N° II. U
dut ghemaect ivas in 't jaer Ons Heeren m, ccc. Ivij. ij daghe in de maent van augasto, volghende elc name na de ordinantie van den A. B. C. Ce registre, commencé le 2 août 1357, provient donc de la confrérie de Saint- Jacques de Compostelle, qui possédait à Bruxelles une chapelle et un hôpital sur l'emplacement desquels on éleva, au XVIIe siècle, l'église de Notre-Dame de Bon-Secours. Nous en avons extrait un nombre assez considérable de noms de personnes qui exerçaient des professions se rattachant directement ou indirectement à l'histoire des arts. Onze peintres (scilders) y sont inscrits, et parmi eux nous citerons Jean Van Woluwe, l'artiste que la duchesse Jeanne employa pour orner de peintures le palais de Coudenberg, à Bruxelles, et pour enrichir de miniatures différents manuscrits de sa librairie. Les orfèvres (goutsmeden) sont en majorité dans le registre de la confrérie de Saint-Jacques : on en compte vingt-trois. Un seul nom de tailleur d'images (beeldescnidere) ou statuaire y est mentionné; c'est celui de Jean Vederman, qui fut admis en 1404. Nous avons jugé nécessaire d'extraire du registre les noms des steenbickelers et des steenhouwers, c'est-à-dire les tailleurs de pierre, parce que l'expérience nous a appris que les sculpteurs d'ornements qui nous ont laissé ces chapiteaux et ces tabernacles si délicatement travaillés, sont fréquemment qualifiés de cette manière dans les documents du XIVe et du XVe siècle. Bien des architectes auteurs de monuments remarquables sont ainsi appelés. Les tapissiers de hautelisse (legwerkers), qui sont membres de la confrérie, datent des premières années du règne d'Antoine de Bourgogne : c'est l'époque où celte industrie commença à prendre quelque extension à Bruxelles. Le registre contient en outre le nom d'un tisserand de tapis (tapytwevere), et ceux de plusieurs brodeurs (bordaerwerkers), qui formaient une corporation importante du temps de Jeanne et de Wenceslas.
Il nous a fourni une liste assez longue de fabricants d'armes (wapenmakers), de heaumes (helmakers, helmslagers), de hautberts (habberguelmakers) et d'épées (sweertveghers). Nous avons également noté les noms de divers batteurs de cuivre (copersleghers), qui faisaient ces ouvrages dils de Dinant ou dinanderies.
Jean de ou Van Gerines, Tun des batteurs de cuivre dont nous parlons, est très-probablement le père de Jacques, qui, tout en exerçant le même métier, acquit une grande réputation, qui est attestée par les mausolées que Philippe le Bon fît élever à la mémoire de Louis de Maie, à Lille, et de Jeanne de Brabant, à Bruxelles. La modeste expression de ghelaesmakers désigne dans le registre les peintres sur verre, car Louis et Jean Van Puersele, Gilles et Waulier < Van Pede, ont fait pour le palais et les églises de Bruxelles et des environs beaucoup de vitraux que nous aurons occasion de rappeler. Enfin, le livre de la confrérie de Saint-Jacques mentionne, en outre, un maître d'arlillerie du XIVe siècle, appelé Louis; Thiéri de Visschere, maître d'école, inscrit sur le registre en 1392; Jérôme Van der Noot, maître es arts, admis en 1399; Jean (Hanscn) Van Grimbach, joueur de flûte (pypere) de la duchesse Jeanne; Simon Van Gaspeldorne, joueur de viole (vedelere); Jean Van Berlaer, faiseur de tombes (saergmakeré) , comme Nicolas Garnet, qui fit le mausolée du duc Jean III, à l'abbaye de Villers (i), et que les documents, nomment tombarius, et André Biaunepveu, faiseur ou maistre ouvrier de thombes, à Valenciennes, auquel fut confiée l'exécution du monument que Louis de Maie se fit élever en 1374, dans la chapelle castrale à Courtrai, ainsi qu'il est établi au § précédent (a); Jean Drabbe, tailleur de for-
(2) Voy. § G8.
mes, de moules (vormsnideré), cité en 1419 (1), et François Rullens, maître de la ville (statmeester) avant 1590, ce qui veut peut-être signifier maître des ouvrages ou architecte de la ville de Bruxelles. Cette ville avait à ses gages, vers la même époque, un cuisinier en titre : c'était, en 1394, Pierre Pauwels (der stadt coc), et, en 1 405, Pierre Voghelboem (overcoc van Brucelle).
