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II

Ville de Braine-le-Comte. — Lettres patentes de Philippe le Bon, en date du 18 avril 1459, après Pâques, qui accordent aux habitants de Braine-le-Comte, remise de l'aide pendant quatre ans «pour réédifier et couvrir les portes et tours »et autrement en la fortification » de cette ville, laquelle, pendant les dernières guerres avait été « arse et destruile et » ny demoura maison ny édifice (î). »

Hôpital du Saint-Esprit , à Dijon. — Les religieux du Saint-Esprit qui desservaient cet hôpital obtinrent de Philippe le Bon, des lettres patentes d'amortissement pour leur église, datées de Bruxelles, le 19 septembre 1462, et tout à la fois remise du droit de 6 livres, de 40 gros de Flandre, qu'ils auraient dû payer (a).

Hôtel ducal, à Bruges. — Philippe le Bon , par lettres patentes, données à Bruges, le 21 avril 1 467, après Pâques, permet d'appliquer la somme de 1 ,000 écus, de 48 gros de Flandre, la pièce, à l'ouvrage d'une galerie que l'on fait à son hôtel de Bruges. On conserve aux Archives du royaume (s) le compte détaillé de l'emploi de cette somme, il est intitulé : « Compte Jennyn du Bois, commis de par » feu monseigneur le duc de Bourgoingne, etc., à tenir le » compte de certaine chambre et galerie que icellui seigneur » a nagaires fait faire en son hoslel en sa ville de Bruges.» Il reste à peine aujourd'hui quelques murailles en ruines de cet ancien édifice où naquit Philippe le Beau, en 1 478 (4), et qui était situé à côté de l'ancien hôtel de la Monnaie.

Confrérie de Saint-Georges, à Gand. — Dans une altes-

(1 et 2) Collection des acquits des comptes du grand sceau, aux Archives du royaume.

(3) Registre n° 27394 de la chambre des comptes, ibidem.

(4) Weale, Delgium, Aix-la-Chapelle and Cologne; Londres, 1 859; p. 1G5.

talion, donnée le 6 février 1485 (1486, n. st.), sous le sceau des échevins de Gand, on voit que le registre de la confrérie de Saint-Georges de cette ville, qui avait été renouvelé en 1468, contenait une annotation constatant que le 20 avril 1474, la jeune princesse Marie de Bourgogne et sa mère se rendirent dans le local de la gilde, où elle posa la première pierre des grands travaux dont l'exécution avait été arrêtée par les membres de ladite confrérie. Voici le texte de cette note :

« Dat up den Iwinlichsten dach van aprille in 't jaer vier ende tsevenlicii, naer Paesschen, onze harde gheduchte joncvrauwe ende princesse Marie, in hucren levene hertoghinne van Bourgoingnen, etc., wesende in Sent-Joorishuus, met ende ter presentien van onzer gheduchter vrauwe mervrauwe der douaigiere van Bourgoingnen, die doe aldaer den eersten steen leyde in 't malien van den nyeuwen wercke doe angheleyt ende begonnen, etc. »

La somme que la princesse avait promise à la confrérie à l'occasion de la solennité, ne fut payée qu'en 1494 (i).

Ville de Boavignes. — Le maire de Bouvignes reçut, le 20 juin 1495, en vertu d'ordres de Maximilien et de Philippe le Beau, la somme de 60 livres, donnée» en consitlé- » racion des bons et aggréables services par luy fais par ci- » devant et journellement, en l'édifficacion et fortifficacion » de la tour de Crièveceur (2). » (Voy. § 6.)

Prieuré de Groenendael, lez-Bruxelles. — Au mois d'octobre 1495, l'archiduc Philippe le Beau accorda à ce prieuré 120 livres de Flandre, « pour en faire certains » édiffîces et réparacions nécessaires à ladicte abbaye, » et peu de temps après, au mois de mars 1497 (n. st.), ce

(1) Collection des acquits des comptes de la recette générale des finances, aux Archives du royaume.

(2) Ibidem.

prince donna encore 68 livres pour aider à réparer l'église du monastère (1).

