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Item, une paix de cripet à trois figburez d'ivoirez

53. Item, encores une croix d'argent dorée à ung piet de kèvre doret encassée de reliquez, pessans ensamble ij mars et j once sur le mains. »

Émaux et joyaux de Marie de Bourgogne et de Philippe le Beau. — Les inventaires descriptifs des joyaux de Philippe le Bon et de Charles le Téméraire, ainsi que la liste de ceux qui furent engagés à des bourgeois de Bruges par Maximilien d'Autriche, alors roi des Romains, documents précieux pour l'histoire artistique qui ont été publiés par M1* le comte de Laborde (1), sont là pour attester que les collections des ducs de Bourgogne étaient extrêmement ri-

(1) Les Ducs de Bourgogne, Preuves, t. Il, pp. 235 cl 430.

ches en objets d'orfèvrerie et de bijouterie en tous genres. L'inventaire du trésor de Philippe le Bon, qui fut dressé en juillet 1420, quelques mois à peine après la mort de Jean sans Peur, et qui par conséquent se rapporte plutôt aux joyaux que possédait ce dernier prince, prouve combien était répandu à celte époque l'usage d'orner d'émaux et de camahieux, la vaisselle, les bijoux, les reliquaires, etc.

En appelant l'attention des personnes qui se livrent à des recherches semblables aux nôtres, nous arriverons un jour à réunir toute une série d'artistes ou d'orfèvres émailleurs, et si l'on veut se donner la peine de recherchei* l'origine de la plupart de nos reliquaires et bijoux enrichis d'émaux, nul doute que l'on ne parvienne à déterminer les genres qui furent particulièrement en faveur dans notre pays, et même à revendiquer pour nos artistes liégeois, brabançons et flamands bon nombre d'objets encore existants dans les églises, les musées et les collections. Nous croyons donc bien faire en continuant de consigner dans notre recueil (Voy. §§ 4 et 62) tous les renseignements qui peuvent concourir à ce résultat.

Aux Archives du département du Nord, à Lille (t), existe un Inventoire fait, le 4 août 1485, par l'abbé de Saint- Berlin, chancelier de l'ordre de la Toison d'or, le comte de Nassau, seigneur de Breda, et le secrétaire Antoine le Flameng, de joyaux ayant appartenu à Marie, duchesse de Bourgogne, qui existaient au château de Gand. Nous en avons extrait les principaux articles, qui fournissent pour l'histoire de l'émaillure quelques notes intéressantes.

« Ung fcrmaillet de personnaige d'un mouton csmaillié de blanc. Ung fermaillet de personnaige d'un ours esmailliée de blanc. UDg bien grant tableau et au milieu est Tistoire de l'Annonciation cslevée, garny à Tentour de vj saphirs et v balais et de xlij perles.

(I) Archives de la chambre des comptes, cartons intitules : Objets d'arts, etc.

Item, ung autre bien grant tableau ouquel a ung bien grant ymaige de Nc-stre-Damrae tenant son enfant, faicte sur le rond, et emprès ung ymaige sainctc Kaleline esmaillée de blanc, et au-dessus Dieu le Père, et emprès luy deux angelots semblablement esmailliez, garny à l'entour de xxvij perles, iij à iij, et entre ij, de ix petîz balais, assavoir sur fleurs esmailliez de blanc (1).

Item, ung autre tableau d'or à ung esmail plat fait de l'istoire Nostre- Damme et saincte Elisabeth, garny à l'entour de iiij diamans iiij rubiz et iiij perles.

Item, ung tableau rond, en fachon de miroir, à l'un costé est l'isloire de IVarcyzus en ung esmail plat, et garny tant d'un costé que d'autre de x diamans, de x rubiz et de x perles, et entre ij de petites fleurs esmailliés pendant à une petite chainne quarée.

Ung petit tableau d'or quarré à iiij parquetz, et à chascun parquet des ymages faits d'esmail plat d'un costé et d'autre, et au milieu de chascun costé, une croisée esmailliée de chardons et de marguerites. »

On lit à la marge que le tableau émaillé des figures de la Vierge et de sainte Elisabeth a été « donné par l'archiduc » à sa compagne. » Nous avons retrouvé dans le dépôt confié à la garde du savant Mr Le Glay, l'original de la lettre de décharge que Philippe le Beau fît délivrer à son gardejoyaux, le 18 mars 1497 (1498, n. st.), lorsqu'il eut fait don de cet émail à sa femme; l'objet y est ainsi décrit : « Ung tableau d'or à ung esmail plat de personnaiges, à » sçavoir de Nostre-Dame et de saincte Élizabet, garny à » l'enlour de iiij diamans et iiij rubis et de iiij bonnes per- » les, lequel tableau, — dit l'archiduc, — apparlenoit à feu » Madame, noslre mère, et l'avons donné à nostre très- » chière et très-amée compaigne. » Le carton qui renferme le document en question contient encore une autre lettre de décharge du même prince, du 6 décembre de la même année, dans laquelle il déclare avoir reçu de son gardejoyaux les objets suivants : « Ung petit coffret d'or quarré » fait à parties, garni de menues perles, desoubz ung cristal

(i) En marge on lit celte annotation de la fin du XVe siècle : « A été donné » à la mère de l'amiral d'Espagne. »

» et entre deux de petites fleurettes esmailliés, et sur les » quarés et au-dessus de Tance est garni de plus grosses » perles; — item, ung aultre grant coffret, fait à grant per- » sonnages d'ivoire, à jour, et par-dedens garny d'imaiges » d'esmail sur argent doré, atout une sarure d'argent doré; » — ung fermaillet de personnaige à fachon d'ung ours es- » maillié de blanc, garni à l'entour du col de deux petites » pointes de diamans. » Nous avons déjà cité Ce fermail, qui figure dans l'inventaire de Marie de Bourgogne.

§ 79. Historiographes, indiciaires, écrivains, etc.

Sommaire : G. Chastellain. — H. de Tolins. — J. Fosselier. — F. de' Marchi. — J. d'Hollander. — N. Trigaut. — M. Coignet. — F. Harœus ou Verhaer.

Chastellain (George). — (Voy. % 17). — Nous avons recueilli aux Archives du royaume et aux Archives du département du Nord, à Lille, des documents inédits qui pourront servir à écrire d'une manière plus exacte et plus complète la biographie de ce célèbre chroniqueur : ils sont tous assez importants, croyons-nous, pour être publiés.

Chastellain nous apprend dans le Proesme de la Chronique du duc Philippe, éditée par Buchon, en 1837, qu'il est « fils Jehan, né en l'impérialle conté d'Alost en Flan- » (1res (i), extraict de la maison de Gavre et de Mammy- » nés. » Dans un compte de 1460-1461, il est appelé « George Chaslelain, dit de Masmines » (2). Toutes nos recherches pour trouver en Flandre, en Hainaut ou en Brabant une famille noble du nom de Chaslelain ou le Chaslelain

(1) Cela ne signifie pas qu'il est né à Alost, ainsi que le dit Buciion, éd. de 1837, p. xv.

(2) De Lauokde, les Ducs de liourgogne, Preuves, t. I", p 475, n<> 1841 : il faut y lire Mamines, au lieu de M animes.

sont restées infructueuses, et nous avons pensé que ce nom pris par George, avait pour origine, selon l'usage encore fréquent de son temps, des fonctions dont sa famille avait été revêtue. Or il y avait à Alost un châtelain ou borchgrave, et dès la seconde moitié du XIVe siècle, la famille Tollin possédait cette charge, qui n'en était plus une et constituait alors un fief héréditaire relevant des comtes de Flandre.

Voici ce que nos recherches sur cette famille nous ont appris :

En 1555 vivait Jean Tollin, châtelain d'Alost, dont la femme fut Elisabeth, héritière de la seigneurie de Popperode (i). Puis vient Philippe, son fils, qualifié de chevalier, qui se distingua au siège d'Audenarde, en 1 379 : il épousa : 1° Adewige, fille de Gilles Schouteten, seigneur de Zaemslach, et 2° Marie, fille de Jean Vilain, seigneur de Sainl- Jean-Steene (2). La première décéda sans enfants. De la seconde alliance naquit, entre autres, Josse, l'aîné, qui releva, en 1407 ou 1408, la châlellenie d'Alost, le manoir et la seigneurie de Popperode, la seigneurie d'Eechout, les mairies de Hofstade et d'Impe, etc. (3). Jean, son fils,

(1) L'Espinoy, Recherches des antiquilez et noblesse de Flandres, p. 266, dit également que la famille Tollin acquit la seigneurie de Popperode par mariage. Voy. aussi Sanderus, Flandria illuslrata, t. III, p. 14-2.

(2) « Primiers, messire Philippe Tollin, chevalier, chastellain d'Alost, a dou- » wée medame Marie, fille messire Jehan Villain, femme audit messire Philippe, » sur tels fiefs qu'il tient de Monseigneur de Flandres à le pière d'Alost, dont » de xe denier monta, par prisie dez hommez, vj lihvres de gros. » (Registre n° 1 354-6, 1°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.) Les registres n08 1064- et 1067 de la même collection que le volume précédent, contiennent les dénombrements des fiefs possédés par Philippe Tollin dans la chàtellenie d'Alost en 1406.

(3) « De messire Joesse Tholin, chevalier, à qui par le trespas de messire >> Philippe Thollin, chevalier, jadis chastellain d'Alost, son père, succéda la > chaslellenie d'Alost avecques les appertenances qui appartiennent audict » fief. »

a De messire Josse Thoellin, chevalier, chastellain d'Alost, à cui par le

fît les mêmes reliefs en 1433 ou 1434 (i). La branche aînée des Tollin s'éteignit vers le milieu du XVIe siècle. Marius Voet, le meilleur généalogiste de Flandre, dans un manuscrit que Mr F.-V. Goelhals a eu l'obligeance de mettre à notre disposition, donne la filiation dé celte famille depuis le XIVe siècle, mais il n'en sait pas rattacher toutes les branches, et elle présente à coup sur des lacunes (2). Il qualifie, d'après des actes authentiques sans aucun doute, Philippe Tollin de vicomte d'Alost (3) et de châtelain de Ninove. Dans les registres que nous avons parcouru aux Archives du royaume, il ne porte que le titre de châtelain d'Alost, ainsi que son fils. Les notes que nous avons recueillies mentionnent comme contemporain de Jean, fils de Josse, et par conséquent de notre chroniqueur, un« Simon

» trespas de monsieur le chastellain d'Alost, son père, succéda le manoir et » terre de Popperode, contenant xviij bonniers de terre, etc. »

« De monsieur le chastellain, qui, par le trespas de monsieur son père, » tient les prisons d'Alost avoecques plusieurs beaux drois, prouffit et émo- » lumens, etc.

» Dudit messire Josse Thollin, chastellain d'Alost, qui, par le trespas feu » monsieur son père, tient en fief de Monseigneur le mayerie des parodies » d'Hofstaden et de Inpe, avec les prouifis et émolumens qui y appartiennent.

» Dudit monsieur le chastellain, qui samblablement par le trespas de » Monseigneur sondit père, tient en fief de Monseigneur le seignorie nommée » Heechout, gisant en laditte peiroische d'Hofstaden, avecques toutte justiche » haulle, moïenne et basse. » (Compte en rouleau des reliefs des fiefs d'Alost, de la rennenghe 1407 à la rennenghe 1409, n° 2282, aux Archives du royaume).

(1) Compte en rouleau n° 2305, ibidem.

(2) Tous les manuscrits et livres que nous avons consultés pour la généalogie des Tollin ne donnent aucun renseignement sur les branches cadettes de cette famille du XIVe et du commencement du XVe. Voy. les recueils conservés aux Archives héraldiques du ministère des affaires étrangères, et cotés n°s 1, t. I", f« 5; n<> 5, t. VII, et n<> 15, t. Il, f° 87; — Schotel, Tollens en zijn lijd; Tiel, 1860, p. 389; — et Histoire de la maison de Schoutheele; Saint-Nicolas, 1861; p. 76.