Une observation que nous ne devons pas passer sous silence, c'est que les dates de l'admission dans la confrérie semblent n'avoir été inscrites qu'à partir de 1390 environ; les noms qui ne sont accompagnés d'aucune date sont donc d'une époque antérieure, selon toute probabilité. Les dernières annotations ont été faites en 1419. Disons encore que nous n'avons consigné que les noms auxquels est jointe une profession qui se rattache à l'histoire des arts et des lettres. Nous insérons également dans nos extraits les noms de quatre tafelmakers, expression que l'on peut à la fois traduire par faiseurs de tables, de tableaux et de retables. Cette dernière interprétation est la seule admissible, selon nous.
« Adam Van Hamme, sleenhouwere, Diederec Van den Berghe, helmakere.
1419(2). Diederec de Visschere, scoelmeeslere,
Boyden Van derNat, borduerwerkerc. 1392.
Cacste Wrient, steenbiclere. • Daneel , In den Roelaert, goutsmet,
Claus de Lovenerc, scildere, 1411. 1416.
Claus de Puit, steenhouwere, 1418. Evcraert, de tafelmakere.
Diederec Van Ruppien, tapylwevere. Gilys Van Brachene, steenbiclere.
Daneel, de belmmakere. Gheraert Watermale, steenbickelere.
Diederec Helscbemer, scildere. Gheraert Van Alkenen, steenbickelere.
(1) Le mot vormsnideré, en allemand formsneidcr, a clé traduit par les écrivains de l'Allemagne par graveur sur bois; un graveur sur bois à Bruxelles, en 1419, serait un fait de la plus haute importance pour l'histoire de l'art : nous reviendrons sur la valeur de cette expression. Dans le même registre on trouve un graverc, qu'il faut traduire par fossoyeur.
(2) Dans le registre, les dates sont en chiffres romains.
Goscn, de helmmakerc.
Gilys, decopersleghere, Gherem Van dep Noet, scildere.
Gielys Van der Rosen.
Ghysbrecht, de habberguclmakere.
Gheerem Van den Steene, borduerwcr-
kere.
Gielys Van Pede, ghelaesmakere.
Gielys Van Evere, scildere, 1396.
Gherem Van der Noet, heren Gherems
sone, magister arlium, 1399.
Gielys Everaerts, steenhouwere, 1400.
Gielys Van den Berghe, steenhouwere,
Gielys Hose, heelmakerc, 1403.
Ghecrtde Lovenere, de scildere, 1410.
Gheert Van den Heetvelde, goutsinet,
GoesenVervien, wapenmakere, 1413.
Heinrec Colyns, broducrwcrkere.
Hansem Van Gembach, miervrouwcre
pypere van Brabant.
Heinric, de swertveghcre.
Heinrec Ghelinc, goutsmet.
Heine Van Diedeghem, steenbickelerc.
Heinric Van Bolenbeke, goutsmcet,
Heine Van Evelbaert, goutsmet, 1407. Heine, de tafclmakere.
Heinric, de goutsmet, in den Moene.
Hughe de Porlcre, coperslagerc, 1413.
Heinric H Servranx, bordurwerkere,
Heinric Van Coloc, scildere, 1417.
Jan Stevens, steenbiclere.
Jan, de helmmakerc.
Joes Van Halle, steenbiclere.
Jan Coviers, goutsmet.
Jan, de goutsmet, in den Moene.
Jan Van Namen, goutsmet.
Jan Zeghelnule, bordurmaker.
Jan Van Halen, scildere.
Jan Adelen, steenbickelerc
Jan Van der Cappellen, helmakere.
Jan Van Amen (sic), de goutsmet.
Jan Van den Wyngarde, hcllema-
kere.
Jan, de tafelmakere.
JacobVan Loen,Van den Bosche, helm-
sleghere.
Jan Van Vaelborre, steenhouwer.
Jacop de Bonté, goutsmet.
Jan Van G criais (1) de copersleghere.
Jacop, de coperslaghere.