Église de Beersel. — Les marguilliers de l'église paroissiale de ce village, situé non loin de Bruxelles, obtinrent de Philippe le Beau, en janvier 1498 (n. st.), un subside de 18 livres de Flandre, pour contribuer aux frais de restauration du monument, « qui puis naguères avoit esté «bruslé (2). »

Prieuré des Sept-Fontaines, lez- Bruxelles. — Par lettres patentes datées de Bruxelles, le 19 janvier 1498 (n. st.), Philippe le Beau donne 60 livres de Flandre aux religieux de ce monastère, « pour et au lieu d'un bonnier de bois «qu'il leur avoit lors nagaires accordé, et ce pour eulx * «aider aux fraiz et despens qu'ilz avoient à soustenir pour «édiffier leur maison et logis pour y recevoir Monseigneur «quant il lui plairoit de y loger (3). »

Couvent de Saint-François, à Bruges. — Les religieux du couvent de Saint-François, nommé le Stalyser, à Bruges, reçoivent, le 27 avril 1498, de la munificence de Philippe le Beau, 30 livres de Flandre, pour les aider à achever leur église qu'ils avaient « puis nagaires commencée à faire édif- » fier de nouveau (4). »

Abbaye de Notre- Dame de Nizelles,en Brabant. — L'abbé Pierre Emmens signe, le 11 juin 1524, une quittance de

(1) Registres nos F. 182 et F. 1 84 de la chambre des comptes, aux Archives du déparlement du Nord, à Lille. (Voy. A. Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, t. III, p. 541.)

(2) Registre n» F. 185, ibidem. (Voy. A. Wauters, loc. cit., p. 670.)

(3) Ibidem. (Voy. A. Wauters, loc. cit., p. 701.)

(4) Collection des acquits des comptes de la recette générale des finances, aux Archives du royaume. (Voy. Tarlier et Wauters, Géographie et histoire des communes belges, canton de Nivelles, p. 59.)

la somme de 58 livres de Flandre, qui lui avait été accordée au nom de Charles-Quint, « pour nous aidier, — y est-il »dit, — à vivre et refaire nostre église, laquelle par fortune »de feu de meschief a naguerres esté toute bruslée (1). »

Église d'Altkirch. — Ce village, appelé en hollandais Aldekerk, était anciennement situé dans le duché de Gueldre; il fait aujourd'hui partie de la Prusse rhénane. Nous lisons dans un document du XVIIe siècle, qu'en 1601 l'église fut brûlée, et qu'elle fut rebâtie peu de temps après, au moyen des secours des habitants et de subsides des archiducs Albert et Isabelle. En 1624, la tour était déjà « fendue » et tombée par impétuosité du temps, par où le toict de la- » dicte églize a esté entièrement rompu. » Par lettres patentes, datées de Bruxelles, le 31 mars 1626, l'infante Isabelle accorda 500 livres, de 40 gros de Flandre, la pièce, pour aider à la restauration de l'édifice (2).

Chapelle de la cour, à Bruxelles. — Ordre fut donné par les archiducs, le 3 juin 1605, de laisser passer, en franchise de droits, « deux mil piedz de colomnes, de »xij piedz de hault et larges ij piedz, pour l'érection du «doxal et porte de la chappelle de la court, » à Bruxelles, lesquels avaient été achetés en Hollande (3).

Église de Soignies. — Lettres patentes, datées de Bruxelles, le 19 septembre 1606, par lesquelles les archiducs accordent 500 livres de Flandre, au chapitre de Saint- Vincent, à Soignies « pour la réfection de l'église collégiale (4). »

(1) Collection des acquits des comptes de la recette générale des finances, aux Archives du royaume.

(2) Collection des papiers d'Etat et de l'audience, liasses, ibidem.

(3) Ibidem.

(4) Collection des acquits des comptes du grand sceau, ibidem.

