'Autriche les Illustrations de la Gaule, dont le premier volume fut achevé en 1 SI 4 et le second au commencement de l'année suivante. De Wiele les avait fait « alluminer » :1a princesse le gratifia d'une somme de 50 florins d'or du Rhin. Jean le Maire a fait imprimer, en 1510, 1512 et 1513, un ouvrage en trois volumes qui porte le même titre (2): ne serait-ce pas l'œuvre de J. le Maire que Marguerite d'Autriche aurait fait transcrire avec soin?

« Marguerite, par la grâce de Dieu archiducesse d'Austrice, etc., à nostre amé et féal chief et gouverneur général de noz demaine et finances, le seigneur et baron de Montenay et de Marnay, etc., salut et dileclion. Sçavoir vous faisons que nous, eu sur ce vostre advis, voulons et vous mandons par ces présentes que par nostre amé et féal conseillier, trésorier et receveur général de toutes nosdictes finances, messire Diégho Flores, vous faites païer et délivrer à nostre bien aimé maistre Adrian Wiele, secrétaire de monseigneur l'archiduc, mon neveu, la somme de cincquante florins d'or de Rin, du près de xxviij solz, pièce, de deux gros, monnoye de Flandres, le soit; laquelle somme luy avons accordée et ordonnée prendre et avoir de nous pour une foys pour et à cause du deuxiesme livre et volume des Illustrations de Gaulle qu'il a escrit et fait alluminer pour nous; laquelle somme voulons luy eslre païée à deux termes, assavoir : la moitié content et l'autre moitié quant il nous délivrera ledict volume patronné comme est le premier volume qu'il nous a cy-devant délivré,

(1) Registre n« H. 573 de la chambre des comptes , aux Archives du département du Nord, à Lille.

(2) Les illustrations de Gaule et singularilez de Troye.

auquel nostre trésorier et receveur général messire Diégho Flores ordonnons d'ainsi le faire et par rapportant au premier payement vidimus ou copie autenticque de cestes , signée de l'un de noz secrétaires, et quitance dudict maistre Adrian Wiele, et au second et dernier paiement cesdictes présentes et quitance souftïsante d'icelui maistre Adrian tant seullement. Nous voulons ladicte somme de cincquante florins d'or de Rin , et pour la cause que dessus estre passée et allouée es comptes et rabatue de la recepte d'icelui nostre trésorier et recepveur général messire Diego Flores par noz aimez et féaulx les commis ou à commettre de par nous à l'audition de cesdiets comptes, ausquelz mandons aussy par cesdictes présentes que ainsi le facent, Sùns aucun contredit ou difficulté; car ainsi nous plaist-il, nonobstant quelzconcques ordonnances, restrinctions, mandemens ou deffence à ce contraires. Donné en la ville de Brucelles, le xvije jour dumoys de novembre l'an de grâce mil cincq cens et quattorze. » »

« Je Adrian VVillen, secrétaire de mon très-redoubté seigneur monseigneur le prince d'Espaigne, confesse avoir receu de Diego Flores, trésorier et receveur général de madame l'archiducesse d'Austrice, douaigière de Savoye, etc., la somme de vingt-cincq florins d'or de xxviij solz, de deux solz-monnoye de Flandres pièce, qui reviennent à la somme de trente-cincq livres à cause de cincquante desdicts florins d'or que madicte dame, par ses lettres patentes en date du xvijejourde novembre xvc quatorze, luy a ordonné prendre et avoir pour une foiz, à cause du doiziesme livre et volume des Illustrations de Gaulle, que j'ay escript et fait alluminer pour madicte dame, a en estre payé h deux payemens assavoir : la moictié comptant et l'autre moictié quant il délivrera ladicte volume patronnée comme il appartient, et ce icy pour le premier payement, etc. Le vje jour de février anno xvc xv. De Wiele (1). »

Agrippa (Henri-Corneille). — (Voy.§\er). — Nos recherches nous ont fait découvrir les lettres patentes, datées de Bruxelles, le 29 décembre 1529, par lesquelles Charles- Quint élève H.-C. Agrippa aux fonctions de conseiller indiciaire et historiographe, et d'autres lettres patentes du même prince, qui lui accordent une pension annuelle de 200 livres, de 40 gros la livre. Ces dernières sont également datées de Bruxelles, le 22 décembre 1551; nous en avons extrait ce passage : « Ouquel [cslat d'indiciaire] l'avons re-

(1) Ces deux documents existent aux Archives du royaume.

» tenu, — dit l'empereur, — à charge de mettre et rédiger » par escript les faiz et autres euvres louables que puis sa » retenue auparavant et depuis sadicle retenue se sont faiz » et se feront parles princes et autres vassaulx, capitaines, » gens de guerre de noz royaulmes, pays et seignouries et » autres qui nous ont servy et serviront en noz guerres et » autres noz affaires et qui viendront à sa cognoissence et » dont il fera deue et dilligente inquisition. »

« Charles, etc. A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Savoir faisons que pour le bon et louable rapport que fait nous a esté de raessire Henricus-Cornelius Agripa, docteur es deux droiz, chevalier, et de ses sens, souffîsance, littérature et expérience en fait de croniques et histoires, nous icellui avons retenu et retenons par ces présentes nostre conseillier indiciaire et historiographe, en lui donnant plain povoir, auctorité et mandement espécial dudit estât d'ores en avant tenir, exercer et desservir, tenir bon, vray et juste recueil et registres de tous actes et fortunes dignes de mémoire qui adviendront à nous et à noz successeurs, et généralement de faire bien et deuement toutes et singulières les choses que bon et léal indiciaire et historiographe dessusdict puet et doit faire, etc. Donné en nostre ville de Bruxelles, le xxixe jour de décembre l'an de grâce mil cincq cens vingt et neuf (1). »

Goethals ou Panagathus (Liévin). — Nous avons établi (§ 1er) que cet écrivain, auquel Paquot donne les qualifications de greffier de la chambre impériale et héraut d'armes pour la Flandre, composa, en 1 538, un tableau généalogique de la descendance de l'empereur Charles-Quint, ouvrage resté inconnu au savant auteur des Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des Pays-Bas (2) que nous venons de citer. Voici la quittance de Panagathus relative au payement de la somme de 100 livres qui lui fut accordée pour ce travail, et une autre quittance du même, dans laquelle on lit qu'il a écrit sur parchemin l'original du traité de Venlo, conclu, en 1543, entre Charles-Quint et le duc deClèves.

(1) Ces lettres patentes et celles de 1531 existent dans la collection des acquits des complcsdc la recette générale des finances, aux Archives du royaume.

(2) T. XVI, p. 295.

