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gers à la ville, pussent être exécutés en tapisseries par les haulelisseurs tournaisiens. Emile Marmion et Nicolas (Colinet), son fils, vivaient encore en 1499 (i).

La comtesse douairière de Narnur, dame de Bélhune et de Peteghem-lez-Audenarde, et veuve de Jean III, avait, en 1445, un secrétaire du nom de Michel Marmion (2).

Du Quesne (Jean). — Spierinc (Nicolas). — On connaît l'ordonnance sur « l'Estat de la maison du duc Charles de «Bourgogne, » qui fut composée, en vertu d'ordres de ce prince, par Olivier de la Marche, au camp de Neuss, en novembre 1474. Peu d'années auparavant, en 1469, le due avait déjà introduit des réformes dans le personnel et le règlement de son hôtel. Un écrivain de Lille, Jean du. Quesne ou du Chesne, avait été chargé de faire, plusieurs copies sur parchemin des nouvelles ordonnances, et Nicolas (Clay) Spierinc, enlumineur, de les orner « d'isloires, » de vignettes et de lettres dorées. » Le garde-joyaux Jacques de Bregilles en fît relier avec luxe un exemplaire pour l'usage personnel de Charles le Téméraire, selon toute probabilité. A en juger d'après la description des manuscrits illustrés par le pinceau de Spierinc qui nous a été conservée, ces copies des ordonnances ducales devaient être richement décorées de miniatures et de lettrines. Voici les extraits des comptes qui en font mention.

I. « A Jehan du Quesne, escripvain, demeurant a Lille, pour six quayers de parchemin, et en icculx escript et grosse de sa main les ordonnances de Tostel de Monseigneur: iiij liv. xvj s. (5). »

II. « A Jacques de Bregilles, garde des joyaulx, pour avoir fait relier et met-

(i) Revue universelle des arts, loe. cit.

(2) Comptes de la seigneurie de Peleghem, aux Archives du royaume.

(3) Registre n° 1924, f° iy iiijxx iiij i<>, de la chamhrcdcs comptes, ibidem.

Ire en aixle livre où sont escriptes toutes les nouvelles ordonnances de Monseigneur, et pour une bourse de cuir jaune à mettre ledit livre, xxvj s. (1). »

III. « Item, cinq quartiers de velours bleu dont a esté couvert un livre où sont escriptes les ordonnances de l'ostel de Monseigneur : lxxv s. (2). »

IV. « A Claey Spierinc, enlumineur d'istoires , la somme de xlv livres, de xl gros, pour pluiseurs parties d'istoires, vignettes et autres par luy faictes du commandement de Monseigneur en hait livretz où sont escriptes toutes les ordonnances de l'ostel de Monditseigneur, ainsi qui s'ensieut, assavoir :

Premièrement, pour huit histoires faictes èsdits huit livrez, assavoir en chascun livret une histoire, au pris de xvj s. pièce, font : vj liv. viij s.

Item, pour xvj grandes vignettes faictes èsdits huit livretz, assavoir en chascun livret deux, à x s. pièce, font : viij liv.

Item, pour iiijxx viij petites vignettes faictes èsdits livretz, assavoir en chascun livret xj vignettes, à xij deniers pièce, font : iiij liv. viij s.

Item, pour xxiiij peaulx de vellin employez èsdits livretz : xlviij s.

Item, pour iij grandes lettres dorées faictes en chascun desdits huit livretz, en tout : xxxij s.

Item, pour lier et lister lesditz livretz, à vj s. pièce, font : xlviij s.

Item, pour avoir envoyé querre lesdictes histoires de Bruxelles en Anvers : xij s.

Et pour l'escripture et cadelure desdits livretz et cibaurye où il n'a aucune enluminure, à xlviij s. chascun livret, font : xix liv. iiij s.

A luy, la somme de xxxiiij livres xiiij solz, pour pluseurs autres histoires, lettres, vignettes et autres parties par luy faictes en ung livre contenant les ordonnances des chevaliers et escuïers de l'ostel de Monseigneur, pour mettre en garde devers luy, ainsi qui s'enssuyt, assavoir :

Premièrement, pour une histoire faicte aucommenchement dudit livre : xviij s.

Item, pourix vignettes faictes en icellui livre, à vj s. pièce, font : liiij s.

Item, pour ciiij grandes lettres faictes en icellui livre, à iij d. pièce, font : xxvj s.

Item, pour lxxvj petites vignettes faictes oudit livre, à xij d. pièce, font : Ixxvj s.

Item, pour l'escripture, estoffe, cadelure et autres cybauries faictes oudit livre où il n'a aucune enluminure, pour tout : xxiiij liv.

