II
communionem non acceperunt, solvelur solummodo justa medielas praedictorum simplicium jurium sepulturae scilicet; quae dicta simplicia sepulturae jura, sunt ipsi domino Ferdinando Ximenes et ejus conjugi ob collatam ab eodem fabricae elemosinam rcmissa. Ita etiam lapis sive sarcopbagus super imponetur ipsi sepulcbro, ut nullatenus sit elevatior ipso pavimcnto, sed illud erit cum ipso lapide omnino aequale, quod etiam observabilur in ostio ipsius sepuïchri. Concedimus quoque eidem Ferdinando Ximenes liberam poteslatem colloeandi epitaphium suum super ipsa janua chori e regione sacristiae dominorum , ibidemque inserendi lapidem in ipso muro super januam praedictam, qui lapis sit altitudinis et lalitudinis convenientis ad inscindendum in eo cbaracteribus magnis et elegantibus ex utraque parte, si voluerit, haec verba : D. 0. 31., et paulo inferius : Fcrdinandus Ximenes Perretla, lusitanus , sacri ordinis sancli SUfani eques commendalarius, sibi . Annaeque conjugi, cjusdemque malri Bcalrici, Roderico fralri, ejusque conjugi Graliae ac liberis, lotique familiae Ximcniorum Perretlac, poni curavit, in hac vel simili forma. Permillimus praeterea ut arma sive insignis ipsius domini Ferdinaudi et totius familiae in supremo loco ipsius epilafji ponantur et sint perpetuo, quae omnia et singula inviolabilité!' servare promillimus, et a successoribus noslris irrevocabiliter servaii volumus. In quorum fîdem, testimonium ac robur bisce subscribi per scribas nostros juralos, et sigillis nostris quibus in similibus ulimur communiri voluimus. Datum et actum respective Antverpiae, in palatio nostro episcopali, et in loco noslro capitulari consueto, anno a Nalivilalc Domini 1592, indiclione quinla, mensis novembris die vigesima septima. »
2. « Ick onderscreven bekenne mits desen ontfangen le bebben van Senor Duarte Ximenez, vuyt den name van Senor Ferdinando Ximenes, de somme van dry hondert ende vyftich guldens, lot 20 stuivers den gulden, ende dat voor reste van vyf bondert ende dertich guldens, die my van den voorscreven Ferdinando Ximenez quamen, voor bel maken van syne sépulture, met syne ornementen ende wapencn, in Onser-Licver-Vrouwen kercke, in den boogen eboor; waervan ick my van ailes kenne voldacn te wozen, sonder dacrop oyl iel meer te prclcnderen. In teeeken der waerheyt liebbe dit met myn cigen liant onderleekent in Anlwerpen, desen 14 scplcmbcr 1594. — Rafaël Pai.idanus (1). »
Colyns de Nole (Roberl). — (Voy. %% 20, 25 et 4.4.) —
(1) Registre intitulé : Fundaciones c disposiciones dos Senores cavallcro l'i rnand Ximenez c Anna Lopcz, P" 90 v° et 98 v°, aux Archives du royaume.
Voici un extrait de la minute des lettres patentes qui nomment cet artiste « maistre sculpteur de l'hostel de Leurs » Allèzes » les archiducs, en 1604, sans aucuns gages :
« Albert et Isabel, etc. A tous ceulx qui ces présentes verront, salut. Sçavoir faisons que, pour le bon rapport que fait nous a esté de la personne de Robert Noie, etc., avons iceluy commis, ordonné et eslabli, commettons, ordonnons et establissons par ces présentes à Testât et office de schulpteur et tailler [sic] en marbre, allebastre, bois et semblables matières de nostre hostel, en luy donnant plain pouvoir, auclorilé et mandement espécial ledict office d'ores en avant tenir, exercer et déservir, et au surplus faire bien et deuement toutes et singulières les choses que bon et léal schulpteur susdict peult et doibt faire, et que audict office compète et appartiennent, toutesfoiz sans gaiges, et seullement aux honneurs, prouffitz, émolumens, franchises et exemptions y appartenans, et dont joyssent aultres noz domesticques et serviteurs de nosdict hostel partout es lieux de nostre obéyssance, avec pouvoir de apprendre à ses serviteurs sondict art, sans estre assubjecty à ceulx du mestier, tant qu'il nous plaira; sur quoy et de s'y bien et deuement acquitter ledict Robert Noie sera tenu faire le serment pertinent , etc. Donné en nostre ville de Bruxelles, le xxiiije mars l'an de grâce mil vjc et iiij (1). »
Du Quesnoy (François). — (Voy. § 19.) — Les documents qui suivent fournissent pour la biographie de ce célèbre sculpteur une date précieuse, celle de son départ pour l'Italie, en 1618, grâce à la libéralité de l'archiduc Albert.
Les savants directeurs des Archives des Arts, MM. de Chennevières et de Montaiglon, prétendent qu'il faut écrire Quesnoy ; nous ne saurions être de leur avis. Us font cette remarque à propos des notes assez étendues que P.-J. Mariette a consacrées, dans son Abeccdarin (2), aux artistes qui ont porté ce nom, et où il manifeste des doutes
(1) Collection des papiers d'État et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.
(2) T. II, pp. 135-143.
sur le prénom du père de Fr. du Quesnoy et sur celui de Jérôme, son frère (i).
m A Son Altèze Sérénissime, remonslre très-humblement François du Quesnoy, sculpteur, [et] représente que pour s'esverluer davantaige au faicl de son art, il se désireroit transporter à Rome pour deux ou trois ans; mais comme il est dépourveu de moyens à ce convenables, comme de mesme est son père pour les luy subministrer, et qu'il a commencé à servir Vostrc Altèze en aulcunes menulez, supplie très-humblement qu'il plaise à Vostre Altèze Sérénissime luy assigner quelque traictement ordinaire pour se pouvoir entretenir pendant ledict temps à Rome. »
Cette requête est apostillée de l'ordonnance qui suit, signée de l'archiduc et des membres du conseil des finances:
« Leurs Altèzes Sérénissimes ayans eu rapport du contenu en ceste requeste, et considéré les raisons y alléguées, ont, par advis de ceulx de leurs finances, donné et accordé, donnent et accordent au suppliant de grâce espécialle, par cestes, par forme de mercède, pour s'exercer en son art icy mentionné, la somme de vjc livres, du pris de xl gros, monnoye de Flandres la livre, une foiz, à en estre payé par les mains du receveur général desdictes finances Ambroise Van Oncle, endéans deux années prochaines, assç.avoir de cl florins comptant, aultrez cl florins au boull de l'année, et les restans iij« florins en deux termes de demyes années ensuyvantes, dont lettres patentes de don seront dépeschées in forma. Faict en nostre ville de Bruxelles, le xixe de may xvjc xviij. »
Pauwels ou Pauli (Rombaul). — Quelques notes relatives à ce sculpteur sont consignées dans Baert, Mémoires sur les sculpteurs et architectes des Pays-Bas. Il résulte d'un document dont nous publions plus loin le texte, que R. Pauli, nom sous lequel il est plus connu, avait passé contrat, le 25 mai 1653, avec le curé de Saint-Michel, ù
(I) Baert, Mémoire sur les sculpteurs et architectes des Pays-Bas, a réuni sur ces artistes de curieux renseignements que le baron de Reiffenbrrc a fait imprimer dans les Bulletins de la commission royale d'histoire, t. XIV, lre série. Mr Éd. Fétis a publié depuis une bonne biographie du grand artiste dans ses Artistes belges à l'étranger, t. Ier, pp. 279-314.
Gand, pour l'exécution d'un autel en marbre destiné à l'usage de la confrérie de la Sainte-Croix, dans ladite église, et qu'à la date du 13 avril 1655, un accord fut conclu entre les deux parties contractantes, qui étaient à la veille de procéder, en vertu duquel l'artiste s'obligeait à livrer et placer l'autel pour la fin du mois de septembre. Il est assez probable que cette condition ne fut pas fidèlement remplie, car, d'après d'autres documents (i), on voit que le procès fut intenté, et que par sentence du 24 octobre 1656, le grand conseil de Malines condamna les plaideurs à exécuter les conventions qui avaient été arrêtées par écrit (2).