(3) Ce titre est donné à Jean, son petit-fils, dans les registres n° 1067, 2e partie, f° 1° v°, et n° 1070, f° xv r°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

«Tollin, alias de Borchgrave, » dit le document (î), ce qui signifie Simon Tollin, ou le Châtelain, En admettant que Jean Tollin, cité par Marius Voet comme existant encore en 1355, soit le père de Philippe, ce qui est hors de doute, il faudrait, pour établir l'ascendance de George Chastellain, supposer que son père Jean était un autre fils de ce Jean Tollin, et qu'en qualité de cadet il a pris le nom de Chastellain ou le Chastellain comme étant pelit-fils d'un seigneur ayant ce titre.

Tout cela, nous dira-t-on, est assez hypothétique. Nous ferons de nouveau remarquer que nous n'avons pas découvert la moindre trace d'une famille Chastelain; que dans la vicomte d'Alost, nous ne trouvons aucune autre famille possédant en propriété, comme celle de Tollin, un titre de châtelain transmissible, inaliénable, qui n'appartient qu'aux aînés; enfin, ce qui est très-important dans la question, que les armoiries des Tollin, telles que les analyse Marius Voet (2), sont composées d'un écu de sable, à la fasce d'argent à trois merlettes de même en chef, et que l'écusson de George Chastelain est « également de sable à une fasce » d'argent, » ce qu'affirme Simon Leboucq, dans son Histoire ecclésiastique de la ville et comté de Valentienne (3), écrite en 1650, alors qu'existait encore l'épitaphe du célèbre

(1) Registre n° 1070, cité, f° liij r°. Il possédait, en 1473, à Aspelaer, un arrière-fief, relevant de la baronnie de Boulers.

(2) Un des recueils (n° 15) cités plus haut en note, donne les mêmes armoiries à la famille Tollin, sauf que la fasce y est chargée, en abîme, d'un écu d'azur au lion d'or, à la bordure componnée d'argent et de gueules de douze pièces. Ces dernières armes sont celles des Popperode, famille qui s'éteignit aux XIVe siècle, et dont la dernière héritière, Elisabeth, fille de Gilbert, épousa Jean Tollin, vers 1340. Voy. VHisloire de la maison de Schoutheele, citée.

(3) P. 47. Elle a été publiée il y a quelques années par Mr Arthur Diis-aux. L'écusson de Chastellain est dessiné dans le manuscrit n° 19103, f« 25, de la Bibliothèque de Bourgogne, qui renferme des épitaphes de plusieurs églises de Valenciennes, recueillies au XVIIe siècle.

écrivain (î). Nous jugeons inutile de nous appesantir sur la suppression ou l'addition par les cadets au moyen-âge de certaines pièces dans les armoiries patrimoniales : cette coutume est assez connue.

George Chastellain se dit issu des maisons de Gavre et de Masmines : ce dernier nom, avons-nous dit, est même accolé une fois au sien dans un document de 1460. Il semblerait d'après cela que George appartiendrait à celte puissante famille, qui possédait de grands fiefs dans les châtellenies d'Alost et de Termonde, et descendait des Sotteghem. Un Jean de Masmines, chevalier, se déshérita en 1396 de la terre et seigneurie de Calkene et Welteren, pour la donner à son fils Daniel, à l'occasion de son mariage (2). En 1399, Louis de Masmines relève un fief appelé ^ Overmeere et Vutberghinne, qui lui était échu par la mort de messire Jean, chevalier, son père. Jean de Masmines étant mort antérieurement à 1405 (3), date de naissance de George Chastellain, et celui-ci ne saurait être son fils. A cette époque, nous n'avons trouvé aucun autre seigneur de cette famille qui porte le prénom de Jean.

Au résumé, nous sommes d'avis que le chroniqueur descend du côté paternel des châtelains d'Alost appelés Tollin, et que sa mère appartenait à la famille de Masmines. Espérons que d'autres partageront notre opinion , et que de nouvelles découvertes viendront la confirmer d'une manière authentique.

George Chastellain était donc d'extraction noble, et les documents contemporains le qualifient d'écuyer. C'est à

(1) Registre n<> 14555 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.

(2) Ibidem.

(3) Cette date s'établit d'après répitaphe : on y lit qu'il est mort le 20 mars 1474, à l'âge de soixante-dix ans accomplis; mais comme il faut changer le style de l'année, qui en Hainaut commençait aux Pâques, ce que personne n'a encore fait ohserver, il s'ensuit que Chastellain est né au commencement de l'année 1405.

Tannée 1434 que ceux-ci font pour la première fois mention de lui. Il servait alors dans l'armée de Philippe le Bon : ce prince lui fait donner, par lettres patentes daîées de Lille, le 50 avril, une somme de 90 francs pour les « bons »et agréables services » qu'il en avait reçus (î).

Plus de dix ans s'écoulent ensuite sans renseignements nouveaux sur la personne de Chastellain. En 1445, il est attaché à la maison du célèbre Pierre de Brezé, seigneur de la Varenne et sénéchal de Poitou, alors en grande faveur auprès du roi de France Charles VII, dont il était l'un des conseillers intimes. Olivier de la Marche donne erronément à ce seigneur le nom de Jean (2); il en fait l'éloge suivant : « gentil chevalier, honnorable et le plus plaisant et gracieux » parleur que Ton sceust nulle part, sage et grand entre- » preneur. » Celte particularité de la vie de Chastellain est consignée dans un compte qui s'étend du 1er avril 1444 au 51 mars 1445 (n. st.). On y lit que George vint avec son maître auprès de Philippe le Bon, et que ce prince fit don à l'écuyer du gentilhomme français, d'une somme de 48 livres de Flandre, pour acheter un cheval (5). Dans le courant de l'année 1446, Chastellain est chargé par le sénéchal d'un message pour le duc de Bourgogne qu'il trouve à Gand, où il séjourne pendant quelques semaines, en attendant la réponse du prince aux dépêches dont

(1) « A George Chastellain, escuïer, auquel Monseigneur, pour les bons et •> agréables services qu'il lui a faiz en ses armées et autres manières, et espère » que fera encores, a donné de sa grâce espécial, pour une foiz, la somme » de iiijxxx frans, monnoye roïal, comme appert par mandement de Mondit- » seigneur, donné en sa ville de Lille , le derrenier jour d'avril mil cccc »xxxiiij. «(Registre n° F. 124, f° cxix v°, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille )

(2) Mémoires; Bruxelles, 1G1G; p. 238.

(3) « A George le Chastelain, escuïer, serviteur de Monseigneur le séneschal » de Poitou, pour don à lui fait par Monditseigneur, pour avoir et acheter » ung cheval quant il a esté devers lui avec sondit maistrc, la somme de » xlviij livres. » (Registre n° F. 139, f° ijcj r°, ibidem.)

il était porteur. Philippe le Bon le gratifie encore à cette occasion de 100 livres pour le défrayer de ses dépenses (j). C'est très-peu de temps après que Chaslelain quitte le service de Pierre de Brezé pour celui de son souverain naturel, qui l'admet à faire partie de sa maison en qualité d'écuyer paunelier; nous savons qu'il accompagna le duc de Bourgogne, au mois d'avril 144-6, à Arras (2), où ce prince se rendit pour assister au duel entre Galiot de Ballasin, noble castillan, serviteur du duc de Milan, et Philippe, seigneur de Ternant, chevalier de la Toison d'or, conseiller et chambellan de Philippe le Bon, gentilhomme fameux par ses exploits de chevalerie. Olivier de la Marche nous a laissé de ce duel une narration détaillée. Mathieu de Coussy, autre chroniqueur du temps, en parle aussi assez longuement dans ses écrits.

Le duc de Bourgogne envoya George Chaslellain, à la fin du mois de septembre de celte même année 1446, à la cour de France, pour aplanir quelques difficultés qui s'étaient élevées entre lui et le roi Charles VII, à raison de certains faits dans lesquels leurs droits réciproques n'avaient pas été respectés. Ce voyage dura six semaines,

(i)« A George le Chastclain, escuïer, serviteur de monseigneur de la Va- » renne, séneschal do Poytou, pour don quant il a naguères esté devant » Monseigneur à Gand, pour certaines choses et matières secrètes, dont il » ne veull autre déclaracion estre faicle : Ix livres. » (Registre n° F. 140, fo jx"viij v°, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.) Le mandement est daté de Lille, le 29 mars 1446 (n. st.).

« A George le Chaslellain, escuïer, serviteur du seigneur de la Varenne, » séncschal de Poytou, pour don pour lui aitlier à deffrayer de la ville de » Gand, où il a esté devers Monseigneur, de par sondit maislrc, auquel lieu » il a séjourné par aucun temps en attendant la response de certains affaires » pour lesquels il y estoit venu dont Monseigneur ne veult autre déclaracion » estre faicle : xl livres. » (Ibidem, f° ixxxxvj r°.)

(2) « A George le Chastclain, escuïer, pour don pour lui aidier à deffraïer » de ladiclc ville de Lille au parlement de Monseigneur dudil lieu pour aler » aux armes de monseigneur de Ternant à Arras : vii.j livres. » (Registre n° F. 344, f° ixxxvj v°, ibidem.)

c'est-à-dire jusqu'au 15 novembre (i). Il s'agit vraisemblablement encore du même voyage dans un autre passage du compte où celle particularité est mentionnée, et où il est dit que Chastellain reçut du duc une gratification de 32 livres pour les frais qu'il avait «souslenu par certaine grande «espace de temps, » en séjournant par ordre du prince à Bruxelles et ailleurs, et aussi pour les dépenses que lui avaient occasionnées la mission dont il était chargé auprès du roi de France (s).

Le 20 janvier 1447, Chastellain est de nouveau envoyé à la cour de Charles VII, et ne fut de retour que le 22 mars; les motifs de ce voyage nous sont inconnus (3). Quelques semaines après, Philippe le Bon fait don à Chastellain d'une somme de 20 livres, — ce sont toujours des livres de Flandre dont il est ici question, — pour payer les dettes qu'il avait contractées à Bruges, et le mettre en état de se

(1)« A George le Chastelain, escuïer panetier de Monseigneur, la somme » de cviij frans demy, pour ung voïage par lui fait par le commandement et » ordonnance de Monditseigneur devers le roy pour certaines choses touchans >» le fait de la terre de Cousy et conté de Tonnoire, et aussy le adjournement » d'aucuns ses vassaulx et féaulx de Picardie, qui avoient esté adjournez en » personne à la court de parlement, à Paris, contre ung appelle Dimenche de » Court» ouquel voïage il vacqua depuis le xxvije jour de septembre Tan » mil cccc xlvj jusque au xve jour du mois de novembre enssuivant » (Registre n° F. 344 cité, f° lxxvij v°.)

(2) « A George le Chastelain, escuïer pannetier de Monseigneur, pour don » par Mondilseigneur à lui fait pour lui aidier à deffraïer des frais et despens » qu'il lui a convenu soustenir par certaine grande espace de temps, qu'il a » esté devers Mondilseigneur en son service en la ville de Bruxelles et ailleurs, » et aussi pour lui aidier à supporter les despens qu'il luy conviendra sous- » tenir en certain voïage qu'il fait de ladicte ville de Bruxelles, devers le roy » pour aucuns affaires dont Monseigneur ne veull autre declaracion estrc «faicte : xxxij livres. » {Ibidem, 1° ixxxxij r°.)