Et pour avoir porté ledit livre de Bruxelles à La Haye, en Hollande, comprins son retour : xl s. (3). »

(1) Begistre n° 1924 cité, f<> iijc v v°.

(2) Ibidem, f° iijc viij v°.

(3) Ibidem, f° ecc xxij r°.

Nicolas Spierinc était non-seulement enlumineur, mais aussi écrivain de livres, comme beaucoup de ses contemporains qui exerçaient la même profession. Nous en avons la preuve dans la note inédile suivante qui appartient a Tannée 1469 :

« A Clay Spierinc, escripvain, pour ses painne et sallaire d'avoir escript du commandement de Monseigneur, aucunes oroisons pour Monditseigneur : xij liv. x s. (I). »

Jean du Quesne ou du Chesne, que nous avons cité plus

haut, est ce même écrivain auquel on a voulu attribuer

une traduction libre des Commentaires de César, d'après la

souscription qui se lit à la fin de deux manuscrits de cet ouvrage, existant l'un dans la Bibliothèque royale de Copenhague (2), l'autre dans la Bibliothèque impériale, à * Paris (3), et d'où il résulte que notre scribe vivait encore en 1474. Van Praet, dans ses Recherches sur Louis de Bruges, p. 232, rappelle les titres de quelques autres manuscrits dus à la plume du calligraphe lillois.

De Maisereulle (Philippe). — Roeland (Jean). — Un compte, qui comprend les confiscations faites sur les Français pour cause de guerre avec Louis Xï, depuis le 22 juillet 1479 jusqu'à la Noël 1480, nous fait connaître les noms de deux « escripvains de livres » qui habitaient Bruges : Philippe de Maisereulles et Jean Boeland ou Rollant. Ce dernier fait part au receveur des confiscations de la succession que laissait ouverte la mort de son confrère, arrivée, ainsi que celle de sa femme, peu de temps avant l'époque que nous venons de citer, parce que les défunts étaient sujets du roi de France ou « forains, et que nul ne s'estoit

(1) Registre n° 1924 cité, f° ij° Ixxviij v°.

(2) Abraiiams, Description des manuscrits français du moyen-âge de la Bibliothèque royale de Copenhague, p. 70; Copenhague, 18ii.

(3) Paulin Paris, Les manuscrits f'runçois, etc., t. II, p. 299.

» fondé leur héritier (î). » Philippe de Maisereulles el sa compagne habitaient leur propre maison dans la rue dite Paerderstrate : il était tout à la fois écrivain et enlumineur de livres. Jean Roeland reçut 3 livres pour le droit de dixième denier qui lui revenait du chef de sa dénonciation. Ces deux artistes ne figurent pas dans la liste publiée par Mr l'abbé Carton, dans la Biographie des hommes remarquables de la Flandre orientale, t, IV, p. 150, liste qui fut dressée d'après un registre aux recettes et dépenses de la confrérie des libraires de Bruges, constituée en 1454, lequel existe à la Bibliothèque de cette ville.

I. « En la dessusdicte ville sont aussi allez de vie à frespas Pheîippe de Maisereulles, en son vivant escripvein de livres, et sa femme, et a esté leur succession prinse et mise en la main de Monseigneur pour ce que leurs hoirs et héritiers sont demourans et eulx tenans en parti contraire, dont Testât n'est encoires faict parce qu'il semble de prime face, par les livres dudit Pheîippe escrips de sa main, qu'il seroit redevable à diverses personnes en pluiseurs et diverses sommes de deniers, etc. (2). »

II. « A Jehennin Roeland, escripvein de livres, lequel premièrement donna à cognoistre ad ce commis que feu Pheîippe de Maisereulles, aussi escripvein et illuminer (sic) de livres, ensemble sa femme estoient trespassez en la ville de Bruges, et que le frère dudit Pheîippe et autres hoirs et héritiers desdicts trespassez estoient demourans en parti contraire, etc. (5). »

III. « A Jehan Rollant, escripvain, demourant à Bruges, lequel premièrement donna à congnoistre et adverti ce commis des successions de feux Philippe de Maizerolles et de sa femme, etc., pour son droit du xe denier ; Ix solz (4). »

Attavante degli Attavanti. — Tous ceux qui s'occupent de l'histoire des Beaux-Arts, ont vu ou connaissent par des descriptions le superbe missel qui fut exécuté, de 1485 à

(1) Registre n° 19721, f° lxv v°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume. Au f° iiijxx xviij r°, il est appelle de Maizerolles.

(2) Registre n° 19720, f°xlij v°, ibidem.

(3) Ibidem, f° lxxix r°. t

(4) Registre n° 19721 cité, f° iiij " xviij v°.