Jan der Weduwen, wapenmakere.
Jan de Voghel, helmakere.
Jan VanWoluwe, schildere.
Jan Graet, goutsmet.
Jan de Coene, scildere, 1387. Jan Everarts, steenbickelere.
Jan Van Berlaer, saergmakere.
Imbrecht Van der Noet, scildere,
Jan Van den Leone, steenbicleere.
Jan de Scrivere, scildere, 1397.
Jan Scuelen, borduerwerkere, 1399.
Jan M an tel, copersleghere, 1399.
Jan Sporkcn, hcclmslaghcre, 1400.
Jan Van der Capellen, hclmslagcre,
Jan Van Boutsvocrt, steenhouwere,
(1) Ce nom est écrit au-dessus du mot Zîemcn; c'est évidemment une correction du temps.
Jan Van Puersele, ghelaesmakere,
Jan Van Praghen, wapcnmakere, 1 404.
Jan Van dcn Ghehuchte, goutsmet,
Jan Vederman, beldescnidere, 1404.
Jacop, de coperslaghere, 1405.
Jan 't Servranx, borduerwerkere,
Jan Couterman, steenhouwere, 1405.
Jan Van Vitcheroel, heelraslaghere,
Jan Van den Ghehuchte, bordurwer-
kere, 1407.
Jan Vederman, goutsmeet, 1407.
Jan Van Horten, goutsmet, 1407. Jan Hartewyc, goutsmet, 1407.
Jan Van Asche, coperslagere, 1408.
Jan Van Gavere, goutsmet, 1410.
Jan Kechhoren , borduerwerkere ,
Jan Sporken [ende] Jan syn sone,
heelrasleghers, 1413.
Jan Van Buedeghem, steenhouwere.
Jacob Mertens, tafelmakere, 1418.
Jan Gheerleec, steenhouwere, 1418.
Jan Drabbe, vormsnidere, 1419.
Laureys, meester van der donder-
bussen.
Louys Van Pursele, de ghelaesmakere.
Lodewyc Van der Molen, borduerwerkere, 1412.
Loden de Wolf, wapenmakere, 1417.
Meimart, de goutsmet.
Machiel, de copersleghere, 1393.
Merten de Loese, goutsmet, 1407.
Olivier Uselen, scildere, 1404.
Peter Werion, legwerkere, 1406.
Peter Lodewycs, legwerkere, 1407.
Peler Van den Sype, steenhouwere,
Reynere Pelgherim, goutsmet, 1410.
Symoen Van Gaspeldorne, vedelere.
Willem Uselen, Willemszone, copersleghere.
Vranke de Beckere, scildere.
Willem Van der Eyken, goutsmet.
Vranke Rullens, der statmeester.
Willem, de goutsmet.
Wouter Van Pede, ghelaesmakere.
Willem Van Sassen, goutsmet, 1394.
Willelmus Van Dorpt, der stadt cleerc,
Vranke, de copersleghere, 1405.
Vranke Van Pede, goutsmet, 1410.
Woutere Egloy, wapemakere, 1413.
Willem Clottaert, legwerkere, 1414.
Wouter Dobbel, goutsmeet, 1418. »
Confrérie de la Sainte-Croix, a Bruxelles. — Dans les" archives du prieuré de Saint-Jacques-sur-Caudenberg, à Bruxelles, dont la plus grande partie existe aujourd'hui aux Archives du royaume, on conservait un petit registre in-quarto de la confrérie de la Sainte-Croix, qui se trouve actuellement dans la magnifique bibliothèque de feu Mr Théodore de Jonghe, laquelle sera bientôt dispersée aux enchères en vente publique. Ce volume se compose de
36 feuillets de parchemin, et a pour titre : Dit syn de bmeders ende de susters van den heyleghen Cruce op Couivenberch, ende dit boec was ghescreven in 't jaer Ons Heren M CCCC ende LXIJ opten xiijslen dach van october ende de namen vervolghen de elc na sinen name na den a. b. c, c'est-à-dire en traduisant : Voici les frères et sœurs de la Sainte-Croix à Caudenberg; le livre a été écrit le 13 octobre 1462 (i), et les noms y sont inscrits dans l'ordre alphabétique. De même que le précédent dont nous avons plus haut publié des extraits, ce registre contient un certain nombre de noms d'artistes que nous nous sommes hâté de recueillir, dans la crainte que quelque amateur de manuscrits étranger ne vienne l'enlever à notre pays.
