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MARTEAU, MAITRE EN FAIT D'ARMES

Élève de M. de Liancour,

Grande Cour du Temple

La Bibliothèque de l'Arsenal possède un exemplaire du Traité de Liancour ayant appartenu à Marteau.

Le titre de Maîtres en fait d'armes des Académies du Roy vient de ce qu'ils enseignaient leur art dans certaines écoles fondées au xvii® siècle pour l'instruction de la noblesse; ces écoles, placées sous la protection royale, portaient le titre d'Académies du Roy **.

Le II a\Til 1764, le Parlement rendit un arrêt aux termes duquel il fut défendu à toutes personnes autres que les Maîtres d'armes, reçus par expérience et chefd'œuvre, d'enseigner dans les Collèges et Pensions de l'Université de Paris, sous peine de 300 livres d'amende et la saisie des fleurets, plastrons, etc.

Afin d'éviter toute surprise, les maîtres qui allaient enseigner étaient obligés de remettre aux Directeurs des Collèges et Pensions une copie de leurs Lettres de Maîtrise, certifiée par le Syndic et les Gardes de la Compagnie.

Les Académies du Roy ayant cessé d'exister les unes après les autres, les Maîtres d'armes fondèrent en 17889 dans la maison de Danet, rue du Chantre, TÉcoIe royale d'armes.

Danet fut le premier Directeur de cette École, et Teillagorry le Directeur-Adjoint.

Nous voici arrivés aux temps modernes ; Tannée 1789 va finir.

Depuis longtemps déjà^ les finances de la France sont épuisées; à chaque séance de l'Assemblée nationale, des députations de toutes les classes de la société viennent, dans un généreux élan, apporter leur ofirande à la Patrie : les Maîtres d armes de Paris ne sont pas les derniers ; ils se présentèrent devant l'Assemblée nationale au nombre de dix-sept, ayant à leur tète Teillagorry, alors Directeur de rÉcole royale d'armes, et Pâquier, Directeur-Adjoint.

Voici l'extrait du Moniteur du 31 décembre 1789 :

GAZETTE NATIONALE ou MONITEUR UNIVERSEL

( 31 décembre 1789)

ASSEMBLÉE NATIONALE Présidence de M. Desmeuniers.

Une députation du corps des Maîtres d armes de Paris est admise à la barre.

Lorateur de la dcputation : « Les Maîtres d'armes de rÉcole royale d'armes de Paris viennent, à l'exemple de tous les bons Français, présenter leur hommage patriotique à l'auguste Assemblée.

« Nosseigneurs, destinés à mettre les premières armes dans les mains de la jeunesse de France, nos épées sont loffrande naturelle que nous avons à faire à la Patrie.

« Deux métaux les composent, l'argent et le fer, agréez le premier pour les besoins pressants du moment; nous jurons d'employer le second au service de la Nation, au maintien de la Liberté, au soutien de vos Décrets et à la défense du meilleur des Rois. »

Le Président à la députation : « L'émulation de patriotisme que montrent tous les citoyens, est un heureux augure du bonheur qui nous attend.

< L'Assemblée nationale reçoit avec satisfaction le sacrifice que vous faites aux besoins de la Patrie, et elle vous permet d'assister à la séance. »

Enfin, le 17 mars 1791, l'Assemblée nationale rendit un décret ordonnant la suppression de toutes les Corporations, Maîtrises et Jurandes.

Ce décret mettait un terme à l'existence de la Compagnie des Maîtres en fait d armes de Paris ; deux cent vingt-trois années s'étaient écoulées depuis sa fondation.

Quant à TÉcoIe de la rue du Chantre, qui ralliait encore les membres de Tancienne Communauté, entraînée par la chute de la Royauté, elle ne subsista que jusqu'en 1792.

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