« Je Liévin Panagathus, maistre d'escole des paiges d'honneur de la roync régente, etc., confesse avoir receu la somme de c livres de Flandres, que, par le commandement de la royne et de messeigneurs des finances, il m'a esté baillée pour samblable somme qu'ils m'ont tauxé et ordonné tant pour les paines que j'ay fait en la description de la généalogie de l'empereur et de ladicte royne, comme pour l'avoir fait éluminer pour envoyer audict seigneur empereur. Tesmoing mon seing manuel cy mis le xxe jour de décembre xvc trente-huyt. L. Panagathus. »

« Je Liévin Panagathus confesse avoir receu la somme de xxiiij livres de Flandres que messeigneurs des finances m'ont tauxé et ordonné prendre et avoir pour mes paines et sallaire d'avoir escript et grosse en parchemin le traictié naguerres fait entre l'empereur et le duc de Clèves. Le iiije jour de janvier xyc quarante-trois (1). »

Oudegherst (Jean et Pierre). — (Voy. % 56). — Le manuscrit n°6498 de la Bibliothèque de Bourgogne, à Bruxel- % les, contient entre autres quinze pages d'une écriture du XVIIe siècle, qui portent pour titre : « Briefve instruction » pour ceux qui se veulent façonner de la practique judi- » ciaire, observée en matière civile es cours de Flandre, » d'Artois et autres de l'obéissance de l'empereur; extraite des » notes de Jean Oudegherst, lieutenant général es bailliages » de Tournay et Tournésis, l'an 1550, trouvées jointe aux » couslumes desdits bailliages escrites de sa main. »

Dans le t. VI, p. 304, des Annales du Hainaut, de F. Vinchant, publiées par la Société des Bibliophiles de Mons, Mr le vicaire général Descamps, l'éditeur de cet important ouvrage, a inséré une épitaphe en vers latins du comte Baudouin de Mons, mort en 1070, et signée: Oudegherst. C'est au véritable auteur des Annales de Flandre qu'il faut l'attribuer, et non à son fils Pierre. Celui-ci, malgré les déceptions qu'il a dû éprouver en Autriche, en 1 572, et le peu de protection qu'il avait trouvé aux Pays-

(1) Ces deux documents existent en original dans la collection des acquits des comptes de la recette générale des finances, aux Archives du royaume.

Bas, parvint pourtant, beaucoup plus tard il est vrai, en 1588, à y être renvoyé par Philippe II, avec une mission officielle : c'est ce que prouve la pièce suivante, dans laquelle il semble vouloir donner le change sur les motifs de sa longue absence. Dans cette pièce on lit que ses créanciers (l'imprimeur Plantin était probablement du nombre), qui l'avaient forcé à s'expatrier en 1 572 , n'avaient pas oublié le nom et la physionomie de leur débiteur : aussi P. Oudegherst s'adresse-t-il au prince de Parme afin d'obtenir un sursis de six mois que lui accorda le conseil privé, le 15 novembre 1588, et dont il demanda la renouvellement en mai et en novembre 1589.

1 . « A Son Altèze remonstre très-humblement Pierre d'Oudegheerste, natif de Lille, comme, pour avoir esté quatorze ou quinze ans hors de ce Pays-Bas, au service de Sa Majesté et le bien publicq, seroit esté en plusieurs debtes desquelles il en auroit payé aulcunes, mais comme les moyens pour le présent luy défaillent pour payer le surplus, et qu'il seroit envoyé par-deçà d'Espaigne par Sa Majesté et remis parVostre Altèze pour traicté avec les consaulx de finances et privé desdictes affaires, de manière qu'il ne seroit raisonnable qu'il fust précipité par ses créditeurs pendant le temps qu'il traiclera ses négoces par deçà; supplie partant que Vostre Altèze soit servye luy accordé lettres d'atlermination au moings pour et durant l'année advenir, affin que durant Iedict temps il ne soit inquiété ou molesté par sesdictz créditeurs pour aulcunes debtes faictes tant devant son parlement que depuis le temps de son absence et retour, etc. »

(Apostille). « Soit ceste envoyée à messieurs du conseil privé afin de favorablement y ordonner en considération de l'importante cause pour laquelle il est icy venu envoyé de Sa Majesté pour son service. Faict au camp devant Berghes, ce 7 de novembre 1588. »

2. « Bemonstre en toute humilité Pierre d'Oudegherste qu'en considération qu'auroit pleut à Vostre Majesté l'envoyer par-dechà pour affaires grandement concernantz son service et de ces povres provinces, et que pour cest effet il auroit longtemps travaillé et faict plusieurs très-grandz despens, Vostre Majesté se seroit inclinée à luy faire donner lettres d'altermination, etc. (1). »

(1) Ces documents existent dans la collection des papiers d'Etat et audience, liasses, aux Archives du royaume.

Damhoudere (Josse), — c'est ainsi qu'il avait l'habitude designer, fut un de nos plus célèbres jurisconsultes. Nous avons recueilli, d'après des documents authentiques, quelques dates pour compléter sa biographie. 11 fut nommé greffier de la vierschare ou tribunal des échevinsde Bruges (i), vers la fin de l'année 1 538 ou en 1539, aux gages de 25 livres de gros par an. Charles-Quint l'appela aux fonctions de conseiller et commis des finances, par lettres patentes datées de Bruges, le 31 décembre 1551 (2), pour remplacer Laurent Longin qui avait été nommé trésorier général des finances.

« Meester Joos Dhamhoudere, greffier van der viersschaere, van vier maenden en half dat hy, doe ghenomen wesende in den raedt ende als commys van den financie van den keyserlicke Majesteyt, orlof nain ende ontseghen wierdt van den dienst deser stede, naer advenance van xxv liv. gr. 's jaers, ende meester Marcq Van den Velde, ghecommen in zyn stede (3). »

« Je Josse Damhoudere, naguères pensionnaire de la ville de Bruges, et présentement conseillier et commis des finances de l'empereur, confesse avoir receu la somme de iiijc xxxix livres iiij solz, de xl gros de Flandres, que deue m'estoit à cause de xlviij solz, que ledict seigneur empereur, en vertu de ses lettres patentes données en sa ville de Bruges, le dernier jour de décembre xvc cincquante-ung, m'a ordonné , octroïé et accordé de gaiges par chascun jour à cause de mondict estât de conseillier et commis desdictes finances, auquel estât et office vacant par la promotion de maistre Laurens Longin à Testât de trésorier général d'icelles, Sadicte Majesté m'a retenu, commis et establi pour icelui d'ores en avant tenir et exercer de avecq les chiefz et autres commis desdictes finances entendre à la garde, conservacion et augmentation du demeine et autres droictures de Sa Majesté, et conséquament à la consultacion, délibéracion et expédition des matières et affaires qui surviendront et se traicleront au bureau desdictes finances , de signer et vériffier toutes lettres et

(1) Bcgistrc n° 33153, f° lxij r°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(2) D'après la Biographie des hommes remarquables de la Flandre Orientale, t. 1er, p. 105, Damhoudere fut nommé le G janvier 1551; c'est une erreur évidente, et celte date qui doit être convertie en nouveau style, est probablement celle de son serment.