« Den xiijen april xvjc Iv, syn personelyck gecompareert den heere Gregorius Breydcls, pastor van Sinte-Michiels kercke, binnen Ghendt, over de confrérie van het broederschap van 't Heylich-Cruyce in deselve kercke, ter eender, cnde meester Rombaut Pauli, bellsnyder, ter andere zyden, dewelcke hebben verclaert alsoo daer apparent was procès te reysen tusschen deselve, ter causen van het maecken van sekeren aultaer by den voornoemden Pauli aenveert te maecken, volgens het contract daervan gemaeckt op den xxven mey xvjc liij, daervan dat hy tôt noch toe in gebreke was geblevcn, soo syn partyen nu andermael daerover veraccordeert in der manieren hiernaer volgende, te welene : dat de voornoemden Pauli heeft belooft, gelyck hy belooft mits desen, tusschen dit ende sesse weken te stellen het geheel onderste werck van marbre ende louche lotte pedestalen van de schilderye, ende vier maenden daernaer beloeft denselven autaer te volmaecken, vuytgenomen het marberen van 't houtwerck, ailes ingevolge van het model ende contracte daervan synde, dewelken blyven in hunne vigeur ende dat voor deselve somme by den contracte, etc. »
(I ) Tous ces documents nous ont été obligeamment communiqués par Mr de RiDDEn, vicaire, à Bruxelles.
(2) Voy. la description de la chapelle de la Sainte-Croix dans les Eglises de Gand, par Mr Keuvyn de Volkaersbeke, t. II, p. 88.
§81. Géographes, astronomes, cartes de géographie, etc.
Sommaire : J. de Wesalia. — Alraanachs de 14-32 et 14-59. — Jacques de Surhon. — Cartes du Luxembourg. — Chr. Sgroolen. — J.-B. Vrient. — Collection de cartes de Viglius de Zuichem. — Cartes des différentes parties de l'Europe, exécutées par J. de Deventer, P. Apianus, G. Mercator, A. Ortelius, G. Vopel, Oronce Fine, J. de Castaldi,*etc. — Cartes géographiques exécutées en tapisseries.
De Wesalia (Jean), — docteur en médecine, à Bruxelles, sur lequel nous publierons d'autres renseignements en son lieu, s'occupait de la confection d'almanachs. Les comptes* de la recette générale des finances mentionnent des récompenses que Philippe le Bon lui accorda, en 1432 et en < 1459, pour des almanachs qu'il avait offerts à ce prince. Il est probable que Jean de Wesalia avait coutume d'en présenter un à chaque renouvellement d'année à son souverain, mais ce sont là les seuls cas que nous avons trouvés (î).
{. « A maislre Jehan de Wisalia, maistre en médechin [s te], auquel monseigneur le duc a donné de grâce espécial, quant il lui a présenté le grant et petit alnxanach de ceste présente année, par mandement donné à Lille, le xje jour de janvier l'an mil cccc xxxj [1432 n. st.], xix livres (2). »
2 « A maislre Jehan de Wesalia, docteur en médecine, xxx livres, pour don a lui fait par Monseigneur, pour avoir fait et lui présenté le grant almenach avec les jours esleuz, etc., en ccsle présente année mil iiijc Hx (3). »
De Surhon (Jacques). — Nous avons cité d'après un ancien inventaire de placards (/*) une ordonnance du 15 avril
(1) Les comptes d'où ces détails sont extraits ont échappé à l'attention de Mr le comte de Laborde.
(2) Registre n° F. 122, f° cj v°, de la chambre des comptes, aux Archives du déparlement du Nord, à Lille.
(3) Registre n° F. 346, f° viij"xvj r°, ibidem.
(4) Voici la note textuelle : « Aullre [ordonnance] pour donner ayde à
1551 (n. st.), relative à la mission que Jacques de Surhon reçut de dresser une carte du duché du Luxembourg et du comté de Chiny. Voici le texte de celle pièce tel qu'il est transcrit dans un registre contemporain (i); elle est du 1 5 mars 1 550 (1 551 , n. st.) : nous nous sommes trompé de mois la mentionnant au § 35.
« De par l'empereur, à tous noz gouverneurs, elc. Comme nous ayons commandé et donné charge à maislre Jacques de Surhon, porteur de cestes, de se transporter en nostre pays et duché de Luxembourch et conté de Cigny, pour faire la description et pourtraicture d'iceluy pays, pour ce est-il que vous mandons et expressément enjoingnons et à chascun de vous en son endroict, que audict maistre Jacques de Surhon ayez à donner et faire donner toute adresse et assistence, et au surplus le pourveoir (à ses despens raisonnables loutesvoyes) de ce qu'il aura besoing, et dont il vous requerra pour l'accomplissement de sadicte charge. Donné à Bruxelles, le xve de mars 1550. »
Sgrooten (Chrétien). — (Voy. § 21.) — Ce géographe mérite sans contredit une place dans la Biographie nationale à côté de Mercator, Ortelius et J. de Deventer. Il avait été, comme ce dernier, chargé par les gouverneurs des Pays-Bas de travaux importants, qui absorbèrent la plus grande partie de son existence. Le 1er novembre 1595, Philippe II écrivit au cardinal Albert qu'il eût à s'enquérir de ce qu'étaient devenues les cartes dont l'exécution avait été confiée à Sgrooten, que le roi suppose s'être réfugié à Cologne ou à Calcar, près de Clèves, à cause des troubles. Le roi défend de les faire imprimer, et, si le gouverneur leur reconnaît de la valeur, il ordonne de les lui envoyer. Il veut de plus que l'on paye dans un court délai les arriérés de la pension de Sgrooten.
» maistre Jacques Surhon (sic) à la description et pourtraicture du pays et » ducé de Luxembourg et conté de Chiny, du xve de mars audict an 1550. » (1) Registre aux passeports^ liccnlcs et lettres de sûreté de 1545 à 1551, aux Archives du royaume.
Le cardinal archiduc répondit au roi, le 20 mars 1596, que déjà Tannée précédente, l'archiduc Ernest avait ordonné de retirer des mains du géographe toutes les cartes qu'il avait faites, et qu'on lui avait soldé ce qui lui était du. Le gouverneur ajoutait que les caries, au nombre de trente-huit, étaient artislement exécutées et reliées en un grand volume, mais qu'il voulait avoir sur leur mérite, l'avis d'hommes compétents avant de les envoyer au monarque.
Au § 59, nous n'avons pas hésité à reconnaître Jacques de Devenler pour l'auteur d'un atlas de cartes manuscrites appartenant à la Bibliothèque royale. Les millésimes qui se lisent sur quelques pièces, ainsi que les faits relatifs à Devenler, nous ont conduit à émettre cette opinion que nous conservons encore; mais pour que la lumière se fasse complètement jour, il n'est pas sans importance de signaler le rapport exact qu'il y a entre le nombre de cartes existant dans l'atlas et le chiffre de celles qui composaient l'œuvre de Chrétien Sgroolen, dont la lettre du cardinal Albert fait mention.
I. « Mon bon frère, nepveu et cousin, comme Christian Sgrotenus, mon géographe, soy tenant à Couloigne ou à Calcar, pays de Clèves, ait faicl et composé par charge de mes lieutenans et gouverneurs de par-delà quelques cartes ou tables géographiques de l'Europe, que suis informé estre achevées à grande peine et fraiz dudict géographe, avecq deffence de ne les faire imprimer; je me suis advisé de vous en escripre ce mot, afin que vous faicles informer par mon cousin le conte d'Aremberge de ce qu'aura esté faict desdictes cartes et lahles pour les recouvrer, et que après que les aurez veu, considérez si elles sont de tel emport qu'elles méritent m'eslre envoïées, pour en tel cas en eslre ainsy faict par la meilleure et plus seurc commodité que s'en pourra offrir, donnant ordre qu'il soit payé et contenté de ses fraiz et peines par la voye de mes finances, et qu'en oullre il soit contenté de ses gaiges ou pension ci-devant assignée en Gueldres, dont il n'a joy à cause des troubles, suivant ce que du passé en ay escript a feu mon bon nepveu, le ducq de Parme. A tant, mon bou frère, nepveu et cousin, Noslre-
Seigneur vous ait en sa saincte garde. Del Pardo, le premier de novembre 1595 (1).