Couvent des Annonciades, à Bruges. — Ces religieuses obtinrent des archiducs, le 25 août 1610, une ordonnance en vertu de laquelle il leur fut payé 200 livres de Flandre, « pour mectre la première pierre en leur édifîice qu'ilz font » rédiffier (î). »

Église de Saint- Bar thèlemi, à Grammont. — Par lettres patentes, datées de Bruxelles, le 15 décembre 1610, Albert et Isabelle font remise aux habitants de Grammont, de la moitié du droit du huitième et de la moitié de la taxe de 40 nobles d'or, pour employer à la réédification de la nef de l'église paroissiale de cette ville, qui avait été « ruinée »ès dévastations des troubles passés (2). »

Église de Solre-le-Château. — Un subside de 5,000 livres * de Flandre fut accordé pour la reconstruction de cet édifice, par lettres patentes des archiducs, en date de Bruxelles, le 21 juin 1611, grâce à l'intervention du comte de Solre. Voici ce qu'on lit dans la requête, qui leur avait été adressée à ce propos.

« Nous a esté remonstré, comme, le xe jour du mois de may dernier, il auroit pieu à Dieu visiter son bourg de Solre par ung accident si soudain et inopiné de feu, qu'en moins de deux heures environ, cent et vingt maisons ont esté réduictes en cendre, à la totale ruyne des pouvres inhabitans d'icelluy, oultre et par-dessus l'église entièrement bruslée, laquelle estoit des plus belles et des mieulx ornées, avecq dix-huict cloches toutes fondues et la plus grande partie du métal perdue, etc. »

Les habitants qui avaient eu leurs maisons brûlées, obtinrent exemption de payer les aides pendant trois ans (5).

Église collégiale de Sainte-Pléchelme, à Oldenzaal, dans

(1) Collection des papiers d'Ltat et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.

(2) Ibidem

(3) Ibidem.

VOveryssel. — Ce monument dont la construction remontait à plusieurs siècles, dit un document du règne des archiducs, avait beaucoup souffert par suite des sièges que la ville d'Oldenzaal avait soutenus, et aussi par les pillages de la soldatesque. A l'époque dont nous parlons, le toit de l'église était dépourvu de gouttières, les pluies pénétraient partout, et menaçaient d'entraîner la ruine de l'édifice. Albert et Isabelle accordèrent pour aider aux frais de la réparation, une somme de 500 livres de Flandre, par lettres patentes, datées de Mariemont, le 2 juin 1615 (î).

Église de Givet-Saint-Hilaire. — Lettres patentes, en date de Bruxelles, le 26 septembre 161 S, par lesquelles Albert et Isabelle autorisent le bailli et receveur du domaine d'Agimont, à payer 150 livres, de 40 gros, à titre de subside, pour la construction de la lour de l'église de ce village (2).

Église de Saint-Géri, à Bruxelles. — « Receu avons l'hum- » ble supplication des chiefz et doyens de la chambre des » rhétoriciens, intitulée par l'empereur Maximilien (de très- » haulte mémoire), Marie kransken [Guirlande de Marie], »et margliseurs de la chappelle Nostre-Dame-des-Sept-Dou- » leurs en l'églize de Sainct-Géry (3), contenant que ladicle «chappelle auroit esté adornée par l'archiduc Philippe, duc »de Brabant, d'ung siège à l'entour, lequel estant entière- » ment desfait par les troubles passez , lesdicts suppliants »désireroient le renouveller. »

Tels sont les termes d'une requête adressée aux souveverains du pays, et qui eut un plein succès, car, par lettres patentes datées de Bruxelles, le 23 octobre 1615, les archi-

(1 et 2) Collection des papiers d'État et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.

(3) Voy. Henné et Wauters, Histoire de Bruxelles, t. II, p. G44 et t. III, p. 175.

ducs gratifient les pétitionnaires d'une somme de 500 livres de Flandre (i), pour le renouvellement des stalles.

Église de Waalwyk. — Les archiducs firent don à l'évèque de Bois-Ie-Duc, par lettres patentes du 14 août 1616, de 500 livres de Flandre, payable sur les recettes des licentes, pour la reconstruction de l'église de Waalwyk, dans le Brabant septentrional actuel. Voici un extrait du document qui renferme quelques particularités intéressantes :