(3) Bcgistrc n° 53100, fo lj r<>, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

mandemens de finances, descharges et autres ordonnances, de faire et clorre tous les estatz de tous les recepveurs tant général desdictes finances que généraulx et parliuliers des pays et seigneuries de par-deçà, etc. (1). »

Snouckaert (Martin). — MrFerd.Vanderhaeghen a publié la biographie de cet imprimeur dans sa Biographie gantoise, ouvrage qui renferme une foule de détails curieux pour l'histoire littéraire de notre pays. On y lit que Martin Snouckaert quitta la ville de Gand en 1 551 pour aller habiter Bruges, où il devint pensionnaire de la ville, en remplacement de Josse Damhoudere. Sa nomination à cette charge date du 27 janvier 1552 (n. st.), comme le prouve l'extrait du compte communal que nous publions ici. Nous ajouterons qu'en 1557, il remplaça dans ses fonctions de greffier civil Jacques de Corte, mort le 21 décembre 1556(2). Ces mêmes fonctions étaient exercées en 1533, par un individu du même nom (3). Martin Snouckaert quitta les Pays- Bas en 1 567, et eut pour successeur François de Groote (4).

« Meester Maerten Snouckaert ghenomen als pensionaris ten dienste van desen stede ter gaeigen van xvj liv. xiij st. iiij d. s' jaers beghinnende van den xxvijen in laumaent lestleden es (5). »

De l'Espinoy (Charles). — Paquot s'est trompé dans ses Mémoires littéraires (e) relativement à la date de nomination de Charles de l'Espinoy, à la charge de conseiller ordinaire de Flandre. D'après les comptes, ses gages ne lui furent payés qu'à partir du 9 juillet 1555, jour de sa prestation du serment (7) : il remplaça Liévin Everaert et eut

(1) Collection des acquits des comptes de la recette générale des finances, aux Archives du royaume.

(2) Registre n° 33172, f° lxj r°, de la chambre des comptes, ibidem.

(3) Registre n° 33147, ibidem.

(4) Registre n° 33182, f° Ixviij r°, ibidem.

(5) Registre n° 33166, f° Ij v°, ibidem. (6)T.V, p. 190.

(7) Registre n° 2726, f° ije xx r°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

pour successeur Marc de Hertoghe. Dans une requête que sa veuve adressa au conseil des finances pour obtenir le payement de gages arriérés , elle dit que son mari a subi de grandes pertes par suite de son attachement au roi, a icelluy l'Espinoy s'estant retiré de Gand doiz le » moiz de juillet (xvc) lxxviij vers le pays d'Arthoys pour » ne participer à la rébellion dudict Gand, ains suivre le » droicturier party de Sa Majesté, et depuis ii a continuellement faict sans retourner audict Gand.» Plus loin on lit dans la même requête « que ledict feu conseillier l'Es- » pinoy a, en Tan (xvc) lxxix, faict pluisieurs voïaiges et » vacations tant par charge de feu monseigneur de Raisse- » ghem que monseigneur le président Pamele pour le resla- » blissement dudict conseil en Flandres en la ville de Douay, »et aultres affaires concernans grandement le service de Sa » Majesté » (i).

De l'Espinoy (Philippe), — fils du précédent, est l'écrivain auquel nous sommes redevables de la Recherche des antiquitez et noblesse de Flandres, ouvrage plein de renseignements utiles. La pièce suivante qui émane de lui, nous apprend que son père est mort à Audenarde, laissant une postérité de huit enfants, tant garçons que filles, et nous donne quelques détails sur ses propriétés et sur sa situation financière, qui était très-obérée en 1586. Le document . dont nous parlons est une requête que Ph. de l'Espinoy adressa au gouvernement pour être dispensé de payer, du chef de vente d'un fief situé près de la ville d'Aire, laquelle avait produit 3,950 florins, le cinquième denier qui se percevait au profit du fisc surtout fief ou rente féodale aliéné. Cette requête fut favorablement apostilléepar le conseil des finances, le 7 juin 1586.

(1) Collection des papiers d'État cl audience, liasses, aux Archives du royaume.

Philippe de l'Espinoy obtint, par lettres patentes datées de Bruxelles, le 18 février 1626, une gratification de 200 livres. On y lit qu'il servait à l'armée en 1591; que le comte de Mansfelt lui donna une compagnie de 200 Wallons pour concourir à la défense de la Flandre, et qu'il fut réformé du service en 1603 (i).

« Au roy, remonstrent en toulte humilité Philippes de l'Espinoy, escuyer, filz de feu maistre Charles, en son temps conseillier en vostre conseil de Flandre, comme avecq son père il a esté de premiers réfugié hors des pays rebelles pour se maintenir au deu service de Dieu et de Vostre Majesté, auquel actuellement sondict père s'emploïant et estant envoie par Son Altèze à Audenarde pour y practiquer choses secrètes et qui concernoit beaucoup le service de Vostre îMajesté, y est mort aux très-grand regret et perte du suppliant et de sept tant ses frères que sœurs, qui tous et spéciallement ledict suppliant (pour avoir femme, enffans et mesnaige) si est durant son refuge merveilleusement chargé et mis à l'arrière, jusques à se veoir entièrement ruyné, n'eust esté l'heureuse réduction d'aucunes villes principales tostaprèz ensuivye,au moyen de quoy il est peu à peu entré en la possession de ses biens, nommément en une sienne terre et seigneurie d'entre Bruxelles et Alost, nommée Sainct-Ulix- Chapelle(2), laquelle trouvant entièrement bruslée et ruynée, atestécontrainct se surcharger et faire grandz fraiz pour commencher à se remaser et mectre ses terres en train d'agriculture, tellement que maintenant il se treuve réduict à touttes extrémitez et ne sçait comme il poura ce achever ne satisfaire à ses créditeurs, ne soit qu'il vende une pièche de fief et seigneurie que luy est encoires resté au villaige de Rouquestoire, entre les villes d'Aire et Sainct- Omer, nommé Lignes, tenu de vostre chasteau dudict Aire, etc. (3). »

Sacré (Gérard). — Dans la notice biographique que nous avons consacrée à ce chroniqueur, auteur de divers manuscrits très-curieux pour l'histoire locale du Hainaut , notice qui a été insérée dans le Bulletin du bibliophile belge, t. V, p. 119-123, nous supposions qu'il était né dans

(1) Collection des papiers d'État et audience, liasses, aux Arch.du royaume.

