IV. Compte de la Saint-Martin
« Exposita de pertinentibus ad libros.
« Primo, pro v libris et xiij unciis cupri, pro qualibet vij den. ob. ; facil iij s. vij 1/2 d.
Pro xij cordis cupreis ad premendum corium ligature, v d. xviij mil.
Pro corio albo pro ligaminibus librorum, iij d.
Pro una pelle vilulina et preparacione ejus, ix d. vj mit.
Pro corio porcino et preparacione ejus, xvij d.
Pro x assisiis magnis in primo gradu et pro v minoribus in secundo gradu, et pro tribus assisiis triangularibus et xijclavis cupreis magpis, simul v s. j d.
Pro c clavis parvis de spintris, j 1/2 d.
Pro j duodena de xxviij, xvj stuferos, et pro j duodena de xxxij, xix stuferos, et pro j de xxx, xviij stuferos, in nundinis Pentliecostis; simul xiij s. iij d.
Pro duobus asseribus ad libros ligandos, ij s. vj mit.
Pro materia Omeliarii a domino Leodiensi nobis donati, salvo quod solvemus pergamenum, dedi procuratori Leodiensi de v 1/2 duodenis de xxxvj, pro qualibet xxvj stuferos; facit xxxv s. ix d.
Pro tribus unciis azurii de meliori, v s. iiij 1/2 d.
Pro sectione unius asseris, v d.
Pro v pellibus franceni pro litteris nostris, xij d.
Pro duobus coriis porcinis, ij s. v 1/2 d.
Pro viij clavis cupreis magnis, vij d.
Pro iiij libris cum dimidia cupri cum filis cupreis, simul ij s. vj 1/2 d.
Pro preparacione unius corii, j. d. vj mit.
Pro decurtacione et acucione ijc parvorum clavorum cupreorum, ij 1/2 d.
Pro duobus foliis magni papiri, j d. vj mit.
Pro xv magnis et x assisiis in secundo gradu, et x in tercio gradu, et pro iiij magnis clavis et quatuor parvis sub libris, simul iiij s. v d.
Adhuc pro j libra cupri et filis cupreis, ix d
Pro ij unciis vermelii, vj d.
Pro c spintris acutis cum capitibus, ij d.
Pro acuendis clxxv cupreis clavis, ij d. xviij mit.
Pro iij unciis mascot et pro j quartena fili cuprei, iiij d. vj mit.
Pro j libello de Paciencia Job in papiro gheprint, xviij d.
Pro xx foliis auri, pro Anthonio Tonis, xv d.
Pro albo corio spisso pro ligaminibus librorum, xxj d.
Pro duobus coriis vitulinis pro libris, xvj 1/2 d.
Pro c clavis cupreis parvis, iij d. »
Oulre ces dépenses pour les livres, consignées, comme on le voit plus haut, dans un chapitre spécial, on en trouve encore ça et là d'autres qui n'ont pas été transcrites à leur place par le receveur du couvent. Voici les notes princi-
pales que nous avons recueillies : nous avons négligé les achats de fils de cuivre, de gomme arabique, d'azur, de vermillon, etc.
Compte de la Sl-Martin 1464-1465. — « Pro spisso coreo ad libros, xv den.
Cuidam famulo magistri Ottonis, pro quaternis quos pluribus vicibus portavit de Mechlinia, vij d.
Arnoldo Wekere, portanti pergamenum et reportanli Bibliam ad ligandum versus Diest, xviij d.
Pro vectura tercii vol uni in is Bihlie ligali in Zeelem ad Bruxellas, ix d.
Anthonio Bloc, de libris allatis et reportatis in Viridi Valle, ij d. vj mit. »
Compte de la Sl-Martin 1467-1468. — « Cuidam portanti primum volumen Légende Sanclorum de domo Silve, pro labore suo dedi, iij d. *
Joanni Sorenberghe, qui portavit hic magnum librum, dedi iij d. »
Compte de la Sl-Marlin 1468-1469. — « Pro uno instrumento van borslclen om printen, xviij mit.