2. « Mon Seigneur, à mon arrivée en ceste ville de Bruxelles ay trouvé que ceulx des finances de Vostre Majesté avoient desjà, par occasion du voïage que le trésorier général desdictz finances feit, passé ung an, à l'ordonnance de feu de bonne mémoire mon bon frère rarchiducq Ernest au pays de Gueldres, retiré et faict venir en icelle les cartes ou tables géographicques et aultres que Cliristien Sgroolen, géographe de Vostre Majesté, a faict à l'ordonnance d'icelle, et y réposent encores présentement. Et comme Vostre Majesté m'en escript par ses lettres du premier de novembre dernier, j'en ay bien voulu advertir icelle, et que lesdictz des finances ont payé audit Sgrooten, par convention qu'en fit ledict trésorier général pour tout ce qu'il pouvoit prétendre, tant pour la confection desdictes cartes comme aussy pour les arriéraiges de la pension de xl gros paltars par jour, que Vostre Majesté luy a piéça accordé, escbeues jusques lors, la somme de iiijm viijc florins, assçavoir les iijm florins comptant, et les xviijc florins à quelques termes, et m'ont lesdictz des finances dict qu'ilz luy continueront aussy le paiement de sadicle pension, et ainsy aura ledict Sgrooten toute satisfaction. Et au regard desdicles cartes, elles sont certes fort belles et bien curieusement élabourées à la main et non imprimées, estans reliées en ung grand volume contenantes le nombre de trente-huict cartes portées par la déclaration icy joincte, mais si elles méritent estre envoïées à Vostre Majesté, je le suis considérant et voïant, et les feray encores veoir et examiner par hommes eulx en ce entendans; et, selon qu'elles seront trouvées, advertiray icelle afin d'entendre son bon plaisir ultérieur. L'on m'asseure que ledict Sgroolen pour s'acquiler de sa promesse vers Vostre Majesté n'en a oneques donné copie à aultruy, voires a cassé toutes les minutes et projetz, afin que personne aultre ne s'en prévaille. Et sur ce, Mon Seigneur, après avoir très-humblement baisé les mains de Vostre Majesté, prieray le Créateur donner à icelle en santé longue et très-heureuse vie. De Bruxelles, le xx« de mars 1596 (2). »
Vrient ou Vrients (Jean-Baptiste). — (Voy. § 37.) — Voici un document qui donne une idée de l'étendue du commerce que faisait ce libraire, dont la spécialité était la publication de cartes géographiques et de mappes-mondes.
(1) Vol. intitulé : Correspondance des gouverneurs généraux avec Philippe II en matière de finances, 1593-1599, aux Archives du royaume.
(2) Ibidem.
« Les archiducqz. A tous noz lieutenans, vice-admiraulx, gouverneurs de noz villes, chevaulx, fortz et forteresses, gardes des ponlz, porlz et passaiges, contrerolleurs et receveurs de noz tonlieux, péaiges et droiz de licences, ensemble aux officiers de nostre admiraulté, et à tous aultres noz justiciers, officiers et subjectz, cui ce regardera, et ces présentes seront montrées, salut. Sçavoir vous faisons, que, par advis de nos Irès-chiers et féaulx les chiefz, trésorier général et commis de noz demaines et finances, nous avons consenti et accordé, consentons et accordons de grâce espécialle par ces présentes à Jehan-Baptiste Vrinls, marchant libraire, demeurant en nostre ville d'Anvers, que nonobstant quelzconcqucs noz ordonnances, placcars ou deffences au contraire, il puisse et pourra, durant le temps et terme de trois mois prochainement venans, faire amener par petites portions à la foiz, doiz noz provinces rebelles de Hollande et Zélande par-dcça, par la rivière de nostredicle ville d'Anvers, les denrées cy-aprés déclairées, assçavoir : deux cens rames de papiers imprimez, cartes, ymaiges, livres et impression; cent douzaines de peintures, grandes et petites; vingt paires de cartes sphœremundi, petites et grandes; dix douzaines de Jésus, saints st saintes, et crucyfix de bois; quarante pièces de bois dict en thiois ebbenhout [bois d'ébènc], et dix douzaines de plates de cuyvre, tant taillées que non taillées, pour imprimer caries et images de dévotion; moyennant et en payant à nostre prouffit, oultre et par-dessus noz tonlieux, les droiz de licences selon la liste de Tan mil cinq cens nonante-huyt, etc., fil à fil que lesdictes denrées entreront, etc., sans que ledict Jean-Baptiste Vrinls puisse ou pourra se servir d'aulcuns vidiimis ou copies autenticques en manière que ce soit, ny mesmes céder ou transporter icelluy passeport, du tout ny en partye, à paine de confiscation, etc. Donné en nostre ville de Bruxelles, le vingt-neufiesme de mars fan de grâce mil vjc et iiij (1). »
Collection de cartes de Viglius. — Viglius de Zuichem, président du conseil privé, fit faire de son vivant le triage et l'inventaire de ses papiers et manuscrits, pour éviter tout embarras ou confusion après sa mort (2). C'est alors aussi que fut dressé l'inventaire de la belle collection de cartes géographiques gravées et manuscrites que Viglius possé-
(1) Collection des papiers d'Etat et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.
(2) Ces inventaires sont réunis en un volume dans la collection des inventaires, ibidem.
dait, et qu'il légua par testament au collège fondé par lui à Louvain. Celle liste nous a paru offrir assez d'intérêt pour être imprimée; elle contient, pour les Pays-Bas surtout, des indications curieuses sur les auleurs d'un grand nombre de cartes et plans exécutés sous les règnes de Charles-Quint et de Philippe II, tels que Jacques de Deventer, Pierre Apianus, Chrétien Sgrooten, Gérard Mercator, Orlelius, etc.
A la suite de l'inventaire que nous publions figure un manuscrit contenant « les noms des villes des pays d'embas » hors des trois livres de maistre Jacques de Deventer. » Viglius aura fait confectionner celte nomenclature, en celte même année 1575, lorsqu'il avait momentanément en sa possession les trois volumes composant l'œuvre de ce géographe qui devaient être envoyés au roi Philippe II (Voy. § 59).
Nous devons signaler encore le dernier article de cet inventaire qui mentionne six caries représentant les Pays- Bas, qui furent exécutées en tapisseries de haule-lisse pour le duc de Savoie.
« Regionum, locorumque descripliones, seu, ut vulgo vocant, charlarum catalogus, secundum ipsorum silualionem, conscriplus mense auguslo 1575.
Typus cosmographicus universalis, Asiœ descriptio, impressa a0 1567.
impressus Tiguri a0 1534. Hispanise descriptio, imprimée à Pa-
Universalis charta per Gasparum Vo- ris 1548.
pelium, in magna forma, impressa Alia Hispanise descriptio, impressa a» 1549. Anlverpire a° 1571.
Ilerum, édita per Gerardum Mercato- Britaniœ descriptio, impressa Parirem, impressa a0 1569. siis, apud Hyeronimum Gourmon-
Integra orbis descriptio per Oron- tium, 1549.
tium, impressa Parisiis a0 1536. Britanniœ descriptio, impressa Pari- Charte cosmographicque universèle, siis 1549.
imprimée à Paris a° 1547. Alia ejusdem descriptio, impressa
Une charte de la grande mer. Parisiis a0 1 545.
Aultrc charte de la grande mer. Hiberniœ descriptio.
Europœ descriptio, per Gerardum Mer- Gallia, in magna charta manuscripla.
catorem, quae pendere solebat ad Gallise dcscriplio, in membraua.
caminum bihliolhecœ. Description de la Franco ou Gaule,
imprimé par Arnoult Nicolai, Antverpiœ.