« Receu avons l'humble supplication de révérend père en Dieu nostre chier et féal l'évesque de Bois-le-Ducq, contenant que comme à luy compète la charge spirituelle de noz bons subjecls catholicques et la conservation *de leurs âmes, il auroit visité par diverses foiz toutes les places de sondict évesché et diocèse, et entre aultres trouvé que en la franchise de Waelwyck, estant environnée de toutes partz et coslez des villaiges et pays d'Hollande, l'église parochiale illecq durant ces guerres intestines auroit esté de telle sorte par fortune bruslée qu'il n'y restent que certaines vielles murailles et fundamens, selon que se peult veoir par la carte sur ce exhibée, par où les inhabitans d'icelle franchise ont esté cy-devant constrainetz de s'ayder, quant aux services divins, de la chappelle y estant au petit cloistre de Nostre-Dame de Nazareth; mais comme audict suppliant est apparu, qu'après les trefves présentes, par la confluence des catholicques tant des villaiges de Zuyt-Hollande que des pays d'Altena, Huesden et aultres lieux circumvoisins, ils ne se peuvent ultérieurement servir d'icelle chappelle, mais seront constrainetz de faire rédifier leurdicte ancienne églize parochiale, ayant ledict suppliant à cesle fin trouvé plusieurs inhabitans d'illecq, lesquclz offrent volonlièrement d'y contribuer selon leurs petitz moyens, le redressement de laquelle églize viendra à couster plusieurs mille florins; et pour ce que bonne partie du revenu d'icelle a depuis ladicle trefve esté détenu de cculx de Besoyen, lcsquelz s'en sont retirez, nonobstant que de toute ancienneté ilz ont esté de ladicte paroichc, etc. (2) »

Béguinage de Diest. — Don de 200 livres de Flandre

(1) Collection des papiers d'État et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.

(2) Collection des acquits des comptes du grand sceau, ibidem. Toutes les notes qui suivent sont puisées à la même source.

que les archiducs accordent aux béguines de Diest, par lettres patentes, datées de Bruxelles, le 30 septembre 1618, pour orner le maître-autel de leur église.

Couvent des Frères-Mineurs, à Malines. — Lettres patentes, datées de Tervueren, le 29 novembre 1618, par lesquelles les archiducs donnent 150 livres de Flandre, pour la reconstruction de leur église.

Couvent des Capucins, à Bruxelles. — Lettres patentes des archiducs, données à Bruxelles, le 23 février 1619, qui accordent une somme de 2,500 livres de Flandre à ces religieux, pour agrandir leur couvent et leur église, et y construire un nouveau chœur, dont la dépense s'élèvera à plus de 5,000 florins.

Collège des Jésuites, à Bruxelles. — Don de 8,000 livres de Flandre, par lettres patentes des archiducs, datées de Bruxelles, le 23 février 1619, pour l'achèvement de leur église.

Couvent des Dominicains, à Br aine -le- Comte. — Albert et Isabelle font un don de 200 livres de Flandre, par letlres patentes, datées de Bruxelles, le 20 mars 1619, à ces religieux, qui étaient venus de Valenciennes à la demande du magistrat de Braine, pour instruire la jeunesse, afin de les aider à achever leur église et dortoir dans la construction desquels les finances de la ville ne peuvent plus intervenir.

Abbaye de Spar maille, à Bruges. — Don de 300 livres de Flandre, par lettres patentes des archiducs, datées de Bruxelles, le 20 avril 1619, pour aider aux frais de la construction du cloître.

Couvent des Augustins, à Enghien. — Letlres patentes, données par les archiducs à Diest, le 8 mai 1619, par les-

quelles ces religieux sont gratifiés de 200 livres de Flandre, pour agrandir leurs bâtiments, afin d'y établir le noviciat que le provincial de Tordre veut transférer.

Abbaye de Rotlhem, — Lettres patentes d'Albert et Isabelle, datées de Tervueren, le 9 mai 1619, qui accordent une aumône de 150 livres de Flandre à Catherine Peetermans, abbesse de ce monastère , récemment élevée à celte dignité, et qui était auparavant religieuse à l'abbaye de Roosendael , à Malines. On lit dans ce document que les bâtiments de l'abbaye de Rotthem (Voy. § 57) se trouvaient alors en très-mauvais étal; ils avaient été ruinés pendant Jes troubles, et les religieuses élaient encore exposées à la pluie.