(2) Mr Alpii. Wacters a publié de curieux détails sur Ch. et Ph. de l'Espinoy en parlant de la seigneurie de Capclle-Saint-Ulric, dans son Histoire des environs de Bruxelles, t. Ier, p. 394 et 551.

(3) Collection des papiers d'État et audience, aux Archives du royaume.

le Hainaut vers 1620. Les nouveaux détails que nous publions ici sont plus exacts : ils sont tirés des procès-verbaux d'élections dressés à différentes époques, lors de la nomination des abbés élus pendant la longue carrière de Gérard Sacré, et qui existent aux Archives du royaume (i). Ces procès-verbaux nous apprennent que ce laborieux compilateur a vu le jour à Graux, près deNamur, vers 161 5, et qu'il fut d'abord novice à l'abbaye de Saint-Gérard, située à peu de distancede cette ville. Il entra ensuite à l'abbaye de Saint- Denis en Broqueroie, près de Mons, où il occupa diverses charges, entre autres et pendant de longues années, les fonctions de receveur des menues rentes: il mourut dans ce dernier monastère, le 28 février 1690 (2).

Verhaer ou Har^us (François), — l'auteur des Annales * ditcum seu principum Brabantiœ, publié par Moretus, en 1623 (3), reçut de l'infante Isabelle, au nom de Philippe IV, roi d'Espagne, par lettres patentes, datées de Bruxelles, le 31 octobre 1 628, une gratiflcation de 300 philippus, payable en trois ans, pour l'aider à couvrir les frais d'impression de son livre qu'il avait dédié à l'infante. « Donnons et accordons de grasce espéciale, — dit le dof> cument, — par les présentes en don en ayuda de costa » [subside] à nostre cher et bien amé François Verhaer, » licencié en théologie et chanoine de Sainct-Jacques en » nostre ville de Louvain, et ce en subvention des fraiz de » l'impression de certain livre qu'il a composé et dédié à » nostre dame et tante (4). »

Beaucourt de Noortvelde (Patrice), — auquel la science

(1) Archives du conseil privé, cartons, aux Archives du royaume.

(2) Celte date nous est fournie par le registre n° 20 des archives de l'abbaye de Saint-Denis, ibidem.

(3) Voy. sa biographie dans Paquot, Mémoires littéraires, t. V11F, p. 229.

(4) Collection des papiers d'État et audience, aux Archives du royaume.

est redevable de quelques dissertations intéressantes sur l'histoire de la Flandre, naquit à Bruges en 1720, et y mourut en 1796 (i). On conserve dans la collection d'autographes, aux Archives du royaume, une longue lettre écrite dans un français des plus barbares, qu'il adressa au prince Charles de Lorraine au moment où il achevait l'impression de son intéressant mémoire intitulé: Beschryving van den opgank, voortgank en ondergank der Brugschen koophandel, etc,

o De Bruges, ce 6 de février 1775.

« A Son Altesse Royale le prince Charles-Alexandre, duc de Lorraine et de Baar, etc.

» Monseigneur, la grande inclination que j'ai depuis longtems imprimée dans le plus profond de mon cœur d'assurer de plus en plus de mon obéissance le prince le plus bénin de la terre, m'a poussé itérativement à la résolution de prendre la plume à la main, un de mes ouvrage qui sorte de l'imprimerie, portant pour titre : Description historique de l'ancien commerce de celte ville de Bruges, autrefois la plus florissante de l'Europe, contenant outre cela les moïens que les comtes de Flandre et nos ancêtres ont employés de le faire renaître après sa première décadence m'a fourni de quoy de satisfaire à mes désirs, tellement que j'espère que Votre Altesse Royale me faira la grâce d'accepter cet exemplair de la manière qui lui est naturelle, la plus gracieuse. Oserai-je me flatter, pris égard aux approbations de censeurs des livres, que vous trouverez, Monseigneur, de quoy vous amuser pendants vos momens perdus, outre un bref et vrai recueil de la mort que j'ai d'un contemporain du prince d'Orange Guilliaume de Nassau, qui a coopéré beaucoup à faire tomber le négoce par sa protection qu'il donna aux hyretiques. Votre Altesse Royale aura devant les yeux un grand nombre des diplômes des princes du pays et d'autres puissances qui ont gralieusement prêtées la main pour son accroissement et son soutient, tirantes de ce grand commerce de Bruges aussi bien que leurs sujets un profit considérable; encore une grande partie des beaux documents relatifs au commerce, avec les privilèges accordés aux dixsept nations commerçantes d'autant de royaumes qui avoient pour lors touttes leur domicile fixe en cette ville. J'espère, je dis, Monseigneur, que ce livre

(1) Mr Goethals a publié sa biographie dans ses Lectures relatives à l'histoire des lettres, t. Iep, p. 256. D'autres notices lui ont été consacrées dans la Biographie des hommes remarquables de la Flandre orientale, t. Ier, p. ! 1, etc.

vous sera aggréable tout comme je pense que celui a été contenant la description de l'églige de Notre-Dame icy(l), puisque la renommée qui vole par cent trompettes et qui publie partout les hautes vertus et rares qualilées dont il pleut au Ciel de vous orner, Monseigneur, et vous faire briller au-dessus de tous vos prédécesseurs gouverneurs généraux du pais, car on n'a jamais vu qui dans les audiences publiques et privées, accuelle les plaintifs avec un visage plus doux et remédie aux besoins des oppressés et leurs donner plus de soulagement, outre cela le père le plus affeclioné pour des gens des lettres, tellement qu'il semble que Dieu a donné commission à Votre Altesse Royale (comme au grand Alexandre dont vous portez le nom) de rendre tout le monde heureux. Ainsi donc, Monseigneur, celui mon livre étant bien reçu et agréable à vos ieux je m'ouvre le chemin à l'honneur d'en mettre bientôt un autre à ses pieds, une description dupais du Franc (2) si renommé par sa grandeur et richesses, ayant été la première demeure des roys de France où que le premier roy Pharamond a élé créé et mis sur le trône royal l'an 422, et il me semble que j'ai assez clairement prouvé que c'est celui roy qui a fait mettre en écrit la loy salique, et cela audit pays des Francs. Je voudrois pouvoir contribuer par quelque bel ouvrage, selon ma petite capacité pour immortaliser la gloire, la justice et la bienfaisance de Votre Altesse Royale; et je ne serai jamais content que la fortune ne m'ait fait présent de quelque occasion, quoyque je devrais sacrifier tout ce que j'ai de plus cher au monde, pour vous témoigner, Monseigneur, le grand désir que j'ai de pouvoir contribuera tout ce qui vous rende plaisir; mais comme il n'y a pour le présent rien en ma puissance que d'envoyer au Ciel mes faibles prières pour la conservation de vos précieux jours, et pour qu'il plaise d'induire Votre Altesse Royale de daigner regarder ma requête que j'ai présenté en qualité de notable dudil pays du Franc, d'un euïl favorable, afin de m'honnorer de la place vacante d'eschevin pour mon bonheur et d'icelui de ma nombreuse famille, ayant cinq ménages à entretenir et mon septième fils qui demeure en France. Croyezmoy, Monseigneur, vous fairez une chose fort aggréable au Tout-Puissant et a celui qui prie en grâce de vouloir accepter son sang, sa vie et tout ce qu'il possède au monde sont voués au service de Votre Altesse Royale, ainsi qu'à celui de l'auguste maison impériale. C'est dans ocs respectueux senlimcns que je veu vivre et mourir. Je suis avec la plus grande vénération, Monseigneur, de Votre Altesse Royale, le très-humble, très-obéisssant et très-dévoué serviteur. » Reaucourt de Noortvelde. »

(1) Description historique de l'église collégiale de Notre-Dame de Bruges, de.; Bruges, 1773.