Pro vita et passione Christi in papireo libello depictis, etpro ymagine crucifixi pro fratre Johanne Moens, simul iiij d. vj mit. »
Ces nouveaux extraits viennent ajouter des détails importants à ceux qui nous étaient acquis déjà. Il en ressort que maître Olhon, calligraphe que les chartreux de Scheut employèrent fréquemment, demeurait, paraît-il, à Maiines; que ces religieux firent copier par Antoine Bloc plusieurs volumes que celui-ci avait empruntés pour eux aux chanoines réguliers de Groenendael, et que les chartreux de Zeelhem, près de Diest, s'occupaient de la reliure des manuscrits (i).
Nous ferons remarquer aussi cet instrument ou brosse pour imprimer (van borstelen om printen), qui fut acheté en 14G8 ou 14G9. Il ne faut pas aller toutefois s'imaginer qu'il s'agit ici de quelque ustensile nécessaire à l'usage d'une presse, et en déduire que l'art typographique était exercé par les chartreux de Scheut. Le mot printen a déjà
(1) Pins haut, il est question d'un Calholicon qui fut relié par eux en 1465.
fait commettre assez d'erreurs, et tout récemment Mr Van Even a cru pouvoir revendiquer au nom d'un couvent situé près de Malines (1), l'honneur d'avoir introduit l'imprimerie dans notre pays. D'après nous, il ne s'agit dans notre texte que d'une sorte de tampon pour l'impression d'images. Ce renseignement a toujours une certaine valeur, en ce qu'il nous apprend que dans le couvent qui nous occupe, on se livrait à ce travail. Nous inclinons à croire que ces images n'étaient que de petites bannières avec la représentation de Notre-Dame de Scheut, destinées aux personnes qui venaient en pèlerinage, car, si des religieux s'étaient vraiment adonnés à la gravure, nous aurions probablement trouvé dans les comptes de 1464 à 1470 quelques achats d'objets ou d'ustensiles à leur usage.
Les recettes des comptes nous fournissent également des renseignements curieux; nous transcrivons les passages qui sont relatifs aux livres.
Compte de la Sl-Martin 1465-1466. — « A Wilhelmo Tonis, super illuminacione quam fecit sibi vicarius noster, que deputata sunt pro asurio et usibus librorum, iiij florenos Arnoldi et postea adhuc ix stuferos, simul xiij s. iij d.
Adhuc a Wilhelmo Tonis, de ligatura Psalterii et Missalis, viij s. vj d. »
Compte de la Sx-Martin 1466-1467. — «< De illuminacione Diurnalis domicelle Elizabet Thonis, monialis in Foresto, quod frater Arnoldus illuminavit, prelerea quod Arnoldus habuit pro viatico, recepi xviij d. »
Compte de la Sl-Marlin 1467-1468. — « De ligatura diversorum librorum pro canonico Anderlectensi, recepi diversis vicibus ij lib. xj s.
Adhuc de librorum ligatura pro canonico Anderlectensi recepi viij s. »
Compte de la Si-Martin 1468-1469. — « De illuminacione quarumdam magnarum lilterarum in Anliphonario domus Septem Foncium et de quibusdam litteris illuminatis in Gradali, recepi vij s. vj d.
De illuminacione partis Diurnalis pro domo Sancti Joannis in Angia, recepi iij s.
(1) Journaux de 1860.
Anno [xiiijc] lxvj0, prior Oliverus domus Antwcrpie mutuavit mibi ix lib.gr. Brabancie, in quarum defalcacione scripsimus sibi ununi Psalterium et unum Gradale, quorum precium, computalum ij 1/2 duodenarum pergameni et xij 1/2 sluferos pro ligatura eorumdem, ascendebat, prout est computatum cum priore Olivero, ad vj lib. v s.; que summa, qualiter nundum scripta fuit, tanquam per me recepta, hic tanquam recepta computatur; facit vj lib. v. s. »
Ces quelques lignes offrent aussi leur, part d'intérêt. Elles nous apprennent que Guillaume Tonis fit relier à Scheut des manuscrits qu'il avait sans doute copiés, notamment un psautier et un missel, et que lé vicaire du couvent, dont le nom n'est pas connu, fit pour lui des travaux d'enluminure : nous avons vu ailleurs que G. Tonis exécuta plusieurs volumes pour compte des cénobites de Scheut. Ces derniers relièrent, en 1468, divers livres pour des chanoines de l'église de Saint-Pierre, à Anderfecht.