Nova Francia, impressa Veneliis 1566.
Gauliae descriptio, impressa Antverpiœ 1568, per Gerardum de Jode.
Description des Gaules avec les confins, imprimée 1564-.
Ejusdem alia descriplio, per Orontium.
Sex diversœ partes Galliœ.
Picardia.
Description d'une lisièrede la Franche- Conté, joignante à la duché de Bourgoingne.
La conté de Champaigne, impressa Antverpiœ, apud J. Liesvelt.
Languedoc.
Lugdunum, impressum Antverpiœ, apud Hyeronimum Cocum, a0 1550.
Parisiense territorium.
Ducatus Barensis.
Bassigny.
Charla Burgundiœ.
Alia Burgundiœ descriptio.
Charte de Lorraine.
Oppidum Sancli-Quintini, cum aliis locis circumjacentihus, quœ Philippus, Hispaniarum rex, sibi subjugaverat (1).
Ejusdem obsidio.
Ilable-Neuf dict de Grâce.
Description du pays de Boulonnois, de Guines et ville de Calais.
La charte des cnclavemens de France
ou baillaige de Sainct-Omer, Tour-
nehem, Bredenarde, avec les adja-
cens de Flandres, d'Arthois et
Boullonnois.
Les dix-sept villaiges de Boulonnois.
La charte du pays Anglois deçà la
mer, Tournehem, etc.
Galliœ belgicœ descriplio, impressa
Antverpiœ, apud Hyeronimum de
Jode, a° 1566.
Arthesiœ descriptio.
Ejusdem pars quœdam. Hesdinfert, ter.
Villaigedu Soich.
Tornacensis expugnalio.
Charte de 17 villaiges d'Arthois.
Grandcourt.
Une charte en parchemin, contenant
une partie de France, Arlhois et
Flandres.
Magna charla Hannoniœ.
Description du villaige de Faulx.
Flandriœ descriptio, per Gerardum
Mercatorem.
Gandensis civitatis descriplio, in
magna forma, bis, impressa 1540.
Brugensis civitatis descriptio, in parva
forma, ter, impressa a0 1563.
Descriplie van meerschen van Wolfs-
donck.
Eene descriptie van Lereghcm-Vell.
Brabantiœ descriplio, per Jacobum
Davcntricnsem, 1536(2).
(1) C'est très-probablement la carte exécutée par Jacques de Surhon, donl nous avons parlé plus haut.
(2) Voy. le commencement de notre article sur J. de Dcventcr, au § 59, où il est question de celle carie.
Beschryvinghe der stadt van Antwerpen met 't casteel, verlicht wezende (1).
Deselve stadt noch eens gedruct, by Symon Cock.
De stadt van Bruessele.
Beschryvinghe van Selleke cum appenditiis.
Zelandiœ descriptio, per Jacobum Daventriensem.
Ejusdem alia descriptio, magis recens impressa.
Insula Walachria.
Charte van Vlissinghen.
Schouwen, Ziericzee.
Een groote chaerte van Hollandt, gedruct a° 1542.
Een ander chaerte van Hollant, gedruct a0 1569.
Een cleyn nyeuw chaerlken van Hollant.
Drye partyen van beschryvinghe van zeeker deelen van Hollant.
Voorne.
Beschryvinghe van Gheervliet.
Amslerlandia.
Obsidio oppidi Leydensis a° i 574.
Houtsbossch.
Een chaerte roerende de onderhoudenisse van de diepte in de rivière van Meerweerde van Werckendam aff tôt voirby Crayensleyn.
Palroonvandestadtvan Amstelredam,
gemaect by meesler Christiaen Sgrooten.
Amstelredam.
Texel.
Zuydt-Hollant.
Insulœ juxta Hollandiam, Frisiamque occiduam dictam.
Frisiœ descriptio, per Jacobum Daventriensem a° 1545 (2).
Ejusdem descriptio, manuscripta.
Frisiœ partis descriptio.
Twee chaerten, in een leren custodie, inhoudende Vrieslandt.
Frisia Idzardi de Sickingha.
La ville de Leeuwarden, bis.
Zuichem met zynen toebehoirten.
Deselve noch eens, in grooter formen.
La ville de Sneeck.
Charta citerions Frisiœ quœ Hollandiœ est contermina.
Charte de la maison de Jeveren.
Decanatus Frisiœ Sancti-Salvatoris per comitatum de Oestergo.
Charta Zuichemensis, conlinens pagos et possessiones circumjacentes sub grilevia Leonardiense et Idarderense.
Beschryvinghe van de Conincklycke Majesteyt bilt by den Sachisscheu tyden aen Wesl-Frieslandt a0 xvc v bedyct.
Geldriœ ducatus descriptio, per Jacobum Daventriensem a0 1543.
(1) iMr Dejardin vient de publier dans les Annales de l'académie d'archéologie de Belgique, t. XIX, une savante Description des cartes de la province d'Anvers et des plans de la ville.
(2) Voy., a propos de celle carte, une intéressante dissertation de MM. Eekhoff et J. G. Ottema, dans le 35en verslag der liandelingen van liet Friesch gcnoolschap, etc. (1861).
Ejusdem descriptio, per Christianum
Sgrolium , impressa per Hierony-
mum Cocum.
Ilerum, per eumdem Christianum,
manuscripta.
Leodiensis diocœsis descriptio.
Mosellœ fluvii descriptio cura Lotha-
ringia.
Charte de Luxembourg, quater.
Descriptio regionum Juliœ, Montis,
Cliviœ et Marchiœ unacura pro-
vincia Coloniensi, per Christianum
Sgrotenum. Sainct- Hubert en Ardenne.
Metz.
Description de la comté de Namur,
en parchemin.
Charla ducatus Luxemburgensis et
Lotharingiœ.
Westphaliœ descriptio, per Virgilium
Gheys , ex exemplario Chrisliani
Sgroolen.
Ejusdem descriptio ilerum, per Christianum Sgrolium.
Westphalia ilerum.
Oppida et caslra aliquot Westphaliœ Quœdam annotationes domini de
Westphalia.
Inferior Germania transrhenana.
Episcopatus Paderbornensis.
Charla domini de Linghcn.
Cliarlc du pays de Al-uustcr et
Overyssel.
Charlcn van Oislland.
Parles Gcrmaniœ quatuor.
Germania œneis formis excisa.
Pars diocœsis Coloniensis.
Munster et Overyssel.
Beschryvinge van den geheelen Byn-
strom.
Islandia.
Moscoviœ et aliarum septentrionalium
regionum descriptio impressa.
Prussia.
Tabulœ Pomeraniœ duœ.
EenanderbeschryvinghevanDuylsch-
landl, gedruct by Jan Liefrinck.
Ecn bescryvinghe van Duytschlandt,
gedruct, bis.
Eenanderbeschryvinghe van Duytschlandt, impressa a0 1541, bis.
Twee andere beschryvinghen van
Duytschlandt, gedruct.
Een andere, gedruct Lutetiœ.
Ducatus Wirlenbergensis descriptio,
bis.
Vellleger voir Wiltemberch.
Antiqua charla Hclvetiœ.
Basileœ descriptio cum circumjacenli-
bus regionibus.
Mysniœ et Turingiœ charta.
Die Pals in Bcyeren, bis.
Hessiœ descriptio.
Tolius Sueviœ et Bavariœ descriptio,
bis.
Suevia iterum.
Charta superioris Sueviœ, Appiani (1 ).
Fontes Danubii cum parle Suevic
quœ dicilur Hegow.
Franconia et Nurenbcrga.
(1) LelbWBL, dans sa Géographie du moycn-ÙQe, t. Il, p. 176, noie, dit n'avoir jamais vu de caries dressées par ce géographe, dont nous avons parlé au S 21.
Beschryvinghe van 't heroghdom van
Oistenryck mctten aenliggende
landen, gedruct te Nuremberghe
Item, gedruct te Viennen a° 1545.
Charte des erlzhertochdoms Oister-
reich ob der Emss.
Thuringia.
Saxonia charta.
Marchia Wandaliœ sive Sclavoniae.