(3) « A George Chastelain, etc., la somme de vjxxiiij frans, pour lxij jours » entiers, commenchans le xxe jour de janvier l'an m iiijc xlvj, qu'il a vaquiez » à estre alez de la ville de Gand, par le commandement et ordonnance de » Monseigneur par-devers le roy, noslre sire, pour aucunes matières touchans m Mondilseigneur et ses subgez, dont il ne veult cy autre declaracion estrc » faicte, au pris de ij frans par jour. «(Registre n° F. 141, f° lxxviij r°, ibidem.)

rendre à Gand, au mois de mai (»). Puis le fidèle écuyer pannetier accompagne le seigneur de Ternant, chargé par son souverain d'aller apaiser la querelle qui s'était élevée entre le duc de Clèves et l'archevêque de Cologne : il reçut 24 livres à celte occasion (2). A peine revenu, il tombe assez gravement malade à Bruxelles, et le duc le gratifie encore d'une somme de 56 livres, pour les frais que cette maladie lui cause (3).

Au mois de septembre ou octobre 1448, notre écuyer, dont Philippe le Bon appréciait grandement le mérite, et qui avait suivi la cour à Hesdin, se rend en Bourgogne toujours en compagnie du seigneur de Ternant (4). Lé compte de l'année 1450 renseigne un grand nombre de gratifications faites par le duc à George Chaslellain : il reçoit dans le courant du second trimestre 36 livres pour payer ses dettes et s'entretenir pendant quelque temps au service du prince (s); au mois de juillet, 24 livres pour le

(1) « A George le Chastelain, elc., pour don à lui fait de par Monseigneur » pour soy deffraïer de ladicle ville de Bruges et aler à Gand ou mois de mai : » xx livres. «(Registre n° F. 141, cilé, f° viijxxvj v°, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, a Lille )

(2) «< A George Chaslelain, etc., pour don à lui fait de par Monseigneur, » pour lui aidier à deffraïer de la ville de Bruges et aler en la compagnie de » monseigneur de Ternant en ambassade devers monseigneur le duc de Clèves » et devers monseigneur de Couloingne pour le discord eslant enlre eulx : » xxiiij livres. » [Ibidem, f° viijxxviij r°.) Olivier de la Marche fut aussi de ce voyage. Voy. ses Mémoires; éd. de Bruxelles, 161 G; p. 27G.

(3) « A George Chaslelain, etc., pour don à lui fait par Monseigneur, pour »> lui aidier à faire garir d'une maladie qui l'a longtemps détenu en la ville de » Bruxelles : xxxij livres. » (Ibidem, f° viijxxx v°.)

(4) « A George le Chaslellain, etc., pour don à luy fait pour le deffroyer »> de la ville de Hesdin et pour en aller en Bourgoingne avec monseigneur de » Ternant : xix livres. » (Registre n° F. 144, f° vjxx r°, ibidem.)

(5) « A George Chastelain, pour don à lui fait pour lui aidier à deffroïer »> au derrenier parlement de Monseigneur de la ville «le Bruxelles, et auss » pour lui aidier a acquiclicr de ses dcblcs, et pour lui aidier a cnfrcle- »»nir par aucun temps en son service : xxxvj livres. «(Registre n" F. 146, f" iij<- ix v°, ibidem. )

défrayer d'un voyage de Bruges à Bruxelles, et aussi a pour » lui aidier à entretenir plus honneslement » (t); un peu plus tard, une somme de 16 livres « en considération de ce qu'il » n'est point compté à gaiges à l'oslel » (2); vers la même époque, 24 livres encore pour ses dépenses en accompagnant, au mois d'octobre, le duc de Bourgogne de Hesdin à Lille et à Bruxelles (3); enfin dans le courant de novembre, une semblable somme pour les frais d'un voyage qu'il avait fait dans le comté de Hainaut (4), « pour aucunes choses touchant son intérêt et avancement. » George Chastellain avait donc quelque affaire à traiter dans ce pays. Faut-il placer son mariage à celte époque? il avait alors quarante-six ans environ, ou doit-on le reculer encore; c'est ce qu'il est difficile de décider en l'absence d'un document positif : il ne faut toutefois pas perdre de vue que son fils Gautier, doyen de l'église collégiale de Saint-Pierre, à Leuze, vivait encore en 1524 (s).

(1) « A George Chastelain, etc., pour don à lui fait pour lui aidier à deffroyer » du partement de la ville de Bruges, et d'ilec aler en la ville de Bruxelles, » et aussi pour lui aidier à entretenir plus honnestement en son scrviee : » xxiiij livres. » (Begistre n° F. 146 cité, f° ijc iiijxxix r°.)

(2) « A George le Chastellain, escuïer tranchant de Monseigneur, que icellui » seigneur lui a de sa grâce donné pour une fois pour considéracion de ce » qu'il n'est point compté à gaiges en l'oslel d'icellui seigneur : xvj li- » vres. » (Ibidem, f° iijc xj v°.)

C'est évidemment par erreur que le copiste du compte donne ici, ainsi que dans les notes 1 et 2 de la p. 274, à G. Chastellain le titre d'écuyer tranchant.

(5) « Audit George le Chastellain, etc., pour lui aidier à acquicter de ses » debtes et lui aidier à deffroyer au partement de Monseigneur de la ville de » Hesdin, pour aler à Lille et à Bruxelles ou mois d'octobre l'an mil cccc 1, pour » considéracion des services qu'il lui a fais et aussi de ce qu'il n'a eu aucuns » gaiges ou ordonnance de Monditseigneur : xxiiij livres. ^(Ibidem, f° iijcxij r°.)

(4) « A George Chastellain, etc., pour don à lui fait pour lui aidier à » deffroïer de certain voïaige qu'il a nagaires fait de la ville de Lille es pais et » conté de Haynnau, pour aucunes choses touchant son bien et avancement : » xxiiij livres. » (Ibidem, f° iij« v v°.)

(o) Voy. § 17. On lit encore dans un volume intitulé : Revenus et dépenses

Continuons l'analyse des extraits de comptes où il est parlé de Chastellain. Il résulte d'une ordonnance de payement du duc, datée du 17 mars 1451 (n. st.), que ce prince avait envoyé de Bruxelles George, faire un petit voyage secret « en certains lieux, pour aucunes besoignes et affaires,» dont le comptable dit que Monseigneur « ne veult aullre dé- » claracion estre faicte (i). » Chastellain reçut encore 12 livres, « en considéracion de ce qu'il n'a aucune retenue ne » ordonnance de gaiges en l'ostel (2). »

En 1454, Philippe le Bon se rendit à Neversoù il eut une entrevue avec le duc d'Orléans à propos de la croisade qu'il voulait entreprendre et du mariage du comte de Charolais,* son fils (3). George Chastellain et Olivier de la Marche (4) étaient du voyage, et ce furent eux qui organisèrent la représentation des Mystères que l'on joua devant les princes (s). Chastellain continue à ne pas figurer sur les écrous

de Charles-Quint de 1520 à 1530, aux Archives du royaume, au f° ij° lxxx : « A mcssire Gaullhier Chastellain, de Leuz, par lettres du xvjme de sep- » lemhre [xvc] xxiiij, pour faire grosser une cronicque faicte par son père : » vj*x livres. »

(1)« A George le Chastellain, ctc , la somme de vj livres iiij solz, pour » certain voiaige qu'il a fait par le commandement et ordonnance de Monsei- «tgnenr de la ville de Bruxelles en certains lieux, pour aucunes hesongnes et » affaires dont Monseigneur ne veult autre déclaracion estre faicte, ouquel <> voiaige il certiffye et nffern;e en sa conscience avoir vacqué iiij jours. » (Registre n° F. 147, f° vjxxvij v°, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.)

(2) Ibidem, f° iijc ix r°.

(3) De Barante, Histoire des Ducs de Bourgogne (éd. Gachard), t. Il, p. 126.

(4) Voy. de Ladorde, Les Ducs de Bourgogne, Preuves, tome 1er, p. 417, n" 1502. Olivier de la Marche avait environ vingt-deux ans de moins que Chastellain. Il fait de ce dernier dans ses Mémoires (éd. de Bruxelles, 161 G; p. HO), le plus magnifique éloge en ces termes :

« Ce très-vertueux escuyer George Chastelain, mon père en doctrine, mon » maistre en science et mon singulier amy, lequel seul je puis a ce jour «nommer et escrire la perle et l'cstoillc de tous les historiographes qui » de mon temps ny de piéca ayent mis plume, encre, ne papier en labeur » ou en œuvre. »

(5) « A George Chastellain, 'pour convertir et emploler en certains habille-

de l'hôtel du duc de Bourgogne, et à recevoir des gratifications pour le défrayer des dépenses qu'il est obligé de faire en accompagnant Philippe à iNevers (i) à Chàlons (2), à Dijon, au château de Rouvre (3), à Salins (4), etc., et pour revenir en Flandre (5). Toutes ces libéralités du duc furent payées par mandement daté du 7 avril 1455, après Pâques (6). Dans le courant de cette même année, notre chroniqueur touche plusieurs autres sommes, par mandements du 9 juillet et du 5 août, pour des dépenses de voyages faits à la suite du prince de Bruges à Lille (7), et en se rendant par ses ordres de Louvain à Valenciennes, « pour besongnier en aucunes choses secrètes (s). »

mens pour aucuns jeux que Monseigneur a fait jouer devant luy en la ville de Nevers : xiij frans ix gros royaux. » (Registre n° F. 149, f° ijc xxxvij v°, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.) — Voy. aussi de Laborde, loc. cit., p. 417, n° 1500.

(1) « Audit George Chastellain, pour don à lui fait par Monseigneur, pour soy aidier à deffraïer de ladicte ville de Nevers : xij frans royaux. » (Regislre n° F. 149 cité, f° ijc xxxviij r°, ibidem.)

(2) « Audit George Chastelain, pour don encores pour lui deffraier de la- » dicte ville de Chalon : xvj frans demi royaulx. » (Ibidem, f° ijc xxxix r°.) — Voy. aussi de Laborde, loc. cit., p. 418, n° 1510.

(3) « Audit George Chastellain, pour don à lui encores fait pour lui aidier >» ù deffraïer de la ville de Dijon au parlement de Monseigneur d'ilec et aler » avec lui en son chastel à Rouvre : xij frans royaux. » (Ibidem, f° ijc xl va.)

(4) « Audit George Chastelain, pour don à lui fait par Monseigneur, pour » soy deffraïer de la ville de Dijon et aler à Salins : xxij frans royaux. » (Ibidem, f° ijc xij r°.)

(5 et 6) « A George Chastellain, etc., par don pour lui deffraïer de la ville » de Dijon et venir avec Monseigneur en ses pays de Flandres et autres de » par-deçà : xxij frans royaux. » (Regislre n° F. 150, f° iijc xxix v°, ibidem.)

« Audit George Chastellain, pour lui aidier à deffraïer de la ville de Lille et » aler avec Monseigneur en sa ville de Rruges : xvj livres. » (Ibidem, f° iijc xxxj r°.)

(7) « A George Chastellain, etc., pour lui aidier à deffraïer de la ville de » Bruges au parlement de Monseigneur d'ilec pour aler en sa ville de Lille: » xij livres. » (Ibidem, f° iijc xj vo.)

(8) « A George Chastellain, pour lui deffraïer de la ville de Louvain et aler » en la ville de Vallenchiennes pour ilec besongnier en aucunes choses secrè- » tes pour Monseigneur : xviij livres. » (Ibidem, f° iijc xlvij v°.)