Le volume est orné en tête d'une mauvaise miniature, détachée, nous paraît-il, d'un volume plus ancien, et qui représente le Christ en croix accosté de la Vierge el de saint Jean; dessous ces figures se voient les armoiries de Philippe le Bon, duc de Bourgogue, qui ont été ajoutées plus tard. Le nom de ce prince figure en tête de la liste; il est suivi de ceux d'Adolphe de Clèves, seigneur de Ravestein, el de Philippe, son fils, etc. Tous les membres de la confrérie s'engageaient à assister à la messe qui se chantait pour le repos de l'âme d'un confrère décédé, le premier dimanche après l'enterrement.
A la fin du registre on lit de là même écriture que le titre : Dit boec was ghemacct in 't jaer Ons Heeren M CCCC ende Ixij, by her Gielys Strael, proost van Sinte- Iacobs-cloester op Coudenberch, in Bruesel, etc., welc boec inhoul de somme van bruederen ende zusteren omtrent viijc. Ainsi, en 1462, au moment de la rédaction du livre aux inscriptions des membres de la confrérie de la Sainte-Croix,
(i) Au dos de ce registre, on lit: 1452. C'est une inadvertance du relieur qui a restauré la plupart des registres du prieuré de Saint-. lac<pics-sur-Caudcubcrg dans le courant du dernier siècle.
par Gilles Strael, prévôt du prieuré de Coudenberg, ces derniers étaient au nombre d'environ huit cents. D'après Gramaye (i), la fondation de la confrérie remonte à Tannée 1583.
Dans l'extrait que nous publions ne figurent que les membres reçus au moment de la formation du registre, et seulement les noms qui avaient quelque intérêt pour notre recueil : plusieurs y sont inscrits avec leurs femmes. A cette catégorie appartiennent tous les tapissiers de hautlisse, brodeurs et orfèvres, que le registre de la confrérie de la Sainte-Croix renferme; maître Adrien Dullaert et Renier (Reynerë), l'un secrétaire et l'autre fabricant de registres (poechmakere) de la ville de Bruxelles, et les artistes que nous énumérons plus loin. Comme l'église de Saint- Jacques-sur-Caudenberg était contigue aux dépendances du palais des ducs de Bourgogne, à Bruxelles, et que la plupart des personnes qui avaient des emplois à la cour habitaient dans ce quartier, on ne doit pas s'étonner de les trouver en majorité parmi les confrères de la Sainte-Croix. Nous nous sommes borné à noter l'horloger Michel iMoens, Laurent Bruninc, chirurgien (surgyri) du duc; sire Jean de Brouwere, son chantre (zengherè), et Jean Van Herttinghe, son joueur de flûte (pipere); maître Josse Bruninc, chirurgien du comte de Charolais; Hugues Michot, chapelain de ce prince; enfin les rois d'armes Henri Van Heesselt, Jacques de Brey et Josse Van Pouken.
Les personnes dont nous faisons suivre ici les noms, se sont fait recevoir dans la confrérie postérieurement à 1462, date de la rédaction du registre : toutefois à en juger par les caractères de l'écriture, ces diverses inscriptions datent toutes du XVe siècle, et sont en grande partie antérieure à
(1) Bruxella, p. 6. Voy. aussi : Henné et Wauteiîs, Histoire de Bruxelles, t. III, p. 357.
la mort de Marie de Bourgogne : maître Jean Boudins, faiseur d'orgues (prghelere), sire (her) Simon Britonis, chantre, en 1473, du prince que nous venons de nommer (Mynsheeren zanghere); sire Constant, chantre également (lier Constans de senghere); Jean Boete, Renier Boote et Adam, maître d'écoles (scoelmees(ers); maître Jean Van Rokeghem, écrivain (scrivein), Jean Jolybois, tambourin d'un bâtard ducal; Nicolas (Colin) de Cerf, autre tambourin; maître Faes, artilleur de la ville de Bruxelles; plusieurs haute-lisseurs : Gilles Van Malle, Gilles Van den Putte, Gilles de Smet, dit Thonys; Henri Mets, brodeur; Jean de Chênes, dit Piccart, fabricant d'armes (wapemar kere); Nicolas de Raymakere, fabricant de glaives (sweert* veghere); PierreWillems, tailleur de pierres (steenhonwere); les orfèvres Jean Van Myerlaer, Jean Van der Kelder, Quentin Blangi , Guillaume Meerle et Gautier Van den Coutere; maître Jean Van den Berghe, architecte (meesier wercman) ou maître des ouvrages de maçonnerie du duc Philippe le Bon, en Brabant, et Guillaume, son fils; Rombaut Van Inghelghem, Renier Van der Grecht et Dalfim, peintres.