Marchia Brandenburgensis.
Charta Wederanie.
Lacus Conslanliensis.
Hildesemensis charta.
Charta Eyffliœ.
Hungariœ descriptio, impressa 1567.
Ejusdem alia descriptio, facta a0 15G6.
Ejusdem alia descriptio, per Jacomo
de Castaldi , impressa in Venelia,
ao 1546.
Alia ejusdem descriptio, antiqua et
mutilata, facta per Petrum Apia-
num 1528.
Turcia.
Charta Montanarum civitatum reginœ.
Prussiœ, Moscoviœ et Tarlariœ descriptio, per Anthonium Jenken-
sonia, impressa a0 1562.
Nova descriltione de la Dalmatia et
Croualia, a° 1565 œreis formis
impressa.
Italiae descriptio, in magna forma.
Ejusdem alia descriptio, impressa
Antvcrpiœ a0 1564. Romœ lerritorium.
La champaigne de Roma, jadis appelé
Lalium.
Charta fori Jnlii, ter.
Parmensis ducalus.
Tusciae descriptio, impressa a°1536.
Lombardia, bis.
Eadem iterum, impressa sereis formis Veneliis, 1561.
'T heylandt van Malla, eens by Hicronimus Cocq, gedruct a0 1551, ende twee maal a0 1565.
'T belegh van Malla, gedruct by Jan Molins.
Pedemontana descriptio impressa, apud Hieronimum Cocum a0 1552.
Alia ejusdem descriptio, in membrana.
Savoye ou Piémont.
Piémont avec Nisse.
Descriltione del ducato de Savoia , impressa in Venetia 1 562.
Terra? Sanctœ descriptio, per Christianum Sgrotum, ex observatione et peregrinatione magislri Pétri Lackslein facta, impressa a° 1570.
Eadem iterum, impressa a° 1556.
La nuova et esatta descritlione délia soria et délia Terra Sancta, œreis formis expressa.
Tribus Israël.
Insulae Candiœ descriptio, œreis formis excusa, impressa Veneliis 1564.
Urbs Africa, bis.
Asiœ una pars, in membrana,
Ejusdem secunda et tertia pars, œreis formis impressœ.
Descriptio lotiusGreciœ, perNicolaum Sophianum.
Egipli descriptio, per Orlelium impressa.
Sesse diversche chaerten, daerinne begrepen zyn dezeNederlanden,die gemaect zyn geweest voir den herloghe van Savoye om dcsclve op lapilscrie le doen wercken, »
§ 82. Peintres.
Sommaire : L. Van Nevele. — Ch. Smets. — Châleau de Pau, en Béarn. — Th. Puteanus. — Ph Vos. — D. Pesser. — M. Van Cocxyen. — H. Desneux. — Portrait d'Ernest de Bavière, évêquede Liège. — G. Claessens. — Christ de la chapelle du palais de Bruxelles. — P. Noveliers. — S. Noveliers. — D. Noveliers. — J. Brilseeis. — Tahleau à l'église de Wesemael. — J. Van Kessel. — G. de Crayer. — Portraits de Philippe IV, foi d'Espagne, et de sa femme. — Tableaux de l'église d'Anderlechl. — A. Van Opstal. — J.-B. Zegers. — E. Fisen. — Tableau ù l'hôtel-de-ville de Liège. — Artistes belges en Espagne et en Allemagne.
Van Nevele (Lucas). — (Voy. §§ 46 et 70.) — Par acte % passé devant les échevins de Bruxelles, le 27 septembre 1548, le peintre Lucas Van Nevele et Marie Van den Driele, sa femme, achètent une rente hypothéquée sur diverses propriétés situées dans cette ville (i).
Smets (Chrétien). — Les requêtes sont presque toujours les documents où se trouve la plus grande somme de détails biographiques sur les personnes de qui elles émanent. La supplique que nous insérons ci-après , d'un certain peintre nommé Chrétien Smets, natif de Malines, contient sur ses faits et gestes des particularités très-intéressantes, qui pourront conduire à d'autres découvertes. Dans les premiers mois de l'année 1550, Smets se rendit en France; il s'arrêta pendant quelque temps à Lyon. Là il trouve à s'engager au service de Henri d'Albret, roi de Navarre et prince de Béarn, et va travailler à Pau, où celui-ci faisait alors construire un château remarquable. En 1553, Jeanne, fille unique de Henri, et femme d'Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, y mit au monde un jeune prince qui devint plus lard Henri IV, roi de France.
Après la mort de Henri d'Albret, son maître, notre com-
(1) Archives communales de Bruxelles; pièces acquises en 1802.
patriote continua à être employé par le duc de Vendôme. La trêve de Vaucelles ayant été conclue entre le roi Henri II et Charles-Quint, Smets en profita pour venir voir ses parents aux Pays-Bas, vers la Noël de l'an 1556; mais peu après son retour, la guerre ayant recommencé, notre artiste fut arrêté comme Française Bruxelles, bientôt pourtant on le relâcha. La requête adressée par lui à Philippe II, vers le mois d'avril 1557, a pour objet d'obtenir la permission de s'en retourner à Pau pour aller reprendre ses travaux. Est-il reparti pour la France? c'est ce que nous n'avons pu découvrir jusqu'ici.
« Au roy, remonstre très-humblement Christien Smets, jeusne homme à marier, bourgeois, natif de vostre ville de Malines, où sont résidens ses père, mère, parens, amys et alliez, que en l'an xvc xlix, au Quaresme (1;, lors temps de paix enlrc ces pays d'embas et vostre royaulme de France (2), le suppliant s'est transporté en la ville de Lyons, tant pour y apprendre la langue franchoise, comme pour y continuer son slil et exercice de paindre. De laquelle ville de Lyons il a tost après esté requiz et retiré en la ville de Pau, pays de Bierne [Béarn], par feu (lors vivant) dom Henry d'Albret, seigneur souverain illecq, lequel icclluy suppliant a servi de paindre jusques à son trespas, et depuis a continué icelluy son service au seigneur duc de Vendosmois, ayant espousé la fille et héritière unicque dudict don Henry d'Albret, sans depuis avoir esté déporté dudict service; ains est le suppliant, auparavant le Noël dernier, durant les trêves, avecq congié et licence dudict seigneur duc de Vendosmois, revenu par-dechà seullement pour reveoir et saluer sesdicts parens et amys dudict Malines, à intention et espoir de se relirer audict son service, n'eust esté la faulte et interruption desdictes trêves cependant survenue; au moyen de laquelle le suppliant ne s'est ausé absenter hors de cesdicts pays d'embas, craindant d'offenser Vostre Majesté , ayant néantmoings esté arresté en vostre ville de Bruxelles pour et au lieu d'un Franchois. Et combien que par ordonnance de Vostre Majesté il soit incontinent depuis esté eslargy dudict arrest, ayant deuement fait apparoir de tout ce que dessus, toutesfois il se treuve de présent estre privé de sondict service auquel il avoil bon Iraiclement,
(1) Ce qui correspond à l'année 1550, n. st.
(2) Philippe 11 s'intitulait roi de France, du chef de sa femme Marie Tudor, reine d'Angleterre.
gaignant honestement sa vie, et sy est aussy apparant de perdre et demourer frustré de quatre à cincq cens francqs que luy sont deuz et restans par ledict seigneur duc de Vendosmois, sy les guerres surviennent ou continuent, ne soit qu'il plaise à Vostre très-sacrée Majestée luy impartir vostre très-bénigne grâce, laquelle il supplie très-humblement luy vouloir accorder, et octroyer congié et licence de se povoir retourner audict Pau, en Biernes, pour y continuer sondict service et exercice de painctre tant seullement, sans pour ce mesprendre ne encourrir l'indignation de Vostre Majesté, attendu que le suppliant n'entend à jamais porter armes ne se meslerdu faict de guerre; et priera toulte sa vie pour la prospérité d'icelle Vostre Majesté (1). »
Puteanus (Thomas), — alias Dupuis ou Van de Putte peut-être, était peintre, etflorissait sous Ernest de Bavière, évêque de Liège. Ce prélat lui fit payer, en 1582, la somme de 150 florins de Brabant pour avoir orné certain livre. En 1596, il reçut, par ordre de ce prince, une semblable somme à compte d'un travail dont les documents ne font pas mention.