Les comptes de la recette générale des finances postérieures à ces dates, qui existent aux Archives du département du Nord, à Lille, renseignent encore trois mentions de George Chastellain : elles ont été publiées par Mr le comte de Laborde (i), mais nous avons jugé utile d'en donner de nouveaux textes plus complets. La première parle d'un voyage fait par Chastellain en France, en 1459 (2), pour les affaires du duc; la deuxième nous apprend qu'il fut malade vers la fin de l'année 1460 ou au commencement de 1461, et que, mandé antérieurement au 22 mars de cette dernière année, par Philippe le Bon à Bruxelles, il accompagna ce prince à Gand (s). La dernière particularité relative à notre chroniqueur et consignée dans la catégorie des comptes d'où nous avons extrait tout ce qui précède, est une gratification que Charles le Téméraire fit donner au serviteur de George Chastellain, qui avait envoyé à ce prince un « livret » de sa composition sur la mort du duc, son bienfaiteur (4). Il y a tout lieu de croire qu'il s'agit ici de Y Éloge du bon duc Philippe, imprimé par Buchon.

(1) Loc. cil., p. 472, no 1836; p. 4-73, n° 1844, et p. 497, n° 1926.

(2) « A George Chastellain, escuïer panelier de Monseigneur, pour reste • d'un voyage par lui fait en France, pour les besoingnes et affaires de Mon- » ditseigneur : ex livres viij s. » (Registre n° F. 346, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.)

(3) « A George Chastellain, dit de Mamines, croniqneur de Monseigneur, » la somme de xx livres, pour don ù lui fait par Monditseigneur, en consi- » deracion de certaine maladie qui lui est naguères survenue et aussi aidier » à deffraïer de ladicle ville de Bruxelles, et s'en retourner avec Mondit- » seigneur en sa ville de Gand; pour ce par sa quiclance faiclc le xxij« jour >» de mars [mil iiijc] lx (1461, n. st ) : xx livres de xl gros. » (Registre u° F. \'JY>, 1° ij,: xxxiiij r°, ibidem.)

(4) « A Jehan Chenebaut, servilcur de George Chaslclain, la somme de » lx solz, que Monseigneur lui a de sa grâce donné par son vin, quant il lui » a nagaires apporté lui en sa ville de Brouxelles, ung livret venant de par » sondil maislre, touchant le trespas de feu de très-noble mémoire monsei- » gneur le due Phelippe, que Dieu absoille; pour ce par sa quiclance l'aide » !e xi\( jour du moi'- de juillet. » (Registre n° F. 158, f° CC ij r", ibidem.)

Nous nous sommes étonné, en lisant les fragments des Mémoires de Chaslelain qui ont été publiés jusqu'ici, de n'y pas trouver le récit de la guerre dite du Bien public (1465) et de la bataille de Monllhéry qui en fut l'issue, d'autant plus que le vaillant Pierre de Brezé y trouva la mort, et que Chastellain s'occupe volontiers des événements auxquels son ancien maître est mêlé.

Le grand chroniqueur obtint de Philippe le Bon, par lettres patentes datées de Louvain, le 25 juin 1455 (î), son logement dans l'hôtel que possédait le duc de Bourgogne à Valenciennes et que l'on appelait la Salle-le-Comte, pour s'y livrer entièrement à ses travaux littéraires, ou selon les expressions de l'époque, « pour mettre par escript choses » nouvelles et moralles, aussi mettre en fourme par manière » de cronique fais notables dignes de mémoire advenus par » chi-devant et qui adviennent et puellent souvantes fois » advenir. » Son généreux protecteur lui accorda en outre une pension de 36 sous de Flandre par jour ou 657 livres par an. Cette pension, d'après la teneur des lettres patentes, devait être payée par le receveur général de Hainaut, mais on en chercherait vainement la mention dans le compte de l'année 1456 (2). C'est le receveur des domaines de la

(1) Nous devons faire remarquer que l'ordre donné par Philippe le Bon à Paudiencier de délivrer les lettres patentes à Chastellain, sans frais, est daté du 27. Voici cette pièce :

« Audiencier de nostre chancellerie, délivrez franchement à George le Chastellain noz lettres patentes par lesquelles luy avons accordé sa demoure en nostre hostel de la Sale en Valenciennes, et avec ce prendre et avoir de nous xviij solz, de ij gros, monnoie de Flandres, par jour, tant qu'il nous plaira pour les causes contenues et déclairéez en nosdicles lettres, sans pour le droit de nostre scel d'icelles prendre ne relever de luy aucune chose. Le xxvijc jour de juing Tan m. cccc. lv. [Signé] Phelippe. » (Collection des acquits des comptes du grand sceau, aux Archives du royaume.)

(2) « A Jeorge Chastelain, escuyer, panelier de Monseigneur le duc de Bour- » goigne, auquel a esté ordonné par mondit très-redoublé seigneur et son » conseil, de prenre et avoir sour la receple générale de Haynnau, xxxvj solz » pour jour, pour considération et qu'il est tenus de mettre par escript choses

Salle-le-Comte, à Valenciennes, qui fut d'abord chargé de celle dépense, et qui renseigne dans ses comptes le payement des gages de George Chastellain, depuis le 25 juin 1455 jusqu'au 31 décembre 1456. Pour les payements qui suivirent, à partir de l'année 1457 (i), il faut consulter les comptes de la recelle générale de Hainaut (2). Philippe le Bon, par mandement du 15 mai 1461 (3), confirma le chiffre

» nouvelles et moralles, en quoy il [esl] expert et congnoissant, aussi mettre » en fourme par manière de cronicque fais notables dignes de mémoire adve- » nus par chi-devanl et qui adviennent et puellent sou ventes fois advenir; et «pour les grans charges de quoy la receple généralle de Haynnau estoit lors » cliargié, aussi que madame d'Eseaudœuvre estoit nouvellement alée de vie* » par mort, de quoy la recepte de la Salle fu deschargié d'aucune pencion que » ladicle damme avoit sour ycelle; messeigneurs des finances de monseigneur » le duc ont ordonné audit Jeorge prenre sadicte assignacion sour ladicte » recopie de la Salle, et à celli cause le receveur d'icelle a payet audit George » pour ciiijxxx jours, commencions le xxve jour de juing mil iiijc lv : iijc » xlij livres.

» Audit George, pour le terme d'un an commenchant le premier jour de «janvier mil iiijc |v [1456, n. st.]: vjc Ivij livres. » (Registre n° V. 67, compte de 1456, f° xxix r°, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.) Ces articles sont biffés.

(1) Voici l'extrait de ce compte dont la rédaction diffère du compte du receveur de Valenciennes : « A George Chastellain, escuïer pannelier de mon- » seigneur le duc, auquel xMonditseigneur a ordonné tenir sa résidence en son » hoslel c'on dist la Salle en Valenchiennes, pour mettre par escript aucu- » nés choses par manière de cronicques, fais notables dignes de mémoire «advenus par chi-devant et qui adviennent et puent souvenles fois advenir; » Mondilseigneur lui a ordonné sur la recepte généralle de Haynnau prendre » et avoir pour chascun jour la somme de xviij solz, du pris de ij gros, » monnoie de Flandres, tant qu'il lui plaira, etc., comme appert par vidimus » des lettres patentes de mondilseigneur le duc sur ce octroïécs audit George, «données a Louvaing, le xxvc jour de juing [mil] iiijc lv, etc. «(Registre n° II. 293, compte de 1457, f° Ixxvij v°, ibidem.)

(2) Ils sont classés sous le n° II. 293 des registres de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, ù Lille. Le compte de l'année 14-59-1460 existe aux Archives du royaume, à Bruxelles, sous le n° 3196, de la chambre des comptes : le payement de la pension de Chastellain y est renseigné au f° Ixij v°.

(5) « A George Chaslclaiu, escuyer et panelier de monseigneur le duc de » Hourgongne, auquel a esté ordonné par Mondilseigneur et son conseil «le » prenre et recevoir sour la recepte de la Salle en Valenciennes, xxxvj sol/

de la pension de son chroniqueur à 36 sous par jour, et par un aulre mandement du 2 mars 1463 (n. st.), ce fut de nouveau le receveur de Valenciennes qui eut mission de payer Chaslellain (i) jusqu'à sa mort, dont la date est fixée par ce comptable au 13 février 1474 (1475, u. st.) (2). A ce propos nous ferons observer que le jour du décès de notre chroniqueur, fixé par son épitaphe au 20 mars 1474 (1475, n. st.), ne saurait être exact, et que nous croyons plus volontiers le receveur du domaine de Valenciennes, qui avait intérêt à ne pas payer un seul jour de gage de plus, puisque la chambre des comptes n'admettait aucune dépense sans preuve et sans moyen de contrôle. L'épitapbe de Chaslellain existait dans l'église de la Salle-Ie-Comte, à Valenciennes; elle est rapportée textuellement par Simon Leboucq dans son Histoire ecclésiasticque de la ville et comté de Valentienne (3); nous devons faire remarquer que l'historiographe de Philippe le Bon y est qualifié de chevalier, titre qui lui fut conféré avec celui tfindiciaire, par Charles le Téméraire, au mois de mai 1473. Le fait est rapporté par Jean Molinet dans le prologue de ses Chroniques, en ces termes : « Sire George Chaslellain, homme

*> pour jour, jusques à la bonne volenté de Monditseigneur, pour considéracion » et qu'il est tenu de mettre par escript coses nouvelles et moralles, en coy » il est expert et congnoissans, pour mettre en fourme de cronicke fais no- » tables dignes de mémore, qui par cy-devant sont avenus et qui puellent » journèlement avenir, etc., comme plus à plain appert par le mandement » scellée du séel de secret le xvc jour du mois de may mil iiijc Ixj. » (Regislre n° V. 68, compte de 1461-1462, f° xxviij r°, cité plus bas.)

(1) Voy. les registres nos V. 68, V. 69 et V. 70, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.

(2) « A messire George Chaslellain, chevalier, conseiller de mon très- » redoublé et souverain seigneur monseigneur le duc de Bourgoigne, pour » vjxxxvj jours à commenchier au premier jour d'octobre mil iiijc lxxiiij et » fenissanl au xiije jour du mois de febvrier prochain enssuivant mil iiij,; >i lxxiiij, que lors termina ledit George vie par mort. » (Registre n° V. 70, cité, compte de 1474-1475, f° xxxvj r° )

(3) Voy. aussi le n° 19105 de la Bibliothèque de Bourgogne, f° 25 r°.

» très-éloquent, cler d'esprit, très-aigu d'engin, prompt en » trois langages, très-expert orateur et le non pareil en

» son temps Pourquoi très-illustre prince Charles de

» Bourgogne, regardant la fermosité de ses mœurs, la sub- » tililé de son art, le veull anoblir en ses jours; et à la » célébration et solemnité de la Thoison d'or en Valen- « tiennes, lui donna ordre de chevalerie, avec tiltre de » indiciaire, comme celui qui démonstroit par escripture » authentique les admirables gestes des chevaliers et con- » frères de l'ordre. »

George Chastellain ne fut pas, croyons-nous, le premier écrivain qui obtint le titre de chroniqueur ou d'indiciaire, dont se qualifièrent plus tard Molinet, Jean Lemaire, Julien Fosselier, Rémi du Puys, Henri-Corneille Agrippa, etc. (Voy. §§ 1 et 67.) En effet, nous trouvons cité dans le courant des années 1460 et 1461, un certain Hugues Tolins ou de Tolins, prêtre, qui est appelé chroniqueur de Monseigneur (î), et que Philippe le Bon envoya en Bourgogne « pour enquérir et sçavoir, tant par les fondations des » églises, comme aullrement, les noms des rois et ducs » qui ont esté en Bourgongne le temps passé, et les fon- » dations et choses par eux faictes durant leurs vies, afin » d'icelles rédiger et faire chronique (2). » Il paraît en outre avoir composé par ordre du duc un « Martirologe et abrégié » du commencement des batailles (3). »

Il y a quelques années, nous avons été assez heureux pour retrouver les lettres patentes originales, datées de Bruxelles, le 14 janvier 1457 (n. st.), par lesquelles le duc

(1)« A muislre Hugues Tolins, croniqucur de Monseigneur, la somme de » xij livres, pour lui aidicr à avoir ung cheval, en considéracion des services » qui lui a par ci-devant fais. » (Registre n° F. 155, f» ijc Ij v°, de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.)