14-87, à Florence, par le célèbre enlumineur dont nous inscrivons le nom en tète de cet article, aux frais de Matthias Corvin, roi de Hongrie, et que l'on conserve aujourd'hui à la Bibliothèque de Bourgogne, dont il fait le plus bel ornement (1). Plusieurs écrivains ont parlé de cet artiste, et pour ne pas rappeler ici ce qui a été dit de ses travaux, nous nous contenterons de renvoyer à l'article que le Cabinet de l'Amateur et de V Antiquaire (2) a reproduit, en 1844, d'après un dictionnaire biographique publié en Angleterre, et dans lequel les détails que l'on possède sont réunis. Depuis lors une nouvelle édition de l'ouvrage de Vasari a paru dans ces dernières années, qui laisse bien loin derrière elle toutes celles qui l'ont précédée. Nous croyons faire chose utile en indiquant ici les endroits où le biographe italien parle de l'enlumineur de Florence : t. IV, p. 4.0; t. V, p. 54 et p. 63. Les savants et laborieux éditeurs de l'édition dont il est ici question, ont ajouté aux renseignements de Vasari des commentaires du plus haut intérêt, dans l'un desquels (t. V, p. 55-59) on lit qu'il n'existe que deux manuscrits parfaitement authentiques avec miniatures d'Attavante, parce qu'ils sont les seuls qui portent son nom, et que l'un des deux est celui de Bruxelles, dont la première grande miniature contient celte inscription : ACTAVANTES DE ACTAVANT1BUS DE FLORENTIA HOC

opvs illvminavit. a. d. m. cccc. lxxxv : ailleurs on lit cette date : Actvm florentine, a. d. m. cccc. lxxxvii. Dans un autre article que les éditeurs modernes de Vasari ont con-

fia N° 9008. Ce manuscrit a été décrit par l'abbé Chevalier dans les Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles, t. IV, pp. 495i>02; 1781; par La Serna Santander, Mémoire historique sur lu Bibliothèque dite de Bourgogne, pp. 59-40; 1809; et par Fl. Frocheur, dans sa Notice sur la Bibliothèque de Bourgogne, qui a été insérée dans le Messager des Sciences historiques; Gand, 1S59.

(2) T. III, p. 424; Paris.

sacré à noire enlumineur (t. VI, p. 174), ils reproduisent un passage d'un auteur italien qui constate que la bibliothèque du marquis d'Esté contenait un grand nombre de volumes exécutés par Atlavante, pour le roi Matthias Corvin (i), et de plus, dans une description qu'ils font de manuscrits enrichis d'enluminures (t. VI, p. 193-324), existant en Italie, ils attribuent à cet artiste différentes miniatures. Enfin, dans une série de documents inédits puisés aux sources les plus authentiques (t. VI, p. 333), ils prouvent qu'Attavante vivait encore en 1511. Dans le Raccoltà di lettere sulla pittura, scaltura, etc. (Rome, 1 759), t. III, pp. 223-224, nos clvij et clviij, sont publiées deux lettres, datées Tune du 7 février 1483, et l'autre de l'année 1484, et signées : Vante, miniatore del vescovo di Dolo. Les biographes n'ont pas hésité à les attribuer à l'artiste florentin. Voilà donc deux dates acquises pour sa biographie, 1483 et 1511. D'après les érudits commentateurs deVasari (t. V, p. 55), il était fils de Gabriel di Vante di Francesco. Nulle part son nom de baptême n'est indiqué : dans un document latin de 1508, il est appelé Vanti de Octavantibus; dans un compte rédigé en italien, de la même année, on le désigne sous le nom de Vante di Ghabriello. Nous croyons avoir découvert ce prénom. Parmi les papiers provenant de Marie de Hongrie, que les Archives du royaume possédaient encore en 1860, et qui ont été cédés à l'Autriche, se trouve transcrit sur une grande feuille de papier, un compte

(1) Consultez sur la riche bibliothèque que ce prince avait réunie à Bude, dans la Basse-Hongrie, l'article que lui a consacré Mr Gley, dans la Biographie universelle (édition de Michaud), et les Curiosités bibliographiques (Paris, 1857), publiées dans la Bibliothèque de poche. Le Serapeum du docleur Naumann, t. X, n° 18, 30 septembre 1849, p. 273, contient un article de MrE. G. Vogel, intitulé : Verzeichniss corvinischer Handschriflen in bffentlichen Bibliolhekcn, et qui constate l'existence de quatre-vingt-treize manuscrits ayant appartenu au roi Matthias Corvin : le missel de la Bibliothèque de Bourgogne est renseigné sous le n° 64.

très-abrégé du domaine de Kremnitz, dépendant du douaire de Béatrix d'Arragon, femme de Matthias Corvin; ce compte date de l'année 1486. Parmi les dépenses* qui sont aussi renseignées sans aucun détail, nous lisons entre autres : « Alexandro Attavanti, 318 ducati 6; — Gregorio, »musico, 100 duc; — Matheo, aurifabro, 176 duc. » Ne sommes-nous pas en droit de croire, d'après cette note, qu'il s'agit ici du grand enlumineur florentin? Espérons que notre opinion sera partagée.