1. « De mand»to domini Elderen,presidis,solvit reccplor de Sancto-Trudone magistro Thome Puteano, piclori, qui quemdam librum ex commissione principis depinxit : cl. fl. Brab. (2). »
2. « 20 junii 1596, solvi magistro Thome Puteano, pictori, pro medietate 300 fl. Brab. per principem ipsi accordatorum, juxta ordinalionem (5). »
Vos (Philippe), — peintre, bruxellois de naissance, n'ayant par conséquent rien de commun avec la famille de Vos, d'Anvers, s'en alla chercher fortune en Espagne, où il fut employé par Charles-Quint, et probablement aussi par le duc de l'Infantado (4). 11 était encore dans la péninsule
(1) Collection des papiers d'Etat et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.
(2) Compte de la recette générale de 1582, chambre des finances, aux Archives de l'État, à Liège.
(3) Compte de la recelte générale de 1596, f° 54-0 v°, ibidem.
(4) Duché situé en Castille; Inigo Lopez Hurtado de Mcndoza en était alors le titulaire.
en 1588, car à celle date le roi Philippe II écrit au duc de Parme pour appuyer une requête de l'artiste, lequel demandait main-levée de la séquestration mise sur des biens qui lui appartenaient aux Pays-Bas, et dont le fisc s'élait emparé, parce qu'il était absent pendant les troubles religieux.
Cean Bermudez ne mentionne pas Philippe Vos dans son Diccionario de las bellas artes.
« Mon bon nepveu, les attestations cy-joinctes, mesmes du duc de i'Infantado, donnent ample tesmoignaige de ce que Philippes Vos, painclre, natif de ma ville de Bruxelles, allègue par sa requeste cy-enclose, et que durant les altérations de par-delà il s'est tenu en aultres pays de mon obéissance; à ceste cause, et pour le service qu'il a faict en chose de son stil à feu de très-haulte mémoire l'empereur mon seigneur et père, treuvé-je raisonnable que luy soit osté l'empeschement que par-delà il allègue estre donné en la joyssance de ses biens, et vous requiers de donner ordre que y soit remédié , afin que son absence ne luy porte préjudice, si avant que ne se treuve aultre chose de ce que contient sadicte requeste. Atant, etc. De Madrid, le premier d'apvril 1588(1). »
Pesser (Denis). — vivait à Liège dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Le 7 juillet 1589, il reçut 5 florins 8 sous de Brabant, pour avoir peint les armes de l'évèque Ernest de Bavière dans le livre du duc de Brunswick. Le compte où celte dépense est consignée ne nous donne pas plus de renseignements. Il mentionne, à la date du 24 juillet, une autre somme de 36 livres de Brabant, payée au même Denis Pesser, pour avoir peint les armoiries de Son Éminence sur un autel dans l'église des récollets ou frères mineurs sur la place du Château, à Liège. Denis Pesser n'était probablement qu'un peintre décorateur, comme semble l'établir l'extraild'un comptede 1591, que nous publions
(1) Lettres de Philippe II aux gouverneurs généraux, t. II, 1588, f° 29 r°, collection des papiers d'État el de l'audience, aux Archives du royaume.
ci-après, et qui concerne des travaux exécutés par lui à l'occasion de la prochaine venue du duc de Lorraine.
1. « Vij jalii a0 1589, solvi Dionysio Pesser, piclori, pro pictura insignium Sue Celsitudinis in libro ducis Brunswicensis : v 11. viij s. Brab. » (1)
2. « Solvi 24 julii a° 1589, Dionysio Pesser, pro una pictura circum unum allare ex ecclesia minorura in foro Castri cum insigniis Sue Celsiludinis : xxxvj lib. Brab. (2). >»
5. « Ultiraa decembris 1591, ex ante, solvi Dionisio Pesser, pictori, et ejus nomine ad opus Theoderici de Pont, Georgio de Marche, mercaiori, pro depictione, deauralione et deargentatione diversarum leclicarum in palatio, coloratione diversarum picturarum necnon diversorum ferculorura pro adventu ducis Lotharingie : Ij fl. xvj s. Brab. (3). »
Van Cocxyen (Michel). — Voici une lettre adressée au duc de Parme, qui témoigne de l'estime que Philippe II avait pour ce grand peintre : elle nous montre que le roi dut intervenir, en 1589, pour faire payer à l'artiste, alors nonagénaire, une somme de 2,500 florins qui lui était due du chef de rentes assignées sur les revenus domaniaux des quartiers d'Anvers et de Louvain.
« Mon bon nepveu, comme Michiel de Coxye, painctre, ayt par- deçà remonstré le grand eaige de quatre-vingts et dix ans, qu'il a desjâ attaincl, et qu'il est chargé de femme et enffans, estant réduit à tel estât que ne luy est possible de gaigner sa vie par son art, en laquelle il a esté non peu renommé, je suis meu à vous faire la présente afin que pour ledict regard, mesme pour le service qu'il a faict à feu de très-haulte mémoire l'empereur, mon seigneur et père (que Dieu absolve), et consécutivement à moy, vous enjoindre bien expressément à ceux de mes finances, qu'ils donnent ordre que audict Michiel de Coxye soient payez les arriéraiges de quelques rentes hérilables et viagières sur les reccptes de mon domaine au quartier d'Anvers et Louvain, montant à la somme de ijm vc florins une fois, à ce que par tel moyen ledict pouvre vieillard se puist entretenir et remédier en tel grand eaige et extrême
(1 et 2) Compte de la recette générale de 1589-1590, fo 250, chambre des finances, aux Archives de l'État, à Liège.
(3) Compte de la fecetle générale de 1591-1592, ibidem.
nécessité, et pour mesme raison tiendray à service aggréable ce que sera faicl audict regard. Atant, etc. De Saint-Laurent, le premier d'apvril 1589 (1). »
Desneux (Henri), — peintre liégeois, dont le comte de Becdelièvre, pas plus que les biographes venus après lui, ne fait mention. Il lui fut payé 6 florins de Brabant, le 20 février 1598, pour un portrait de Tévêque Ernest de Bavière, destiné à quelque prince étranger.
« 20 februarii 1598, solvi uxori Henrici Desneux, pro pingenda effigie Suœ Celsitudinis mittenda alicui principi : vj il. Brab. (2). »
Claessens (Gilles). — (Voy. § 46.) — Quoiqu'en puisse dire M- Weale, nous préférons celle orthographe pour le nom de la famille Claessens qui a fourni à l'art plusieurs peintres de mérite au XVIe et au XVIIe siècle. L'estimable auteur de la nouvelle description de Bruges (3), nous pardonnera d'autant plus que lui-même n'est pas encore fixé sur la véritable forme qu'il faut adopter, car il écrit tantôt Claeissins, et très-souvent Claeissens, quelquefois même Claeis. Mais ne nous aventurons pas dans une discussion oiseuse, sans profit pour la science, et consignons simplement que Gilles Claessens reçut des archiducs Albert et Isabelle une somme de 7 livres 10 sous de Flandre, pour la livraison d'une image du Christ en croix, qui fut placée dans la chapelle du palais de Bruxelles; cette peinture a dû être exécutée postérieurement au mois d'août 1599 et antérieurement au mois de septembre 1600.
« Aen Gielis Claessens, schildere, voer een beelt van Onsen Heere aen 't cruys gestelt in de cappelle van den hove, by hem geraaect ende gelevert : vij liv. x s. (4). »
(1) Lettres de Philippe II aux gouverneurs généraux , t. II, 1589, f° 25 v°, collection des papiers d'État et de l'audience, aux Archives du royaume.
(2) Compte de la recette générale de 1597-1598, f° 359, chambre des finances, aux Archives de l'État, à Liège.
(3) Bruges et ses environs; Bruges, 1862.