(2) Jaerbochcn van den lande van den Vrycn; 178G, 3 vol. in-8°.

ÙD

Le i 5 du même mois, le prince Charles de Lorraine fit répondre à Beaucourt de Noortvelde dans les termes suivants :

«Monsieur, j'ai reçu voire lettre du 6 de ce mois, avec l'exemplaire de l'ouvrage que vous avés fait sur l'ancien commerce de Bruges. Je vous en suis fort obligé, Monsieur, et ne puis que louer le zèle qui vous porte à travailler à ses objets qui sont de nature à pouvoir intéresser les provinces qui sont confiées à mon gouvernement. Je suis d'ailleurs sensible à l'attachement que vous m'avés témoigné à cette occasion et je rencontrerai avec plaisir celles qui pourront me mettre à même de vous obliger et de vous prouver combien je suis, etc. »

Ermens (Joseph). — Voici une requête que le libraire Ermens, de Bruxelles, adressa, le 12 février 1790, aux états de Brabant, à propos de ce qui lui était dû pour avoir dressé les catalogues des livres des couvents supprimés :

« A leurs hautes puissances les seigneurs des états de Brabant, Joseph Ermens, imprimeur libraire en cette ville, représente avec un très-profond respect qu'aïant été chargé, tant par le ci-devant comité de la caisse de religion que par les ci-devant conseil roïal et chambre de comptes, de diverses besognes concernant les manuscrits et livres des couvents supprimés, dont une grande partie doit se trouver encore à l'église des Brigittines, exposée aux mauvais effets de l'humidité, outre quelques livres qu'il a chez lui, il remit, passé quelques mois, à la chambre des comptes, l'état des devoirs et déboursements qu'il avoit faits à cette occasion, montant à la somme de 7,494 florins 4 1/2 sous, sur laquelle, ensuite de ses vives instances, il reçut, le 26 novembre dernier, un à-compte de 4,733 florins 10 sous 6 deniers : le remontrant a tout lieu de croire que le paiement du surplus étoit résolut, que l'ordonnance de paiement même étoit déjà expédiée, lorsque le départ précipité du gouvernement autrichien, a mis fin à toutes ses opérations, et comme il se trouve extrêmement gêné dans son commerce par une si longue privation d'une somme aussi considérable, méritée par un travail et de déboursements de plusieurs années, il a recours à l'équité de vos hautes puissances, etc. (1). »

(I) Archives des clals de Brabant, aux Archives du royaume.

§ 68. Tombeaux des souverains et des membres de

leur famille.

Sommaire: Tombeau de Wenceslas III, roi de Bohême. — Jean, le Brabançon, sculpteur de la statue de ce prince. — Tombeau de Henri III, duc de Brabant, et de sa femme. — Tombeau de Jean Ier, duc de Brabant. — Pierre tombale en cuivre, gravée par Etienne Van Schoref — Tombeau de Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg. — Tombeaux de Louis de Crécy et de Louis de Maie, comtes de Flandre. — Jean de Hasselt, peintre. — André Biaunepveu, faiseur de tombes, à Valenciennes. — Jacques de Gerines, batteur de cuivre. — Tombeau d'Ernest, archiduc d'Autriche. — Josse de

Becberge, peintre. — Verrières à Héverlé et au Béguinage, à Bruxelles.

Tombeau de Wenceslas III, roi de Bohême. — C'est un artiste belge du nom de Jean, dit le Brabançon, qui exé- , cuta la statue de saint Wenceslas, ou Wenceslas. III, roi de Bohême, mort en 1255, laquelle ornait jadis le tombeau que le fils de ce prince consacra à la mémoire de son père. Celle particularité, si curieuse pour l'histoire de l'art de notre pays, est attestée par l'extrait qui suit des Rerum Bohemicarxim antiqui scriptores partim hactenus incognili (i), publiés à Hanovre, en 1602 :

« Statua postmodum in sacrario erecta est et alia œnea loco ejus reposita» Johannis Brabantini, cgrcgii statuarii, nobile opus. »

Tombeau de Henri III, duc de Brabant, et d'Alix de Bourgogne, sa femme. — Ce monument, qui date de la seconde moitié du XIIIe siècle, existait encore il y a environ cent ans dans l'église du couvent des dominicains, à Louvain, dont le duc Henri III et sa femme étaient les fondateurs. Philippe le Bon accorda, en 1435, au prieur de ce monastère, pour restaurer le mausolée élevé à la

(I) F» 137, liv. XLIII, ch. XXVIII. (N« 0192, fonds de la ville, Bibliothèque royale de Bruxelles.)

mémoire de ces princes, une somme de 50 florins clinckarts, de 40 gros de Brabant, la pièce. La note qui suit en fournit la preuve. Mr le chanoine de Ram a publié (î) de longs détails sur une autre restauration du même monument qui eut lieu vers 1764, détails que l'on trouve consignés dans les registres du conseil privé, n° 161, f0 125 ,»o; no 162, f<> 135 r° «et f° 195 r°, et n° 163, f° 123 r°, aux Archives du royaume.

« Den prior des godshuys van den predickeren, te Loeven, belaell die somme van 1 gulden clinckaerts, le xi gr. Brabants 'l sluck, die Myn genedige liere hem bevolen heeft le geven le hulpen totter refectien van der tommen aldair, in dewelke die lichame wilen hertoge Henrick van Lothryck ende van Brabant, ende vrouwe Aliten van Bourgongnien, zynre gesellynnen, Myns voirschrcven Heren vorvaderen, saliger gedachten, zyn begraven, welke lomme zeer vervallen was, gelyc Mynen voirschreven Hère dat by ennigen van zynen dieneren dairom aldair gesonden, elairlic bibracht is alsl blyc by Mynsheren openen brieven, gegeven xxiiij dage in decembri anno [xiiijc] xxxv (2). »

Tombeau de Jean Ier, duc de Brabant. — Ce monument, qui se composait d'un sarcophage avec la statue du duc, existait dans le chœur de l'église des récollels, à Bruxelles. Il fut détruit lorsque les calvinistes dévastèrent l'édifice, en 1583. « Le corps de Jean Ier, — dit Bulkens (0), — « receut sépulture au milieu du chœur de l'église des » frères-mineurs, à Bruxelles, soubs un assés beau tom- »beau, qui durant ces derniers troubles at esté ruiné; » toutesfois l'archiduc Albert avec l'infante Isabelle, en » mémoire d'un personnage si signalé, ont faict dresser » au mesme lieu un marbre par terre, avec une lame de

(1) Recherches sur les sépultures des ducs de Brabant à Louvain, p. 35 (Mémoires de l'Académie, t. XIX).