Van Battel (Jean). — Au § 43, nous avons consacré un article à cet enlumineur, et publié entre autres, d'après.un compte de la recette générale des finances, existant aux Archives du département du Nord, à Lille, des notes relatives au payement d'un superbe manuscrit de l'ordre de la Toison d'or, dont l'exécution lui fut confiée par ordre de Charles-Quint, en 1549. Depuis, nous avons fait la découverte d'un document qui contient une description détaillée de ce beau livre, qu'il sera peut-être aisé au moyen de celle pièce de retrouver dans quelque bibliothèque ou dépôl d'archives. En 1552 seulement, le volume avait été terminé et livré par l'artiste. Il parut à la chambre des comples que le prix que demandait Van Baltel était Irop élevé, et c'est pourquoi elle en fit faire l'estimation par trois maîtres peintres de Louvain a eulx entendans en faict de yllymina- »tion, » savoir : Jean Rombaults, Henri Van der Brugghe et Adrien Van Diependale; ce dernier était peintre sur verre (i). C'est le rapport de ces experts que nous avons sous les yeux II faut dire à leur louange, qu'ils acceptèrent, sans grand rabais, les prix demandés par Van Ballel, pour l'exécution des nombreuses armoiries et des riches

(1) Voy. Van Even, Louvain monumental, p. 58. Les <lcu\ outres artistes ne sont pas cités par cel écrivain, cl nous ignorons quelle profession ils exeercèrent.

ornements des cent vingt feuillets qui composaient le manuscrit. Ce fait prouve que les prétentions de l'artiste n'étaient pas exagérées. Les experts déclarèrent même qu'aucun artiste de Louvain n'aurait osé entreprendre un tel ouvrage. Jean Van der Wyckt ou Van Batlele (il signe ainsi celte fois) reçut donc pour son salaire et ses dépenses, y compris les 50 carolus dont nous avons parlé au § 45, et qui furent payés à un peintre de Valenciennes, la somme de 1,024 livres 16 sous, au lieu de celle de 1,092 livres 6 sous, qu'il avait demandée.

« Par le besongnié de maistre Grégoire Van Dyenen, maistre des comptes en Brabant, sur l'ouvraige et extimation du livre de Tordre de la Thoison d'or faict par maistre Jehan Van Battele, pointre et illyminnire de Malines, ou mois de may xvc lij, et ce suyvant l'ordonnance de messeigneurs des finances, pour sçavoir au vray ce que icelluy maistre Jehan , par déclaration et serment de gens eulx entendans en faict et art de pointure et yllyminalion avecq ce que en deppend, peult avoir mérité et déservy en l'ouvraige et escripture dudict livre, est trouvé et appert que trois paintres et personnaiges eulx entendans en faict de yllymination, escripture et ouvraige que dessus, demourans à Louvain, assçavoir : Jehan Rombaults, Adrien de Diependale et Henry Van der Brugghe, après par eulx avoir bien et au long et par intervalle de temps veu et visité le dessusdict livre et ouvraige d'icelluy, ont affirmé par serment solempnel ce qui s'enssuyt :

Premiers, que ledict livre est bien et artiphis- II y a figures de per-

cèlement faict et ouvré avec ce à grand payne et tra- sonnaiges de princes vail ; ensamble qu'il y ait fallu employer du temps cincq, qui à viij carobeaucoup, estimant par eulx ledict ouvraige et chas- lus chascune figure, cune partie d'icelluy, assçavoir les personnaiges des font : xl carolus. princes, chascun personnaige l'un parmy l'aullre viij ou x carolus.

Item, l'ouvraige de costel à l'cntour de la figuere II y a dix desdicls

d'iceulx princes qu'ilz appellent paysaiges, machon- anticquaiges, qui à v naiges, chyrat et anticquaiges, les aulcunes v caro- carolus chascune : xxv lus et les aultres vj carolus. car.

Item, l'ouvraige des grans armes de chascun des- II y a cincq armes

dicts princes, les aucunes viij carolus et aulcunes grandes de princes, d'icelles x carolus. qui à viij carolus chas-

cune : xl car.

Item, l'ouvraige des armes des seigneurs de Tordre, dont on y a en pluisieurs parges d'un feuillet quatre, chascune d'icelles armes avecq l'escripture, les aucunes ij carolus, aultres iij carolus et aultres iiij carolus.