Couvent des Capucins, à Soignies. — Lettres patentes," données par les archiducs à Mariemont, le 14 juin 1619, par lesquelles ils accordent 250 livres de Flandre à ces religieux pour les aider dans les frais delà muraille de clôture de leur couvent.

Couvent des Pauvres Clarisses, à Boxtel. — Lettres patentes d'Albert et d'Isabelle, datées de Mariemont, le 27 juin 1619, accordant aux religieuses de l'ordre de Saint-François, dans la baronnie de Boxtel , près de Bois-le-Duc, 200 livres de Flandre, pour la construction d'un nouveau quartier destiné aux malades. On lit dans le préambule du document que ces religieuses étaient alors au nombre de trente-sept; que deux ans auparavant elles avaient obtenu des archiducs 50 florins, et antérieurement encore 25 florins, pour la restauration de leur église et de leur couvent, qui avaient été ruinés par les rebelles à l'époque des deux sièges de Bois-le-Duc, où elles furent forcées de se retirer.

Couvent des Capucins, à Munster. — Lettres patentes, datées de Namur, le 23 juillet 1619, par lesquelles les ar-

chiducs donnent 250 livres de Flandre à ces religieux pour les «ayder à édiffier leur cloistre. »

Couvent des Cordeliers, à Bruxelles. — Lettres patentes datées de Bruxelles, le 17 octobre 1624, par lesquelles il est accordé au nom du roi Philippe IV, 1,000 livres, de 4-0 gros , à ces religieux « pour ayder au payement du » bastiment du nouveau corps de leur églize. »

Couvent des Annonciades , à Bruxelles. — Don de 1,000 livres de Flandre, accordé par lettres patentes de la même date « pour ayder au bastiment de leur église. »

Couvent des Augustins, à Bruxelles. — Un don de 1,000 livres de Flandre leur est fait par lettres patentes de la même date, également « pour ayder au bastiment de » l'églize. »

§ 75. Musiciens, facteurs d'orgues, etc.

Sommaire : Wautier Vranckenzone, à La Haye. — Ses livres de musique. — G. de Fourmanoir, à Liège. — J. Bauwens, à Hal. — P. du Hotz. — R. du Molin. — G. Bosquier. — G. de Ghersem. — A. Smit ou Smet. — Orgues qu'il a faites. — Orgues de l'abbaye de La Cambre, en 1619. — D. Norcum. — Association musicale fondée à Arnhem, en 1591. — Noms des organistes qui en ont fait partie. — La famille des Milleville.

Vranckenzone (Wautier). — (Voy. $ 12.) — Cet artiste hollandais, dont aucun écrivain n'a parlé jusqu'ici, et dont les œuvres sont encore à retrouver, est bien décidément un maître qui jouissait de son vivant d'une bonne réputation. De même que Philippe le Bon, ainsi qu'il a été dit ailleurs, Charles le Téméraire lui donna des marques toutes particulières de sa générosité et de son estime, et notamment en 1469. Nous craindrions de diminuer la valeur des expressions, si nous ne rapportions ici le texte même du docu-

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ment, lequel renferme des détails nouveaux sur les travaux dont Wautier Vrankenzone fut chargé pour les deux ducs de Bourgogne. Espérons que le savant auteur de la Biographie universelle des musiciens voudra bien accueillir ce nom dans la seconde édition de son ouvrage.

« A Gauthier Vrankenzonne, chantre, par cy-devant résident en la chapelle de l'ostel de Monseigneur au lieu de La Haye, la somme de viij" iiij livres, que Monditseigneur luy a de sa grâce donné pour une fois, tant en récompensation de deux grans livres de musicque qu'il a par cy-devant fait et escript, et en iceulx fait mectre pluiseurs lectres capitales, et lesquelz livres il a délivrez à Monditseigneur pour les faire garder devers luy, et soy en aydier à son très-noble plaisir, comme pour considéracion de la vesture, despence de bouche et autres frais et despens qu'il a euz et soustenuz pour avoir tenu soubz luy et à sa charge quatre coraulx pour aydier faire et célébrer le service divin en ladicte chappelle au loenge de Dieu et à l'onnear dudit feu Monditseigneur, et avec ce pour certain sallaire qui luy fu lors promis pour soy entretenir plus honnestement ou service de ladicte chappelle es années [xiiijc] lxij, lxiij, Ixiiij et lxv, par-dessus le payement qu'il luy en a esté fait par cy-devant de par ledit feu Monseigneur et Monditseigneur ou autrement (1). »