(2) Registre n° 2410, 1°, f° lxx r°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(3) Trophées de Brabant, t. Ier, p. 331; édition de 1724.

«cuivre, contenant les armes, quartiers et certaine in- » scriplion. » La reconstruction du chœur de l'église fut commencée en 1588 (i), et celle du tombeau du duc Jean Ier, en 1616. Par ordonnance du conseil des finances du 19 mai 1626, Etienne Van Schore ou Van Schooren reçut 450 livres d'Artois, pour avoir gravé sur une grande plaque de cuivre la figure du duc de Brabant avec ses armoiries et une inscription indiquant son nom et la date de sa mort. Ce second monument, auquel les auteurs de Y Histoire de Bruxelles assignent la date de 1620, subit le même sort que le premier, lors du bombardement de 1695.

a Voor de leveringe gedaen iu 't clooster van de minrebroeders van iijc carreels dienende tôt wercken van de sépulture van Jouîmes Primus, herloge van Brabant : ij liv. xj s. (2). » %

« Meester Stephanus Van Schore, plaelsnyder, betaelt de somme van iiijc 1 ponden Arthois , ter causen van te hebben gegraveert ende gesnede'n in copere plate de figure van herloch Jehan van Brabant den lersten, van dien naine met zyne wapenen ende anderssints op de tombe, liggende in den choor van den minnebroeders; dus hier by ordonnance van mynenheeren van de finantien in date xix mey xvjc xxvj (3). »

« Huybrecht Peperman, die gelevert heeft een coperen plate, dienende lot het lengen van de grooten coperen plate , waerop Haere Hoocheyl heeft doen graveren oft snydcn die ligure van herloghe Jan den lersten, hertoghe van Brabant, dienende op de tombe van den voirschreven herloge : xj liv. xj s. (4). »

Tombeau de Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg. — Albert et Isabelle prirent grand soin de faire restaurer les monuments élevés par leurs prédécesseurs à la mémoire des souverains des Pays-Bas et des membres de leur fa-

(1) A. Henné et A. Wauters, f/isloirc de Bruxelles, t. III, p. 103.

(2) Registre n° 27510, 2°, f° 289 r°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(5) Registre n° 27512, 6e compte de J. Van Oplicm, f° Ixiiij, ibidem. (4) Ibidem, 7 e compte de J. Van Ophcm (1627-1620), f" lxxxviij, ibidem.

TOMBEAU DE JEA]

mille : c'est là un fait que les notes que nous publions dans notre recueil établiront d'une manière irréfutable. Aux archiducs revient encore l'honneur d'avoir consacré un tombeau au chevaleresque Jean l'Aveugle, roi de Bohème et comte de Luxembourg, tué en 1346. Nous avons recueilli quelques documents qui constatent qu'en 1613, un mausolée fut placé dans l'église de l'abbaye de Notre-Dame de Munster, à Luxembourg. Le projet, dont nous donnons ici la reproduction en gravure, fut soumis à l'archiduc Albert, au mois d'octobre 1612, par le comte de Berlaymont, et reçut son approbation. Le prince accorda 1,000 florins pour couvrir les frais du monument, par lettres patentes du 23 février de l'année suivante. Jusqu'ici nous n'avons pu trouver le nom de l'artiste qui l'exécuta, et ce n'est, croyons-nous, que dans les archives du monastère où l'œuvre fut placée qu'on pourra le découvrir, car le subside de 1,000 florins fut payé le 30 août à l'abbé Pierre Roberli (î), lequel avait été chargé de solder toutes les dépenses.

A en juger par le dessin, le monument sépulcral du roi de Bohême était surmonté d'une statue en pierre, dont certains détails de costume durent être dorés : les grands côtés du dé devaient être ornés de bas-reliefs, et les petits de l'écusson des armes du défunt et de son épitaphe. Son auteur était un sculpteur qui passait « pour bon maistre » sculpteur ou tailleur d'imaiges » . L'épitaphe qu'avait composée Henri ou Erycius Puleanus, dont nous avons reconnu l'écriture, fut modifiée, car elle n'est pas conforme à celle que rapporte Bertholet, dans son Histoire ecclésiastique et civile du duché de Luxembourg, t. VI, p. 176. Cet

(1) Registre n° 2644-, 3e compte de F. Darimont, f<> xxx v°, collection de lu chambre des comptes, aux Archives du royaume, et liasse des acquits, n° 451, ibidem.

estimable écrivain dit que le corps de Jean 1* Aveugle reposa dans l'abbaye de Noire-Darne de Munster, « jusqu'à » la destruction du monastère arrivée Tan 1542; alors on » le transporta chez les cordeliers où il fut mis en dépôt et » négligemment conservé dans une caisse de bois » . L'abbaye fut rebâtie en 1592, dans la ville de Luxembourg, ajoute le même auteur, et l'abbé Bertels fît replacer le corps dans la nouvelle église. Dans un autre passage de son livre, le P. Bertholet s'exprime encore en ces termes, à propos du monument de Jean l'Aveugle : « Les François » vinrent mettre le siège devant Luxembourg en 1684. Le » prince de Chimai, qui en éloit gouverneur, fit brûler les » deux villes basses pour leur ôter toute retraite. Cet in- » cendie consuma avec l'église de Munster le superbe mau- < » solée qui avoit coûté 17,000 florins. » Ce dernier chiffre est beaucoup plus élevé que celui de la somme accordée par l'archiduc Albert. Bertholet n'aurait-il pas réduit les 1,000 livres de 1612 en monnaie courante en 1745, date de la publication de son ouvrage? ou bien le monument aurait-il effectivement coûté davantage, et l'abbé de Munster a-t-il supporté le reste des dépenses, puisqu'il paraît que ce fut lui qui en provoqua l'érection? Consignons toutefois ici que par lettres patentes du 4 avril 1623, l'infante Isabelle lui accorda, au nom de Philippe IV, une somme de 300 livres de Flandre « pour l'achepvement de la sé- » pulture et épilaphe de feu Jean, roy de Bohème (i) » . Le corps de Jean l'Aveugle fut sauvé de la destruction : il était encore conservé quand écrivait l'annaliste du Luxembourg.