Item, l'ouvraige des grandes lettres ayant pardedens ung escu armayé, les aucunes xxv s., autres xxviij s. et autres ij carolus.

Item, les aultres lettres capitales avecq le chyrat dedens icelles, les aucunes iiij s., aucunes v s. et aussy aucunes vj s.

Il y a ije ix armes de chevaliers de l'ordre, qui à iij carolus l'une par my l'autre : vje xxvi j car.

II y a vj lettres armayez par dedens, qui à xxv s. pièce : vij car.

x patlars.

Il y a lxiiij lettres capitales avec leur chirat, prisez chascune à iiij pattars; pour xxij autres lettres aussi capitales avecq leur chyrat, prisez à v s. chas- * cune , et cviij lettres prisez chascune vj s.

Il y a iiijc un petites lettres, prisez chascune ung pattart, et vijc iiij"ij parties de chyrates, aussi prisées chascune ung pattart.

Ayans oultre ce déclairé lesdicts maistres ouvriers paintres qu'ilz treuvent par l'ouvraige du dessusdict livre que icelluy n'est l'ouvraige d'un maislre et ouvrier seul, estant l'un plus artiphiciel que l'aultre; toutesvoyes le tout hien faict, et que à ce faire il a fallu avoir du meilleur et plus esquiz or et argent, ensamble les meilleurs couleurs qu'on a sceu trouver, dont icelluy ouvraige chascun en son endroict est couvert ij, iij fois, selon que est requiz. Disans et déclairans sur ce que leur a esté demandé pour combien ilz vouldroieut faire et livrer faict ung tel livre, que nul d'eulx ne vouldroit présumer faire ung tel livre et de si bon ouvraige, aussy qu'il ne croyent que quelque ouvrier en la ville de Louvain le auseroit entreprendre, veu que ce n'est ouvraige d'un seul, mais de pluiseurs eulx bien entendaus en tel art.

Lcdict maistre Jehan Van Battcle, ayant entendu qu'on debvoil faire rapport du besoingnié du dessusdict maistre Grégoire Van Dyencn en son affaire, a dit cl déclairé que en iccllc besougnié n'est comprins rescripture du livre y mentionné, portant selon qu'il affirme en avoir payé xxiiij s. chascune qua-

Item, les petites lettres avec le chirat mis au boult des linges , chascune d'icelles lettres et chascun chirat ung solz.

lerne de viij feulletz, et pour les xv quaternes que contient icellui livre : xviij car.

Déclairant icelluy maistre Jehan, que en l'ouvraige du dessusdict livre il a refaict et renouvelle xxiiij armes de chevaliers de l'ordre créez par l'ordre tenu à Tournay en l'an xvc xxxj, lesquelz luy avoyent par ceulx de l'ordre esté baillées en escript.

Item, qu'il a faict en icelluy ordre tenu à Tournay quatre nouvelles armes, et iceulx mis au livre de l'empereur, assçavoir : les armes du duc de Halberkcrcke, du prince de Melphe, du comte de Bure et du prince d'Orenge, demandant pour icelles samblables iij carolus de la pièche.

Et qu'il a encoires faict et mis oudict livre de l'empereur xxij armes de chevaliers de l'ordre créez de nouvel en l'ordre tenu par Sa Majesté à Ulrecht, en l'an xv° xliiij.

Somme totale, selon la priserie et demande cy-dessus : m xxiiij car. xvj pattars (i). »

Louber (Diebolt), — esl un copiste de livres qui vivait à Haguenau, en Alsace , vers la fin du XVe siècle ou au commencement du XVIe. Un de ses manuscrits, qui avait appartenu au peintre J. Paelinck (2), fut vendu à Bruxelles, en 1860, chez le libraire Heussner. Ce volume, sur papier, à deux colonnes, est orné de douze grands dessins coloriés, qui ont peu de mérite; il renferme la légende populaire des trois rois.

Au point de vue de l'art, le manuscrit n'a aucune valeur, et ce qui lui donne quelque importance est une note transcrite au premier feuillet, dans laquelle D. Louber annonce quels sont les livres que l'on peut se procurer chez lui; ils sont repartis en trente-huit articles, et le Livre des trois rois, y est également renseigné (n° 11). Dans cette liste figurent côte à côte le sacré et le profane, des romans de chevalerie, des livres de piété et de théologie ascétique, des légen

(1) Collection des acquits des comptes de la recette générale des finances, ;iux Archives du royaume.