De Fourmanoir (Gilles), — faisait déjà partie de la chapelle domestique de Charles-Quint, en 1517, en qualité de chantre : à dater du 1er décembre 1536, il quitta le service de ce prince avec jouissance d'une pension de 6 sous par jour. Son nom est tantôt écrit sans particule, et tantôt avec les particules le ou de; quelquefois on trouve aussi la forme Formanoir ou Fourmannoir. Notre musicien fit les voyages d'Fspagne, d'Italie et d'Allemagne avec la suite de l'empepereur (2). La lettre qui suit fut adressée le 2 seplem-

(1) Registre n° 192i, f° ccxiiij r°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(2) Ces détails sont extraits de notre Histoire de la chapelle musicale des souverains et des gouverneurs généraux des Pays-Bas, qui sera bien tût livrée à l'impression.

bre 1544, par Marie de Hongrie à Georges d'Autriche, évèque de Liège, pour lui recommander G. de Fourmanoir, qui, ne pouvant plus trouver dans les états de Charles-Quint les moyens de suffire à son existence et à celle de sa famille, se disposait à aller s'établir à Liège, où déjà il avait séjourné quelque temps, pour donner des leçons de son art.

« Mon cousin. Maistre Gilles de Fourmannoir, anchien serviteur de l'empereur, mon seigneur, et cy-devant chantre de sa chappelle dommesticque, que cognoissez, s'en va présentement vers vous pour vous communiquer l'art de musicque, comme autresfoiz il a fait, pour y demeurer pour quelque temps durant ceste guerre; et pour estre icelluy maistre Gilles fort chargé de femme, enffans et mesnaige, ayant bien à faire à honnestement l'entretenir, vous prye pour ces respectz l'avoir en favorable recommandation et le faire gracieusement traicler pour quelque temps, selon la requeste qu'il vous en fera, et vous me ferez plesir. Atant, mon cousin, Nostre-Seigneur vous ait en sa garde. Escript a Bruxelles, le ije de septembre 1544 (1). »

Bauwens (Jean). — Marie de Hongrie s'intéressait vivement à l'avenir des artistes en général. Voici encore une lettre de recommandation qu'elle fait écrire, le 18 février 1553 (n. st.), au seigneur de Cormaillon , bailli de Haï, pour user de toute son influence , afin de faire nommer Jean Bauwens, ex-chantre de la chapelle particulière de la princesse, à la place de maître de chant de l'église de Notre-Dame en cette ville, dès que la place sera vacante.

J. Bauwens était peut-être natif de Hal. C'est, croyonsnous, le même qui figure au nombre des musiciens de la chapelle de Charles-Quint, en 1530, sous le nom de Jean Bauduwin.

« Marie, par la grâce de Dieu royne douaigière d'Hongrie, etc. Très-chier et bien amé. Pour ce que nous entendons que la place de maistre des chants

(1) La minute de cette lettre existe dans la collection des papiers d'Étal et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume. La souscription porte : A mon cousin l'cvesque de Liège, et on y lit l'annotation suivante ; « Soit mise au nei et » baillée à maistre Gilles de Fourmannoir pour le faire signer luy-mcsmcs. »

en l'église de Nostre-Dame en la ville de Haulx est ou sera bienlost ouverte, et que (sic) ce porteur Jehan Bauwens, lequel par cy-devant nous a servy de chantre de nostre chapelle, par où nous tenons qu'il seroit qualiffié audict estai; nous vous requérons que estant ouverte ladicte place, vous l'ayez en nostre faveur pour recommandé en icelle avant nul autre. Et vous nous ferez plésir. Atant, tres-chier et bien amé, Nostre-Seigncur soit garde de vous. De Bruxelles, ce xviije de février 1552 (1). »

Du Hotz (Pierre), — c'est ainsi qu'il faut orthographier ce nom, — fut maître de chapelle de Marguerite de Parme, et resta en fonctions sous le duc d'Albe et don Louis de Requesens. C'est de lui qu'émane la requête suivante, que la princesse apostilla d'un fiât, le H novembre 1560, après en avoir préalablement fait écrire au roi en Espagne.