(I) Registre n° F. 30!î de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille. La minute de ces lettres-patentes existe dans la collection des papiers d'État et audience, liasses, aux Archives du royaume, a. Bruxelles,

1. « Monseigneur, ayant pieu a Vostre Altèze Sérénissime de me mander par ceulx de ses finances, aflîn que j'eusse à luy envoyer quelque modelle de la sépulture qu'elle entend de faire faire à feu Jean, roy de Bohème, comte de Luxembourg, reposant en l'abbaye de Noslre-Dame de Munster, transmigrée en la ville de Luxembourg, pour satisfaire audict ordre j'envoye à Vosire Altèze Sérénissime une modelle tirée par celluy qui désire entreprendre ledict ouvraige, recognu pour bon maistre sculpteur ou tailleur d'imaiges, lequel en furnissant les pierres, or et couleurs à ses fraiz demande pour salaire douze cents florins, et néanlmoins (comme j'espère) se contenterat de mil florins une fois, parray quelques voictures qu'on ferat facillement faire par les voisins subjeetz de Vostre Altèze Sérénissime. Sy donques elle est servie d'aggréer ladicte modelle et mander à ceulx de ses finances de passer ordonnance pour mil florins, je tiendray la bonne main que tout soit en peu de temps accomply selon le vouloir de Vostre Altèze Sérénissime. En attendant ses commandemens, je supplie le Tout-Puissant, Monseigneur, de conserver Vostre Altèze Sérénissime en prospérité, bonne et longue vie. De Bruxelles, ce dernier d'octobre 1612. De Vostre Altèze Sérénissime, très-humble et très-obéyssant vassal,

» Le comte De Berlaymont. »

2. «Leurs Altèzesdésirans faire eslever une nouvelle sépulture au feu Jehan, roy de Bohème, comte de Luxembourg, reposant en l'abbaye de Nostre-Dame de Munster, selon la modelle en dressée icy joincle, et ayans eu rapport de ce que le maistre entreprenneur dudict ouvraige en demande, ont par advis de ceulx de leurs finances ordonné et ordonent par cestes au receveur général de Luxembourg, Ferdinande Darimont, de furnir audict effect es mains du prélat de Iadfcte abbaye jusques à la somme de mille florins une foiz, on en-dessoubz si le marehié se puist faire à moindre pris, à charge de ne pouvoir excéder ladicte somme, etc. Faict à Bruxelles, le xxiije de febvrier seize cens treize (1). »

Voici l'annotation manuscrite qui existe sur le dessin original :

« Haec sepullura constituelur loco satis pulchro in medio chori ecclesiae munsteriensis Luxemburgi, erifque quadralum artificiosc sculplum opus et in mullis suis partibus, prout ars requirit deauratum, mullo exactius quam hic poluerit rcprœsentari, ut cum tempore Suœ Celsitudini serenissimse inno-

(1) Les deux pièces qui précèdent font partie des archives dites Papiers d'Etat et d'audience, liasse n° 1281, aux Archives du royaume.

tescet. Erit nutcm longitudo imaginis regiœ, cujus fuit corpus ejus dum viveret, lapides autem erunt alabaslrum, jaspis, marmor, locis convcnientibus. »

Tombeau de Louis de Nevers ou Crécy, comte de Flandre. — Nous avons parlé de ce monument au § 20; il fut démoli vers la fin du siècle dernier. « En 1785, — dit » M. Gachard (j), — le chapitre de la cathédrale de Bruges » sollicita l'autorisation d'ôter de la chapelle du Saint- » Sacrement, servant de paroisse, en celle église, le céno- » taphe du comte de Flandre, qui s'y trouvait à côté de » l'autel. II allégua que ce cénotaphe n'était qu'une masse » informe de pierres toutes mutilées ; qu'il défigurait la » chapelle et gênait le célébrant dans ses fonctions; que la » mémoire du comte Louis de Nevers se trouvait d'aiileurs » consacrée, en un autre endroit de l'église, par une belle » pierre sépulcrale de marbre blanc portant avec une in- » scriplion, les armoiries du prince, ainsi que des attributs » et trophées militaires. Le gouvernement fit vérifier les » assertions du chapitre par le procureur général de Flan- » dre : sur le rapport et conformément à l'avis de ce magis- » trat, il permit que le cénotaphe de Louis de Nevers fût » enlevé, mais en chargeant les chanoines de faire insérer, » dans les registres aux résolutions capilulaires, et la re- » quête présentée par eux, et sa décision. » Nous avons tenu à insérer ici le rapport fait par le conseiller deGryspere au conseil privé, le 13 juillet 1785.

« Mrdc Gryspcrre fît rapport de la requête du chapitre calhédral de Bruges, sollicitant la permission d'oter la cénotaphe du comte de Flandre Louis de Nevers, placé près de l'autel du Saint-Sacrement dans leur église. Le conseil après avoir ouï le procureur général de Flandre, est de sentiment qu'on pour-

(1) Bulletins de l'Académie, t. XXI, n<* fi.

rait permettre au chapitre de démolir le cénotaphe, qui tombe en ruine et gène le service de l'autel, et ce aux conditions indiquées dans l'avis du procureur général (1). »

Tombeau de Louis de Mâle, comte de Flandre. — Courtrai était une ville où les comtes de Flandre, antérieurement à l'avènement de la maison de Bourgogne, faisaient de fréquents séjours; ils y possédaient un château fortifié comme tous ceux que Ton bâtissait à ces époques reculées. Antérieurement à 1373, Louis de Maie fit commencer à Courtrai la construction d'une chapelle dédiée à sainte Catherine contre l'église de Notre-Dame, à laquelle cette chapelle fut annexée; ce prince avait l'intention d'y faire placer son tombeau. Le petit édifice se trouva achevé en peu de temps, car le jour de la fête de la patronne de la chapelle, en 1373, — un document contemporain le prouve, — l'on y célébra l'office divin. Cette chapelle de Sainte- Catherine existe encore aujourd'hui ; elle est d'un beau style et a été récemment restaurée avec soin. On y a conservé les restes des anciennes peintures murales qui la décoraient, et entre autres les portraits des comtes de Flandre, dans des niches en pierre, sculptées à bas-reliefs, à colonnettes engagées (2). Nous n'hésitons pas à reconnaître pour l'auteur des figures des prédécesseurs de Louis de Maie et de ce prince, Jean de Hasselt, qui avait à la même époque le titre de peintre du comte de Flandre. C'est aussi lui, croyons-nous, qui traça les dessins du tombeau que Louis de Maie voulait se faire ériger dans la chapelle dont nous parlons; il est| hors de doute toutefois qu'il fit, en 1574-, le

(1) Registre n° 265, f<> 17 v°, du conseil privé, aux Archives du royaume.