(2) Catalogue des livres, manuscrits et estampes ayant formé le cabinet de feu MT Joseph Paelinck, artiste peintre; 2e partie, n° 651.

des, etc.; beaucoup d'entre eux sont ornés de dessins coloriés (gemolt). Ce catalogue d'une ancienne librairie allemande peut donc avoir à un certain point de vue quelque intérêt, et nous le transcrivons ici :

« Item, welicher Handebuecher man gerne hat gross oder klein geistlich oder weltlich hùbsch gemolt die findet man aile by Diebolt Louber, Sehriber in der Burge zu Hagenow.

Item, das grosz Buch genanl lesta Homanorum, und saget was zu Borne gescheen ist, und saget von den Stetlen do Got gewandelt bet, und saget ouch von den Keisern zu Borne und von den Bebesten was wunders sie gelriben hant und von vil ander Gesetzeden die die Borner geraaht liant, und ist mit den Viguren gemolt. — 2. Item, Vita Cristy. — 3. Item, Die xxiiij Allen, gemolt. — 4. Item, een gerymete Bibel. — 5. Item, der Hitler Her Wigolcis, gemolt. — 6. Item, Wolff Dietherich, gemolt. — 7. Item, das gantze Passional der heiligen Z>e6en,Winlerteil und Summerteil; zwey grosse Bûcher. — 8. Iècm, Episleln und Ewangilien, durch das Jar allen Tag, mit Glosen und von den Heiligen und Jungfrowen. — 9. Item, Wilhelm von Orliens, gemolt. — 10. Item, Her Ywen und lier Gawin und Kùnig Artus, gemolt. — 11. Item, der heiligen drie Kunige Buch, gemolt. — 12. Item, Parcisa, gemolt. — 15. Item, sùben meister Bûcher, gemolt. — 14. Item, Bcllial, gemolt. — 15. Item, der Wilfares Bilter. — 16, Item, die grosse Troye, gemolt. — 17. Item, der Hertzoge von Osterich, gemolt. — 18. Item, die Hymmelslrasse gênant der welsche Gast. — 19. Item, die zehen Gebot, mit Glosen. — 20. Item, von cimme getruwen Rilter der sin eigen Herlze gap umb einer schônen Frowen xcillen. — 21. Item, Ysopus, gemolt. — 22. Item, gutc bewerte arlzeine Bûcher. — 25. Item, Frigedang. — 24. Item, Lucidarius. — 25. Item, Pfaffe Emysz und sust cleine Bette-Bûcher. — 26. Item, der Roscnkrantz . . — 27. Item, der Ritter under dem Zuber. — 28. Item, gemolte Losz-BUchcr. — 29. Item, der Solen-Trost. — 50. Item, von dem Hitler Sant Allexius. — 31. hem, Sant Anszhcms-Frau. — 52. Item, der Kunig von Franchenrich. — 55. Item, ein keiserlich Reht-Buch. — 54. Item, Trisztram. — 55. Item, Scholhzabcl, gemolt. — 56. Item, von Santé Gregorius dem Siindcr. — 57. Item, Morolff, gemolt. — 58. Item, ein Sallcr latin und tûtsch und sust anderc, etc. »

Van Deynen ou Van Deynum (Guillaume). — Les corporations des métiers furent partout et toujours jalouses de leurs droits et privilèges, et réclamèrent maintes fois contre

les infractions dont se rendaient coupables ceux qui, à des titres divers, refusaient de se conformer aux règlements en vigueur. Les personnes qui étaient attachées au service des souverains entre autres, prétendirent fréquemment être exemptes de ce chef des obligations que ces règlements imposaient aux gens qui exerçaient un art ou métier, alors que Tinscription n'avait pas eu lieu dans la corporation à laquelle leur spécialité les rattachait. Nous aurons plusieurs cas à mentionner dans le cours de notre publication, en ce qui concerne les arts. Le premier que nous citerons est relatif au peintre Guillaume Van Deynen ou Van Deynum, qui avait été attaché à la maison des archiducs Albert et Isabelle, en qualité d'enlumiueur, le 20 mai 1614. Il s'était alors établi à Bruxelles. D'où venait-il? c'est ce que nous n'avons encore pu découvrir. Tant qu'il ne travailla que pour les archiducs, aucune réclamation ne se produisit; mais à quelques années de là, l'artiste s'étant avisé de travailler pour des particuliers, le métier des peintres de la ville s'en émut, et les doyens le frappèrent d'amende, en vertu du règlement du 24 mars 1559 (v. st.). S'étant refusé à payer, Van Deynen fut attrait devant le magistrat pour se conformer aux statuts qui l'obligeaient à se faire inscrire comme maître dans la corporation. Naturellement celle-ci eut gain de cause, car les statuts étaient précis. Van Deynen fut condamné à s'y conformer ou à cesser l'exercice de son art, par sentence du magistrat rendue le 30 juin 1618. Il interjeta appel au conseil de Brabant, qui confirma la sentence. Van Deynen s'était adressé aux archiducs pour obtenir, par leur intervention, « surséance » de la procédure pendante » entre lui et le métier des peintres. Les archiducs écrivirent en effet aux bourgmestres, échevins et conseil de la ville de Bruxelles, le 13 mars, et leur envoyèrent la requête de l'enlumineur pour avoir làdessus leur avis; mais le magistrat ne répondit à cette récla-