« A Son Altèze, donne à cognoislre Pierre du Hot, maistre de la chape-Ile de Vostre Altèze, comme présentement seroit vacante une prébende de Condet par le trespas de sire Robert de la Porte, jadis chantre au roy, laquelle prébende seroit à la disposition de Sa Majesté, à raison qu'il n'y at encore point de rolle aultre que pour les chantres de Sadicte Majesté, sauf ung nommé sire Jehan du Pont, lequel fut accepté pour chapellain en la ville de Gand, lequel n'a voulut suivre Sa Majesté, et a faict refus; ensuite supplie partant que Vostre Altèze la veuille demander pour son tour de raulle, suivant ce que le roy luy auroit accordé plusieurs tours sur aulcunes prébendes de par-deçà, au nombre desquelles sont contenues celles de ladicte ville de Condet, pour en pourveoir ung de ses enfans, et le vouloir avoir pour recommandé vers monseigneur d'Arras et monsieur le président. En quoy l'obligerés à prier Dieu pour la santé et prospérité de toute vostre postérité (2). »

Du Molin (Rombaut), — pourrait bien être de la famille de Rémi du Molin, qui était organiste de l'église de Saint- Jean, à Malines, en 1528 (Voy. § 2). Rombaut fut appelé à la place d'organiste de l'église collégiale de Notre-Dame, à Anvers, vers 1553, et il occupa ces fonctions pendant

(1) Collection des papiers de Marie de Hongrie, aux Archives du royaume.

(2) Collection des papiers d'État cl de l'audience, liasses, ibidem.

environ treize ans; puis il fut appelé en qualité d'accordeur et facteur d'orgues par la reine de Hongrie. Ces détails sont extraits d'une demande de pension que R. du Molin fit parvenir, en 1562, à Marguerite de Parme. Dans un rapport sur des pétitions de toute espèce, qui fut dressé à cette époque, nous trouvons l'analyse ainsi conçue de la requête de l'artiste :

« Romboult du Molin dit qu'il a servy l'espace de xiiij ans la feue royne de Hongrie comme faiseur et accordeur d'orgues, laquelle, pour son service, le feit leisser l'office d'organiste de l'église Nostre-Dame d'Anvers, lequel il avoit exercé environ xiij ans, et néantmoins pour complaire à Sa Majesté a demeuré et continué le susdict espace, et voïaigé partout, espérant quelque récompense, laquelle plusieurs fois luy a promis Sadicte Majesté, et se tiennant frustré desdictes promesses et impourveu en ses vieux jours il supplie pour quelque pension (1). »

Bosquier (Guillaume). — Le document que nous publions contient sur ce musicien d'intéressants détails; c'est une requête qu'il adresse en 1580, pour être doté d'un nouveau bénéfice, car à la même époque il était déjà pourvu de la chapelle de Saint-Jean, à l'église de Sainte- Waudru , à Mons.

« Au roy, expose en deue révérence Guillaume Bosquier, natif de Mons, pays de Haynault, maistre musicien des pages de Son Exellence [le duc de Parme], comment il auroit servi d'enffant à la chappelle de Sa Majesté en Espaigne l'espace de neufz ans, et en récompense de ce il auroit pieu à Sadicte Majesté le pourveoir de deux tours de rolles, l'ung sur les chappelles dudict Mons, et l'aullre sur aultres chappelles et personatz dudict pays de Haynnault, etc. Et comme à présent est escheue et vacante, à la collation de Sadicte Majesté, la chappelle de Sainct-Jean, située àFonlenelle, lez la ville de Valleneiènes, etc. (2). »

De Ghersem (Géri). — Les archiducs écrivent en faveur de cet artiste qui fut en grande réputation, la lettre que voici au magistrat de Tournai, en 1607.

(1 et 2) Collection des papiers d'État et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.