(2) Voy. l'intéressant travail de Mr E. de Busschere, sur la Peinture murale à l'huile du XVe siècle, à Gand, dans le Messager des Sciences historiques, 1859, p. 148. On y trouve des gravures représentant plusieurs portraits et les sculptures des niches.

voyage de Gand à Courlrai, par ordre du comle, qui avait mandé près de lui André Biaunepveu, «faiseur» ou « mais- » Ire ouvrier de tombes » , à Valenciennes, pour avoir les avis de ces deux artistes sur le mausolée sous lequel il voulait que son corps reposât. Une fois le projet arrêté, Biaunepveu reçut du comte la commande du monument, et en même temps 200 francs à compte, valant 360 livres de Flandre. Le registre d'où nous avons extrait ces curieux détails, et qui est un compte s'étendant du 17 avril au 10 novembre 1374 seulement (t), mentionne encore le payement de deux sommes de 100 francs chacune, « sur l'ouvrage, acat » et voyture d'une novèle tombe que Monseigneur faft » faire» . Plus loin on lit qu'une avance de 40 francs ou 72 livres a été faite par« Henry le cambrelenc »ou chambellan, » sur l'ouvrage de vj ymagènes qu'il fait faire de -métal du » command Monseigneur » . D'après ces quelques notes on peut conjecturer que le tombeau de Louis de Maie devait se composer d'un sarcophage orné de statuettes de cuivre, et surmonté de la statue du comte. Nulle part il n'est question que ce monument ait jamais été terminé et placé. S'il l'avait été, comment expliquerait-on l'érection du magnifique mausolée que Philippe le Bon consacra à la mémoire de dernier comte de Flandre, avant l'avènement de la maison de Bourgogne, et à celle de Marguerite de Brabant, sa femme, dans l'église collégiale de Saint-Pierre, à Lille, où Philippe le Hardi fît faire au défunt, le 29 février 1584, les plus magnifiques funérailles qu'on eût jamais vues (2). Nous publierons plus loin une notice descriptive de ce dernier cénotaphe, dû à Jacques de Gerines, batteur de cuivre, à Bruxelles, qui est aussi l'auteur du tombeau de

(1) Registre n° 2702, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(2) La relation de ces funérailles a été publiée par A.-G.-B. Schayes, dans le Messager des Sciences historiques, 1838, p. 299, d'après un registre reposant aux Archives du royaume.

Jeanne, duchesse de Brabant, qui se trouvait dans l'église des carmes de celle ville.

Mr le baron de la Fons-Melicoq a trouvé, en faisant des recherches dans les Archives de Valenciennes (i), la noie que voici : « Mestre Andrieu, l'entailleur (2) » , qui se rapporte à l'année 1370, et qui ne peut désigner qu'André Biaunepveu.

La table du 1er volume des Preuves de l'ouvrage de Mr le comle de Laborde, intitulé : Les Ducs de Bourgogne, contient la mention suivante : « Perrin Beaul, neveu, imagier : » il travailla, en 1388-1390, avec Claux Sluter. » Il faut lire Beaulneveu; c'est probablement un parent d'André, cité plus haut.

« Item, à Andrieu Biaunevopt, de Valenchiènes, faiseur de thombe, pour ses despens en venant de Valenchiènes vers Monseigneur . xij francs. — Item, à maistre Jehan d'Asselt, en venant de Courtray à Gand où il fu mandés: viij frans; monte xx frans, valent ensi que par letlres Monseigneur appert: xxxvj livres. »

a Item, à maistre Andrieu Biaunevopt, de Valenchiènes, maistre ouvrier de tombes, sur l'ouvrage d'une novèle tombe que Monseigneur lui fait faire pour lui: ijc frans, ensi que par leltrez Monseigneur appert: valent iijc lx livres. »

« Item, à Andrieu Biaunevopt, maistre ouvrier de thombes, sur le voilure des pierres d'une novèle thombe qu'il doit faire pour Monseigneur à Courtray: c frans, valent parmy xlij gros qu'il coustèrent au cange : ciiij xx ij livres ij solz. »

« Item, à Andrieu Biaunepveu, maistre ouvrier de lombes, sur l'ouvrage, acat et voyture d'une novèle tombe que Monseigneur lui fait faire , deseure iijc frans qu'il a rechut paravant : c frans, valent parmi xlij gros qu'il coustèrent au cange, ensi que par lettrez Monseigneur appert : c iiij xx ij livres ij solz. »

(1) Revue universelle des arts, t. XI, p. 50.

(2) L'écrivain français a cru devoir lire la note de la manière suivante : « Mestre Andriu Lenlailleur. »

« Item, as capcllains de le église de Courtray pour le service qu'il ont fait en le capclle Monseigneur à Courtray depuis le jour Sainte-Kaleline Tan [xiijcJ lxxiij jusques adont qu'il furent mis en possession des capelcnics de le capelle ensi que par lotirez Monseigneur appert : xl livres. »

Tombeau d'Ernest, archiduc d'Autriche. — Nous avons déjà parlé de ce monument aux §§ 20 et 45. Voici encore une note qui s'y rapporte : elle mentionne un payement fait, en 1603, au peintre Josse de Becberghe, pour dessins du tombeau de ce prince et de celui d'une archiduchesse de Brabant, et pour patrons des verrières que les archiducs Albert et Isabelle avaient données aux églises de Héverlé, près de Louvain, et du Béguinage, à Bruxelles.

« A Josse de Beckberge, painclre, la somme de xxj livres, de xl gros, pour vij patrons qu'il avoit fait en papier, les iiij du tombeau et sépulclire de feu l'archiducq Erneste, une de feue madame l'archiduchesse de Brabant, et deux des armoiries et quartiers de Leur Allèzes [les archiducs] mis aux verrières que Leur Allèzes avoient accordé en don aux esglises à Hever, lès Louvain, et au Béguinage, à Bruxelles (1). »

§ 69. Confréries.

Sommaire : Confréries de Sainl-Jacques de Compostelle et de la Sainte-Croix, à Bruxelles : peintres, sculpteurs, verriers, musiciens, architectes, tapissiers de haute-lisse, fabricants d'armes, orfèvres, etc., qui en faisaient partie.

On conserve aux Archives des hospices civils de Bruxelles (2) un petit registre in-folio, sur parchemin, intitulé : Dit es d'boec van der bruederscap mynsheren Sente-Jacobs

(1) Registre n° F. 286, f° vjc iiijxx ix, de la chambre des comptes, aux Archives du déparlement du Nord, à Lille. Voy. aussi un manuscrit intitulé : Documents historiques, p. 97, aux Archives du royaume.

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