(I) Registre n° 27504, 1°, f° Iviij r», de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
Noveliers (Pierre, Salomon et David). — Ces trois peintres ne sont mentionnés par aucun historien de l'art flamand; les premiers semblent pourtant avoir eu quelque mérite, puisqu'ils furent attachés par les archiducs à leur service pour veiller à la conservation des tableaux qui garnissaient les palais de Bruxelles et de Tervuereu. Pierre exerça ces fonctions à partir de l'année 1605, et comme il était déjà âgé, il obtint de se faire remplacer par Salomon, son fils, en 1618, avec droit aux mêmes exemptions et franchises dont jouisssaient alors la plupart des personnes attachées à la cour. Salomon Noveliers figure en qualité de « peindre de l'hostel de la court, » dans les registres aux gages, au traitement annuel de 200 livres de Flandre, qui lui fut accordé par l'infante Isabelle « pour l'entretien j> des peinctures de la court et maison de la Vuere. » Il vivait encore en 1660 (î). Nous avons dit ailleurs (Voy. §25) que ce peintre avait été choisi, en 1613, par les exécuteurs testamentaires de Charles de Croy, duc d'Arschot, pour dresser le catalogue de la collection de tableaux de ce seigneur.
Quant à David Noveliers, nous ne connaissons encore sur lui aucune particularité. En 1618, il demanda à jouir aussi de l'exemption des impôts et d'autres privilèges, mais nous ignorons quelle suite fut donnée à sa requête. Nous sommes très-porté à croire qu'il était également le fils de Pierre, et qu'il aura basé sa prétention sur celte qualité : les dates des documents qui suivent justifient celte supposition.
1 « Sur ce que Pierre Noveliers auroil remonstré qu'en ce que touche son art, il at esté au service de Leurs Allèzes doiz le neufiesme de novembre xvjc et v, et a cause d'iceluy a jouy d'aulcunes franchises et exemptions,
(1) Registres n°» 45874, f° iijc Ixij r°, et 4587C, f° ij« xxix, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
ores est-il que son filz Salomon Noveliers s'y est emploie passé long temps, le suppliant ne l'aïant peu continuer à cause de son aage et indisposition, laquelle s'augmentant de jour à aultre, il est constrainct de laisser à sondict fils l'entière charge; supplie partant très-humblement que Leursdictes Altèzes soient servies luy permettre la résignacion desdictes franchises et exemptions au prouffict de sondict fils Salomon, et ce en la mesme forme et manière qu'à luy ont esté accordées; Leursdictes Altèzes, ce que dessus considéré, ont, par advis de ceulx de leurs finances, accordé et accordent par cestes audict Salomon Noveliers la franchise et exemptions des maltotes et gabelles sur vin, bierre et pareilles choses , ensamble de guet et garde, et contribution, etc. Faict à la Vuere, le vme de novembre xvjc et xviij (1). »
2. « Lettre du conseil des finances. — Messeigneurs, Son Allèze m'a commandé de remectre à Vos Seigneuries la requeste cy-joincte de David Noveliers, peindre, demandant exemption des assises, de guet et garde, logemens et de toutes autres comunes charges ausquelles les bourgeois de la ville de Bruxelles sont subjectz, afin de la veoir et l'en consulter, baisant sur ce humblement les mains à Vos Seigneuries, etc. A la Vueren , le 16 de novembre 1618 (2). »>
Britseels (Jean), — peintre, à Louvain, livre à l'église de Wesemael, en 1606, un Christ pour le prix de 66 florins du Rhin.
« Betaelt, aen Jans Britseels, schilderen, woenende tôt Loeven, voor het Crucifix by hem gemact ende gelevert de kercken deze tegenwordigen jaer 1606, de somme van lxvj Rins-guldenen (3). »
Van Kessel (Jérôme), — peintre, fut inscrit dans la corporation de Saint-Luc, à Anvers, en 1594, comme élève de Corneille Floris, le jeune (4). Il épousa Paschasie, fille de Jean Brueghel, dit de Velours, et de ce mariage sont issus les divers artistes qui ont illustré le nom de Van Kessel.
(1) Collection des papiers d'État et de l'audience, aux Archives du royaume.
(2) Ibidem.
(3) Compte de l'église de Wesemael de 1605-1606, ibidem.
(4) Catalogue du Musée d'Anvers; 2e édition, 1857; p. 365.
— oU —
Par un document, dont nous publions plus loin le texte, nous savons que c'est en 1616 que Jérôme Van Kessel revint s'établir à Anvers, où il avait très-probablement vu le jour. Il avait élé employé pendant plusieurs années par Maximilien, arcbiduc d'Autriche, grand-maîlre de l'ordre teulonique, lequel lui donna des lettres de recommandation, lorsqu'il s'en reîourna aux Pays-Bas, pour son frère l'archiduc Albert. Nous reproduisons la lettre que ce dernier prince écrivit au magistrat d'Anvers, pour faire obtenir à Jérôme Van Kessel franchise et exemption d'impôts.
« Les archiducqz. Chiers et bien amez, nous ayant monseigneur l'archiducq aximilien, nostre bon frère, tesmoigné par ses lettres les services que de quelques années ençà luy a rendu Jéromme Van Kessel, peindre, et requis d'en ceste considération le gratifier par-deçà en ce que se pourra présenter; et nous ayant ledict Van Kessel remonstré qu'il a résolu de prendre sa résidence en nostre ville et cité d'Anvers, soubz espoir d'y joyr des franchises et exemptions qu'ont aultres de semblable art et profession, nous avons à sa supplication bien voulu vous faire ces deux molz, afin que en considération que dessus, et qu'il a esté au service dudict seigneur archiducq, vous luy laissiez suivre lesdicles franchises et exemptions, et nous l'aurons à plaisir bien aggréable. Atant, etc. De Bruxelles, le xxixme de juillet 1616 (1). »
De Crayer (Gaspar). — (Voy. § 8.) — Cet artiste exécuta, en 1621, pour la chambre des comptes de Brabant, à Bruxelles, trois grandes peintures qui paraissent avoir représenté des portraits de souverains contemporains; l'année suivante il peignit encore pour elle les portraits de Philippe IV, roi d'Espagne, et de son épouse.
i. « Belaclt aen Jaspar de Craye (sic), schilderc, de somme van jc xcv pondcn xviij schellingen Arthois, daerop dal beloopen die drye groote schilderycn, zoe van de keyscrlycke als conincklycke Majesleylen over hooghcr gcdachten.
(I) Collection des papiers d'État et de l'audience, liasses, aux Archives du royaume.
« Aen den voorgenoempden Jaspar de Craye, noch de somme van xviij ponden voor eene recompense ende voor den extraordinarisen dienst aen dezelffve schilderyen gedaen (i). »
2. « Betaelt aen Jaspar de Crayer, meester schildere, voor twee contrefeytsels van Zyne Majesteyt den coninck van Spaignen, Philippus den IVen, ende die jegenwoordighe coninginne, by hem gemaeck ende in dezer camere gelevert, met het maecken van die raemen ende het vergulden van de lysten daertoe dienende : ijc v liv. (2). »
L'église de Saint-Pierre, à Anderlecht, près de Bruxelles, possède encore aujourd'hui la belle toile de G. de Crayer, ayant pour sujet Saint Guidon. Ce tableau a été exécuté vers 1635, car dans le courant de cette année, l'artiste reçut 170 florins du Rhin, restant de la somme qui lui était due pour son œuvre. Dans un compte de 1658-1659 on lit qu'il fut payé alors 24 florins à de Crayer, que l'on qualifie de peintre de l'église, pour la restauration des deux tableaux représentant Notre-Dame et Saint Roch (3).
1. « Betaelt Monsieur Jaspar de Crayer, die geschilderl heeft het tafareel van sinte Wyden, in de nieuwen choor, lot voile betalinghe, de somme van je Ixx Rg. (4). >»
2. « Ilem, aen meester Gaspar de Craeyer, schilder deser kercke, denwelcken heeft gheaccommodeert de schilderye van Onsen-Lieven-Vrauwen altaer, ende sinte Rochus schilderye, welcke waeren in het vluchlen eenichsints bedorven : xxiij Rg. (5). » '
Van Opstal (Antoine), — peintre, dont la biographie est ignorée, appartient peut-être à la famille anversoise de ce nom, qui a produit plusieurs artistes de grand mérite
(1) Registre n° 28244, 6°, f° xvj v° et xvij r<>, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
(2) Ibidem, 7°, f° xv r°.