(2) Peioinot, De l'ancienne bibliothèque des ducs de Bourgogne, p. 57.

(5j De Ladoiidl, les Ducs de Bourgogne, Preuves, t. 1er, p. 473, n° 1842.

de Bourgogne confère à George Ghastellain, écuyer et pannetier, le litre de conseiller, avec les honneurs et privilèges qui étaient attachés à cette dignité. Nous publions le texte de cette pièce.

« Phelippe, elc. A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Savons faisons que pour la bonne et notable relacion qui faicte nous a eslé de la personne de nostre amé et féal escuïer et pannelier George Chas!elain, et de ses sens, prudence, discrécion et souffisance, icelui George confions à plain de ses loyaulté, preud'ommîe et bonne diligence, avons retenu et retenons par ces présentes en nostre conseillier pour nous servir d'ores en avant oudit estât de conseillier aux honneurs, drois, préhéminences, prérogatives, libertez, franchises, prouffiz, émolumens acouslumez et qui y appartiennent; sur quoy il sera tenu de faire le sèrement à ce pertinent es mains de nostre très-cliier et féal chevalier et chancelier le seigneur d'Aulhume que commettons à ce. Si donnons en mandement à nostredil chancelier que, receu dudil George Chastelain ledit sèrement, il et tous autres noz gens de conseil le appellent et évoquent dès lors en avant à nos consaulx et à la consullacion et expédicion de noz besongnes et affaires touchant nous et noz pais et seigneuries, et d'icelui estât de conseillier, ensemble des honneurs, drois, préhéminences, prérogatives, libertez, franchises, prouffiz et émolumens dessusdiz, ilz et tous autres cui ce regardera le facent, seuffrent et laissent plainement et paisiblement joyr et user, cessans tous contrediz et empeschemens. En tesmoing de ce nous avons fait mectre nostre séel à ces présentes. Donné en nostre ville de Bruxelles, le xiiij« jour de janvier Tan de grâce mil quatre cens cinquante et six (1). »

Nous ne pouvons passer sous silence une autre rectification concernant Chaslellain, que nous avons constatée dans le cours de nos recherches : elle n'est pas sans importance.

Tous les biographes et tous ceux qui se sont occupés de cet écrivain, ont avancé qu'il fut revêtu des fonctions de héraut d'armes de la Toison d'or. C'est une erreur et nous allons en citer l'origine. Olivier de la Marche commença la rédaction de ses Mémoires en 1471, lorsqu'il

(!) Collection des chartes de l'audience, aux Archives du royaume.

était, dît-il, sur le point d'avoir quarante-cinq ans accomplis (i). On ne saurait nier que lié d'amitié avec Chastellain,

— quoique celui-ci fut d'environ vingt-et-un ans plus âgé,

— et comme lui écuyer pannetier du duc, Olivier ne fût parfaitement au courant des litres et des honneurs qui lui avaient été conférés, aussi bien que des qualifications qu'étaient en droit de prendre tous les autres seigneurs et gentilshommes de la cour de Bourgogne. Or, dans les Mémoires (2) dont nous parlons, on rencontre celte phrase à propos de la mort du célèbre chevalier Jacques de Lalaing, en 14o5 : « Car je sçay bien que le roy d'armes de la Toi- » son d'or, George Chastelain, noslre grand historiographe,* » ne plusieurs autres qui se meslent et enlremeltent d'es- » crire... » De Pinedo y Salazar, auteur de YHisloria insigne ôrden del Toyson de oro (5), s'est appuyé sur, ce passage, qu'il a traduit, et a classé Chastellain parmi les hérauls d'armes de l'ordre. Peut-être celte erreur a-t-elle été commise avant lui; toujours est-il, que ni Molinet, ni les historiens de Valenciennes Simon Leboucq (4) et d'Oultreman (5), qui ont aussi fait l'éloge de Chastellain, ne mentionnent celte particularité. Il faut ajouler que celui-ci ne figure pas dans la liste des hérauls d'armes dressée en 1581 et publiée par le baron de Reiffenberg, dans son Histoire de la Toison d'or (Y). La phrase d'O. de la x\Iarche doit être interprétée d'une toute autre manière. Le roi d'armes de la Toison d'or et George Chastellain sont deux personnages différents que le chroniqueur n'a pas pu confondre. Il a voulu dire, que ni le premier ni le second, ni d'autres

(1) Mémoires; éd. de Bruxelles, 1G1G; p. 1M.

(3) .Madrid, 1787; t. II, p. G37.

(4) Loc. cit.

(")) Histoire de la ville et comté de Valcnlicnncs, p. 170. (G; Bruxelles, 1830; p. 582.

qui se mêlent d'écrire, etc. Le roi d'armes de la Toison d'or ici en question est un gentilhomme assez connu, et nous sommes surpris que l'on ait pu prendre le change un seul instant : il s'agit de Jean Lefèvre, seigneur de Saint- Remy, la Vacquerie, etc., dont il nous est resté de curieux Mémoires sur les événements de son temps, de 1 407 à 1 436, et qui ont été publiés plusieurs fois. Il avait été nommé Toison d'or, c'est-à-dire héraut d'armes de l'ordre, en 1429, et il resta en fonctions jusqu'à sa mort, arrivée en juin 1468. « Il fut tenu, — dit Chastellain, — le plus sachant et ver- » tueux et vrai-disant que pour son temps estoit, pour un »roi d'armes le nom pareil qui pour lors fut. » Olivier de la Marche en parle dans le même sens (î). L'un et l'autre le citent fréquemment dans leurs ouvrages, car ce gentilhomme fut mêlé à beaucoup d'événements importants de cette époque. Une fois l'identité de personne établie, il suffira, pour prouver que Chastellain n'a pas été le successeur de Jean Lefèvre, de dire que sa charge fut donnée, sur sa demande, à Gilles Gobert (2), lequel prêta serment

(1) Page 40.

(2) « A Gilles Gobert, roy d'armes de Tordre de la Thoison d'or de Mondit- » seigneur la somme de vijxx xvij livres x solz, qui deue luy esloit à cause » de 1 nobles de xlvij s., de ij gros de Flandres, le soit, pièce, que icellui » seigneur luy a ordonné et accordé pranre et avoir de luy de pencion par an » pour sondit estât de Thoison d'or, et pour 1 livres tournois, du pris de » xxxij gros semblables, la livre, que Monditseigneur luy a ordonné pranre et » avoir de luy par an pour ses robes et habis d'icellui office, à en estre payé » d'an en an par les mains de sondit argentier, à commencbier le xvje jour de » juing mil iiijc Ixviij, duquel office il avoit fait le serment dès le jour de la » Penthecousle oudit an Ixviij, comme puet apparoir par certaines lettres pa- » tentes de Monditseigneur, données en sa ville de Bruxelles, le derrain jour » de novembre oudit an Ixviij, tant et si longuement que ledit Thoyson d'or » servira oudit ordre en icellui office de Thoison d'or, et ce pour ung an entier » commencheant ledit xvj«jour de juing Ixviij et finy le xve jour de juing a° lxix » enssuivant, tous incluz. "(Registre n° 1924, f° xvij r°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.)

« A Gilles Gobert, roy d'armes dudit ordre.de la Thoison d'or, la somme de

du vivant même du titulaire, et que ce dernier, dont les lettres patentes de nomination sont datées du 30 novembre 1468, ne mourut qu'en 1492 (î).

Fossetier (Julien), — appartient à cette pléiade de compilateurs indigestes de la fin du XVe siècle et du commencement du XVIe : Valère André lui a consacré quelques lignes (-2). Il nous apprend lui-même dans un livre, dont nous reproduisons plus loin le titre, qu'il a vu le jour à Alh, en 1454. Fossetier embrassa l'état ecclésiastique : dans ses ouvrages manuscrits qui nous sont parvenus , il se donne le litre de« chroniqueur et Judiciaire de très-puissant* » prince don Charles d'Autriche » . Sa Chronique margaritique ou alhensienne a été commencée le 15 décembre 1508 et terminée au mois de septembre 1517; elle forme trois volumes et n'a jamais été imprimée. Dès que Fossetier avait achevé un volume, il allait en faire hommage à Marguerite d'Autriche. Cette princesse lui fit payer, par ordonnance du 9 mars 1515, 50 livres de Flandre pour le deuxième livre, et pareille somme pour le troisième, par mandat du 29 septembre 1517. Nous publions le texte de ces deux documents; ils constatent que les chroniques offertes à Marguerite étaient écrites sur parchemin. La Bibliothèque de Bourgogne possède encore les originaux des tomes II et III de l'œuvre de Julien Fossetier (3), qui forment deux beaux volumes, grand in-folio, à deux colonnes, de 42 lignes à la page, et d'une exécution soignée, sans

»vijxx xvij livres x solz qui lui est deue à cause de 1 nobles de xlvij s., do »> ij gros de Flandres, le soit, pièce, que icellui seigneur luy a accordé avoir de » luy de pencion par an pour sondit estât de Thoison d'or, clc. » (Registre n° 192 ; > , f° xxv v°, ibidem.)

(1) De Pinedo y Salazar, loc. cit. y p. 638.

(2) liibliothecu belgica, p. 597. Foppens a reproduit les mêmes détails dans sa llibliotheva belgica, p. 780.

(3) n°» io:;n cl 10.') 12.

miniature et non paginés. En tète de chacun d'eux se trouve un petit prologue ou dédicace de l'auteur à la gouvernante des Pays-Bas , avec un rondeau sur la devise si connue : Fortune, infortune fort une. L'ancienne reliure en velours rouge de ces manuscrits a été remplacée par la reliure au chiffre de Napoléon qui recouvre tous les livres enlevés par ordre de l'empereur. Dans les dédicaces l'écrivain expose en abrégé ce que renferment les volumes, qui sont toutefois enrichis d'une table détaillée. Le tome II, à la fin duquel on lit : 3Df0 grctttaô. 1514, commence à l'avènement, de Salomon et s'arrête au couronnement d'Artaxerxès Mnémon, appelé Assuérus dans la Bible, dit l'auteur. Le tome III, qui s'étend jusqu'à Annibal, se termine par la date: 1517. 24 mctg. 2ltl). D'après une annotation écrite sur le feuillet de garde du tome III, ce manuscrit était « du iije pe- » pitre le xve » de la librairie ou bibliothèque de Marguerite d'Autriche.

La Bibliothèque de Bourgogne possède encore trois autres volumes de l'ouvrage de Fossetier, un tome Ier et deux exemplaires du tome II; ces deux derniers ont appartenu aux jésuites de Mons. Tous trois sont du même formai, et écrits sur du papier dont la filigrane est un P gothique. Ils portent au dos, ainsi que les précédents, le titre de Chronique athénienne. Dans la dédicace du tome Ier (î), l'auteur qui s'y qualifie de « prestre, indigne compilateur de cesle » œuvre » explique ainsi cette appellation bizarre de son livre : « Je l'intitule, — dit-il en s'adressant à Marguerite » d'Autriche, — la Chronicque margariticque, après vostre r> nom, ou la Chronique athensyenne, après Ath, lieu de sa » composition. » Ce premier volume qui embrasse la narration des faits depuis la création du monde jusqu'au règne de Salomon, a 322 feuillets, à deux colonnes, de 39 lignes

M) No lO'iOO.