mation que le 20 juin. La lettre qui suit et qui porte la date du 6 juillet 1618, fut encore adressée par le secrétaire Charles de Bourgoigne au président du conseil privé, selon toute probabilité, pour faire respecter vis-à-vis du métier des peintres de Bruxelles, les privilèges dont l'artiste étranger devait jouir en sa qualité de serviteur des archiducs. Malgré toutes ces démarches, la procédure eut le résultat que nous venons de rapporter, et ce sont là les motifs qui ont amené l'octroi de l'acte d'exemption en faveur de Guillaume Van Deynen ou Van Deynum que nous transcrivons ci-après.

I. « Monsieur, le sieur Guillaume Van Deynum, peintre illuminateur, serviteur à Leurs Altèzes Sérénissimes, gaigé à icelles, vous présentera une requeste tendant aux fins que voirez pour jouir de l'affranchissement que notoyrement luy compète, estant retenu aux service d'iceux noz princes; et comme le mestier des peintres de ceste ville taschent pas envie de l'assubjeltir (contre toutte rayson et intention de Leursdictes Altèzes) souz eux, je vous supplie ne souffrir tel indheu empiétement résultant au préjudice de l'authorité d'icelles Leurs Altèzes, etc. (1).»

II. « Sur ce que GuillaumeVan Deynen, peintre illuminateur des archiducqz, noz princes souverains, a fait remonslrer à Leurs Altesses, que, nonobstant qu'il auroit esté retenu au service d'icelles, avec traittement ordinaire, et inscript au registre des domeslicques de l'hostel de Leursdictes Altèzes par le greffier du bureau d'icelluy, les doyens du mestier des peintres en la ville de Bruxelles n'auroyent laissé de le travailler continuellement par procédures et aultrement par-devant ceulx du magistrat dudict Bruxelles, pour l'assubjectir audict mestier des peintres et aux charges en dépendantes à son très-grand dommaige et inlérest, et au grand déservice de Leursdictes Altèzes; suppliant très-humblement que, pour tant mieux pouvoir justifier sa cause, et une fois se deffairc desdictes molestations et procédures, il pleuist à Leursdictes Altèzes luy faire despescher acte par lequel il puisse conster que Leurs Altèzes ont retenu ledict suppliant en leur service, et ensuyte de ce entendent qu'il soit affranchy dudict mestier et de toutes charges ordinaires et extraordinaires en dépendantes. Leursdictes Altèzes, ce que dessus considéré, et après

(1) Archives du conseil privé, dépêches, aux Archives du royaume.

avoir eu rapport de l'attestation du greffier Pedro de Mendoça, et de ce que s'est passé en ceste cause, ont déclairé et déclairent par cestes leur intention eslre que Iedict Guillaume Van Deynen soit affranchy du mestier des peintres et de toutes charges en dépendantes; ordonnant partant à tous leurs justiciers, officiers et subjeclz, cui ce regardera, de selon ce eulx régler et conduyre, sans faire, mettre ou donner, ny souffrir estre fait, mis ou donné audict Guillanme Van Deynen aulcun trouble, destourbier ou empeschement au contraire. Fait à Gand, soubz le nom et cachet secret de Leursdictes Allèzes, le dernier jour de juillet 1618. »

§ 74. Histoire des monuments.

Indication des localités : Altkirch, en Prusse. — Beersel. — Bouvignes. — Boxtel. — Braine-le-Comte. — Bruges. — Bruxelles. — Diest. — Dijon. — Enghien. — Gand. — Givet-Saint-Hilaire. — Grammont. — - Groenendael. — Malines. — Menin. — Mons. — Munster. — Nizelles. — Oldenzaal, dans l'Overijssel. — Botthem. — Bupelmonde. — Sept-Fontaines, lez- Bruxelles. — Soignies. — Solre-le-Château. — Verrey, en Bourgogne. — Waalwyk.

Église de Saint- Jacques-sur-Caudenberg, à Bruxelles. — Philippe le Bon accorda, par lettres patentes du 11 juillet 1435, une somme de 60 livres, de 40 gros de Brabant la livre, à la fabrique de cette église, pour lui venir en aide dans les frais de restauration de l'édifice auquel les pluies causaient de grands dégâts.