(3) Voy. quelques autres particularités sur ces tableaux dans Y Histoire des environs de Bruxelles, par A. Wauters, t. 1er, p. 67.
(4) Volume des comptes de l'église d'Anderlecht de 1634-1647, compte de 1634-1635, f° xiij v°, aux Archives du royaume.
(5) Vol. des comptes de 1648-1659, compte de 1658-1659, f° xxij r°, ibidem.
au XVIIe siècle. Nagler le mentionne dans son ouvrage (i), et dit qu'il vécut à Bruxelles, et ne doit pas avoir été sans valeur, puisque Van Dyck a peint son portrait, qui fut gravé par Jean Meyssens. Ce dernier avait été son élève (-2). Un curieux document, dont le texte est reproduit ciaprès, nous apprend qu'Antoine Van Opslal voyagea en Allemagne, où il resta pendant trois ans attaché en qualité de peintre de chambre à Charles, archiduc d'Autriche, comte de Tyrol, évêque de Breslau et de Brixen, et administrateur de la grande-maîtrise de l'ordre teutonique, qui résidait au palais de Neiss, en Silésie. Au mois de juin 1624, Van Opstal ayant manifesté le désir de retour- * ner dans sa patrie pour ses affaires, ce prince lui remit pour l'infante Isabelle une lettre dans laquelle il fait de l'artiste le plus bel éloge et le recommande chaudement à la gouvernante, en la priant de l'attacher à son service. Cette lettre est, comme nous venons de le dire, du 12 juin 1624, mais elle ne fut présentée que le 9 mars 1626, ce que prouve une annotation mise au dos de la lettre même.
« Durchlauchtige Fùrstin, Geliebte Fraw Muhme und Fraw Multer, Eurer Ld. seindt unnsere Velter und Sôhnliche willige Dienst, unnd was wir sonsten melirLiebes unnd Cultes vermôgen, jederzaitt beraitt. Deroselbten raôgen Wir in gebiïhrender Anbringung freundllichen nîcht bergen, das uns anwcsender Anton Von Obsthahl, welchen wir in die drey Jahr hero zue unnsern Cammer-Maliler brauchen lassen, gehorsambist angelangel : nachdeme Er nùemehr, nach unnserer genedigisten Licentirung, von binnen, seiner Angelegenhaitt nach, sich wiederumb nach Niedeiiandt anhaimbs zue begeben Vorhabens wchrc, Wir wolten genedigist gcruhen, in Erwegung seines Irewen Vleisses, welchen Er die Zailt uber in unnsern Dienstcn zuegebracht und angewendet, bci E. Ld. solchergestalt in mcliori forma Uni zue recommendiren und zuvorschraihcn, damitt Er etwan bei E. Ld. Hoflsladt zue Dienslen einkommcn, unnd sich seiner erlerneten freyen Kunst nach waitters gebrauchcn unnd darmilt vordienct machen konttc.
(1) Neues allgcmciiics Kùnstlcr-Lexicon, t. X, p. 367.
(2) Ch. Le Blanc, Manuel de l'amateur d'estampes, t, III, p. 24.
Wan Wir dan gedachtem Von Obstahl (in Anmerckung seiner zimblichen
Bitt, besonders auch das Wir mit seiner Vorricbtung der Mahlerrey, welche
uns Er allewege raitt seinem Fleiss dièse Zaitt ùber, alss Er sicb bei unn-
seren Hoffstatt befunden , vorfertliget, allerdings genedigist wohl content
unnd zuefrieden gewesen) nichl vorschrencket, sondern auss oberzehbtem
Umbstandl seines Wohlvordinsts genedigist erthailet -alss geraicbet an E. Ld.
unnser freundtliches Ansuchen und Begehren hirmitt, 3y Ire Ld. wôllen unn-
serthalben mehrgedachten Anton Von Obstahl, auff sein gehorsambistes
angeben , sowait Ihnen beslens recommendiret und befohlen sein lassen ,
damitt Er, bey vorgebender Occasion unnd Gelegenhait, in E. Ld. Hoffstatt
vor ainem andern zue Diensten gebrauchet und angenohmmen, auch also zue
seiner vorhabenden Inlention, eum effeclu unserer disfals Ihme wiederfah-
renen guttmainenden genedigisten Vorschrifft, derer Er sich sehr fruchtbar-
lichen gelrostet, gelangen unnd schraitten môge. Solches wûrdt Er mitt
seinem trewen Vleiss zu verdienen Ihme angehalten sein lassen, unnd wir
wollen es vor unnsere Person umb E. Ld. in diesen und andern vorfallenden
Angelegenhaitten freundtlichen hinwiederumb zu erwiedern und zu beschul-
den in kaine Vorgessenhaitt setzen. Eurer Ld., dero wir zue angenember
williger Dienst-Erwaisung jederzailt beraitt vorbleiben , hirmitt Gôtllicher
Providentz empfelende. Geben in unnsre Residentz-Stadt Neiss, den 12 Junii
Anno 1624. Eurer Ld. threuer, dienstwilligister und gehorshamer Vetter
und Shon bis in Doit,
Carl (1). »
Zegers (Jean-Baptiste). — L'orthographe de ce nom est celle qu'ont adoptée les auteurs de l'excellent Catalogue du Musée d'Anvers, où nous lisons que cet artiste naquit à Anvers, le 31 décemhre 1624, et fut reçu dans la confrérie de Saint-Luc en 1646 ou 1647. C'est donc presque immédiatement après qu'il se mit en voyage, comme le prouve la lettre du duc d'Amalfl, que nous publions, et qui est datée de Vienne, le 7 février 1652. Le duc recommande fortement à l'archiduc Léopold-Guillaume, alors gouverneur général des Pays-Bas, le jeune peintre qui s'en retourne dans sa patrie pour y soigner des affaires d'inlé-
(1) Collection de la secrétairerie d'État allemande, aux Archives du royaume.
rèt, très-probablement à cause de la mort rie Gérard, son père, décédé peu de mois auparavant. Jean-Baptiste Zegers avait travaillé pendant trois ans dans l'hôtel du duc d'Àmalfi, et par ses vertus et ses manières il avait su se concilier la bienveillance loute particulière de ce riche seigneur, qui était Octave Piccolomini, l'un des généraux autrichiens les plus distingués de la guerre de trente ans, mort à Vienne
« Da Vienna, li 7 di febraio 1652.
« Sercnissimo signore, Giovane-Ballista Seghers, pitlore, figiiuolo di
Gcrardo, che, per il nome che haveva acquistato in questa professione, e per
impieghi havuti da Voslra Altezza le sarà stato ben conosciuto, si è traltenutq
da tre anni in casa mia; in quai tempo si è mostrato giovane molto honorato
et inclinalissimo alla virtù, e si è reso per ogni conto mollo commendabile. Se
ne torna a casa per alcuni suoi inleressi, e perché le sue buone qualità lo *
fanno merilevole délie grazie di Vostra Altezza, vengo a supplicarla humil-
mente ad honorarlo di quelle che puô sperare dalla sua benignità, ch' io in
ciù ne riceverô una molto singolare. Et augurando ail' Altezza Vostra dal
Cielo ogni maggiore prosperità, le fo humillissima rivcrenza. A Vostra Altezza
sercnissima, humilissimo et devotissimo scrvo,
11 duca oi Amalfi (1). »
Fisen (Engelberl), — reçoit, le 15 septembre 1681, la somme de 120 florins « pour avoir peint une table d'autel » pour la sale basse de la maison-de-ville (2). » On trouve quelques délails sur cet artiste, qui fut élève de Bertholet Flémalle, dans la Biographie liégeoise, par le comte de Becdelièvre, t. II, p. 361.