Parmi les inscriptions faites pendant les premières années du règne de Charles le Téméraire, il y en a deux de la même main, qui ont une autre importance; ce sont celles qui mentionnent les noms de l'orfèvre Jean Van der Weyden et du peintre Pierre Van der Weyden avec sa femme (Peeter Van der Weyden, scildere, ende syn wyf) : l'un et l'autre sont fils du peintre Roger.
Un examen attentif des diverses écritures du registre qui nous occupe, ainsi que des noms qu'il contient, nous a fait acquérir la conviction qu'il ne s'y trouve aucun nom appartenant au régne de Charles-Quint, ni aux premières années du règne de Philippe II : il y a dans les inscriptions une lacune évidente pour cette période, et l'on se sera proba-
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blement servi d'un autre registre, jusqu'à l'époque correspondante au gouvernement de Marguerite de Parme. Les dernières annotations ont été faites au temps où le duc de Parme gouvernait les Pays-Bas. On y trouve entre autres, le nom du peintre Franc Floris, mort à Anvers en 1570, celui de l'imprimeur Rutger Velpius, qui n'est venu s'établir à Bruxelles qu'en 1585 (1), et qui est le dernier nom de la lettre R.
Ce qui donne quelque poids encore à notre opinion, c'est l'absence du nom d'Olivier de la Marche dans le registre, car on ne peut douter qu'il ait fait partie de la confrérie, puisqu'il est le fondateur d'une messe à l'autel de la Sainte- Croix, et que son tombeau, aujourd'hi détruit, était placé au pied du même autel : 0. de la Marche mourut en 1501.
Voici maintenant des noms qui se rattachent plus directement aux arts, et qui sont mentionnés dans le livre de la confrérie de la Sainte-Croix : Arnould (Aert) Van der Voert et Eustache (Tassiri) de Cupere, tailleurs d'images (beeldesniders) (2); un enlumineur (verlichteré), appelé meester Drosys, qui ne peut être que Dreux Jehan, attaché au service de Philippe le Bon et de Charles, son fils, et dont nous avons parlé au § 16; les peintres Gérard de Lanlmelere, G. (Ghelden) Van den Assche, Henri Van Huseghem, Jean de Brune, Jacques Van der Wouwe, Jean de Roy et Roger Van der Weyden, qualifié de peintre de la ville, comme dans d'autres documents qu'a cités Mr Alph. Wauters, le biographe de ce célèbre artiste.
« Augustin Van der Moelen, legwer- Aert Van der Voert, beeldesnider.
kere. BertelmeusVan Holeer, borduerwerc- Meester Adriaen Dullaert, der stadt ker.
secrelarys van Brucssel. Bernaert Heyms, borduerwcrker.
Andries Doem, legwerckere. Bernaert Heyms, borduerwcrker.
(1) H. Bouselle, Annales de l'imprimerie à Mous, p. 127.
(2) Voy, % M.
Everaert Vrcderic.
Eclor Van Huseghem, goutsmet.
Gielys Oenbrugglie, goulsmct.
Gielys Van Lint, alias Van dcr Cleyen,
legwercker.
Gljeert de Lantraelere, scildere.
Godevaert Taye, bordurwercker.
Gherem Fierkens, bordurwerker.
Ghelden Van den Assche, scildere.
Her Doem, Iegwerckere.
Heinric Van Huseghem, scildere.
Her Hughe Michot, capellaen myns-
lieren van Chaerloes.
Heinric Van Moelenbeke, goutsmet. Heinric Van Heesselt, coninc van der Mengy Valye, taboryn.
wapcnen. Meester Drosys, verlichtere.