Mais ce que ces extraits des dépenses du couvent nous font connaître de plus intéressant, ce sont les particularités suivantes, qui prouvent que de 1465 à 1469, seules années que nos extraits embrassent, plusieurs chartreux s'occupaient de l'ornementation des manuscrits. Nous avons déjà cité le frère Antoine. En 1467, frère Arnould enrichit d'enluminures un livre d'heures pour Elisabeth Tonis, religieuse de l'abbaye de Forêt. Deux ans plus lard, il est question d'un anliphonaire et d'un graduel , enluminés, pour le prieuré de Sept-Fontaines, dans la forêt de Soigne, et d'une partie d'un livre d'heures pour un couvent d'Enghien.
Le dernier alinéa parle d'un psautier et d'un graduel, qui furent écrits et reliés à Scheut pour Olivier, prieur du couvent [des chartreux?] d'Anvers, le tout pour la somme de 6 livres 5 sous.
Beckem (Jean). — Nous avons vu dans la Bibliothèque de Dusseldorf, en 18;ii), un manuscrit, sur papier, petit in-octavo, d'une jolie écriture, provenant du couvent de
Marienvrede, près de Wesel (Prusse rhénane), et qui contient trois traités différents, savoir : 1° De Imitatione Christi, à la fin duquel on lit : Finitum et completum per me fratrem Johannem Beckem in profesto lace evangelisle sub anno domini m0 cccc Ixvij in Buscoducis; — 2° Libri sex sancti Effremi diaconi, opuscules qui se terminent par ces mots : Per me fratrem Johannem Beckem sub anno incarnationis domini m° cccc Ixvij in Buscoducis feria quinta quatuor temporum ante natale; — et o° Liber sancti Basilii, etc., dont l'explicil est à peu près semblable à ceux des traités qui précèdent : Per me fratrem Johannem Beckem anno incarnationis domini m° cccc Ixvij ipso die sancti thome apostoli in Buscoducis. On voit par là que le frère Jean Beckem a copié tout ce manuscrit à Bois-le-Duc, dans le dernier trimestre de l'année ]467.
Marmion (Simon), — peintre et enlumineur de Valenciennes, fut, à en juger par les témoignages de ses contemporains, un des artistes les plus habiles du XVre siècle. Celte réputation nous paraît justifiée par l'importance des travaux qui lui furent confiés. Mr le comte de Laborde a inséré dans le t. Ier de son ouvrage des Ducs de Bourgogne (i), qui a vu le jour en 1849, une note constatant que dans le courant de l'année 1467, Marmion toucha une somme de 100 livres à compte du travail dont le duc de Bourgogne l'avait chargé : il devait « ystorier, enluminer »et mectre en fourme ung bréviaire que Monditseigneur a »fail faire pour servir à dire ses heures » . Cet extrait d'un compte existant aux Archives de Lille n'était pas inédit, car, déjà en 1841, Mr le docteur Le Glay l'a publié dans son Mémoire sur quelques inscriptions historiques du département du Nord, et nous savons par lui que la note date
(i) Preuves, n° 1922, p. 496.
du mois d'avril, et par conséquent qu'il s'agit dans le texte de Philippe le Bon. Ce fait est important, puisque l'année 1467 est précisément celle de la mort de ce prince. De notre côté, nous avons été assez heureux pour retrouver dans un compte reposant aux Archives du royaume (i), une description complète de ce bréviaire, qui était donc à l'usage de Charles le Téméraire. L'œuvre ne fut achevée qu'en 1470, et Marmion reçut pour son salaire, y compris les avances qui lui avaient été faites depuis 1467, la somme très-importante de 490 livres 15 sous, de 40 gros de Flandre, la livre. La note de ce payement est conçue en ces termes : *
I. « A Simon Marmion, enlumineur, la somme de vijxx xviij livres xv solz, de xl gros, pour pluseurs parties d'istoires, vignettes, lettres et autres parties par luy failles ou bréviaire de Monseigneur, ainsi qu'il s'ensieult :
Et premièrement, pour avoir historié et vignette le calendrier dudit bréviaire et fait le signetz y parlineus en chascun des douze mois de Tan, au pris de xxiiij solz pour chascun mois, font : xiij livres viij s.