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à la page, d'une belle écriture. L'annotation suivante, « du » iije pepitre le xiiij6 » , qui se trouve sur le feuillet de garde, ainsi que le soin apporté à la transcription du texte et d'autres détails encore, nous fait supposer que cet exemplaire est l'original du tome Ier qui fut offert par Julien Fosselier à Marguerite; il n'aurait donc pas exécuté ou fait exécuter le premier volume sur parchemin. Nous hésitons cependant à admettre celte opinion. Marie de Hongrie possédait l'ouvrage complet de Fossetier; d'après la description qui nous en est restée (i), — ils étaient reliés en velours rouge, — nous croyons que ce sont les mêmes volumes qui appartinrent à Marguerite d'Autriche. «

L'un des deux exemplaires sur papier du tome II est la copie textuelle de l'original dont il est parlé plus haut; l'autre présente de nombreuses variantes : quoique sur du papier semblable, celui-ci nous paraît moins ancien. L'écriture de l'autre est plus soignée et se rapproche davantage de celle du tome Ier. Aucun ne renferme les prologues ni le rondeau sur la devise de la princesse qui se trouve dans les trois volumes précédemment décrits.

L'exemplaire, dont le texte est le plus complet (2), est écrit à longues lignes, et contient 295 feuillets, sans table. Le copiste du second a l'écriture plus petite. Ce dernier volume (3) renferme 468 feuillets, à deux colonnes, avec table; il se termine par cette date : 1514, explicit bajanuarii. Ces mots sont d'une autre main également contemporaine de l'exécution du manuscrit. Il est évident par là que celui-ci a dû être copié sur la minute originale de Fosselier, et non d'après l'exemplaire sur parchemin. Avant davoir appartenu aux jésuites de Mons, il avait été la pro-

(i) Voij. les Bulletins de la commission royale d'histoire, irc série, 1. X, p. 227.

(2) N» ÎOJÎIO.

(3) N" îoiiir,

priété d'un certain Janet Balte, dont le nom se lit sur le feuillet de garde.

On voyait à l'abbaye de Cambron une copie de la Chronique margaritique au commencement du XVIIe siècle (1).

En 1520, Julien Fossetier acheva et dédia à Marguerite d'Autriche un autre ouvrage, intitulé dans le prologue : La vie de Christ, etc. Valère André dit qu'il en existait un manuscrit dans la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Martin, à Tournai. La Bibliothèque de Bourgogne en possède un bel exemplaire, grand in-folio, sur parchemin (2). Il se compose de 357 feuillets, à longues lignes, de 46 lignes à la page, avec des mots et souvent des lignes entières tracées en rouge et ornées de quelques lettrines peintes. L'écriture est peut-être celle de l'auteur lui-même : elle ressemble à celle des tomes II et III de l'exemplaire sur parchemin de la Chronique margaritique. On y trouve une table à la fin du volume. Les lignes suivantes se lisent au bas du f° iijc xlix r° :

« Ainsi termine la Vie de Hiésus-Crist, compilée en » deux livres partiales par Julyen Fossetier, presbtre in- » digne, résident à Ath, en Haynault. » Fossetier dans la dédicace de ce livre s'exprime en ces termes (f° 1°). « Plaise » sçavoir à Vostre Signorie que je Julyen Fossetier, prestre » indigne, procréé habitaleur d'Ath, en Haynault, ay claci- » fyet seloncq ma simple capacité et le plus ouvertement et » véritablement que j'ay peut, de clauses en clauses, tout » le texte des quatre évangélistes, etc. »

Nous connaissons deux autres ouvrages de Fossetier : l'un existait, en manuscrit, dans la librairie de Marie, reine douairière de Hongrie (3); il est décrit de la manière suivante, dans l'inventaire qui nous est parvenu : « Petit livre,

(1) Valère André, Dibliothcca belgica, p. 597.

(2) No 9220.

(3) Bulletins delà commission royale d'histoire, lrc série, l. X, p. 210.

» nommé Faict de par messire Julien Faulcetier. » L'autre est un petit volume de poésies, imprimé en 1552, de 23 feuillets, in-8°, caractères gothiques; il est intitulé : Conseil de volentier morir. Imprimé en Anvers par Martin Lempereur, l'an M. D. XXXII, et dédié à Charles-Quint; l'auteur se nomme dans la dédicace :

« Je Julien Fossetier, prebstre indigne, Qui en Haynault ait eu Dath origine, Anchien de quattre-vingtz ans et plus. »

Ce volume, d'une excessive rareté, a été coté 250 francs dans le catalogue d'Ed. Tross; il ne figure plus qu'au prix de 120 francs dans un Catalogne des livres rares et précieux (n° 18G), publié par L. Potier, en 1859.

1. « L'archiducesse d'Austrice, etc. Diego Flores, nostre trésorier et receveur général de toutes noz demeines et finances, nous vous ordonnons que bailliez et délivrez comptant à sire Julian Fossetier, prestre, istoriograffe des Cronicques marguarélicques, la somme de 1 livres, du pris de xl gros, monnoye de Flandres, la livre, laquelle somme luy avons ordonnée, octroyée et accordée prendre et avoir de nous, pour une foiz, et ce pour son payement et conlenlement des paines, labeurs, fraiz et despence par luy soustenue d'avoir compillé et mis par escript la seconde volume desdictes Chronicques margaréticques, laquelle il nous a délivrée pour estre mise en nostre librarie, en rapportant avec cesles quictanec soufllsanle dudict sire Julian sur ce servant seullcment; icelle somme de I livres pour la cause que dessus vous sera passée et allouée en la despence de voz comptes par les commis ou à commettre de par nous à l'audicion d'iceulx, ausquelz ordonnons par cestes ainsi le faire sans difficulté. Fait soubz nostre nom, à Gand, le ixc jour de mars ao xvc xv, stil de Homme (\). »

2. « Marguerite, etc., à nostre très-chicr et féal chief commis sur le fait de noz demeinc et finances et nostre premier maislre d'bostel le seigneur de Montbaillon, salut. Nous, eu sur ce vostre ad vis, voulons et vous ordonnons que par nostre très-ebier et féal conseiller et receveur général de toutes nosdictes finances, maistre Jeban de Marnix, vous faicles payer et délivrer content à nostre bien amé messire Julyan Fossetier, prestre, résident à Àtb, en flnyn-

(1) Collection des acquits, aux Archives du royaume.

nau, la somme de 1 livres, de xl gros de Flandres, laquelle lui avons ordonné et ordonnons prendre et avoir de nous en récompense d'ung gros livre en parchemin, escript à la main, qu'il a composé, intitulé : Le tier volume de la Cronicque marguarilicque, qu'il nous a ce jourd'huy donné et présenté, etc. Donné à Bruxelles, le pénultiesme jour de septembre Tan de grâce mil \cet xvij (1). »

De' Marchi (François). — Au § 21 nous avons rapporté des documents jusque alors inédits constatant le séjour aux Pays-Bas du capitaine François de' Marchi, de Bologne, pour lever les plans des places fortes de nos provinces, qui furent gravés sur cuivre aux frais de Philippe II, par Corneille de Hooghe et Jérôme de Cock, en 1566 et 1567. Au moment où nous rédigions cet article, nous ne connaissions pas le livre, peu commun du reste, dont ces planches devaient faire partie, et cependant Brunet en donne une description détaillée dans son Manuel du libraire, que nous n'avons pas eu la pensée de consulter. Il est à noter que cette importante publication n'a paru qu'en 1599, à Brescia, dans un format grand in-folio; ce livre est rare, dit le célèbre bibliographe français. Un superbe exemplaire a été vendu pour quelques francs, en février 1861, chez le libraire Heussner, à Bruxelles (vente Kelele); voici le titre de cet ouvrage :

Délia architetlura militare del capitanio Francesco de' Marchi, bolognese, gentil' huomo romano, libri tre.nelli quali si descrivono H veri modi, del fortificare, che si usa a' tempi moderni. Con un brève, et utile trattalo, nel quale si demostrano li modi del fabricar V artigliaria, et la praltica di adoperarla, da quelli che hanno carico di essa. Opéra novamente data in luce. In Brescia. MDXC1X. Appresso Comino Presegni. ad instanza di Gasparo daW Oglio.

(1) Registre des finances commençant dois le mois de décembre xv- xv, f° 77 r°, collection des papiers d'Étal et de l'audience, aux Archives du royaume.

La Bibliothèque royale, à Bruxelles, possède uu bel exemplaire de ce livre dans le fonds de la ville (n° 5364): nous y avons également consulté la seconde édition de l'ouvrage de F. de' Marchi, publié à Rome, en 1810, par L. Marini, en cinq grands volumes in-folio, ornés de planches, de deux portraits de l'auteur du traité, et de fac-similé de son écriture.

La notice biographique dont L. Marini a fait précéder le texte de F. de' Marchi, renferme des particularités intéressantes sur ce grand ingénieur, qui fut aussi habile architecte; mais antérieurement à l'année 1533 sa vie était jusqu'ici restée un mystère. Nous savons par des registres existant aux Archives du royaume, dont Mr A. Henné a publié des extraits dans son Histoire de Charles-Quint (t. III, pp. 128 et 130), qu'il se trouvait déjà aux Pays-Bas en 1521, où il eut la charge de capitaine des vingt hallebardiers, puis celle des vingt-quatre archers que Charles- Quint créa en 1522, pour la garde de la personne de Marguerite d'Autriche: il occupait encore ces fonctions à la mort de cette princesse, arrivée en 1530. Dans les documents qui font mention de lui, il est appelé François de Marche, de Marque, de Marcque ou Maercke, et il est qualifié d'écuyer : il signe même sous celte dernière forme toute flamande les quittances de ses gages. D'après Marini, le capitaine F. de' Marchi était à Livourne en 1533 et resta en Italie jusqu'en 1559 : il était alors au service de Marguerite de Parme depuis de longues années, et revint aux Pays-Bas avec celle princesse, que Charles-Quint avait appelée au gouvernement général de ces provinces. Malgré ces assertions du publiciste italien , nous sommes toujours tenté de croire que c'est F. de' Marchi qui dressa le plan de la ville de Gueldre, en 1546 (Voy. § 59).

Le catalogue des livres rares de Mr Libri vendus à Londres, en 1859, renseigne (n° 1559) un ouvrage de F. de'

Marchi, imprimé à Bologne, en 1560, sous ce titre : Aviso dove narra a pieno le pompose Livrée et scaramuzza de Cavalli et Fanti, etc.

Marini dit qu'après l'année 1567 il n'a plus trouvé mention du capitaine F. de' Marchi, et il suppose qu'il mourut vers cette époque. On s'expliquerait ainsi pourquoi les planches gravées par C. de Hooghe et J. de Cock n'ont pas servi, et l'on pourrait fixer à l'année 1568 la date du décès de l'ingénieur italien.

1. « A François de Marque, escuïer, capitaine, et aux hallebardiers de Madame, à cause de leurs gaiges, assavoir ledict capitaine àl'advenant dexviij s par jour, etc., pour ij mois finiz le derrenier de juing [xvc] xx.

» Audict François de Marque, escuïer, capitaine, et xxiiij archiers ordonnez par l'empereur pour servir Madame la régente, et messieurs du privé conseil et des finances, à cause de leurs gaiges, assavoir audict capitaine, de xxiiij s. par jour, etc. (1). »

2. « [1529]. A François de Marcke, escuïer, capitaine des archers de Madame, etc., pour vacacions par luy faicles à Utrecht, pour la visitacion du chasteau, etc. (2). »

5. « A François de Marcque, par lettres du ve d'octobre [xvc] xxij, pour sa robbe de velours de l'année commençant le premier dudict mois : c livres.

» A luy, par autres du xviijc de décembre [xvc] xxiij, pour autres services et sadicte robbe : ijc livres.

» A luy, par autres du xxe de décembre [xvc] xxiiij, pour sa robbe: c livres.

» A luy, par autres du xije de décembre [xvc] xxiiij, à cause de La Haye : 1 livres.

» A luy, par autres du premier de février [xvc] xxv, pour sa robbe et vaccacions : ij livres.