Meester Joes Bruninc, surgyn myns- Peeter Van Vrclant, borducrwerkerc.
Jan Timmcrman, borduerwercker.
Jan de Roy, scildere.
Jan de Tollenere, goutsmet.
Jan Vranx, bordurwercker.
Jacob de Brey, coninc van Brabanl.
Jorys van Pouken, coninc der wapcnen van Vlaenderen.
Her Jan de Brouwere, zenghere mynshere 'tsherloge. v
Meester Laurcis Bruninc , surgyn Mynshcren.
Machiel Moens, orloymaker.
Meester Roeger Van der Weyen, der stad scilder.
heren van Charlos.
Jan Van Holeer, bordurwerkere.
Jan de Brune, scildere.
Jan Visse, legwercker.
Jan Van dcr Gauticren, legwercker.
Jan Van dcr Noct, goutsmet.
Peter Scoepe, Iegwerckere.
Peler Struve, legwerker.
Reynere, der stad boechmakcre.
Steven Van Hadocht, borduerwercker.
Tassin de Cupere, beeldcsnidere. Willem Hannemans, legwercker.
Jan Van Grimbcrglicn , boerduer- Winant Van Eldert, goudsmet.
wercker.
Jacob Van den Wouwe, scildere.
Jan Van Herttinghe, pipere Myns-
beren.
Jan Van Malle, legwercker.
Willem Embrechts, legwercker.
Willem Gaetman, Iegwerckere.
Wouter de Voeslere, Iegwerckere.
Willem de Coninc, legwerker. »
Mr C. Ruelens a publié récemment dans la Revue d'Histoire et d'Archéologie, t. II, p. 220, un article sur le registre de la confrérie de la Sainte-Croix, où l'on trouvera quelques détails sur le règlement de cette association religieuse.
§ 70. Peintreso
Sommaire : Pierre, peintre de Hainaul, en 1417. — Portrait de Marguerite de Bourgogne, veuve de Guillaume IV, comte de Hainaut. — Antoine, peintre liégeois, en 1475. — Tableau du Jugement du Christ pour le conseil de Namur. — Amendes pécuniaires consacrées à des objets d'art. — Chrétien Brun. — Restauration des tableaux du palais du grand conseil, à Malines.
— Lucas et Nicolas Van Nevele. — Ant. Van den Wyngaerde. — Tableaux de ce maître en Espagne. — Lettres de P. -P. Rubens à J. de Bie, graveur, et à l'archiduc Albert d'Autriche. — Tableaux divers de Rubens qui existent ou existaient en Espagne, à Gand, à Malines et à Maiiagne. — Quelques particularités inédites pour la biographie de cet artiste. — Et. Van Schooren, graveur. — J. Brueghel, dit de Velours. — Evrard Van Remunde. — Paul Van Somere. — Olhon Venius. — Portraits des archiducs pour le couvent de Marlagne, près de Namur. — D. Zeghers. — H. De Clerck. — Tableau de l'église de Saint-Josse-ten-Noode. — J. Francquaert. — Fr. Du Chaste!.
— Portrait de Charles II pour le conseil de Brabant.
Pierre. — Guillaume IV, comte de Hainaut, mourut en 1417 : il avait épousé à Cambrai, en 1385, Marguerite de Bourgogne, fille aînée du duc Philippe le Hardi et de Marguerite de Maie. Nous avons dit ailleurs que les fêtes données à l'occasion de ce mariage ont fait l'objet d'un petit poëme composé par Jean de Malines (î). La veuve du comte de Hainaut avait la terre et seigneurie de Baudour pour douaire, et elle faisait de fréquents séjours dans le château de celte localité. Cette princesse mourut le 8 mars 1441 (n. st.) (2). En 1417 ou 1418, elle fit peindre son portrait avec l'écusson de ses armes, pour être placé dans la chapelle de Saint-Antoine en Barbefosse, sous Havre, près de Mons : nous parlerons plus loin des belles verrières dont elle enrichit ce petit édifice à la même époque. L'auteur de ce tableau est un certain Pierre, qui habitait probablement la
(1) Voy. nos articles dans le Bulletin du Bibliophile belge, t. XII, p. 28, et dans la Bévue trimestrielle, t. XIII.
(2) Registre n° 8661, 2°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.