Item, pour Ixxviij quayers vignettez et furniz de histoires pour ledit bréviaire, contenant chascun quayer huit feuillez, au pris de xl s. pour chascun quayer, font : vijxx xvj liv.
Item, pour unze histoires de couleurs failtes oudit bréviaire, au pris de iiij livres x s. chascune histoire, font : xlix liv. x s.
Item, pour iiijxx iiij histoires d'autres couleurs faittes oudit bréviaire, au pris de Ix s. pièce, font : ijc xlix liv.
Item, pour ijm vc lettres de deux poins faiz oudit bréviaire, au pris de vj s. le cent, font : vij liv. x s.
Item, pour vm viijc lix lettres d'ung point faites oudit bréviaire, au pris de iij s. le cent, font : xj liv. xiiij s. vj d.
Et pour cv lettres de v, vj et vij poins servans emprez les histoires oudii bréviaire, au pris de vj deniers ebascune lettre, font : lij s. vj d.
Montent ensemble toultcs lesditlcs parties à la somme de iîïjc iiijxx x liv. xv solz, sur quoy ledit Simon a receu en prest par les mains de Monseigneur et de l'évcsque de Salubryc iijc xxxij liv. »>
II. « Au révérend père en Dieu messire Enguérant, évesque de Salubryc, (1) Registre n° 102"), f" iii,jr Ixxiiij v°, de la chambre «1rs comptes.
conseiller et confesseur de Monseigneur, pour avoir fait relyer le bréviaire de Monditseigneur, réparer les histoires et companiser (sic) les fuelletz dudit bréviaire, par marchiet fait avec l'ouvrier : xviij livres. » (1)
Jean Molinet a consacré à la louange de Simon Marmion, son concitoyen, une longue épitaphe en vers, que Mr Le Glay a fait connaître le premier d'après un manuscrit de la Bibliothèque de Cambrai (2), et qui depuis a été reproduite entièrement par Mr le comte de Laborde (3), et en partie, d'après lui, par d'autres publicistes (4). Molinet et d'Oultreman, dans son Histoire de Valenciennes (s), ne sont pas les seuls auteurs qui aient dans leurs écrits conservé le souvenir du talent de Marmion et de la célébrité dont cet artiste a joui. Jean Lemaire, dans son poëme de la Couronne marg art tique, si souvent mis à profit par les écrivains qui s'occupent de l'histoire des Beaux-Aris, le qualifie de
prince d'enluminure,
Dont le nom croist, comme paste en levain, Par les effecls de sa noble tournure.
Ne perdons pas de vue que Lemaire est natif de Bavai, à quelques lieues de Valenciennes, et qu'il a rédigé sa composition poétique à peu d'années de distance de la mort de Marmion, décédé, comme le dit son épitaphe, en 1489.
Le manuscrit d'où Mr Le Glay a extrait l'épitaphe de Marmion, contient encore ce qui suit : « La table d'autel «de la chapelle Sl-Luc est de cest excellent ouvrier Mar- »mion, digne de très-grande admiration, singulier en la «draperie, relèvement de platte peinture que l'on jureroit
(1) Registre n° 1925, cité, f° iiijc liiij.
(2) Mémoire sur quelques inscriptions historiques du département du Nord; Lille, 1841; p. 27.
(3) Les Ducs de Bourgogne, Preuves, t. II, p. xxvn.
(4) Dehaisnes, De l'Art chrétien en Flandre; Peinture,- p. 239.
