‹ Archives des Maitres d'Armes de ParisChapitre 51 sur 53 · A ETIENNE DE CLUGNY DE PRASLAY · texte numérisé non relu

A ETIENNE DE CLUGNY DE PRASLAY

conseiller ek la cour du parlement de dijon'

(comme Témoin)

LOUIS par la grâce de DIEU, Roy de France et de Navarre, à Tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Nous avons reçu l'humble suplication de notre amé et féal Estienne de Clugny de Praslay, Conseiller de notre Cour de Parlement de Dijon, faisant profession de la Religion catholique, apostolique et romaine, contenant que la nuit du vingt-neuf au trente juillet dernier il se trouvoit avec le s' Philibert Jehannin de Chamblan, aussi conseiller audit Parlement, et Claude Varenne avocat, en la place Royale de ladite Ville, lieu ordinaire de la promenade ou étoit le s^ Pourcher, maître des comptes avec la dame sa femme, et autres personnes avec qui ledit sieur Pourcher avoir soupe, après avoir fait quelques tours de promenade dans ladite place, le supliant fut surpris que led. s' Pourcher le tira de la compagnie ou

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il éioit, et It conduisit à quelques pas de disuince, lui disant qu'il l'avoit insullé et qu'il vouloit le voir l'épée à la main, le supliant qui ne s'alL-ndoit pas à un pareil discours qu'il ne s'étoit attiré par aucune provocation n'y autrement, se contenta de dire au s' Fourcher qu'il ne se servoil pas d'cpée, mais seulement de manche à balay ou de la canne qu'il portoit, et que c'éloit mal à propos qu'il l'avoit attaqué, le s' Fourcher irrité de cette réponse alla s'en plaindre à la compagnie qu'il venoit de quilier, disant que le supliant et led. Varenne l'avoienl traité comme un faquin, ce qui donna lieu à la dame femme dudil s' Fourcher cl à ceux de sa compagnie de demander au supliant et auxdiis s'' Jehannin et Varenne avec qui il étoit, ce qui s'cloit passé entre eux et led. i' Fourcher, surquoy led. s' Jehannin prenant la parole assura la dame PoutcIilt qu'on n'avoii polni pensé à offenser led. s' Fourcher, ce qui fui répété et contirmé par led. supliant, et quoy que le dit s' Fourcher dut être contant de ce qui avoit été dit à la dame sa femme qui auroit tenu lieu de satisfaction à tout autre qui se seroil cru offensé, il quitta sa femme malgré tous les efforts qu'elle fit pour le retenir, il alla chez lui prendre une épée de défense qu'il cacha sous son justaucorps, i! revint chercher led. suplianl el led. Varenne, dans lad. place Royale, où ne les ayant point trouvés n'y dans les autres rues voisines qu'il parcourut, parce que ne pensant plus à luy, ils avoient quitté lad. place pour se retirer chacun chcs eux, et s'éloient rendus dans la rue

S'-Étienne près la maison du père dud. Varenne, il vint les chercher jusques devant la maison dudit Varenne où ils s'entretenoient tranquilement, et les ayant aperçus, il affecta de passer près d'eux et de pousser rudement led. supliant cherchant loccasion de le maltraiter aussi bien que led. Varenne, en effet led. s' Fourcher lira lepée qu'il avoit cachée dans son bras, ce qui obligea led. Varenne de mettre la main à une petite épée de deuil qu'il avoit accoutumé de porter, et de se mettre en defFense contre les coups que le s' Fourcher luy porta, et dont ledit Varenne fut blessé en plusieurs endroits, dans cette situation le supliant crut être obligé pour les séparer de courir à eux sans autres armes que sa canne, et ne les quitta point pendant tout le temps que dura l'action, dans laquelle led. s' Fourcher, ayant blessé led. Varenne de trois ou quatre coups, il se trouva blessé luy-méme de deux coups. Le supliant ne sçachant comment lesd. coups ont été donnés dans tous ces mouvements tumultueux, ny s'il a dit : tiens Varenne, voilà Fourcher, touche, ny autres termes et paroles dans le trouble affreux où il étoit dans la chaleur de l'action, et dans les violentes agitations dont elle fut accompagnée, où sa propre vie n etoit pas en sûreté n'ayant point d'armes et se trouvant également exposé aux coups des deux combattants, cependant led. s' Fourcher étant décédé de ses blessures quelque temps après, il a été informé par le Farlement, et le lieutenant criminel de Dijon a décrété contre le supliant et led. Varenne.

Hf> ARCIIiVlîS DES MAITRES D'ARMES.

Mais la Veuve et les héritiers dud. s' Fourcher recunnoissant qu'il s'étoit attiré soa malheur ayant été dans sa maison prendre son épée pour maltraiter led. Varenne et le supliant sans aucun sujet el dans le temps que loui le bruit étuit cesst-, ils ont traité des intérêts civils tant à l'égard du supliani que dud. Varenne, et se sont désistés de toutes poursuites par acte cy attaché sous notre conlrescel et par nos Lettres du mois de mars de la présente année, nous avons aud. Varenne accordé grâce, rémission et pardon, ce qui oblige le supliant comme présent à l'action d'avoir aussy recours à noire clémence et nous a fait très humblement suplié de luy vouloir accorder nos Lettres de pardon sur ce nécessaires.

A CES CAUSES désirant préférer miséricorde à rigueur de justice, de l'avis de notre très cher et très amé oncle le DUC D'ORLEANS pelil-fils de France Regeni, et de noire grâce spéciale plaine puissance et autorité royale, nous avons aud. supHanl quitté et pardonné et par ces présentes signées de notre main, quittons et pardonnons le fait el cas cy-dessus, avec toutes peines amandes et ofî'enscs corporelles civiles et criminelles qu'il pourroit avoir encourues envers nous el Justice, meTtons au néant tous décrets, deffauts, contumaces, sentences, jugements et arrêts qui pourroient être intervenus pour raison de ce, le remettons en sa bonne et saine renommée, et en ses biens non d'ailleurs confisqués, satisfaction faite à partie civile sy fait n'a été et s'il y echel. Imposons sur ce silence à notre Procureur général

ses substituts présents et à venir et à tous autres. SY DONNONS EN MANDEMENT à nos amés et féaux cons|eillers les Gens tenant notre cour de Parlement à Dijon, dans le ressort duquel le fait et cas cy dessus est arrivé, que ces présentes ils ayent à entériner, et de leur contenu faire jouir et user le supliant plainement paisiblement et perpétuellement cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements contraires, à la charge par luy de se représenter par devant vous dans trois mois, à peine d'être déchu de l'effet d'icelies; CAR TEL EST NOTRE PLAISIR, EN TEMOIN DE QUOY nous avons fait mettre notre scel à ces présentes.

DONNÉ à Paris le trentième jour de mars. Tan de grâce mil sept cent dix-huit et de notre règne le troisième,

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