» A luy, par autres du xviije de décembre [xvc] xxvj, pour sa robbe : c livres.

» A luy, par autres du xxje de décembre [xvc] xxvij, pour sa robbe : c livres.

» A luy, par autres du xe de février [xvc] xxviij, pour ses services et vacacions faictes à Utrecht : iijc 1 livres.

(1) Registre intitulé : Revenus et dépenses de Charles-Quint, de 1520-1530, f° ijc xv r°, collection des papiers d'État et de l'audience, aux Archives du royaume.

(2) Ibidem, f» ijc liij v°.

» A luy, par autres du xxviije de décembre [xvc] xxix, pour vaeaeions faieles à Montfort et ses services : cl livres (1). »

D'Hollander (Jean). — Mr Gachard a parfaitement établi dans la préface de la Relation des troubles de Gand sous Charles- Quint (2), que le chanoine J. d'HoIlander n'était pas l'auteur du livre intitulé : Discours des troubles de Gand, etc., publié par Hoynck Van Papendrecht. A celte occasion il a fait faire des recherches aux Archives de l'État, à Mons, pour découvrir la date de la prise de possession d'une prébende de Sainte- Waudru, dont d'Hollander avait joui. Nous avons trouvé la minute des lettres patentes qui lui confèrent ce canonicat : elles sont datées de Bruxelles, le 10 juin 1616, et commencent en ces termes :

« Albert et Isabel, etc. A noz chières et bien amées les damoisclles chanoinesses de nostre église de Saincte-Wauldrud en nostre ville de Mons, salut et dilection. Comme Guillaume de Pamele, clercq du diocèse de Gand, chanoine de ladicte église, ait résigné en noz mains ladicte chanonie et prébende, pour et au prouffit de Jehan de Hollandere, clercq dudit diocèse et possesseur de la chapelle fondée à l'aullel de Saincte-Barbe en l'église parochiale de Sainct-Jacques en nostre ville de Gand, et ce par voye de permutation entre eulx canonicquement conceue à ladicte chapelle de Saincte-Barbe, soubz nostre bon plaisir et aultrement point; sçavoir faisons, etc. (5). »

Trigaut (Nicolas), — missionnaire de la compagnie de Jésus, natif de Douai, partit en 1607 pour les Indes et la Chine. Il revint en Europe quelques années après, et quitta de nouveau le continent en 1618. C'est à l'occasion de ce dernier voyage qu'Albert et Isabelle le gratifièrent d'une somme de 4,000 livres de Flandre, pour l'aider dans les frais u qu'il conviendra faire pour la nourriture et despence

(!) Registre cité, f° ijc Ixvij v°.

(2) P. xxxi. Voy. aussi Bulletins de la commission royale d'histoire, 5c série, t. Il, p. 200.

(5) Collections des papiers d'Etat cl de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.

» des dix religieulx qu'il amènera doiz les provinces vers » le royaulme de Chine. » Le P. Trigaut a fait imprimer la narration de ses voyages. Le préambule des lettres patentes des archiducs, qui sont datées de Bruxelles, le 14 janvier 1617, est ainsi conçu :

« Albert et Isabelle, etc. Comme les révérendz pères de la société du nom de Jésus ayans entreprins de avec l'ayde de Dieu, nostre Créateur, convertir à nostre saincte foy catholicque, apostolicque, romaine, le royaulme de la Chine, ayent envoyé en Europe le révérend père Nicolaus Trigautius, procurateur de la mission estant en ladicte Chine, nostre subject, et que iceluy nous ait très-humblement supplié, que, en considération que notre Saincl- Pére le pape, le roy catholicque et plusieurs aullres princes chrestiens y ont selon leur dévotion beaucoup contribué, il nous pleuist de mesme à l'advancement d'un si bon œuvre luy donner quelque assislence en subvention des fraiz à faire pour le voyage des dix pères qu'il mènera quant et soy natifz de noz pays de par-deça, etc. (1). »

Coignet (Michel). — (Voy. § 37.) — Dans les documents que nous avons recueillis sur ce savant, il est qualifié tantôt de cosmographe, et tantôt d'ingénieur ou de mathématicien. Michel Coignet jouissait auprès des archiducs d'une grande estime, dont ils lui donnèrent de marques à différentes reprises. C'est ainsi que par ordonnance en date du 15 avril 1604, il lui fut fait don de 1,000 florins, à payer par le receveur général des finances. En 1609, il obtint, « en considération de plusieurs desboursemens, » fraiz et despens par luy supportez et services extraor- » dinaires par luy renduz, le terme de douze ans, et ce » sans gaiges ou aulcun entretènement, » une renie annuelle de 200 florins, hypothéquée sur une maison à Anvers, qui appartenait au domaine à titre de confiscation; mais la trêve avec les Provinces-Unies ayant été signée très-peu de

(1) Collection des papiers d'État et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.

temps après, le propriétaire de cette maison rentra en possession de son bien, et la rente ne fut point payée à Coignet. Nous avons sous les yeux une requête qu'il adressa à ce sujet à l'infante Isabelle, quatorze ans plus tard. Celte réclamation eut du succès, et la princesse lui accorda, au lieu de la rente, par apostille du 11 juillet 1623, une pension de 200 livres de Flandre par an, et, par ordonnance du même jour, un don de 500 livres; c'est la somme qu'il reçut au mois d'août de la même année et dont nous avons parlé au § 37. Coignet ne jouit pas longtemps de cette pension, car il mourut quelques mois après l'avoir obtenue,, le 24 décembre 1623, laissant une veuve, Magdelaine Marinis, et quatre enfants.

L'infante Isabelle se montra généreuse envers la veuve du savant mathématicien et ingénieur, et lui fit' don de 200 livres, par apostille mise le 31 juillet 1624, à la supplique qu'elle en avait reçue. Cette requête contient des détails intéressants pour la biographie de Coignet; nous en publions ici un extrait :

« A Son Altèze Sérénissime remonstre en toute humilité Magdalaine Marinis, vefve de Michel Coignet, en son vivant mathimaticien et ingéniaire pour le service de Sa Majesté, qu'ayant feu sondict mary exposé à feu Son Altèze Sérénissime les bons et signalez services par luy renduz à Sa Majesté et Sadicte Altèze en la susdicte qualité, signament es sièges de Hulst et Oostende, où il s'est trouvé souventes fois à ses propres fraiz et sans tirer aulcunes gaiges, il auroit pieu à feu Sadicte Altèze, par lettres patentes du xiije de mars xvjc et nœuf, luy donner, céder et transporter, ensamble à ses hoirs ou ayans cause, une rente de ijc florins ou environ, sur certaine maison située en la ville d'Anvers, tombée en confiscation par le trcspas de feu Nicolas de Gershovcn advenu en Zélandc^ mais comme pour diverses obstacles 5urvenuz depuis, et signamment la publication de la trcfve, ladicte rente luy a esté rendue infructueuse, etc. »

Voici encore un document qui est relatif à Michel Coignet; c'est une lettre des archiducs au magistrat d'Anvers à propos des réclamations que lui et Guillaume Flament,

son beau-fils, avaient présentées pour continuer à jouir de certains privilèges.

« Les archiducqz. Chiers et bien amez. Michiel Coignel, nostre mathématicien et ingéniaire, et Guillaume Flament, son beau-filz, nous ont fait remonstrer que ayans jusques à maintenant jouy paisiblement de la franchise et exemption des impostz et aultres droitz que Ton lève en nostre ville d'Anvers sur la consumption, les fermiers d'iceulx impostz leur y veuillent présentement mettre obstacle et difficulté, suppliants partant très-humblement qu'il nous pleuist y pourveoir. C'est pourquoy nous vous faisons la présente, vous ordonnant que puisque lesdicts suppliants sont en nostre actuel service en la qualité susdicte, vous ayez à donner ordre que l'on ne leur face présentement plus de difficulté en la jouyssance de la franchise et exemption susdicte que l'on n'a faict du passé, etc. De Bruxelles, le xxviije de décembre 1611 (1). »

HaRjEus (François) ou Verhaer. — Cet écrivain, dont nous avons déjà parlé au § 67, s'adressa, en 1630, au conseil des finances, pour demander un subside afin de couvrir les frais d'impression de sa traduction de la Bible. Sa requête nous fait connaître la date de sa naissance qui était ignorée (2), et que l'on peut fixer à l'an 1543.

« A mcsseigneurs messeigneurs les chefs, trésorier général et commis des finances du roy, remonstre très-humblement messire Franciscus Harraeus, prestre, licentié en la sainte théologie et chanoine de Saint-Jacques, à Louvain, qu'ayant mis en lumière, à Tlionneur de Dieu et de la foy catholique, le livre intitulé : Bibiia sacra cum cxpositionibus priseorum patrum, après y avoir travaillé plus de trente-cincq ans, il a prins la hardiesse de le dédier et offrir à voz seigneuries illustrissimes comme vrays patrons de semblables dessains et estudes pieux, les suppliant de le vouloir recevoir d'un bon œil, leur osant encore représenter d'avoir employé aux fraiz de l'impression et l'achapt de deux cent exemplaires, la somme de xijc xc florins, et sur quoy doibt encore de reste la somme de iiijc lxx florins, comme il appert par la déclaration de l'imprimeur icy joincte, et ce par-dessus les frais qu'il a

(1) Toutes les pièces citées dans l'article de Michel Coignct, font partie de la collection des papiers d'État et audience, liasses, aux Archives du royaume.

(2) Voy. Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire littéraire, t. VIII, p. 229.

encore deu porter pour la taille de quelques figures, ayans monté a plus de c florins; sur tout quoy il a receu en vertu de la mercède à luy accordée endéans le terme de deux ans passez la somme de ijc philipes, et dont partie a esté consommée, tant à son entretien que fraiz de voyages qu'il a faict pour ladicte impression en Anvers. Et comme il est âgé de 75 ans, se sentant jà fort débil et destitué de toute assistence,saulff de sa prébende (1), ne portant en revenu que ijc florins ou environ, il supplie que Vos Seigneuries Illustrissimes soyent servies de consulter favorablement Son Altèze, afin de luy accorder quelque ultérieur secours, et tel que sera trouvé convenir, considéré mesmes qu'il a cy-devant mis en lumière et dédié à Son Altèze Sérénissime Annales ducum Brabantiœ, et oultre ce composé divers aultres livres pieux à grands fraiz, sicomme : Exposiliones in cvangelia, item in cpistolas divi Pauli, et les vies des Saincts; quoy faisant, etc. (2). >» •

A la suite de cette requête Harseus obtint de l'infante Isabelle un don de 650 livres de Flandre, par ordonnance du 20 avril 1630.

§ 80. Sculpteurs et Sculptures.

Sommaire ; J. de Marville ou de Mereville. — J. Van Zellick. — P. et F. Van Pullaer. — Tombeau de l'évêque H. de Berghes, à Cambrai. — J. Maldeurée, fondeur, à Tournai. — G. Clauet, peintre. — Épitaphe composée par Érasme. — G. de Nivraie, orfèvre. — Réparation de l'église des Clarisses, à S'-Omer. — Conrad Meyt. — R. Paludanus ou Van den Broek. — Tombeau de la famille Ximenez Perretta, à Anvers. — R. Colyns de Noie. — F. du Quesnoy. — R. Pauwels ou Pauli. — Autel d'une confrérie, à Gand.

De Marville ou de Mereville (Jean). — Nous avons parlé au § 8 de ce sculpteur et d'une lettre qui lui est adressée, existante en original aux Archives du département du Nord, à Lille. Il fut impossible de la retrouver en 1850; nous avons été plus heureux au mois d'avril 1862 (3). La

(1) Il était alors chanoine de Saint-Pierre, à Louvain.

(2) Collection des papiers d'État et l'audience, liasses, aux Archives du royaume.