« Der kercken van Sinte-Jacops op 'l Coudenberch, te Bruessel, betaelt die somme van lx liv., te xl grooten Brabantsche, elc pont, die myn genedigen heren die hertoge der fabrikcn der selver kerken , puerlic om Gods wille, gegeven heeft, te hulpen totten costen die in der refectien van den hueren kerken gebueren salen gedaen te werden om die van den regene ende grote watere te besorgen, alst blyct by mynvoirschreven Heren openen brievcn, gegeven xj dagen in julio anno [xiiijc] xxxv (1). »

Église de Verrey, en Bourgogne. — Le 4 février 1457

(1) Begistre n°2410, 1°, f°lxxj v°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(1438, n. st.), le duc Philippe le Bon donna ordre de délivrer aux habitants de celte localité des lettres patentes, en vertu desquelles il leur permit de pouvoir faire construire une nouvelle chapelle (1).

Église paroissiale de Menin. — Lettres patentes du duc de Bourgogne, en date de Bruxelles, le 1 7 avril 1 450, avant Pâques (1451, n. st.), qui accordent aux marguilliers, paroissiens et habitants de Menin, une somme de 80 livres, de 40 gros, « pour convertir et emploïer au nouvel ouvrage, » tant de maçonnerie et charpenterie comme es voirrières » de l'église parrochial, et autrement ou fait de l'édifice et » réparation d'icelle église, et non ailleurs (2). »

Eglise de Sainte-Waudru, à Mons. — Reçu de Jean Spyskin, maître de la fabrique et des ouvrages de celle église, daté du 19 mai 1451, de la somme de 100 francs, de 32 gros de Flandre, la pièce, que Philippe le Bon a donnée aux chanoines « pour employer et convertir en Pou- » vraige naghaires encommenchiet en ladicte église, pour » ycelle amender et acroislre, et non ailleurs, ainsi que le » contiennent les letlrez patentes de Monseigneur, sour ce » faicles et données en la ville de Mons, le xiiije jour d'aoust » devant passé [1450] (3). »

L'église collégiale de Sainte-Waudru, à Mons, est sans contredit un des plus beaux édifices existant encore en Belgique de cette belle époque du moyen-âge. Aussi n'est-il pas étonnant que plusieurs écrivains de la localité, tels que MM. Ad. Mathieu, Chalon, Lacroix et Devillers, se soient occupés de recueillir des renseignements précieux pour

(1) Collection des acquits des comptes du grand sceau, aux Archives du royaume.

(2) Collection des acquits des comptes de la recette générale des finances, ibidem*

(ri) Ibidem,

Thisloire de ce monument. Nous croyons qu'il ne sera pas inutile de mentionner ici la liste des ouvrages qui ont élé publiés par ces différents auteurs. Le plus important est celui de Mr Devillers : il nous fait connaître les noms des artistes qui ont concouru non-seulement à l'édification, mais encore à l'ornementation de l'édifice.

L'église de Sainle-Waudru, à Mons, par Ad. Mathieu; in-8°, 16 p.

Mons, histoire monumentale. Sainte-Waudru, par Ad. Mathieu; Mons, 1842; in-8°, 8 p.

Documents inédits sur l'histoire monumentale et administrative des églises de Sainle-Waudru et de Saint-Germain, à Mons (A. Lacroix et Ad. Mathieu); Mons, 1845; in-8°, avec pi.

la tour de Sainte-Waudru à Mons, par R. Chalon; Bruxelles, 1844; in-8°, avec pi.

Recherches sur l'histoire et l'architecture de l'église de Sainte-Waudru, à Mons, par L. Devillers; Mons, 1854; in-8°, 64 p.

Mémoire historique et descriptif sur l'église de Sainte-Waudru, à Mons, par L. Devillers; Mons, 1857; in-fol., avec pi. — On trouve à la fin de ce mémoire les épitaphes qui existaient dans l'église, et qui sont reproduites dans un ouvrage du même auteur, intitulé : Inscriptions sépulcrales des églises, couvents, hospices et chapelles de la ville de Mons, Mons, 1858.

Église de Rupelmonde. — Ordonnance du 15 août 1455. dans laquelle on lit que «l'église illec, durant la derrenière » guerre qui a régné en Flandres a esté de tous poins arse » et destruicte (i). »

Couvent des Dominicains, à Gand, — Par lettres patentes, datées de Lille, le 11 août 1458, le duc de Bourgogne donna aux religieux de ce couvent 100 francs, de 52 gros de Flandre, la pièce, «pour employer en la retenue et sous- » tènement des murs et couverture de l'église (2). »

(1) Collection des acquits des comptes du grand sceau, aux Archives du royaume.

(2) Collection des acquits des comptes de la recette générale des finances, ibidem.

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