PIERRE-ANTOINE LEFEBVRE
De 1750 à 1753, trois plaintes avaient été inscrites sur le registre de la Communauté contre un prévôt de Daniel, nommé Pierre-Antoine Lefebvre.
La première plainte portait .qu'il avait menacé le maître Feauveaux jusque dans sa salle, la seconde qu'il avait forcé deux fois son maître, Pierre Daniel, à mettre répée à la main, sur la place du Louvre et près du Luxembourg.
Entin il avait insulté Bertrand Teillagorry ainsi que plusieurs autres maîtres.
Sur une sentence en forme d'avis donnée le 9 février 1753 par le Procureur du Roi au Châtelet, le Lieutenant général de police, le 23 du même mois, cassa le brevet de prévôt de Lefebvre, et le déclara incapable d'être maître en fait d armes.
Malgré cette sentence Lefebvre persista, et la même année se présenta à la maîtrise, soutenu par le bon vouloir de son maître Daniel qui était alors syndic, et en cette qualité avait même reçu par avance les 789 livres montant des droits de réception dus à la Communauté.
Les maîtres d'armes refusèrent de procéder à son expérience.
Vainement Lefebvre plaida contre la Compagnie ; le procès, qui dura quelque temps, se termina par un arrêt de la Cour du Parlement déclarant Lefebvre déchu de tout droit à la maîtrise.
ifi6 ARCHIVKS DF.S MAITRES D'ARMES.
Guillaume Danet, le célèbre auteur du traité de t'c^rt des armes, fut plusieurs fois Syndic et Garde des ordres de la Compagnie,
Dl'S l'apparilion du premier voUinie de son ouvrage (1766), Danet eut beaucoup à se plaindre de ses confrères. Par esprit de routine ou par jalousie, la majeure partie ne voulut pas reconnaître la justesse des innovations appiiriées par Danet à l'art de l'escrime.
La Boëssière lu i-mème prèla le concours de sa plume à la petite guerre faite à Danet, et rédigea au nom de la Compagnie la critique de ce traité.
Mais dans le second volume qu'il til paraître l'année suivante, Danet réfuta victorieusement les arguments de ses adversaires ; la postérité lui donna raison.
Danet était maître d'armes des pages du prince de Conti ; en 1785, il recevait cent ûngl livres par an pour prix de ses leçons.
Danet fut le premier directeur de l'Ecole royale d'armes de la ville de Paris.
LA BOËSSIÈRE P