(3) Nous l'avons retrouvée dans le t. Ier des Lettres missives.

lettre porte pour suscription : A honerable et saege Jan Mereville demorand à Dyjon, etc.; elle est signée : Christofle de Berselare, d'Ypre, et datée de la manière suivante : Escryt à Schalon, le premier jour d'avril. Godefroy, Tauleur de V Inventaire des chartes de la chambre des comptes, à Lille, a classé ce document sous Tannée 1588.

Le 2e supplément au catalogue du Musée des Thermes et de rhotel de Cluny, p. 340, donne quelques détails sur cet artiste.

Van Zellicke (Jean). — Zellick est un village des environs de Bruxelles : c'est de là sans aucun doute qu'est venu le nom de famille du sculpteur Jean Van Zellicke, fils de feu Gilbert, qui est cité dans un acte passé le 3 mars 1465 (1464, n. st.), devant les échevins de Bruxelles, par lequel cet artiste déclare être prêt à remettre un certain Jean Van Aa en possession des biens provenant de feu maître Evrard Strael, dont il avait jusque là joui injustement (i).

« Cont zy allen dat Jan Sellicke, beeldesnidere, zoen wilen Gliysbrechl9 Van Zellicke, etc. Geven in 't jaer Ons Heeren m cccc Ixvij opten derden dach der maent van raeert. »

Van Pullaer (Pierre et Félix). — Tombeau de Henri de Berches, évêque de Cambrai. — On conserve aux Archives communales de Berg-op-Zoom un cahier intitulé : Computus finalis teslamenti pie memorie domini Benrici de Bergis, cameracensis episcopi. Henri de Berghes, chancelier de Tordre de la Toison d'or, abbé commanditaire de Saint-Denis en Broqueroie, évêque de Cambrai en 1480, mourut au château de cette ville le 7 octobre 1 502. Ce document renferme des détails d'un grand intérêt sur le tombeau qui fut élevé à ce prélat dans la cathédrale de Cambrai,

(1) Original, côté au dos : n° vijc vij, dans les archives de la prévoie de Caudenberg, aux Archives du royaume.

peu de temps après sa mort; on y voit que les exécuteurs testamentaires du défunt, savoir : Antoine de Berghes, abbé de Saint-Bertin, Jean de Berghes, seigneur de Bergop-Zoom, Philippe Hennebert, chanoine de Tournai, et l'abbé de Maroilles, cherchèrent d'abord à entrer en arrangement pour l'exécution du cénotaphe avec un sculpteur ou tailleur d'images de Tournai, mais ils ne purent tomber d'accord, et ce furent Pierre et Félix Van PuJIaer, père et fils, qui eurent charge d'exécuter en albâtre les figures du mausolée d'après le patron qu'en avait dessiné un peintre du nom de Gabriel Clavet ou Clauel. Les statuaires convinrent du prix de 100 livres pour leur salaire. Il fut payé près de 347 livres à Jean Maldeurée, fondeur de métaux, à Tournai, pour les plaques en cuivre doré contenant l'épitaphe, qui avait été composée par le célèbre « maistre «Érasme de Roterdammis, poêle. »

En compulsant le compte qui nous a fourni ces détails, nous avons pris note du nom de l'orfèvre Gilles de JNivraie, qui estima l'argenterie de Henri de Berghes, et nous avons extrait les passages suivants, qui sont relatifs à l'épitaphe du défunt, à un tableau exécuté peut-être par quelque artiste du prieuré de Groenendael, etc. A leur suite nous avons transcrit les dépenses ordonnées par les exécuteurs testamentaires pour la tombe du prélat.

1. « A ung pointre de Valenciennes, lequel a fait et livré grande partie des blasons servans aux évêques : xij livres.

A Gabriel Clauct, pointre, pour avoir fait et livré aulcuns blasons à l'enterrement, etc.

A Thomas, pointre, aussi pour aulcuns blasons, etc.

A Wolfart Mansion qui avoit fait en plusieurs doubles l'épitaphe de feu monseigneur en franchois : xxv solz.

A maistre Érasme de Roterdamis, poëtc, pour avoir fait aulcuns epifaphes, et en aulmonne : vj livres.

Par ordonnance de messcigneurs donné a messirc Adrien de le Croix, ung bréviaire qui avoit esté à feu Jclian de Lens, évesque, extimé en Tinvenloirc xij livres.

Pour avoir envoie à Louvain à maistre Erasme le double de l'instruction île l'épitaphe, etc.

A frère Jehan de Wallain, religieulx à Gronnendalle, pour ung tableau que feu iMonseigneur luy ordonna de faire faire : vij livres.

Par ordonnance de messeigneurs, à la requeste de madame de Humbercourt, donné en aulmonne aulx religieuses de Saincte-Claire en Sainct-Omer, pour aider à faire leur église : xxx livres.

Pour avoir ramené ung grand livre en parchemin appartenant à l'abbaye de Premy : v s. »

2. « Mises faictez pour l'épitaphe de feu monseigneur et la lamme sur sa sépulture.

» Et primes à Gabriel, poinlre, pour son salaire d'avoir esté avecques aultres adviser comment l'on pourroit au cœur de Cambray, a esté donné pour un pot de vin : vj s.

» Item, à Félix Van Pullaer, tailleur d'imaiges, pour pareil : vj s.

» A ung tailleur d'imaige demorant à Tournay, pour son voïage d'estre venu à Cambray à intention de marchander de tailles les ymages de l'épitaplie de feu monseigneur, et pour ce que l'on ne se trouva d'accord : xxij s.

» A Gabriel, pointre, pour avoir fait ung patron dudict épitaphe : 1 s.

>» A Piettre Van Pullier [sic] et Félix, son filz, entretailleurs, auxquelz a esté marchandé de faire et tailler en albastre (qui leur a esté délivré) les ymages et représentation, le tout ainsy que le patron porte, et pour tout mettre et assoir à leurs despens en l'église de Cambray, pour quoy a esté fait marchié avecques eulx, qu'ilz auront c livres.

«Payé aux marchans et ouvriers de Tournay, par marchié fait avecques eulx d'avoir fait et livré la lamme de feu monseigneur, et assiz sur la sépulture, la somme de xv livres de gros, monnoiede Flandres, valent: iiijXxx livres.

» Payé à Jehan Bourdon, machon de l'église de Cambray, pour avoir mené à l'église, assiz et mâchonné ladicte lamme au lieu de sa sépulture : lxxij s.

» Item, a esté donné aux compaignons ouvrans à l'hostel Jehan Maldeurée, à Tournay, pour un pot de vin : vj s.

» A Jehan Maldeurée, fondeur et ouvrier de métal, demorant à Tournay, a esté délivré pour l'épitaphe de feu monseigneur, lequel il a marchandé de faire et livrer comme il est assiz en l'église de Cambray : iij0 xlvj livres xix solz vj deniers.

» Payé au graveur du marbre et à ung pointre de Mons, lesquelz avaient fait deux patrons pour le marbre à mettre sur la sépulture de feu monseigneur : 1 s.

» Pour avoir fait dorer ledict épitaphe de feu monseigneur, le poindre et resluminer selon le marchié faict avec Dominique Rabcu, xv livres. »

Meyt (Conrad). — (Voy. § 44.) — Le nom de ce grand artiste dont nous entreprendrons un jour d'écrire la biographie, a été singulièrement orthographié dans un document constatant à la fois qu'il se maria en 1514, et que déjà alors il était au service de Marguerite d'Autriche. Cette princesse le gratifia d'une somme de 50 livres de Flandre, à l'occasion de ses noces.

« Le xxiijme de may xvc xiiij, a esté vériflié ung mandement patent dont la teneur s'ensuyt : « Margoemte, à nostre amé et féal chief et gouverneur général de noz demainc et finances, le seigneur et baron de Monteney et de Marnaix, salut et dilection. Savoir vous faisons, que nous, eu sur ce voslre advis, voulons et vous mandons par ces présentes, par nostre amé et féal conseil-» lier, trésorier et recepveur général de nosdicles finances messire Diego Flores, vous faictes payer, baillier et délivrer comptant à Conrad Maislrée, nostre tailleur d'ymages, la somme de 1 livres, de xl groz, monnoie de Flandres, la livre, de laquelle somme luy avons fait et faisons don- pour une fois, tant en faveur et récompense des services qu'il nous a faicts, que en avancement de son mariage, auquel nostre trésorier et recepveur général et advenir mandons et commandons par cesdictes présentes, et par rapportant avec ces meismes présentes quictance seuffisant dudict Conrad Maislrée seullement, icelle somme de 1 livres, des pris, monnoie et pour la cause que dessus, luy sera passée, etc. Donné en la ville de Malines, le vijme jour de may l'an de grâce mil cinq cens et xiiij (1). »

Paludanus (Raphaël). — (Voy. § 8.) — Le 27 novembre 1 592, Ferdinand Ximenez Perrelta, chevalier de l'ordre de Saint-Étienne, noble portugais établi à Anvers, passe contrat avec l'évêque Liévin Torrentius et le chapitre de Notre-Dame de cette ville, afin de pouvoir faire construire dans le chœur de la cathédrale un lieu de sépulture pour lui, sa femme et d'autres membres de sa famille, et placer, sur la muraille, près d'un portail du transept, uneépilaphe avec ses armes. Dans le registre où est transcrit ce contrat,

(1) Registre aux mandements de 1 ;> 1 3- 1 514, coté n° M. <4, de la chambre

des comptes, :mx Archives du département du Nord, à Lille.

que nous publions comme spécimen, on trouve la copie de la quittance du sculpteur Raphaël Paludanus, auquel il fut payé 350 florins, de 20 sous, le 1 4 septembre 1 594, pour la livraison de la pierre dans laquelle étaient taillées les armes de gentilhomme et une épilaphe richement ornée. Celte dernière est rapportée dans le Grand Théâtre sacré du Brabant, par le baron Leroy (i), et dans la publication plus récente, intitulée : Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers; Anvers, église cathédrale (2). Le même registre dont nous parlons renferme le testament et les codiciles de F. Ximenez et d'Anne Lopez, sa femme (s).

1. « Unanimiter concessimus, prout hisce praesentibus. praehabita desuper malura deliberatione, unanimiter concedimus, liberum locum sepullurae in summo choro ecclesiae nostrae à latere dextero reverendissimi episcopi, et a limine januae chori e rigione sacristiae dominorum, a meridie nempe septenlrionem versus, in latitudine octo pedum infra muros, et in longitudine etiara infra muros similiter octo, inter primos et secundos gradus ipsius chori ab oriente versus occidentem, sub quo loco polerit ipse dominus Ferdinandus extruere, propriis expensis, pennuarium dictae longitudinis et latitudinis pro perpétua sua et praedictorum suorum sepultura, videlicet suae conjugis Annac, et pro suae conjugis matre Béatrice, sicut rationis, quae sepulla est in choro beginagii nostri, et pro fratre Roderico praedicto, qui et ibidem sepultus est, quorum corpora transferri poterunt ad praedictum sepullurae locum stalim ubi extructus fuerit; et pro gracia rationis ipsius Roderici conjuge, et pro ipsorum prolibus et descendentibus, et ipsorum conjugibus legitimis, et pro omnibus ejusdem domini Ferdinandi fralribus, et sororibus praedictis, et eorum legitimis prolibus et successioribus in perpetuum, quos piae recordationis papa Sixtus quinlus, ut jam diclum est, in familiam assumpsit; ita lamen quod eorum funeralia, et exequiae semper celebrabuntur in choro prout moris est, salvis semper integris capituli et fabricae juribus sepullurae dumtaxat exceptis ratione cujus solvenlur solummodo simplicia jura; idque de funeribus majorum sed de illorum funeribus qui vel annum duodecimum non allingerunt vel sacram

(1)T. IIF, p. 35.

(3) Fi» 1, 8 et 15.

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