« Les archiducqz, etc. Chers et bien amez. Géry de Ghersem, maistre de la chapelle de nostre oratoire, supplie qu'en considération des longz services qu'il a rendu en la chapelle royale de feue Sa Majesté, et lesquelz il continue en la susdicte qualité , il nous pleust faire affranchir de tous logemens de gens de guerre une sienne maison audict Tournay; nous avons bien voulu advertir par ceste qu'aurons pour service aggréable que teniez îcelle maison exempte desdicts logemens, si aulcunement faire se peult. Àtant, etc. De Bruxelles, le xe de décembre 1607 (1). »

Smit ou Smet (Artus). — Toutes les personnes, qui de près ou de loin se rattachaient à la cour ou au service du souverain, cherchaient à s'en prévaloir, pour obtenir les unes exemption de logements militaires, comme Géri Je Ghersem; les autres, affranchissement de guet et de garde, ou exemption d'accises, impositions et maltôtes, tels que le peintre Jean Brueghel(Yo?/. §§ 9 et 70); d'autres enfin, dispense de se faire inscrire dans la corporation, comme l'enlumineur G. Van Deynum (Voy. % 73). C'est encore une demande de ce genre qui fait l'objet de la lettre que nous reproduisons ci-après, et dans laquelle les archiducs demandent au magistrat de Bruxelles, en 1609, ^'exempter de guet et de garde, leur facteur d'orgues dont nous avons déjà parlé au § 2. Nous avons cru alors pouvoir traduire le prénom flamand Aert par Arnould. Dans le document en question, Smit ou Smet est appelé Artus, et nous lui avons restitué ce nom.

« Les archiducqz. Chers et bien amez. Artus Smet, organier, nous a faict représenter que par le travail qu'il auroit miz à faire par nostre commandement deux orgues, l'un envoyé en Espagne et l'aultre servant en nostre chappelle à Bruxelles, mesmes au moyen des exhalations et fumées corrosans qu'il a retiré par la longtaiue fonte de l'estain à faire les fleutes et fiagcolz d'icculx orgues, il seroit demeuré tellement estropié, précluz de ses membres, qu'il n'a aulcun usage de ses piedz ny bras; nous suppliant, qu'y prennans favorable

(1) Collection des papiers d'Élat et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.

regard, nostre bon plaisir fust le faire tenir exempt du guet et garde de ladicte ville, attendu son impuissance à plus pouvoir gaigner sa vie et à ses femme et enfans; c'est pourquoy nous désirons qu'affranchiez d'ores en avant le pauvre homme dudict guet et garde sans l'obliger à y envoyer quelque aullre en son nom. Par quoy n'y faictes faulte, etc. A Mariemont, le xxviij juin 1609(1).»

Orgues de l'abbaye de la Cambre. — Lettres patentes données à Tervueren, le 13 novembre 1619, par lesquelles les archiducs accordent aux religieuses de ce monastère (2) 300 livres de Flandre, pour payer une partie des frais de l'achat de nouvelles orgues qui doivent coûter 800 florins. Nous extrayons du préambule de cette pièce le passage suivant : « Leurdicle église est maintenant ornée d'ung » aultel fort magnifique et riche tableau, lequel a servy en » nostre chapelle, et comme leur a esté donné ung orghe » par feue la duchesse de Parme, de laquelle elles ne se » peuvent plus servir, etc. (3) »

Norcum (Daniel), — musicien instrumentiste anglais, né en 1575 ou 1576, abandonna la Grande-Bretagne à la fin du règne d'Elisabeth (vers 1602), à cause des persécutions auxquelles les catholiques y étaient en butte. Norcum vint aux Pays-Bas, et fut admis par les archiducs à faire partie de leur chapelle en qualité de joueur de viole : il vivait encore en 1647 (4). Cet artiste est connu comme écrivain (5).

Association musicale, fondée a Arnhem, en 1591. — Mr P. Nijhoff, bibliothécaire et archiviste de la ville d'Arn-

(1 et 4) Collection des papiers d'État et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.

(2) Le nombre des religieuses était alors de 107.

(3) Collection des acquits des comptes du grand sceau, aux Archives du royaume.

(5) Voy. Fétis, Piioflraphic universelle des musiciens.

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