»que c'est pière blanche, qui n'y prendroit garde de bien «près, et surtout en la table d'autel la chandelle qui sarnble »vrayement ardre. »Il ressort évidemment de ce texte que Simon Marmion a peint des grisailles dans la chapelle consacrée à saint Luc, et que le maître-autel était orné d'un tableau de sa main. Simon Leboucq, qui écrivit son Histowe ecclêsiasticque de la ville et comté de Valentienne en 1630 (t), nous dit que la confrérie de Saint-Luc fut érigée en 1460, et que la chapelle de ce nom était située derrière le chœur. On peut donc assigner approximativement une date à ces travaux de Marmion. Celui-ci est du reste déjà cité comme maître peintre en 1458 (2). Il fut peut-être, on peut le supposer avec grand fondement, doyen de la corporation des peintres, enlumineurs, etc., de Valen-^ ciennes, lors de l'érection de la confrérie, et c'est dans celle circonstance, qu'il aura fait don des tableaux.
Dans les notes sur des artistes publiées par Mr Van Even (5), et extraites du manuscrit de J. Molauus, intitulé : Historiée Lovaniensium libri XIV, on lit qu'autrefois l'hôpital de Louvain possédait un tableau, représentant la Sainte Vierge, peint par Simon Marmion, natif de Valenciennes, dit l'historiographe latin. Cet objet d'art avait élé donné à l'établissemeut par Velasquez de Lucerna, orateur de Marguerite d'York, duchesse douairière de Bourgogne, à l'influence de laquelle on doit la réforme de l'hôpital dans la seconde moitié du XVe siècle. Mr Van Even rappelle à propos de cette particularité que L. Guicciardini parle deux fois (4) de Marmion dans la dernière édition de son ou-
(i) Elle a été publiée, il y a quelques années, par i\lr Arthur Dinaux
(2) Revue universelle des arls, t. XI, p 47 (note de M"* DE la Fons-Mélicocq).
(j) De dietsche warandc; Amsterdam, 4* année, p. 29; — Van Evkn, Louvain monumental, p. 27!).
(4) P. 129 et 57H. Dans l'édition latine de l'ouvrage de Guicciardini, qui a tii' imprimée a Amsterdam, en I(il3, on a tantôt écrit Marin ion US et tantôt Harmionus (p. 88 cl 277), et Fauteur de la traduction en a fait deux person ni:s distinctes à la table.
vrage, à laquelle il donna ses soins, et qui parut à Anvers en 1588, chez Plantin, peu de mois avant sa mort. L'écrivain italien le qualifie d'excellent peintre et d'homme lettré. Nous ignorons sur quel témoignage cette dernière appréciation est basée.
Mr Ad. Siret (i) est tombé dans l'erreur en classant l'artiste valenciennois dans l'école française et en avançant qu'il fut « nommé peintre de Philippe le Bon » : Marmion n'eut jamais ce titre.
Mr de la Fons-Mélicocq dit dans une note que plusieurs tableaux très-estimés de Simon Marmion, qui ornaient l'église abbatiale de Saint-Jean à Valenciennes, ont été détruits avec cet édifice, par le feu en 1519 : d'après S. Leboucq (2), et son témoignage est ici irrécusable, cet incendie est arrivé le 11 juin 1520.
Simon Marmion eut pour femme Jeanne de Quarouble(3). Il avait un frère, dont le prénom était Mille (Emile?), qui exerçait la même profession que lui. L'un et l'autre furent admis comme francs-maîtres dans la corporation des peintres, verriers, enlumineurs, etc., de la ville de Tournai, le premier, à la date du 27 avril 1468, et le second, le 15 juillet 1469. Il ne faut pas en inférer qu'ils aient habité celte ville, placée alors sous la domination des rois de France. Nous rappelerons ici l'opinion que nous avons émise le premier dans notre Histoire de la tapisserie de haute-lisse, et qui a été acceptée par le juge rapporteur de notre mémoire académique, Mr Éd. Fétis (4) : c'est qu'il ne faut voir dans cette inscription au registre de la corporation de Tournai qu'une formalité exigée probablement par les statuts, pour que les cartons fournis par des peintres étran-
(1) Dictionnaire des peintres; 1848; p. 231.
(2) Histoire ecclésiasticque de la ville et comté de Valentienne, p. 28.
(3) Ibidem, p. 34
(4) Bulletins de l'Académie royale de Belgique, 2e série, t. VIN, nos 9 et 10,